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 Festival Verdi de Parme

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Siegmund
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 16:43

Merci !

Effectivement, ce devaient être de super soirées !

Visuellement, heureusement que les caméras bougent, parce que c'est quand même de la direction d'acteurs old school : on te pose dans un coin, on te donne éventuellement l'émotion générale, et on ne te dérange plus jusqu'à la fin de la scène. hehe

J'aime beaucoup en particulier Virginia Tola — l'aigu n'est pas totalement assuré, et cela risque de lui jouer vite des tours au train où vont les carrières aujourd'hui, mais en l'état, j'admire beaucoup ce médium et ce grave très directs, assez ouverts, qui sont quand même une des difficultés majeures du rôle. Les plus grandes s'y sont quand même cassé les dents (Tebaldi poitrinait ça, pas trop mal d'ailleurs, mais Price et Arroyo, voire Freni, étaient carrément aux abonnés absents).

Roberto De Candia n'a pas vieilli d'un pouce depuis son Prodescimo avec Chailly… Very Happy c'est étonnant, je l'avais entendu dans un soir où il semblait assez élimé, mais manifestement, méforme passagère. Son Melitone déborde de suc et de générosité, un grand titulaire.

Plaisir aussi de retrouver Roberto Aronica : considérant là aussi la difficulté entre le médium barytonnant et les aigus filés de son grand air, il s'en tire très bien. Ça vibre un peu, mais l'émission est toujours parfaitement assurée sur toute la tessiture. Là aussi, de plus renommés n'ont pas traversé ces écueils sans dommage. Néanmoins, ce n'est pas là où son timbre s'épanouit le mieux, ça reste un brin blanchâtre.

Pour Michele Pertusi, je suis partagé : d'un côté je trouve qu'il couvre exagérément (il faut dire que sa voix n'est pas, intrinsèquement, celle de la grande basse noble), et que ça manque de contrastes dynamiques (comme s'il était bloqué à fond pour essayer de faire du son) ; de l'autre la voix est quand même très belle et le legato absolument parfait dans les grandes lignes. [Ce n'est peut-être pas idéal, mais on n'en entend pas tous les jours d'aussi bien chantés.]

Et j'ai un petit problème avec Luca Salsi : ce garçon a un naturel épatant, et fait tout bien… sauf que le geste vocal reste un peu trop dans la gorge au lieu d'aller vers l'avant. Et ça change tout : il veut sonner façon Bastianini, et il pourrait, mais l'aigu est bouché et difficile à cause de ça, et les effets expressifs (assez réussis) restent un peu gourds. Ça tiendrait à trois fois rien, juste une petite masterclass avec Freni et hop !

En tout cas, tout ça mis bout à bout, c'est plutôt un sans faute… encore une très belle production de Parme !
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 17:00

DavidLeMarrec a écrit:
Ça tiendrait à trois fois rien, juste une petite masterclass avec Freni et hop !
hehe

Citation :
En tout cas, tout ça mis bout à bout, c'est plutôt un sans faute… encore une très belle production de Parme !
Je dois dire que le peu regardé, c'est quand même très sombre.
Après j'y retrouve bien ce qui me plait chez Poda dans le style et la beauté des décors/costumes/lumières...
Peut-être que je tenterai en entier un de ces jours! Very Happy
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 17:13

Salsi a été remplacé lors de la générale car souffrant et cela s'entendait encore le soir de la 1ère; il reconnaissait d'ailleurs avec beaucoup d'honnêteté après le concert qu'il aurait pu faire bien mieux. C'est rare d'être aussi lucide.

Pertusi : En 2008 il n'envisageait pas du tout de prendre ce rôle qu'il trouvait trop grave pour lui; c'est pourquoi j'ai été médusée de le voir dans le cast. Et d'ailleurs après la générale il m'a avoué qu'il n'avait pas été complètement à l'aise -un rhume?- à cause d'une petite gêne  (ce sont des choses qu'on garde pour soi en général). Je l'ai cependant trouvé en meilleure forme le soir de la 1ère.

Tola : En effet quelques soucis dans les aigus de l'air d'entrée (que je n'ai pas mis car pas trouvé sur TonTube) mais globalement une très belle performance pour une prise de rôle. Ceci dit ce genre de rôle n'est pas forcément à multiplier dans les années à venir.

De Candia : quel dommage surtout que Poda n'ait pas mieux utilisé son potentiel. C'est un excellent comédien qui aurait pu faire s'écrouler de rire la salle s'il n'était bridé par la mise en scène.

Aronica : Une performance digne des meilleurs en effet et pourtant j'ai été étonnée de voir que le public était partagé alors qu'il était excellent.

Pour terminer même si je rends grâce à TV Parma de retransmettre chaque 1ère de chaque opéra que ce soit lors du festival ou lors de la saison, rien ne vaut d'être dans la salle si l'on en a les moyens.


Dernière édition par calbo le Ven 31 Oct 2014 - 17:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 17:16

Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Ça tiendrait à trois fois rien, juste une petite masterclass avec Freni et hop !
hehe

Citation :
En tout cas, tout ça mis bout à bout, c'est plutôt un sans faute… encore une très belle production de Parme !
Je dois dire que le peu regardé, c'est quand même très sombre.
Après j'y retrouve bien ce qui me plait chez Poda dans le style et la beauté des décors/costumes/lumières...
Peut-être que je tenterai en entier un de ces jours! Very Happy

Pertusi s'en est plaint devant moi et le peu que j'ai parlé avec De Candia il n' m'a pas semblé très enthousiaste non plus. Quant aux gens du public ils étaient encore plus sévères que moi qui n'est pas été tendre avec Poda
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 17:21

calbo a écrit:
Pertusi s'en est plaint devant moi et le peu que j'ai parlé avec De Candia il n' m'a pas semblé très enthousiaste non plus. Quant aux gens du public ils étaient encore plus sévères que moi qui n'est pas été tendre avec Poda

Ah mais ça après c'est Poda... enfin il me semble... un parti pris très fort dans la mise en scène, une ethétique léchée presque à l'excès... mais quelque chose de superbe. Sa Thaïs à Turin par exemple est splendide, presque envoutante tant on est emporté par ces mouvements chorégraphiques, ces arrivées lentes et précises... quelque chose de vraiment étrange mais que j'ai trouvé splendide.

Après c'est sûr que ça n'aide pas forcément pour le drame. ça pose plutôt une ambiance et des images fortes qu'une vraie vie théâtrale...

Mais ce Thaïs en DVD est vraiment splendide (car en plus on a Noseda à la baguette et Frittoli en Thaïs!! Very Happy)
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 17:27

Tu n'es pas le premier à en parler Wink . Dès que j'en aurai l'occasion j'irai y faire un tour Smile
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:34

J'ai jeté un oeil sur Thaïs (merci TonTube d'ailleurs). Si les lumières sont "mieux léchées" que celles de Forza, on y retrouve les mêmes poncifs :

- mimes omni présents

- statisme des personnages

- entrées et sorties lentissimes

Alors oui c'est beaucoup plus clair que Forza mais visiblement plus ennuyeux (peut-être est ce aussi dû au livret)
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:37

calbo a écrit:
J'ai jeté un oeil sur Thaïs (merci TonTube d'ailleurs). Si les lumières sont "mieux léchées" que celles de Forza, on y retrouve les mêmes poncifs :

- mimes omni présents

- statisme des personnages

- entrées et sorties lentissimes

Alors oui c'est beaucoup plus clair que Forza mais visiblement plus ennuyeux (peut-être est ce aussi dû au livret)

Ennuyeux??? Shocked Le livret aussi???
Ah non, c'est je trouve superbe, très lent mais toujours en mouvement, avec de superbes éclairages, des costumes qui construisent des silhouettes caractéristiques, des ballets très bien réglés... et le livret n'a vraiment rien d'ennuyeux. Bien sûr on a pas les duos à répétitions de la Forza (j'adore, mais c'est quand même pas très discret en effets la Forza!) et plus de finesse dans les personnages et leur évolution.
Regarde la mise en scène du MET et là tu trouveras du ennuyeux et moche (malgré la superbe présence de Fleming!)
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:41

Il faudra que je regarde plus attentivement mais ça sera pour décembre (entre noël et le nouvel an) voire janvier car j'ai des concerts à peu près tous les deux ou trois jours en ce moment. Mais pour ce que j'en ai vu c'est quand même très statique et peu dynamique
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:47

Une fois passées les réjouissances du bicentenaire de Giuseppe Verdi (1813-1901) le festival consacré à l’enfant du pays revient à des « proportions » plus modestes. Ainsi l’édition 2014 commence le jour anniversaire du compositeur, c'est-à-dire le 10 octobre; et c’est La forza del destino qui ouvre une série d’une trentaines de concerts dont dix représentations d’opéra (5 pour La forza del destino au Teatro Regio de Parme et 5 pour La traviata au teatro Verdi de Bussetto). Pour ce premier opéra c’est une distribution presque exclusivement parmesane qui a été convoquée. Avec une distribution d'un niveau si élevé on peut regretter que Stefano Poda, en charge de la mise en scène ait décidé de prendre en charge aussi les costumes, les décors, les chorégraphies et les lumières.

Au vu du nombre de morts qui s'alignent à mesure que la soirée avance, La forza del destino porte plutôt bien son nom.Dans un tel contexte Stefano Poda aurait pu se contenter de transporter son public dans une Italie intemporelle. Que nenni il assombrit son propos à l’excès (décors noirs ou gris antracites, costumes noirs (exceptées Preziosilla qui porte un manteau rouge et Leonora toute de blanc vêtue après son entrée au couvent d'Hornacuelos), lumières très (trop ?) tamisées saufs quelques rares moments, notamment la scène de l’auberge et celle du campement militaire qui suit le duel. Ajoutons à cela des ballets sans âme aux mouvements mécaniques, des entrées  et des sorties d’une lenteur exaspérante pendant toute la soirée et des mimes incompréhensibles; des choeurs arrivant et sortant en rang d'oignons … Du coup nous avons la désagréable impression de voir une mise en scène brouillonne et peu convaincante. Seul le quatrième acte, le dernier, laisse enfin entrer un peu de vie (nous avons droit, enfin, à une très belle scène d’entrée lorsque Fra' Melitone, remplaçant Don Alvaro devenu frère Raffaele après son duel avorté avec Don Carlo di Vargas, est censé faire acte de charité sous la surveillence de Guardiano à la fois critique et bienveillant) dans ce maelström de fer et de sang.

Nous avons fort heureusement nombre de satisfactions du côté de la distribution qui nous permettent d’oublier une mise en scène brouillonne et trop sombre (chose dont les artistes eux mêmes parlaient prudemment). Virginia Tola effectue une très belle prise de rôle; sa Leonora est une jeune fille amoureuse et tourmentée, déjà pleine de remords vis à vis de son père. Et lorsque survient le drame la malédiction de son père achève de la faire sombrer dans la honte et le regret. Roberto Aronica, que nous avions salué lors de l'édition 2013, revient en 2014 et campe un Alvaro de très belle tenue. La voix est ferme, ronde, chaleureuse, la tessiture large et les aigus percutants. Le ténor fait passer son personnage par des sentiments divers et contradictoires passant plusieurs fois de l'espoir le plus fou au désespoir le plus sombre en quelques secondes donnant ainsi un Alvaro touchant. Le Don Carlo de Luca Salsi est fou de rage et obnubilé par la vengeance qu'il compte tirer d'Alvaro et de Leonora. Si l'air d'entrée est laborieux, souffrant il a été remplacé pour la générale, il a quelques problèmes encore quelques scories d'un rhume tenace et a quelques de justesse lors de la première. Il se re-cadre cependant rapidement et donne au final une très belle interprétation d'un rôle intense et complexe. Pour incarner il Padre Guardiano, c'est Michele Pertusi qui s'y colle; la basse parmesane ajoute à l'occasion de cette série une prise de rôle inattendue. Pertusi fait de Guardiano un prêtre attentif et plein de compassion d'autant, ainsi qu'il le dit lui même, le père supérieur est un "grand pêcheur et un homme tourmenté" et d'ajouter aussitôt : "comme nous le sommes tous un peu". Excellent comédien il fait montre d'une autorité naturelle qui colle parfaitement au personnage et même si les graves sont parfois peu audibles Michele Pertusi prend le rôle à son compte, en le montrant sous un jour humain et attachant plutôt que comme un religieux inflexible. Le Fra' Melitone de Roberto de Candia est virulent, peu enclin à la charité et d'une foi bornée; et les défauts du frère, décuplés par De Candia en deviennent comiques tant il tend le bâton pour se faire battre. Nous regrettons d'ailleurs que Poda ait oublié "de surfer" sur cette vague, ayant largement matière à travailler avec ce comique malgré lui; vocalement De Candia n'a rien à envier à ses partenaires tant il maitrise son instrument dont il use parfaitement. Chiara Amaru campe une Preziosilla flamboyante. La jeune mezzo soprano palermitaine s'empare du rôle de la bohémienne avec gourmandise et malgré une mise en scène peu accommodante elle brûle les planches; vocalement Amaru monte dans les aigus et descend dans les graves avec facilité couvrant sans peine la large tessiture d'un rôle peu évident. Andrea Giovannini est un Trabucco roublard et sans scrupules face aux soldats mais prudent face à un Carlo inquisiteur recherchant obstinément sa soeur. Saluons les très belles performances des comprimari et du choeur parfaitement préparé par son nouveau chef Salvo Sgro - Martino Faggiani étant parti à Bruxelles.

Dans la fosse, la filarmonica Arturo Toscanini est dirigée par Jader Begnamini. Nous avions eu, lors de l'édition 2013, l'occasion de saluer le talent du jeune chef; il réédite cette année ses très belles performances en dirigeant d'une main ferme et avec une maitrise digne des plus grands. Sa lecture du chef d'oeuvre de Verdi est vive, dynamique et sans temps mort; et si la battue est parfois très inhabituelle elle est précise et efficace puisque l'orchestre suit son jeune chef avec une précision millimétrée.

Nonobstant une mise en scène obscure, pas dynamique pour deux sous et quelque peu brouillonne, nous ne pouvons que saluer une distribution cohérente et efficace à commencer par Virginia Tola et Michele Pertusi qui réussissent parfaitement leurs prises de rôles respectives. A noter également la parfaite performance de la filarmonica Arturo Toscanini et de Jader Bignamini qui impulse un dynamisme et une vitalité bienvenus.

Parme. Teatro Regio, le 10 octobre 2014. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La forza del destino, opéra en quatre actes sur un livret de Francesco Maria Piave et Antonio Ghislanzoni. Simon Lim, il marchese di Calatrava; Virginia Tola, Donna Leonora, sa fille; Luca Salsi, Don Carlo di Vargas, son fils; Roberto Aronica, Don Alvaro; Chiara Amaru, Préziosilla; Michele Pertusi, Padre Guardiano; Roberto de Candia, Fra’ Melitone; Andrea Giovannini, Trabucco; Raffaella Lupinacci, Curra, femme de chambre de Léonora; Daniele Cusari, un alcade; Gianluca Monti, un chirurgien. Filarmonica Arturo Toscanini, coro del Teatro Regio di Parma; Jader Begnamini. Stefano Poda, mise en scène, décors, costumes, chorégraphies et lumières.
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:49

calbo a écrit:
Il faudra que je regarde plus attentivement mais ça sera pour décembre (entre noël et le nouvel an) voire janvier car j'ai des concerts à peu près tous les deux ou trois jours en ce moment. Mais pour ce que j'en ai vu c'est quand même très statique et peu dynamique

Pas très dynamique non, mais pas non plus figé, ou alors dans des poses étudiées (une sorte de Wilson allégé quoi! hehe).
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:50

Chaque année au mois d'octobre les ligues contre le cancer du monde entier se mobilisent pour la lutte contre le cancer du sein. La ligue italienne ne fait pas exception et s'associe au Teatro Regio de Parme à l'occasion du récital de la célèbre soprano Mariella Devia. Si nous saluons cette heureuse et généreuse initiative nous regrettons que la salle ait été à peine à moitié pleine, ne fusse que pour profiter de la présence sur scène d'une artiste exceptionnelle qui, accompagnée par un excellent pianiste, alterne avec bonheur mélodies et extraits d'opéras.

Si Giuseppe Verdi (1813-1901) est d'abord connu pour ses opéras, il en a composé vingt-sept, c'est oublier qu'il a aussi composé nombre de mélodies charmantes qui sont régulièrement enregistrées mais peu données en récital. Mariella Devia a là une excellente idée en choisissant quelques unes d'entre elles dans les recueils "sei romanze" composés en 1838 et 1845 et qu'elle a gravé, pour celles de 1845, au CD. La soprano romaine surprend tant elle maitrise encore parfaitement une voix toujours bien présente, puissante, ferme; la tessiture est large et les aigus sont toujours bien présents, bref la voix a peu bougé et l'artiste offre à un public survolté un grand moment de beau chant. Si, dans l'ensemble, les mélodies, notamment "E la vita un mar d'affanni" ou "Deh pietoso, oh adorata", incitent à la méditation, les airs d'opéra lui permettent de vocaliser et de passer d'un registre à l'autre avec une aisance confondante. Qu'il s'agisse de Il corsaro ou de I vespri siciliani, Mariella Devia fait montre d'une redoutable agilité et le Bolero d'Elena dans I vespri siciliani reçoit une ovation grandement méritée. D'ailleurs c'est pour l'ensemble de sa superbe performance que l'a chanteuse reçoit une ovation telle qu'elle a du concéder trois bis à une salle en délire. Et sortant un peu de l'hommage à Verdi elle chante un extrait de Norma de Vincenzo Bellini (1801-1835) : "Casta Diva" ; un autre tiré du Manon de Jules Massenet (1842-1912) : "Adieu notre petite table", achevant le récital avec un extrait de La Traviata (Addio del passato). C'est le pianiste Giulo Zappa qui accompagnait Mariella Devia à l'occasion de ce concert exceptionnel. Excellent musicien, Zappa sublime les introductions et les moments purements musicaux; et lorsque la soprano chante le piano se fait tout doux, jamais tapageur et toujours très attentif à sa partenaire.

Mariella Devia reçoit en ce samedi après midi un triomphe grandement mérité; d'autant plus mérité que la voix n'a quasiment pas bougé avec une tessiture large des aigus superbes et des graves encore bien présents. D'autre part, soucieuse de faire découvrir les différentes facettes de Verdi, l'artiste romaine a judicieusement alterné mélodies et extraits d'opéras.

Parme. Teatro Regio, le 11 octobre 2014. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Perduta ho la pace; il brigidino (E la vita un mar d'affanni), Deh pietoso, oh addolorata; La zingara, Lo spazzacamino; Stornello (Chi i bei di m'adduce ancora); Il corsaro : Egli non ride ancora … Non so le tetre immagini; I vespri siciliani : Cavatine "Arrigo ! Ah parli ad un core", siciliana "Mercé dilette amiche"; Giovanna d'Arco : scène et cavatine "Oh ben s'addice … Sempre all'alba ed alla sera", récitatif et romance "Qui! qui! O fatidica foresta"; I lombardi alla prima crocciata : scène et vision "Qual prodigio! … Non fu sogno", La Traviata : "Addio del passato" (bis 3); Vincenzo Bellini : Norma : Casta Diva (bis 1); Jules Massenet : Manon : Adieu notre petite table (Bis 2). Mariella Devia soprano; Giulio Zappa, piano
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:52

Polyeucte a écrit:
calbo a écrit:
Il faudra que je regarde plus attentivement mais ça sera pour décembre (entre noël et le nouvel an) voire janvier car j'ai des concerts à peu près tous les deux ou trois jours en ce moment. Mais pour ce que j'en ai vu c'est quand même très statique et peu dynamique

Pas très dynamique non, mais pas non plus figé, ou alors dans des poses étudiées (une sorte de Wilson allégé quoi! hehe).
Tout est assez fluide dans des grands tableaux en transformation...

On en reparle dès que j'ai regardé Thaïs plus longuement Smile . En tout cas j'ai bien ricané devant le français assez exotique de Nathanaèl hehe
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MessageSujet: Re: Festival Verdi de Parme   Festival Verdi de Parme - Page 2 EmptyMar 18 Nov 2014 - 11:53

Deux jours après la 1ère de La forza del destino (donnée le 10 octobre et dont nous avons rendu compte), la Filarmonica Arturo Toscanini et son chef Jader Bignamini quittent la fosse d'orchestre pour monter sur la scène du Teatro Regio de Parme. Le soliste de ce concert est un enfant du pays très aimé des mélomanes parmesans : Michele Pertusi. Après sa prise de rôle dans Forza il chante en deuxième partie de concert une oeuvre d'Arrigo Boïto (1842-1918); lequel est presque plus connu comme librettiste , il a collaboré avec Verdi et Ponchielli, pour les plus connus, que comme compositeur d'opéra, oeuvres pour lesquelles il a d'ailleurs écrit ses propres livrets.

Visiblement électrisé par l'ambiance qui règne dans la salle et sur scène Jader Bignamini entame la soirée avec panache et un enthousiasme communicatif. Régulièrement donnés en concert, la sinfonia et le divertissement (ou ballet) de I vespri siciliani ont été déjà joués, avec brio lors du concert d'ouverture du festival 2013. Lors de l'édition 2014 c'est Jader Bignamini et la filarmonica Arturo Toscanini qui donnent le ton de la soirée. Ils donnent une lecture vive, dynamique, allante de ces deux extraits dont l'interprétation est d'ailleurs digne des meilleurs. Dès la sinfonia Bignamini prend les choses en main et impulse une dynamique forte, et si la battue est toujours aussi inhabituelle, l'orchestre n'en donne pas moins le meilleur de lui même dans ces pages intenses qui préfigurent déjà l'action à suivre. Et lorsque l'orchestre joue le divertissement, le chef ne peut s'empêcher d'esquisser des mouvements de danse tout en dirigeant avec gourmandise. Au retour de l'entracte, l'orchestre joue avec bonheur les préludes d'Attila et de Macbeth, mais c'est surtout le prologue du Mefistofele d'Arrigo Boïto (1842-1918) qui occupe l'attention du public. Collaborateur de Verdi pour plusieurs de ses chefs d'oeuvres (Simon Boccanegra, Falstaff …), il a aussi composé des opéras dont seul Mefistofele a été créé et est régulièrement représenté. Le choeur du Teatro Regio et le choeur d'enfants (corale delle voici bianche) ont été sollicités pour l'occasion et on ne peut qu'apprécier de voir l'implication des enfants dont les plus jeunes ont à peine 7 ou 8 ans. Quant à Michele Pertusi il nous montre un Mefistofele méchant, mordant et provocateur à souhait. redevenu imberbe pour ce concert, il interprète la musique de Boïto avec un plaisir évident. Le succès est tel qu'il doit concéder un bis et quand il se lance dans l'aria de Mefistofele "Io son lo spirto che nega" c'est avec gourmandise.

Lors de ce concert le jeune chef parmesan Jader Bignamini démontre avec éclat qu'il est aussi à l'aise dans la fosse pour diriger un opéra que sur scène pour un concert orchestral. Quant à la partie vocale, si Michele Pertusi est un Mefistofele remarquable et très en voix, c'est surtout la chorale d'enfants que nous tenons tout particulièrement à saluer tant pour sa préparation idéale (justesse et diction entre autres) que pour sa tenue parfaite sur scène.

Parme. Teatro Regio, le 12 octobre 2014. Giuseppe Verdi Verdi (1813-1901) : I vespri siciliani : sinfonia, divertissement "Le quattro stagioni" (hiver, printemps, été, automne); Attila : prologue; Macbeth : prologue; Arrigo Boïto (1842-1918) : Mefistofele : prologue; Io son lo spirto che nega (bis). Michele Pertusi, basse, filarmonica Arturo Toscanini, choeur du Teatro Regio de Parme, choeur d'enfants de la chorale Giuseppe Verdi de Parme; Jader Bignamini, direction.
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