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 BIZET : musique de scène et d'orchestre

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Mélomaniac
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MessageSujet: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 22:31

Smile Un sujet dédié à la discographie de la musique orchestrale de Georges Bizet (1838-1875) :

Symphonie en ut majeur, Symphonie Roma, L'Arlésienne, les Suites de Carmen, de La jolie Fille de Perth, les Jeux d'enfants, l'Ouverture Patrie...
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Chris3
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 23:07

Je sais aussi qu'il a écrit un certain nombre d'oeuvres pour piano, mais à part Jeux d'Enfants, je n'ai jamais eu l'occasion de l'entendre. Est-ce que ces pièces sont victimes de la trop grande célébrité de Carmen, ou est-ce que leur oubli est justifié ? Peut-être un peu des deux...
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 23:10

L'Arlésienne : Suites 1 & 2

= Jean Morel, Orchestre du Royal Opera House Covent Garden

(RCA, 18-20 septembre 1958)

Avant d'aborder mes versions préférées parmi l'innombrable discographie de cette musique de scène, voilà un petit coup de projecteur sur une mouture plutôt rare mais bien connue des discophiles.
Jean Morel (1903-1975) étudia auprès de Gabriel Pierné et Reynaldo Hahn, et enseigna très jeune au Conservatoire américain de Fontainebleau pendant une quinzaine d'années, puis dirigea l'Orchestre National et l'Orchestre symphonique de Paris. Au début de la guerre, il s'embarqua vers les Etats-Unis où il ne tarda pas à rejoindre la Juilliard School of Music. Parmi ses élèves, rien moins que Leonard Slatkin et James Levine...
Il nous offre ici une lecture très robuste de L'Arlésienne, dans un style très direct (le Minuetto !), où le geste semble parfois pressé (le Carillon). Les pupitres anglais répondent avec verve, précision, mais aussi un certain académisme à cette baguette sûre d'un goût très classique et droit, mais où la poésie fait toutefois défaut dans les pages élégiaques, où les parfums de provence semblent un peu fabriqués.
Les timbres instrumentaux du Conservatoire de Paris (avec lequel ce chef grava aussi une mouture orchestrale de l'Ibéria d'Albéniz) auraient certainement infusé des arômes plus idiomatiques mais on ne boudera pas son plaisir quand les micros de Kenneth Wilkinson nous gratifient ici d'une si superbe prise de son.

BIZET : musique de scène et d'orchestre Bizet_11


Dernière édition par Mélomaniac le Jeu 21 Nov - 23:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 23:12

Je suis un inconditionnel de la Symphonie en ut.

Jamais trouvé de meilleurs équilibres (et de l'aussi belle poésie) que dans la version Judd / Nouvelle Zélande (chez Naxos). Very Happy
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 23:25

En 2009, on avait eu droit à deux pièces assez rares de Bizet à la Bibliothèque Nationale de Rome : Ouverture en La (1856), et puis le premier mouvement de la Symphonie Roma (1861). De très belles pièces! (il y avait aussi David, une cantate pour le Prix de Rome...)

En tout cas, c'est sûr que Carmen écrase les autres oeuvres de Bizet... Confused
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 23:26

Du point de vue de la postérité, assurément, mais pour moi, Bizet, c'est d'abord la Symphonie et les Pêcheurs. Embarassed
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Nov - 23:32

DavidLeMarrec a écrit:
Du point de vue de la postérité, assurément, mais pour moi, Bizet, c'est d'abord la Symphonie et les Pêcheurs. Embarassed
Ah mais je parle de la postérité bien sûr!
Même si j'adore Carmen, je ne pourrais pas me passer des Pêcheurs de Perles... Embarassed (c'est tellement beau!!)
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyVen 22 Nov - 1:07

DavidLeMarrec a écrit:

Je suis un inconditionnel de la Symphonie en ut.

Jamais trouvé de meilleurs équilibres (et de l'aussi belle poésie) que dans la version Judd / Nouvelle Zélande (chez Naxos). Very Happy

Surprised T'es sûr que ta version tient le choc après Munch, Ansermet, Beecham, Martinon ou Cluytens ?
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Nestor
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyVen 22 Nov - 13:43

EDIT : Trompé de fil


Dernière édition par Armand le Sam 23 Nov - 19:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptySam 23 Nov - 0:17

Mélomaniac a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Je suis un inconditionnel de la Symphonie en ut.

Jamais trouvé de meilleurs équilibres (et de l'aussi belle poésie) que dans la version Judd / Nouvelle Zélande (chez Naxos). Very Happy
Surprised T'es sûr que ta version tient le choc après Munch, Ansermet, Beecham, Martinon ou Cluytens ?
Ça fait des années que je n'écoute plus que cette version (Johanos, pas Judd !)... je ne suis plus sûr de celles que j'ai écoutées auparavant, mais elles sont nombreuses. Beecham, à peu près sûr ; Martinon et Munch, probable.

Après, je n'ai pas prétendu que c'était la meilleure ou qu'elle écrasait toutes les autres ; simplement pour moi, elle est de loin celle qui exalte le mieux ce que j'aime dans cette symphonie (tantôt les formules classiques du premier mouvement, tantôt la grâce ouvragée des mélismes du mouvement lent...), si bien que je ne cherche plus à en écouter de nouvelles.


Mais pour ce qui est de tenir la comparaison, oui, sans problème, et sans difficulté, surtout par rapport à des poids plume comme Cluytens ou Ansermet, ou des chefs cursifs comme Munch. Le Symphonique de Nouvelle-Zélande a de toute façon fait ses preuves dans de nombreux répertoires : ce n'est évidemment pas le plus beau timbre d'orchestre, mais sa souplesse expressive qui s'adapte aux répertoires et aux chefs est admirable.
Très belle intégrale Sibelius d'Inkinen, par exemple (en particulier les 4 et 5, des références personnelles). Une monographie Antill très réussie, et un beau Songe d'une Nuit d'Été (cette fois avec Judd !).
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptySam 23 Nov - 0:47

DavidLeMarrec a écrit:

surtout par rapport à des poids plume comme Cluytens ou Ansermet,
BIZET : musique de scène et d'orchestre 2661413304 Fallait oser, mais bon je ne veux pas te gâcher le plaisir de la formule...

Je ne connais pas cette version Johanos donc silent .

Je vais peut-être me la procurer un de ces jours, elle ne coûte quasiment rien et les compléments sont sympas (Jeux d'enfants, Scènes bohêmiennes).

Mais je m'inquiète toujours un peu des prises de son Naxos, car j'ai eu souvent à découdre avec des captations faméliques.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptySam 23 Nov - 0:54

Mélomaniac a écrit:
BIZET : musique de scène et d'orchestre 2661413304 Fallait oser, mais bon je ne veux pas te gâcher le plaisir de la formule...
Ce ne sont pas de mauvais chefs, hein, mais de mon point de vue il doivent davantage leur réputation aux orchestres avec lesquels ils sont collaboré (Cluytens) ou à leur exposition discographique (Ansermet) qu'à une réelle supériorité sur les autres chefs qui leur étaient contemporain.

Par ailleurs, pour ce type d'œuvre à armature classique, je trouve qu'un un réel progrès a été effectué dans le son des orchestres (moins raide et cassant), la qualité des captations (moins sèches et ingrates, plus colorées), et surtout la souplesse et la netteté d'articulation. Donc indépendamment de mon opinion sur eux en général, structurellement, je doute qu'ils puissent me convaincre autant que Johanos.


Citation :
Je vais peut-être me la procurer un de ces jours, elle ne coûte quasiment rien et les compléments sont sympas (Jeux d'enfants, Scènes bohêmiennes).
Il en existe deux éditions, avec des couplages différents : l'une des deux a en plus la Première Suite de l'Arlésienne.


Citation :
Mais je m'inquiète toujours un peu des prises de son Naxos, car j'ai eu souvent à découdre avec des captations faméliques.
Je ne trouve pas. Mais je dois avoir un tropisme Naxos, parce que j'ai remarqué qu'en général (en particulier pour la musique de chambre), je trouvais souvent mes interprétations les plus chères parmi leur fonds, alors même que les formations ne sont vraiment pas les plus prestigieuses (on pourrait souvent suspecter l'embauche de musiciens à cause de leurs homonymies : Gould, Ashkenazy, Rubinstein, etc. hehe ).
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adriaticoboy
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Aoû - 0:32

Mélomaniac a écrit:
L'Arlésienne : Suites 1 & 2

= Jean Morel, Orchestre du Royal Opera House Covent Garden

(RCA, 18-20 septembre 1958)

Avant d'aborder mes versions préférées parmi l'innombrable discographie de cette musique de scène...

Tiens, finalement tu n'as jamais dit quelles étaient tes versions préférées ! Là je viens de découvrir sur Deezer, grâce aux repiquages de la BNF, deux vieilles versions françaises qui semblent n'avoir jamais eu les honneurs du CD: celle de Jean Fournet avec l'Orchestre Lamoureux (Philips) et celle de Pierre-Michel Le Conte à la tête des musiciens de l'Opéra de Paris (Capitol). Dans les deux cas, c'est un pur régal ! Ça relègue même assez loin la vieille et incontournable référence discographique, pourtant impeccable, de Beecham et son RPO (EMI). Mais là l'Anglais parait vraiment trop pépère et propre sur lui !

J'ai aussi la version Minkowski, qui m'avait paru bien trop caricaturale.

Mais en dehors de ça je me rends compte que je n'ai jamais trop approfondi la discographie de ces Suites. A vrai dire j'ai moyennement envie de découvrir les versions "internationales", peut-être à tort. Ma curiosité irait plutôt vers Markevitch (avec l'Orchestre Lamoureux lui aussi), Cluytens avec le National ou la Société des concerts, Bychkov avec l'Orchestre de Paris etc.

Tu connais tout ça, j'imagine ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Aoû - 0:58

J'aime beaucoup Minkowski au contraire, qui évite la lourdeur démonstrative. C'est expansif, mais jamais gras.

Dans les choses rééditées par la BNF, il faut absolument essayer, même si ça ne fait pas envie de prime abord, les Beethoven et Chopin avec Colonne. J'ai rarement entendu un orchestre autant chauffé à blanc !
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Aoû - 1:26

DavidLeMarrec a écrit:
J'aime beaucoup Minkowski au contraire, qui évite la lourdeur démonstrative. C'est expansif, mais jamais gras.

Ça c'est sûr ! Je suis le premier à refuser la lourdeur et la mollesse dans cette musique (C'est pour ça que je pense pouvoir me passer de Karajan, Dutoit ou Abbado) mais c'est une musique qui mérite quand même de respirer un peu, et il lui faut aussi des timbres savoureux. Et là Minkowski n'a pas pu pu s'empêcher de faire du Minkowski: c'est trop sec rythmiquement et trop vert au niveau des sonorités. Bref, c'est frustrant.



Citation :
Dans les choses rééditées par la BNF, il faut absolument essayer, même si ça ne fait pas envie de prime abord, les Beethoven et Chopin avec Colonne. J'ai rarement entendu un orchestre autant chauffé à blanc !

Ah mais en ce qui me concerne, ça fait particulièrement envie au contraire! Tu parles des enregistrements de Pierre Dervaux, principalement des concertos ? Merci du conseil, je ne connaissais pas, et il va falloir que j'écoute ça !
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 21 Aoû - 1:44

adriaticoboy a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
J'aime beaucoup Minkowski au contraire, qui évite la lourdeur démonstrative. C'est expansif, mais jamais gras.

Ça c'est sûr ! Je suis le premier à refuser la lourdeur et la mollesse dans cette musique (C'est pour ça que je pense pouvoir me passer de Karajan, Dutoit ou Abbado) mais c'est une musique qui mérite quand même de respirer un peu, et il lui faut aussi des timbres savoureux. Et là Minkowski n'a pas pu pu s'empêcher de faire du Minkowski: c'est trop sec rythmiquement et trop vert au niveau des sonorités. Bref, c'est frustrant.

Du Minkowski, du Minkowski… ça ne ressemble pas au Minkowski ramiste, ni au Minkowski premier-romantique (plus lyrique et expansif), ni au Minkowski romantique (Meyerbeer-Wagner-Brahms-Offenbach un peu secs effectivement), ni au Minkowski debussyste (pareil), donc est-ce que ça veut dire quelque chose ?

Pour moi au contraire, il évite l'écueil du son trop austère, ça sonne comme un véritable orchestre romantique, même s'il y a de la netteté et des couleurs (il ne manquerait plus que ça !).

Citation :
Dans les choses rééditées par la BNF, il faut absolument essayer, même si ça ne fait pas envie de prime abord, les Beethoven et Chopin avec Colonne. J'ai rarement entendu un orchestre autant chauffé à blanc !

Ah mais en ce qui me concerne, ça fait particulièrement envie au contraire! Tu parles des enregistrements de Pierre Dervaux, principalement des concertos ? Merci du conseil, je ne connaissais pas, et il va falloir que j'écoute ça ![/quote]

Il y a les concertos avec Dervaux en effet, et d'autres choses avec des gens moins célèbres, je crois bien. Mais les concertos avec Dervaux, tu peux foncer.

À côté, dans la Cinquième de Beethoven par Markevitch, on aurait presque l'impression que les Lamoureux sont à l'économie. Shocked
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyMer 3 Juin - 0:53

Smile Un enregistrement très rare :

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Georges Bizet (1838-1875) :

La Jolie Fille de Perth -Suite

Prélude - Sérénade - Marche - Danse bohémienne

= Edouard Lindenberg, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire

(Decca, juin 1953)

I love you drunken

santa : https://yadi.sk/d/7LLAqTqDh3dNd

BIZET : musique de scène et d'orchestre 20150310

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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyMer 3 Juin - 9:25

Par contre évite l'opéra en entier... c'est loin d'être passionnant dans mon souvenir... Confused Confused
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 10 Sep - 23:01

Confused Bof, c'est de la gaufrette cette version. C'est fin (trop), ça croustille sous la dent mais on a toujours aussi faim après.
Aucun relief, peu de goût (et la prise de son plate n'arrange rien)... Une des interprétations les plus dispensables que je connaisse.
En sortant de ce disque, on a envie de courir se régaler avec Bernstein, Beecham, Ansermet, Fournet, Morel, Martinon ou Markevitch.


Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Georges Bizet (1838-1875) :

L'Arlésienne, Suites 1 et 2

= Seiji Ozawa, Orchestre national de France

(Emi, juin 1983)

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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 10 Sep - 23:33

Morel est sur cd ?
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 10 Sep - 23:38

André a écrit:

Morel est sur cd ?


http://www.amazon.fr/Albeniz-Iberia-Ravel-Chabrier-Jean-Morel/dp/B005TQAEP6

Et j'en ai parlé tout en haut de ce topic albino
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyJeu 10 Sep - 23:55

Ah ben oui: j'avais pas vu ... Rolling Eyes

Toujours est-il que Morel est un chef très estimé mais peu enregistré.
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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyMar 30 Jan - 14:11

Bon, ce n'est pas tout à fait sa place...

Mais pour annoncer la sortie prochaine d'une nouvelle version de Djamileh :
BIZET : musique de scène et d'orchestre Duxdux1412

Poznan Chamber Choir, Poznan Philharmonic Orchestra
Łukasz Borowicz
Jennifer Feinstein (Djamileh), George Mosley (Haroun), Eric Barry (Splendiano)

Sortie prévue fin février.


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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyDim 14 Oct - 2:27

adriaticoboy, le 20 août 2014, a écrit:

Mélomaniac a écrit:

Avant d'aborder mes versions préférées parmi l'innombrable discographie de cette musique de scène...


Tiens, finalement tu n'as jamais dit quelles étaient tes versions préférées !


hehe Voilà, avec un peu de retard, je te réponds dans le message suivant :



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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyDim 14 Oct - 2:30

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

BIZET : musique de scène et d'orchestre Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 074°/250



BIZET : musique de scène et d'orchestre Dzosor10
Roger Désormière (1898-1963)

Georges Bizet (1838-1875) :

L'Arlésienne, Suites 1 & 2

= Roger Désormière, Orchestre philharmonique tchèque


(Supraphon, octobre 1950)

Ahhh L'Arlésienne, une madeleine de Proust. Déjà le récit de Daudet, que j'avais abordé quand j'étais petit :
je me souviens très bien de cette première lecture, dans le jardin d'hiver de ma grand-mère, un week-end de septembre.
Oui passé août il peut déjà faire frisquet en Picardie hehe
D'ailleurs, comme marque-page, je me servais d'un brin de mimosa séché que ma mamie me rapportait chaque année de sa migration sur la côte d'azur,
où elle passait la morte saison, -ses albums des paysages méridionaux relayaient l'imaginaire que j'associais à ces Lettres de mon moulin,
idolâtrées au point de refuser tout voyage en Provence, de peur que la réalité ne déchoie ma représentation fantasmée.
Oui à l'époque j'étais déjà fétichiste et psychorigide cool-blue
Dans la foulée je voulus découvrir la musique de scène, et elle ne me déçut pas tant Bizet a su capter le pittoresque du décor.
Ce préambule pour vous expliquer que derrière la sombre intrigue amoureuse, à laquelle mon jeune esprit ne comprenait pas tout,
j'ai toujours besoin d'entendre les champs de lavande, les stridulations des cigales, le soleil qui réjouit les yeux et enflamme les sangs.

.
La discographie a fort bien servi les deux Suites, on y trouve nombre d'alternatives où se distinguent l'élégance de Beecham (Columbia), le panache de Munch (Decca),
le crépitement de Paray (Mercury), la saveur d'Ansermet (Decca), la fantaisie de Stokowski (CBS), le brio symphonique de Bernstein (CBS), la robuste virilité de Morel (RCA)...
Outre ces très recommandables témoignages, deux autres connaissent ma fréquentation assidue : Markevitch et les Lamoureux (Philips),
d'une féroce précision, trapu, hautain, fiévreux, impitoyable.
Et un enregistrement qu'on a peut-être oublié : Désormière à Prague, qui prenait le contrepied de la véhémente machinerie qu'armera Markevitch.
De toutes les versions que je connais, c'est celle-ci qui recrée mon naïf imaginaire enfantin, qui libère les parfums les plus évocateurs.
Une direction toute en retenue, euphémisée, mais ô combien suggestive, qui récuse l'apparat pour mieux exhaler la poésie.
Non pas superficielle, mais consubstantielle, ancrée dans un talent narratif qui nous renvoie aux scènes du théâtre.
Dès le Prélude, brassé large, Désormière avoue sa lecture insinuante, installe des ambiances lourdes et fatidiques, qui devinent le drame par celimancie,
en contraste avec l'évanescence de l'Innocent (3'32) qu'aucun chef n'a ciselé avec des pinceaux si délicats, si attachants.
Suit le Menuetto grillé à sec (certes moins furieux que Markevitch), souplement articulé dans sa section médiane.
Puis l'Adagietto où les tomenteuses cordes tchèques ondoient vaporeusement.
Dégustez ensuite le moelleux du Carillon, le distillat cohobé des flûtes (1'34) qui nous bercent comme dans un conte de vieille mémoire.
La Pastorale semblerait trop détendue, mais quel charme, et combien de grâce : jouée comme une noble sarabande,
où s'anime bientôt une danse (3'19) que Désormière exfiltre dans un tableau merveilleux.
Car à contrecourant de tant d'interprétations froidement réalistes, un certain romantisme guide son approche, jusque dans le menaçant Intermezzo.
Le Menuet est encore abordé avec une candide pruderie, sucrée à miel.
Dans la virtuose farandole conclusive, le chef n'oublie pas l'expressivité, mais la clarté de sa battue ne cède à aucune ivresse.
Il conserve le tempo pour la Danse du cheval fou (0'36) puis organise méthodiquement la superposition avec la Marche des Rois,
dans un geste tout de lucidité et de tact.

.
Depuis les funestes présages qui obnubilaient l'introduction, on aura compris que cette interprétation a enfourché Pégase pour fuir le maquis sordide et ses cœurs en souffrance.
Si elle verse dans un certain bovarysme, l'art de Désormière relève toutefois d'une intelligence pénétrante, incarnée dans une aventure cathartique,
où les personnages ont révoqué leur destin et où la tragédie s'est dissoute dans un rêve désaliéné.
Un peu traître comme vision, et pourtant c'est celle qui me replonge dans mes novices lectures de L'Arlésienne.
Puisqu'à cet âge, comment supposer que dans le doux pays des santons et de la marjolaine, dans les collines qu'embaument les alambics du révérend père Gaucher,
on peut être malheureux quand on aime ?


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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyDim 16 Déc - 0:20

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BIZET : musique de scène et d'orchestre Linden10
Édouard Lindenberg (1908-1973)


Georges Bizet (1838-1875) :

Jeux d'enfants
La Jolie Fille de Perth
-Suite

= Édouard Lindenberg, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris


(Decca, juin 1953)

Smile Outre une source d'inspiration majeure pour les compositeurs depuis le Romantisme, le thème de la jeunesse, des souvenirs perdus, constitue un de mes tropismes
auquel j'avais rendu hommage dans un précédent blind-test, et qui prend un évident relief en cette période de Noël.
Antal Dorati et le London Philharmonic (HMV, 1937), Carlo Maria Giulini et le Philharmonia (Columbia, 1956) m'initièrent aux Jeux d'enfants.
J'aime beaucoup cette série de vignettes qui illustre quelques amusements juvéniles : trompette et tambour pour ces damoiseaux,
poupée pour ces demoiselles, aussi une tourbillonnante toupie, un duo où on joue au papa et à la maman, puis pour finir un bal au galop.

.
Autre coup de foudre quand je découvris la Suite de La Jolie Fille de Perth (piochée dans les deux premiers actes de l'opéra adapté de Walter Scott),
dans l'interprétation si savoureuse d'André Cluytens rééditée par Testament, qu'un Mélomaniac d'Or aurait volontiers pu encenser.
Je succombe particulièrement à la Marche avec son basson bourru, ses accents rêches, et à la capiteuse Danse bohémienne.
Mais le chef belge reviendra ailleurs dans le palmarès, aussi ai-je choisi l'autre version qui domine ce que je connais de la discographie de ces deux œuvres (Jean Martinon,
Charles Munch, Igor Markevitch, Ernest Ansermet, Bernard Haitink, Roberto Benzi, Daniel Barenboim, Charles Dutoit...) : celle de Lindenberg, un chef d'origine roumaine dont j'apprécie
beaucoup l'alliance de précision et de vitalité. Hélas une large part de ses enregistrements sont difficilement trouvables, toutefois on peut aisément se procurer quelques symphonies
de Beethoven, Brahms, Dvorak, qui valent le détour par leur ton péremptoire.
Ici dans ces pages de Bizet, les couleurs, les textures des instruments français me sont nécessaires, et pour les dégoter dans leur jus on doit remonter à ces témoignages d'avant
la standardisation internationale des orchestres.
Captés à la grande époque dans une superbe monophonie, les musiciens du Conservatoire nous offrent ici une bonbonnière de gourmandises aux arômes d'autrefois.
Lindenberg s'avère peut-être moins poète que l'envoûtante lecture de Cluytens, mais il est aussi plus impétueux et narratif, comme dans un décor de ballet imaginaire,
instillant un zeste cru dans cet innocent univers de jouvence.

.
Prenez l'un ou l'autre de ces enregistrements vintage, ou si la stéréo vous importe, Ansermet à Genève (1960, avec l'inimitable basson de Henri Helaerts) : eux trois exaltent les
délices de ces partitions, les plaisirs sont à croquer, à craquer, et l'idiome des timbres comblera la nostalgie d'un temps où la culture sonore se dégustait comme un fruit du terroir.


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MessageSujet: Re: BIZET : musique de scène et d'orchestre   BIZET : musique de scène et d'orchestre EmptyVen 31 Mai - 23:56

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Catégorie orchestrale -rang 100°/250



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Igor Markevitch (1912-1983)


Georges Bizet (1838-1875) :

Carmen, Suites n°1 & 2

= Igor Markevitch, Orchestre des Concerts Lamoureux


(Philips, décembre 1959)

Smile Une des raisons qui m'attirèrent vers le Forum fut de recevoir conseils et appuis pour approfondir l'Opéra, un genre pour lequel je n'ai jamais entretenu une forte affinité.
Non par dédain des voix, puisque j'écoute beaucoup de musique sacrée, de cantates profanes, pas mal de Lied...
Ni à cause du format, puisque je peux avaler d'une traite de longs ballets comme Le Lac des Cygnes ou Roméo et Juliette.
C'est plutôt la disponibilité et l'attention nécessaires pour suivre l'action dans le livret, alors que j'écoute plutôt la musique en faisant autre chose (ce qui n'empêche
ma concentration d'ailleurs).
Et, plus intrinsèquement, parce que je trouve que dans l'opéra, musique et texte rivalisent au détriment de la première qui reste prisonnière d'une action au lieu de suivre
des intuitions et structures purement... musicales. Une subordination qui depuis des siècles fait débat, comme l'a magnifiquement écrit Roland-Manuel (Le quatorzième fauteuil).
Le Forum a ainsi accompagné ma découverte (ou du moins mon aguerrissement car je n'étais plus totalement novice) de Wagner, Verdi, Rossini, Strauss, Puccini...
jusqu'à environ 180 opéras entendus.
Mon tout premier contact avec le genre ne surprendra personne : Carmen, qui passe pour le plus célèbre et le plus joué, découvert en vinyle sous forme d'anthologie,
quand j'étais jeune ado, dans la version Bernstein (DG) qui fut celle que je me procurai en CD lorsque je voulus entendre l'œuvre en entier, quelques années plus tard.
Avant tout ça j'avais bien sûr déjà entendu l'increvable Habanera et l'Ouverture (un de mes plus vieux souvenirs de mélomane) dans divers best-of et compilations fourre-tout,
en cassette ou microsillon, du type Les Triomphes de Karajan ou Le disque des Records classiques.
Malgré mon tropisme pour la musique symphonique, je préfère Carmen sous sa forme chantée (dont je collectionne les interprétations, puisque ça reste mon opéra préféré)
plutôt que les suites mises en forme et orchestrées par Ernest Guiraud, mais toutes les occasions sont bonnes pour se replonger dans les mélodies entêtantes de ce
drame méditerranéen qu'encensa Nietzsche et qui choqua la petite bourgeoisie parisienne, habituée aux intrigues morales.
Évidemment, je préfère les originaux de la Habanera, des Tringles des sistres, et de la Garde montante piaillée par les petits gosiers, mais pour le reste
les deux Suites s'en tiennent aux savoureuses pages orchestrales de l'opéra et ne suscitent donc aucun regret.
De même qu'Hergé inventa les histoires de son globe-trotteur de Tintin s'en s'éloigner de Bruxelles, que Debussy conçut La Mer loin des rivages, Bizet sut recréer
une couleur et une atmosphère typiquement hispaniques alors qu'il ne quitta guère Paris ! L'imaginaire est souvent plus fécond que l'inspiration directe.
Malgré une percussion habilement utilisée, le compositeur n'abusa pas des effets faciles pour évoquer le folklore.
Au-delà de l'opéra-bouffe, du sujet vériste et des scènes interlopes, il y a aussi une grandeur, une fierté, un sens du tragique qui élèvent le propos.

En cela la droiture d'Igor Markevitch me conquirent d'emblée
Paray (Mercury), Bernstein (CBS), Abbado (DG), Beecham (Columbia), Fricsay (DG), Stokowski (RCA) : quelques uns de mes chefs favoris se sont distingués dans les
populaires extraits symphoniques, mais la main de fer de Markevitch dans le gant de velours des Lamoureux me comblent.
Le chef russe privilégie la clarté, la lisibilité, dès Les Toréadors joués nets et tendus, où les rehauts des cuivres ne bavent pas.
Là encore, l'Aragonaise se caractérise par son digne maintien, ses ports d'Hidalgo, au lieu de se dandiner mollement
Cette interprétation n'est certes pas exempte de séduction (comment en irait-il autrement dans le doux lyrisme de l'Intermezzo, ici un peu alangui juste ce qu'il faut)
mais toujours en évitant de se galvauder dans le sirop et le pittoresque de pacotille.
Une des raisons qui m'a fait choisir cet enregistrement, c'est aussi la saveur et l'idiome du timbre, notamment chez les bois : ne puis souhaiter autre chose que la gouaille
d'un basson français dans Les dragons d'Alcala. Les chœurs me manquent dans la Marche des contrebandiers qui ouvre l'acte III, mais avec un peu d'imagination
on finit par les superposer mentalement, aidé par la sobre mais évocatrice instrumentation de Guiraud.
Idem pour la Habanera dont les déhanchements et les volutes de cigares sont judicieusement abrégés sous cette mouture privée de la voix.
Confier l'étreignante tirade de Micaela à un solo de violon au grave du registre sauvegarde l'affect de la complainte, d'autant que Markevitch sait l'intensifier par un
tact doucereux, tandis que le tableau se referme sur l'inimitable vibrato des cornistes du Lamoureux.
Jean-François Monnard, un spécialiste de l'art de Markevitch, a expliqué comment sa gestique implacable et sa direction par cœur (« mieux vaut avoir la partition dans
la tête que la tête dans la partition » rappelait-il) suscitait l'émotion de l'intérieur, d'où sa réputation de cérébralité.
La marche des petits troupiers singeant les grands me procure toujours un frisson dans l'échine, même quand le chorus se trouve confié aux bois, ici ciselé avec soin
par Markevitch, et suavement parfumé par les souffleurs parisiens.
La Suite n°2 se conclut par la scène dans la taverne de Lillas Pastia, quand l'intrépide gitane monte sur la table pour aguicher les soldats. Ce vertigineux crescendo
de la Danse bohémienne s'enfièvre attisée par un maestro qui savait garder la tête froide même dans les passages les plus turbulents,
et qui proclamait en guise d'avertissement à ses musiciens « défense absolue de transpirer sur scène, la sueur est inutile ! »
Superbe prise de son, ample et en relief.
Et les extraits de L'Arlésienne en complément du disque, même si je vous ai déjà révélé que ma version favorite reste celle de Roger Désormière à Prague
(Supraphon, Mélomaniac d'or n°74), proposent aussi une gravure à l'eau forte de cet autre drame méridional.


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