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 Joseph Joachim Raff

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joachim
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MessageSujet: Joseph Joachim Raff   Mar 7 Mar 2006 - 10:49

Qui connaît ce compositeur suisse né à Zurich, élève de Liszt, qui a composé une oeuvre immense dans tous les domaines, du piano à l' opéra, mais en particulier 11 symphonies de qualité, profondément romantiques et descritives. Plusieurs ont un titre, jugez en : n° 1 "de mon pays", n° 3 "dans la forêt", n° 5 "Lénore", n° 7 "dans les Alpes", n° 8 à 11,les quatre saisons.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 8 Mar 2006 - 0:54

Connais pas du tout... de nom seulement.
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Musica
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Jeu 9 Mar 2006 - 15:12

Inconu pour moi également Confused
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kolaps
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Jeu 9 Mar 2006 - 15:57

Je connais ce compositeur. J'ai presque toutes ses symphonies, ses concertos concertos pour violoncelle et diverses ouvertures chez Tudor. Côté musique de chambre, je recommande ses trios pour piano (CPO), sa musique pour vents, les sonates et sonatilles pour violon et piano.
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Jeu 9 Mar 2006 - 19:52

kolaps a écrit:
Je connais ce compositeur. J'ai presque toutes ses symphonies, ses concertos concertos pour violoncelle et diverses ouvertures chez Tudor. Côté musique de chambre, je recommande ses trios pour piano (CPO), sa musique pour vents, les sonates et sonatilles pour violon et piano.

Je vois que le connais encore mieux que moi !

J'ai toutes ses Symphonies et quelques Ouvertures mais peu de choses pour le reste:
les suites pour orchestre Italienne et Aus Thuringen
l'intégrale des Trios (par Jonathan Allen, Daniel Pezzotti et Jan Schultsz)
Le Quatuor Belle Meuniére op 192/2


Sinon j'ai également entendu à la radio plusieurs concertos et la Sinfonietta pour vents ainsi que d'autres quatuors , les sonatilles et un peu de piano.

Je crois que c'est dans ses symphonies qu'il a donné toute sa mesure.
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feleo
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Sam 7 Juin 2008 - 11:59

J'ai son concerto pour piano , l'ode au printemps, quelques symphonies ,les concertos pour violon,violoncelle, et de la musique pour piano , il faudrait que j'aille voir sa musique de chambre
mais il me faudrait ton avis ,Joachim, parceque je n'ai pas encore trouvé l'oeuvre qui puisse
me convaincre definitivement .....avec tout ce qu'il a composé....
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Sam 7 Juin 2008 - 13:14

Les symphonies, c'est pourtant bien. Pas bouleversant non plus, j'en conviens tout à fait, tant qu'à faire, mieux vaut pousser jusqu'à Reger et surtout Weingartner.

Mais un petit conseil : évite la musique pour piano. Smile C'est extrêmement plat, ça sonne comme des exercices (on dirait les oeuvres pour piano de Wagner composées en formes d'exercices par Czerny fleurs ).
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Sam 7 Juin 2008 - 20:17

Je sais bien que tu n'aimes pas beaucoup Raff, David Wink . Mais finalement, dans les grandes lignes, je suis d'accord avec toi : Raff, c'est en premier lieu les symphonies. Parmi les 11, aucun déchet à mon avis. La musique de piano, effectivement, n'est pas extra.

Pour la musique de chambre, je m'y connais moins bien je n'ai entendu que quelques quatuors, ses trios et quelques sonates pour violon et piano;

A mon sens, Feleo, pour commencer, essaie d'abord les Trios. Le quatrième (opus 158) est particulièrement réussi.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Sam 7 Juin 2008 - 20:22

joachim a écrit:
Je sais bien que tu n'aimes pas beaucoup Raff, David Wink .
Pas beaucoup, pas beaucoup... Non, je ne dirais pas ça : si ça passait en concert, je me précipiterais. Mais grâce au disque, j'ai tellement de génies à écouter que Raff me semble secondaire... mais pas du tout méprisable !
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Tus
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Sam 5 Juil 2008 - 22:23

Je viens de finir la 5è symphonie, c'est une oeuvre intéressante, inspirée et très bienvenue à mon sens, je m'étonne que Raff ne soit pas plus connu si cette pièce est représentative de son style, car c'est accessible, beau et sans détours.
Le langage de Raff est tout à fait empreint de classicisme: sobriété, équilibre, clarté formelle, économie d'effets. Chez lui, rien ne dépasse, pas de dissonnances mordantes, mais une propreté d'ensemble tout à fait plaisante et agréable. Franchement, j'aime bien, il y a ici une facilité d'écoute vraiment attachante: de beaux thèmes, de la clarté dans la construction. L'orchestration est assez peu originale, mais réussie, on sent bien la réflexion de Raff et son habileté (l'usage des bois dans le troisième mouvement ou des cuivres, bien dosés, dans le finale en attestent).
Dans le détail, difficile de déterminer si l'oeuvre a un programme ou non: les émotions qui y passent sont généralement positives, la tonalité d'ensemble joyeuse, même si le finale contient des pages plus sombres. Le premier mouvement est d'une gaieté communicative, sans concessions, qui évoque certaines pages de Schubert et Dvorak. La thématique, confiée aux cordes, est sympathique et subit des développements spirituels et raffinés. Ici, pas de sensations fortes, peu de théâtralité, mais un art de l'honnêteté, de la bonhommie qui semble bienvenu. L'Andante quasi larghetto est vraiment poétique, il atteint un lyrisme vraiment convaincu, à travers de touchantes figures de cordes et des développements assez variés, intelligents, qui mettent les vents en valeur. Le registre est toujours optimiste, l'expressivité reste assez bornée par le classicisme de l'oeuvre, mais j'aime bien ce côté modeste et sans prétentions au spectaculaire. Le troisième volet me paraît le plus réussi de tous: très amusant, il exploite de façon souriante un thème de marche tour à tour cuivré et plus bucolique, dans un registre détendu, vraiment efficace dans son absence de toute véhémence. Le finale, enfin, présente des épisodes plus sombres, au noir, mais rapidement un lyrisme plus avenant et joyeux reprend le dessus et domine les pages finales de la partition.
Une oeuvre sans doute à l'impact limité, mais bienvenue, agréable, pleine de vie et de couleurs.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 6 Juil 2008 - 0:16

Spiritus a écrit:
c'est accessible, beau et sans détours.
Bien vu. Mais c'est précisément ce qui fait que les programmateurs ne se ruent pas dessus, ce n'est pas assez original.

Je partage tout à fait ton avis : agréable, bien fait, un peu lisse cependant.

La musique pour piano, en revanche, est mortelle de banalité et de demi-virtuosités inutiles.
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atomlegend
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 6 Juil 2008 - 0:22

C'est quelle période ce Monsieur ?
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Tus
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 6 Juil 2008 - 0:23

Deuxième moitié XIXè siècle, mais c'est vraiment tout à fait classique, ça aurait pu avant un siècle de moins. bounce
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 6 Juil 2008 - 0:28

Disons que c'est un peu lourd donc qu'on sent le romantique tardif, mais au niveau du langage, pas tellement plus avancé que les premiers romantiques.
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 6 Juil 2008 - 10:14

Spiritus a écrit:

Dans le détail, difficile de déterminer si l'oeuvre a un programme ou non: les émotions qui y passent sont généralement positives, la tonalité d'ensemble joyeuse, même si le finale contient des pages plus sombres. .

Si, il y a un programme : inspiré de la ballade Lénore de Burger.

Le premier mouvement, "Bonheur d'amour", un allegro, retrace avec exubérance, ainsi que son titre l'indique, la joie de Wilhelm, d'être en compagnie de Lénore, l'être aimé, mais aussi la prescience de la tragédie à venir.
Le deuxième mouvement, andante quasi larghetto, celui de Lénore, est une rêverie, elle aussi interrompue par un passage en mineur.
Le troisième mouvement, "Séparation", une marche en ut majeur, bascule dans le fantastique, il nous décrit la chevauchée des morts avec, en guise de trio, un passage en mineur : agitation des amants avant leur séparation
Le quatrième mouvement, allegro, "les retrouvailles dans la mort", commence, en guise de souvenir, en récapitulant les thèmes des mouvements précédents, y compris la marche, et se transforme en l'expression du désespoir suivi par un choral qui nous décrit la transfiguration de l'esprit dans la mort. On y reconnaît la pavane française "belle qui tient ma vie".
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 6 Juil 2008 - 10:58

joachim a écrit:
Spiritus a écrit:

Dans le détail, difficile de déterminer si l'oeuvre a un programme ou non: les émotions qui y passent sont généralement positives, la tonalité d'ensemble joyeuse, même si le finale contient des pages plus sombres. .

Si, il y a un programme : inspiré de la ballade Lénore de Burger.

Le premier mouvement, "Bonheur d'amour", un allegro, retrace avec exubérance, ainsi que son titre l'indique, la joie de Wilhelm, d'être en compagnie de Lénore, l'être aimé, mais aussi la prescience de la tragédie à venir.
Le deuxième mouvement, andante quasi larghetto, celui de Lénore, est une rêverie, elle aussi interrompue par un passage en mineur.
Le troisième mouvement, "Séparation", une marche en ut majeur, bascule dans le fantastique, il nous décrit la chevauchée des morts avec, en guise de trio, un passage en mineur : agitation des amants avant leur séparation
Le quatrième mouvement, allegro, "les retrouvailles dans la mort", commence, en guise de souvenir, en récapitulant les thèmes des mouvements précédents, y compris la marche, et se transforme en l'expression du désespoir suivi par un choral qui nous décrit la transfiguration de l'esprit dans la mort. On y reconnaît la pavane française "belle qui tient ma vie".
C'est assez loin de la ballade originale, beaucoup plus grinçante, et centrée autour de la "faute" de Lenore... Il n'y a pas de séparation des amants à proprement parler, par exemple.

C'est à lire, un très bel exemple de l'utilisation des onomatopées.
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Lun 18 Aoû 2008 - 15:33

J'ai écouté trois oeuvres pour violon et orchestre: le concerto pour violon, la suite op.181 et la Fée d'amour op.67. Je n'en reparle pas dans le détail, j'ai plus le temps, mais je peux dire que je suis beaucoup moins convaincu qu'avec la symphonie n°5, qui avait quand même beaucoup de charme: là, c'est quand même bien creux et terne, ça n'a pas beaucoup de goût (le concerto pour violon, à part le joli mouvement lent), voire ça devient carrément ennuyeux (la suite... I don't want that ). La Fée d'Amour est très cousine du concerto de Mendelssohn op.64, en moins savoureux.

Bref, de la belle musique de fond, mais là, j'ai du mal à trouver ça intéressant, c'est vraiment joli, mais sans rien de plus.
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Lun 18 Aoû 2008 - 16:23

Spiritus a écrit:
J'ai écouté trois oeuvres pour violon et orchestre: le concerto pour violon, la suite op.181 et la Fée d'amour op.67. Je n'en reparle pas dans le détail, j'ai plus le temps, mais je peux dire que je suis beaucoup moins convaincu qu'avec la symphonie n°5, qui avait quand même beaucoup de charme: là, c'est quand même bien creux et terne, ça n'a pas beaucoup de goût (le concerto pour violon, à part le joli mouvement lent), voire ça devient carrément ennuyeux (la suite... I don't want that ). La Fée d'Amour est très cousine du concerto de Mendelssohn op.64, en moins savoureux.

Bref, de la belle musique de fond, mais là, j'ai du mal à trouver ça intéressant, c'est vraiment joli, mais sans rien de plus.

Ben voilà, en gros ce que je pense également : le sommet de Raff, ce sont avant tout les symphonies, les ouvertures et les Suites un peu aussi. Le concerto pour piano , pas mal également (il est souvent complété sur les CD par l'Ode au Printemps, un petit bijou). Sinon moi non plus je n'aime pas trop les concertos pour violon ou pour violoncelle.

La Fée d'amour, je connais pas. C'est pour violon et orchestre aussi ?
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Tus
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mar 19 Aoû 2008 - 14:42

Oui, c'est un "morceau caractéristique de concert" en trois mouvements, pour violon solo et orchestre, qui dure 18 minutes. C'est nettement celle des trois pièces que j'ai préféré, même si c'est un peu long par moments quand même. En tous cas ça fait beaucoup plus XIXè siècle dans les harmonies, tandis que le concerto pourrait très bien être de Haydn et la suite de Bach. hehe
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Pan
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Jeu 26 Nov 2009 - 18:46

Aujourd'hui, sur France Musique, Anne-Charlotte Rémond mettait en avant ses quatuors :

Quatuor n°1 en ré mineur op 77(1855) 1° mvt
Quartetto di Milano
Tudor
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WoO
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Jeu 26 Nov 2009 - 18:51

Puisqu'on parle de Raff je me suis aperçu, en flânant innocemment dans l'allée d'un magasin maudit, qu'une intégrale des symphonies était sortie récemment. Evidemment cet objet qui se présente sous la forme d'une boîte orange n'a - à ma connaissance, les symphonies étant plutôt difficiles à trouver séparément - aucun équivalent, mais je ne sais pas ce que ça vaut. Il s'agit du Bamberger Symphoniker dirigé par Hans Stadlmair (?)



Joachim est demandé à l'accueil !
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Sam 28 Nov 2009 - 21:09

J'ai écouté les symphonies de Raff chez CPO, mais Bamberg est un orchestre que j'aime beaucoup - attention, pas rutilant pour deux sous.
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 7 Avr 2010 - 11:02

WoO a écrit:
Puisqu'on parle de Raff je me suis aperçu, en flânant innocemment dans l'allée d'un magasin maudit, qu'une intégrale des symphonies était sortie récemment. Evidemment cet objet qui se présente sous la forme d'une boîte orange n'a - à ma connaissance, les symphonies étant plutôt difficiles à trouver séparément - aucun équivalent, mais je ne sais pas ce que ça vaut. Il s'agit du Bamberger Symphoniker dirigé par Hans Stadlmair (?)



Joachim est demandé à l'accueil !

Excuse moi de répondre si tard Embarassed Personnellement, j'ai une préférence pour la version (pourtant plus ancienne) par l'orchestre de Slovaquie dirigé par Urs Schneider, chez Marco Polo. Mais ça vient peut-être du fait que c'est avec ces CD Marco Polo que j'ai fait connaissance avec Raff.

De puis mes derniers posts, j'ai encore écouté pas mal d'oeuvres, les concertos, et dans la musique de chambre et de piano.
Pour moi, c'est vraiment dans les symphonies qu'il a réalisé le meilleur de lui-même. Ses quatre Suites, les Ouvertures (une dizaine) sont loin de les égaler. Le concerto pour piano et les concertos pour violon -surtout le deuxième- sont splendides, ceux pour violoncelle beaucoup moins.

Tout ceci, évidemment, à mon humble avis de profane.
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Wolferl
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 3 Oct 2010 - 23:49




Très belle découverte que ces trios ! Very Happy

C'est de la musique très bien écrite, équilibrée, d'un romantisme encore élégant et mesuré, mais c'est loin de s'arrêter seulement là !
Il y a un vrai raffinement harmonique, une richesse alliée avec une espèce d'évidence qui ne peut que séduire. Et même quelques couleurs modales comme dans le final du Trio n°2, des choses très subtiles et très belles. De la brillance aussi, mais jamais vaine.
Dans le Trio n°3, le mouvement lent est un thème et variation superbe, d'un lyrisme qui fait presque penser à Strauss (celui d'Ariadne), tout ça est superbe, assez émouvant.

Bref, ce n'est pas seulement de la musique fraîche et agréable, en tout cas pas ici ! bounce Bientôt j'essaierai les symphonies...
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Lun 4 Oct 2010 - 9:58

Alléchant comme présentation! Very Happy

J'ai donc fouiné un petit peu, et pour ceux que ça intéresse, j'ai trouvé les deux premiers trios sur Musicme. Smile
J'écoute le premier en ce moment même, pour le moment c'est très bon. Exclamation
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Lun 4 Oct 2010 - 20:20

@ Wolferl : Je te préviens juste que les symphonies risquent de te doucher gentiment. hehe
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 6 Oct 2010 - 9:28

DavidLeMarrec a écrit:
@ Wolferl : Je te préviens juste que les symphonies risquent de te doucher gentiment. hehe

oh !!! Shocked ça veut dire que c'est moche ? Laughing
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 6 Oct 2010 - 11:06

Non, au contraire, c'est du germanisme bien sonnant, un peu confortable, pas forcément ce que recherche Wolferl. Smile
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Christophe
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 6 Oct 2010 - 16:34

Bonjour,

J'ai 3 disques de lui et je ne m'en souviens pas ou alors vaguement comme quelque chose de joli mais très convenu. Rien de révolutionnaire. Dispensable à mon avis et selon mes attentes :

- Concerto pour piano Op. 185 + Ode au printemps pour piano et orchestre Op. 76 / Peter Aronsky / Jost Meier, Radio-Sinfonieorchester Basel / Tudor.

Concertos pour violon n° 1 et 2 Op. 161 et 206 + Cavatina pour violon et orchestre Op. 85 n° 3 + Ungrischer pour violon et orchestre Op. 203 / Michaela Paetsch Neftel / Hans Stadlmair, Bamberger Symphoniker / Tudor.

Suite für das Pianoforte mit Begleitung des Orcesters, Op. 200 + Die Eifersüchtigen, WoO 55 + König Albert, WoO 14 / Dornröschen, WoO 19 + Samson, WoO 20 / Tra Nguyen / Roland Kluttig, Symphony Orchestra of Norrlands Opera / Sterling


Ca n'a pas dû me marquer profondémment ... mais je n'ai aucune symphonies Idea
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Michel Desrousseaux
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 6 Oct 2010 - 17:17

Christophe a écrit:
Bonjour,

J'ai 3 disques de lui et je ne m'en souviens pas ou alors vaguement comme quelque chose de joli mais très convenu. Rien de révolutionnaire. Dispensable à mon avis et selon mes attentes :

Cavatina pour violon et orchestre Op. 85 n° 3

Ach, das ist sein großes Tube. Mais la version originale, charmante, est pour violon et piano. Je me demande si l'expansion à un orchestre complet (par Singer je crois) n'est pas un peu éléphantesque pour ce qui n'est qu'une miniature.
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Lun 29 Oct 2012 - 0:37

Je viens de réécouter sa Symphonie "Lénore". Comme souvent chez Raff, l'écriture orchestrale est maîtrisée, les mélodies sont plaisantes, mais ce travail bien fait ne se grave pas durablement dans l'esprit.
Toutefois, j'aime beaucoup le dernier mouvement, le plus descriptif des quatre, avec ses rythmes dactyliques de galop, et ses trilles de bois qui évoquent le henissement des chevaux... On est loin l'épopée lisztienne de Mazeppa, mais le tableau en demi-teintes illustré par le compositeur suisse est tout aussi efficace par son art de la litote.
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Ven 22 Fév 2013 - 22:19

La musique sacrée de Raff :

Voilà un disque qui vient de paraître chez le label Sterling
http://www.sterlingcd.com/catalogue/cds1098.html

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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 17 Nov 2013 - 14:05

kegue a écrit:

Joachim Raff : Symphonies 3 et 10
Je découvre ce compositeur resté dans l'ombre de Liszt. Je suis assez bluffé par la qualité de l'orchestration

Smile Je déduis de cette écoute couplée que tu as entendu l'interprétaton d'Urs Schneider chez Marco Polo.

La n°3 est sous-titrée dans les bois et la n°10 illustre l'automne.

Oui oui, Raff peut être considéré comme un bel orchestrateur et un plaisant mélodiste. C'est plutôt la longueur de ses développements qu'on lui a reproché.
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 17 Nov 2013 - 14:19

Et la platitude générale, tout de même. Le type même de musique où je me demande, pendant et après l'écoute : pourquoi ?

Déjà que la nécessité d'écrire et d'écouter de la musique n'est pas claire (ça apporte quoi à la société ? en quoi ça change l'humain ? pourquoi y sommes-nous si sensibles ?), alors si on se demande le sens de ce qu'on a écouté, le besoin de sortir laborieusement ces banalités du silence... ce n'est pas bon signe.

En symphonique encore plus qu'en piano, Raff me fait toujours cet effet. Confused S'il y a de bons conseils d'œuvres et d'interprétations, je prends.
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 17 Nov 2013 - 14:50

DavidLeMarrec a écrit:

 S'il y a de bons conseils d'œuvres et d'interprétations, je prends.
Confused Je t'aurais bien conseillé ça, mais vu ce que tu as écrit dans le fil Pochettes, tu dois déjà connaître et tu n'aimes pas...

Spoiler:
 
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 17 Nov 2013 - 14:55

Mélomaniac a écrit:
Confused Je t'aurais bien conseillé ça, mais vu ce que tu as écrit dans le fil Pochettes, tu dois déjà connaître et tu n'aimes pas...
Oui, j'ai écouté cette version précisément, et bof bof en effet. À quoi bon, me suis-dit.

Pourtant, ça ne me dérange vraiment pas d'écouter des seconds couteaux postromantiques, j'en fais même une consommation assez abondante et passionnée, mais là, non. Neutral
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 17 Nov 2013 - 18:40

Smile Bon, je vais essayer de faire partager un coup de coeur pour la Symphonie n°7.

Pas un chef d'oeuvre de la plus grande hauteur (quoique l'oeuvre s'inspire des Alpes...), mais une musique très plaisante.

On ne trouve pas la partition sur IMSLP mais elle est publiée par Ries & Erler pour le complet matériel d'orchestre. Le simple mélomane peut se procurer un study score chez l'éditeur munichois Musikproduktion Höflich.

Spoiler:
 

Dans le message ci-après, voilà une petite analyse d'une création à la fois simple dans ses moyens et fascinante dans ses effets : l'entêtant Andante quasi Allegro, qui évoque une drôle d'auberge.

Les minutages se réfèrent à l'interprétation par Hans Stadlmair chez le label Tudor.
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 17 Nov 2013 - 18:43



Symphonie n°7 en si bémol majeur Op. 201 : 2° mvt, Andante quasi Allegro


On ne connaît ni programme ni préface authentique qui permette de préciser le contenu illustratif de ce deuxième mouvement intitulé In der Herberge. Dans le romantisme musical, ce thème de l'auberge a déjà inspiré de célèbres exemples. On pense à la robuste rusticité de l'ermitage forestier des Waldszenen de Schumann. Ou à Das Wirtshaus de Wilhelm Müller : cette sinistre taverne, allégorie du cimetière, qu'utilisa Schubert dans son cycle vocal Winterreise.
Au sein de cette Symphonie alpine dont le premier mouvement nous a emmenés dans un long périple en haute-montagne, on aurait pu s'attendre à un havre reposant, réchauffant au coin de l'âtre le promeneur fatigué par l'excursion. Mais Raff conçoit cette étape comme une danse tour-à-tour inquiétante, solennelle, mondaine, guillerette.

La structure globale répond à un schéma de Rondo : A-B-A-C-A

PARTIE A
Elle suit elle-même un plan a-b-a-c-a.
L'immuable rythme ternaire s'active d'emblée : un pizzicato de contrebasses, un influx iambique aux violoncelles. Le plaintif refrain (appelons-le « Aa ») s'esquisse en sol mineur aux violons & altos dans la tessiture grave : attaquée par une anacrouse sur le troisième temps, voilà une cellule de six notes, présentée trois fois en montant d'un degré à chaque énoncé, suivie d'une désinence. Répétition à 0'12.
Variante (0'22) : le pizzicato s'épaissit d'un léger coup de timbale. Les violons à la tierce reprennent la mélodie dans le registre medium, doublées par les bassons. Répétition à 0'32.
Un épisode en ré majeur (nommons-le « Ab ») fait office d'intermède (0'41-). La scansion des contrebasses, la pulsation d'accords aux flûtes & clarinettes accompagnent d'ondoyantes évolutions qui se répondent entre violoncelles et violons 1. Répétition à 0'52.
Le thème principal Aa revient dans la tonique de sol mineur (1'00), chanté par flûtes & clarinettes & bassons.
Violons & violoncelles annoncent une nouvelle phrase bondissante (1'20, nommons-la « Ac »), qui se décline par un arpège descendant. Cette section est reprise à 1'29 (avec ponctuation de la timbale), prolongée à 1'53, puis à 2'06 lors d'un passage scherzando que distinguent des trilles.
Le motif Aa vient finalement s'y greffer aux bois (2'16).

PARTIE B (2'43-)
Les altos abordent une nouvelle idée lyrique en ut majeur, sitôt absorbée dans les pupitres des cordes. Deux furtives diversions aux bois aigus (3'07 ; 3'12) font semonce. Les bassons voudraient ramener Aa à 3'15 mais un ostensible trille de flûte & clarinette s'y oppose et déclenche une volubile escapade en mi bémol (3'25) : clarinettes, flûtes, hautbois s'échappent successivement par de virtuoses envolées en double-croches.
Ces voltiges se canalisent à l'unisson dans un péremptoire motif arqué (3'59) qui rétablit sol mineur et va se transférer aux cordes pour le retour de la...

PARTIE A (4'08-)
Le motif Aa s'y réexpose à l'unisson des bois, désormais excité par les imprécations des violons & altos. L'impulsion rythmique s'est densifiée, sous l'action des timbales, cors et contrebasses. Une pressante marche d'harmonie (4'23) progresse vers l'aigu et débouche sur la...

PARTIE C (4'31-)
Dans la fière tonalité de sol majeur, les violons épanchent ce qui semble une apothéose de la section Ac. Roulement de timbales, vigoureuses gammes ascendantes aux cordes graves, accords puissamment marqués par les bois. L'esprit de valse triomphe avant un reflux decrescendo (5'07-) qui se connecte à la...

PARTIE A (5'18-)
Un essor arpégé de hautbois & bassons ramène Aa. Ce motif initial revient en sol mineur (5'28) aux flûtes & clarinettes, suivi d'un frêle écho aux altos.
Il s'immisce encore timidement aux violons 2 & altos (5'48) après d'hésitantes circonlocutions qu'avaient amorcées les violons à 5'38.
Un accord s'enfle en tutti (5'57) et conclut avec autorité.

Dans d'autres de ses oeuvres, on peut parfois reprocher à ce compositeur suisse la banalité de ses idées mélodiques, la longueur de ses développements.
Malgré ses insistantes redites, cette page concise (six minutes) demeure ici une de ses plus réussies. J'apprécie particulièrement l'imbrication polyphonique du matériau. Et aussi cette ambiance douce-amère, un brin sardonique voire macabre, qui peut préfigurer (certes à bien moindre échelle) les Ländler de Gustav Mahler.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Mer 4 Déc 2013 - 3:10

Oui, je t'ai lu attentivement (et t'en remercie), mais je n'ai pas encore eu l'entrain de remettre le disque. C'est prévu. Smile
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 28 Mai 2017 - 16:19

Suite à la découverte dans le Blind Test de Mélo de la 11ème et dernière symphonie de Joseph Joachim Raff, je me suis plongé un peu plus
profondément dans le corpus symphonique de ce compositeur suisse quelque peu oublié aujourd'hui mais qui a joui de son vivant d'une réputation tout à fait respectable : assistant de Liszt dans les années 1850, il sera ensuite considéré comme l'un des principaux maitres dans le domaine de la symphonie avant l'avènement de Brahms (il a composé presque toutes les siennes dans les années 1870). Je vous propose un tour d'horizon rapide de ces oeuvres (avec des impressions assez succinctes dans l'ensemble, il faut dire que l'ensemble est suffisamment homogène pour que mon avis varie peu d'une symphonie à l'autre), à la plupart desquelles est attaché un programme plus ou moins descriptif :

La Symphonie n°1 'An das Vaterland' date de 1861 et, comme son titre l'indique, est censée dépeindre certains aspects nationaux (il s'agit de l'empire allemand ici). Il s'agit toutefois plus de musique d'atmosphère que réellement descriptive. Tout cela s'étale en tout cas sur cinq mouvements et une bonne heure de musique. C'est tout à fait joli et maitrisé, mais il faut bien admettre qu'il manque un peu de passages réellement marquants pour justifier la longueur de l'oeuvre. Bref, assez conforme à ce qu'on pourra dire d'une bonne partie de l'oeuvre de Raff, très agréable mais ça s'oublie vite.

La Symphonie n°2 date de 1866 (Raff composera ses dix dernières symphonies en un laps de temps d'à peine 15 ans), c'est l'une des rares sans programme. De dimensions nettement moins conséquentes que la première (à peine 40 minutes, ce qui sera la durée "standard" pour à peu près toutes ses autres symphonies), c'est une très belle oeuvre, où il me semble sentir un petit parfum de Bohême (c'est assez proche de l'atmosphère des premières symphonies de Dvorak, en plus léger et moins typé tout de même). Le premier mouvement en particulier est extrêmement plaisant, même si là encore la symphonie s'essouffle un peu faute de surprises ou de passages plus marquants.

La Symphonie n°3 'Im Walde' affiche pour la première fois un programme très détaillé, en rapport comme vous l'aurez compris avec le thème de la forêt. Le premier mouvement nous narre une ballade dans les bois qui reste assez sage, il faut plutôt aller chercher dans les derniers mouvements pour entendre de la musique plus mémorable : réminiscences du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn dans la courte danse des Dryades qui sert de scherzo, et un dernier mouvement nocturne (où on est quand même censés croiser Wotan au milieu de la forêt) assez dansant lui aussi, et aux couleurs plutôt lisztiennes. C'est encore une fois très bien, mais ce finale s'étale un peu (un bon quart d'heure tout de même) sans réellement nous proposer de ruptures qui auraient pu être bienvenues. Disons qu'on attend un peu tout le long un climax qui n'arrivera jamais. Dommage, mais ça reste de la belle musique.

La Symphonie n°4, à nouveau sans programme, est l'une des plus courtes du cycle (une demi-heure dans la version que j'ai écoutée), c'est une symphonie simple mais animée de bout en bout (pas vraiment de mouvement lent) et joyeuse, voire même exubérante dans le finale bondissant (la fin est à la limite du mauvais gout !). Rien de sensationnel, mais de la bonne musique qui met de bonne humeur.

La Symphonie n°5 'Lenore' est la moins méconnue des onze symphonies de Raff, et la seule à disposer d'un programme basé sur une oeuvre littéraire. Sans suivre à la lettre la ballade romantique du même nom, l'oeuvre dépeint dans les deux premiers mouvements l'amour des deux principaux protagonistes, le scherzo avec ses thèmes de marche évoque le départ à la guerre de l'amant de Lénore, et le dernier la chevauchée tragique de cette dernière avec son fantôme, qu'elle rejoindra finalement dans sa tombe. Bref, le premier mouvement est d'un classicisme assez peu emballant, et le mouvement lent qui suit joue vraiment sur un romantisme assez cliché et mièvre (longues phrases lyriques aux cordes, atmosphère recueillie), pas mon truc. Le troisième mouvement est plus intéressant, le dernier un mélange curieux d'agitation initiale et de fin très apaisée. Très honnêtement, je n'ai globalement pas vraiment accroché à cette symphonie.

La Symphonie n°6, la dernière qui ne soit pas explicitement en lien avec la nature, a tout de même un programme plus ou moins flou de description de la destinée d'un artiste. On est toutefois très loin de la Fantastique de Berlioz, notre pauvre artiste va tout de même souffrir pas mal dans le premier mouvement, rigoler un peu plus au deuxième, et mourir (marche funèbre en guise de troisième mouvement lent) avant la glorification finale. Le premier mouvement débute de façon assez sombre, peut-être une sorte de préfiguration du Fatum tchaikovskien, mais ça reste sans surprise nettement moins dramatique chez Raff, et le mouvement retourne d'ailleurs assez vite du standard "raffien", joli sans être mémorable. Le scherzo qui suit est réussi, comme à peu près tous les mouvements du genre dans les symphonies de Raff, mais on retiendra surtout de cette symphonie le mouvement lent, une sorte de marche funèbre qui arrive presque par moments à créer un souffle digne d'une bonne héritière ce celle de l'Héroïque de Beethoven. En comparaison, le finale joyeux mais un brin simpliste ne retient pas vraiment l'attention.

La Symphonie n°7  'In den Alpen' renoue avec les descriptions de paysage de la troisième, mais en prenant un peu de hauteur puisqu'on part cette fois pour les Alpes, un hommage au pays natal de la part de notre compositeur suisse. Le début majesteux, en prélude à un premier mouvement en forme de longue ballade (au sens pédestre du terme !) est particulièrement réussi. Le deuxième mouvement "à l'auberge" a été analysé en détail par Mélo plus haut, et c'est effectivement une pièce excellente. Le mouvement lent nous offre un détour au bord d'un lac (assez joli ma foi), et on conclut par un concours de lutte (mais si !). Rien de très sauvage, c'est plus gentiment guilleret qu'autre chose, comme pas mal de finales de Raff. La conclusion est tout de même un peu moins banale que d'habitude.

La Symphonie n°8  'Frühlingsklänge' ouvre la série de quatre symphonies consacrée aux saisons qui achève son corpus dans ce domaine. Une très belle introduction crescendo façon lever de soleil mène à un allegro initial très joyeux et animé de bout en bout, on ne s'ennuie pas une seconde. Comme souvent chez Raff, le deuxième mouvement est rapide, il s'agit ici d'une classique nuit de Walpurgis, pas franchement démoniaque (Raff semble toujours avoir du mal à verser dans le franchement dramatique, il y a toujours une certaine joie sous-jacente dans sa musique) mais bien fichue, avec de très beaux thèmes. Le larghetto qui suit reste assez dansant, avec une bonne dose de lyrisme quand même (cordes très présentes), ça se laisse écouter. Le finale vibrillonant conclut joliment (mais, admettons-le, pas très subtilement) cette symphonie qui appartient à la meilleure veine de notre compositeur suisse : c'est léger, impeccablement mis en place, sans être transcendant c'est vraiment de la musique très agréable.

La Symphonie n°9  'Im Sommer' marche dans les traces de la précédente, mais préserve tout de même quelques surprises bienvenues, par exemple des passages fugués dans l'excellent premier mouvement qui profite par ailleurs d'une orchestration un peu plus dynamique que d'habitude (le timbalier a un peu plus de boulot). Le scherzo (toujours en deuxième position) est une danse ouvertement inspirée du Songe d'une nuit d'été, dans un genre que Raff maitrise toujours très bien (le mouvement est d'ailleurs relativement long, nettement plus que le mouvement lent qui lui succède). Le troisième mouvement est bucolique, ça change agréablement des précédents, et le tout s'achève comme d'habitude sur un mouvement assez triomphant (avec des rythmes de marches et encore deux ou trois passages fugués qui trainent) qui n'est pas le meilleur de la symphonie. Mais ça ne gâche pas l'impression d'ensemble, une belle oeuvre qui est à mon goût encore un cran au-dessus de la 8.

La Symphonie n°10  'Zum Herbstzeit' est en fait la dernière composée par Raff (la n°11 ayant été entamée auparavant). Il a clairement trouvé sa voie dans ces dernières symphonies, qui suivent toutes le même schéma (en plus bien sûr de leur lien thématique), avec un mouvement rapide dansant en deuxième position, et un finale exubérant, pour une durée totale qui oscille entre 30 et 40 minutes (celle-ci étant la plus courte des quatre). Peut-être s'installe-t-il aussi dans une sorte de confort ronronnant, ou alors est-ce moi qui souffre d'un début de lassitude, car cette dixième me semble assez anecdotique comparée aux deux précédentes (même le scherzo dansant ne m'a pas vraiment réveillé, j'ai préféré pour le coup le mouvement lent élégiaque). Non, en fait j'ai une explication beaucoup plus rationnelle, Raff a dépassé le nombre mythique de neuf symphonies, et il a été logiquement puni pour ça !

La Symphonie n°11 'Der Winter' est celle qui avait été retenue par Mélo pour son Blind Test, et on comprend immédiatement pourquoi : le thème qui ouvre le premier mouvement est vraiment superbe, à mon sens le plus beau écrit par Raff dans tout ce cycle. Notons d'ailleurs que cette symphonie a été laissée inachevée par Raff à sa mort (bien qu'il l'ait entamée avant les symphonies 9 et 10) et complétée par un de ses amis. Quoiqu'il en soit, tout le premier mouvement est vraiment superbe, mélodiquement très inspiré donc et bien construit. Le reste de la symphonie est à l'avenant : un deuxième mouvement en forme de thème et variations (un procédé qu'on ne retrouve pas ailleurs dans les symphonies de Raff), suivi d'un moment calme au coin du feu (peut-être quand même le mouvement le plus faible de la symphonie), et un dernier finale joyeux et insouciant annoncé par un bon gros roulement de timbale. Le tout s'achève sur une péroraison d'une finesse toute relative, mais cette symphonie est définitivement une très belle oeuvre.

En conclusion, un cycle d'une très grande homogénéité dans son ensemble, aucune symphonie n'étant réellement d'un niveau inférieur aux autres. Si je devais en conseiller une pour débuter, vous l'aurez compris, ce serait la 11ème et dernière, mais plus globalement le cycle des quatre symphonies saisonnières mérite d'être écouté (avec une réserve pour la 10ème en ce qui me concerne). Sur les précédentes, il faut au moins se pencher sur le deuxième mouvement de la septième et sur le mouvement lent de la sixième, et la deuxième est probablement ma préférée parmi les premières. Je ne comprends par contre pas bien pourquoi la cinquième est habituellement considérée comme le sommet de l'oeuvre de Raff. Mais bon, si vous en aimez une, vous serez probablement bon pour passer de bons moments avec chacune des oeuvres (et inversement, si vous vous endormez sur la première que vous testez, ça ne vaut probablement pas la peine d'insister).
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MessageSujet: Re: Joseph Joachim Raff   Dim 28 Mai 2017 - 22:49

Smile Merci pour ce panorama très détaillé et juste.

Je souscris à tes avis. La 5°, quoiqu'en son temps la plus célèbre, ne m'a jamais emballé.
Mes favorites sont les cinq dernières, dont la quadrilogie des saisons au sein de laquelle je préfère la dernière, l'hiver, où il faut noter le superbe matériau thématique.
Concernant la durée très large de la plupart de ces symphonies (plutôt les premières d'ailleurs), on retrouve le même écueil que chez un Max Bruch : les motifs ne sont pas suffisamment marquants, l'élan dramatique pas assez saillant pour légitimer de telles envergures. Pour les justifier, il faudrait l'emphase brucknérienne, la cosmogonie mahlérienne, qui ont su établir une autre temporalité, au prix de l'étirement pour le premier, du séquençage pour le second.
En cette fin de siècle germaniste, c'est un Brahms qui a su le mieux équilibrer et concentrer les paramètres du discours musical, dans des proportions ramassées.
L'orchestration de Raff, si habile soit-elle, s'avère peu novatrice et parle encore une langue classique.
S'expriment toutefois une candeur assez charmante, une imagerie naturaliste fort sympathique.


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