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 Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018

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Rocktambule
Mélomane du dimanche


Nombre de messages : 31
Date d'inscription : 28/03/2018

MessageSujet: Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018    Mer 28 Mar 2018 - 22:18

Ivo Pogorelich - Salle Gaveau - 27/03/2018 :

MOZART : Fantaisie n° 4 en do mineur K 475
BEETHOVEN : Sonate n° 23 en fa mineur op. 57 « Appassionata »
CHOPIN : Ballade n° 3 en la bémol majeur op. 47
LISZT : Études d’exécution transcendante (n° 10, 8 & 5) S 139
RAVEL : La Valse.

Pianiste vu en 2013 au TCE : expérience mystique, hors norme, Chopin et Liszt réinventés, c'était diaboliquement original, très intéressant... Concert qui m'a hanté pendant plusieurs jours.
Je m'étais bien promis de retourner le voir dès que possible. Impossible pour moi en 2015 à Gaveau je crois, donc j'ai réservé pour ce concert pensant revivre une expérience formidable, surtout avec la Valse de Ravel en programme.

En 2013, j'étais dans les premiers rangs (3ème je crois). Hier soir, j'étais au 2nd balcon, tarifs obligent (135 € le carré or)... mais bien placé quand même.

Déjà, la soirée commençait mal, à cause des ouvreuses débordées, j'ai dû faire la queue, et n'ai pu m'asseoir qu'une fois le concert débuté.
Pianiste dans le noir, on ne voit jamais clairement et nettement son visage.

Mozart : je ne connaissais pas l'œuvre, sans véritable avis, si ce n'est que j'ai dû déjà regarder ma montre deux ou trois fois.

Beethoven : une Appassionata plutôt réussie, intéressante à défaut d'être passionnante.

Chopin : une ballade ratée, tellement lente qu'il a trouvé le temps de remonter son tabouret en plein morceau. Je n'y ai trouvé aucune vision d'ensemble, il joue les notes, pas toujours justes d'ailleurs, extrêmement lentement évidemment, mais sans fluidité, sans harmonie, mesure après mesure.

Liszt : correct, avec des accents très arides, violents, puissants, comme un rocher lancé depuis le balcon qui atterrirait sur le clavier. Avant lui, je n'avais jamais entendu un toucher aussi sec et cassant, et c'est peut-être ce que j'ai trouvé de plus intéressant dans la soirée !

Ravel : une Valse complètement ratée à mon sens, qui n'avait plus rien d'une valse, plus rien de mélodique, plus rien du tout. Je connais vraiment bien ce morceau, y compris la partition, je l'adore, et je ne l'ai pas reconnu, impossible de se situer dans l'œuvre tant la structure d'ensemble a disparu. C'était sans âme, sans générosité, comme une longue séance de déchiffrage laborieuse, fausses notes incluses. Glissando honteux : découpés en plusieurs parties et au ralenti qui font ressortir les accords centraux. Impossible d'applaudir après ça... J'étais furieux ! Si j'ai bien regardé ma montre, elle a dû durer entre 20 et 25 minutes, mais là n'est pas tellement le problème...

Evidemment, aucun rappel.

Beaucoup de fans dans la Salle Gaveau hier, beaucoup de "bravos" tonitruants hurlés très fort... Peut-être que je n'ai pas compris ou que je suis tombé à côté ?
J'ai l'impression qu'il devient la caricature de lui-même, complètement déconnecté du morceau et qu'il s'est enfermé là-dedans. J'étais très très loin de l'hypnose ressentie en 2013, plutôt eu l'impression de m'être fait arnaquer par un usurpateur.
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Martg
Néophyte


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Date d'inscription : 29/03/2018

MessageSujet: Re: Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018    Jeu 29 Mar 2018 - 23:04

Je confirme l’impression très étrange qui s’est dégagée dès les premières notes de la Fantaisie de Mozart, et qui s’est confirmée tout au long de la première partie. Pour avoir assisté aux deux derniers récitals de Pogorelich à Gaveau, je me réjouissais du programme alléchant et ambitieux proposé cette année. Or nous avons assisté à une prestation embarrassante qui ressemblait à un déchiffrage laborieux. Il n’y avait ni rythme ni notes ni inspiration, et toute trace de virtuosité avait disparu. La Fantaisie était calamiteuse, et les 1er et 3eme mouvements de l’Appassionnata étaient très faibles, la toute fin du dernier mouvement étant complètement hors de portée technique de Pogorelich mardi soir. J’etais accompagné de mon fils et nous sommes partis à l’entracte, cela n’avait pas de sens de rester : à l’ecoute de la première partie, il n’y avait aucune chance qu’il sorte quelque chose du défi posé par la difficulté des pièces de la seconde partie. Se posent trois questions : que s’est-il passé en un an pour que le jeu de Pogorelich se grippe ainsi ? Est-ce définitif ? (C’est malheureusement probable) Pourquoi une large partie du public applaudissait-elle une prestation aussi faible et éloignée des concerts passés et des enregistrements ? C’etait ridicule. Au total, une soirée bien sombre pour le piano.
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Rocktambule
Mélomane du dimanche


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MessageSujet: Re: Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018    Jeu 29 Mar 2018 - 23:47

Martg a écrit:
... que s’est-il passé en un an pour que le jeu de Pogorelich se grippe ainsi ? Est-ce définitif ? (C’est malheureusement probable) ...

Peut-être était-ce un mauvais soir ? Fatigué ? Pas en forme ? Grippé justement ?

Mais, je pense que j'aurais pu lui pardonner facilement les fausses notes, les approximations techniques, et même une interprétation ratée, si j'avais senti un tout petit peu d'âme, de générosité, d'engagement, de sympathie...

Au lieu de ça, tout m'a agacé, même dans son attitude corporelle : sa façon de jeter les partitions par terre après avoir joué, sa façon de traiter le tourneur de pages, même sa façon de marcher... Le pompon : le moment, avec un air malicieux, où il a replié le pupitre et claqué le couvercle du clavier, signifiant clairement qu'il ne donnerait plus rien, pas de rappel.

J'ai vu en sortant qu'il faisait une dédicace dans le hall. Ca me semble franchement incroyable venant juste après un concert aussi sec. Est-ce que quelqu'un ici y a été ?

Martg : je partage votre avis sur le programme, beaucoup trop ambitieux techniquement. Peut-être est-ce encore un symptôme de l'estime qu'il a de lui-même et de son jeu ? Vous avez bien fait de partir à l'entracte. Si vous avez souffert dans Beethoven, ç'aurait été insupportable dans Chopin et ravageur dans Ravel !
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808
Mélomaniaque


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MessageSujet: Re: Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018    Ven 11 Mai 2018 - 17:36

Vous arrivez dans la salle au deuxième étage, vous surplombez le clavier, il y a un drôle de type en bonnet et survêtement assis au piano, il a l'air de tester des trucs. Il joue sans arrêt un court passage du mouvement III de la sonate "Appassionata" de Beethoven qui est prévue au programme. Vous le reconnaissez, bon sang mais c'est lui sous le bonnet et la polaire. Il paraît qu'il fait tout le temps ça.

Plus tard, la salle (Gaveau) n'est pas complètement remplie, le revoici en frac. Saluts, brève mise au point avec le tourneur de pages : attention, la partition sera placée bien à gauche sur le pupitre, rapprochez donc votre chaise, mettez-vous là. Il paraît qu'il fait tout le temps ça. La partition de la Fantaisie n° 4 de Mozart (édition rouge Wiener Urtext, j'ai la même) est lourdement annotée en rouge et en vert. L'interprétation est lente, lente, très lente. Pensez Arrau mais en plus lent. C'est étrange. Lors de l'Allegro, la virtuosité est complètement désamorcée. En fait ça marche plutôt bien.

Suit l'Appassionata (partition grise éditions Henle), lente aussi, et ça ne marche pas vraiment bien. Vous assistez à une autopsie : voyez un peu comment est fabriquée cette musique, voyez ces gammes, ces arpèges, ces traits, tous disjoints, étalés devant vous comme des morceaux de viande. Entracte. La Ballade n° 3 de Chopin subit le même sort. On admire le toucher et la nuance toujours incroyablement subtils, mais les tempos erratiques rendent l'œuvre méconnaissable et l'écoute presque douloureuse. Suivent trois Études d'exécution transcendante de Liszt, et la transcription pour piano de la Valse de Ravel, peu lisibles, quasi grotesques dans leur pesanteur, fatigantes pour tout dire.

Ovation du public. Il n'y aura pourtant pas de rappel : au premier salut Pogorelich a rangé le tabouret sous le piano, au deuxième il a repoussé le pupitre et fermé le couvercle du clavier. Il paraît qu'il fait tout le temps ça. Fou ou génie ? Visionnaire ou star déchue ? Qui peut vraiment le savoir ? Une étrange soirée.
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MessageSujet: Re: Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018    

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Salle Gaveau - Ivo Pogorelich - 27/03/2018
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