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 Luigi Nono (1924-1990)

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Percy Bysshe
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MessageSujet: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 17:54

Compositeur contemporain italien, célèbre pour avoir participé à la fameuse université de Darmstadt. Il était célèbre aussi pour ses idées politiques, particulièrement ancré dans le communisme.

Je ne connais qu'une seule oeuvre de lui, qui m'avait bien plu, il s'agit de Como una ola di fuerza y luz.
Vous connaissez? Par quel oeuvre faut-il que je poursuive?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 18:00

Pas de pot, c'est la seule oeuvre qui me plaise beaucoup chez lui.
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Utnapištim
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 18:37

j'ai entendu une oeuvre de Nono à Pleyel il ya peu et j'ai adoré ! Mr.Red Enfin j'étais en minorité dans la salle avec tous ces gens qui partaient. hehe
A floresta é jovem e cheja de vida, pour soprano, 3 voix récitantes, clarinette, feuille métallique et bande magnétique, sur un texte de Giovanni Pirelli, 1966
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 18:54

Utnapishtim a écrit:
j'ai entendu une oeuvre de Nono à Pleyel il ya peu et j'ai adoré ! Mr.Red Enfin j'étais en minorité dans la salle avec tous ces gens qui partaient. hehe
A floresta é jovem e cheja de vida, pour soprano, 3 voix récitantes, clarinette, feuille métallique et bande magnétique, sur un texte de Giovanni Pirelli, 1966
C'est peut-être la presse qui a gonflé l'affaire, mais j'ai entendu dire que c'était en fin de semaine et que le public crevé avait trouvé ça un pneu décevant.
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MickeyZeVrai
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 19:11

DavidLeMarrec a écrit:
C'est peut-être la presse qui a gonflé l'affaire, mais j'ai entendu dire que c'était en fin de semaine et que le public crevé avait trouvé ça un pneu décevant.
C'était un mardi et le public qui est resté a chaleureusement applaudi les artistes.
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Utnapištim
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 19:17

MickeyZeVrai a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
C'est peut-être la presse qui a gonflé l'affaire, mais j'ai entendu dire que c'était en fin de semaine et que le public crevé avait trouvé ça un pneu décevant.
C'était un mardi et le public qui est resté a chaleureusement applaudi les artistes.

Oui car ils le méritaient. Et la musique électro accoustique (savante) n'est pas encore à la mode.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 7 Fév 2010 - 19:46

Il y a encore pire qu'avoir un BT déserté ou d'être repris pour flood, c'est de voir ses vannes totalement ignorées. Je pensais pourtant avancer lourdement casqué en la circonstance m'essieu Utna & Pishtim, à mi-chelin entre la lourdeté et la pachydermerie. elephant

Et d'un air boudeur, je file dans ma chambre.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 11 Déc 2011 - 16:52

Lundi dernier 5 décembre 2011, je suis tombé un peu par hasard sur un documentaire d'Arte portant sur l'ensemble allemand Modern qui, comme son nom le suggère, est un grand spécialiste du répertoire contemporain. Parmi tous les extraits d'oeuvres proposés figurait l'opéra "Prometeo" de Luigi Nono. Nécessitant des moyens monumentaux - 2 orchestres + choeur + moyens électroacoustiques -, cette pièce est peu enregistrée mis à part un double SACD hybride du label Col Legno avec le SWR. Quelqu'un connaît-il cet enregistrement?


Résumé sommairement, d'après le peu que j'ai pu entendre, c'est à la fois sombre et planant mais d'une beauté époustouflante.
Pour se faire une idée, voici la première partie du prologue sur TonTuyau : watch?v=kq2FeEeNZgs
D'autres extraits sont également proposés sur ce site.
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antrav
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 11 Déc 2011 - 19:00

Ce Prologue est prometteur. Smile

Et une belle toile de Kiefer sur la vidéo.

Spoiler:
 
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 11 Déc 2011 - 20:54

On trouve une suite aussi. Notamment la version Abbado, qu'on trouve sur Qobuz. Mais oui, Prometeo est un secret bien caché des discographie.
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Rafsan
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 11 Déc 2011 - 21:53

Prometeo, tragedia dell'ascolto. Très belle œuvre. Version Metzmacher (EMI). La seule que je connaisse.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 12 Déc 2011 - 10:25

Siegmund a écrit:
On trouve une suite aussi. Notamment la version Abbado, qu'on trouve sur Qobuz. Mais oui, Prometeo est un secret bien caché des discographie.
Ça m'intéresserait plus, une suite. J'ai regardé sur Qobuz mais je ne l'ai pas trouvée. Pourrais-tu m'en dire plus? Merci d'avance.

Rafsan a écrit:
Prometeo, tragedia dell'ascolto. Très belle œuvre. Version Metzmacher (EMI). La seule que je connaisse.
Merci également pour ce renseignement mais je n'ai pas réussi à trouver cette version sur internet. Peux-tu m'y aider? D'avance, merci.
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Rafsan
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 12 Déc 2011 - 11:53

La version Metzmacher, qui date d'une quinzaine d'années, n'est manifestement plus disponible depuis un certain temps. (Je me suis procuré mon exemplaire quand le cd est sorti.) Elle est donc rare sur le marché; néanmoins, j'en ai trouvé deux exemplaires sur Amazon.uk, mais d'occasion et horriblement chers.
http://www.amazon.co.uk/Nono-Prometeo-Luigi/dp/B000005GL4/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1323686669&sr=8-1
Sans doute te faudra-t-il chercher davantage pour dénicher la bonne affaire…


Dernière édition par Rafsan le Lun 12 Déc 2011 - 13:29, édité 1 fois
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 12 Déc 2011 - 13:07

Cocotier a écrit:
Siegmund a écrit:
On trouve une suite aussi. Notamment la version Abbado, qu'on trouve sur Qobuz. Mais oui, Prometeo est un secret bien caché des discographie.
Ça m'intéresserait plus, une suite. J'ai regardé sur Qobuz mais je ne l'ai pas trouvée. Pourrais-tu m'en dire plus? Merci d'avance.

http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Claudio-Abbado-Prometheus-The-Myth-in-Music/Classique/Claudio-Abbado/Sony-Classical/default/fiche_produit/id_produit-0074645397825.html?qref=sre_1_1
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 12 Déc 2011 - 16:16

Merci beaucoup à tous les deux !!!!!
@Rafsan : effectivement, c'est devenu rare. Mais je n'aime pas ce procédé mercantiliste douteux (69£ !!!). Il m'est arrivé de revendre des CD devenus rares et j'ai les ai cédés, au pire, au prix du neuf.
@Siegmund : merci pour ce lien. Je cherchais Prometeo au lieu de Prometheus et je ne risquais donc pas de trouver. Du coup, on le trouve sur Amazon. Parfois, il m'arrive de penser que les moteurs de recherche sont intelligents...
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Xavier
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 12 Déc 2011 - 16:21

Au passage, le disque Abbado comporte une des toutes meilleures versions du Prométhée de Scriabine. Very Happy
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yannig
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MessageSujet: quatuor à cordes   Mar 2 Avr 2013 - 1:33

Je possède le quatuor à cordes "Fragmente Stille : An Diotima" par le quatuor Lasalle (DG) en vinyle. ça se trouve aussi en CD.


J'ai aussi une version CD par le quatuor Arditti, mais je préfère nettement Lasalle.


C'est une oeuvre tout simplement fabuleuse. Je l'écoute assez souvent. Mais il faut du silence.
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darkmagus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Jeu 31 Oct 2013 - 16:58


J’ai ce disque également, œuvre très introspective, très lente, au climat légèrement inquiétant, qui n’est pas sans me rappeler ce que fait parfois l’Art Ensemble Of Chicago dans un autre domaine musical.

sinon, de Nono:


Une oeuvre vocale très différente.
Le troisième mouvement est hallucinant de terreur et d’effroi, et en même temps, absolument magnifique, parfois  exaltant !


Dernière édition par darkmagus le Lun 29 Juin 2015 - 9:27, édité 1 fois
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Xavier
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 10 Aoû 2014 - 16:23

Intolleranza 1960 est diffusé dans les prochains jours sur Mezzo live HD, c'est une production de la Fenice de Venise, dirigée par Zagrosek.

Je ne connais pas, ça sera l'occasion...
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 11 Aoû 2014 - 1:29

Xavier a écrit:
Intolleranza 1960 est diffusé dans les prochains jours sur Mezzo live HD, c'est une production de la Fenice de Venise, dirigée par Zagrosek.

Je ne connais pas, ça sera l'occasion...

Merci pour l'information, j'espère que j'arriverai à capter à peu près correctement.

Cela dit, je crains que tu n'apprécies pas forcément l'œuvre: atonal pur jus + agit'prop' assez datée, ça risque de faire beaucoup pour toi. (Même si personnellement, dans tout cela, je trouve une véhémence finalement très "lyrique" qui me touche beaucoup...)

Mais si tu aimes, tente Al gran sole carico d'amore, qui est dans la même esprit, mais peut-être plus dense et plus lyrique.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 11 Aoû 2014 - 1:48

Je sais que ça risque de ne pas être ma tasse de thé, mais au moins je connaîtrai.  Smile  (ça dure moins d'une heure, ce n'est pas énorme)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 31 Jan 2015 - 22:24

¿ Dónde estás, hermano ?

Écrit pour son Prometeo, avec quatre voix féminines solo. Je ne suis d'ordinaire pas très intéressé par ces compositions qui jouent avec le silence, mais ici, les voix émergent comme des cris sur de belles harmonies, tendues, mais qui sonnent assez fonctionnelles… Comme des fragments de parole qui échappent brièvement au silence.

Ça m'émeut vraiment, ça.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 31 Jan 2015 - 22:26

DavidLeMarrec a écrit:
¿ Dónde estás, hermano ?

Écrit pour son Prometeo, avec quatre voix féminines solo. Je ne suis d'ordinaire pas très intéressé par ces compositions qui jouent avec le silence, mais ici, les voix émergent comme des cris sur de belles harmonies, tendues, mais qui sonnent assez fonctionnelles… Comme des fragments de parole qui échappent brièvement au silence.

Ça m'émeut vraiment, ça.

cheers
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 31 Jan 2015 - 22:26

Sarà dolce tacere me paraît écrit dans une harmonie beaucoup plus conventionnelle, sorte d'écho de partiels, beaucoup moins directionnel et discursif. Ça reste joli si c'est bien chanté.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 31 Jan 2015 - 22:28

Benedictus a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
¿ Dónde estás, hermano ?

Écrit pour son Prometeo, avec quatre voix féminines solo. Je ne suis d'ordinaire pas très intéressé par ces compositions qui jouent avec le silence, mais ici, les voix émergent comme des cris sur de belles harmonies, tendues, mais qui sonnent assez fonctionnelles… Comme des fragments de parole qui échappent brièvement au silence.

Ça m'émeut vraiment, ça.

cheers

Ah, tu as déjà testé ? Tu en as de bonnes versions à recommander ? (la mienne date de l'automne 2014, je suppose qu'il y en a eu d'autres)
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 31 Jan 2015 - 22:42

DavidLeMarrec a écrit:
Ah, tu as déjà testé ?  Tu en as de bonnes versions à recommander ?  (la mienne date de l'automne 2014, je suppose qu'il y en a eu d'autres)

Je n'en ai que deux versions, plus anciennes (début des années 2000) que la tienne:
- par les Neue Vocalsolisten Stuttgart chez Col legno (sur le disque Quando stanno morendo);
- par Colette Hochain, Armelle Orieux, Elisabeth Grard et... Sophie Boulin chez Mode (sur le disque Voices of Protest).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 31 Jan 2015 - 22:47

Bon, bon, réécoute prochaine… Very Happy
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lucien
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 21 Juin 2015 - 22:16

lucien a écrit:
Luigi Nono (1924–1990),

  Guai ai gelidi mostri pour deux voix d’alto, flute, clarinette, tuba, alto, violoncelle, contrebasse et électronique live (1983)
  Quando stanno morendo, Diario polacco n. 2 pour quatre voix de femme, flute basse, violoncelle et électronique live (1982)

       Heike Heilmann, Petra Hoffmann et Alexandra Lubchansky, sopranos
       Noa Frenkel et Susanne Otto, altos


       Roberto Fabbriciani, flute
       Ernesto Molinari, clarinette
       Klaus Burger, tuba
       Susan Knight, alto
       Christine Theus, violoncelle
       Ulrich Schneider, contrebasse


       EXPERIMENTALSTUDIO des SWR
       Michael Acker, Reinhold Braig, Joachim Haas


       André Richard, direction


Je n’avais jamais été pleinement convaincu par Nono, mais là...
C’est le dernier Nono, c’est-à-dire une sorte de post-Scelsi. Et c’est absolument magnifique, profond, subtil et intense ; bouleversant. Directement dans mes disques préférés de tous les temps.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 21 Juin 2015 - 23:06

lucien a écrit:
Je n’avais jamais été pleinement convaincu par Nono, mais là...
C’est le dernier Nono, c’est-à-dire une sorte de post-Scelsi. Et c’est absolument magnifique, profond, subtil et intense ; bouleversant. Directement dans mes disques préférés de tous les temps.

Ah, mais oui, mais le dernier Nono, bien sûr... En fait, c'est par là que j'ai commencé - remontant ensuite à ses œuvres antérieures pour y chercher les prémices de cette dernière manière. (En fait, le basculement, c'est entre ... sofferte onde serene... et le quatuor.)

Tu as écouté le cycle des Caminantes (Pomàrico, Kairos) - bouleversant, en effet?
Pour Guai ai gelidi mostri, il existe un autre enregistrement par André Richard chez Montaigne, avec Omaggio a György Kurtág, dans la même veine.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 21 Juin 2015 - 23:11

Benedictus a écrit:
Tu as écouté le cycle des Caminantes (Pomàrico, Kairos) - bouleversant, en effet?
non, je ne pense pas.

Benedictus a écrit:
Pour Guai ai gelidi mostri, il existe un autre enregistrement par André Richard chez Montaigne, avec Omaggio a György Kurtág, dans la même veine.
sans doute, sauf que j’aime beaucoup moins l’Omaggio (comme d’autres œuvres de la même période).
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 29 Juin 2015 - 0:51

voilà, c’est écouté ; dans l’ordre du (double) cd :
No hay caminos, hay que caminar... Andrej Tarkowskij pour orchestre (1987) : je connaissais déjà chez Gielen (aucun souvenir), et je n’ai pas aimé, voire pas du tout.
“Hay que caminar” soñando pour deux violons (1989) : là encore je connaissais déjà, par Kremer et Grindenko... oui, c’est joli, mais... sur la durée ça ne me convainc pas... et j’ai un peu l’impression d’entendre deux gars qui cherchent leur contre-contre-ut pendant vingt-cinq minutes (n’est-ce pas Lachenmann qui comparait Nono au bel canto !) en espérant que le résultat soit spirituel par surcroit.
Caminantes... Ayacucho pour mezzo, flute, chœurs, orgue, orchestre et électronique (1986–87) : (découverte) sans les “groupes orchestraux” cela pourrait peut-être me plaire (pas démesurément, sans doute), mais là franchement c’est difficile.

donc voilà... moi cela me déçoit beaucoup... en tout cas c’est pour moi très très loin des deux œuvres sur le cd que j’ai cité plus haut... avec celles-ci, comme avec d’autres, je vois bien que c’est une musique qui cherche à être profonde, mais je ne marche pas.

(récemment, j’ai assez aimé A Pierre, et les œuvres chorales citées par David un peu plus haut.)
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lucien
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 19 Oct 2015 - 23:04

Je viens d’écouter deux enregistrements des Variazioni canoniche : Gielen (Astrée/Auvidis) et Venzago (Col Legno).
Situons. Le titre complet est Variazioni canoniche sulla serie dell’op. 41 di Arnold Schönberg, pour orchestre de chambre ; reprendre une œuvre engagée de Schönberg n’est évidemment pas anodin de la part de Nono. Il s’agit de la première œuvre reconnue de Nono, créée en 1950 à Darmstadt par Scherchen. Bien que pas pleinement sérielle, elle se dirige déjà vers le sérialisme intégral car elle utilise également une série de durées — ce qu’au demeurant Messiaen avait déjà fait dans la Turangalîla. Pour le reste il y a quelque chose de classique (Dallapiccola est passé par là), quasi postromantique, élégiaque (d’ailleurs l’Ode à Napoléon était caractérisée par ses pôles tonals).
Mais bref, si je voulais dire un mot ici, c’est que l’interprétation de l’orchestre symphonique de Bâle dirigé par Mario Venzago m’a beaucoup impressionné. Même à l’écoute de la version vigoureuse de Gielen, on est tenté de relire cette œuvre à la lumière de la production tardive de Nono : recherches de timbres, sons quasi inaudibles, silences, climats brumeux, etc. Mais alors chez Venzago, et surtout dans le premier mouvement, on y est vraiment, dans le Nono des dernières années : cette lenteur ténue, cette pureté des sons diaphanes suspendus dans l’air... Joué comme ça, ça a un impact émotionnel énorme (sur moi en tout cas).

**
Au passage, j’ai réécouté et réécouté Quando stanno morendo (rapport à l’état de siège en Pologne) : œuvre et enregistrement NEOS .
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Mar 20 Oct 2015 - 19:24

lucien a écrit:
Bien que pas pleinement sérielle,

C'est-à-dire ? (et à quoi le vois-tu ?)
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lucien
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Mar 20 Oct 2015 - 20:48

Je l’ai lu à divers endroits. Tout dépend en fait de ce qu’on entend par sériel. Mais bon, en gros, on a d’un côté le dodécaphonisme (à la Schönberg) qui est le développement linéaire et thématique d’une suite ordonnée de douze sons, et le sérialisme, monstre insaisissable, disons l’exploitation systématiques des composantes individuelles d’une série/ensemble plus ou moins ordonné de trucs (le degré d’ordonnancement lui-même peut-être un paramètre, ça s’est fait) — le passage de l’un à l’autre se faisant à partir de Webern. Donc, pour ce Nono, on est d’une certaine manière entre les deux, ni vraiment chez Schönberg parce que la série est partiellement dissoute (et n’apparait qu’à la fin, à la harpe... doublée à l’octave, s’il vous plait) — techniquement, je ne peux pas dire dans quelle mesure l’écriture est conforme au canon schönbergien, désolé, mais en fait je m’en fiche un peu — ; ni vraiment sériel (ça ça s’entend beaucoup mieux) parce qu’elle a encore la plupart du temps un rôle thématique et que le développement est en bonne partie contrapuntique. Ensuite, d’un point de vue esthétique, on est loin de ce qui se fait du côté sériel (vraies mélodies, intervalles consonants, octaves, recherches harmoniques et de timbre verticales évidentes, etc.), mais là encore on est un entre deux un peu étrange.

(j’espère n’avoir pas dit trop de bêtises. Mr. Green)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Mar 20 Oct 2015 - 21:32

Merci. Je me demandais comment tu faisais la distinction (puisque tu clames que tu lis mal la musique, tout en recopiant Gruppen au petit déjeuner scratch ). Ça décale à nouveau la question, donc : comment ces gens font-ils (en dehors de recopier ce que le compositeur ou son copain auteur de la notice d'origine a écrit) ?

Ce n'est pas du tout capital (surtout pas pour Nono, on voit en général très bien où ça va, sans se poser la question du langage), mais la circulation et la reproduction de ces choses (très fréquentes en musique, même lorsque c'est faux et facilement vérifiable) m'intéresse, en fait.

Merci pour ces éclairages !
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lucien
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Mar 20 Oct 2015 - 21:50

Oui, c’est sûr.
M’enfin ce sont quand même des choses qui s’entendent au moins partiellement, je veux dire qu’on peut discriminer, même si pour l’exégèse il semble qu’il faille savoir avant ; et j’ai toujours peur dire un mot de travers — quand j’écoute je me contente très bien d’approximations et d’intuitions, mais quand il faut donner quelques explications... Mr.Red Mais il n’empêche que j’ai ici comme souvent pas mal extrapolé (ce qui implique autre chose que copier) à partir des quelques mots succincts — les confrontant à l’écoute — que les auteurs qui ne font pas des analyses techniques détaillées (j’aimerais bien, mais ça m’est inaccessible) veulent bien nous donner avec beaucoup de retenue. hehe
Après, je suis d’accord, ce n’est pas capital. En fait, l’histoire du développement des idées et courants musicaux au vingtième siècle m’intéresse beaucoup, mais je le vois comme une question accessoire : ça ajoute une profondeur diachronique, mais on s’en passe très bien la plupart du temps lors de l’écoute.

DavidLeMarrec a écrit:
(puisque tu clames que tu lis mal la musique, tout en recopiant Gruppen au petit déjeuner scratch ).

Je t’assure, j’avais fait preuve de bonne volonté, j’avais ouvert la partition... et puis... ah oui, la clarinette basse... oui, mais ça doit transposer, ce machin-là ! voyons voir... la... bémol... euh... BON, merdre Nono, je vais lui faire, sa réponse, à David ! Mr. Green
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Mer 21 Oct 2015 - 13:09

lucien a écrit:
En fait, l’histoire du développement des idées et courants musicaux au vingtième siècle m’intéresse beaucoup, mais je le vois comme une question accessoire : ça ajoute une profondeur diachronique, mais on s’en passe très bien la plupart du temps lors de l’écoute.

Oui, voilà.

Et puis faute de pouvoir vraiment communiquer les émotions ici, il faut bien parler de quelque chose.


Sinon, écoute de Quando stanno morendo. Vraiment ascétique. Sympa sur le principe, mais il y a trop peu d'infos sur la durée (près de quarante minutes dans la version de la version A.Richard-SWR), et puis on est confiné dans les régions stridentes (qu'est-ce que ce doit être inconfortable pour les chanteuses) !
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Jeu 5 Nov 2015 - 0:06

Il faut reconnaître, me semble-t-il, que si l'on n'est pas musicien – voire si l'on n'a pas la partition sous les yeux – il est difficile de repérer une série et ses diverses occurrences dans une œuvre. À part dans les toutes premières mesures du Concerto pour violon de Berg, où son premier énoncé est particulièrement lisible/audible… Je me faisais tout récemment la réflexion en écoutant Moses und Aron de Schönberg, auquel je suis sensible et que j'admire pour son expressivité.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Jeu 5 Nov 2015 - 0:09

Je trouve que dans les Variations opus 31 (toujours Schoenberg) c'est assez faisable tout de même, dans une certaine mesure.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Mer 8 Mar 2017 - 23:43

(...)

La réflexion de Nono de cette époque n’admettait par principe aucune espèce de tournure figurative ou mélodique. Le geste linéaire laissait place à la constellation abstraite de sons définis acoustiquement. La musique comme espace temporel tendu, à l’image d’un réseau : voilà le modèle d’une pensée musicale qui réunissait encore Nono, Boulez, Stockhausen et Pousseur. À partir de ce point extrême de la penseé sérielle, les autres compositeurs revenaient de nouveau vers des formes figuratives (...), pour pénétrer en somme dans des paysages surréalistes et pittoresques, pour lesquels, à propos du
Marteau, György Ligeti a forgé dans un enthousiasme révélateur la notion de « monde félin ». Pour Nono en revanche, ce cas extrême constituait une place forte qu’il fallait tenir, une sorte de base arrière pour les opérations de contrôle d’un terrain nouvellement conquis ; c’était le point de départ pour la différentiation et l’extension d’une écoute qui se libérait des reliquats d’une tonalité obsolète. Avec une telle morphologie, codifiée de manière radicalement nouvelle, l’expérience d’un nouveau type de melos devenait centrale, comme résultat en surplomb d’une diversité de relations toujours mouvantes, entre des points sonores évoluant dans un espace délimité. (...)

Mais dans le même temps (...) Nono est le seul qui se soit constamment rattaché et ait tenu au « grand » ton expressif de la tradition, à l’élan pathétique, lyrique, dramatique et chargé d’affect hérité de Monteverdi, Beethoven et Schönberg. (...) Tout comme chez Schönberg, c’est ce maniement « structuraliste » du son chargé d’expressivité, présenté presque comme un modèle abstrait dans ses œuvres sérielles, qui déclenche la condensation emphatique — quelque chose de trop familier et de trop provocateur à la fois pour « les amis de l’avant-garde », qui préfèrent au bout du compte se laisser attirer dans des jungles exotiques, plutôt que de chercher de nouveaux repères dans leur propre paysage affectif, auquel ils ont pris gout. Et c’est précisément cette rupture structuraliste qui rechargeait la musique de Nono d’une énergie mystérieuse, à une époque marquée par un faux pathos disponible à peu de frais, et divers dégouts — dégout de ce pathos, mais aussi d’autres formes d’émotionalité vide. Cette force, aujourd’hui encore, ne laisse aucun auditeur indifférent.

La purification structuraliste d’une expressivité lapidaire, renouvelée en des termes quasiment archaïques, afin de faire sortir celle-ci de sa réification conventionnelle — voilà où Nono restait « enlisé » ; ou encore : le regard fixé sur une telle pureté, le Nono de la fin des années cinquante s’était agrippé à un paysage rocheux, âpre, inhospitalier et pourtant sublime, le paysage des signes nus, dont d’autres s’efforçaient se sortir par l’avant, par l’arrière, par le côté, pour rejoindre des contrées plus habitables. Nono n’est pas allé plus loin à cette époque, mais plus en profondeur. Et tandis que d’autres compositeurs croyaient pouvoir s’installer pour le restant de leur création là où ils venaient d’atterrir ou de débarquer, chez Nono, le structuraliste fixé sur le matériau n’a jamais cessé de pousser en avant le visionnaire orienté vers l’expression.

(...)


Helmut Lachenmann, 1991. I love you
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Ven 10 Mar 2017 - 18:49

Tout cela est très vrai, mais ce qui est étonnant, c'est que Lachenmann semble ici totalement évacuer la dimension politique constitutive de cette tension. Or, il me semble que la double postulation dont il est ici question répond profondément chez Nono à une exigence politique: j'aurais tendance à voir, d'un côté, dans la «purification structuraliste», la nécessité de la tabula rasa révolutionnaire et du travail de réinvention permanente du langage (jusque dans la dimension utopique assumée de cette pratique) et, de l'autre, dans l'attachement au «"grand" ton expressif de la tradition, à l’élan pathétique, lyrique, dramatique et chargé d’affect», la nécessité non moindre d'une efficace, d'une capacité à produire de l'affect collectif et, partant, de l'engagement.

Au demeurant, je ne suis pas sûr que Nono soit le seul à être resté attaché à cette expressivité héritée de la tradition: il me semble que, dans la même génération, cela se trouve aussi chez Maderna (et, d'une toute autre façon chez Kurtág, pour lequel il faudrait remplacer les noms de Beethoven et Schoenberg par ceux de Schumann et Webern) - mais dans une visée moins révolutionnaire, sans doute plus classiquement «humaniste».
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Ven 10 Mar 2017 - 19:51

Benedictus a écrit:
Tout cela est très vrai, mais ce qui est étonnant, c'est que Lachenmann semble ici totalement évacuer la dimension politique constitutive de cette tension. Or, il me semble que la double postulation dont il est ici question répond profondément chez Nono à une exigence politique: j'aurais tendance à voir, d'un côté, dans la «purification structuraliste», la nécessité de la tabula rasa révolutionnaire et du travail de réinvention permanente du langage (jusque dans la dimension utopique assumée de cette pratique) et, de l'autre, dans l'attachement au «"grand" ton expressif de la tradition, à l’élan pathétique, lyrique, dramatique et chargé d’affect», la nécessité non moindre d'une efficacité, d'une capacité à produire de l'affect collectif et, partant, de l'engagement.

Non, il est loin de l’évacuer totalement, c’est mon extrait qui veut ça. Par contre, il ne semble pas y accorder une importance si décisive, du moins si on n’élargit pas trop le sens de politique. Au demeurant, le Schönberg dont il est question ici, c’est bien sûr en grande partie celui du Survivant et de l’Ode, pas l’expressioniste romantique finissant, autrement dit l’engagement est déjà là.

Benedictus a écrit:
Au demeurant, je ne suis pas sûr que Nono soit le seul à être resté attaché à cette expressivité héritée de la tradition: il me semble que, dans la même génération, cela se trouve aussi chez Maderna (et, d'une toute autre façon chez Kurtág, pour lequel il faudrait remplacer les noms de Beethoven et Schoenberg par ceux de Schumann et Webern) - mais dans une visée sans doute moins révolutionnaire, sans doute plus classiquement «humaniste».

À cet endroit il y avait en note : Le seul, car aucun des « musiciens de l’expression » de sa génération, ou des générations avant ou après, a en même temps pris à ce point au sérieux le point de départ structurel. Donc peut-être Maderna, oui, ainsi que Dallapiccola, mais il est probable que leur parti pris linguistique ne soit pas aussi radical que chez Nono et que chez ceux-là l’attachement à la tradition soit aussi formel.

Et puis je trouve Maderna beaucoup plus viennois, assez loin des paysages de sons purs de Nono. En fait, ce qui me frappe, parce que je n’en ai pris conscience que très récemment, c’est que Nono n’a jamais vraiment abandonné la position radicale des années 50, pour le dire clairement le sérialisme intégral et ponctuel, et qu’en définitive toutes ses œuvres, jusqu’à la fin, en ressortissent, même s’il a beaucoup évolué par ailleurs ; quand Boulez faisait un pas en avant vers l’ornement décoratif, Pousseur un pas de côté dans le collage, etc., c’est le seul à être resté accroché à son rocher comme dit Lachenmann, rocher qui devint peu à peu récif isolé. Et pourtant, sa musique, dans toute sa radicalité, la plus aride, la plus rude, parfois la plus bruitiste aussi, est aussi la plus directe et la plus humaine. Ce n’est pas étonnant qu’il soit resté un modèle malgré son écartement relatif et une référence pour des courants pourtant opposés qui, quand ils condamnent, ajoutent aussitôt : à l’exception de Luigi Nono.


Dernière édition par lucien le Sam 11 Mar 2017 - 20:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 11 Mar 2017 - 20:37

Je réécoute quelques fois Como una ola de fuerza y luz, cela permet de me familiariser avec cette façon très frontale et dissonante (mais pas démonstrative !) dont Nono écrit fréquemment pour l’orchestre et qui est une chose avec laquelle j’ai encore des difficultés. C’est une œuvre fabuleuse je crois. Je ne me sens pas encore prêt pour l’ultime Caminantes.....Ayacucho, cependant.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 11 Mar 2017 - 22:05

lucien a écrit:
cette façon très frontale et dissonante (mais pas démonstrative !)
Très bien vu.

lucien a écrit:
Como una ola de fuerza y luz [...] C’est une œuvre fabuleuse je crois.
Oui!

lucien a écrit:
Je ne me sens pas encore prêt pour l’ultime Caminantes.....Ayacucho, cependant.
C'est immense. Cela dit, je ne suis pas sûr que je n'aurais pas eu moi aussi du mal si j'avais découvert l'œuvre au disque; mais au concert, l'impact est assez sidérant. (Et puis c'est une œuvre qui permet de pas mal relativiser la césure entre le Nono de la période médiane et celui de la fin.)
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 11 Mar 2017 - 23:05

Benedictus a écrit:
C'est immense. Cela dit, je ne suis pas sûr que je n'aurais pas eu moi aussi du mal si j'avais découvert l'œuvre au disque; mais au concert, l'impact est assez sidérant.

Oui, j’ai écouté ça il y a quelques mois — euh... presque quelques années (voir plus haut dans ce sujet) —, et c’est tout à fait ça : j’ai eu beaucoup de mal. Le dispositif, les solistes instrumentaux et vocaux, etc., on est en plein dans le dernier Nono, mais avec l’orchestre en plus, et un orchestre qui fait très mal. Mais maintenant que Como una ola me convainc pleinement malgré ses claques symphoniques, je pense que ça viendra, je vais laisser un peu de temps.

Benedictus a écrit:
(Et puis c'est une œuvre qui permet de pas mal relativiser la césure entre le Nono de la période médiane et celui de la fin.)

Tout à fait. Et ça marche dans l’autre sens je trouve, puisque plusieurs œuvres des années 60 (peut-être plus que celles, rares, des années 70 !), que je ne connaissais presque pas jusque très récemment, permettent relativiser la césure avec les années 80, et, partant, de ces dernières avec les années 50. Je pense que ces dernières années beaucoup de commentateurs ont glosé sur cette remise en question des trois périodes canoniques dont la partition partait sans doute (en partie !) de malentendus et/ou d’une récupération (exclusion ?) idéologique.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 11 Mar 2017 - 23:23

en relisant le voir plus haut, je me souviens qu’un autre morceau du cycle — c’est celui-ci l’ultime, alors que Caminantes est terminé en janvier —, No hay caminos hay que caminar est purement orchestral, et que l’écoute en avait été encore plus douloureuse.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 12 Mar 2017 - 0:24

Parmi les œuvres que j’ai (re)découvertes récemment, il y a Il canto sospeso (1956). En son temps classique parmi les classiques, c’est un peu l’œuvre qui a fait le succès et la réputation de Nono, avant que les choses ne se compliquent pour lui dès la fin des années 50. Jusque-là j’étais un peu effrayé par l’enregistrement historique de Maderna (1960 !), son chœur lointain et sa réalisation imprécise — malheureusement, on doit souvent se contenter de ce genre d’enregistrements pour les œuvres anciennes de Nono, qui n’ont toujours pas été réenregistrées ni même parfois rejouées depuis... — mais j’ai pu mettre la main sur la version Abbado, qui est beaucoup mieux de ce point de vue. Je ne sais pas bien quoi dire, mais c’est très grand. Pointilliste assurément, mais un ponctualisme à la Schönberg, tout en valeurs tenues, l’une après l’autre, profondément étranger aux sautillements frénétiques et pianistiques de nombre de ses collègues ; déjà une écriture instrumentale qui a pour modèle la pureté de la voix humaine. Donc tout à fait dans le style des œuvres de Nono depuis le début des années 50, mais l’œuvre ne démérite pas sa réputation à mon avis. C’est terriblement beau, intense, habité, humain, douloureux, réconfortant...
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Lun 13 Mar 2017 - 9:46

lucien a écrit:
Je réécoute quelques fois Como una ola de fuerza y luz, cela permet de me familiariser avec cette façon très frontale et dissonante (mais pas démonstrative !) dont Nono écrit fréquemment pour l’orchestre et qui est une chose avec laquelle j’ai encore des difficultés. C’est une œuvre fabuleuse je crois.

Découverte récemment dans la version Pollini. Je suis de ton avis.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en fait et j'avoue avoir ressenti une certaine méfiance en posant le disque mais elle s'est vite envolée.

C'est une oeuvre qui a un impact fort, une vraie théâtralité pas éloignée d'une forme de rituel. Elle fait alterner de longs épisodes tenus, comme une mer d'huile à peine parcourue de reflets discrets mais troublants, et de grandes bourrasques dramatiques à l'image de ces "Luciano!" obstinés, désespérés. Il y a des repères, une trajectoire dramatique et un souci de beauté que je trouve souvent absent de la plupart des pièces des compagnons de route de Nono. On est loin de la théorie desséchée en tout cas.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Sam 25 Mar 2017 - 23:15

lucien a écrit:
Il canto sospeso (1956). [...] C’est terriblement beau, intense, habité, humain, douloureux, réconfortant...
Cello a écrit:
Como una ola de fuerza y luzun impact fort, une vraie théâtralité pas éloignée d'une forme de rituel. Elle fait alterner de longs épisodes tenus, comme une mer d'huile à peine parcourue de reflets discrets mais troublants, et de grandes bourrasques dramatiques à l'image de ces "Luciano!" obstinés, désespérés. Il y a des repères, une trajectoire dramatique et un souci de beauté [...]
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Dim 9 Avr 2017 - 1:13

j’ai écouté récemment quatre, presque cinq versions (il en existe encore d’autres) de Das atmende Klarsein... mon dieu que ces parties de flute basse seule sont géniales... le chœur est magnifique aussi, bien sûr, mais cette flute... d’une richesse sonore inouïe, plus aventureux que jamais (déroutant techniquement), sublime et profond, on est à un niveau céleste ici... parfois la section finale manque et c’est fort dommage, car bien réalisée c’est la conclusion la plus parfaite.
a priori, c’est Fabbriciani avec Tamayo qui m’a le plus marqué, pour la flute en tout cas ; ça doit être la version la plus ancienne, c’est un 33 tours édité par Fonit Cetra (étiquette Italia)... je dis a priori car c’est tellement prenant... comment avoir une vue externe sur une telle musique... on est pris tout entier en elle... mais la section finale, à savoir une bande magnétique présélectionnée (c’est de la flute préenregistrée) avec improvisation du flutiste, est particulièrement immense... d’une grande précision, très proche, l’instrument (on oublie qu’il y a une bande... c’est un seul instrument total) apparait dans toute sa brutalité alors que d’autres versions l’éloignent dans un halo de réverbération... comment est-ce possible de susciter tant de contrastes avec de la lumière pure ?
et d’ailleurs, puisque c’est naturellement indisponible, je me permets de placer un lien vers l’extrait.

un coro, un flauto e tanti, tanti dubbi.
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