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 Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...

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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 3:59

La Barcarolle, un soir d'octobre

Voici une petite analyse de l'interprétation de la Barcarolle en fa dièse majeur de Chopin, opus 60, par Sofronitsky. C'est une interprétation en direct, donnée à la grande salle du Conservatoire de Moscou le 20 octobre 1949. À l'encontre de celui du 21 novembre suivant, consacré lui aussi à des pages de Chopin, le récital du 20 octobre ne nous est parvenu que sous la forme d'un fragment de quarante-cinq minutes environ (il comporte en outre la Fantaisie en fa mineur, opus 49, le Nocturne en bémol majeur, opus 27 n°2, une sélection de cinq Mazurkas et la Nouvelle Étude n°2 en la bémol majeur). Il ne s'agit donc pas de l'enregistrement plus connu (en tout cas plus souvent édité) réalisé en studio le 28 janvier 1960.

Cette interprétation en direct a fait l'objet de publications chez les éditeurs Denon (COCO-80149/50 puis COCQ-83968/9) et Vista Vera (VVCD-00118-2), qui proposent tous les deux l'intégralité de ce qui a été préservé des cinq récitals Chopin donnés en 1949 (sur deux disques compacts). Aucune de ces deux éditions n'est tout à fait satisfaisante. Denon présente un niveau trop bas (je le relève un peu, de 6,5dB) et un peu trop de filtrage dans l'aigu. Vista Vera est plus charnu et prenant, mais présente une légère coloration vers 3,2kHz et au moins autant de filtrage dans l'aigu que Denon.

Pour que l'on s'y retrouve, je donne les références grâce aux numéros de mesures sur la partition (notés M#) et aux minutages.

1. Introduction

On comprend la perplexité des interprètes : Chopin détestait toute littérature autour de sa musique et tout programme plaqué sur elle. C'est en vain que l'on chercherait dans la partition de la Barcarolle des indications de caractère susceptibles de guider ou de rassurer l'esprit face à certains choix interprétatifs. Bien souvent, les interprètes en donnent une vision lumineuse voire ensoleillée (avec diverses déclinaisons de rêverie ou de nostalgie). D'autres pianistes seront plus énergiques, peut-être plus dramatiques, ce qui suppose quand même une certaine dose de recul ou de distanciation, car ce n'est par exemple pas une ballade. La page est bien proche de l'œuvre d'art sphérique, du mystère non codé et pourtant impénétrable d'un sphinx. C'est en tout cas un des sommets absolus de Chopin en termes d'harmonie et de structure (délire de l'invention harmonique en particulier dans la coda, structure lapidaire dans l'art des transitions et de la synthèse thématique). Sommet aussi de la forme intermédiaire, qui n'est ni la grande forme des classiques ni la forme brève inventée autour d'une idée poétique et pour elle seule. Composée de l'automne 1845 à l'été 1846, la Barcarolle adopte la structure tripartite ABA' précédée d'une brève introduction.

1.0. Introduction

À l'orée de ce déploiement continu et inéluctable, l'introduction très brève (trois mesures, M1 à M3) et même la césure (silence de la seconde moitié de M3) apparaissent comme intégrées de main de maître. C'est un accord forte dans le grave sur do dièse avec un accent, suivi d'une ample courbe déclinante et notée diminuendo, et enfin d'un silence. Une envoûtante prise de possession de l'espace sonore.

1.1. Section A

Deux mesures (M4 et M5) sont consacrées au rythme fondamental des sections A et A', balancement enivré et ondoyant à la main gauche. La main droite énonce cantabile le premier thème à la mesure M6. Il est chanté à deux voix à la tierce et sera ensuite repris à la sixte. Le trille (d'abord simple et bref [M11 à M13], puis plus long [M17 et M19 à M21] et enfin double [M23-M24 et M26] avant de retrouver la brièveté et la simplicité [M31]) joue un rôle fondamental de timbre et de lumière, et, au sommet de son double déploiement, induit plus de passion. La mélodie se mue en une suite ascendante d'accords notés diminuendo à partir de forte et s'éteint ensuite dans une modulation délicieuse. Ces trois mesures (M32 à M34) et les quatre suivantes (M35 à M38), déploration de la main droite à découvert avec soutien final de la main gauche, peuvent être considérées comme la transition vers la section centrale (B) en la majeur, dont le tempo de départ (c'est-à-dire poco più mosso) est ainsi annoncé avec près de quatre mesures d'avance.

1.2. Section B

Dès la mesure M39, sous un accord tenu à la main droite, la gauche affirme le rythme fondamental de la section B, un rythme beaucoup plus régulier dans son balancement et aussi un peu plus rapide. Cette page plus sombre, dont le thème est énoncé dès la mesure M40 par la main droite sotto voce, est peut-être la plus mystérieuse de l'œuvre. Les modulations et les arpèges (M43 et M47, puis M54, M58 et M60) induisent une agitation progressive qui finit par enfiévrer le thème de cette partie centrale pour le conduire à deux sommets forte successifs. Le mouvement est un peu retenu à la mesure M61 et, malgré le poco più mosso (mesure M62 et suivantes), la section B connaît une dernière phase déclinante. Une modulation abrupte, un changement du tempo (meno mosso, M72) et le rythme fondamental de la section B s'engourdit et se crampe sur la figure répétée (M72 à M75) d'une croche et d'une noire (ou d'une seconde croche) marquées staccato. On peut considérer les six mesures suivantes (M78 à M83), dès la mythique indication dolce sfogato, comme la transition vers la dernière section (A') (retour au tempo initial allegretto et à la tonalité de fa dièse majeur).

1.3. Section A'

La « récapitulation », ou plutôt la synthèse thématique lapidaire chère à Chopin, commence par le même double trille à la main droite, mais à présent plein de force sur le rythme fondamental qui règne en maître beaucoup plus impérieux sur les six mesures M84 à M89, pour réintroduire le premier thème. L'effervescence ne cesse d'ailleurs de gagner aux mesures M90 et M91, jusqu'à une seconde suite ascendante d'accords notés cette fois crescendo (M92). Le più mosso (mesures M93 à M102, autour de l'intensité fortissimo) est le climax suprême de l'œuvre, parfois considéré comme « dramatique ». Au retour du tempo initial (M103), c'est la coda, son caractère de quasi-improvisation notée pourtant avec minutie, son audacieuse série de modulations harmoniques qui résonnent avec une abrupte modernité. Les six dernières mesures, calando (M111 et M112) puis leggiero (M113 et M114) et enfin crescendo (M115), conduisent de manière progressive mais vertigineuse à l'affirmation fortissimo (M116) des deux derniers couples d'accords do dièse-fa dièse (avec un accent sur les fa dièse).

2. Interprétation

Le Chopin de Sofronitsky est, selon son propre dire, « simple, sévère, libre ». C'est si personnel et individuel qu'il est difficile de le ranger dans une catégorie. Durant les deux ou trois dernières années de sa vie, tandis que son jeu se décantait vers une forme fascinante d'hédonisme ascétique (ce que j'ai appelé, dans le fil Sofronitsky, les noces aristocratiques de l'émotion et de l'intelligence), ces aspects de simplicité, de sévérité voire de liberté prirent encore plus d'importance. De ce point de vue, les sessions en studio consacrées à Chopin en janvier et février 1960 sont des archétypes. Sa deuxième Barcarolle, mentionnée plus haut, en fait d'ailleurs partie.

En octobre 1949, soulevé par l'inspiration du récital, ce sont surtout les aspects de ductilité, de simplicité dénudée et de virilité que l'on peut relever. Pour Sofronitsky, l'interprétation de la Barcarolle demande une impulsion ou une volonté, un dessein téléologique, pour éviter l'écueil de la joliesse scintillante. Je pense que la clef de voûte de cette interprétation de 1949 est une idée poétique de la polysémie : sans une once de sollicitation du texte, dans une maîtrise, une concentration et un contrôle émotionnels immaculés (ce qui n'est pas incompatible avec certains défauts factuels, j'y reviendrai), chercher, saisir et exprimer toute la lumière de l'œuvre et, dans le même geste pianistique, tout le néant de cette lumière.

2.1. Allegretto (M1 à M38, 0'00 à 3'14)

Les deux premiers accords de M1 résonnent avec force, vigueur, rugosité et une ombre de noirceur. Ils sont contredits par le halo sonore de la longue et sinueuse courbe déclinante (fin de M1, M2 et première moitié de M3, 0'04 à 0'15). On efface ici jusqu'au souvenir de toute musique antérieure ou autre. Le silence à la fin de M3 est respecté de très juste manière (il dure une seconde entière).

Le balancement enivré du rythme des sections A et A' (M4 et M5, 0'16 à 0'25) est d'une subtilité, d'une émotion inouïe. Sofronitsky y inscrit au stylet une minuscule altération agogique quatre fois répétée, sur celle des croches qui suit immédiatement les groupes de deux doubles croches (voir extrait 1) et sur laquelle le pianiste semble s'attarder un tout petit peu. Le temps du pendule est aboli : c'est sur la donnée temporelle de ce rythme et de son balancement, toujours perceptible à la main gauche, que se fonde le temps musical de l'œuvre. Il n'est en réalité pas une mesure qui soit en tempo strict. Le temps des physiciens s'efface au profit d'un temps musical déjà très libre et ductile, dans le cadre duquel le rubato apparaît en outre comme un degré de liberté supplémentaire utilisé avec grande parcimonie.

Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 Op60sfrnfig1(1)

Le premier thème est présenté (M6, 0'26) avec tout le cantabile requis, mais sa cantilène porte une ombre, peut-être une forme de morbidité ou d'automne. C'est frappant à la mesure M11 (0'48), où la ligne mélodique (avec son rythme pointé) sombre entre la ligne de soprano et l'accompagnement et que Sofronitsky timbre de façon un peu plus incisive et prégnante. D'une manière générale, durant toute cette section A, Sofronitsky s'attache plus à maintenir les flux et la continuité vitale qu'à accuser les contrastes. C'est qu'il répond déjà à une vision de l'œuvre comme une immense courbe aspirée d'en haut par sa clef de voûte, plus que comme une tripartition dont les épisodes seraient trop indépendants. Ainsi, le premier forte (M14, 1'02) reste très modeste, bientôt diminué par la diaprure leggiero à la main droite. De même, le trille, devenu long (M19, 1'30), puis double (M23-M24, 1'50 à 1'58) pour réintroduire le premier thème, ne conduira pas ici à des contrastes excessifs. En fin de compte, il n'y a peut-être qu'à partir des mesures M28 (2'14) et M29 (2'18) et de leurs crescendos que la fièvre monte. Mais nous sommes encore bien loin, aux mesures M30 et M31 (2'23 à 2'33), du feu et de la passion qui dévorera ces mêmes lignes dans la section A'. Et, de toute manière, nous ne sommes plus qu'à quelques mesures de la transition vers la section B... Superbe exemple d'économie structurelle à l'échelle de l'œuvre tout entière.

La première suite ascendante d'accords notés diminuendo à partir de forte (M32, 2'34 à 2'41) plonge au moins jusqu'au pianissimo, ce qui permet un contraste saisissant avec le très bref crescendo sur le dernier accord de M32 et le premier de M33 (2'42), ici joués forte mais si souvent négligés. C'est le nadir de la mesure M92.

Est-ce dû à un défaut de rigueur ou plutôt, ce que je pense pour ma part, à un surcroît de concentration qui lui fait penser ici aux deux mesures M111 et M112 notées calando presque à la fin de l'œuvre et homonymes de la mesure M33 (2'42 à 2'54) ? Quoi qu'il en soit, Sofronitsky « double » cette mesure M33 (voir la première mesure de l'extrait 2, encadrée). Deux ou trois toux très discrètes apparaissent dans le public (inquiétude d'amoureux ou réprobation de Beckmesser ?). Pour ma part, la pertinence poétique de la réaction de Sofronitsky est telle que j'en arrive presque à regretter que Chopin n'ait pas écrit ce que Sofronitsky a joué, surtout à l'orée de la première grande transition.

Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 Op60sfrnfig2(2)

Le diminuendo et le rallentendo de la mesure M34 (2'54) conduisent à la transition. Les cinq petites interjections (quatre sur M34 et la dernière au début de M35, voir extrait 2) sont de plus en plus intimes. La dernière se fait attendre par un rubato immense, elle est ainsi recroquevillée sur sa tendresse nostalgique à la lèvre du silence. La grande déploration à découvert (poco più mosso), qui naît à la main gauche pour passer bientôt à la droite (M35 à M38, 3'01 à 3'14), met en lumière la capacité quasi surnaturelle de Sofronitsky à faire parler (et non seulement chanter) la mélodie. Le crescendo et decrescendo des mesures M36 et M37 est d'une grande éloquence.

2.2. Poco più mosso -- Meno mosso (M39 à M83, 3'14 à 6'07)

On remarque que le balancement rythmique plus régulier de la section B (M39, 3'14 à 3'17) est rendu logique et nécessaire par le jeu plus sombre et insistant des mesures précédentes. L'art des transitions est génial, mais celui de l'intégration des parties l'est tout autant.

Dans toute cette section B, les nuances sur les grandes lignes mélodiques sont interprétées de manière très large et profonde. Sofronitsky insiste beaucoup moins, en revanche, sur les crescendos qui accompagnent les arpèges ascendants des mesures M43, M47, M54, M58 et M60 (3'28, 3'41, 4'07, 4'21 et 4'29). Ce qui frappe le plus dans cette page, outre l'ampleur déjà notée des nuances, c'est l'intensité des phrasés, l'âpreté des accentuations et la rugosité de certaines des textures. Il est clair que Sofronitsky tourne ici le dos à la beauté élémentaire du jeu et met en œuvre sa maîtrise de la production sonore, en particulier les couleurs et les textures, pour suggérer l'éloquence oratoire d'un poète. Les mesures M50 à M57 (3'50 à 4'20) en sont peut-être le meilleur exemple, de même que l'intensité que le pianiste donne au petit motif mélodique (do dièse, mi bécarre, fa dièse, bécarre, sur le rythme croche, noire, croche, blanche pointée) à la fin de M59 et au début de M60 (4'26). Le ritenuto de M61 (4'31) est immense, surtout au sommet du crescendo, et jamais la fièvre ne reviendra durant le poco più mosso de la mesure M62 (4'37) et des suivantes. La force vitale de la musique s'engourdit de manière progressive, se fige, puis se crampe sur une modulation abrupte.

À l'instar de l'accent que Chopin a noté pour le premier fa dièse de la mesure M74 (5'24), Sofronitsky accentue avec douleur celui de la mesure M72 (meno mosso, 5'15) et celui de la mesure M73 (5'20). La courbe mélodique à la main droite semble ne pas pouvoir s'extraire de l'orbite de ce fa dièse noueux, tandis que Sofronitsky joue l'accompagnement presque comme une marche funèbre. Nous sommes ici au cœur de la transition vers la section A'. Il s'agit, pour l'interprète, de magnifier l'opposition (si évidente en lisant la partition) entre la contrainte régulière et douloureuse des six premières mesures du meno mosso (M72 à M77) et la liberté infinie des six dernières (M78 à M83). Le génie de Sofronitsky est en effet hallucinant au dolce sfogato (mesure M78 et suivantes, à partir de 5'45) : abolition des barres de mesures, temps musical ductile et souple, rubato et agogique invincibles, phrasé immaculé, mélodie projetée comme un délire extatique (les mesures M78 et M79, de 5'45 à 5'54, sont un miracle, voir extrait 3). Dès la mesure M80 (à partir de 5'55), l'énergie revient en vagues successives et culmine dans la section A' retrouvée.

Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 Op60sfrnfig3(3)

2.3. Tempo I -- Più mosso -- Tempo I (M84 à M116, 6'07 à 8'32)

Six mesures (M84 à M89, 6'07 à 6'30) sous l'emprise du rythme fondamental des sections A et A' (rythme ici beaucoup plus énergique) voient Sofronitsky encore assez économe. Ce n'est qu'aux mesures M90 et M91 (6'30 à 6'38) que les digues commencent à céder, pour la plus fabuleuse transition de toute l'interprétation. Sofronitsky joue le premier accord (main gauche) sur do dièse au début de la mesure M92 (6'39) avec un accent d'une puissance phénoménale. La seconde suite ascendante d'accords notés crescendo est aspirée par le più mosso qui suit. Le rapport des intensités et celui des tempos est un miracle sans nom. Pour les intensités, remarquons que le dernier accord de la mesure M92 (6'43,1) n'est pas joué au maximum des possibilités dynamiques de l'instrument, mais que le premier de M93 (6'43,5) est bel et bien joué fortissimo et qu'il s'éteint beaucoup plus vite. Il en résulte une prodigieuse propulsion de la musique. Pour le rapport des tempos, c'est aussi irrésistible : les mesures M93 à M96 (6'43 à 6'53), pour toute leur puissance, sont jouées comme en état d'apesanteur. Toute cette transition (voir extrait 4) est apte à faire naître, dans l'esprit de l'auditeur, une « image sonore et poétique ». Voici la mienne. Sofronitsky déploie ses ailes, toutes voiles hissées, la grande porte d'or s'ouvre et c'est l'océan. C'est le midi sans ombre, l'ivresse d'un bonheur sans mélange. Cette heure d'euphorie sans partage, nul ne sait ni ne peut savoir combien elle lui sera brève...

Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 Op60sfrnfig4(4)

De fait, Sofronitsky interprète l'accent sur la dièse au dernier quart de M96 (6'53,3) comme la première atteinte de morbidité. Les mesures M97 à M102 (6'54 à 7'17), malgré leur énergie, ne s'en relèveront pas (tempo un peu retenu, agogique très réduite), marquées du stigmate encore aggravé par un second accent sur do dièse au dernier quart de M100 (7'04,7). Le ritenuto commence dès la mesure M101 (donc avec une mesure d'avance) et s'étend à toute la mesure M102.

La coda (tempo I, c'est-à-dire allegretto) aux mesures M103 à M109 (7'17 à 7'46) prend ces stigmates pour point de départ et renoue avec l'éloquence oratoire de la section B. Plusieurs accents y sont très rugueux voire rudes, le ton général est à la sévérité. C'est peut-être dans cette page que l'interprétation de 1949 est la plus proche de celle de 1960 en studio, sous ce rapport de sévérité et d'autorité virile, mais aussi de simplicité directe. Les modulations de Chopin sont ainsi traduites avec une force qui en souligne l'audace péremptoire. Après une mesure ad libitum toute de liquidité (M110), les deux mesures calando déjà mentionnées (M111 et M112, 7'53 à 8'05) et les deux suivantes (M113 et M114, 8'06 à 8'16), où les indications leggiero et pianissimo ne valent que pour la main droite, Sofronitsky jouant le thème à la main gauche de manière très présente, conduisent l'œuvre à son terme. En dépit d'un petit accroc à mi-chemin, le vertigineux trait crescendo vers le fa dièse grave (M115, 8'17) est ponctué des deux derniers couples d'accords (sur do dièse et fa dièse) dont la puissance et surtout la sérénité me semblent l'affirmation éveillée que le rêve est la vie. Le second couple d'accords est d'ailleurs joué un petit peu en dessous de la nuance fortissimo.


Dernière édition par Scherzian le Sam 23 Oct 2010 - 0:26, édité 1 fois (Raison : Suppression du lien.)
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 9:41

Merci pour cette analyse détaillée et ce guide d'écoute.

Je suis très rarement satisfait par ce que j'entends dans la Barcarolle (il y a souvent des tunnels énormes) donc je vais écouter cette version.
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DavidLeMarrec
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DavidLeMarrec

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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 10:39

Scherzian, t'es le meilleur ! cheers

Merci beaucoup d'avoir répondu à mon voeu avec tant de munificence.

J'ai chargé l'enregistrement, je vais m'y mettre.
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Josef
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MessageSujet: Meilleures Integrales Chopin   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 10:45

Claudio arrau est un grand classique de Chopin, mais tu as aussi arthur rubinstein excellent dans les nocturnes,Idil Biret dans Naxos, Maria Joao Pires chez DG, Horowitz chez RCA...Personellement, je te recommande absolument Daniel Barenboim, l'enregistrement integral des 21 nocturnes.
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Josef
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MessageSujet: Barcarolle   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 10:48

Salut, est-ce que quelqu'un aurait par hasard la barcarolle de F.Chopin dans la version parue dans le CD :"the best of chopin" chez Naxos?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 10:53

Oui. Pour ?

Salut et bienvenue. Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 10:56

Josef a écrit:
arthur rubinstein excellent dans les nocturnes,
Confused
Citation :
Idil Biret dans Naxos,
affraid

Sinon, je suis d'accord pour les autres très belles références que tu proposes. J'y ajoute Ohlsson et Magaloff notamment.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 10:58

T'es d'accord pour Barenboim dans les nocturnes ?
Ça a été ma première version, et quand j'ai découvert certaines choses en versions isolées (surtout le 72 n°1 par Richter à Prague), je me suis dit que Barenboim restait très gentil. Cette version me touche assez peu.
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Hippolyte
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 11:14

Scherzian a écrit:
La Barcarolle, un soir d'octobre

Voici une petite analyse de l'interprétation de la Barcarolle en fa dièse majeur de Chopin, opus 60, par Sofronitsky. [etc.]

Waouh ! impressionnant, Scherzian ! cheers
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 11:28

alexandreg a écrit:
T'es d'accord pour Barenboim dans les nocturnes ?
Ça a été ma première version, et quand j'ai découvert certaines choses en versions isolées (surtout le 72 n°1 par Richter à Prague), je me suis dit que Barenboim restait très gentil. Cette version me touche assez peu.
J'aime beaucoup Barenboim ici, une vision assez sombre, toujours cette légère surarticulation que j'aime beaucoup. Dans ce genre, ça me séduit plus qu'Arrau, finalement, aussi à cause de la prise de son (un peu sèche pour être évocatrice chez le second).
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 11:30

Bien, j'ai déjà mis ton repiquage en format sans perte, pour me faire une première idée. J'aime bien le début, il y a un flou assez onirique dans les articulations, mais après, ça manque un peu de feu et de netteté à mon goût, l'expérience de suivre ton parcours sera donc beaucoup plus intéressante que si j'avais d'emblée rendu les armes, puisque j'espérais bien suivre ta démonstration dans toute son ampleur. Very Happy
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 12:37

EDIT : Message devenu sans objet (voir page 24).


Dernière édition par Scherzian le Sam 23 Oct 2010 - 0:30, édité 1 fois (Raison : Suppression du lien.)
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 12:44

S'adressant à DavidLeMarrec, alexandreg a écrit:
T'es d'accord pour Barenboim dans les nocturnes ?
Ça a été ma première version, et quand j'ai découvert certaines choses en versions isolées (surtout le 72 n°1 par Richter à Prague), je me suis dit que Barenboim restait très gentil. Cette version me touche assez peu.
Tout à fait d'accord. Même sans aller chercher des nocturnes tardifs, pour une interprétation hantée de l'opus 27 n°2 on peut écouter Vitalij Margulis dans le toituyau (/watch?v=ayLzw5sen3k).

Spoiler:
 


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 12:52

Personne n'est exclusif bien sûr, ce sont juste des tendances pour se charrier, guère plus. Au mieux, ça aide à cerner des publics, mais sur un individu, c'est toujours extrêmement réducteur.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 14:14

Pour les nocturnes, j'aime bien Rubinstein et Barenboïm.

Pour la barcarolle, une très belle version par Ohlsson chez EMI ou alors Dinu Lipatti.
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Hippolyte
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 16:29

DavidLeMarrec a écrit:
Josef a écrit:
arthur rubinstein excellent dans les nocturnes,
Confused

Que reproches-tu à Rubinstein, David ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 16:41

Hippolyte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Josef a écrit:
arthur rubinstein excellent dans les nocturnes,
Confused

Que reproches-tu à Rubinstein, David ?
J'ai toujours trouvé ça très sec et sans esprit (et je ne parle même pas de la musique de chambre où j'ai souffert). Je suppose qu'il dit des choses passionnantes vu sa réputation, et que je n'ai pas raison seul contre le reste du monde, mais à l'aveugle, j'aurais dit que c'était un pianiste moyen de l'époque, assez routinier.

Après ça, je lui reproche rien, juste qu'il ne me touche absolument pas.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 16:46

DavidLeMarrec a écrit:
Hippolyte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Josef a écrit:
arthur rubinstein excellent dans les nocturnes,
Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 Icon_confused

Que reproches-tu à Rubinstein, David ?
J'ai toujours trouvé ça très sec et sans esprit (et je ne parle même pas de la musique de chambre où j'ai souffert). Je suppose qu'il dit des choses passionnantes vu sa réputation, et que je n'ai pas raison seul contre le reste du monde, mais à l'aveugle, j'aurais dit que c'était un pianiste moyen de l'époque, assez routinier.

Après ça, je lui reproche rien, juste qu'il ne me touche absolument pas.

Rubinstein a enregistré l'intégrale des Nocturnes trois fois.. Bien que les versions les plus tardives aient une meilleure qualité sonore, je préfère la première (1936), qui est plein d’enthousiasme et vitalité. Les enregistrements de 1949 et 1965 sont à côté raides et refoulés .



Pour les Mazurkas son enregistrement de 1938 est superbe. Tel joie! Tel sens du rythme!



Je crois qu'il vaut mieux éviter ses enregistrements stéréos, sauf pour un ou deux examples


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Zeno
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 18:20

Scherzian, merci. Tu es grand !
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 26 Mai 2010 - 18:53

Merci, Scherzian, j'ai redécouvert cette Barcarolle.
A un moment donné, j'ai été submergée par la beauté de ce que j'écoutais et voici ce que j'ai lu quelque temps après : "Le génie de Sofronitsky est en effet hallucinant au dolce sfogato (mesure M78 et suivantes, à partir de 5'45) : abolition des barres de mesures, temps musical ductile et souple, rubato et agogique invincibles, phrasé immaculé, mélodie projetée comme un délire extatique (les mesures M78 et M79, de 5'45 à 5'54, sont un miracle, voir extrait 3)."

Merci de nous faire partager, outre ton talent de chroniqueur, ces moments magiques. kiss
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Josef
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MessageSujet: pour tres grand collectionneur   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyJeu 27 Mai 2010 - 9:22

...pour pouvoir soit la telecharger (comme de sur youtube par ex.), soit l'avoir en un autre format (fichier mp4...); p.s: je suis un tres grand collectioneur de versions rares Exclamation
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 14:01

Scherzian a écrit:
Wolfgang a écrit:
Chopin: Ballade No.4, Sofronitsky 1955
I love you Que l'introduction de cette oeuvre est sublime!
Ah oui ! Mais ton I love you porte-t-il aussi sur l'interprétation ? Si oui, je serais heureux que tu en parles un peu, car je suis en train de passer complètement à côté des Ballades de Chopin par Sofronitsky (il a joué les n°1, 3 et 4), où j'aimerais plus de contrastes (moins que dans les Scherzos, bien sûr, mais beaucoup plus que dans la Barcarolle, par exemple) et même un côté épique ou légendaire.

Effectivement, Sofronitsky n'aborde pas l'oeuvre sous un angle épique, mais livre une interprétation superbement humaine, et je trouve que c'est dans ce type d'interprétation que l'oeuvre se révèle la plus riche, la plus profonde et touchante. Sofronitsky exprime vraiment toute l'intériorité de Chopin dans cette ballade, en résumé des tourments qui sont extériorisés plutôt qu'une situation extérieure. Smile
De plus, il restitue admirablement la cohésion de l'oeuvre, un véritable parcours, une ballade au sens strict.

Enfin, on peut trouver un manque de tranchant, de vivacité, qui puisse reconstituer ce côté épique dans cette ballade. Mais Chopin n'est pas Liszt... Sofronitsky interprète vraiment Chopin dans toute son originalité: ce dernier, malgré ses tourments qui peuvent être incroyablement vifs, n'est jamais profondément violent dans sa musique.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 15:39

Merci, Wolfgang. En fait, en raison d'une approche plus intérieure (moins vive et tranchante, comme tu le mentionnes, moins contrastée), je n'ai pas encore réussi à ressentir, dans cette interprétation de la Ballade n°4 par Sofronitsky, la cohérence ou la cohésion de toute l'œuvre, à laquelle tu as pu accéder... C'est peut-être parce que, lors de mes écoutes, l'intériorité « unie » de l'interprétation a mis en exergue des aspects du jeu de Sofronitsky ici que je n'ai pas aimés du tout, par exemple la gestion des voix (je trouve que cela ressemble trop souvent à une mélodie accompagnée) et surtout le rubato (lui dont le rubato est quasi toujours profondément personnel, souple, mystérieux, je le trouve ici quasi téléphoné et même parfois arbitraire, par exemple à 0'27-0'33, à 0'36, à 0'47, à 1'28, à 2'31-2'42, etc.). Je trouve en plus son jeu assez négligé dans cette Ballade, comme s'il y avait un déficit de concentration (ce qui est pourtant en général une de ses qualités suprêmes, justement).

Mais je trouve que c'est profondément vrai, ce que tu écris de Chopin d'une manière plus générale. Quand je regrettais les contrastes épiques ou l'aspect légendaire (que j'entends trop peu ici chez Sofronitsky), je ne voulais bien sûr pas d'impudeur dans l'expression d'une intériorité, ni même, tu as raison, de véritable violence pour une Ballade (quant à un aspect profondément violent dans sa musique, c'est peut-être quand même une composante que j'attends dans l'interprétation des Scherzos [où Sofronitsky est d'ailleurs splendide, solaire, invincible !] et même dans celle de certains des Préludes opus 28 [idem !]).
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Jules Biron
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 17:09

Era a écrit:
Chopin: Second Scherzo (Sofronitsky)
Bon, euh.... c'est une blague ? Confused Embarassed
Bon, j'ai écouté ça, j'ai pas trop envie d'en écouter plus parce que je supporte absolument pas ce genre de pianiste des années 50 en fait... rien que le début c'est totalement à côté de la plaque pour moi. Que dire du son (pas aidé par la prise de son et la qualité de l'enregistrement bien sûr), uniquement des attaques rapides (y a des fois où j'aimerais entendre des attaques lentes, des accords qui rentrent dans le clavier lentement comme si on le malaxait, là que dalle), pas de respirations, ça va à toute blinde tout le temps... mon dieu rendez-moi mon Chopin ! pale


Bon, sinon digitalement parlant c'est parfait bien sûr...
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 17:47

Au risque de surprendre, je suis tout à fait d'accord sur l'observation des faits. C'est très sauvage, impérieux, les attaques y sont toujours sévères, parfois cinglantes. C'est vrai aussi que le tempo de base est très rapide. Et le Premier Scherzo, opus 20, joué juste avant, le même soir (13 mai 1960), est au moins aussi sauvage, tout en étant, à mon avis, encore mieux maîtrisé digitalement. Au sujet des attaques rapides, la poétique de Sofronitsky est celle d'un piano qui parle, bien plus que celle d'un piano qui chante. Ses attaques sont parfois d'une douceur infinie, avec une sonorité suave, veloutée et voluptueuse, mais elles sont parfois aussi très rugueuses, sévères et intenses, ce qui produit des textures parfois presque blessantes, coupantes. À mon avis, il est quasi impossible de catégoriser son jeu, que ce soit à partir de ce scherzo-ci ou à partir de n'importe quelle autre œuvre (de Chopin ou d'un autre compositeur).

Bon, maintenant, je suis moins d'accord avec les conclusions. Jamais, jamais je ne voudrais « mon » Chopin partout ainsi (dans la Barcarolle, les Nocturnes, les Impromptus, certains Préludes, les Valses, certaines Mazurkas, et même dans les Ballades, ce serait un enfer). Mais dans les Scherzos, j'aime beaucoup justement. J'ajoute quand même que Sofronitsky joue la Barcarolle, les Nocturnes, l'Impromptu opus 51, la Fantaisie opus 49, les Préludes, les Ballades, etc., d'une tout autre manière (non seulement en studio mais aussi, comme ici, en récital).

Sinon, pour la prise de son et la qualité technique de l'enregistrement, ce récital du 13 mai 1960 est... ahem... parmi les mieux enregistrés et réédités de tout le corpus de Sofronitsky. Un ami m'a cependant indiqué que son édition chez TKM Records (Living Stage) est inférieure à celle chez Melodiya, et que parmi toutes les éditions chez Melodiya, c'est la première la meilleure, avant que Melodiya ne se montre un peu plus interventionniste sur les aigus. (Je ne suis pas tout à fait sûr que ma dernière phrase va arranger les choses, mais tant pis, je risque le coup.)
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 18:29

Oui, j'ai écouté la Barcarolle, c'était tout de même mieux.
Mais bon je suis très attaché au son des pianos, des pianistes, et des enregistrements d'aujourd'hui, alors même si c'est l'un des meilleurs de ces années là, j'ai un peu de mal...
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 18:43

Oui. En fait, si j'ai répondu plus longuement, c'était surtout parce que, parmi ses enregistrements de musique de Chopin, les deux premiers scherzos live en 1960 (il y a aussi une version studio de l'opus 20 en 1952 beaucoup plus rassérénée et avec un tempo plus modéré) sont sans doute le fleuron le plus extrême (voire extrémiste). C'était pour éviter une extrapolation hasardeuse.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 20:27


Oui, Ballade 4 n'est pas une réussite

Il n'empêche que je trouve que Ballade 1 au Musée Scriabine est incandescente.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 20:31

Era a écrit:
Oui, j'ai écouté la Barcarolle, c'était tout de même mieux.
Mais bon je suis très attaché au son des pianos, des pianistes, et des enregistrements d'aujourd'hui, alors même si c'est l'un des meilleurs de ces années là, j'ai un peu de mal...

Bonsoir,

Tout à fait d'accord avec toi. Etant quasiment "piano-monomaniaque", j'attache également une très grande importance à la sonorité de l'instrument et, par conséquent, à celle de sa captation. C'est peut-être idiot et cela me fait probablement rater de très belles versions, mais ça doit être mon côté assumé d'audiophile.

Cela dit, jusqu'à présent, je ne me suis jamais senti frustré. J'ai toujours trouvé des versions remarquablement interprétées de mes oeuvres favorites ... jusqu'à en avoir même parfois plusieurs versions.

Christophe Wink
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 20:56

Mandryka a écrit:
Oui, Ballade 4 n'est pas une réussite

Il n'empêche que je trouve que Ballade 1 au Musée Scriabine est incandescente.
Oui, je sens confusément que c'est moi qui suis en train de manquer quelque chose et le message de Wolfgang, un peu plus haut dans ce fil, en est une indication supplémentaire. Je réécouterai la Ballade n°1. Il y a aussi plusieurs enregistrements différents de la Ballade n°3 que je réécouterai également.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 23:13

J'écoute le 1er Scherzo par Sofronitsky, et c'est un véritable bouleversement! Cette version, je l'ai toujours espérée sans jamais l'avoir entendu! Enfin, toute l'énergie, tous les contrastes que contient cette oeuvre sont déployés! sunny

Vraiment, cette oeuvre, qui est une extériorisation sans concession, un abandon à la rage et au désespoir, ce trop-plein intérieur, ce point de non-retour, qui mêle la colère au lyrisme à fleur de peau (quel tableau de la nature humaine!) Sofronitsky l'exprime à merveille! Magnifique!
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMer 2 Juin 2010 - 23:34

Scherzian a écrit:
Merci, Wolfgang. En fait, en raison d'une approche plus intérieure (moins vive et tranchante, comme tu le mentionnes, moins contrastée), je n'ai pas encore réussi à ressentir, dans cette interprétation de la Ballade n°4 par Sofronitsky, la cohérence ou la cohésion de toute l'œuvre, à laquelle tu as pu accéder... C'est peut-être parce que, lors de mes écoutes, l'intériorité « unie » de l'interprétation a mis en exergue des aspects du jeu de Sofronitsky ici que je n'ai pas aimés du tout, par exemple la gestion des voix (je trouve que cela ressemble trop souvent à une mélodie accompagnée) et surtout le rubato (lui dont le rubato est quasi toujours profondément personnel, souple, mystérieux, je le trouve ici quasi téléphoné et même parfois arbitraire, par exemple à 0'27-0'33, à 0'36, à 0'47, à 1'28, à 2'31-2'42, etc.). Je trouve en plus son jeu assez négligé dans cette Ballade, comme s'il y avait un déficit de concentration (ce qui est pourtant en général une de ses qualités suprêmes, justement).

J'ai effectivement perçu une volonté d'aller à l'essentiel, dans la simplicité, sans vouloir en faire trop. Précisément par exemple de 0'27 à 0'33, il ne veut pas charger en signification et joue le passage presque froidement, mais à l'écoute, cela ne fait qu'éveiller en moi le mystère que contient cette ligne mélodique: comme une interrogation, répétée deux fois successivement, sans une seule modification dans l'inflexion, introduisant une absence de mouvement et d'évolution, une inertie propre à exprimer le sentiment humain, où la pensée stagne sur une idée - et ce n'est qu'après qu'il introduit magnifiquement le mouvement, notamment dans les nuances (0'35).

Citation :
(quant à un aspect profondément violent dans sa musique, c'est peut-être quand même une composante que j'attends dans l'interprétation des Scherzos [où Sofronitsky est d'ailleurs splendide, solaire, invincible !] et même dans celle de certains des Préludes opus 28 [idem !]).

Ah oui, ce 1er scherzo est incroyable!
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyJeu 3 Juin 2010 - 0:17

Wolfgang a écrit:
J'ai effectivement perçu une volonté d'aller à l'essentiel, dans la simplicité, sans vouloir en faire trop. Précisément par exemple de 0'27 à 0'33, il ne veut pas charger en signification et joue le passage presque froidement, mais à l'écoute, cela ne fait qu'éveiller en moi le mystère que contient cette ligne mélodique: comme une interrogation, répétée deux fois successivement, sans une seule modification dans l'inflexion, introduisant une absence de mouvement et d'évolution, une inertie propre à exprimer le sentiment humain, où la pensée stagne sur une idée - et ce n'est qu'après qu'il introduit magnifiquement le mouvement, notamment dans les nuances (0'35).
Ce que tu écris là est comme l'essence du jeu de Sofronitsky dans les enregistrements effectués au Musée Scriabine. J'ai ressenti cette essence (simplicité, intimité, confiance et confidence) moi aussi pour l'Arietta de l'opus 111 de Beethoven (miracle de recueillement) ou l'Andante caloroso de l'opus 83 de Prokofiev (abîme de déréliction) par exemple. L'idée est maintenant ancrée que c'est moi qui passe à côté de quelque chose pour son interprétation des Ballades de Chopin ; il y a eu ton premier avis, ensuite celui de Mandryka, maintenant ce que tu écris... Je les réécouterai toutes (1, 3, 4) sans et avec la partition. Je te remercie d'avoir partagé ta perception et ton analyse.

Formidable ce que tu as écrit pour le Premier Scherzo ! sunny
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyJeu 3 Juin 2010 - 0:22

Tiens nous au courant. Wink
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyJeu 3 Juin 2010 - 0:28

D'accord. Smile
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyJeu 3 Juin 2010 - 11:40

Wolfgang a écrit:
. . . il ne veut pas charger en signification . . .




Intéressant.

Hier soir j’ai réécouté le premier Scherzo de Sofronitsky et de Pletnev (au Carnegie Hall.)

On peut écouter que Sofronitsky cherche à éviter de charger la musique en signification. Par contre, Pletnev est plus expansif.

Je ne trouve pourtant pas que Sofronitsky le déshumanise. En revanche, je pense qu'il y a de la tragédie dans les passaages plus lents. Mais c’est subtile et plutôt austère.

Et peut-être Pletnev manque un peu de drame.

Mais Pletnev est très bon!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyDim 13 Juin 2010 - 0:45

Scherzian, je recommence par renouveler mes félicitations. Je précise tout de suite que j'ai écouté d'assez nombreuses fois la version depuis que tu as posté ton message (pas loin d'une vingtaine, je pense), et que je n'ai pas aimé.

J'ai trouvé ça sec, inégal, décousu en termes de son - j'ai même eu l'impression frustrante d'entendre les coutures dans la fin, la façon dont un pianiste en déchiffrage ou en cours de travail essaie de placer ces accords impossibles.

Pas ému du tout par sa lecture, même si le rubato de la courbe mélodique dans le grave et sa délicatesse sont séduisants.

A présent, je te suis dans ton parcours. Pardon si je ne suis pas d'accord, j'essaie de te suivre d'une oreille neuve quoi qu'il en soit.

Scherzian a écrit:
1.0. Introduction

À l'orée de ce déploiement continu et inéluctable, l'introduction très brève (trois mesures, M1 à M3) et même la césure (silence de la seconde moitié de M3) apparaissent comme intégrées de main de maître. C'est un accord forte dans le grave sur do dièse avec un accent, suivi d'une ample courbe déclinante et notée diminuendo, et enfin d'un silence. Une envoûtante prise de possession de l'espace sonore.
J'entends d'emblée, sans doute à cause de la prise de son, un piano un peu aigrelet, mais aussi un toucher assez inégal. Pas de son fondu, de notes timbrées - mais ça, je ne l'ai jamais entendu chez Sofronitsky de toute façon.
Après, oui, il y a un travail sur le poids des notes... et aussi des limites digitales qui produisent les mêmes effets.

Merci pour toute cette présentation structurelle de l'oeuvre, qui aurait sa place en rubrique générale, si tu voulais bien l'y reproduire. Very Happy


Citation :
Le balancement enivré du rythme des sections A et A' (M4 et M5, 0'16 à 0'25) est d'une subtilité, d'une émotion inouïe. Sofronitsky y inscrit au stylet une minuscule altération agogique quatre fois répétée, sur celle des croches qui suit immédiatement les groupes de deux doubles croches (voir extrait 1) et sur laquelle le pianiste semble s'attarder un tout petit peu. Le temps du pendule est aboli : c'est sur la donnée temporelle de ce rythme et de son balancement, toujours perceptible à la main gauche, que se fonde le temps musical de l'œuvre. Il n'est en réalité pas une mesure qui soit en tempo strict. Le temps des physiciens s'efface au profit d'un temps musical déjà très libre et ductile, dans le cadre duquel le rubato apparaît en outre comme un degré de liberté supplémentaire utilisé avec grande parcimonie.

Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 Op60sfrnfig1(1)
Ce petit élargissement est typique de la barcarolle, et on ne le retrouve pas que chez Chopin et Sofronitsky... je l'ai entendu jusque chez Hérold et Sérébrier, c'est dire.

Je suis d'accord en revanche que Sofronitsky le réussit très bien, sans une once d'ostentation, élargissement presque imperceptible, de l'ordre du demi pointé.


Citation :
Le premier thème est présenté (M6, 0'26) avec tout le cantabile requis, mais sa cantilène porte une ombre, peut-être une forme de morbidité ou d'automne.
Oui, c'est juste, il joue cela sans brillant, ni même douce mélancolie, il y a quelque chose d'un peu sombre.

Citation :
La première suite ascendante d'accords notés diminuendo à partir de forte (M32, 2'34 à 2'41) plonge au moins jusqu'au pianissimo, ce qui permet un contraste saisissant avec le très bref crescendo sur le dernier accord de M32 et le premier de M33 (2'42), ici joués forte mais si souvent négligés. C'est le nadir de la mesure M92.
Ce diminuendo est effectivement très beau, je l'avais remarqué aussi.


Citation :
Ce qui frappe le plus dans cette page, outre l'ampleur déjà notée des nuances, c'est l'intensité des phrasés, l'âpreté des accentuations et la rugosité de certaines des textures. Il est clair que Sofronitsky tourne ici le dos à la beauté élémentaire du jeu et met en œuvre sa maîtrise de la production sonore, en particulier les couleurs et les textures, pour suggérer l'éloquence oratoire d'un poète.
Il y a de beaux perlés piano, mais sinon, je trouve ça, effectivement réussi dans la perspective sombre et très bien amené en transition, cependant assez fruste y compris dans les couleurs.

D'une façon générale, il y a des beautés dans le détail, mais la lecture d'ensemble ne me séduit pas beaucoup.


Citation :
Le génie de Sofronitsky est en effet hallucinant au dolce sfogato (mesure M78 et suivantes, à partir de 5'45) : abolition des barres de mesures, temps musical ductile et souple, rubato et agogique invincibles, phrasé immaculé, mélodie projetée comme un délire extatique (les mesures M78 et M79, de 5'45 à 5'54, sont un miracle, voir extrait 3). Dès la mesure M80 (à partir de 5'55), l'énergie revient en vagues successives et culmine dans la section A' retrouvée.
Effectivement, les gammes posées sont assez magiques. En revanche, à partir de là, le forte est vraiment vilain, et surtout j'entends la précaution et les décalages entre les deux mains pour jouer avec plus de sécurité, pas très enivrant comme fin. Ni même inquiétant ou déprimé.


Merci beaucoup pour le parcours, j'y ai trouvé d'autres beautés que celles décelées en écoute plus globale, et je vois à présent beaucoup mieux ce qui te séduit - oui, ce n'est plus la façon d'interpréter la lettre aujourd'hui, c'est vrai, à part chez quelques étranges drôles comme Pogorelich... ou les continuistes de Jacobs.

En revanche, sur le résultat global, la régularité de la lecture, l'atmosphère d'ensemble, je ne suis pas emporté comme je peux l'être avec des lectures plus lisses et banales, mais pourvues d'un souffle plus régulier. La limite technique, malgré de sublimes traits d'agilité, est un peu trop sensible dans la coda.


Merci encore ! Very Happy Et ne manque pas de publier la présentation de l'oeuvre en rubrique Gé. Wink
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMar 15 Juin 2010 - 5:02

Merci à toi, David, pour ton commentaire. J'ai beaucoup hésité à répondre et je me garderai bien de répondre à quoi que ce soit du domaine du ressenti (aimer ou non, ressentir une émotion ou non). Pour ma part, c'est une interprétation qui n'est pas seulement de l'ordre de l'expression de la vie, mais qui a orienté la mienne, ce qui est, je pense, la définition de l'art le plus élevé. Avant de la connaître, j'ignorais qu'il était possible de jouer du piano ainsi. Bien qu'elle ne soit pas parfaite, elle est parfaite sous tous les rapports qui m'importent. La version en studio est bien plus parfaite, mais sous les rapports qui m'importent elle lui est légèrement inférieure.

En revanche, il y a dans tes commentaires quelques jugements sur des aspects factuels, audibles et mesurables, des jugements à propos desquels une discussion est peut-être encore possible. Comme tu le constateras, j'ai remanié en profondeur ton commentaire pour regrouper les quelques jugements originaux (d'une part) et les quelques critiques communes (d'autre part). Tout d'abord, la question est de savoir si la Barcarolle est une barcarolle.

0. Rythme de barcarolle

DavidLeMarrec a écrit:
Ce petit élargissement est typique de la barcarolle, et on ne le retrouve pas que chez Chopin et Sofronitsky... je l'ai entendu jusque chez Hérold et Sérébrier, c'est dire.
Je sais ce qu'est un rythme et balancement de barcarolle. Un des points essentiels de l'interprétation de Sofronitsky est justement que la Barcarolle de Chopin n'a plus rien à voir avec un chant de gondolier d'une cité en Italie du nord (si ce n'est un rythme particulier). Quant à l'élargissement rythmique que Sofronitsky y met, il est le seul qui tienne du miracle : certains n'en mettent aucun qui soit audible (ce qui n'est pas plus mal), chez les autres il est épais comme l'avant-bras.

1. Jugements originaux

Citation :
J'ai trouvé ça sec, [...]
Il n'y a bien sûr pour moi rien de sec dans son interprétation de la Barcarolle, mais une certaine forme d'âpreté dans le jeu fait en effet partie de l'arsenal de textures dont il joue en fonction du caractère de l'œuvre ou du passage. Un excellent exemple est fourni par certaines des pièces des Kreisleriana de Schumann (surtout dans la version en studio de 1952), qui sont parfois si rugueuses que cela en est blessant. Mais le meilleur exemple, d'une rugosité fascinante, est celui du Prélude opus 11 n°6 de Scriabine.

Citation :
J'entends d'emblée, sans doute à cause de la prise de son, un piano un peu aigrelet, mais aussi un toucher assez inégal. Pas de son fondu, de notes timbrées - mais ça, je ne l'ai jamais entendu chez Sofronitsky de toute façon.
C'est vrai que la vétusté de la prise de son n'aide pas. Mais la sonorité de son piano n'est jamais aigre : cela reviendrait à dire que la qualité de son timbre décline aux nuances piano et pianissimo, alors que ce n'est jamais le cas. La qualité du timbre reste constante quelle que soit la nuance. S'il détimbre (il y a peut-être un ou deux exemples dans la Barcarolle, au niveau des transitions, mais j'en doute), c'est volontairement et en aucun cas à l'échelle d'une page entière.

Le cas du toucher, l'absence de son fondu, est beaucoup plus intéressant. Le toucher n'est pas inégal en soi (par une quelconque carence technique imaginaire), il est infléchi (ou non) au niveau de chaque note ou de chaque accord en fonction d'une volonté de rendre le piano éloquent. Il faut bien comprendre que Sofronitsky ne cherche pas à faire chanter son instrument ; il s'est d'ailleurs exprimé sur ce point en des termes sévères -- il disait que l'idéal de faire chanter un piano est une banalité. Son idéal est de faire parler l'instrument. Son toucher, sans cesse renouvelé, est un des principaux leviers qui lui permettent d'exprimer avec une éloquence oratoire, comme s'il s'agissait d'un poète qui dit. Ainsi son toucher peut être tour à tour voluptueux, onctueux puis rugueux, et ce souvent au sein d'une même phrase musicale. Que cela se réalise dans le cadre de phrasés immaculés n'est d'ailleurs pas le moindre miracle. C'est par cette éloquence, cette nature oratoire de son jeu, ce cousu main, qu'il parvient à transmettre, dans ses meilleures interprétations, une émotion intacte (sans intermédiaire, sans vernis esthétique, sans embellissement) directement de la partition à l'esprit de l'auditeur. Mais il n'y a aucune inégalité technique de toucher.

Citation :
Il y a de beaux perlés piano, mais sinon, je trouve ça, effectivement réussi dans la perspective sombre et très bien amené en transition, cependant assez fruste y compris dans les couleurs.
Il m'étonnerait qu'il y ait une seule note perlée dans toute cette Barcarolle... Sofronitsky fuyait d'instinct toute beauté trop élémentaire, trop directe, et même trop simple. Ceux qui voient en la Barcarolle une recherche permanente de la note bleue, la surface miroitante d'une fine dentelle, feront mieux de passer leur chemin. Il n'y a pas de joliesse ici.

Le jugement sur les couleurs est surprenant. Sofronitsky est au contraire gorgé de couleurs (ce qui peut aussi aller parfois jusqu'au néant de la couleur, qui est le blanc ou le noir). Je subodore donc une divergence de définitions. Pour moi, la couleur est un des aspects de la texture et suppose une interaction entre deux ou plusieurs lumières. S'il n'y a pas cette interaction, je ne parlerai que de lumière (ou de noirceur). Par interaction, j'entends la redistribution de l'intensité des notes (un peu plus de fa dièse ici et un peu moins de bécarre). C'est la même chose en acoustique, d'ailleurs : si le spectre d'un enregistrement sonore présente un « trou » (par exemple vers 7kHz, une zone cruciale pour le respect des timbres), on dira de lui qu'il est coloré.

Citation :
En revanche, à partir de là [le début du climax], le forte est vraiment vilain, et surtout j'entends la précaution et les décalages entre les deux mains pour jouer avec plus de sécurité, pas très enivrant comme fin. Ni même inquiétant ou déprimé.
Pour ce qui est de la précaution et de la sécurité, tu peux oublier tout de suite. Même en studio, et a fortiori en récital, le jeu de Sofronitsky se caractérise par une prise de risque permanente et parfois renversante. En récital, cela se traduit assez souvent par des réussites partielles (de toute manière beaucoup plus intéressantes que la sécurité dont il n'avait cure), parfois par des échecs, parfois par des réussites. Pour ce qui est des décalages des mains, il faudra que tu fournisses des timings précis, car je n'entends qu'un accord arpégé à une main et peut-être un seul décalage (bien sûr pas pour des raisons de sécurité). Pour ce qui est de l'ivresse, si tu parles du climax lui-même, j'ai dit dans l'autre message que c'est le moment d'euphorie sans partage, enivrant au suprême degré. En revanche, si tu parles de la coda, alors je te rejoins, il n'y a ici aucun enivrement (l'euphorie, impermanente, s'est brisée), ni inquiétude ni déprime. Sofronitsky l'interprète comme le retour à la terre de l'être qui a connu l'extase, un retour à la terre où l'on a d'abord l'impression que tout se dérobe de ce que l'on a connu, comme ces modulations incessantes que Chopin y a placées.

2. Critiques communes

J'ai regroupé ici les critiques communes, celles que l'on voit parfois revenir lorsque l'on parle du pianiste.

Citation :
[J'ai trouvé ça] inégal, décousu en termes de son - j'ai même eu l'impression frustrante d'entendre les coutures dans la fin, la façon dont un pianiste en déchiffrage ou en cours de travail essaie de placer ces accords impossibles.
[...]
Après, oui, il y a un travail sur le poids des notes... et aussi des limites digitales qui produisent les mêmes effets.
[...]
D'une façon générale, il y a des beautés dans le détail, mais la lecture d'ensemble ne me séduit pas beaucoup.
[...]
En revanche, sur le résultat global, la régularité de la lecture, l'atmosphère d'ensemble, je ne suis pas emporté comme je peux l'être avec des lectures plus lisses et banales, mais pourvues d'un souffle plus régulier. La limite technique, malgré de sublimes traits d'agilité, est un peu trop sensible dans la coda.
La légende d'un Sofronitsky inégal, décousu, limité techniquement, parfois admirable dans le détail ou dans l'instant, mais incapable de soutenir la grande arche de la forme en raison d'une irrégularité de la concentration, d'un certain arbitraire ou d'un recours à l'excès a souvent eu pas mal de succès jadis. C'est une légende, mais je vois que j'ai encore du travail à accomplir. Wink

Sinon, je serais heureux d'avoir les références d'une lecture plus lisse et banale, mais aussi plus régulière dans son souffle. En parler sans l'avoir à l'esprit, ce n'est pas très facile.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMar 15 Juin 2010 - 10:59

Scherzian a écrit:

La légende d'un Sofronitsky inégal, décousu, limité techniquement, parfois admirable dans le détail ou dans l'instant, mais incapable de soutenir la grande arche de la forme en raison d'une irrégularité de la concentration, d'un certain arbitraire ou d'un recours à l'excès a souvent eu pas mal de succès jadis. C'est une légende, mais je vois que j'ai encore du travail à accomplir. Wink

Une légende?
C'est toujours ce que j'ai ressenti à l'écoute de ses enregistrements pourtant... avant même qu'on m'en dise quoi que ce soit, en bien ou en mal.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyMar 15 Juin 2010 - 19:51

Xavier a écrit:
Une légende?
C'est toujours ce que j'ai ressenti à l'écoute de ses enregistrements pourtant... avant même qu'on m'en dise quoi que ce soit, en bien ou en mal.
Le terme est mal choisi s'il évoque une préconception qui se perpétue, mais au sens d'un récit merveilleux où les faits sont entremêlés à l'invention, oui c'est ce que je voulais dire. Wink

Pour ma part, j'ai toujours ressenti à son écoute une maîtrise magistrale de la forme (que ce soit la forme classique ou héritée des classiques, la forme intermédiaire ou la forme brève) grâce à une concentration (technique ou musculaire, émotionnelle et spirituelle) sans défaut. Il n'y a guère que dans ses meilleurs récitals que la magie de l'instant s'est hissée au niveau de la maîtrise de la forme. Quant à l'arbitraire ou à l'excès, il faut qu'on m'explique car je suis preneur (à moins de considérer qu'il est préférable de jouer à 90% pour des raisons de sécurité, car je suis prêt à reconnaître ce que l'on veut de sa prise de risques). Ceci dit, il était clairement très journalier et il y a de nombreux soirs où la grâce n'est pas descendue.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 18:33

J'essaie la première ballade par Argerich, y a pas mal de trucs qui me plaisent et d'autres moins.
Vraiment une magnifique intériorité sur les passages pianos, mais par contre sur le reste j'aime pas trop, ça va vite, le son n'est pas très beau (le piano sûrement...), ce n'est pas assez ample.

http://www.musicme.com/Martha-Argerich/albums/Martha-Argerich---Chopin-0028947775577.html


Finalement je crois que j'ai jamais écouté mieux qu'Idil Biret... quelqu'un a des idées pour une version ample et généreuse ?


Edit : en fait je réécoute Idil Biret, dans la première ça va encore, mais par contre dans les autres c'est pas du beau piano... souvent elle tape, et sinon y a pas mal de chants pas très suivis, avec des notes détimbrées on sait pas trop pourquoi....


Dernière édition par Era le Lun 12 Juil 2010 - 19:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:03

Arrau, Moravec.

Ou les plus policés mais néanmoins superbes Rubinstein et Perahia.
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:11

Bolet...
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:14

Era a écrit:
J'essaie la première ballade par Argerich, y a pas mal de trucs qui me plaisent et d'autres moins.
Vraiment une magnifique intériorité sur les passages pianos, mais par contre sur le reste j'aime pas trop, ça va vite, le son n'est pas très beau (le piano sûrement...), ce n'est pas assez ample.

http://www.musicme.com/Martha-Argerich/albums/Martha-Argerich---Chopin-0028947775577.html


Finalement je crois que j'ai jamais écouté mieux qu'Idil Biret... quelqu'un a des idées pour une version ample et généreuse ?


Edit : en fait je réécoute Idil Biret, dans la première ça va encore, mais par contre dans les autres c'est pas du beau piano... souvent elle tape, et sinon y a pas mal de chants pas très suivis, avec des notes détimbrées on sait pas trop pourquoi....
Bolet, Magaloff
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:15

Arrau j'avais pas du tout aimé ses études ; Rubinstein j'aime rarement, mais on me l'a plusieurs fois recommandé ; Moravec et Bolet je connais absolument pas, et Perahia ça pourrait être très bien Smile
Merci Wink
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:22

Bolet c'est toujours intéressant, mais pas précisément "ample et généreux" à mon sens, plutôt élégant, clair, avec une technique splendide de facilité.
Une sorte d'Argerich masculin, moins hystérique.

Je ne sais pas si c'est vraiment ce que tu cherches, mais en tout cas tu ne perds rien à essayer, c'est sûr.



Sinon, oui, Magaloff, c'est très tentant.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:24

Je trouve ça à la fois ce que tu dis ET ample et généreux. Parfait et idéal, en somme.

Era a écrit:
et Perahia ça pourrait être très bien Smile
C'est détaillé, assez intéressant, mais très tiède. A mon avis pas vraiment ce que tu cherches !
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:25

adriaticoboy a écrit:
Sinon, oui, Magaloff, c'est très tentant.
Merci Adriatico, c'est la première fois qu'on ne se moque pas de moi pour avoir prononcé son nom. Sad

Je suis absolument enchanté de son intégrale Philips, tout ce situe vraiment haut à mon goût, et même si on peut trouver individuellement encore mieux, c'est tout à fait suffisant pour chacun des corpus, je trouve. Very Happy
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:36

DavidLeMarrec a écrit:
adriaticoboy a écrit:
Sinon, oui, Magaloff, c'est très tentant.
Merci Adriatico, c'est la première fois qu'on ne se moque pas de moi pour avoir prononcé son nom. Sad
Ses enregistrements sont certainement trop méconnus, mais il ne devrait pas y avoir de raison de se moquer.
Pour moi Magaloff a signé le plus beau disque Mendelssohn de l'univers, c'est presque suffisant pour savoir que c'est un Grand.
Je ne cracherais cependant pas sur son intégrale Chopin, si elle était disponible à un prix raisonnable...
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MessageSujet: Re: Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc...   Chopin - Nocturnes, polonaises, préludes, etc... - Page 10 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:39

J'aime beaucoup Magaloff et Bolet, mais mon tropisme hystérique me pousse à beaucoup aimer Argerich.
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