Autour de la musique classique

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 Camille Erlanger (1863-1919)

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T-A-M de Glédel
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MessageSujet: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptySam 9 Mai 2009 - 19:39

J'ai vu ce nom aussi ce matin (j'ai pris quelques notes!!) à Garnier : Erlanger plutôt bien servi puisque j'en ai vu 3 volumes seulement sur la partie basse de la bibliothèque.

Je croyais à un allemand quand j'ai vu le nom mais non.
Encore un Français à l'époque des Fauré, D'Indy, Saint-Saens, Debussy...

Élève de Delibes, ancien prix de Rome, c'est apparemment un auteur de quelques opéras qui semblent avoir eu un peu de succès.

Quelqu'un connaît-il?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptySam 9 Mai 2009 - 20:25

Bien, quand je passe sur Paris, je te fais signe, on se fait un casse. [Il y a des pianos en prison ?]

Il n'existe quasiment rien d'Erlanger : un air par Alessandro Bonci, un air par Amedeo Bassi (traduction en italien bien entendu). Une pièce pour trompette et piano dans un récital publié par Capriccio. Bien sûr Fedia par Victor Maurel (qui a aussi enregistré la Mandolinata de Paladilhe dont nous parlait Machinade). Et ça s'arrête à peu près là.

En revanche, j'ai eu le bonheur qu'une dame généreuse me lègue tout le corpus d'une accompagnatrice de ses ancêtres, de la première moitié du vingtième. Quasiment pas de Debussy, pas de Ravel ni de Cras, une mélodie de Roussel, une mélodie religieuse de Caplet, un peu de Franck, mais beaucoup de Fauré et Hahn, un peu de Chausson, quantité de choses du genre J.-B. Faure-Godard-Dubois-Hüe, et un tombereau d'inconnus qui écrivent des bluettes pas toujours inintéressantes. J'ai même un hymne patriotique vichyste, plutôt bien fait (et, ce qu'il y a d'étonnant, c'est que les paroles sonnent extrêmement républicaines...).
Je peux chercher si je n'ai pas du Erlanger, c'est fort possible. En tout cas, lorsque j'ai dépioté tout cela, ça ne m'a pas attiré l'oeil comme quelque chose d'intéressant (j'ai fait mon tri...).

Côté opéras, il a collaboré avec le grattin de l'époque (Cain, Mendès...), et adapté de grands sujets : Saint Julien de Flaubert, son premier opéra ; la Sorcière d'après Sardou ; et même Faublas d'après Louvet de Coubray ! Il s'est surtout partagé entre l'Opéra et l'Opéra-Comique (les salles), mais à la fin de sa carrière, il a aussi versé dans la musique de scène pour des théâtres plus confidentiels.
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Mehdi Okr
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 10 Mai 2009 - 9:34

Camille Erlanger a eu son heure de gloire, mais il a été depuis bien oublié. On trouve quand même trace de pas mal de ses mélodies et j'ai quelques pièces pour piano de lui, bien écrites sans être remarquables pour autant.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 10 Mai 2009 - 9:52

Trace de mélodies, tu veux dire en disque ou en partitions ?
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Mehdi Okr
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 10 Mai 2009 - 9:58

En partition, bien sûr. Je ne crois pas qu'il doive y avoir d'enregistrements récents, sauf isolément peut-être dans un ou deux CD que je n'ai pas en tête qui avaient exploré le répertoire de la liste B. En revanche, je pense qu'il a dû exister des enregistrements dans les trente premières années du siècle dernier.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 10 Mai 2009 - 10:07

machinade a écrit:
la liste B.
La référence est peut-être un peu fine, il faudrait préciser pour les lecteurs de passage. Smile

Oui, j'ai cité quelques exemples, mais c'est peu de chose, même chez les Anciens, par rapport à Paladilhe ou Dubois.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptySam 22 Oct 2022 - 9:26

En déchiffrage cette semaine sur un quart de queue Bechstein à disposition bounce :

Saint-Julien l’Hospitalier, acte I (la moitié).

Ce début en fa dièse majeur est particulièrement exigeant en lecture et en doigts, qui étonnent face au langage pas si extrême d'Erlanger. En tout cas, écriture plutôt traditionnelle mais qui ne se laisse jamais prévoir, ménageant de belles variations personnelles aux enchaînements attendus.

Surpris par la densité musicale et la recherche harmonique d’un compositeur réputé pour être une sorte de compositeur d‘opéra ordinaire en son temps. Comparable à la pensée de Salvayre et Gunsbourg (en un peu plus complexe !), plutôt qu’à la sobriété de Paladilhe.
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stéphanePinson
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyVen 27 Jan 2023 - 8:52

Erlanger était reconnu pour l'orchestration de ses opéras, souvent assez originale (il y a sur YouTube des extraits d'Aphrodite, et l'orchestration du début du 2ème acte présente des effets plutôt interessants. Idem pour la chanson de Myrto et Rhodis au premier acte ou la scène de l'orgie du même opéra)

On lui a reproché son manque d'inspiration mélodique dans certains passages de ses opéras, où il mettait en place un système de cellule musicale harmoniquement complexes parfois répétées à l'identiques, réorchestrées ou transposées (par exemple, on retrouve ça dans le 4ème acte du Fils de l'étoile, dont on trouve une reconstitution sur Youtube)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyVen 27 Jan 2023 - 13:03

stéphanePinson a écrit:
Erlanger était reconnu pour l'orchestration de ses opéras, souvent assez originale (il y a sur YouTube des extraits d'Aphrodite, et l'orchestration du début du 2ème acte présente des effets plutôt interessants. Idem pour la chanson de Myrto et Rhodis au premier acte ou la scène de l'orgie du même opéra)

On lui a reproché son manque d'inspiration mélodique dans certains passages de ses opéras, où il mettait en place un système de cellule musicale harmoniquement complexes parfois répétées à l'identiques, réorchestrées ou transposées (par exemple, on retrouve ça dans le 4ème acte du Fils de l'étoile, dont on trouve une reconstitution sur Youtube)

Voilà qui rend curieux ! Je n'ai pas encore exploré son corpus, donc je ne me rends pas compte du tout.
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stéphanePinson
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MessageSujet: Le fils de l'étoile - Acte 1   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyMer 8 Mar 2023 - 10:56

J'ai lu le premier acte du Fils de l'étoile et je vous en propose une petite analyse de la première scène, qui présente les enjeux de l'hisoire (je me base sur la partition chant-piano, à laquelle je ferai référence, et sur l'analyse faite dans le journal Angers-artiste, parue dans les années qui ont suivies la création de l'opéra).

-> Introduction : L'orchestre attaque pianissimo dans des sonorités assez sombres. Cette introduction expose 4 motifs conducteurs de l'oeuvre : celui des "Faux Dieux" (hautbois, page 1), celui de la "Séduction" (violons, page 2) immédiatement suivi par le thème de la "Magie" (alti). Le motif des "imprécatrices" est exposé pour la première fois par les trombones et le tuba au début de la page 4. Le rideau s'ouvre sur une variation du thème des "Faux Dieux" page 5 et dévoile le décor suivant : L'immense ruine du temple de Jérusalem, accrochée au flanc de la montagne, la nuit. La ruine est parcourue par les imprécatrices, figures fantomatiques aux traits de vielles femmes qui vont nous exposer les enjeux de l'histoire dans la scène suivante.

-> Scène 1 première partie - Ronde des imprécatrices.
Le premier numéro vocal de l'opéra est un choeur féminin auquel participent 2 des rôles principaux, Beltis (allégorie des illusions, Soprano) et Lilith (allégorie de la volupté, Contralto).
Le motif des "imprécatrices" est entonné en Do mineur par le choeur (page 6). Les imprécatrices sont ensuites divisées en petits groupes et invoquent, sur une reprise du thème des "faux Dieux", les démons qui doivent les aider à anéantir la foi d'Israël (page 10, page 16). A la page 20, l'invocation est reprise sous une forme variée qui a été décrite comme ayant un "considérable effet" (je ne m'y connais pas beaucoup en chant choral, mais en voyant le choeur féminin découpé en 4 parties, je me dis que ça a dû être assez difficile à mettre en place sur scène... par contre ça a dû envoyer !). Cette petite culmination est suivie par une reprise fortissimo du motif des imprécatrices, cette fois chanté en Mi bémol mineur.

-> Scène 1 deuxième partie - Exposition des enjeux de l'histoire
Dans cette partie s'établit un dialogue entre le choeur divisé, Lilith et Beltis, qui vont nous présenter les différents personnages accompagnés de leurs motifs musicaux.
Page 24, Beltis et Lilith célèbrent la ruine du temple et leur victoire sur le peuple de Jérusalem. Le motif du "temple", large et austère, est exposé page 25 par le quatuor en double cordes. En fin de page, c'est celui des "Fils d'Hiram" (au caractère assez curieux) qui est exposé : les imprécatrices craignent que les fils du bâtisseur Hiram reconstruisent le temple.
Un autre groupe d'imprécatrices s'inquiètent de la venue du prophète guerrier Bar-Kokéba : le thème du "Sauveur promis" est exposé page 27 par les flûtes et le quatuor en sourdine, sur un accompagnement de violoncelles et de harpes...

Qu'importe, les fils d'Hiram sont morts depuis longtemps, et les astres d'Israëls sont éteins ! La menace provient du Grand-prêtre Akiba, dont l'inébranlable foi fait barrage à la victoire écrasante des imprécatrices. Le motif de la "Foi" est exposé par les bassons et le saxophone page 29.
Le problème avec Akiba, c'est qu'il continue de prophétiser la venue de Bar-Kokéba : quand le lys fleurira parmi la ruine du temple, le dernier astre s'alumera dans le ciel et le fils de l'étoile Bar-Kokéba descendra sur Terre pour rendre la gloire à Israël. Le thème du prophète guerrier, scandé par les trompettes et les cors, est exposé dans la 2ème moitié de la page 30.

Lilith rassure les imprécatrices : si le prophète descend sur Terre, elle le perdra par la volupté. A la page 32, on note une importante mutation du motif de la "volupté" : il est cette fois plus mélodique lorsque les cors et les violoncelles accompagnent la description faite par Lilith de la ville de Magdala, où des courtisanes attendent la venue du prophète. Cette évocation est précédée du court motif du "rire de Lilith" (3 mesures à la fin de la page 31).
Beltis participera également à la perte du peuple d'Israël, en perdant les héros dans le monde de l'illusion. Après le motif du "rire de Beltis", c'est le motif des "préstiges" qui est exposé à fin de la page 33. Son orchestration a retenu l'attention du chroniqueur : Le thème est joué par l'harmonie et le quaturo en pizzicatti, sur un accompagnement de cymbale en syncope. L'effet doit être assez similaire à celui qu'on retrouve dans le prélude du deuxième acte d'Aphrodite (opéra sur lequel Erlanger a travaillé en même temps que le Fils de l'étoile. Cet extrait est disponible sur YouTube).
Beltis perdra le héros dans les prestiges, et il ne pourra plus discerner la réalité de l'illusion.
Le thème des prestiges est mêlé à celui de la "puissance romaine", ce qui prendra son importance à la fin de l'acte 2 et surtout pendant le ballet de l'acte 3 (dans cet opéra, le ballet est indispensable pour comprendre le déroulement de l'histoire).

Après une transition par le thème de la "magie" et celui des "faux Dieux", la scène se conclut par une reprise triomphale fortissimo du thème des "imprécatrices" mêlé au thème des "faux Dieux" (page 36) qui a dû avoir un effet énorme en salle. La ronde s'interromp quand la lumière de la lune perce à travers les nuages : la fille du grand-prêtre, Séphora, vient prier la floraison du lys dans la ruine. L'entrée de Séphora offre un très beau constrate avec le déchaînement de la ronde des imprécatrices (mais ça appartient à la scène 2, donc je m'arrete là).


Je trouve cette scène d'introduction très réussie car les thèmes exposés sont efficaces et suffisamment variés pour que ça ne soit pas ennuyeux (de mon point de vue en tout cas). Je trouve aussi qu'il y a des enchaînements d'harmonies assez interessants, et qu'avoir ça chanté par un choeur de heut niveau doit être assez percutant.
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyMer 8 Mar 2023 - 12:26

stéphanePinson a écrit:
Dans cette partie s'établit un dialogue entre le choeur divisé, Lilith et Beltis, qui vont nous présenter les différents personnages accompagnés de leurs motifs musicaux.
Citation :
Je trouve cette scène d'introduction très réussie car les thèmes exposés sont efficaces et suffisamment variés pour que ça ne soit pas ennuyeux (de mon point de vue en tout cas). Je trouve aussi qu'il y a des enchaînements d'harmonies assez interessants, et qu'avoir ça chanté par un choeur de heut niveau doit être assez percutant.

Ça donne vraiment envie en effet, merci d'avoir partagé ! Ça correspond au peu que j'ai lu d'Erlanger, ça n'a l'air de rien à l'écoute (postromantisme bien fait), mais c'est assez complexe en lecture, et vraiment richement construit.

Avec des aspérités, des angles qui ne sont pas si fréquents dans la littérature musicale française d'alors (où c'est plutôt, même chez les plus audacieux, la rondeur debussyste qui prévaut).
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stéphanePinson
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 5 Nov 2023 - 0:14

Il est possible de voir sur YouTube une retransmission de L'aube rouge produit pour le festival de Wexford de cette année, avec Andreea Soare et Andrew Morstein dans les rôles titres, orchestre sous la direction de Guillaume Tourniaire.

C'est l'un des opéras d'Erlanger qui m'a le moins convaincu (par rapport à Aphrodite et Saint-Julien dont il existe des enregistrements, ou par rapport à la lecture des partitions du Fils de l'étoile et de La sorcière... je n'ai pas trop ouvert les partitions de Kermaria et du Juif polonais, et je ne trouve pas celles de Bacchus triomphant et de Forfaiture).

Ca ne m'a pas empêché d'apprécier l'oeuvre, avec quand même de belles pages (Le duo Serge-Olga dans l'acte 1, la chanson d'Olga dans l'acte 3 pour n'en citer que quelques unes)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 5 Nov 2023 - 0:27

Bonjour Stéphane, ça faisait un moment ! Very Happy

Soare a vécu une partie de sa formation en France, mais la diction a toujours été particulièrement lâche, et les distributions Wexford en général ne brillent pas par leur soin linguistique, quelle que soit la langue… Ça a peut-être un impact sur le résultat.

Quelles sont les versions « disponibles » des autres opéras d'Erlanger ? (Je mets des guillemets parce qu'il n'existe, je crois bien, aucun disque.)
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 5 Nov 2023 - 12:09

Oui, la distribution de l'Aube rouge était loin d'avoir un français idiomatique, mais ils ont servi la partition au mieux. Ce qui me fait dire que cette partition me plait moins que ses autres opéras, c'est le procédé de répétition motivique qu'utilise Erlanger, des cellules de quelques mesures que l'auteur répète à l'identique de nombreuses fois, quelques fois en les transposant... c'est particulièrement visible dans l'Aube rouge alors que c'est plus discret dans Aphrodite ou Saint Julien. On peut reprocher la même chose au Fils de l'étoile, mais je trouve les motifs plus inspirés. Du point de vue de l'orchestration, moins rutilante que dans Aphrodite, mais ça n'aurait pas collé avec l'ambiance de l'oeuvre. (après, je suis aussi plus attiré par les sujet antiques ou médiévaux, ça doit également jouer pas mal sur mon ressenti).
Il n'en reste pas moins que la musique est efficace, je ne me suis pas du tout ennuyé lors de la représentation.

Concernant la discographie, il existe un enregistrement d'Aphrodite :
Aphrodite : Berthe Monmart
Myrtho : Mireille Gitton
Rhodis : Freda Betti
Bacchis : Geneviève Serres
Démétrios : Jacques Bouet
Timon : Charles Cambon
Choeur et Orchestre de la RTF, direction Tony Aubin, 1953

Et 3 de Saint Julien :
1949, dirigé par Eugène Bigot avec Renée Mazella, Hélène Bouvier, Raymond Berthaud, Louis Noguéra et Lucien Lovano
1954, dirigé par Tony Aubin avec Nadine Sautereau, Christiane Cloëz, Jean Giraudeau, Pierre Germain et Lucien Lovano (seule version commercialisée)
1963, dirigé par Pierre-Michel le Conte, avec Micheline Grancher, Solange Michel, Jean Mollien, Bernard Demigny et Jacques Mars.

Une représentation de La sorcière va être donnée le 12 décembre à Genève, dirigée par Guillaume Tourniaire avec la participation de Jean-François Borras, Lionel Lhote, Marc Barrar et Joyce El-Khoury (quelle distribution  Shocked ), et qui devrait donner lieu à un enregistrement (dans la même démarche que l'Ascanio de Saint-Saëns).
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyMer 8 Nov 2023 - 12:54

Merci beaucoup pour ce point ! Je n'ai rien du tout en flux, je n'ai pas le souvenir d'avoir trouvé grand'chose sur YT, et mes sources parmi les collectionneurs se sont taries… Il va falloir me mettre en quête.

Je n'ai lu qu'un peu de Saint Julien jusqu'ici : je trouve le rapport qualité-prix un peu élevé chez Erlanger (plus difficile à jouer que Salvayre ou Gunsbourg, sans être nécessairement plus inspiré). Mais à présent que j'ai bien avancé dans le corpus des opéras français du temps, je vais finir par m'y mettre !
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyMer 8 Nov 2023 - 18:54

Il y a sur Youtube des extraits des 2 enregistrements les plus récents de Saint Julien, presqu'une heure d'extraits d'Aphrodite et des reconstitutions numériques du Fils de l'étoile et de La sorcière.
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 26 Nov 2023 - 11:45

J'ai donc essayé Saint Julien et Aphrodite… je n'ai pas été bouleversé, on entend assez mal l'orchestre évidemment, et ça fait disparaître bon nombre de trouvailles que j'avais pu lire, sans compensation mélodique (qui n'est vraiment pas le fort d'Erlanger). J'attends donc une exécution plus complète sur tous les paramètres pour être convaincu. (Pour l'instant ça me paraît toujours en deçà de Salvayre et Fourdrain, et encore plus de Gunsbourg…)
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyJeu 28 Déc 2023 - 18:43

Par un hasard un peu miraculeux j’ai pu assister à la représentation genevoise de La sorcière du 12 décembre… j’ai adoré. J’en profite donc pour faire un résumé de mes impressions.

Erlanger a été bien plus inspiré par ce livret et ce sujet qu’il ne l’a été par celui de l’Aube rouge : l’œuvre est bien dimensionnée et ne souffre presque d’aucun temps mort (sauf peut-être les duo entre Enrique et Zoraya du 1er et 2ème acte, qui s’éternisent un peu). Le livret est vraiment efficace.

L’orchestration est rutilante comme dans Aphrodite, avec un instrumentarium vaste (bois par 3, 2 harpes, guitares, mandolines, célesta, xylophone, fouet, grand tam-tam, cloches tubulaires, enclume, tambourin) qui donne à certaines pages un effet marquant, parmi lesquelles on peut citer :
- La violente introduction de l’acte 1
- Le prélude de l’acte 2, qui rend bien l’atmosphère voilée et mystérieuse de la maison de Zoraya par l’usage du cor anglais, du quatuor, du célesta et des percussions pianissimo. Cette page fait grand contraste avec celle qui suit, où l’on entend par le jeu des harpes, du célesta et des cloches tubulaires les cloches de la ville de Tolède dans le matin.
- Encore à l’acte 2, le chœur des miséreux qui viennent chercher de l’aide chez Zoraya, introduit par des pizzicati et des motifs sinueux de bois dans un effet assez similaire à celui de l’entrée de Chimairis dans l’acte 1 d’Aphrodite.
- Au 2ème acte toujours, l’entrée de Dona Joana sur fond de guitares, c’était plutôt inattendu.
- L’introduction du 3ème acte, qui comporte une belle parenthèse de musique sur scène avec flûte, harpe et célesta au milieu d’une page rythmée par les trompètes et le tambourin.
- Au 1er tableau du 4ème acte, le récit d’Afrida, qui raconte les orgies du sabbat. C’est la page qui m’a le plus marqué dans l’opéra, pour plusieurs raisons : l’atmosphère un peu malaisante qui devient de plus en plus sauvage au fur-et-à mesure de l’intervention d’Afrida, les alternances entre des parties scherzando accompagnées par les pizzicati, le célesta et le xylophone avec les violentes itérations du motif du sabbat par de grands tutti d’orchestre. Par la prestation de Marie-Eve Munger, qui a donné énormément de relief à ce court passage dans l’opéra.

On compte aussi des pages avec une belle inspiration lyrique, comme par exemple :
- L’entrée de Zoraya au 1er acte
- Le début du duo Enrique/Zoraya et l’arioso d’Enrique au deuxième acte (sur la musique de l’entrée de Zoraya au premier)
- L’évocation de l’Afrique par Zoraya, vers la fin du duo Enrique/Zoraya du 3ème acte. C’est une page que j’ai trouvée vraiment belle.
- Le récit de Manuela dans le premier tableau du 4ème acte.

D’une manière générale, on est loin de la juxtaposition un peu systématique et voyante de cellules motiviques comme on trouve dans Le fils de l’étoile et L’aube rouge, et l’ensemble est plus fluide et coulé.

Les chanteurs ont très bien tenu leurs rôles dans l’ensemble (Magnifique Zoraya d’Andreea Soare qui a dû reprendre ce rôle écrasant avec peu de temps pour se préparer. Très lyrique Jean-François Borras, qui nous a donné un bel Enrique, même si sa voix était parfois perdue dans l’orchestre… mais bon, avec un tel orchestre sur le même plan que les chanteurs… Lionel Lhote très bien dans le rôle du sadique cardinal Ximénès. Alexandre Duhamel sortait de maladie et a bien tenu le rôle de Padilla, le gouverneur de Tolède. Marie-Eve Munger a donné beaucoup de relief au presonnage d’Afrida. La pléthore d’autres rôles a été bien servie). L’orchestre et les chœurs, sous la direction de Guillaume Tourniaire, ont donné une belle lecture pleine de relief de cette vaste partition.

Bref, j’ai passé un très bon moment et c’est dans le catalogue d’Erlanger l’œuvre que je préfère pour le moment. Je suis bien content que ça ait été enregistré (ça paraitra au disque l’an prochain).

Je vais aussi aller faire un petit tour du côté de Salvayre et Gunsbourg, pour me faire un avis.
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MessageSujet: Re: Camille Erlanger (1863-1919)   Camille Erlanger (1863-1919) EmptyDim 7 Jan 2024 - 20:31

Oh là là, je n'avais pas vu passer l'information !! Merci Stéphane. Grande nouvelle que cet enregistrement moderne !
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