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| Le cas Morton Feldman... | |
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Auteur | Message |
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/ Mélomane chevronné
Nombre de messages : 20537 Date d'inscription : 25/11/2012
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Ven 1 Sep 2017 - 21:54 | |
| au fait, pour ceux qui connaissent déjà tout le catalogue de Feldman, on peut aussi aller voir du côté de Barbara Monk Feldman et de Bunita Marcus. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Ven 23 Fév 2018 - 22:36 | |
| Écouté deux fois hier, complètement scotché (mais je pense que lulu n’appréciera pas du tout cette interprétation): • For Bunita Marcus (1985) pour pianoMarc-André Hamelin (piano) Monmouth, VI.2016 HyperionEt ce disque, au-delà d’une expérience d’écoute particulièrement prenante, a assez profondément renouvelé ma perception de l’œuvre. Dans les interprétations que j’avais déjà (John Tilbury - LondonHALL, 1996 - et Steffen Schleiermacher - MDG, 2009 - , excellents au demeurant), c’est la dimension conceptuelle qui est la plus évidente: expérimentation sur la perception du temps (à la fois en tant qu’expérience de la durée et de la distension extrême du rythme), et de ses effets sur la dimension «horizontale» de l’écriture (sous l’effet de cet étirement, que deviennent des notions comme l’harmonie et la mélodie?) - ce que je trouvais en soi déjà absolument fascinant comme j’ai dû en faire état un peu plus haut dans ce sujet. Cependant, dans ces deux versions, la question du son était relativement minorée: peu de recherche sur la dynamique (très homogène chez chacun, et surtout déterminée par la prise de son, proche chez Tilbury, un peu plus lointaine chez Schleiermacher) et encore moins sur les timbres et les textures (différentes d’un pianiste à l’autre, mais là aussi très homogènes chez chacun: plutôt métallique et pointillistes chez Schleiermacher; plus rondes et mates chez Tibury.) À les entendre, on a un peu l’impression que, pour Feldman, le choix du piano correspond, en quelque sorte, au choix d’un médium qu’on pourrait qualifier de neutre (sans spécifité de timbre ou de texture), une sorte de point quelconque à partir duquel seule la partition, le «texte» ferait sens (d’où la dimension conceptuelle dont je parlais.) Ce qui se défend - mais on pourrait aussi penser a contrario que ce n’est pas le cas, ne serait-ce qu’en s’appuyant sur le fait que de nombre de ses œuvre ont pour titre leur seule nomenclature instrumentale. Or, c’est ici que l’interprétation d’Hamelin prend toute sa valeur: car il déploie ici un son de «grand pianiste» (et l’on connaît l’étendue assez phénoménale de ses moyens et sa maîtrise.) Certes, c’est à l’échelle infinitésimales des nuances que peut solliciter la musique de Feldman - mais cela change tout: à travers d’infimes variations de résonances, de toucher, d’appuis, mais également d’imperceptibles gradation dynamiques (et quoique lui-même recommande, dans la notice: « this album should be listened to at a much lower level thant usual...»), il crée de véritables effets de textures et de timbres et semble ainsi convoquer tout un paysage sonore - constitué par une infinité de nuances sensorielles minuscules (au prix d’une attention soutenue.) Et cela suffit à révéler de l’œuvre des potentialités jusque là proprement inouïes: mon impression face à cette œuvre n’était plus celle d’une sorte de linéarité suspendue mais plutôt comme de se trouver sur un «chemin aux sentiers qui bifurquent» (Hamelin cite Borges dans sa note - mais La Bibliothèque de Babel) ou d’être au cœur d’une sorte de combinatoire indéterminée où le caractère raréfié des éléments ne les empêche pas d’être constamment quoique imperceptiblement en train de se recomposer. (Ce que j’écris est probablement très peu clair: la musique de Feldman est probablement une de celles dont il est le plus difficile de verbaliser la perception.) J’imagine qu’on pourra contester cette approche, lui reprocher de compromettre la radicalité de Feldman avec les façon du «beau piano»; j’imagine aussi qu’on pourra, en miroir, ne pas percevoir en quoi cette lecture est singulière tant cette singularité joue sur des composantes ténues, et juger cette musique de toute façon inaudible. Mais, telle quelle (outre une expérience sonore «immersive» assez incroyable, au casque), elle m’a réellement donné à percevoir comme une autre dimension de For Bunita Marcus. |
| | | Mandryka Mélomaniaque
Nombre de messages : 928 Date d'inscription : 03/04/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Dim 25 Fév 2018 - 10:15 | |
| J'étais tellement inspiré par votre post que j'ai écouté le disque de Hamelin.
Ma première réaction est qu'il y a moins d'aspérités dans les rhythms en comparaison avec Tilbury. Le résultat est relaxant et joli, mais pas très improvisé et pas particulièrement flexible.
J'ai un très intéressant enregistrement en live de For Bunita Marcus de John Tilbury en 2007, c'était un concert à Dublin, il est devenu mon Bunita Marcus préféré, ainsi que Markus Hinterhauser. Si vous le voulez, envoyez moi un message privé.
Je suis tenté d'acheter le disque de Feldman et Crumb de Stephen Osborne, mais jusqu'à présent j'y ai résisté! Quelqu'un le connait? c'est bon? |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Dim 25 Fév 2018 - 11:21 | |
| - Mandryka a écrit:
- Ma première réaction est qu'il y a moins d'aspérités dans les rhythms en comparaison avec Tilbury.
En effet, comme je l'ai dit, c'est une lecture très «intégrée»; donc pas d'aspérités rythmiques, en effet (mais des déplacements des appuis, une pulsation qui se modifie insensiblement.) - Mandryka a écrit:
- Le résultat est relaxant et joli,
Je ne l'ai vraiment pas ressenti comme ça. Au contraire, par moments ça m'a semblé presque angoissant ou étouffant, malgré (ou à cause de?) cette sonorité plus ronde (alors que ça ne m'est jamais arrivé avec Tilbury.) - Mandryka a écrit:
- mais pas très improvisé
Oui, mais pas non plus chez Tilbury (que je ne connais pas en live, c'est vrai) - d'ailleurs je ne suis pas sûr que Feldman ait jamais voulu que ce soit ou que ça sonne «improvisé.» - Mandryka a écrit:
- et pas particulièrement flexible.
Je n'ai vraiment pas le même ressenti (après réécoute partielle des deux.) Si je voulais «défendre» Tilbury face à Hamelin (mais de toute façon j'aime bien les deux), je crois que je dirais au contraire que je trouve dans le jeu de Tilbury une sorte de rectitude là où Hamelin me semble plus louvoyant. Hinterhauser, je ne connais que son Palais de Mari, et pas du tout Osborne, là-dedans. |
| | | Mandryka Mélomaniaque
Nombre de messages : 928 Date d'inscription : 03/04/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Dim 25 Fév 2018 - 15:08 | |
| - Benedictus a écrit:
- Mandryka a écrit:
- Ma première réaction est qu'il y a moins d'aspérités dans les rhythms en comparaison avec Tilbury.
En effet, comme je l'ai dit, c'est une lecture très «intégrée»; donc pas d'aspérités rythmiques, en effet (mais des déplacements des appuis, une pulsation qui se modifie insensiblement.)
- Mandryka a écrit:
- Le résultat est relaxant et joli,
Je ne l'ai vraiment pas ressenti comme ça. Au contraire, par moments ça m'a semblé presque angoissant ou étouffant, malgré (ou à cause de?) cette sonorité plus ronde (alors que ça ne m'est jamais arrivé avec Tilbury.)
- Mandryka a écrit:
- mais pas très improvisé
Oui, mais pas non plus chez Tilbury (que je ne connais pas en live, c'est vrai) - d'ailleurs je ne suis pas sûr que Feldman ait jamais voulu que ce soit ou que ça sonne «improvisé.»
- Mandryka a écrit:
- et pas particulièrement flexible.
Je n'ai vraiment pas le même ressenti (après réécoute partielle des deux.) Si je voulais «défendre» Tilbury face à Hamelin (mais de toute façon j'aime bien les deux), je crois que je dirais au contraire que je trouve dans le jeu de Tilbury une sorte de rectitude là où Hamelin me semble plus louvoyant.
Hinterhauser, je ne connais que son Palais de Mari, et pas du tout Osborne, là-dedans. Maintenant que je lis votre post je vois que c'est le live de Tilbury que j'aime, et que j'avais dans mon esprit quand j'ai posté, je vois que vous avez peut-être raison pour le studio. Son opinion de la musique a changé un peu entre les deux enregistrements, le dernier est plus doux est moins dur. |
| | | xoph Mélomane chevronné
Nombre de messages : 6075 Age : 66 Localisation : là Date d'inscription : 12/10/2011
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 15:19 | |
| Pour celles et ceux que les rapports de Feldman avec l'avant-garde picturale intéressent. Et pour aller plus avant dans une réflexion peinture/musique https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2017-2-page-269.htm# Musique/peinture, la tentation de l’analogieLe cas Morton FeldmanPauline NadrignyArticle qui m'a l'air tout aussi juste, dans sa façon de poser les questions, que passionnant ( et que je me promets de lire ... avec attention). |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 15:54 | |
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| | | xoph Mélomane chevronné
Nombre de messages : 6075 Age : 66 Localisation : là Date d'inscription : 12/10/2011
| | | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 16:36 | |
| Mais-euh! Les liens que tu postes sont toujours très stimulants: si je ne réagis pas, la plupart du temps, c'est que j'ai tellement de mal à entrer dans les répertoires que tu documentes le plus assidûment (tout ce qui est instrumental XVIIIᵉ, en particulier) que je ne vois pas trop comment rebondir. Et puis, promis, je n'irai plus troller les fils «Chanson française» et «Musiques du monde»... |
| | | xoph Mélomane chevronné
Nombre de messages : 6075 Age : 66 Localisation : là Date d'inscription : 12/10/2011
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 16:48 | |
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| | | Mandryka Mélomaniaque
Nombre de messages : 928 Date d'inscription : 03/04/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 17:52 | |
| En ce moment je m’intéresse plus à sa musique des années 50 et 60 qu’à ses dernières musiques, en partie parce qu'elles sont souvent plus courtes! Voilà un disque qui me pas mal plaît Et For Franz Kline sur ce-disque là (c’est bizarroïde!) Parfois je ressent des prééchos frappants de son dernier style, pour example la sonorité de On Time and the Instrumental Factor et For Samuel Beckett. (J’écoute beaucoup de Cage en ce moment - surtout les Number Pieces) |
| | | Roupoil Mélomane chevronné
Nombre de messages : 2091 Age : 43 Localisation : Pessac Date d'inscription : 22/04/2017
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 20:51 | |
| - xoph a écrit:
- Pour celles et ceux que les rapports de Feldman avec l'avant-garde picturale intéressent. Et pour aller plus avant dans une réflexion peinture/musique
https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2017-2-page-269.htm#
Musique/peinture, la tentation de l’analogie Le cas Morton Feldman Pauline Nadrigny
Article qui m'a l'air tout aussi juste, dans sa façon de poser les questions, que passionnant ( et que je me promets de lire ... avec attention). L'article est en effet très intéressant (je n'ai pas tout lu, mais j'ai parcouru les grandes lignes) et très éclairant. J'avais juste lu que Feldman était un disciple de Cage (dont, d'ailleurs, je ne comprends pas non plus du tout la musique...) mais je ne mesurais pas du tout l'importance des liens entre ces musiciens et toute l'avant-garde picturale new-yorkaise. Je suis même bien obligé d'avouer que certains des noms apparaissant dans les titres d'oeuvres de Feldman (Philip Guston par exemple) m'étaient absolument inconnus et que je pensais naïvement qu'il s'agissait plutôt de musiciens (bon, pas pour Rothko, quand même). Bref, il est clair que le contexte de la création feldmanienne m'était très étranger, ce qui n'aide sûrement pas à rentrer dans ce genre de musique. Après, je considère que, si je n'apprécie pas une musique (surtout une musique instrumentale, évidemment) sans en connaître le contexte, c'est qu'elle n'est pas faite pour moi (et même qu'une musique ne devrait pas avoir besoin de contexte pour être appréciée, mais c'est un tout autre débat, et j'imagine par ailleurs qu'il existe des amateurs de Feldman qui aiment sa musique sans avoir fait l'effort de plonger très avant dans ses liens avec d'autres domaines artistiques). |
| | | xoph Mélomane chevronné
Nombre de messages : 6075 Age : 66 Localisation : là Date d'inscription : 12/10/2011
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Lun 20 Avr 2020 - 23:16 | |
| loin de moi l'idée de vouloir (te) prouver quoi que ce soit, surtout par le biais d'un article que j'aurais lu en diagonale. Ma question initiale suite à tes réactions en playlist tendait juste à interroger si tu étais sensible à la peinture de Rothko, qui peut éclairer (ou assombrir) la perception que l'on a de Feldman, et aider à s'y ouvrir. Avec tous les travers, souvent trop hâtifs, que l'on peut supposer (et que n'élude pas cet article). Quant à moi: Rothko a toujours été important, et Feldman tend à le devenir. Les liens que l'on peut tisser de l'un à l'autre, amplifiant ce que je peux y trouver. Ensuite, chacun·e trouve ses pierres de touche et ses amplificateurs. Même si l'on peut y perdre, par cette forme d'impureté qui ne considère plus la musique "en soi" ou les émotions "ex nihilo", ce que l'on croyait être son rapport intime à une œuvre. Mais ces questions sont bien compliquées ... |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Dim 30 Mai 2021 - 1:19 | |
| • For Bunita Marcus (1985) pour pianoAki Takahashi (piano) Berlin, X.2007 ModeCette interprétation (enregistrée en 2007 mais parue seulement en février 2020) possède une évidente légitimité - Aki Takahashi était une des pianistes préférées de Feldman, associée à l’élaboration et à la composition de plusieurs de ses œuvres. (La photo de couverture la montre d’ailleurs aux côtés de Morton Feldman et de Bunita Marcus.) Mais, au-delà, c’est surtout une version assez unique par la manière de la pianiste: le jeu a quelque chose de très «perlé» (tout semble joué en détachés) mais avec quelque chose de très délicat dans le toucher, à la fois très doux (la texture a quelque chose d’un peu duveteux) et plein de nuances d’attaque: ça sonne à la fois très clair et très légèrement nébuleux (ce qu’accroît encore la prise de son un peu lointaine et réverbérée mais néanmoins précise, très typique des captations de piano au studio Teldex.) Je ne sais pas si c’est à cette qualité de présence lumineuse et un peu évanescente que pensait Feldman quand il comparait les récitals d’Aki Takahashi à des «séances de spiritisme.» Par ailleurs, je suis assez admiratif de la façon dont la pianiste parvient à conserver une tension et une persistance rythmique (extrêmement rigoureuse) dans une musique en apesanteur comme celle-ci. Grande version, qui correspond peut-être à une forme d’idéal entre suspension et continuité, aussi éloignée de l’ampleur de conception et de sonorité de Hamelin (version que j’avais adorée, mais peut-être un peu contre-intuitive) et de la sécheresse évasive de Tilbury ou de l’austérité métallique de Schleiermacher. |
| | | Stolzing Mélomaniaque
Nombre de messages : 1063 Localisation : Paris Date d'inscription : 10/05/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Jeu 2 Sep 2021 - 22:25 | |
| Quelle purge...
Le festival de Salzbourg avait choisi Feldman comme compositeur récent de l'édition 2021, avec 4 concerts :
Between Categories ; For Samuel Becket - Klangforum WIen / Pomàrico
Crippled Symmetry - Hinterhäuser, Sietzen, Wiesner
Chorus and Instruments I & II, De Kooning, Rothko Chapel - Cantando Admont, Klangforum Wien / Pomàrico
String quartet & Orchestra ; Neither - Minguet Quartett, Aristidou / ORF / Volkov
J'avais pris les 4 dans un abonnement pour avoir une idée, et puis j'étais là pendant toute la période. La curiosité n'est pas toujours récompensée, je ne me suis jamais autant barbé de ma vie, le pire étant Crippled Symmetry, 1h40 de rien par trois instruments (clavier, percussions, flûte), sans entracte, c'était à devenir enragé d'ennui. Comme me le faisait remarquer un ami également présent, c'est aussi intéressant que de regarder de la peinture sécher. Je ne suis pas mécontent d'avoir essayé, mais enfin, cette musique répétitive et invertébrée, plus jamais. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Jeu 2 Sep 2021 - 22:45 | |
| Désolé pour toi... Personnellement, à part Crippled Symmetry, ce sont des programmes auxquels j'aurais aimé avoir la chance de pouvoir assister. Je souffre probablement de clystérophilie. |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97900 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Sam 4 Sep 2021 - 2:48 | |
| - Stolzing a écrit:
- J'avais pris les 4 dans un abonnement pour avoir une idée, et puis j'étais là pendant toute la période. La curiosité n'est pas toujours récompensée, je ne me suis jamais autant barbé de ma vie, le pire étant Crippled Symmetry, 1h40 de rien par trois instruments (clavier, percussions, flûte), sans entracte, c'était à devenir enragé d'ennui. Comme me le faisait remarquer un ami également présent, c'est aussi intéressant que de regarder de la peinture sécher. Je ne suis pas mécontent d'avoir essayé, mais enfin, cette musique répétitive et invertébrée, plus jamais.
Ce n'est pas forcément conçu pour être écouté attentivement : par exemple pour son Quatuor n°2 (4-5h de musique), les dispositifs de concert peuvent permettre de sortir fumer, de lire, de s'allonger, etc. Je crois que vu l'aspect très répétitif et particulièrement peu discursif de sa musique, il ne faut pas s'astreindre à la suivre trop précisément, mais plutôt s'en imprégner vaguement en faisant autre chose. (Je précise que j'aime beaucoup la majorité de la production de Feldman… Mais en effet, je n'ai pas nécessairement d'être assis à écouter ses œuvres longues !) |
| | | Mandryka Mélomaniaque
Nombre de messages : 928 Date d'inscription : 03/04/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Sam 4 Sep 2021 - 15:53 | |
| - DavidLeMarrec a écrit:
- Stolzing a écrit:
- J'avais pris les 4 dans un abonnement pour avoir une idée, et puis j'étais là pendant toute la période. La curiosité n'est pas toujours récompensée, je ne me suis jamais autant barbé de ma vie, le pire étant Crippled Symmetry, 1h40 de rien par trois instruments (clavier, percussions, flûte), sans entracte, c'était à devenir enragé d'ennui. Comme me le faisait remarquer un ami également présent, c'est aussi intéressant que de regarder de la peinture sécher. Je ne suis pas mécontent d'avoir essayé, mais enfin, cette musique répétitive et invertébrée, plus jamais.
Ce n'est pas forcément conçu pour être écouté attentivement : par exemple pour son Quatuor n°2 (4-5h de musique), les dispositifs de concert peuvent permettre de sortir fumer, de lire, de s'allonger, etc. Ça serait de la cruauté envers les musiciens. Imaginons que vous devez jouer du violon pendant cinq heures devant un public qui lit, qui fume, qui dort. |
| | | Mandryka Mélomaniaque
Nombre de messages : 928 Date d'inscription : 03/04/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Sam 4 Sep 2021 - 15:55 | |
| - Stolzing a écrit:
- Quelle purge...
Le festival de Salzbourg avait choisi Feldman comme compositeur récent de l'édition 2021, avec 4 concerts :
Between Categories ; For Samuel Becket - Klangforum WIen / Pomàrico
Crippled Symmetry - Hinterhäuser, Sietzen, Wiesner
Chorus and Instruments I & II, De Kooning, Rothko Chapel - Cantando Admont, Klangforum Wien / Pomàrico
String quartet & Orchestra ; Neither - Minguet Quartett, Aristidou / ORF / Volkov
J'avais pris les 4 dans un abonnement pour avoir une idée, et puis j'étais là pendant toute la période. La curiosité n'est pas toujours récompensée, je ne me suis jamais autant barbé de ma vie, le pire étant Crippled Symmetry, 1h40 de rien par trois instruments (clavier, percussions, flûte), sans entracte, c'était à devenir enragé d'ennui. Comme me le faisait remarquer un ami également présent, c'est aussi intéressant que de regarder de la peinture sécher. Je ne suis pas mécontent d'avoir essayé, mais enfin, cette musique répétitive et invertébrée, plus jamais. À mon avis, For Samuel Becket est inécoutable. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Sam 4 Sep 2021 - 16:11 | |
| - Mandryka a écrit:
- À mon avis, For Samuel Becket est inécoutable.
Pourquoi? |
| | | Mandryka Mélomaniaque
Nombre de messages : 928 Date d'inscription : 03/04/2010
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Sam 4 Sep 2021 - 16:23 | |
| - Benedictus a écrit:
- Mandryka a écrit:
- À mon avis, For Samuel Becket est inécoutable.
Pourquoi? C'est lourd, laid, discordant, il n'y a pas de relief, et étant donné la pauvreté d'idées, c'est trop long. |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97900 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Sam 4 Sep 2021 - 17:10 | |
| - Mandryka a écrit:
- DavidLeMarrec a écrit:
- Stolzing a écrit:
- J'avais pris les 4 dans un abonnement pour avoir une idée, et puis j'étais là pendant toute la période. La curiosité n'est pas toujours récompensée, je ne me suis jamais autant barbé de ma vie, le pire étant Crippled Symmetry, 1h40 de rien par trois instruments (clavier, percussions, flûte), sans entracte, c'était à devenir enragé d'ennui. Comme me le faisait remarquer un ami également présent, c'est aussi intéressant que de regarder de la peinture sécher. Je ne suis pas mécontent d'avoir essayé, mais enfin, cette musique répétitive et invertébrée, plus jamais.
Ce n'est pas forcément conçu pour être écouté attentivement : par exemple pour son Quatuor n°2 (4-5h de musique), les dispositifs de concert peuvent permettre de sortir fumer, de lire, de s'allonger, etc. Ça serait de la cruauté envers les musiciens. Imaginons que vous devez jouer du violon pendant cinq heures devant un public qui lit, qui fume, qui dort. Les musiciens ne s'abusent pas, j'espère, sur l'attention réelle du public, la façon dont le cerveau peut vagabonder, etc. Quand on joue des études de Liszt ou l'Art de la Fugue, je conçois qu'on trouve ça dommage, mais pour une musique aussi étale, ça paraît conforme à la dynamique. Ce n'est même pas une question de musique de fond, juste qu'il est compliqué de survivre à autant de durée et de répétition. Les artistes aussi répètent beaucoup les mêmes cellules, doivent être au bout d'un moment sur une sorte de pilote automatique. (En tout cas ça me fait ça quand je joue du Feldman : je finis très vite par improviser sur la grille d'accords proposée. ) |
| | | gluckhand Mélomane chevronné
Nombre de messages : 4967 Localisation : Amiens Date d'inscription : 15/07/2013
| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... Dim 9 Jan 2022 - 21:14 | |
| Pour Lulu https://www.youtube.com//results?search_query=Morton+Feldman+Dances |
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| Sujet: Re: Le cas Morton Feldman... | |
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| | | | Le cas Morton Feldman... | |
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