Autour de la musique classique

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 Hanns EISLER

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darkmagus
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darkmagus

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MessageSujet: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyLun 14 Oct 2013 - 14:07

J’ai découvert Hanns Eisler en achetant un disque de………..jazz contemporain.



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Ce disque propose une relecture de certaines œuvres populaires d’Eisler. On peut également trouver une interprétation d’une de ses œuvres dans le « Liberation Music Orchestra » de Charlie Haden.



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Pris sur wikipedia, je vous le fait en version raccourcie :
Hanns Eisler étudia de 1919 à 1923 avec Arnold Schönberg en cours privés, tout en dirigeant des chorales d'ouvriers. Eisler fut un des premiers élèves de Schönberg à adopter la technique des douze sons (musique dodécaphonique). Il dédia à Schönberg sa Sonate pour piano op.1.
à partir de 1925 Hanns Eisler s'éloigna de la vision musicale sacralisée d'Arnold Schönberg et du post-romantisme qu'il jugeait « embourgeoisés ». Il s'orienta vers des formes musicales plus populaires, influencées par le jazz et le cabaret.
Eisler se rapprocha du parti communiste d'AllemagneKPD, mais ne sera jamais formellement membre du parti. Son appartenance au communisme provoqua sa rupture avec Schönberg. C'est dans ce contexte qu'il fit la connaissance de Bertolt Brecht en 1929 et que débuta leur collaboration. Bertolt Brecht était lui-même marxiste et « compagnon de route », leur collaboration ne cessa qu'à la mort de ce dernier en 1956.
Hanns Eisler écrivit la musique de plusieurs pièces de Brecht : Die Massname, Die Mutter (d'après un roman de Maxime Gorki de 1907), Galileo, Furcht und Elend des Dritten Reiches, "Die heilige Johanna", Têtes rondes et têtes pointues, Schweyk dans la Seconde Guerre mondiale.
Il rencontra en 1933 à Paris les comédiens du groupe "Octobre", et mit en musique deux poèmes de Jacques Prévert: "Histoire du cheval" et "Vie de famille". Eisler fait aussi le voyage à Moscou à cette époque.

Exil aux États-Unis, 1933-1948
La musique d'Eisler, qui était communiste et demi-juif, et la poésie de Brecht, qui était communiste, furent bannies par le parti nazi en 1933, et les deux auteurs trouvèrent refuge aux États-Unis. dans le courant de l'année 1938.
Eisler enseigna à la New School University à New York et composa de la musique de chambre expérimentale.
Peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale, il déménagea à Hollywood et composa la musique de nombreux films (Hangmen Also Die de Fritz Lang, None but the Lonely Heart, The Woman of the Beach de Jean Renoir).
Il écrivit en 1947 l'ouvrage Composing for the Films en collaboration avec Theodor Adorno. Eisler reprit la technique dodécaphonique (un exemple en est sa composition Fourteen ways of describing the Rain en l'honneur du 70e anniversaire d'Arnold Schönberg).
Ses œuvres essentielles de ces années sont la monumentale Deutsche Sinfonie (symphonie chorale en 11 mouvements reposant sur des textes de Brecht et d'Ignazio Silone, commencée en 1935, et qui ne sera terminée qu'en 1958) et un cycle de mélodies Hollywooder Liederbuch (1942-43), ainsi que d'importantes pièces de musique de chambre : 14 manières de décrire la pluie (1941), Nonett n° 1 (1939), Nonett n° 2 (1941), Septett n° 1 (1941), Septett n° 2 (1947), Symphonie de chambre (1940).

Berlin Est (1950-1962)
Après la mort de Roosevelt (avril 1945), les États-Unis sont sous l'emprise de tendances anti-soviétiques encouragées par Truman et indirectement par la notion « de rideau de fer » de Churchill.
Hanns Eisler (dont le frère Gerhart, qui était communiste, était accusé par J. Edgar Hoover, chef du FBI, d'être une figure centrale de l'espionnage soviétique) fut inquiété par la Commission des activités non-américaines. Après deux auditions, Eisler fut accusé d'être « le Karl Marx de la musique » et un agent soviétique à Hollywood et il fut donc inscrit sur la liste noire du cinéma. Il fut, comme de nombreux artistes compagnons de route, tel Brecht, contraint de quitter les États-Unis en 1948. Son frère Gerhart fut condamné à trois ans de prison, mais fut libéré sous caution, s'échappa des États-Unis et rejoignit l'Allemagne de l'Est.
Hanns Eisler s'installa à Vienne, puis à Berlin Est. Il composa la musique de l'hymne national Auferstanden aus Ruinen de la République démocratique allemande (RDA), Il composa en 1955 la musique du film Nuit et brouillard d'Alain Resnais (sorti en 1956) et, en 1959, celle de La Rabouilleuse de Louis Daquin d'après le roman de Balzac. Son projet le plus ambitieux, un opéra moderne sur le thème de Faust, fut attaqué par la censure communiste. Sa loyauté politique vis-à-vis du communisme fut mise en cause lors d'une série d'auditions. Ce climat politique et la mort de Brecht en 1956 assombrirent ses dernières années. En 1959 est créée sa Symphonie allemande. Il achève son œuvre ultime Ernste Gesänge (Chants graves), pour baryton et orchestre à cordes avant de mourir en 1962.
Œuvres principales
Palmström (1924)
Divertimento pour quintette à vents
Zeitungsausschnitte op. 11 (1926)
Tempo der Zeit op. 16 (1929)
Kleine Sinfonie (Petite Symphonie) opus 29 (1931/32)
Quatuor à cordes op. 75 (1938)
Sonate für Violine und Klavier („Reisesonate“) (1937-38)
Gegen den Krieg (1936)
Cantates de chambre (1937)
Deutsche Symphonie (1935-58)
Fünf Orchesterstücke (1938-40)
Symphonie de chambre opus 69 (1940)
Quintette Quatorze manières de décrire la pluie op. 70 (1941)
Premier septuor (1941)
Deuxième Septuor (1947)
Nonett Nr. 1 (1939)
Nonett Nr. 2 (1941)
Hollywooder Liederbuch (1942–1947)
Sonates pour piano d'Eisler
Huit pièces pour piano
Suites pour orchestre n° 1 opus 23, n° 2 op. 24, n° 3 op. 26, n° 4 op. 30, n° 5 op. 34, n° 6 op.40
Die Maßnahme opus 20 (1930-31)
Die Mutter (Brecht)
Musique de scène pour "Die Rundköpfe und die Spitzköpfe" ("Têtes rondes et têtes pointues") (Brecht)
Musique de scène pour "Schweyk im zweiten Weltkrieg" (Brecht)
Musique de scène pour "Galieo" (Brecht)
Musique de "Nuit et Brouillard" (1955)
Die Teppichweber von Kujan-Bulak (1957)
Ernste Gesänge (Chants graves), pour baryton et orchestre à cordes (1962)
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joachim
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyMer 16 Oct 2013 - 17:18

Son "Hollywooder Liederbuch" a été composé en 1942/43 lorsqu'il était exilé aux Etats Unis, avant qu'il n'en soit chassé comme "espion communiste" par le maccarthisme en 1948.
Ce cycle comporte 47 Lieder sur des poèmes de Berthold Brecht (28), Hölderlin (6), Mörike (5 : les Anakreonte-fragmente) mais aussi Blaise Pascal (2), Goethe, Eichendorf, Viertel, Arthur Rimbaud et Eisler lui-même...
Cycle très éclectique qui parfois fait penser à Schubert, à Schumann, Wolf, Debussy et Schoenberg et même Kurt Weil. Au total, moi qui ne suis pas trop Lieder dans l'ensemble, de par sa variété, ce long cycle de 71 minutes me plaît bien.

J'aime beaucoup aussi sa Deutsche Symphonie, qu'il a mit plus de 20 ans à composer, pour récitant, solistes, choeurs et grand orchestre. Un monument de 68 minutes. Impressionnant.

L'hymne de la RDA, Auferstanden aus Ruinen, était un des plus beaux hymnes nationaux, du moins à mon avis. Dommage qu'il soit définitivement abandonné, et pour cause... On le trouve quand même sur Youtube.

Une oeuvre originale, c'est les ""Vierzehn arten den Regen zu beischreiben", Quatorze façons de décrire la pluie. C'est un de ses morceaux les plus connus, issu d'une musique de film muet, "Pluie" de 1929, et qu'il a reprise en 1941. C'est un quintette pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano en forme de variations, dont le thème est basé sur les initiales musicales de Schönberg. C'est une oeuvre sérielle mais qui ne m'a pas trop rebuté, comme quoi il y en a de pas mal.
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malko
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptySam 19 Oct 2013 - 9:37

Viennent de sortir chez harmonia mundi  ses tous dernièrs lieder  les " Ernste Gesänge " avec ensemble à cordes ; Désenchantés... Mais magnifiquement chantés par Matthias Goerne !


Dernière édition par malko le Lun 21 Oct 2013 - 9:18, édité 1 fois
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Théo taschimor
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptySam 19 Oct 2013 - 18:48

Ce compositeur m'intéresse évidemment beaucoup et outre sa Symphonie Allemande que j'adore,  j'aime assez un cd qui regroupe sous la forme judicieuse de suites, certaines de ses musiques de film.Very Happy Il fait partie, disons, des compositeurs que je cherche, doucement, sans précipitation, à approfondir, au même titre que Michaël Lévinas dans un autre style.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptySam 28 Fév 2015 - 23:45

Mélomaniac, hier in playlist, a écrit:

Hanns Eisler (1898-1962) :

Ernste Gesänge

= Matthias Goerne, baryton ; cordes de l'ensemble Rezonanz

(HM, septembre 2012)

Hanns EISLER Eisler10

lucien, in playlist, a écrit:

Eisler, Ernste Gesänge pour baryton et cordes (1962).  

I love you


Mr.Red Copieur !

Ca ne m'étonne pas que tu aies aimé.
Pas mal ces lieder, ceux avec piano aussi, sur des textes engagés.
En revanche, la Sonate pour piano n°1 m'a paru abstruse. Et pour toi, la ?

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lulu
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyDim 1 Mar 2015 - 0:04

Mélomaniac a écrit:
Mr.Red Copieur !
tu plaisantes, je les ai écoutés il y a une semaine. Mr. Green
oui, c’est superbe.

Mélomaniac a écrit:
En revanche, la Sonate pour piano n°1 m'a paru abstruse. Et pour toi, la ?
même genre, je dirais.
la première est je pense la première œuvre sérielle composée par un disciple de Schönberg. comme chez d’autres épigones (hors Berg/Webern), je trouve que l’utilisation du dodécaphonisme est moins abstraite que chez le Maitre, très rythmée et assez polarisée, dans un certain esprit néo-classique. enfin grosso modo c’est quand même dans l’esprit de la Suite.
en tout cas j’aime beaucoup ces deux sonates.


Dernière édition par lucien le Dim 1 Mar 2015 - 0:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyDim 1 Mar 2015 - 0:12

lucien a écrit:

tu plaisantes, je les ai écoutés il y a une semaine.


Surprised Ca alors !
On va soumettre le cas à Shushu...


Lucien a écrit:

la première œuvre sérielle [...] dans un certain esprit néo-classique


De l'exercice dodécaphonique pas très inspiré, quoi.
Pour ma part, bof.


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Rubato
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyMar 2 Avr 2019 - 13:49

Hanns EISLER 50293610
Spoiler:
 

Coffret 10CDs...pour le prix d'un (environ), je me suis dit que je n'allais pas hésiter longtemps.

D'Eisler je connais des Lieder, le quatuor à cordes op.73, la Deutsche Sinfonie, la sonate pour piano op.1.

Avec ce coffret, c'est un peu un saut vers l'inconnu...et cette idée me plaît bien. bounce
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Roupoil
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyDim 23 Fév 2020 - 11:43

J'ai parcouru ces derniers jours une partie de la Hanns Eisler Edition parue chez Brilliant Classics et évoquée par Rubato dans le message qui précède le mien. Pas moins de 10 CD pour balayer de façon très large l'immense corpus de ce compositeur : ça va des musiques de film aux lieder en passant par les grandes catates, la musique de chambre et le répertoire pour piano solo (et même un peu de musique chorale a cappela). Précisons tout de suite que j'ai un peu laissé de côté tout ce qui était vocat, et notamment les lieder avec piano, genre que je ne prise pas trop et qui souffre surtout ici d'un choix d'enregistrements historiques au son franchement pas terrible (surtout que tout le reste du coffret est constitué d'enregistrements plus récents avec un excellent son). Pour cette partie de l'oeuvre d'Eisler, je renvoie au message que Rubato (encore lui !) avait posté dans un autre fil sur une collection qui ne doit pas souffrir du même défaut :

https://classik.forumactif.com/t1262p250-a-la-decouverte-du-lied-discographie

Concernant le reste, j'avoue que j'avais surtout envie initialement de découvrir la Deutsche Sinfonie (qui tient plus de la cantate monumentale que de la symphonie d'ailleurs), mais que j'ai été très déçu, trouvant l'oeuvre franchement lourde et peu inspirée. Je trouve au contraire Eisler beaucoup plus intéressant dans les petites formes, qu'on trouve en pagaille notamment dans les suites orchestrales (pour la plupart manifestement extraites de musiques de film), où Eisler arrive à dépasser le stade de la musique utilitaire pour proser des petits morceaux qui ont vraiment du caractère, ça ne révolutionne rien mais c'est très agréable, et très accessible (de toute façon, Eisler a beau avoir été un disciple de Schönberg, il n'y a vraiment pas grand chose qui ne soit pas facile à écouter dans ce que j'ai entendu de lui). On sent par ailleurs dans cette musique un côté "Kabarett" qui est évidemment encore plus manifeste dans les quelques chansons avec orchestre composées pour accompagner les pièces de Brecht, où la parenté avec Weill est évidente (mais là encore Eisler garde une personnalité propre, ça n'est jamais du remplissage sans intérêt).

Autre pan de sa musique qui mérite à mon sens clairement l'écoute, les oeuvres de musique de chambre, souvent pour ensemble "presque orchestral" (nonettes notamment), avec là aussi une structure qui est souvent sous forme de suite de courts morceaux de caractère, c'est un poil plus expérimental que les musiques de film mais sans excès, et c'est surtout très coloré et bien construit, fort agréable à écouter. Je suis beaucoup plus réservé sur la musique pour piano, qui m'a semblé vraiment sans intérêt pour le coup.

Pour ceux qui voudraient écouter des parties de ce coffret, je conseillerais donc en priorité les deux premiers CD (musique orchestrale), la deuxième moitié du CD 4 (musique de chambre) et le CD 6 (encore de la musique de chambre, et quelques chansons avec orchestre).
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyDim 23 Fév 2020 - 12:49

Merci des retours ! J'avais personnellement battu en retraite devant ce coffret trop gourmand, pour me concentrer sur un exceptionnel disque de Jürgen Bruns, contenant la Leipzig Symphony inédite et des suites de ses musique de films (Funeral Pieces, pot-pourri de pièces déprimantes, et Nuit et Brouillard, qui accompagne le bouleversant crève-cœur que tout le monde connait).
Pour le grand frisson ou guérir les accès d'optimisme, cet album est hautement recommandé et ne semble pas doublonner avec le coffret ! (J'ai vraiment adoré mais réalise que je n'avais pas pris de notes à l'époque... Embarassed )

---------------------

Je réécoute, et ce n'est pas du tout à se trancher les veines, c'est tour à tour martial ou terriblement ironique. La seule chose confirmée de mon premier message, c'est que c'est très bien / ça me plaît toujours autant.
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Rubato
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyLun 24 Fév 2020 - 8:56

Je recopie ici ce que j'avais écrit dans le fil "À la découverte du Lied"

Hanns Eisler: les Lieder
Holger Falk: baryton
Steffen Schleiermacher: piano

Hanns EISLER 07606210 Hanns EISLER 07606211 Hanns EISLER 07606212

Hanns Eisler a composé quelque 500 Lieder, si l'on inclus les musiques de films et les musiques de scènes.

Il a beaucoup composé pour les pièces de Bertolt Brecht dans lesquelles, la plupart du temps, des Lieder étaient chantés.
Eisler en a "détaché" un grand nombre du contexte théâtral pour les inclure à son répertoire de Lieder.

Pour Eisler, ces Lieder n'étaient pas destinés à des récitals classiques, mais plutôt faits pour être chantés dans les rassemblements, les manifestations, cabarets, au théâtre...
Et je pense que c'est dans cet état d'esprit qu'il faut aborder leur écoute.
C'est la plupart du temps "engagé", politisé, et souvent composés sous forme de marche et de ballades.

Pour ces volumes (4 prévus), un choix a été fait afin de donner un éventail le plus représentatif possible de ce corpus volumineux.

Vol.1: 1929-1937
Spoiler:
 

Collaboration importante avec Brecht. Sur les 27 Lieder de ce volume, 25 sont de cet auteur.

Eisler "retouche" régulièrement les textes de Brecht (ce sera le cas pour les autres auteurs aussi).
De son côté, Brecht n'hésite pas non plus à intervenir sur les compositions de Eisler: leur collaboration était très flexible.

Les compositions sont majoritairement tonales; deux sont composées en écriture dodécaphonique (Zwei Elegien), mais restent pour autant faciles d'écoutes, voire mélodiques.
C'est très varié et on ne s'ennuie jamais. Smile

Vol.3: American exil 1938-1948
Spoiler:
 

La palette d'auteurs s'élargie avec: toujours Brecht mais aussi Hölderlin, Pascal, Goethe, Eichendorff et Anacréon.
Les compositions sont plus complexes et aussi plus brèves; elles sont moins faciles d'accès que celles du volume 1.

On y trouve l'important cycle Hollywood Liederbuch

Vol.2: 1948-1962
Spoiler:
 

Retour d'exil.
Deux cycles importants: Neue deutsche Volkslieder sur des textes de Becher et un cycle sur des textes de Tucholsky.

Nouvel élargissement pour le choix des auteurs.
Des compositions faciles:
"Toutes les mélodies sont faciles, chacun peut les apprendre sans peine, c'est pourquoi je les ai intitulées chansons populaires..." Hanns Eisler.

Facile, mais toujours imaginatif, c'est varié, et pourtant considérés "bas de gamme" par certains. Quoiqu'il en soit ils ont été beaucoup chantés (en RDA).
La plus grande partie des Lieder donnent l'impression d'avoir été écrits pour le cabaret. Ils ont été créés pour la plupart pour Ernst Busch, interprète préféré et proche de Eisler

L'interprétation est vraiment excellente.
Non seulement Holger Falk en est le chanteur, mais j'ai envie de dire qu'il en est aussi l'acteur tant on le sent impliqué.
Le piano de Steffen Schleiermacher est tout aussi expressif.

Pour moi ces volumes sont une vraie réussite.

EDIT:

Et bientôt quelques mots sur le vol.4
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Rubato
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyMer 26 Fév 2020 - 15:43

[Playlist]

Lieder Vol.1 & 2 (voir ci-dessus)

Plus je les écoute et plus j'apprécie ! Very Happy
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Rubato
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MessageSujet: Re: Hanns EISLER   Hanns EISLER EmptyDim 22 Mar 2020 - 13:09

Lieder vol.4

Hanns EISLER 81sqqq11
Spoiler:
 

C'est sur ce volume 4, que l'on trouve les premières compositions d'Eisler.
Elles datent de 1917, il avait alors 19 ans.
Ces premières mélodies sont celles d'un compositeur autodidacte. C'est à partir de 1919, et jusqu'en 1923 qu'il sera l'élève de Schönberg. Ce dernier était fier de son élève, et lui donnait des cours gratuitement. Eisler était surtout intéressé par son enseignement sur le contrepoint.
Certains de ces Lieder datent sans doute de cette période de "cours" avec le "maître".

Son Op.2 date de 1922.
Ces six Lieder sont dédiés à Webern, et font penser aux compositions de ce dernier, notamment à ses Op. 12 & 13. Sauts d'intervalles importants, piano saccadé, compositions typiques de cette période, de ces compositeurs qui gravitaient autour de Schönberg.
Pour le choix des auteurs, voir spoiler.

Un changement radical s'opère avec l'Op.11 "Zeitungsausschnitte für Gesang und Klavier", musicalement et aussi concernant le choix des textes. Il abandonne la "grande littérature", et choisit, de façon provocatrice, des articles de journaux, des petites annonces, et invente également des comptines qu'il met en musique.

Ces " Zeitungsausschnitte" furent créés à Berlin en décembre 1927, Au programme il y avait également le quatuor n°3 de Schönberg et la suite Lyrique de Berg…programme plutôt mal accueilli!
C'est peu de temps après qu'Eisler se consacrera essentiellement à la mise en musique des textes de Bertolt Brecht (voir vol.1).

C'est surtout cette diversité dans l'écriture qui me fait aimer les Lieder d'Eisler...on ne s'ennuie jamais et l'on est jamais à l'abri de quelques surprises ! I love you
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