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 Festival Verdi de Parme 2017

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luisa miller
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MessageSujet: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 10 Nov 2016 - 17:59

Visiblement le pré-programme est déjà sorti. Comme en 2016, 4 opéra dont une rareté; les casts seront donnés en janvier 2017.

http://teatroregioparma.it/Pagine/Default.aspx?idPagina=755
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 10 Nov 2016 - 18:01

luisa miller a écrit:
Visiblement le pré-programme est déjà sorti. Comme en 2016, 4 opéra dont une rareté; les casts seront donnés en janvier 2017.

http://teatroregioparma.it/Pagine/Default.aspx?idPagina=755

Je vote(rais) Jérusalem & Stiffelio thumleft .
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 10 Nov 2016 - 18:07

Tout dépendra des casts, mais ce sont effectivement les deux oeuvres qui retiennent aussi mon attention. Falstaff aussi, mais pour le rôle titre (Bruson en 2013 était à l'extrême fin de sa carrière) que j'ai encore du mal à visualiser quant à Traviata, je connais l'oeuvre quasi par coeur donc, à moins d'une distribution du feu de Dieu, je m'abstiendrai
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 10 Nov 2016 - 19:44

- Pour Jérusalem, je verrai bien Pertusi (ou Colombara)/Théodossiu/Meli encore que la diction française des deux autres m'inquiète quelque peu (quoi que je ne les ai jamais entendu dans un opéra en français)

- Pour Stiffelio c'est une vraie rareté et la seule version que je connaisse c'est celle avec Carreras et, si je ne m'abuse, elle date du tout début des années 1980. Donc la j'avoue donner ma langue au chat.

- Pour Falstaff le cast de 2013 me conviendrait parfaitement avec, pour remplacer Bruson, Pisaroni ou D'arcangelo
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 30 Jan 2017 - 13:16

Les distributions sont connues.

http://www.teatroregioparma.org/Categorie/default.aspx?idCategoria=101

J'avais vu juste pour Jérusalem, ça sera Pertusi en Roger et pour Falstaff Roberto de Candia tiendra le rôle titre. Pour Traviata ça sera les jeunes de l'académie de la Scala; quant à Stiffelio pratiquement que des inconnus.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 30 Jan 2017 - 13:23

Et doublure de luxe pour Pertusi : Palazzi! ça fait comme un passage de témoin si j'osai... (et j'ose!)

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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 30 Jan 2017 - 20:12

En y regardant de plus près, la distribution féminine de Falstaff est très sympa : Prina, Nizza et Giordano n'ont rien à envier à leurs illustres consoeurs
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 11 Fév 2017 - 15:44

A priori, ça sera : Falstaff (2e soirée et celle du 15 pour les changements de cast), Stiffelio que je découvrirai à l'occasion du festival, le requiem dont je ne connais aucun des solistes, Jérusalem (deux soirées dont l'une pour voir Palazzi que je ne connais pas du tout) et leur Fuoco di gioia.
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 1 Avr 2017 - 23:13

Polyeucte a écrit:
Et doublure de luxe pour Pertusi : Palazzi! ça fait comme un passage de témoin si j'osai... (et j'ose!)

Et je sais pourquoi Pertusi ne fera pas la dernière de Jérusalem. Il filera à Londres dès la fin de la 4e soirée pour Lucia di Lammermoor (Raimondo). C'est un rôle qu'il n'a pas chanté depuis des lustres mais j'avoue n'être pas mécontente de le voir reprendre des rôles de son début de carrière
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 1 Avr 2017 - 23:48

luisa miller a écrit:
Et je sais pourquoi Pertusi ne fera pas la dernière de Jérusalem. Il filera à  Londres dès la fin de la 4e soirée pour Lucia di Lammermoor (Raimondo).
Comme quoi, ces stars de la glotte n'ont décidément aucun sens des valeurs...
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Dim 2 Avr 2017 - 10:59

Tiens donc c'est un champion de R.W et de la musique symphonique qui s'invite chez les italiens? Mr.Red
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Dim 2 Avr 2017 - 11:28

hehe Mais j'aime aussi passionnément la musique italienne (enfin, à l'exception du long tunnel compris entre, disons, Steffani/Legrenzi et les premiers Verdi un peu personnels).

Ce que je voulais dire, c'est que je trouve ça bête de laisser tomber un Verdi, en plus un beau et un plutôt rare comme Jerusalem, et qui plus est dans le cadre du Festival de Parme - juste pour aller pousser les contre-notes d'un Donizetti archi-rabâché dans une grosse prod' internationale à Londres.
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Dim 2 Avr 2017 - 11:44

Pertusi a ce rôle à son répertoire de longue date. je suis d'accord que Lucia est archi-rabaché mais d'un autre côté il prend ce qu'on lui propose tant que cela reste dans ses cordes.

Concernant Jérusalem c'est vrai que, comme I lombardi, j'apprécierais que ce soit plus souvent donné. Et pis Pertusi assume quand même 4 des 5 représentations de la série ce qui signifie qu'il a eu gain de cause pendant les négociations avec le ROH Smile . Même si sa carrière n'est pas aussi médiatisée que celle d'un Alagna en France ou d'artistes comme Pavarotti avant lui, il fait partie de ces artistes qui peuvent se permettre de négocier sur certains points de leurs contrats
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Ven 28 Avr 2017 - 11:46

Je serai à Parme du 3 au 23 octobre. Côté opéra, je verrai

- Stiffelio le 6 octobre

- Falstaff le 5 et le 15 octobre (deux changements de cast le 15)

- Jérusalem le 8 et le 20 octobre (deux changements de cast le 20)

Pour les concerts, ça sera

- le requiem le 7 otobre

- le fuoco di gioia le 17 octobre
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Ven 8 Sep 2017 - 12:37

J'ai renoncé à Stiffelio pour l'instant : pour autant que j'ai pu comprendre en naviguant sur operaclick, le public sera debout toute la soirée (merci Mr Vick Evil or Very Mad ). J'ai demandé plus de précisions à l'attaché de presse en envoyant ma demande pour tout le reste
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 11 Sep 2017 - 10:36

J'ai rajouté le concert anniversaire du 10 octobre qu'ils appellent Gala Verdiano. Les solistes sont : Anna Pirozzi, Violetta Urmana (je me demande dans quel état est la voix) John Osborn, Roberto de Candia. Ils seront accompagnés au piano par Béatrice Benzi
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Mar 26 Sep 2017 - 23:35

Programme définitif

- 5 et 15 octobre : Falstaff (De Candia remplacé le 15)

- 7 octobre : requiem

- 8 et 20 octobre : Jérusalem (Pertusi et Massis remplacés le 20)

- 10 octobre : gala verdiano

- 13 octobre : Stiffelio (à confirmer)

- 17 octobre : fuoco di gioia ( à confirmer)

- 18 octobre : La Traviata (teatro Verdi de Busseto)

En résumé, je verrai presque tous les concerts et les quatre opéras au programme du festival (quelques récitals pour l'instant non inclus faute d'avoir regardé attentivement le site du regio)
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Ven 29 Sep 2017 - 15:43

Le pré programme de l'édition 2018 est sorti : sont prévus Macbeth, Attila, Trovatore, Un giorno di regno. Comme cette année, les casts seront connus fin janvier 2018.

Je ne serai pas surprise de voir Pertusi en Attila; un rôle qu'il maîtrise parfaitement. Pour Macbeth, plusieurs possibilités : De Candia, Colombara, Furlanetto (mais je n'y crois pas trop), Tézier (ne rêvons pas trop quand même, ça semble utopique) ... Pour Trovatore et Un giorno di regno j'avoue donner ma languue au chat
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 30 Sep 2017 - 12:27

luisa miller a écrit:
Programme définitif

- 5 et 15 octobre : Falstaff (De Candia remplacé le 15)

- 7 octobre : requiem

- 8 et 20 octobre : Jérusalem (Pertusi et Massis remplacés le 20)

- 10 octobre : gala verdiano

- 13 octobre : Stiffelio (à confirmer)

- 17 octobre : fuoco di gioia ( à confirmer)

- 18 octobre : La Traviata (teatro Verdi de Busseto)

En résumé, je verrai presque tous les concerts et les quatre opéras au programme du festival (quelques récitals pour l'instant non inclus faute d'avoir regardé attentivement le site du regio)

Le concert du 17 est confirmé. 3 concerts gratuits prévus entre le 3 et le 16 octobre à 17 heures au regio. Bref cette année ça va chauffer Cool
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 7 Oct 2017 - 23:12

Les péripéties du voyage ne m'ont pas fait taire Cool . En fait je n'ai récupéré un ordi qu'aujourd'hui Rolling Eyes .

Déjà vu 2 opéras et le requiem.  

Falstaff .: un cast ébouriffant avec en tete de file un Roberto de Candia en grande forme. Nizza annoncée souffrante dès le début de soirée a fait un show ahurissant en Alice Ford et Giorgio Caoduro a fait une prise de role quasi parfaite en Ford.

Stiffelio : J'avoue y etre allée a reculons pour deux raisons : 1 - la mise en scène; 2 - public debout pendant toute la soirée.
J'aurais eu grand tort d'y renoncer. parce que du coup le  public était intégré à lq mise en scène et pouvait bouger comme il voulait, filmer et prendre des photos s'il le voulait. Et justement Vick qui a fait un sacré travail de reflexion a fait un coup de maitre.

requiem : Direction idéale de Daniele Callegari choeur et orchestre parfaits. Coté solistes impressions mitigées concernant le ténor et la mezzo. Soprano et basse très bien.

Je posterai des CR plus détaillés plus tard


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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Dim 8 Oct 2017 - 21:16

Rentrée du Regio depuis une trentaine de minutes. Superbe production de Jérusalem, opéra trop peu donné (comme I Lombardi d'ailleurs). Vargas et Pertusi impériaux dans leurs roles. Massis aime passionnément Verdi cela s'entend dans son chant et aussi quand elle en parle; mais Hélène est vraiment un role trop tendu pour elle: A tel point qu'elle a été en difficulté dè l'Ave Maria. C'est une excellente artiste mais, je suis désolée de le dire, elle N'EST PAS Hélène. Autres solistes bien chantants avec un français parfois éxotique. Callegari meilleur qu'hier soir alors qu'il était déjà excellent dans le requiem, ça en dit long sur le niveau d'exigeance et de rigueur du bonhomme. Je crois que je vais me régaler pour faire mes devoirs Cool
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Otello
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 9 Oct 2017 - 19:58

luisa miller a écrit:
Massis aime passionnément Verdi cela s'entend dans son chant et aussi quand elle en parle; mais Hélène est vraiment un role trop tendu pour elle: A tel point qu'elle a été en difficulté dè l'Ave Maria. C'est une excellente artiste mais, je suis désolée de le dire, elle N'EST PAS Hélène.
Ne sois pas désolée! C'était tellement prévisible! C'est sympa qu'elle aime Verdi mais bon sang si elle l'aime tant que ça, alors qu'elle arrête de vouloir le chanter car elle ne se rend pas service en malmenant une voix qui est totalement inadéquate pour ce répertoire et surtout elle ne rend absolument pas service à Verdi qu'elle ne peut qu'affadir!

Citation :
Callegari meilleur qu'hier soir alors qu'il était déjà excellent dans le requiem, ça en dit long sur le niveau d'exigeance et de rigueur du bonhomme.
Callegari est un chef formidable!
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 9 Oct 2017 - 20:13

Pour une fois je suis globalement d'accord avec toi sur une chanteuse (Assez rare pour etre souligné). J'espère que celle qui la remplace le 20 (Della Benetta) saura se montrer à la hauteur d'un role aussi casse-gueule. Quant à Callegari je l'ai découvert samedi soir à l'occasion du requiem. J'ai croisé d'excellents chefs verdiens, mais celui ci les laisse à environ 1000000 d'années lumières Cool
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Lun 9 Oct 2017 - 23:24

Je me joins à vous : nerveux, lisible, filant toujours vers son but, Callegari est merveilleux, et dans tous les répertoires ; Verdi comme grand opéra, et même le meilleur Roi Arthus que j'aie entendu, qui claquait comme aucun autre ! I love you
Un des tout meilleurs chefs actuels.

Dalla Benetta est stupéfiante dans les rôles tendus qui réclament un solide médium (Hélène, quoi I love you ), mais je ne l'ai jamais entendue en français.
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Mar 10 Oct 2017 - 8:36

Une très belle découverte en ce qui me concerne I love you . Quant à Delle Benetta, on en reparlera le 21
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Mar 10 Oct 2017 - 23:30

De retour de la soirée anniversaire. Quelques chqngements de programme que j'ai découverts en cours de concert. et comme mon "programme de salle n'avait pas eu le feuillet volant j'ai été eue. Ceci dit c'est sans grande importance. Vargas remplacé par un ténor que je ne connaissais pas (et comme David connait tout le monde ... Mr.Red ) : Stefano La Colla.

Osborn en grande forme avec un français excellent; ce qui est nécessaire quand on s'attaque à Jérusalem et aux écueils du role de Gaston. Pirozzi éblouissante en Lady Macbeth et j'avoue que si c'est elle qui chante le role en 2018 ça serait une excellente nouvelle. Ce La Colla que je découvrait m'a beaucoup plu ey j'aurai donné cher pour avoir un ténor de cet acabit dans le requiem (ou Osborn). De Candia excellent malgré la fatigue. comme il navigue entre Parme et Rome (ou il chante en ce moment Fra Diavolo) c'est chaud bouillant pour lui mais il a assumé sans problème. Très bien aussi la mezzo et la pianiste. Bien sur Brindisi inévitable en fin de concert avec une flute de prosecco offerte par l'un des mécènes du Regio
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 14 Oct 2017 - 23:46

Très beau concert de musique instrumentale. Entre les ouvertures, préludes et autres ballets, de vraies raretés. Je serais bien restée une heure de plus dans mon fauteuil du regio ce soir
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Dim 15 Oct 2017 - 19:26

Je suis épuisée mais enchantée. Non seulement le festival se passe bien malgré quelques imperfections ou points faible, mais je n'ai jamais vu autant de français à Parme, l'équipe de com a bien travaillé cette année.

Je suis rentrèe du Regio après mon 2e Falstaff. Kiria n'a pas le panache d'un De Candia Mais son Falstaff est tout aussi émouvant que celui de son collègue. Nizza complètement guérie a fait son show puissance 1000 par rapport à la représentation du 5 octobre; par contre Caoduro était annoncé souffrant. Il n'était qu'à 90 % mais pétard quelle peche. moi des malades comme ça j'en veux tous les jours Very Happy
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 21 Oct 2017 - 14:08

Vu hier la dernière de Jérusalem. On avait enfin une Hélène sur scène; par contre on a perdu Roger en cours de route. Visiblement nerveux Palazzi a raté la cabalette du 1er acte (des fausses notes et beaucoup de savonnage) , il a eu des problèmes avec les costumes du 2e acte, et il était très effacé dans le trio du 3e; en plus il a été couvert à plusieurs reprises par l'orchestre à des endroits ou ça n'aurait pas du se produire. Bon OK on était à Parme ou Pertusi est adoré, mais il a eu un certain nombre de répétions y compris hier matin qui auraient pu/du lui permettre d'endosser le role de Roger sans trop de problèmes; et c'est grand dommage car la voix est belle et la diction quasi parfaite (comme Della Benetta d'ailleurs ce qui est très appréciable)


Dernière édition par luisa miller le Sam 21 Oct 2017 - 21:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 21 Oct 2017 - 21:08

Ah oui c'est étrange parce que bon, Palazzi c'est quand même du très grand dans ce répertoire!
Il ne devait pas être en forme ou alors stressé oui. Son Lord Sidney par exemple est vraiment impressionnant... donc bon, la vocalise d'un Verdi n'aurait pas dû lui poser de soucis.

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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Sam 21 Oct 2017 - 21:23

Oui, il était nerveux et cela se voyait. Quelques fautes mineures dans le texte, des fausses notes clairement entendues dans la cabalette savonnée par la suite. Oui c'est grand dommage parce qu'à priori il a eu autant de répétitions que Pertusi dont une musicale hier matin. C'est d'autant plus dommage que Palazzi n'a rien à envier ni à Pertusi, qu'il remplacait pour cette soirée, ni à Scandiuzzi ou Colombara. Et on ne peut pas dire qu'il pourra se rattraper puisque c'était la dernière hier soir :l
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Mer 25 Oct 2017 - 15:55

Ils ont eu la très bonne idée de mettre Jérusalem sur YT. C'est la captation de la représentation du 8 octobre (la première des deux que j'ai vues); la prise de son est mauvaise mais ça donnera une petite idée de ce que ça donnait. Comme il y avait des micros dans la salle, on peut supposer que ça sortira en CD et/ou en DVD

/watch?v=CktBtqqS9mI
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 21:06

Falstaff : Les joyeuses commères de Windsor arrivent au Teatro Regio de Parme

Pays profondément mélomane, l’Italie encourage sa jeunesse à se cultiver. Si de nombreux jeunes italiens ne sont pas spécialement attirés par l’art lyrique, ils reçoivent une solide formation culturelle et musicale dès leur plus jeune age. D’autre part, tout au
long de la saison de la saison parmesane des spectacles sont organisés pour les tous petits (à partir de 3 ans) et les adolescents autour des œuvres programmées au Teatro Regio. En plus de ces introductions aux spectacles, les deux dernières répétitions, la colonelle et la générale sont ouvertes au public, dont l’une, la colonelle, aux jeunes de moins de trente ans : C’est donc une batterie de mesures qui sont mises en place pour les tous petits et les adolescents pour leur permettre d’accéder très tot à la culture sous toutes ses formes. Et d’ailleurs, un spectacle pour les tout petits, de 3 à 6 ans, était organisé autour de Falstaff le vendredi matin (le 6 octobre) en fin de matinée. Les bambins sont venus nombreux en famille ou avec leurs instituteurs.

Comme en 2016, les responsables du Teatro Regio de Parme ont programmé quatre opéras dont deux raretés. Falstaff est l’ultime opéra de Giuseppe Verdi (1813-1901). Pour terminer sa longue carrière, le vieux maitre se lance dans un style qui ne lui est pas habituel : lancomédie. Avec son librettiste, Arrigo Boito, qui est aussi un compositeur reconnu, il utilise deux pièces de William Shakespeare : Les joyeuses commères de Windsor et Henri IV. Après le Falstaff de 2013, mis en scène et chanté par Renato Bruson, nous assistons à une nouvelle production qui réunit une distribution presque exclusivement italienne, menée par un Roberto de Candia en grande forme.

Falstaff n’est pas de ces opéras faciles à mettre en scène, tant il ne faut pas verser dans l’excès : pas trop d’effets de manche , mais pas non plus trop de lenteurs. L’ultime chef d’œuvre de Verdi est plein de vie, et les quelque moments plus lents, notamment lorsque Falstaff rentre chez lui après son bain forcé dans la Tamise, sont autant de pièges tendus au metteur en scène. Jacopo Spirei parvient à éviter les pièges et donne une lecture réussie de Falstaff sans verser dans l’excès. Il est aussi aidé par une distribution de comédiens chanteurs qui se connaissent bien et qui utilisent ses indications pour en rajouter sans exagérer dans un sens ou dans l’autre. Nous regrettons quand même que les costumes et les décors soient contemporains, en effet les costumes ne sont pas forcément très adaptés à chacun, notamment Nanetta qui se retrouve avec des jupes trop courtes et de vilains collants. Et Falstaff si fier de son rang de chevalier se retrouve privé de son épée. Quant aux maisons, elle n’ont rien de maisons correspondant au statut des grands bourgeois du XVIe siècle. Seul le parc mérite l’attention, encore qu’il soit incompréhensible que la chambre des Ford reste en place et que la maison de Meg ne disparaisse pas complètement.

Vocalement, la distribution réunie pour cette nouvelle production est excellente. Roberto de Candia que nous avions apprécié en Fra Melitone (La forza del destino, festival Verdi 2014) revient sur la scène du Teatro Regio pour incarner Falstaff. Excellent comédien il passe de l’espoir le plus fou à la tristesse la plus grande et du grand amour à la sérénité une fois assimilée la leçon que voulaient lui donner les joyeuses commères. Bien qu’il n’ait que des ébauches d’air « Ehi paggio … L’onore ! Ladri ! » au premier acte et « Mondo ladro ! Mondo rubaldo ! Reo mondo ! » au troisième, il les interprète sans faiblesse passant de l’indignation à la tristesse, la duperie des commères qui le jettent dans la Tamise avec le linge de la maison ne le met pas en colère mais suscite une réelle incompréhension, avec une aisance certaine. Annoncée souffrante dès le début de la soirée, Amarilli Nizza campe une Alice Ford drole, fourbe, retorse au caractère bien trempé. Déterminée à punir Falstaff de sa forfanterie et à se venger de Ford, un peu trop jaloux et autoritaire, elle leur donne leçon sur leçon jusqu’à ce qu’ils comprennent que c’est elle qui décide et pas eux. Vocalement, si elle a pu etre malade, cela n’est pas si évident tant elle passe d’un registre à l’autre sans effort ; tout au plus reste-t-il quelques scories du virus qui l’a handicapée le soir de la 1ère, sans plus. Giorgio Caoduro qui incarne Ford, réalise une prise de rôle idéale. Il a exactement la voix du rôle et s’il se montre jaloux retors et sans scrupules il a bien du mal à rivaliser avec Alice qui lui inflige quelques cuisantes leçons de savoir-vivre. Aux cotés du couple infernal, se trouve la Mrs Quickly de Sonia Prina. Aussi infernale, dans le bon sens du terme, que Ford et Alice elle se délecte de tous les mauvais tours qu’elles jouent toutes ensemble à Falstaff et à Ford en servant de messagère auprès du premier et de chaperon bienveillant auprès de Nanetta et de Fenton au détriment du second, allant meme jusqu’à faire changer de costumes Nanetta et Bardolfo juste avant la cérémonie voulue par Ford. Prina maitrise parfaitement son instrument sans jamais forcer ni tenter de grossir une voix naturellement sombre. La Meg Page de Jurgita Adamonyte n’est pas en reste pour se venger de Falstaff, ce « balourd » qui la courtise en meme temps qu’Alice en envoyant aux deux femmes une lettre d’amour identique en tous points. Vocalement Adamonyte ne démérite pas ; la voix est saine large, parfaitement maitrisée. Si la Nanetta de Damiana Mizzi ne manque ni de piquant ni de caractère, son amoureux, le Fenton de Juan Francisco Gatell apparaît en retrait avec une voix un peut courte pour une salle pourtant de taille moyenne (1200 places). Grégory Bonfatti (Docteur Caius) Andrea Giovanini (Bardolfo) et Federico Benetti (Pistola) complètent avec bonheur une distribution qui n’a rien à envier à celle de 2013.

Dans la fosse, la Filarmonica Arturo Toscanini est dirigée par Riccardo Frizza. La musique pétillante de Verdi est fort bien interprétée, meme si on peut regretter qu’à une ou deux reprises l’orchestre ait couvert les chanteurs, à commencer par Gatell. Quant au chœur, il est une fois de plus excellent, malgré un finale un peu ridicule.

Cette nouvelle production de Falstaff qui ne manque pas de qualités, en grande partie grâce aux chanteurs, gagnerait de précieux points avec des costumes mieux adaptés (surtout pour Nanetta, bien mal servie) et des décors plus adéquates.

Parme. Teatro Regio, le 5 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Falstaff opéra en quatre actes sur un livret d’Arrigo Boito d’après Les joyeuses commères de Windsor et Henri IV de William Shakespeare. Roberto de Candia, Falstaff; Amarilli Nizza, Alice Ford; Giorgio Caoduro, Ford; Damiana Mizzi, Nanetta; Francisco Gatell, Fenton; Sonia Prina, mrs Quickly; Jurgita Adamonyte, Meg Page; Grégory Bonfatti, Dr Caius; Andrea Giovanini, Bardolfo; Federico Benetti, Pistola. Filarmonica Arturo Toscanini, choeur du Teatro Regio de Parme, Riccardo Frizza, direction. Jacopo Spirei, mise en scène, Nikolaus Webern, scénographie, Silvia Aymonino, costumes, Fiametta Baldisers, lumières.
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 21:11

Falstaff : Une alternance réussie

Poursuivant notre parcours parmesan, nous assistons à une nouvellereprésentation de Falstaff. En effet, pour permettre à Roberto De Candia d’assurer une représentation de Fra diavolo à Rome, le Teatro Regio de Parme a invité le baryton géorgien Misha Kiria a chanter un unique Falstaff en ses murs. Comme nous avons déjà évoqué la mise en scène dans une précédente chronique, nous n’y reviendrons pas.

En ce qui concerne le coté scénique, le Falstaff de Misha Kiria est plus truculent, plus drôle aussi que celui de Roberto De Candia. De Candia ne manque pourtant pas de dynamisme ni d’une certaine vis comica mais se montre quand meme un peu plus sérieux que son collègue. Si Kiria parvient à faire rire le public en accentuant le coté comique du personnage, vocalement il a encore beaucoup à faire. Si les « airs » de Falstaff, « Ehi paggio … L’onore ! Ladri ! » et « Mondo ladro ! Mondo rubaldo ! Reo mondo ! », sont interprétés avec gouaille, sur la totalité de la soirée, il se montre légèrement en deça de ses partenaires. Amarilli Nizza, complètement rétablie, se montre plus canaille et retorse que lors de la précédente représentation. Quant à la voix, on ne trouve plus trace du virus qui l’avait handicapée pour les deux premières soirées. A l’inverse, c’est Giorgio Caoduro qui a été annoncé souffrant ; s’il n’était effectivement pas au top mais tout de meme bien chantant, le baryton italien est toujours aussi déchainé et fait de Ford un faux méchant au grand cœur.

Dans la fosse Riccardo Frizza dirige la Filarmonica avec un brin de malice en voyant Kiria faire de Falstaff un personnage comique avec au fond la conscience plus ou moins assumée qu’il se fait manipuler.

Cette troisième représentation nous a permis de voir un Falstaff très prometteur en la personne de Misha Kiria. Car le baryton géorgien ne peut aller qu’en s’améliorant. Cette alternance nous aura permis de voir de multiples facette d’un personnage plus complexe qu’il ne le laisse voir au premier abord.

Parme. Teatro Regio, le 15 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Falstaff opéra en quatre actes sur un livret d’Arrigo Boito d’après Les joyeuses commères de Windsor et Henri IV de William Shakespeare. Misha Kiria, Falstaff, Amarilli Nizza, Alice Ford, Giorgio Caoduro, Ford, Damiana Mizzi, Nanetta, Francisco Gatell, Fenton, Sonia Prina, mrs Quickly, Jurgita Adamonyte, Meg Page, Grégory Bonfatti, Dr Caius, Andrea Giovanini, Bardolfo, Federico Benetti, Pistola. Filarmonica Arturo Toscanini, choeur du Teatro Regio de Parme, Riccardo Frizza, direction. Jacopo Spirei, mise en scène, Nikolaus Webern, scénographie, Silvia Aymonino, costumes, Fiametta Baldisers, lumières


Comme j'avais longuement parlé de la mise en scène dans mon article précédent, je n'en ai pas reparlé dans cette "brève"pas plus que je n'ai reparlé des autres chanteurs
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 21:20

Fuoco di gioia : un concert placé sous le signe de la générosité

Depuis une quinzaine d’années, le club des 27, l’une des innombrables, mais aussi l’une des plus importantes, associations de mélomanes de Parme organise un concert caritatif en octobre, pendant le festival Verdi. Chaque année, deux associations sont mises à l’honneur, et l’édition 2017 de ce Fuoco di gioia, du nom du chœur introductif d’Otello, ne fait pas exception. City Angels aide non seulement les SDF mais aussi les personnes en difficulté en les accueillant dans des foyers, le temps qu’elles trouvent un travail et un toit. Quant à Cooperativa « Insieme » elle vient en aide aux personnes handicapées et à leurs proches. Dès le premier fuoco di gioia, des artistes de niveau international se sont joints au Club des 27 pour donner de l’espoir, le temps d’une soirée, à ceux qui en ont besoin et à ceux qui les soutiennent. De fait, l’ensemble des artistes présents sur la scène du Teatro Regio en ce 17 octobre ont assuré gracieusement le concert, faisant preuve à leur manière de générosité.

Ce sont donc neuf artistes de grande valeur qui ont assuré le show pour soutenir ceux qui, dans l’ombre, aident ceux qui en ont besoin. Cependant, la maladie s’en est melée, et Piero Pretti, victime d’une extinction de voix, a du renoncer à venir au tout dernier moment. Le tout jeune ténor Ivan Defabiani l’a remplacé au pied levé, et avec brio, dans la scène de Riccardo (Un ballo in maschera) « S’avanza il conte … Amici miei … La rivedrà nell’estasi ». La voix est certes jeune, et murira avec le temps, mais la performance de Difabiani en ce 17 octobre est annonciatrice d’un futur grand Riccardo. Difabiani se montre tout aussi vaillant dans « Inferno… Sento avvampar mìnell’anima » (Simon Boccanegra, Adorno) . A chaque soirée sa révélation ; Francesca Benitez, campe une Gilda juvénile et émouvante et son « Caro nome » est tout en nuances et plein d’amour pour celui qu’elle prend pour un simple étudiant. Cependant la grande triomphatrice de la soirée est Dimitra Theodossiou ; la soprano grècque, consacrée « Cavaliere di Verdi » au retour de l’entracte, campe une Aida déchirée entre son Radamès chéri et son pays adoré (l’Ethiopie) ; mais c’est surtout dans I Lombardi alla prima crociata (« No … Una causa giusta », Giselda) qu’elle se montre le plus émouvante, au point qu’une pluie de roses roses et blanches s’abat depuis le loggione (ou poulailler) sur la soprano et l’orchestre qui, au final, reprennent l’aria de Giselda. Désirée Rancatore n’est pas en reste, que ce soit dans « Non so les tetre immagini » (Il corsaro, Médora) ou dans « Teneste la promessa … E tardi … Addio del passato » (La traviata, Violetta). La soprano palermitaine a une gestuelle parfois excessive, mais son chantn dans La traviata, aussi bien dans le finale du deuxième acte que dans le dernier aria de Violetta fait passer une émotion certaine. Notons également la très belle performance de la mezzo soprano Renata Lamanda, qui remplace, elle, Martina Belli initialement invitée, dans l’aria d’Eboli « O don fatale… O mia regina » ; la voix corsée et puissante de Lamanda, dont la tessiture correspond parfaitement au rôle, fait passer la princesse par des sentiments contradictoires sans pour autant en faire une femme faible. Non, Eboli apparait ici dans toute sa splendeur de princesse mais aussi de femme. Dans les voix masculines, le baryton Angelo Veccia est un Rigoletto remarquable ; son « Cortigiani, vil razza dannata » claque avec force et derrière toute la rancœur accumulée le bouffon laisse transparaître l’être humain que sa difformité et sa laideur ont fini par faire oublier par les autres. Si la basse Marco Spotti est un Procida sombre, amer mais plein d’espoir pour la Sicile (I vespri siciliani ; « O tu Palermo »), son Grand Inqusiteur (Don Carlo) fait bien pale figure face au Filippo souverain de Riccardo Zanellato ; dans cette scène « Il Grande Inquisitor… Son io dinanzi al rè », Spotti, qui avait nous avait séduit dans I vespri siciliani, manque curieusement de mordant et d’agressivité en inquisiteur. Quant à Riccardo Zanellato, il donne à entendre un Lamento (« Ella giammai m’amò ») de toute beauté ; toute la douleur du souverain et de l’homme passe aussi bien par l’introduction, superbement interprétée par le 1er violoncelle de l’Orchestra dell’Opera Italiana, que par la tristesse amère exprimée par Zanellato juste avant la confrontation avec l’inquisiteur. La soprano espagnole Saioa Hernandez se distingue quant à elle dans Un ballo in maschera. L’aria difficile d’Amélia « Ecco l’orrido campo » est chanté avec dignité et élégance ; la peur de la jeune femme qui se retrouve dans ce champs sombre en pleine nuit est parfaitement transcrite ainsi que la stupéfaction de voir Riccardo arriver, la crainte d’avouer les sentiments qui l’animent et l’épouvante d’être surprise par son mari en compagnie du jeune homme.

David Crescenzi, excellent musicien et fin connaisseur de l’oeuvre de Verdi dirige l’Orchestra dell’opera italiana et le choeur de l’Opéra de Parme sans aucune partition, ce qui est d’autant plus remarquable que le programme est varié ; et les changements de programmes survenus seulement deux jours avant le concert n’ont pas eu de conséquences particulières sur le déroulé de la soirée. En contact constant avec ses chanteurs, Crescenzi les aident à se dépasser, se montrant particulièrement attentif à Benitez, dont c’était le premier engagement sur une scène importante, et à Difabiani arrivé au tout dernier moment.

Le fuoco di gioia n’est pas une soirée de gala ordinaire puisqu’il s’agit d’un concert caritatif et festif qui se déroule dans une ambiance joyeuse, si joyeuse meme que le personnel, farceur, envoie des milliers de « drapeaux » à l’effigie de Verdi ou aux couleurs de l’Italie avec imprimé « Viva Verdi » ; mais est ce étonnant à Parme ou le compositeur est adulé ? Les artistes invités pour l’occasion ont donné le meilleur d’eux même pour une juste cause avec une mentionparticulière à Ivan Difabiani et Renata Lamanda qui ont remplacé leurs collègues au pied levé avec brio.

Parme. Teatro Regio, le 17 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : extraits de Otello (“Fuoco  di gioia”), Un ballo in maschera (Preludio, “La rivedrà in estasi”, “Ecco l’orrido campo”, “Teco io sto”), I vespri siciliani (“O tu Palermo”), Il corsaro (“Non so, le tetre immagini”), La forza de destino (“”Il santo nome di Dio sia benedetto”, “Pace, pace, mio Dio”), Il trovatore (“Vedi le fosche notturne spoglie”, “Stride la vampa”), Rigoletto (Gualtier Maldé… Caro nome”, “Cortigiani, vil razzia, dannata”), La traviata (“Invitato a qui seguirmi”, “Addio del passato”), Aida (“Ritorna vincitor”), Simon Boccanegra (“Inferno … Sento avvampar nell’anima”), Don Carlo (“O don Fatale… O mia regina”, “Ella giammai m’amò”, “Il grande inquisitor… Son io dinanzi al re”), I lombardi alla prima crociata (No… Giusta causa), Nabucco (“Va pensiero”). Francesca Benitez, soprano; Saioa Hernandez, soprano; Renata Lamanda, mezzo soprano; Désirée Rancatore, soprano; Dimitra Theodossiou, soprano; Ivan Defabiani, ténor; Marco Spotti, basse; Angelo Veccia, baryton; Riccardo Zanellato, basse. Choeur de l’Opéra de Parme, Orchestra dell’Opera italiana. David Crescenzi, direction.


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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 21:22

Gala Verdiano : Une journée particulière au festival Verdi

Compte rendu, concert. Teatro Regio de Parme, le 10 octobre 2017. Verdi. Béatrice Benzi, piano.

Le dix octobre, jour de naissance de Giuseppe Verdi (1813-1901) est une journée à part dans le déroulement du festival. Nous ne reviendrons pas sur les cérémonies qui se déroulent ce jour là car nous les avions évoquées lors du bicentenaire, en 2013. De fait, le concert prévu en cette journée si particulière se déroule toujours dans une ambiance assez spéciale et toujours très chaleureuse. Cette année c’est un récital avec piano qui est offert au public, curieusement venu moins nombreux qu’aux autres soirées auxquelles nous avons assisté.

A l’occasion de ce concert de gala, nous retrouvons avec plaisir Roberto de Candia et Anna Pirozzi, dont nous avons déjà relaté les très belles performances dans Falstaff pour l’un et le requiem pour l’autre. Nous voyons se joindre à eux trois artistes de valeur, le plus connu d’entre eux étant John Osborn. S’agissant d’un récital avec piano, le concert était présenté par Francesco Izzo, président du comité scientifique du festival Verdi. L’intention était bonne, car l’analyse du style verdien était fort intéressante malgré un anglais trop rapide et pas toujours très clair. Néanmoins, ces coupures régulières, tous les deux ou trois airs, gachaient quelque peu la
soirée et on peut se demander s’il n’aurait pas été plus judicieux, étant donné la somme importante d’informations que le public doit assimiler en peu de temps, de présenter une conférence sur le sujet avec extraits à l’appui avant le concert.

Avec « L’infamie… O mes amis, mes frères d’armes », tiré de Jérusalem,John Osborn fait une entrée très remarquée. Le ténor américain a une voix comme Verdi les aimait : corsée, puissante, large tessiture, ligne de chant impeccable, diction parfaite. Son duc de Mantoue (Rigoletto - « La donna è mobile ») est arrogant, d’une santé insolente, sans scrupules. Si Anna Pirozzi reçoit un accueil très chaleureux dans « Pace, pace, mio Dio » (Léonora, La forza del destino) c’est avec « La luce langue » (Lady Macbeth, Macbeth) qu’elle reçoit une ovation méritée ; sa lady, est ambitieuse, implacable, glaçante. En revanche, Roberto de Candia apparait fatigué : En effet, le baryton parmesan navigue entre Rome ou il chante Fra Diavolo et Parme ou il est présent pour Falstaff et le gala Verdiano. En grand artiste il assure le spectacle en nous donnant à entendre un Fra Melitone aigri et colérique. Son « Toh, toh ! Poffare il mondo » est idéal tant le moine apparait dans toute sa frustration de voyageur malgré lui. Quant à son Renato (Un ballo in maschera) ses doutes et ses angoisses sont transcrits avec force mais sans excès. Martina Belli se montre d’entrée valeureuse ; et elle a le mérite de présenter un extrait du tout premier opéra de Verdi : Oberto conte di San Bonifacio. Son interprétation de “Un giorno dolce nel core… Oh chi torna l’ardente pensiero” est tout en finesse, parfaitement nuancée, et fait ressortir les sentiments contradictoires de Cuniza. Cependant, si nous entendons un beau mezzo, corsé, velouté avec une large tessiture, il manque la petite étincelle susceptible de provoquer un triomphe. La surprise de la soirée vient de Stefano La Colla ; le jeune ténor italien a certes une voix plus claire que celle de John Osborn, mais elle est aussi large et puissante que celle de son collègue. Si le trop court air de Macduff « Ah, la paterna mano » (Macbeth) donne un bref aperçu de son talent, c’est avec « La rivedrà nell’estasi » (Riccardo, Un ballo in maschera) qu’il se révèle. Comme de bien entendu, la soirée se termine par l’inévitable Brindisi extrait de La traviata afin de célébrer dignement le 204e anniversaire du cygne de Busseto. Le brindisi en question est introduit par quelques pas de valses esquissés par des membres du ballet du Teatro Regio.

Pour ce récital particulier c’est la pianiste Béatrice Benzi qui accompagnait les cinq artistes invités pour l’occasion. Instrumentiste de talent, Benzi est attentive à chacun et souligne avec talent chaque mélodie ; quant aux introductions de chaque air elles étaient jouées avec une pédale douce et dynamique.

Si nous regrettons les « intermèdes » présentés par Francesco Izzo, intermèdes dont nous pensons qu’ils auraient pu - et même du – faire l’objet d’une conférence à part, c’est un concert de haute volée que nous ont proposé cinq artistes de talent et leur accompagnatrice que le public a accueilli avec chaleur.

Teatro Regio de Parme, le 10 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : extraits de Jérusalem («L’infamie … O mes amis, mes frères d’armes»), Macbeth (“Ah la paterna mano”, “La luce langue”), Un ballo in maschera (“Ecco l’orrido campo…Ma dall’arido stelo divulsa”, “Alla vita che t’arride”, “La riverdrà nell’estasi”), La forza del destino (“Toh, toh ! Poffare il mondo”, “Pace, pace, mio Dio”), Rigoletto (La donna è mobile”), Nabucco (“Oh dischiuso è il firmamento”), La traviata (“Lunge da lei … De miei bollenti spiriti … Oh mio rimorso, infamia”, Brindisi), Oberto, conte di San Bonifaccio (“Un giorno dolce nel core … Oh chi torna l’ardente pensiero”) Anna Pirozzi, soprano, Martina Belli, mezzo soprano, John Osborn, ténor, Stefano La Colla, ténor, Roberto de Candia, barato, Béatrice Benzi, piano.


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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 21:24

Jérusalem : une rareté au programme du festival Verdi

Des vingt neuf opéras que composa Giuseppe Verdi (1813-1901) durant salongue carrière, certains ont connu une destinée remarquable tels Nabucco, Rigoletto, Atilla, Il trovatore, La traviata par exemple, alors que d’autres sont plus ou moins tombés dans l’oubli comme La battaglia di Legnano (donné au festival 2012), Giovanna d’Arco (donné en 2016) ou Jérusalem (qui a ouvert l’édition 2017). Composé pour l’Opéra de Paris en 1847, Jérusalem reprend un autre opéra, composé peu avant sur le thème de la croisade : I lombardi alla prima crociata. Les personnages et les liens de parenté changent, mais la musique de Jérusalem est à peu près la meme que celle de I lombardi. Pour Jérusalem, Verdi a du ajouter un ballet, obligatoire pour toute œuvre qui intègre le répertoire de l’Opéra de Paris par le biais d’une commande.

Le Teatro Regio de Parme présente une version intégrale de Jérusalem,qui inclut le ballet, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Hugo de Ana, qui réalise la mise en scène, la scénographie et les costumes est bien connu du public parmesan pour avoir déjà réalisé plusieurs productions au Teatro Regio de Parme. Le travail de Hugo de Ana part d’une Réflexion de fond sur la croisade et ses conséquences aussi bien pour les croisés que pour les sarrasins ; quant aux costumes ils correspondent à l’époque de la première croisade. La direction d’acteurs est dynamique et Hugo de Ana ne laisse personne à la dérive.La précision des mouvements de foule est d’autant plus nécessaire que certaines scènes voient la quasi-totalité des protagonistes se mouvoir sur la scène. S’ajoutent à ce beau travail de réflexion des effets spéciaux spectaculaires, tant pendant l’ouverture ou nous voyons défiler l’appel à la croisade du pape Urbain II, lequel se termine surun terrible « Deus veult » (Dieu le veut) que pendant la suite de lasoirée. Suivront ensuite des défilés militaires ou de pélerins, des globes terrestres en mouvement, des scènes de bataille ou de prière,le visage du Christ au centre de mandorles en feu.

Pour cette nouvelle production, Jérusalem n’a été monté qu’une fois àParme, c’est une distribution de haute volée qui a été invitée. Ramon Vargas campe un Gaston solide ; la voix est ferme, puissante, la tessiture large. Nous voyons un Gaston en plein doute dont la Foi enDieu et l’amour pour sa bien aimée sont constamment mis à l’épreuve, et comme la diction est quasi parfaite Vargas nous propose un Gaston de très belle Tenue. Annick Massis fait une prise de rôle risquée en chantant Hélène, d’autant qu’il s’agit d’un role terrible, comme Verdi sait si bien les écrire. De fait, les écueils ne manquent pas dans Jérusalem. Si le médium et les graves sont assurés sans problèmes, les aigus blanchissent rapidement et dès son air d’entrée, Annick Massis se trouve en difficulté ; elle se confronte néanmoins courageusement à un rôle redoutable. En revanche, Michele Pertusi est un Roger autoritaire et d’une belle prestance. S’il a déjà chanté I lombardi alla prima crociata (Pagano), c’est la première fois qu’il aborde Jérusalem (Roger) au Regio. Si les graves sont parfois écrasés Pertusi assume crânement un rôle difficile ; et dès la scène d’entrée « Vous priez vainement pour mon rival …Oh ! dans l’ombre ! dans le mystère ! … Oh ! viens esprit du mal » il montre un Roger implacable, jaloux, impitoyable. Et l’ovation qu’il reçoit entre l’air et la cabalette atteste non seulement de sa popularité, il est natif de Parme, mais aussi de la sûreté dont il fait preuve, Et son aria du deuxième acte « Grâce mon Dieu … O jour fatal ! O crime ! » est tout aussi maîtrisé ; quant à la diction si elle est parfaite, elle est parfois teintée d’un léger accent italien, charmant au demeurant. Le comte de Toulouse de Pablo Galvez est certes moins charismatique que son frère, mais il a quand même un certain charme, malgré un français assez exotique. Armé du soutien d’Urbain II qui en a fait le chef des croisés français, c’est un soldat aguerri, ombrageux et un père autoritaire, même s’il aime sa fille. La voix est belle et donne au comte une autorité qui, à défaut d’être incontestable, surtout sur un plan scénique, bénéficie de la bénédiction de Dieu. Valentina Boi est une Isaure attentive et vigilante aussi bien à Toulouse qu’en terre sarrasine, tandis que l’Adémar de Monteil de Deyan Vatchkov propose un légat intransigeant à souhait ; on ne plaisante ni avec Dieu, ni avec l’honneur. Parmi les comprimari, nous notons le sympathique Raymond de Paolo Antognetti qui reste fidèle à son maitre malgré l’anatème qui le frappe pour un crime qu’il n’a pas commis.

Dans la fosse nous retrouvons Daniele Callegari, qui avait dirigé le requiem la veille. Le chef milanais dirige d’une main ferme la valeureuse Filarmonica Arturo Toscanini. Et comme il nous propose une version intégrale de Jérusalem, cela lui permet, avec le ballet, de mettre en valeur le très bel orchestre dont il dispose et de mettre un peu de légèreté dans ce monde de brutes que représente la période des croisades. Rappelons au passage que la première croisade (1096-1099) a bien mal commencé : en effet, la première armée à partir n’était pas celle des grands barons, mais une armée de pauvres gens dirigée parPierre l’Hermite sans armes ni préparation militaire d’aucune sorte ; aucun de ces « croisés » d’un nouveau genre ne reviendra vivant de l’expédition, massacrés qu’ils ont été par les turcs. Quant au chœur du Teatro Regio, il affronte vaillamment une partition difficile. Et si la diction est souvent aléatoire, le travail accompli avec MartinoFaggiani est remarquable.

Une nouvelle fois Hugo de Ana propose au public une production exceptionnelle : Et elle l’est d’autant plus que les effets spéciaux sont spectaculaires et que le long travail de réflexion mené en amont donne une vision de Jérusalem inoubliable. La distribution réunie pour cette nouvelle production est d’un niveau remarquable, même si nous avons noté quelques imperfections, essentiellement dus à une diction parfois aléatoire ici et là et que nous aurions préféré voir une Hélène avec une voix plus corsée.

Lors de la soirée d’ouverture, la représentation du 28 septembre, le programme opératique du festival Verdi de Parme 2018 a été annoncé : Seront présentés : Macbeth (qui fera l’ouverture du festival), Atilla, Le Trouvère et Un giorno di regno (qui sera donné au Teatro Verdi de Busseto). Les distributions, ainsi que l’ensemble du programme seront annoncés le 25 janvier 2018.

Parme. Teatro Regio, le 8 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) :  Jérusalem, opéra en quatre actes sur un livret d’Alphonse Royer etGustave Vaez. Michele Pertusi, Roger, Ramon Vargas, Gaston, Annick Massis, Hélène, Pablo Calvez, comte de Toulouse, Valentine Boi, Isaure, Deyan Vatchokov, Adémar de Monteil (légat du pape), Paolo Antognetti, Raymond, Massimiliano Catellani, l’émir de Ramia, Matteo Roma, un officier de l’émir, Francesco Salvadori, un hérault, un soldat. Filarmonica Arturo Toscanini, chœur du Teatro Regio de Parme,Daniele Callegari, direction. Hugo de Hana, mise en scène, scénographie, costunes, Valerio Alfieri, lumières, Sergio Metalli,effets spéciaux, Leda Lojodice, chorégraphies.





Jérusalem : Une alternance en demi teinte

En cette fin de festival Verdi, nous retournons au Teatro Regio pour y voir l'ultime représentation de Jérusalem. Pour cette dernière soirée d'une série exceptionnelle, qui tient surtout à la rareté de l'oeuvre, Michele Pertusi et Annick Massis, appelés l'un à Londres et l'autre à Marseille, sont remplacés par Mirco Palazzi en Roger et Silvia Della Benetta dans le rôle d'Hélène.

Avec Silvia Della Benetta nous trouvons une Hélène plus ferme et plus en voix qu'Annick Massis. En effet, la soprano italienne est stylistiquement et vocalement plus proche du personnage que ne l'était Annick Massis lorsque nous l'avions vue le 8 octobre dernier. La voix plus corsée et plus puissante de Della Benetta lui permet de se faire entendre plus loin dans la salle que sa collègue. Si la prière "O Vierge Marie" au premier acte est interprétée avec des aigus plus francs et plus beaux, l'aria et la cabalette du second acte sont moins surinterprétés sur un plan strictement scénique et aussi mieux chantés. Par contre, si nous avons trouvé une belle Hélène, nous avons perdu Roger en cours de route. Visiblement nerveux, et peu à l'aise tant sur la scène parmesane que dans ses costumes, Mirco Palazzi peine à ne faire qu'un avec son personnage et ne parvient pas complètement à s'imposer dans le rôle de l'oncle jaloux, retors et implacable. Si l'air d'entrée "Vous priez vainement pour mon rival... Oh dans l'ombre ! Dans le mystère !" est honorablement interprété, la cabalette "Oh viens esprit du mal..." est ratée : nous entendons des fausses notes d'entrée de jeu, des vocalises savonnées et nous notons également des fautes mineures de texte. Nous le regrettons d'autant plus que la voix est belle, sombre, bien placée, avec une large tessiture, avec des graves plus fermes que ceux de Pertusi, et que la diction est quasi parfaite. Si par la suite, la scène du second acte "Grâce mon Dieu ... Oh jour fatal ! Oh crime !" est mieux interprétée, Mirco Palazzi est couvert par l'orchestre à des endroits ou cela ne devrait pas être le cas et il se montre assez effacé pendant le trio du dernier acte avec Gaston et Hélène.

Dans la fosse Daniele Callegari dirige la Filarmonica Arturo Toscanini avec la même rigueur et la même énergie que lors des précédentes représentations. Il avait pourtant dirigé la veille le second des deux requiem au programme du festival.

Si la piètre performance de Mirco Palazzi dans le rôle de Roger nous fait regretter le départ de Michele Pertusi à Londres, nous apprécions par contre de voir une Hélène à la voix plus corsée et plus adéquate au personnage meurtrier d'Hélène. Malgré tout, le niveau général reste élevé grâce à une mise en scène et à une direction d'acteurs précises. A l'ensemble il faut ajouter la direction nerveuse et dynamique de Daniele Callegari qui, de la fosse, reste attentif à chacun.

Parme. Teatro Regio, le 20 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Jérusalem, opéra en quatre actes sur un livret d'Alphose Royer et Gustave Vaez. Ramon Vargas, Gaston, vicomte de Béarn; Silvia Della Benetta, Hélène, fille du comte de Toulouse; Mirco Palazzi, Roger, frère du comte de toulouse; Pablo Galvez, le comte de Toulouse; Valntine Boi, Isaure, confidente d'Hélène; Deyan Vatchkov, Adhémar de Montheil, légat du pape; Paolo Antognetti, Raymond, écuyer de Gaston, Massimiliano Catellani, l'émir de Ramia; Matteo Roma, un officier de l'émir; Franceso Salvatori, un soldat, un hérault. Choeur du Teatro Regio de Parme, Filarmonica Arturo Toscanini, ballet du Teatro Regio de Parme, Daniele Callegari, direction. Hugo de Ana, mise en scène, costumes, scénographie; Valerio Alfieri, lumières; Sergio Metalli, effets spéciaux; Leda Lojodice, chorégraphies.



Comme pour Falstaff, je n'ai ni reparlé de la mise en scène ni des autres chanteurs. Le but était de parler de l'alternance dans les rôles de Roger et d'Hélène.
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 21:30

Le Teatro Verdi de Busseto accueille La traviata

S'il est un opéra de Gisueppe Verdi (1813-1901) qui a fait le tour du monde à plusieurs reprises, c'est bien la Traviata. Pourtant, l'oeuvre a bien mal entamé sa carrière. En effet, à sa création le 6 mars 1853, sans parler de fiasco, comme le fit Verdi lui même, La traviata fut fraîchement accueillie tant par le public que par la critique. Verdi insatisfait retira immédiatement son opéra de la scène pour y apporter plusieurs modifications significatives, notamment dans le duo Germont/Violetta au deuxième acte. Lorsqu'elle fut recréée, en mai 1854, La traviata connut un succès qui ne devait plus se démentir par la suite. Pour cette nouvelle production, installée dans le minuscule Teatro Verdi de Busseto, qui ne compte que trois cent cinquante places, les responsables du festival Verdi ont confié la mise en scène à Andrea Bernard et la direction musicale au jeune et talentueux chef parmesan Sebastiano Rolli. Les chanteurs invités pour cette Traviata sont, eux, issus de l'Académie des jeunes artistes du Teatro alla Scala de Milan.

Il est d'ailleurs bien difficile de comprendre la reflexion d'Andrea Bernard qui, en fin de compte, propose une mise en scène brouillonne, et inaboutie. Quel intérêt de placer le premier acte dans une salle des ventes alors que Violetta est, à ce moment de l'opéra, l'instigatrice des plaisirs de la Jet Set de l'époque. Quel intérêt aussi de faire d'Alfredo un jeune homme volage et totalement indifférent au sort de Violetta dont il est éperdument amoureux? Anina, quant à elle, femme de chambre dévouée et fidèle jusqu'à la fin, n'est plus qu'une assistante froide, retorse et, elle aussi, complètement indifférente au sort de sa patronne. Ce sont autant de détails qui n'aident pas à la compréhension du propos d'Andrea Bernard et de son équipe. Cela étant dit, les costumes très contemporains et les décors n'arrangent rien. Après la salle des ventes du premier acte, la maison de campagne de Violetta au deuxième acte est presque vide, encore en attente d'un aménagement digne de ce nom (alors que le couple y vit depuis trois mois) rendant les propos de Germont incompréhensibles ("Pur tanto lusso"; "pourtant, tout ce luxe...") et la réponse de Violetta tout aussi inadéquate ("Ad ogni è mistero quest'atto, a voi nol sia"; "Cet acte est ignoré de tous, qu'il ne le soit pas de vous").

Par contre, vocalement, nous avons le bonheur de voir sur scène de jeunes talents prometteurs. A commencer par la toute jeune soprano russe Julia Muzichenko qui incarne une très belle Violetta. La voix est saine, puissante, ferme et claque dans la salle, tel un fouet. L'air et la cabalette du premier acte chantés avec les reprises, chose assez rare pour être signalée ici, sont magistralement interprétés . Le médium est sain, aigus percutants, la ligne de chant impeccable, la tessiture large et parfaitement maîtrisée. Et même si la jeune femme ne chante pas l'aigu final, rajouté par les Violetta successives depuis la création de l'oeuvre, il faut lui reconnaitre une présence incontestable sur scène. En revanche son partenaire, le ténor méxicain Fabian Lara se montre moins convaincant dans le rôle d'Alfredo. La voix est certes belle, mais moins percutante que celle de Muzichenko. Si l'aria "Lunge da lei... De miei bollenti spiriti" est correctement interprété, la cabalette "Oh mio Rimorso..." est nettement moins propre, n'échappant pas à quelques fausses notes, notamment dans les premières mesures. Assurément le jeune ténor ne maîtrise pas complètement un instrument pourtant prometteur. Le baryton géorgien Gocha Abuladze campe un émouvant Germont. Si dans les premières notes, lors de l'afforntement avec Violetta, la voix manque de stabilité, le jeune homme se recadre rapidement, et dès l'aria "Bella sicome un'angelo", il réalise une très belle performance dont le point d'orgue est l'aria (exceptionnellement suivi de la cabalette) "Di Provenza il mar il sol ... ". Si Forooz Razavia est dotée d'un mezzo solide et sain, le personnage d'Anina ne convainc pas du tout. A sa décharge, la mise en scène d'Andrea Bernard la dessert largement en la faisant apparaitre comme une femme totalement indifférente et calculatrice, souhaitant en finir au plus vite avec sa patronne mourante. Dans la distribution des rôles secondaires, saluons les belles apparitions de Carlo Checchi, baron Douphol arrogant et jaloux à souhait et le sympathique docteur Grenvil d'Enrico Marchesini. Le choeur du Teatro Comunale de Bologne assume vaillament une partition pas forcément très longue, mais dense et difficile. D'autre part il se sort comme il peut d'une mise en scène qui n'avantage personne.

Dans la fosse, l'orchestre du Teatro Comunale de Bologne est dirigé par Sebastiano Rolli. Le chef d'orchestre parmesan est un excellent musicien et est doté d'une mémoire phénoménale : il dirige par coeur le chef d'oeuvre de Verdi, se montre attentif à chacun, n'hésitant pas à les accompagner en chantant avec eux, notamment dans le dernier ensemble du premier acte.  
Si nous regrettons d'avoir vu une mise en scène superficielle et sans réel intérêt, nous sommes très heureux d'avoir eu sur scène un plateau vocal talentueux et prometteur qui sauve une production peu convaincante. Ajoutons à cet excellent plateau un chef d'orchestre, dynamique et talentueux qui connait parfaitement son sujet au point de diriger cette série de représentations de mémoire.

Busseto. Teatro Verdi, le 18 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La traviata opéra en trois actes sur un livret de d'après "La dames aux camélias" d'Alexandre Dumas fils. Julia Muzichenko, Violetta Valéry; Fabian Lara, Alfredo Germont; Gocha Abuladze, Giorgio Germont; Martha Leung, Flora Bervoix; Forooz Razavia, Anina; Antonio Garès, Gaston, vicomte de Létorières; Claudio Levantini, Marchese d'Obigny; Carlo Checchi, Baron Douphol; Enrico Marchesini, docteur Grenvil; Cosimo Gregucci, Giuseppe, serviteur de Violetta; Sandro Pucci, un domestique de Flora; Raffaele Costantini, un commissionaire; Choeur et orchestre du Teatro Comunale de Bologne, Sebastiano Rolli, direction. Andrea Bernard; mise en scène.
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 22:03

Le requiem revient au Teatro Regio

Nous avons évoqué précédemment les mesures et évènements mis en place à Parme et dans toute l’Italie pour permettre aux plus jeunes d’accéder à la culture à moindre cout. Et ceux qui font partie des « corali delle voci bianchi e giovannili » ont l’occasion de participer à de courts concerts d’environ une heure à intervalle régulier. En octobre ces concerts ont lieu dans une autre salle du Teatro Regio dans les « Offs » du festival Verdi. En plus des quatre opéras programmés lors du festival, plusieurs concerts vocaux ou orchestraux ont été programmés. A l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Lucianno Pavarotti, natif de Modène, le festival Verdi lui rend hommage en lui dédiant le premier des deux requiem programmés. La création du requiem de Verdi n’a pas été un long fleuve tranquille ; d’abord vu par Verdi comme une œuvre collective pour rendre hommage à Gioachino Rossini disparu en 1868, le projet a fait long feu faute d’entente entre les artistes. Après le décès du poète Alessandro Manzoni en 1871, partisan comme Verdi de l’unité italienne, le projet refait surface et le compositeur ressort de ses tiroirs le Dies Irae composé en 1868. Le requiem est finalement créé en 1874. Verdi compose une œuvre si magistrale qu’elle pourrait s’apparenter à un opéra tant la voix est mise en valeur. Maisbl’orchestre a aussi des pages très intenses, surtout dans le célèbre Dies Irae qui avance tel un fleuve en furie.

Très sollicités, le chœur du Teatro Regio et la Filarmonica Arturo Toscanini donnent à entendre une performance quasi parfaite. Martino Faggiani a réalisé un excellent travail de préparation avec le chœur qui suit avec une précision millimétrée le chef d’orchestre Daniele Callegari qui a été invité à diriger Jérusalem et le requiem. La direction de Daniele Callegari est ferme, nerveuse, dynamique. Si le Requiem et le kirie sont dirigés tout en finesse, le Dies Irae est quasi parfait tant la colère de Dieu se manifeste encore après la findu concert.

En ce qui concerne le quatuor invité pour le requiem, nous seront plus mitigés. La surprise de la soirée est la soprano Anna Pirozzi qui abordait le chef d’œuvre de Verdi pour la première fois. La soprano à la voix flamboyante assume sans faiblesse une partie qui nécessite une tessiture large ; le médium est sain, les graves bien posés, Les aigus superbes, la ligne de chant impeccable. Sure d’elle, Pirozzi jette à peine un regard sur la partition ; si elle prend le pas sur Veronica Simeoni dans le Recordare, au point meme de la couvrir à une ou deux reprises, elle chante le Libera me avec une belle assurance. En revanche nous nous interrogeons sur la mezzo soprano Veronica Simeoni ; certes la voix est belle, veloutée, sombre avec un bel ambitus mais elle nous a semblé un peu courte. Et du milieu de la salle il devenait difficile de l’entendre car elle était parfois couverte par l’orchestre ou les autres solistes. Veronica Simeoni ne démérite pourtant pas face à une partition aussi difficile que les opéras que composa Verdi durant sa longue. Nous nous posons les mêmes questions concernant le ténor Antonio Poli. Si le médium et les graves sont bien projetés les aigus ne sont pas beaux et plus hurlés que chantés. Et si l’Ingemisco est de meilleure tenue, la voix, elle, ne semble pas complètement maitrisée. En revanche la basse Riccardo Zanellato fait montre d’une belle autorité pendant toute la soirée. Zanellato qui connait parfaitement le requiem, qu’il chante régulièrement, il en cisèle chaque note avec art. Le Confutatis claque avec force, prend des couleurs sombres et glaçantes.

Le requiem de Verdi, dont le dernier concert remonte à 2013, l’année du bicentenaire, a été dirigé de main de maitre par Daniele Callegari qui a insufflé au chef d’œuvre du compositeur parmesan une force et une dynamique peu communes mais nécessaire. Quel plus bel hommage Parme pouvait-elle rendre au grand artiste qu’était Luciano Pavarotti ?

Teatro Regio, le 7 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : requiem. Anna Pirozzi, soprano, Veronica Simeoni, mezzo soprano, Antonio Poli, Riccardo Zanellato, basse. Filarmonica Arturo Toscanini, choeur du Teatro Regio de Parme: Daniele Callegari, direction.


Dernière édition par luisa miller le Dim 19 Nov 2017 - 11:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme 2017   Jeu 2 Nov 2017 - 22:04

Stiffelio : le Teatro Farnese ouvre ses portes à la réforme protestante.

Si Jérusalem est une rareté, il n’aura pas fallu très longtemps à Stiffelio pour disparaître des scènes lyriques. La destinée de cette œuvre de Giuseppe Verdi (1813-1901) ne manque d’ailleurs pas d’interpeller tant il aura fallu peu d’années pour qu’il soit rangé dans un placard d’où il ne ressortira qu’un siècle plus tard. Composé et créé en 1850 au Teatro Grande de Trieste, Stiffelio a reçu, à défaut d’un triomphe, un accueil chaleureux tant public que critique. Le déclin et la disparition de cet opéra a un seul nom : Censure. En effet, les multiples interventions des censeurs, qui se montrent assez chatouilleux dès que l’on s’attaque à l’Eglise ou au pouvoir temporel, ont considérablement nui a Stifflio qui tombe dans l’oubli en trois ou quatre ans. La musique de cette œuvre sera par ailleurs reprise en 1857 par Verdi pour un autre opéra qui tombera presque aussitôt dans l’oubli : Aroldo. Depuis les années 1950, Stiffelio reprend timidement du service ; si timidement, d’ailleurs, que sa discographie est quasi inexistante. A Parme même, l’œuvre n’a été montée que deux fois depuis 1968. Cette nouvelle production est donc bienvenue malgré une mise en scène certes totalement iconoclaste mais qui fonctionne. A sa décharge, il nous faut bien admettre que Stiffelio est loin d’être un chef d’œuvre comparé aux opéras créés juste avant ou juste après : Macbeth (1847), Luisa Miller (1849), Rigoletto (1851), Il Trovatore (1853) par exemple. On y trouve néanmoins de très belles pages notamment parmi les airs des principaux personnages. L’intrigue tourne autour d’un pasteur protestant et de son épouse infidèle ; certes le sujet n’a rien de nouveau et la nature humaine est traitée ici de manière assez crue (Graham Vick, accentue d’ailleurs ces qualités et ces défauts dans sa mise en scène) : amour, haine, jalousie, religion… On peut, dans ces circonstances, s’étonner que Stiffelio et Aroldo quelques années plus tard, aient ainsi disparu des scènes lyriques quand Carmen, créée vingt cinq ans après Stiffelio, a connu un triomphe durable et sans précédent après avoir subi un échec retentissant lors de sa création.

Pour cette nouvelle production les responsables du Teatro Regio, qui investissent le Teatro Farnese, ont réuni une distribution jeune et le metteur en scène britanique Graham Vick dont le travail sur Stiffelio ne manque pas de surprendre. Graham Vick ayant installé d’immenses banderoles sur les gradins, qui serviront aussi pour les choristes, les figurants et, à de rares moments, les solistes, le public se retrouve « chassé » de sa zone de confort pour se retrouver dans l’arène et passer la soirée debout à évoluer librement au milieu des modules mobiles. Quelques bancs, installés derrière l’orchestre, sont quand même prévus pour les personnes ayant des problèmes avec la station debout. Si un tel choix artistique n’a pas manqué de faire couler beaucoup d’encre, il se révèle être assez judicieux. L’interaction entre le public, les figurants, les choristes et les solistes est d’autant plus forte que les figurants se promènent dans toute l’arène, saluant ici et là, serrant des mains, accolant le public, l’entraînant dans un monde étrange ou s’entremêlent, sous la Foi ardente, amour et désamour tel un « Je t’aime moi non plus » puissance mille sur une échelle de dix. Dans un tel contexte, les costumes contemporains passent plutôt bien à l’exception de celui de Lina qui se trouve, du coup, handicapée pour s’asseoir, s’allonger, se mettre debout ou faire des génuflexions.

En ce qui concerne la distribution, les responsables du Teatro Regio de Parme ont invité de jeunes artistes qui se montrent valeureux ; en effet, l’acoustique du Teatro Farnese, ou la production est donnée, est assez mauvaise et il est difficile de comprendre tout ce qui se dit. Le Stiffelio de Luciano Ganci séduit d’emblée : comédien honorable, il fait passer le pasteur par des sentiments contradictoires ou s’entrechoquent foi, amour, doute, angoisse … Sentiments que le chant de Ganci traduit assez bien. Si la description du couple adultère aperçu par le batelier est honorable, c’est surtout dans son air du deuxième acte « Me disperato, albruciano » que toute la colère et la douleur accumulées ressortent avec beaucoup de force. C’est la soprano mexicaine Maria Katzarava qui prête ses traits et sa voix à Lina, l’épouse infidèle de Stiffelio. Si la jeune femme est très désavantagée par son costume visiblement trop serré, la voix est belle, puissante, la ligne de chant impeccable. Elle comprend très vite que Stiffelio a des doutes et exprime son chagrin d’une façon émouvante « Tosto ei disse ! Ah son perduta ! » . La douleur, le doute, l’angoisse de Lina ressortent cependant avec plus de force dans « Oh cielo … Ove son io » et Katzarava module sans excès, donnant aux mots une intensité poignante. Père attentif mais impitoyable, guerrier féroce, Stankar est incarné par Francesco Landolfi. C’est au dernier acte que le baryton donne à son personnage ce qui fait sa grandeur et sa faiblesse en exprimant dans « Ei fugge … E con tal foglio … Qui Rafael verra ? » toute la haine qu’il a pour l’amant de sa fille et le regret qu’il a de devoir accomplir ce qu’il considère etre son devoir. D’arrogance il est question quand on pense à Rafaele de Leuthold ; Giovanni Sala qui incarne l’amant e Lina a une voix pleine d’arrogance tant elle est maîtrisée du début à la fin de la soirée. Et s’il n’a pas vraiment d’aria pour lui, le duo avec Stankar, dans lequel ils se défie l’un l’autre est parfaitement interprété. Emmanuele Cordaro (Jorg), Blagoj Nacoski (Federico de Frengel) et Cecilia Bernini (Dorotea) complètent avec bonheur le plateau vocal.

Dans la fosse, installée à l’envers, c’est l’orchestre du TeatroComunale de Bologne qui s’installe pour cette production. C’est le chef espagnol Guillermo Garcia Calvo qui dirige ce Stiffelio inattendu. Alors que le public entre dans la salle pendant l’ouverture, accueilli par des pasteurs et des figurants lisant la bible, le jeune chef donne le ton de la soirée : elle sera placée sous le signe d’une effusion de sentiments qui se bousculent tout le longde la partition et que l’orchestre souligne tout en délicatesse. Quant au chœur, venu lui aussi du Teatro Comunale de Bologne, il a été parfaitement préparé par son chef et il assume crânement une partition difficile et une mise en scène assez inhabituelle.

Si cette nouvelle production n’a pas manqué de faire couler beaucoup d’encre, et de soulever de nombreuses interrogations, Graham Vick, réussit le tour de force d’attirer l’attention sur l’une des œuvres les plus méconnues de Verdi. Quant à la mise en scène pour inhabituelle qu’elle soit, elle a le mérite d’accentuer les qualités et les défauts de chacun, quelque soit son statut social, et de permettre au public de les voir de plus près.

Teatro Farnese, le 6 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Stiffelio, mélodrame en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave tiré de Le pasteur ou l’évangile et le foyer de Emile Souvestre et Eugène Bourgeois. Luciano Ganci, Stiffelio, Maria Katzarava, Lina, Francesco Landolfi, Stankar, Giovanni Sala, Rafaele, Emanuele Cordaro, Jorg, Blqgoj Nacoski, Federico di Frengel, Cecilia Bernini, Dorotea. Orchestre et chœur de l’Opéra Comunale de Bologne.Guillermo Garcia Calvo, direction. Graham Vick, mise en scène, Mauro Tinti, scénographie et costumes, Giuseppe di Iorio, lumières, Ron Howell, chorégraphies.


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