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 Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres

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Rubato
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MessageSujet: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Mer 18 Juin 2008 - 15:35

Manfred Gurlitt



Manfred Gurlitt est né en 1890 à Berlin. Il reçut une formation musicale auprès de Moritz Mayer-Mahr (piano), Karl Muck (direction) et Humperdinck (composition).
Il fut l’assistant de Karl Muck lors du festival de Bayreuth.
En 1914, il fut engagé comme premier chef d’orchestre au Théâtre municipal de Brême, où il resta jusqu ‘en 1927. Il y exerça à partir de 1924 le titre de Directeur musical.
C’est à Brême qu’il composa son opéra Wozzeck.

Son engagement en faveur de la Musique Nouvelle, ainsi que ses idées de gauche, n’étaient pas appréciés des milieux conservateurs brémois.
Se sentant entravé dans sa liberté artistique, il alla s’établir à Berlin au début de l’année 1927. Il y connu le succès en tant que compositeur, chef d’orchestre, pianiste et professeur. Il dirigea régulièrement l’orchestre de la radio de Berlin.

La situation de Gurlitt changea du jour au lendemain avec la prise du pouvoir par le parti national-socialiste en 1933. Traité de « bolcheviste culturel » par les nazis, il fut relevé de ses fonctions et ses œuvres furent censurés. Menacé d’être arrêté par la Gestapo, il émigra au Japon en 1939. Mais même dans ce pays, où il trouva rapidement un emploi de chef d’orchestre et de professeur, l’influence de la diplomatie hitlérienne lui fit perdre tous ses postes.

Après la guerre, il échoua dans ses tentatives pour reprendre pied en Allemagne et retrouver le succès qui fut le sien sous la république de Weimar.
En 1953 il fonda au Japon la « Gurlitt Opera Company » dans le but de faire connaître au public nippon le répertoire lyrique d’Europe occidentale. Ses efforts en faveur de l’art lyrique furent récompensés par de nombreuses distinctions.
Il mourut à Tokio, le 29 avril 1972.

Œuvres lyriques

-Die Insel. Musik zu Herbert Eulenbergs Drama (1918)
-Die Heilige. Musikalische Legende in 3 Vorgängen nach Carl Hauptmann 21. Januar 1920 Bremen

-Wozzeck. Musikalische Tragödie 18 Szenen, 1 Epilog op. 16 nach Georg Büchner 21. April 1926 Bremen

-Soldaten. Oper 3 Akte nach Jakob Michael Reinhold Lenz 9. November 1930 Düsseldorf

-Nana. Oper 4 Akte (1931/32) nach Émile Zola / Max Brod
16. April 1958 Dortmund (vor der festgesetzten Uraufführung 1933 in Mannheim verboten)

-Seguidilla Bolero (Nächtlicher Spuk). Oper 3 Akte (1934-1936) nach Paul Knudsen

-Warum (Feliza). Oper 1 Vorspiel, 4 Akte, Nachspiel (1934-1936/1942-1945) Libretto vom Komponisten

-Nordische Ballade. Oper 4 Akte (1934/44) nach Selma Lagerlöf / Manfred Gurlitt 4. Mai 2003 Trier

-Wir schreiten aus. Märchen-Drama (1945/1958, unvollendet)
Libretto vom Komponisten

Oeuvres orchestrales

Sinfonische Musik für großes Orchester (1922)
Kammerkonzert Nr. 1 für Klavier F-Dur (1927)
Kammerkonzert Nr. 2 für Violine A-Dur (1929)
Cellokonzert F-Dur (1937)
Goya-Sinfonie (1938)
Nobutoki-Variationen
3 Reden aus der Französischen Revolution (für Bariton und Orchester)
Vier dramatische Gesänge (für Sopran und Orchester)
Shakespeare-Sinfonie für 5 Singstimmen und Orchester (1954)

Musique de chambre

Klavierquintett (1912)
Klaviersonate (1913)
Liedvertonungen mit Kammerorchester (1923 und 1925)
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Rubato
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MessageSujet: Wozzeck   Mer 18 Juin 2008 - 15:35

Wozzeck
Tragédie musicale en 18 scènes et épilogue op.16
Livret d’après le texte « Woyzeck » de Georg Büchner

Rôles principaux :
Wozzeck : basse-baryton
Marie : soprano
Capitaine : basse-baryton
Tambour-Major : baryton
Docteur : ténor
Andres : ténor

Gurlitt composa son « Wozzeck » de 1920 à 1925
Berg composa le sien de 1914 à 1921

La première eut lieu le 22 avril 1926 sous la direction du compositeur. Elle connut un grand succès.
Malheureusement, le succès du Wozzeck de Berg dont la création eut lieu le 14 décembre 1925, va contribuer à rejeter dans l’ombre l’oeuvre de Gurlitt.

L’oeuvre
(Très) Court résumé :
Le soldat Wozzeck, personnage "sans éducation et sans compréhension", apprend que sa femme Marie l’a trompé avec le Tambour-major. Il la tue d’un coup de couteau, puis se noie dans l’étang.

Le texte :
Sur les 24 scènes du drame de Büchner, Gurlitt va en garder 18 ( Berg en conservera 15).
Si l’on compare les deux œuvres, seules 12 scènes sont communes (sauf erreur de ma part), et parfois avec des « montages » différents.
Chez Gurlitt par exemple, on trouve la scène où Wozzeck va acheter son couteau chez le juif.
Les scènes du meurtre de Marie et du suicide (ou noyade accidentelle ?) de Wozzeck s’enchaînent, alors que chez Berg, 3 autres scènes viennent s’y intercaler.
On peut dire aussi que les personnages du Capitaine et du docteur ont une importance moindre chez Gurlitt. La scène avec Wozzeck et le docteur, qui fait de lui une victime de ses expériences, a ici disparue; elle a pourtant un rôle clé chez Berg.

La musique :
La partition, perdue, fut péniblement reconstituée, et il fallut attendre le milieu des années 80 pour que ce « Wozzeck » soit redécouvert.

Avec « Wozzeck », Gurlitt tourne le dos à la grande forme symphonique, et l’orchestre prend parfois une sonorité de musique de chambre.
Ici, chaque scène forme une unité du point de vue musical. Les 18 scènes s’enchaînent sans interlude musical, contrairement à l’oeuvre de Berg, et les effectifs instrumentaux varient d’une scène à l’autre.
Les techniques d’écritures sont tonales et atonales, mais j’aurais envie de dire, une atonalité plus « soft » que chez Berg, comme une tonalité élargie.
Pour le chant, différents styles sont également utilisés : récitatif / sprechgesang, aria . Le compositeur fait aussi intervenir des voix en coulisses, des vocalises sans texte, pour contribuer à créer l’atmosphère de la scène.
J’ai trouvé une certaine forme de lyrisme, par moments dans cette oeuvre, où l’aspect dramatique du récit de Büchner est très bien rendu (le monologue de Marie, la mort de Wozzeck).
Vers la fin de l’opéra de Berg, je ressentais une sorte de folie dans le personnage de Wozzeck, alors qu’ici il m’a plutôt inspiré du désespoir.
L’opéra s’achève par un épilogue instrumental, tout à fait tonal, puis ces voix qui murmurent, comme au tout début, « Wir arme Leut ».

Si je voulais faire une dernière comparaison entre ces deux « Wozzeck », je dirais que celui de Gurlitt me semble plus accessible. A mon avis, il faut connaître les deux, et c’est très intéressant de voir comment, ces deux compositeurs, pratiquement au même moment, et à partir d’un sujet identique, ont finalement créer deux œuvres, qui, bien qu’elles aient des points communs, sont assez différentes ; et c’est tant mieux.

L'enregistrement:



Sources: livret Capriccio et autres..


Dernière édition par Rubato le Lun 7 Juil 2008 - 9:17, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Mer 18 Juin 2008 - 17:26

merci c'est tout à fait passionnant, ça donne vraiment envie d'en savoir plus. Et donc il y a aussi une version disponible des Soldats?

Je ne sais pas si on aura beaucoup l'occasion d'utiliser ce fil. Est-ce qu'il serait possible d'y parler également des autres émigrés de l'intérieur, je veux dire des compositeurs non-juifs dont la carrière a été brisée par le régime nazi?
Le destin de Gurlitt me rappelle beaucoup celui de Heinz Tiessen et de son élève Erdmann et j'aimerais trouver un endroit où en dire un mot (mais j'hésite aussi à ouvrir un fil car on ne trouve en tout et pour tout qu'un cd pour chacun, et en plus chez Koch, donc officiellement indisponible).
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Mer 18 Juin 2008 - 18:18

Oui! il y a une version "des Soldats", qui me tente bien aussi. Very Happy



Pour les autres compositeurs, dont tu fais allusion, oui tu peux en parler ici. Je pourrai modifier le titre du sujet.(si tu as une idée) Wink

Edit:
Je pense quand même qu'un sujet par compositeur, c'est bien, car ce n'est pas "perdu" dans un sujet plus général, sujet dont on ne sait plus très bien ce qu'il contient par la suite. Confused
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Dim 22 Juin 2008 - 16:17

j'ai écouté plusieurs fois ce Wozzeck de Gurlitt, et je remercie vivement Rubato d'avoir attiré mon attention sur cette oeuvre vraiment extraordinaire, que plusieurs écoutes ne réussissent pas à épuiser, et sur le compositeur lui-même qui parait très intéressant, et dont on aimerait vraiment connaître d'autres choses.
Un sens de l'orchestration poussé, sans ostentation, juste au service de l'expression, beaucoup d'émotion, le maniement d'un langage atonal tel qu'on en rencontre finalement peu d'exemples tant la génération des années 20 a été oubliée, méprisée et discréditée.

Pardon si je redouble quelques observations déjà faites plus haut, mais c'est aussi l'occasion de se renseigner sur ce monument du théâtre qu'est la pièce de Büchner.

Sur Gurlitt

La biographie de Manfred Gurlitt semble indiquer qu’il n’a cessé de se tromper toute sa vie, ou au moins qu’il n’était pas né sous une bonne étoile. Drôle d’idée en effet de choisir comme patrie d’adoption, lorsqu’on est chassé par le régime nazi, le Japon, troisième puissance de l’Axe. A plus long terme, c’est peut-être par ce pays que passera finalement sa postérité en raison des nombreux efforts entrepris pour faire connaître l’opéra occidental en Asie. Comme Tcherepnin, émigré russe, fondateur d’une maison d’édition musicale au Japon, Gurlitt est peut-être plus présent dans la vue musicale asiatique qu’il ne l’est en Europe, même si ses derniers opéras ont été créés en Allemagne, (où il finit par se voir décerner la Bundeswehrdienstkreutz sans jamais rentrer dans son pays d’origine), et récemment repris en France (pour Wozzeck à Rouen sans faire grand bruit d’ailleurs).

Comme Tiessen, Erdmann, et dans une moindre mesure Krenek, Gurlitt représentait la pointe de l’avant-garde dans les années 20-30, mais après la guerre, ces compositeurs balayés par le régime ont été une deuxième fois relégués aux oubliettes par l’intérêt des critiques pour la nouvelle avant-garde, le dogmatisme sériel, et ne sont plus apparus que comme de vieux conservateurs parfois un peu suspects d’avoir survécu, là où tant d’autres avaient péri. Finalement il reste toujours quelquechose de la calomnie, et il semble qu’on soit mieux préparé à excuser la faiblesse de ceux que le pouvoir politique a maintenu en grâce –quitte à prétendre qu’ils ont été utilisés malgré eux par la propagande-, qu’à saluer le courage de ceux qui ont surnagé dans les eaux troubles : il n’y a pas de fumée sans feu…

Même ceux qui se proposent de lutter contre ces injustices de l’histoire n’osent pas forcément affronter la réalité. On lit donc que Gurlitt, considéré comme un dangereux bolchévique aurait fui devant la menace d’une arrestation pour motif politique : ce n’est pas tout à fait vrai. Comme Erdmann et tant d’autres, afin de pouvoir continuer à travailler en Allemagne, Gurlitt a pris sa carte du parti Nazi en 1933 lors de l’accession d’Hitler au pouvoir. A la mort de sa mère, il a appris qu’il n’était pas le fils de son père, marchand d’art, mais le fils naturel du patron de son père officiel, Willi Waldecker, avec qui sa mère s’était rapidement remariée à la mort de son premier époux. On comprend mieux pourquoi le sujet de Wozzeck a exercé une fascination sur le compositeur, et comment il en a donné un traitement plus « social » que Berg. Cette révélation, au lendemain de la création de son 4ème opéra (le 3ème , Nana (1932), d’après Zola était écrit avec Max Brod, exécuteur testamentaire de Kafka et traducteur du livret de Flammen de Schulhoff, c’est-à-dire un personnage infréquentable pour le parti Nazi) conduisit à une enquête sur ses véritables origines, laquelle eut pour résultat de montrer que sa mère Annarella était née juive, en conséquence de quoi, considéré comme « juif, de race mélangée, au second degré » Gurlitt fut chassé du parti, révoqué de ses fonctions, et sa musique interdite d’exécution.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Dim 22 Juin 2008 - 16:35

De Woyzeck à Wozzeck

Woyzeck est le chef-d’œuvre d’un jeune homme de 23 ans, mort avant d’avoir pu mener à bien sa création. Cet inachèvement est probablement une des raisons de la fascination durable que les fragments ont continué à exercer sur des générations d’écrivains, à commencer par Brecht et Camus. L’histoire du manuscrit est elle-même mystérieuse puisque Karl-Emil Franzos dut recourir à des procédés chimiques pour faire apparaître le texte (et les dessins, car Büchner avait parsemé ses notes de croquis des personnages), causant des dommages à l’original déjà illisible. Les notes laissées par Büchner montrent quatre états différents de la pièce, sur des pages sans numérotation, ce qui fait qu’on ne peut ni déterminer l’ordre des scènes, parfois très courtes, ni le dénouement de la pièce, certains prétendant même que l’auteur aurait imaginé un acte final consacré au procès du protagoniste principal.
Autre élément qui confère aux esquisses de Büchner une modernité réaliste et « naturaliste », la pièce est directement inspirée de trois faits divers trouvés dans les journaux, le principal concernant un certain Johann Christian Woyzeck, perruquier puis soldat de son état, décapité pour le meurtre de sa maîtresse, et qui avait tenté pour échapper à la peine de se daire passer pour fou. De ce fait divers, Büchner a induit un drame social, insistant sur le thème de la pauvreté, et de la manipulation des malheureux par les instances sociales que sont l’armée, la médecine et la religion : il a aussi en filigranne soulevé le problème de l’anti-sémitisme, en donnant à ses personnages principaux une sous-classe de pauvres à détester.

Nulle part Büchner n’évoque un suicide ou une noyade de Woyzeck, il se contente d’une scène où retournant sur le lieu du crime, le meurtrier tente de dissimuler le couteau en le jetant dans le lac. Dans la scène qui parait chronologiquement la dernière imaginée par Büchner, Woyzeck est présent devant les remparts de la ville, et l’idiot enlève l’enfant.
Franzos, dans sa reconstitution a donc maintenu une certaine ambiguité en même temps qu’il a introduit des éléments qui n’existaient nulle part dans l’action. Ce n’est qu’en 1920, avec l’édition critique de Witkowsky que le nom du personnage principal a été rétabli, l’écriture serrée et très petite de Büchner ayant suggéré au premier éditeur que le caractère principal s’appelait « Wozzeck », option retenue par Berg qui a commencé à travailler au projet d’opéra à partir de 1915. Bien que Berg prétende avoir travaillé sur l’édition de 1909, il a bien eu connaissance de celle de 1920, mais n’a pas changé le nom du protagoniste pour des raisons « musicales », le travail étant déjà avancé. Que penser alors du fait que Gurlitt, qui avait connaissance de l’édition Witkowsky et des trois scènes de l’opéra de Berg créées au début de l’année 1924 (grâce au soutien financier d’Alma Mahler), ait lui aussi maintenu tel quel le nom et le titre de son opéra ? alors que son découpage de l’action paraît plus proche des fragments d’origine.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Dim 22 Juin 2008 - 16:36

Berg et Gurlitt

On dit que Gurlitt aurait travaillé sans avoir connaissance du projet de Berg, ce qui parait étrange à moins d’admettre que certaines ressemblances relèvent de l’air du temps. Wozzeck étant l’un des opéras majeurs du 20ème siècle, on ne peut manquer de tracer quelques parallèles. Entre autres choses étranges, on peut entendre dans la scène 5 de l’opéra de Gurlitt un contrechant de cuivres qui cite note pour note les premières mesures de la sonate op 1 de Berg.
Comme Berg, Gurlitt utilise une déclamation proche du Sprechgesang (jusqu’à certaines répliques purement parlées à la manière du mélodrame), mais aussi des références à l’aria, avec la berceuse de Marie, assez proche mélodiquement de celle de Berg, et surtout il recourt à une atonalité presque constante, créant le même type d’opposition que Berg avec un centre tonal affirmé au moment du meurtre où apparaît un petit choral, seul moment parfaitement tonal de l’œuvre. Comme chez Berg il n’y a pas trace de sérialisme (et pour cause Schönberg ne théorise sur le dodécaphonisme qu’à partir de 1924, alors que les deux Wozzeck sont soit terminés, pour Berg en 1922, soit en voie d’achèvement) mais plutôt une utilisation discrète de leitmotive. On trouve des citations de musique militaire, de musique de danse, de chasse, qui sont certes suggérées par le texte, mais dans des atmosphères proches.
Reste évidemment des différences importantes, Berg se faisant l’un des rares exemples de l’expressionisme musical, avec de nombreux interludes orchestraux, alors que Gurlitt reste plus discret, joue rarement du tutti orchestral (malgré un orchestre aussi imposant que celui de Berg, bois par trois, célesta etc), fait référence fréquemment à la musique de chambre, dès le début avec la phrase de flute et piccolo qui évoque un allegro de concertino, ou avec l’utilisation du piano comme élément de base de la texture ( scène 11 « Ich kann nicht sclaffen et 16 ) enchaînant les scènes dans une sorte de déroulement continu et non par séquences.

La ressemblance la plus frappante reste celle de la structure, qui comme chez Berg prétend utiliser des formes classiques comme schéma de base, changeant à chaque scène : le même système de variations se révèle dans la structure, sauf que là où Berg dit « Invention » Gurlitt parle d’ « ostinato ».

1 Une pièce (scène du rasage) fugue
2 Un champs en plein air chaconne
3 En ville marche avec berceuse interpolée
4 Une rue developpement
5 Un salon canon sur ostinato
6 Une rue fugato
7 La chambre de Marie recitativo accompagnato
8 Le corps de garde lied
9 La taverne ländler
10 Un champs en plein air ostinato
11 La caserne ostinato
12 La caserne square dance
13 La chambre de Marie fugue
14 Le bazar allegretto (avec mélodie disjointe)
15 Une rue dance et ostinato
16 La caserne canon à trois voix
17 Chemin forestier près du lac rondo
18 Chemin forestier près du lax chaconne
19 Epilogue lamento répétitif

La durée des deux opéras est similaire à cinq minutes près.
Gurlitt rend à Wozzeck une humanité qui est estompée dans la version de Berg, il donne moins d’importance aux manipulations des autorités, à la taverne, à l’alcoolisme et à la lubricité ou à la folie, accentuant le poids des « pauvres gens » dont le chœur parfois sans parole affirme sa présence tout au long de l’opéra jusqu’aux dernières secondes de l’épilogue (où la tonalité réapparait dans la déploration comme une fatalité). Son personnage est moins un assassin singulier, que n’importe quel personnage souffrant tel qu’on le retrouve dans les illustrations d’un Grosz. Il n’est pas plus sympathique, mais peut-être plus émouvant, plus ordinaire.
Ce traitement qui s’appuie finalement sur une plus grande compassion pour les protagonistes confère à l’opéra de Gurlitt une portée plus universelle, et en adéquation avec les problèmes de son temps, qui sont aussi ceux du nôtre. Sans doute l’implication personnelle de Gurlitt dans cet opéra était elle grande puisque c’est sous sa direction que l’œuvre fut crée à Brême (quatre mois à peine après la première audition de l’opéra de Berg) et que le rôle de Marie était tenue par sa femme Maria Hartow.
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Rubato
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Dim 22 Juin 2008 - 20:28

Merci Sud pour toutes ces précisions et ces commentaires très très intéressants. thumright
Pour moi aussi la découverte de cet opéra fut un choc, et on se demande comment une telle oeuvre peut rester dans l'ombre. Elle n'est malheureusement pas la seule dans ce cas!
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 15:32

coucou

Remontage de topic !
Manfred mérite bien de remonter à la surface .

Je ne connaissais jusqu’à présent que son (superbe) « Wozzeck »
Il faut dire que les œuvres de Gurlitt sont très rares au disque, et c’est avec d’autant plus de plaisir que j’ai fait la découverte de celles-ci :

Goya-sinfonie (1938-1939)
Oeuvre en 4 mouvements :
1 : allegro deciso (La Pradera de San Isiro).
2 : Allegro (Mascarade populaire).
3 : Largo (Exécution des rebelles).
4 : thème, suivi de 10 variations.

Cette symphonie fait donc référence (du moins les 3 premiers mouvements) à des tableaux de Goya. Je ne les avais malheureusement pas devant les yeux pendant les écoutes !! Confused

-Le premier mvt, illustre une scène plutôt joyeuse et champêtre, avec une musique non dénuée par moment d’un certain lyrisme, mais aussi ponctuée de coups de timbales menaçants : est-ce l’orage qui gronde ?
- Le deuxième mvt. est un allegro, assez enjoué, qui illustre bien le titre qui lui est donné (mascarade populaire). Il est lui aussi ponctué d’effets orchestraux menaçants.
- Le troisième mvt. largo, (mon préféré) est par contre plus dramatique ; c’est une sorte de marche lente, marche qui conduit inexorablement vers la mort (Exécution des rebelles). Vers le milieu du mouvement, l’on entend, à la fin d’un crescendo, comme une salve (qui me fait sursauter à chaque écoute) : l’exécution vient donc d’avoir lieu ! Puis la musique reprend son rythme lancinant jusqu’à la fin du mouvement.
- Le quatrième mvt. et ses 10 variations, alterne les moments apaisés, avec des mouvements plus agités, voire tumultueux (allegro tumultuoso).
Le style est différent des autres mouvements, et on sent comme une évolution tout au long de ces variations, avec un glissement de la tonalité vers une sorte de tonalité élargie, voire d’atonalité (10ème variation).

Je dois dire que la première écoute ne m’avait pas vraiment marquée (manque de concentration ?) et puis avec les écoutes suivantes, j’ai vraiment su apprécier cette oeuvre que je trouve maintenant très contrastée, avec une très belle palette orchestrale, riche et variée.

En complément :
Vier dramatische Gesänge (quatre chants dramatiques pour soprano et orchestre) 1950-1952

1: Du Hündchen aus Purpur, aus Safran (Ernst Hardt – Tantris der Narr)
2: Es war ein König in Thule (Goethe – Faust)
3: Ach neige, du Schmerzenreiche (Goethe – Faust)
4: Er wird kommen! Heut Gewiß (Hauptmann – Der arme Heinrich)

Un beau complément, avec ces quatre chants dramatiques, sans tonalité, ou alors à la limite (difficile à dire). Ma préférence allant au 4ème, le plus long.

Cet enregistrement est une première mondiale, et est remarquablement interprété.
Une belle découverte.
A ne pas manquer.

P.S.
Merci Sud. Wink
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 15:35

oh mais j'ignorais que ce compositeur avait un fil à lui! j'ai moi aussi pu écouter la Goya-Symphonie et les Chants Dramatiques.
La Goya m'a plu, effectivement très riche et assez originale, elle mêle des influences "sérieuses" et populaires, avec parfois des clins d'oeil jazzy et toujours beaucoup d'inventivité. Le quatrième mouvement, sous forme de variations, est un peu long par moments mais les trois premiers sont proprement remarquables, merveilleusement orchestrés et toujours agréablement surprenants.
J'ai beaucoup moins goûté aux Chants dramatiques, bien tonaux mais très noirs, assez déprimants.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 15:36

Rubato ! Very Happy







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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 15:47

personnellement, j'ai adoré ça, et le mouvement final à variations est ce qui m'a le plus épaté, à cause de son côté atonal et proche de Tiessen et Berg.
Le largo est évidemment unique avec sa salve d'artillerie et ses coups d'enclume qui font vraiment sursauter.
On trouve facilement les tableaux que sont censé illustrer les trois premiers mouvements La pradera de San-Isidro, le fameux 3 de Mayo, je pense que le deuxième mouvement qui ne porte pas de titre de Goya s'inspire de L'enterrement de la sardine. Tout cela évidemment en 1936 au moment de l'écrasement de la révolution anarchiste espagnole a des implications politiques non négligeables, d'autant plus que Gurlitt a fui au Japon avant l'achèvement de la symphonies qui n'a été créée à Tokyo qu'en 1942 (me semble-t-il ou est-ce 45?)
Je comprends que les chants dramatiques puissent moins plaire, j'ai tout de même beaucoup aimé le quatrième, peut-être à cause du texte, et aussi parce que ça se rapproche beaucoup de Wozzeck et parait-il aussi du premier opéra de Gurlitt, avec ce récitatif continu, pratiquement sans arioso.

Je finirais sans doute par en parler, mais Les Soldats m'ont moins plu, même s'ils épousent un peu le parcours de la Goya-Symphonie, partant d'une aspect classique et tonal pour évoluer petit à petit vers un langage plus moderne à mesure que l'héroïne tombe de Charybde en Scylla.
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Rubato
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 15:50

Spiritus a écrit:
oh mais j'ignorais que ce compositeur avait un fil à lui!
carton rouge
Citation :

Le quatrième mouvement, sous forme de variations, est un peu long par moments mais les trois premiers sont proprement remarquables, merveilleusement orchestrés et toujours agréablement surprenants.
C'est l'impression que j'ai eue à la première écoute. Plus maintenant.

Citation :

J'ai beaucoup moins goûté aux Chants dramatiques, bien tonaux mais très noirs, assez déprimants.
C'est pour cela que je les aime!!

Citation :
bien tonaux
Tonals? pas sûr!
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 15:54

Je crois qu'il faudrait que je réécoute ces Chants dramatiques, en plus ce genre de musique est susceptible de me plaire!

content de te revoir Rubato Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 8 Nov 2008 - 18:50

Oui, les Chants Dramatiques, ça ressemble assez à Vom ewigen Leben de Schreker... en bien mieux.

En fait, Oelze chante ça comme les Webern de jeunesse, et il est vrai qu'il y a quelque point commun.

Personnellement, je trouve ça magique.


Je n'avais pas versé ma contribution à ce fil, mais la Goya-Symphonie est beaucoup moins ma tasse de thé, je n'y retrouve pas l'enthousiasme de Sud. C'est assez sage tout de même, plus Reger que Hindemith.

Mais je vois bien ce qui lui plaît, il y a une forme de flux continu, d'entre-deux qui rebute souvent Spiritus ou moi-même, et qui au contraire retient très souvent son intérêt.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Dim 28 Déc 2008 - 21:50

Tiré de 'Playlist' :

christophe21 a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
=> Gurlitt, Quatre chants dramatiques.
Deux Trois fois aujourd'hui, c'est merveilleux. Crying or Very sad Tiens, est-ce que dans le domaine des lieder avec orchestre, il y a mieux ? Là, comme ça, je ne vois pas.

Je ne connais pas, mais c'est encore mieux que les 4 derniers lieders de Strauss ?
C'est plus à mon goût. C'est assez différent, parce que ce sont des extraits de scènes, comme l'indiquent leur nom (Tantris de Hardt, Faust I de Goethe, Heinrich de Hauptmann). C'est aussi une forme lyrique très forte avec orchestre, mais l'orchestre est plus gris, ici, c'est l'expression qui domine la musique. En quelque sorte, c'est aussi bon, mais en miroir : textes excellents là où ceux choisis par Strauss sont médiocres, et mise en musique moins généreuse mais très pertinente.

Je ne suis pas sûr que tu préfères. Cela dit, c'est un superbe ensemble.

Si tu aimes le côté hédoniste des Vier Letzte, je te recommande plutôt les deux derniers de Schreker (sur du Whitman traduit), sous le titre Vom Ewigen Leben.


Et je précise qu'après vérification ça se trouve bien sur Musicme, pour se faire une idée :
http://www.musicme.com/#/page.php?q=gurlitt .
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christophe21
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 29 Déc 2008 - 13:35

oui, en fin de compte, j'ai aimé les 4 lieders de Gurlitt, je n'avais pas vu ce post avant de mentionner ailleurs que par moments, il y avait quelque chose de Berg, mais en relisant celui-ci depuis le début, je comprends mieux pourquoi.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 12 Jan 2009 - 0:29

Je suis en train d'écouter Wozzeck, j'en suis à la 2è scène et c'est vraiment superbe! Smile

Intéressant de comparer avec Berg puisque c'est quasiment le même texte. (d'ailleurs je l'écoute sans livret alors que je ne comprends pas grand chose à l'allemand, mais je reconnais le texte tout de même, et en tout cas les différentes scènes de l'intrigue)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 12 Jan 2009 - 0:32

Et plus ça va, plus c'est génial. Le début est un peu pépère comparé au reste. Les trois dernières scènes, c'est explosif. Very Happy
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 12 Jan 2009 - 1:05

Les "Immerzu!" de Marie dans la scène du bal sont intéressants à comparer avec Berg par exemple: désabusés et indifférents chez Gurlitt (quoique, lascifs aussi peut-être), enthousiastes et insouciants chez Berg.
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Dave
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 11:59

J'ai écouté le Woyzeck de Gurlitt, qui d'ailleurs, à la suite de celui de Berg, ne m'a pas beaucoup convaincu. (c'était un programme de Machart sur France Mu) La musique, forcément, m'a semblé beaucoup moins audacieuse et l'orchestre, bizarrement, très peu présent. Après, c'est évident, en occultant le Berg, que c'est très bon; la mort de Marie est au moins aussi bouleversante.
D'ailleurs, c'était agréable de pouvoir presque toujours suivre avec le livret de Wozzeck, comme si Gurlitt avait sélectionné les même scènes que Berg.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:02

Tiens, j'allais chercher le fil dans l'index à l'instant. Very Happy

Donc je place la réponse directement :

Dave a écrit:
Je n'ai écouté d'Albrecht que le Woyzeck de Gurlitt, qui d'ailleurs, à la suite de celui de Berg, ne m'a pas beaucoup convaincu.
Forcément, la saveur est moins forte, c'est comme manger du foie gras après un cheese burger, on n'a plus la sensation du sucre ni du sel.

C'est plus postromantique, et en même temps d'une audace incroyable. Ca se ressemble énormément dans la conception, mais c'est pleinement tonal alors que l'autre est pleinement n'importe quoi atonal.

Citation :
(c'était un programme de Machart sur France Mu)
L'intégralité des deux ?

Citation :
La musique, forcément, m'a semblé beaucoup moins audacieuse et l'orchestre, bizarrement, très peu présent.
La prise de son met en avant les voix.

Citation :
D'ailleurs, c'était agréable de pouvoir presque toujours suivre avec le livret de Wozzeck, comme si Gurlitt avait sélectionné les même scènes que Berg.
Non, pas les mêmes, mais il y en a un certain nombre, non négligeable, en commun.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:10

Je me demande si c'était intégrale. Peut être bien que non. Je me rappelle que Machart avait dit "une sélection de scènes" ce qui expliquerait que j'ai pu suivre avec le livret, il a du s'arranger pour mettre les scènes communes à celui de Berg, pour nous permettre de faire directement la comparaison. Combien de temps dure le Gurlitt ? J'ai du en entendre 1h25.
Je pense aussi que la prise de son privilégiait les voix, ça ne me semblait pas naturelle, j'entendais souvent seulement des flots de cordes, pas très intéressants en plus.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:12

Dave a écrit:
Je me demande si c'était intégrale. Peut être bien que non. Je me rappelle que Machart avait dit "une sélection de scènes" ce qui expliquerait que j'ai pu suivre avec le livret, il a du s'arranger pour mettre les scènes communes à celui de Berg, pour nous permettre de faire directement la comparaison. Combien de temps dure le Gurlitt ? J'ai du en entendre 1h25.
Il a pas dû en retrancher beaucoup dans ce cas, parce que ça ne dure pas beaucoup plus que ça.

Citation :
Je pense aussi que la prise de son privilégiait les voix, ça ne me semblait pas naturelle, j'entendais souvent seulement des flots de cordes, pas très intéressants en plus.
Parce que tu n'as pas écouté assez attentivement : les cordes dominent, mais par exemple dans la première scène, tu as des bois assez frénétiques.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:19

DavidLeMarrec a écrit:

Parce que tu n'as pas écouté assez attentivement : les cordes dominent, mais par exemple dans la première scène, tu as des bois assez frénétiques.

C'est sûr, j'ai passé beaucoup de temps à me perdre dans le livret, à chercher ce qui était dit pour reprendre le fil et je n'ai pas fait assez attention à l'orchestre.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:21

Non, et puis on l'entend pas bien, c'est un fait. Quelle claque ce doit être en salle. Ca a été joué en Suisse cet été, et Joel y pensait pour Paris... Very Happy
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:22

DavidLeMarrec a écrit:
Non, et puis on l'entend pas bien, c'est un fait. Quelle claque ce doit être en salle. Ca a été joué en Suisse cet été, et Joel y pensait pour Paris... Very Happy

D'ailleurs je t'avais déjà posé la question, sans réponse, je suppose donc que tu n'as pas eu de bande radio du concert de Lucerne Crying or Very sad
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 12:27

MP.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 14:04

DavidLeMarrec a écrit:
Dave a écrit:
Je me demande si c'était intégrale. Peut être bien que non. Je me rappelle que Machart avait dit "une sélection de scènes" ce qui expliquerait que j'ai pu suivre avec le livret, il a du s'arranger pour mettre les scènes communes à celui de Berg, pour nous permettre de faire directement la comparaison. Combien de temps dure le Gurlitt ? J'ai du en entendre 1h25.
Il a pas dû en retrancher beaucoup dans ce cas, parce que ça ne dure pas beaucoup plus que ça.

Ca dure même moins, ça tient en un seul CD.
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 14:31

Effectivement, la version López-Cobos dure 77 minutes. Pas très envie de compter pour Albrecht et Zagrosek, il y a plusieurs pistes. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 15:32

Dave a écrit:

D'ailleurs, c'était agréable de pouvoir presque toujours suivre avec le livret de Wozzeck, comme si Gurlitt avait sélectionné les même scènes que Berg.
Pour les scènes, j'en ai parlé dans la présentation, 1ère page du fil. Wink
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Jeu 24 Déc 2009 - 19:52

On ne lit jamais assez Rubato. Very Happy
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Ven 25 Déc 2009 - 3:19

DavidLeMarrec a écrit:
On ne lit jamais assez Rubato. Very Happy
Moqueur!! geek
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Ven 25 Déc 2009 - 18:16

J'étais sérieux, mais pourquoi ne pas en rire en effet. Like a Star @ heaven
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Sam 18 Sep 2010 - 13:32

Est-ce qu'il y a un enregistrement de l'opéra d'après Zola Nana? Je sais qu'il y a eu une représentation il n'y a pas 6 mois, il y a un compte-rendu ici...
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Rubato
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Dim 19 Sep 2010 - 11:36

Percy Bysshe a écrit:
Est-ce qu'il y a un enregistrement de l'opéra d'après Zola Nana? Je sais qu'il y a eu une représentation il n'y a pas 6 mois, il y a un compte-rendu ici...
A ma connaissance, non, malheureusement. Neutral
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Mer 6 Oct 2010 - 19:46



Une écoute pour l'instant, et plutôt une bonne impression. Je ne pouvais m'empêcher bien sûr de penser à "Die Soldaten" de Zimmermann que je vais réécouter.
Apparemment on retrouve plus ou moins les mêmes scènes (agencées parfois différemment) dans les deux livrets.
Le dénouement est cependant différent. Ici l'opéra se termine avec la mort de Stolzius, et dans la scène précédente, (qui est la scène finale chez Zimmermann) Père et fille (Wesener et Marie) finissent par se reconnaître. Alors, lequel, de Zimmermann ou de Gurlitt, est fidèle au texte de Lenz ?

Le dénouement chez Gurlitt est musicalement moins "effrayant" que chez Zimmermann (le pas cadencé des soldats, et ce long cri! pale )


EDIT:
Encore mieux à la 2ème écoute!
Bémol: pas de traduction françaice. Confused
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 25 Oct 2010 - 21:52

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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 25 Oct 2010 - 22:00

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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   Lun 25 Oct 2010 - 22:05

Gurlitt est le chef d'orchestre, on le voit sur l'étiquette. Après, ce n'est pas le meilleur disque de cette chère Lotte...
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MessageSujet: Re: Manfred GURLITT (1890-1972). Wozzeck...et autres oeuvres   

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