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 Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs

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Belcore
Mélomaniaque


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MessageSujet: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Jeu 14 Déc 2017 - 10:30

Deux œuvres à l'affiche :

Le Barbier au TCE : j'ai été surpris du choix de cet opéra : en effet le TCE a depuis des années consacré beaucoup d'énergie à défendre ce compositeur - ce que l'ONP ne fait pas - j'ai vu notamment Zelmira, la Gazza, Guillaume Tell, Semiramide, l'Italienne, et plus récemment Ermione...
Alors pourquoi un nième Barbier ? En outre les commentaires sont assez uniformément médiocres, sur pratiquement tous les aspects : m e s de Pelly, à part Sempey plateau vocal, direction de Rohrer trop raide.

Le Comte Ory à Favart : pas encore commencé, mais ça semble plutot prometteur, avec une distribution de jeunes chanteurs qui devraient bien servir cette partition - c'est une œuvre très drôle, idéale pour franchir l'année.

Belcore
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Belcore
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Mer 20 Déc 2017 - 9:43

Le Comte Ory :

https://www.forumopera.com/le-comte-ory-paris-favart-tu-ne-hueras-point

Manifestement une représentation honorable d'une œuvre très exigeante vocalement...
J'y serais sans doute allé si je n'avais pas pris déjà des places pour la voir à l'Opéra de Zurich avec Bartoli.

 Belcore
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Belcore
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Jeu 21 Déc 2017 - 7:47

Il n'y a pas qu'à Paris Rossini est bien servi actuellement :

www.forumopera.com/la-cenerentola-lyon-angelina-au-pays-des-merveilles

Herheim est un des metteurs en scène les plus créatifs actuellement, et on se dit qu'à la place du pensum que nous a infligé Galienne, c'est ça qu'on aurait du voir à l'ONP.

Belcore
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Jeu 21 Déc 2017 - 9:36

Belcore a écrit:
Le Comte Ory :

https://www.forumopera.com/le-comte-ory-paris-favart-tu-ne-hueras-point

Manifestement une représentation honorable d'une œuvre très exigeante vocalement...
J'y serais sans doute allé si je n'avais pas pris déjà des places pour la voir à l'Opéra de Zurich avec Bartoli.

 Belcore

Bien plus qu'honorable pour moi... belle mise en scène et chanteurs très investis et bons... et diction parfaite chez tous!!! drunken

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tomseche89
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Lun 25 Déc 2017 - 20:06

Je sors du Comte d'Ory avec la banane, vraiment un spectacle très réjouissant : la mise en scène est classique et drôle mais sans tomber dans le ridicule, les chanteurs brillent tous (Fuchs, Talbot, Arquez, Hubeaux, Bou, difficile de les départager, et bien sûr Devos I love you ) et Langrée dirige le tout avec entrain, si bien qu'on oublie les petites faiblesses de l'Orchestre des Champs Elysées. Excellent choeur Les Eléments également.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Sam 30 Déc 2017 - 23:21

Le Comte Ory est écrit sous une forme légère, mais ce n'est pas un opéra comique (création sur la scène de l'Opéra de Paris, salle Le Pelletier, et pas de dialogues parlés) ; il est appelé « opéra bouffe » par ses concepteurs, en référence aux modèles italiens.

Et c'est une véritable caricature d'opéra : de la débauche, des déguisements, des ensembles loufoques, des reprises innombrables, des contre-notes souvent, des coloratures partout ! Pas sûr que ce soit ce qui me fait aimer l'opéra, mais c'est chouette quand même !

L'acte II est beaucoup plus réjouissant pour moi, avec son orage qui parodie Iphigénie (II) de Gluck, puis sa prière-beuverie (recyclant au passage Don Profondo), et le trio du lit, évidemment !


Encore un grand coup de Scribe : entre le sacrilège en habits consacrés (célébrant l'amour charnel et le vin) et le triolisme de la chambre à coucher (Podalydès jouant à fond les appétits débordants de la comtesse négligée – elle ne se contente pas de regarder le page faire joujou avec le comte, à la façon d'Octavian, mais elle se jette sur les deux !), ce truc a été un succès partout en Europe !

Pourtant ça n'a pas beaucoup choqué à l'époque semble-t-il, grand accuei comme pour l'invraisemblable acte III de Robert
Ça reste énigmatique pour moi, mais on voit pourquoi l'Opéra de Paris a depuis cette époque si sulfureuse réputation !

Même en Province, l'accueil fut chaleureux (c'est ce que je lis dans les gazettes, et j'ai eu confirmation d'un doctorant qui travaille justement sur cette circulation des créations de la capitale vers la périphérie) et dans les villes d'Europe où ça a été joué (Londres, Vienne…) !

On se figure une société du premier XIXe très christianisée, mais pas nécessairement de la façon que l'on croit, considérant les succès de Scribe (massacres religieux et moines iniques dans les Huguenots et l'Africaine, sacrilèges licencieux en cascade dans Robert et Ory) : ça pose quelques questions sur l'état d'esprit réel du public. Ne prenait-il pas au sérieux l'opéra, parce que l'opéra n'est pas sérieux ?


Le sujet est tiré d'un vaudeville antérieur de Scribe, écrit en 1816 sous le même titre. Malgré l'indication d' « anecdote du XIe siècle », Scribe admet tout à fait, dans l'édition complète de ses œuvres, que les historiens n'ont aucune idée de l'origine temporelle exacte de l'épisode.

Rossini n'a semble-t-il pas apprécié de se voir imposer Scribe, les relations entre les deux hommes n'ont pas été très cordiales ni très poussées.

Même du côté de Scribe, on ne s'est pas trop fatigué (« Ory » rime avec « lui » et « ici » rime avec… « ici »). Et, de fait, par rapport à Meyerbeer ou même à Auber, ce « n'embraye » pas autant sur le détail du sens.

(Mais ce reste très amusant.)


La mise en scène de Podalydès est effectivement très simple et bien faite, équilibrant les bords de scène, animant raisonnablement tout sans surcharge, distillant de petits gags. Ça fonctionne très bien, fidèle à la ligne de la direction du Nouveau Favart : mises en scène lisibles et animées + orchestres sur instruments d'époque.

Le plus grand plaisir de la soirée est d'ailleurs là, avec les cors en kit (selon la tonalité), les clarinettes en poirier, et surtout ces bassons au grain rugueux et savoureux, en permanence audibles dans tout le spectre orchestral.

Les cordes de l'Orchestre des Champs-Élysées ne sont pas en reste, nettes, habitées, précises, tout à fait romantiques pourtant. Langrée confirme la forte impression qu'il me fait de plus en plus au fil des années… pas de recherche « personnelle », de préciosité, de tentative de mettre son style… il touche simplement au plus juste. C'est valable pour ses Mozart, pour ses Franck-Chausson-Debussy, et manifestement pour son Rossini aussi. Une véritable maturité qui vient aussi, me semble-t-il.


Quant à la distribution, c'était affolant sur le papier, et ça le reste sur scène : tous des médiums fabuleux… et aussi les notes supérieures ! Arquez s'épanouit remarquablement ici, Talbot, Bou, Bolleire très habités mais dans leurs chaussons vocaux,

Fuchs d'une précision hallucinante (rarement ouï des traits aussi détaillés), tout en réussissant sa mue vers le soprano grand lyrique. Je la trouve même (et c'est rarissime) meilleure qu'en mode léger (où il y avait quelques duretés), du moelleux sans rien perdre de sa finesse.

Pour finir, je découvrais Hubeaux, souvent lue dans les distributions, jamais vue… Un vrai mezzo grave pas du tout gonflé ni tassé, c'est rare, et vraiment superbe !
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Belcore
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Lun 1 Jan 2018 - 21:27

Je débarque de Zurich où j'ai pu voir cette oeuvre dans une production mémorable avec entre autres, mais pas seulement Bartoli et Brownlee : je vais faire un C R circonstancié...

David : le Comte Ory, c'est presque in extenso le Voyage à Reims - pour moi cette musique est délectable...

Belcore
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Lun 1 Jan 2018 - 23:05

In extenso, c'est un peu exagéré : six numéros en commun. Mais parmi les moments marquants, c'est vrai : le chœur des solliciteurs, le grand concertato de la fin du I, les airs de Cortese-Ory, Sydney-Gouverneur, Folleville-Adèle, Profondo-Raimbaud, le duo de la reconnaissance d'Ory pour Adèle…
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Belcore
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Mar 2 Jan 2018 - 9:25

DavidLeMarrec a écrit:
In extenso, c'est un peu exagéré : six numéros en commun. Mais parmi les moments marquants, c'est vrai : le chœur des solliciteurs, le grand concertato de la fin du I, les airs de Cortese-Ory, Sydney-Gouverneur, Folleville-Adèle, Profondo-Raimbaud, le duo de la reconnaissance d'Ory pour Adèle…

Exact, mais ça représente plus de 50% de la durée de l'oeuvre... et - AMHA - le meilleur de la partition.

D'où tires - tu l'info sur les possibles relations fraiches entre Rossini et Scribe ??

Belcore
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Mar 2 Jan 2018 - 10:06

Belcore a écrit:
Exact, mais ça représente plus de 50% de la durée de l'oeuvre... et - AMHA - le meilleur de la partition.
Euh... quand même pas la moitié.
Et il y a des passages "nouveaux" qui sont magnifiques (le choeur des nonnes et ce trio final).

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Mar 2 Jan 2018 - 11:41

Oui, c'est plutôt de l'ordre du quart : effectivement beaucoup d'import, mais tous les récitatifs sont neufs, ainsi que plus de la moitié des numéros… Very Happy
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Mar 2 Jan 2018 - 15:05

DavidLeMarrec a écrit:
Oui, c'est plutôt de l'ordre du quart : effectivement beaucoup d'import, mais tous les récitatifs sont neufs, ainsi que plus de la moitié des numéros… Very Happy

Tu ne confonds pas avec une autre oeuvre ? Et il n'y a aucun récitatif....

Belcore
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Mar 2 Jan 2018 - 21:31

Belcore a écrit:
Et il n'y a aucun récitatif....

Bien sûr que si, comme dans tous les opéras de l'époque Smile :





(Édition parisienne de 1828, le texte français a plus tard été recouvert à la main par une traduction italienne, mais c'est bien la partition d'origine.)

Il n'y a pas de recitativi secchi comme dans l'Italienne ou le Barbier (accompagnements seulement au clavier), mais il y a bel et bien des recitativi accompagnati, où tout l'orchestre ponctue les répliques, plus proches du débit parlé, avec moins de recherche mélodique. C'est ce que Verdi, en rendant progressivement l'orchestre plus autonome, va nommer plus volontiers scene. Mais c'est toujours du récitatif – d'ailleurs en y prêtant l'oreille, on en trouve chez Wagner, chez Tchaïkovski…

Chez Rossini, c'est encore plus simple : c'est carrément indiqué sur la partition.

La distinction existe formellement depuis le seria du début du XVIIIe (et même LULLY, bien qu'il ne l'indique pas sur ses partitions) : on utilise le recitativo secco par défaut, mais dans des moments de grande émotion, ces flux de déclamation sont accompagnés par tout l'orchestre (recitativo accompagnato). Par exemple « Me infelice, ho smarrito il mio padrone » d'Elviro dans Serse.

Donc bel et bien du récitatif, bien sûr. (Pas le même que celui des opéras bouffes italiens de Rossini, tout à fait.)
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Belcore
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MessageSujet: Re: Rossini à Paris pendant la treve des confiseurs   Jeu 4 Jan 2018 - 10:06

@ David

Je dois rendre hommage à ton érudition, très rarement prise en défaut : oui, implicitement je pensais à du recitativo secco...

Autrement je reste quand même sur l'idée que le pompage sur le "Viaggio" est supérieur à 25% de la durée, tout en admettant que ça n'a qu'une importance documentaire : si quelqu'un veut s'amuser à faire un compte précis, le minutage est là : http://www.deccaclassics.com/us/cat/0743467.
Sur le plan artistique c'est sans importance, à part le prélude du I, tout le reste est du meilleur Rossini !

Belcore
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