Autour de la musique classique

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 Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives

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RandallBoggs
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MessageSujet: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:05

Depuis quelques années, Maurizio Pollini vient à la salle Pleyel dans le cadre desdites Pollini Perspectives où le programme des concerts associe une œuvre contemporaine à des œuvres du répertoire. De 2011 à 2013, il s'agit d'un cycle consacré aux Sonates de Beethoven, de l'opus 53 à la dernière, l'opus 111. Affiche alléchante s'il en est.

Las !

Si Pollini m'a positivement impressionné par le passé en concert, disons il y a encore de cela une petite dizaine d'années, ces derniers temps, en particulier dans ce cycle, je ne peux que déplorer le déclin de ce pianiste.

Si j'y suis allé ce soir, c'est bien parce que le concert faisait partie de la série de concerts d'un de mes abonnements et que malgré tout, je reste toujours intéressé a priori par la programmation contemporaine de chacun des concerts et suis toujours satisfait de la prestation a posteriori.

Au programme de ce concert :

  • Lachenmann, Quatuor à cordes No 3, Grido
    Quatuor SACK
  • Beethoven, Sonate No 4, Op. 7
  • Beethoven, Sonate No 8, Op. 13, la « Pathétique »

Mes commentaires dans un post suivant.


Dernière édition par RandallBoggs le Sam 19 Jan 2013 - 19:49, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:08

quel âge a-t-il de par le fait ?
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:18

Il a 71 ans (né le 5 janvier 1942). Bah comparé à lui, en carrément plus vieux, je trouve que quelqu'un comme Aldo Ciccolini vieillit très très bien (modulo les éventuels soucis de santé) !

Pour vous donner une idée du concert :

alexandre. a écrit:
/watch?v=UrH2WLRz00w
/watch?v=Z25yz4kz1-c

On dirait que c'est capté du fond du Conservatoire de Moscou en 48, mais ça suffit pour se rendre compte que ce sont d'excellentes interprétations.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:31

Je réécoute l'opus 13 et je ne vois pas où est le problème que tu dénonces, si ce n'est quelques imperfections de ci de là, inhérentes au live. J'entends au contraire une magnifique interprétation et une technique superlative.
Je réécouterai l'op. 7 pour voir.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:34

J'ai écouté seulement les bandes, je n'étais pas au concert. Et j'entends un piano très maîtrisé, certes les carrures rythmiques sont de moins en moins présentes, mais l'agogique d'ensemble me semble tout à fait fidèle à la partition. Et le son semble très bien projeté, les vidéos youtube ont été prises depuis le deuxième balcon, et malgré cela le son est très timbré.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:48


En concert, les pains sont parfaitement acceptables, je m'en fous quand il y en a quelques-uns. Ici, c'est de tout autre chose qu'il s'agit, c'est sa façon de mener son interprétation qui me vrille les oreilles. Il n'y a plus de respect des cellule rythmiques, ça presse, ça se bouscule, les respirations n'existent plus. Si vous aimez ça, tant mieux pour vous, moi, je trouve cela insupportable à l'écoute. J'ai réécouté le concert via YT, je retrouve les même défauts qui m'ont fait bondir pendant le concert. L'impression que ça donne : on commence mesure 1, on finit mesure N et ce, à un train d'enfer, pourvu qu'on en finisse le plus vite.

Autre chose désagréable en arrivant au concert : changement de programme, on devait avoir l'opus 101 (No 28) et l'opus 106 (No 29 « Hammerklavier »), on passe à des sonates de la première période, ce qui n'a plus rien à voir avec le cycle tel que conçu originellement. Sans vouloir faire de procès d'intention, mais n'était-ce pas là déjà un demi-aveu de la part de Pollilni de ne plus être capable d'affronter une œuvre comme la Hammerklavier ? car cette sonate, il est censé la connaître dans les moindres recoins, je me demande même si je n'ai pas déjà entendu Pollini la jouer en live.

C'est dommage, j'aurais aimé voir ce qu'il aurait proposé et le comparer au concert de Sokolov de novembre dernier au TCE.



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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 18:51

Celle de Sokolov était tellement idiosyncratique, que je ne sais pas ce s'il aurait pu sortir quelque-chose d'intéressant de ce genre de comparaison directe.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 19:04

Pollini a joué la Hammerklavier plusieurs fois à Paris ces dernières années. Il y est magistral. Mille fois plus que Sokolov, quoique j'admire le piano de celui-ci. C'est pour cela que je regrette de ne pas l'avoir entendu de nouveau hier, mais j'étais bien content de l'entendre dans ces deux sonates, notamment la 4e qu'on ne donne jamais.

Apparemment, ce que tu n'aimes pas c'est son interprétation, qui ne tient pas à une quelconque défaillance technique. Je comprends un peu mieux ce dont tu parles : cette fébrilité, cette rudesse, cette urgence, cette énergie sur le fil dans les mouvements rapides me semblent tout à fait concevables dans Beethoven, c'est en tout cas caractéristique du Beethoven de Pollini depuis au moins quinze ans.

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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 19:25

alexandre. a écrit:
Celle de Sokolov était tellement idiosyncratique, que je ne sais pas ce s'il aurait pu sortir quelque-chose d'intéressant de ce genre de comparaison directe.
Bah tout simplement voir quelle approche aurait personnellement adopté Pollini.

Hippolyte a écrit:
Pollini a joué la Hammerklavier plusieurs fois à Paris ces dernières années. Il y est magistral. Mille fois plus que Sokolov, quoique j'admire le piano de celui-ci. C'est pour cela que je regrette de ne pas l'avoir entendu de nouveau hier, mais j'étais bien content de l'entendre dans ces deux sonates, notamment la 4e qu'on ne donne jamais.
Je préfère mille fois Sokolov au Pollini actuel, la question ne se pose même pas.

Citation :

Apparemment, ce que tu n'aimes pas c'est son interprétation, qui ne tient pas à une quelconque défaillance technique. Je comprends un peu mieux ce dont tu parles : cette fébrilité, cette rudesse, cette urgence, cette énergie sur le fil dans les mouvements rapides me semblent tout à fait concevables dans Beethoven, c'est en tout cas caractéristique du Beethoven de Pollini depuis au moins quinze ans.
J'aime justement les Beethoven violents. Là n'est pas la question.

Tiens, j'ai retrouvé un programme que j'avais sauvé sur mon disque dur. J'ai entendu Pollini en 2007 (ce n'était pas à Paris) dans Stockhausen, Schumann et justement la Hammerklavier. Concert admirable, en aucun cas je n'aurais émis les critiques que je donne aujourd'hui ; à cette époque pas si lointaine, sa technique était bien plus rigoureuse et cela m'avait vraiment marqué. La phrase, le sens de l'architecture de Pollini, je ne la retrouve plus, c'est juste un enchaînement de notes fait de telle sorte qu'on en finisse le plus rapidement possible quitte à manger des micro-temps (et pas de manière cohérente, ce qui aurait pu relever véritablement d'un choix). Non, pour moi, ce n'est pas une façon de jouer.

Crois-moi, si je suis aussi violent avec lui, c'est bien parce que je l'ai entendu jouer autrefois d'une façon qui n'a plus rien à voir avec maintenant. C'est ça qui me chagrine. Techniquement, ça ne va plus, mais plus du tout (la pâte sonore en pâtit énormément aussi). C'est un peu comme Brendel dont le déclin technique se faisait vraiment sentir avant qu'il ne prenne sa retraite.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 20:01

Plus qu'un déclin, je vois chez Pollini l'aboutissement d'une démarche qui l'a conduit à totalement remettre en cause sa technique depuis une bonne dizaine d'années suite à une profonde remise en cause de son jeu. Une recherche qui l'a poussé à quitter une articulation parfois un peu triviale, à beaucoup plus travailler sur le son de son piano, à avoir un legato beaucoup plus prégnant et une agogique beaucoup moins rigide.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 20:38

Va pour la démarche, c'est son choix. Mais ce qui compte, ce ne sont pas les intentions, c'est le résultat. Ma conclusion est que ce n'est pas beau, c'est peu subtil, manquant de nuance, tant du point de vue son que du point de vue de l'agogique. Si cela te convient, grand bien te fasse. Je persiste à dire que ça ne tient plus du tout la route techniquement. Cette situation me rappelle cruellement les nouvelles de Balzac, le Chef-d'œuvre inconnu ou encore Gambara...

Pour finir, des instrumentistes qui ne travaillent plus à force de ne faire que des concerts, il y en a plein et la technique s'en ressent. Pollini fait-il partie de cette catégorie ? Je ne connais pas son agenda pour en juger. Des grands instrumentistes qui déclinent avec l'âge, c'est humain et c'est ce qui se passe chez lui à mon sens. Car s'il était autant en pleine possession de ses moyens, pourquoi alors substituer à deux sonates de la dernière période, deux sonates de la première, bien moins exigeantes ?


Dernière édition par RandallBoggs le Sam 19 Jan 2013 - 20:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 20:42

RandallBoggs a écrit:
Si cela te convient, grand bien te fasse.
Ou bien, si cela ne te convient pas, tant pis pour toi.

Pour moi le résultat est tout à fait satisfaisant, les objectifs qu'il s'était assigné lors de cette "refonte" de sa technique m'étaient tout à fait sympathiques, et pour moi il les a atteint puisque je préfère nettement son jeu actuel à celui des années 70/80.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptySam 19 Jan 2013 - 20:45

alexandre. a écrit:
RandallBoggs a écrit:
Si cela te convient, grand bien te fasse.
Ou bien, si cela ne te convient pas, tant pis pour toi.
Je pense qu'on peut arrêter là notre discussion.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 8:54

je suis d'accord avec tout ce que dit randall à l'écoute de l'opus 7 ; le jeu de pollini me semble vraiment difficile à défendre, tant sur le plan rythmique que sur la qualité des nuances (et ce malgré le mauvais enregistrement), et de plus ne ressemble pas au pollini récent (relativement récent, ses schumann par ex.) dont j'ai l'habitude (je ne connais que ses disques, je ne l'ai jamais entendu en concert) ; l'argument de la "refonte technique" me laisse donc dubitatif.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 14:41

Il me semble que Paris est une des rares dates où le programme a été modifié (un prétexte qui m'a fait louper le concert, en plus de la fatigue de fin de semaine). Si c'est avéré, difficile de le cuisiner sur le sujet. J'ai pour ma part apprécié ses concerts de l'an dernier et j'attends avec impatience ses op. 109, 110 et 111 cette année, tout en percevant sans mal ce qui peut rebuter dans son jeu actuel.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 14:47

Tiré du fil playlist

alexandre. a écrit:
/watch?v=UrH2WLRz00w
/watch?v=Z25yz4kz1-c

On dirait que c'est capté du fond du Conservatoire de Moscou en 48, mais ça suffit pour se rendre compte que ce sont d'excellentes interprétations.

RandallBoggs a écrit:
Ah bah j'aimerais que vous me disiez votre avis, parce que Pollini, je ne le supporte plus en live. C'est n'importe quoi, c'est de la bouillie, il n'y a plus aucune assise rythmique, la partie piano fut de mon point de vue un naufrage. Heureusement que le 3e quatuor à cordes de Lachenmann par le quatuor JACK était là pour sauver son concert, comme l'ont fait à chaque fois les œuvres contemporaines dans son cycle Pollini Perspectives.

Notez que l'on devait avoir les sonates 28 et 29 au programme pour rester cohérent avec le cycle en question. On sent que le maestro décline pour avoir changé le programme sans prévenir.

Hippolyte a écrit:

De la bouillie ? Je ne comprends pas, de quoi veux-tu parler ? Le premier mouvement de chaque sonate était certes très rapide, et le 1er de la n° 4 a commencé de façon chaotique, comme souvent les débuts de concerts de Pollini (son trac est terrible), mais j'ai trouvé l'ensemble des deux sonates admirable.

Mariefran a écrit:
J'écoute l'opus 7 et je trouve ça pas mal pour ma part scratch Je préfère le Pollini de ces dernières années à celui d'avant… que je détestais Mr. Green
Bon, le son n'étant pas terrible, c'est vrai que ça fait un peu bouillie par moments mais je pense que c'est la captation qui fait ça…

RandallBoggs a écrit:

Pollini n'a plus aucune stabilité rythmique. Ça presse dans tous les sens, les traits ne sont pas en place, ça fait vraiment pianiste en lutte avec la technique et ça fait de la peine à écouter. Pour l'avoir entendu par le passé, il y a encore disons une dizaine d'années, son jeu était solide et ses concerts impressionnants. Maintenant, c'est fébrile, fragile. Il passe son temps à bouffer des micro-temps et au niveau palette sonore, c'est très peu varié. Son agogique manque totalement de cohérence.

Bref. Je vais à ses concerts pour la musique contemporaine et parce que c'est dans mes formules d'abonnement.

RandallBoggs a écrit:
Mariefran a écrit:
J'écoute l'opus 7 et je trouve ça pas mal pour ma part scratch Je préfère le Pollini de ces dernières années à celui d'avant… que je détestais Mr. Green
Bon, le son n'étant pas terrible, c'est vrai que ça fait un peu bouillie par moments mais je pense que c'est la captation qui fait ça…
Nan, nan, même dans la salle. Et j'étais bien placé.

Pour ceux qui y étaient en octobre 2011, son Appassionata avait aussi été un massacre sans nom. affraid

808 a écrit:
en revanche le début de l'op. 7 c'est effectivement rythmiquement pas en place, avec ces petites précipitations comme tu dis.

Scherzian a écrit:
Hippolyte a écrit:
C'est le récital de Pleyel ? Qu'en penses-tu ?
Oui, c'est bien le récital tout récent de Pleyel (grâce au tuyau pour ma part...). Je suis moins enthousiaste pour ce récital que pour celui de 2009, écouté il y a quelques mois, avec des Bagatelles et la Hammerklavier de Beethoven et des pièces de Schoenberg, mais je retrouve, de façon un peu « vibrée » sans doute, les qualités de ce dernier. J'essaierai d'en dire un mot cet après-midi dans le fil de la rubrique des concerts. Je suis moins enthousiaste que ceux qui ont aimé, mais aussi beaucoup moins sévère que ceux qui n'ont pas aimé. En tout cas, des récitals comme celui-là (et des disques récents en studio comme ceux des Nocturnes de Chopin, par exemple) achèvent de me démontrer à quel point j'avais tort dans mon avis à propos du pianiste avant d'arriver ici et de commencer à en discuter avec d'autres membres. Pollini plus tardif, Pollini en récital surtout. Ce n'est pas au point de pouvoir le citer parmi les pianistes que j'aime le plus, même parmi ceux qui sont en activité actuellement, mais ces enregistrements montrent, je trouve, une belle évolution.

J'essaierai d'en dire plus, mais j'aime bien cette infusion d'une agogique certes modérée et d'un rubato certes modeste dans un flux irrépressible. Le deuxième groupe thématique du I de l'opus 7, par exemple, est superbe, comme en apesanteur. Tout le II de l'opus 13 est superbe aussi, très ombré, avec un rubato assez présent mais très noble. Les incrustations du Grave dans le I de l'opus 13 aussi, très noires mais très dominées, bien intégrées au reste du mouvement, sans aucune sollicitation trop libérale du texte sur le plan des nuances. Du point de vue de l'ampleur dynamique de son jeu, c'est vrai qu'elle semble assez souvent quelque peu restreinte, mais je remarque que c'est une approche que suivent souvent ceux qui s'attachent aux aspects formels par l'angle du flux et de la tension (je pense en particulier à Wilhelm Backhaus, mais je ne sais pas si tu vas beaucoup aimer cette mention...). Bien sûr, pour ce qui est de la captation (et même si elle était meilleure), ceux qui y étaient auront toujours un avantage irréversible sur moi. J'essaierai d'en dire un peu plus et de façon moins éparpillée tout à l'heure.

Scherzian a écrit:
Et j'ai oublié de mentionner la page centrale (Minore) du III de l'opus 7, avec un rapport de tempos très ample vis-à-vis des sections latérales Allegro de ce mouvement, et une couleur assombrie très impressionnante. Avec un rapport et des relations pareils, je ne vois pas comment dire que cette interprétation ne serait pas réussie, d'autant que je considère ce Minore comme un chef-d'œuvre de Beethoven ; tous les grands interprètes en font quelque chose d'immense (écouter déjà par exemple Wilhelm Backhaus dans ce III).
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 14:56

Merci, Mariefran.

Je ne vais pas avoir le temps de discuter de tout cela les jours qui viennent. Le mieux, si j'en ai le temps, sera de détailler ce qui me semble ne pas aller du tout, partition à la main. En ce moment, je n'ai pas d'Urtext sous le coude, j'ai juste utilisé des pdf que je possède sur mon disque dur, sans numéro de mesure, pour réécouter les deux derniers mouvements de l'Op. 7 : Pollini bouffe le rythme, passe à l'as certains silences ; son agogique ne laisse pas la musique respirer ; quant aux nuances, leur dynamique est tellement réduite que cela en devient presque choquant quand on lit en détail la partition.
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 15:08

de toute façon peut-on réellement discuter ? la défense et l'accusation n'entendent apparemment pas du tout la même chose, ou en tous cas sont sensibles à des choses différentes.

en ce qui me concerne il est probable que je ne m'avance guère plus loin dans le débat, vu que la plupart les discussions de ce genre auxquelles j'ai pu participer ici se sont terminées par un cul-de-sac plus ou moins désagréable, où chacun finit par se sentir au minimum frustré, au pire méprisé.

(mais l'espoir et la foi en l'homme font vivre et j'attends d'être démenti ici même !)
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 16:55

On peut sans doute discuter à condition de parler du fond et non des impressions immédiates que produit l'écoute de Pollini aujourd'hui sur tel ou tel.
Pollini est un cas très spécial dans la mesure où
1. il a complètement changé d'approche du piano et de la technique il y a 10-15 ans, à un stade de la carrière où l'on ne touche plus à ça (les rares fois où ça se produit, ça donne plutôt des résultats catastrophiques).
2. Il a dit ce qu'il voulait faire et il a fait ce qu'il avait dit (c'est sur ce dernier point que la discussion me semble intéressante).

Qu'a-t-il dit ? Qu'il ne supportait plus ses disques de jeunesse, notamment ses Chopin "qui font taktaktak" ; qu'il croyait à présent qu'il y avait bien une "zone transcendante du son", par le son pour le son, mais pour le legato harmonique et la "possibilité de faire un crescendo sur une note" (de donner l'illusion que, évidemment).
En clair, il a annoncé qu'il voulait se détourner de l'articulation qui d'ailleurs lui avait occasionné bien des détracteurs, dont j'ai fait partie soit dit en passant, même si la solidité intrinsèque et la probité de son jeu m'a toujours imposé le respect.
Précisément, je pense que c'est cette très grande solidité originelle, et cette probité face aux partitions, qui pour moi se rapproche de plus en plus du "refus d'interpréter" prôné par Richter, et qu'on pourrait rapprocher aujourd'hui d'autres très grands comme Leonskaja ou Lupu, qui lui a permis de surmonter le défi qu'il s'était imposer, consistant à retrouver quelque chose de la technique de grands pianistes d'avant l'ère du disque.
Le problème de cette démarche, c'est qu'elle déstabilise parce qu'elle impose des nécessités agogiques autres que celles de la partition, pour rendre justice à un aspect à mon sens plus profond de la vérité de la partition, celle de sa structure harmonique, qui est le squelette de sa forme, donc de l'oeuvre elle-même. L'exemple donné par Scherzian plus haut est en ce sens très juste et illustrant. C'est vrai aussi pour les dynamiqus qu'il ne suit plus du tout et a tendance à égaliser, mais dans son cas c'est très clairement différent des pianistes en perte de vitesse technique, c'est un choix délibéré qu'on retrouve d'ailleurs chez les deux pianistes pré-cités.

Au disque on retrouve très bien cet écart considérable entre le Pollini d'avant et l'actuel, notamment dans Mozart et Chopin. Qu'on écoute par exemple son 2e impromptu, sa 2e ballade, ses préludes, ou son 21e concerto, autant d'oeuvres pour lesquelles (à part la première) on a des points de comparaison avec son jeu des années 80. Ou mieux encore, la section centrale extraordinaire de son nocturne op. 32/2. Quasiment personne aujourd'hui ne joue ce répertoire avec aussi peu d'intentions et pourtant autant de liberté, parce que seuls les mouvements harmoniques globaux guide ses mains, et non le caractère ou le style des thèmes ou motifs.

Au concert, on a entendu bien des choses outre l'autre soir l'illustrant aussi, notamment un fabuleux concerto en ré mineur de Brahms il y a trois ans, où le finale a été bissé, et qui montrait que Pollini n'avait guère perdu de sa solidité face aux partitions les plus monstrueusement difficiles. La Hammerklavier bien sûr, les préludes et certaines études de Chopin incroyables (25/2,25/10, 10/4 notamment), l'Appassionnata...
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 17:20

Théo B a écrit:
On peut sans doute discuter à condition de parler du fond et non des impressions immédiates que produit l'écoute de Pollini aujourd'hui sur tel ou tel.
Pollini est un cas très spécial dans la mesure où
1. il a complètement changé d'approche du piano et de la technique il y a 10-15 ans, à un stade de la carrière où l'on ne touche plus à ça (les rares fois où ça se produit, ça donne plutôt des résultats catastrophiques).
2. Il a dit ce qu'il voulait faire et il a fait ce qu'il avait dit (c'est sur ce dernier point que la discussion me semble intéressante).

Qu'a-t-il dit ? Qu'il ne supportait plus ses disques de jeunesse, notamment ses Chopin "qui font taktaktak" ; qu'il croyait à présent qu'il y avait bien une "zone transcendante du son", par le son pour le son, mais pour le legato harmonique et la "possibilité de faire un crescendo sur une note" (de donner l'illusion que, évidemment).
En clair, il a annoncé qu'il voulait se détourner de l'articulation qui d'ailleurs lui avait occasionné bien des détracteurs, dont j'ai fait partie soit dit en passant, même si la solidité intrinsèque et la probité de son jeu m'a toujours imposé le respect.
Précisément, je pense que c'est cette très grande solidité originelle, et cette probité face aux partitions, qui pour moi se rapproche de plus en plus du "refus d'interpréter" prôné par Richter, et qu'on pourrait rapprocher aujourd'hui d'autres très grands comme Leonskaja ou Lupu, qui lui a permis de surmonter le défi qu'il s'était imposer, consistant à retrouver quelque chose de la technique de grands pianistes d'avant l'ère du disque.
Le problème de cette démarche, c'est qu'elle déstabilise parce qu'elle impose des nécessités agogiques autres que celles de la partition, pour rendre justice à un aspect à mon sens plus profond de la vérité de la partition, celle de sa structure harmonique, qui est le squelette de sa forme, donc de l'oeuvre elle-même. L'exemple donné par Scherzian plus haut est en ce sens très juste et illustrant. C'est vrai aussi pour les dynamiqus qu'il ne suit plus du tout et a tendance à égaliser, mais dans son cas c'est très clairement différent des pianistes en perte de vitesse technique, c'est un choix délibéré qu'on retrouve d'ailleurs chez les deux pianistes pré-cités.

Au disque on retrouve très bien cet écart considérable entre le Pollini d'avant et l'actuel, notamment dans Mozart et Chopin. Qu'on écoute par exemple son 2e impromptu, sa 2e ballade, ses préludes, ou son 21e concerto, autant d'oeuvres pour lesquelles (à part la première) on a des points de comparaison avec son jeu des années 80. Ou mieux encore, la section centrale extraordinaire de son nocturne op. 32/2. Quasiment personne aujourd'hui ne joue ce répertoire avec aussi peu d'intentions et pourtant autant de liberté, parce que seuls les mouvements harmoniques globaux guide ses mains, et non le caractère ou le style des thèmes ou motifs.

Au concert, on a entendu bien des choses outre l'autre soir l'illustrant aussi, notamment un fabuleux concerto en ré mineur de Brahms il y a trois ans, où le finale a été bissé, et qui montrait que Pollini n'avait guère perdu de sa solidité face aux partitions les plus monstrueusement difficiles. La Hammerklavier bien sûr, les préludes et certaines études de Chopin incroyables (25/2,25/10, 10/4 notamment), l'Appassionnata...

c'est intéressant mais je ne comprends pas du tout ce que veut faire et a fait pollini ; je ne comprends pas non plus ce que signifie un "mouvement harmonique global" ; peux-tu expliquer ? et par ailleurs y a-t-il moyen de lire une interview sur le net où pollini lui-même parlerait de tout ça ?
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Théo B
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MessageSujet: Re: Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives   Salle Pleyel - 18 janvier 2013 : Pollini Perspectives EmptyDim 20 Jan 2013 - 18:22

Je me souviens surtout d'une interview, je crois, dans le Monde de la musique il y a peut-être 7 ans.
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