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 Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18

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Xavier
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MessageSujet: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 14 Sep 2018 - 22:18

J'y vais mercredi prochain.

Il y a des extraits audio qui ne sont vraiment pas réjouissants pour Serafin:
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/tristan-et-isolde

Cela dit, Schager n'est pas très gracieux non plus sur ces extraits, mais je sais qu'en salle c'est autre chose, il est en général impressionnant et convaincant.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 14 Sep 2018 - 22:42

Et puis ça va être vraiment dur pour Goerne qui n'a plus les aigus, Pape n'est plus ce qu'il était, les vidéos de Viola ont mal vieilli et on a franchement trop entendu Tristan.

Finalement je vais peut-être plutôt aller écouter Moriarty.
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 14 Sep 2018 - 23:14

DavidLeMarrec a écrit:
Et puis ça va être vraiment dur pour Goerne qui n'a plus les aigus, Pape n'est plus ce qu'il était, les vidéos de Viola ont mal vieilli et on a franchement trop entendu Tristan.

Finalement je vais peut-être plutôt aller écouter Moriarty.

on a franchement trop entendu Tristan
Ah bon?
Heureusement que nous avons encore notre liberté de choix.

Pape n'est plus ce qu'il était
Réponse ce dimanche
Très bon dans Heinrich der Vogler, mais le rôle est moins "écrasant" que Marke

Martina Serafin
Ceci semblait prévisible
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 14 Sep 2018 - 23:29

Je faisais de la provocation. Smile J'ai hâte d'entendre cette production (que je n'ai toujours pas vue d'ailleurs), et la seule chose qui me retienne c'est, moi aussi, Serafin. (Pourquoi l'embaucher quand on a le choix de prendre qui on veut, soit de plus célèbre, soit de mieux chantant, et pourquoi pas les deux ?)
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Xavier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 14 Sep 2018 - 23:33

Je pense que les distributions sont faites très longtemps en avance…
Sinon, tout le monde aurait pu dire après son Elsa qu'il ne fallait pas que Serafin fasse Isolde.
Je crois qu'on l'annonce même en Brünnhilde dans deux ans, toujours à Bastille… (c'est quand même un mystère, ou alors elle est très copine avec quelqu'un de l'ONP, je ne sais pas…)
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 14 Sep 2018 - 23:36

Xavier a écrit:
Je pense que les distributions sont faites très longtemps en avance…
Sinon, tout le monde aurait pu dire après son Elsa qu'il ne fallait pas que Serafin fasse Isolde.
Je crois qu'on l'annonce même en Brünnhilde dans deux ans, toujours à Bastille… (c'est quand même un mystère, ou alors elle est très copine avec quelqu'un de l'ONP, je ne sais pas…)

Dans le même genre de parcours que Serafin, il aurait fallu prendre Merbeth... saisissante à Turin (malgré la piètre qualité de la bande écoutée!). Aisance d'un bout à l'autre, lyrique, puissante, beau timbre... je craignais un vieillissement prématuré, mais franchement non! Et au printemps prochain, elle fait Turandot à Marseille! bounce bounce bounce

Enfin tout ça pour dire que oui, Serafin... bof bof... mais déjà en Elsa, Tosca ou Sieglinde!

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 0:09

Xavier a écrit:
Je pense que les distributions sont faites très longtemps en avance…
Sinon, tout le monde aurait pu dire après son Elsa qu'il ne fallait pas que Serafin fasse Isolde.
Je crois qu'on l'annonce même en Brünnhilde dans deux ans, toujours à Bastille… (c'est quand même un mystère, ou alors elle est très copine avec quelqu'un de l'ONP, je ne sais pas…)

Je crains hélas que les décideurs n'écoutent pas toujours les représentations… Effectivement, c'était déjà dur et tendu en Elsa, qui n'est pourtant pas un rôle très exigeant (chantable par n'importe quel format lyrique pas trop mince). Effectivement une affaire de réseaux, de réflexe (elle a été une des grandes Tosca et autres rôles dramatiques italiens, avant son arrivée dans les bagages de Lissner), et donc lorsqu'on a besoin de ce profil, on l'appelle. C'est ainsi.

(Oui, Merbeth, ça a une autre allure, elle se bonifie et gagne même en clarté et en aisance avec le temps !)

Ça reste un des rares cas de mauvaise distribution dans le mandat de Lissner : il ose encore moins que Joel en matière de programmation, et j'ai à redire sur ses choix dans les distributions d'opéras français, mais on peut difficilement lui reprocher de ne pas avoir soigné les distributions, en prestige comme en adéquation. Les erreurs arrivent.
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tomseche89
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 1:10

J'étais à la première mardi dernier, grande soirée à l'orchestre avec un Jordan somptueux du début à la fin, le tandem grand vainqueur de l'applaudimètre (à juste titre).
J'ai trouvé Serafin plus que correcte dans le I et le II, avec un beau volume et un timbre loin d'être désagréable, ça s'est effectivement dégradée dans le III alors que Schager, au contraire, donnait l'impression de pouvoir continuer à chanter à pleine voix jusqu'au bout de la nuit (d'où un petit manque de subtilité). Je n'aime pas trop Gubanova de manière générale, mais c'était impressionnant de la voir chanter à 50cm de moi depuis une galerie, dans le II, s'adressant aux deux amoureux !
Goerne pas trop à son aise, très engorgé, comme dans Elektra, et Pape compense une voix un peu limite par une forte présence scénique.

Je découvrais la "mise en scène" que j'ai beaucoup appréciée, les vidéos sont vraiment de mieux en mieux au fil de l'histoire.

Pas mal de huées pour Sellars qui est venu saluer mais beaucoup de bravos aussi. Public très enthousiaste pour tous les chanteurs et qui couronne donc Jordan et l'orchestre.
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 12:41

DavidLeMarrec a écrit:
Je faisais de la provocation. Smile J'ai hâte d'entendre cette production
Ca a fonctionné en plein!

Xavier a écrit:

Sinon, tout le monde aurait pu dire après son Elsa qu'il ne fallait pas que Serafin fasse Isolde.
D'accord

tomseche89 a écrit:
Je n'aime pas trop Gubanova de manière générale, mais c'était impressionnant de la voir chanter à 50cm de moi depuis une galerie, dans le II, s'adressant aux deux amoureux !
Quel est l'apport théâtral et vocal de chanter depuis une galerie aussi haute?
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Xavier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 13:25

Bah ça permet de faire un effet qui correspond plus ou moins à ce qui est demandé dans le livret, il me semble.
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Bertram
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 14:27

Oui, sauf que, naturellement, le public se met à chercher la chanteuse et à "chuchoter" d'un air finaud : "où qu'elle est ?" "Elle est là bas !" "Ah ouais, bah dis donc, moi j'aurais le vertige !". Et voilà comment on gâche un des moments les plus intersidéraux de l'art lyrique...
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Belcore
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 14:27

J'ai vu deux fois ce spectacle : Salonen et Bychkov : à chaque fois un choc. Si il est vrai que les vidéos de Viola écrasent un peu le travail de Sellars , l'ensemble est d'une grande force.

Je n'y suis pas retourné à cause de Serafin, mais Jordan a semble - t -il été superlatif.

Oui Brangaene dans la galerie, c'est conforme aux didascalie : elle met en garde les amants du haut d'une tour - il y a aussi le cor anglais au début du III ou je me trompe ?

@ Bertram : je crois aussi me souvenir qu'elle est éclairée par une poursuite, donc on doit la repérer rapidement…


Belcore
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Roupoil
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 15 Sep 2018 - 19:50

Ah ben moi j'ai vu cette mise en scène il y a quelques années, et en ai gardé le souvenir d'un ennui extrêmement profond (heureusement il y avait la musique...).
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Mar 18 Sep 2018 - 20:43

Opéra Bastille
Dimanche 16 septembre 2018

Richard Wagner
Tristan et Isolde

Orchestre et chœurs de l’Opéra national de Paris & Philippe Jordan

Tristan : Andreas Schager
König Marke : René Pape
Isolde: Martina Serafin
Kurwenal : Matthias Goerne
Brangäne : Ekaterina Gubanova
Melot : Neel Cooper
Un berger/ un jeune marin : Nicky Spence
Un timonier : Tomasz Kumiega

M.en.S. : Peter Sellars
Vidéo : Bill Viola
Lumières : James Ingalls

204 ème représentation à l’O.N.P et 32ème dans cette M.en.S.

Vidéo & lumières & M.en S.
* Commençons par les vidéos un peu trop présentes pour mon goût ; oh, pas tout le temps, mais les vidéos avec les personnages, ou avec des plans mouvementés attirent mécaniquement l’œil et détournent l’attention. Par contre, les plans fixes ou moins ‘’signifiants’’ (l’eau à la différence du feu) constituent un fond de décor intéressant, notamment les plus lumineux, qui constituent un complément utile aux lumières de J.I., qui créent un clair-obscur fort sombre, toutefois il s'agit bien là de tonalité générale de l’œuvre, le jour ne permettant pas de cacher l’amour de T. et I.
‘’Oh nous fûmes alors voués à la nuit !
Le jour pervers et envieux
pouvait nous séparer par ses ruses,
Mais pas nous tromper par ses mensonges !’’

* La M.en.S. est stylisée: une simple estrade qui accueille par intermittence T.&I. Le jeu et le déplacement des interprètes sont épurés. La salle est aussi utilisée pour créer un effet de surprise : le jeune marin, l’arrivée de Marke à la fin de l’acte I, l’avertissement de Brangäne, le berger…
Au total, tout ceci est respectueux de l’œuvre de R.W. (ce n’est pas le T.& I.de P.S.& B.V. !) , et me convient parfaitement, hormis certaines vidéos.

Les interprètes
* L’orchestre et P.J : sont somptueux ! La musique coule, ruisselle ! délicatesse et urgence !

A.S. : comment est-il possible de tenir un tel rythme, de développer une telle puissance vocale sans se casser définitivement la voix ? A.S. ne s’est pas ménagé un seul instant, et croit réellement à son personnage (quel IIIème acte !), toutefois ceci ne ressort pas toujours dans l’expressivité vocale.
M.S. : malgré ses efforts, M.S. a eu du mal à tenir toute l’amplitude aux 2 ers actes. Par contre, elle est plus expressive, plus recherchée qu’A.S. Le liebestod était émouvant.
R.P. : dignité dans l’expression, peine sensible : une interprétation ! servie par la diction.
Attention : je suis mauvais juge, car j’ai une préférence pour ce type de voix basse/baryton-basse.
M.G. : ma déception. Plus de projection, voix assombrie.
E.G. : pas souvenir de l’avoir déjà entendue, donc pas d’avis motivé.

L’œuvre
Le prélude ! bien sûr, magnifique présage
Le souvenir de Morold, l’opposition de T. et I., des rapports de vassalité, le philtre de mort, dont l’auditeur (qui n’aurait pas lu le livret) croira qu’il s’agit là du thème de l’opéra
Et puis, non, le philtre d’amour ; ''bel infidèle ! femme comblée ! ''
même si l’échange entre T et I. ne laisse pas supposer, nous entrons dans le drame. Laissons le se dérouler et se résoudre dans les 2 actes.

Impossible de sortir émotionnellement et esthétiquement indemne de Tristan et Isolde.
R.W. a insufflé ‘’je ne sais quoi ‘’dans cette œuvre, peut-être ? sans doute ? une part de nous-même. Une autre explication est-elle possible?
Quelle capacité de créer cette tension du drame par la seule force de ma musique, et nous avons physiquement besoin d’une résolution, qui intervient par le tapis sonore de l’orchestre.
R.W. sait aussi aménager et ô combien des moments d’une douceur incroyable :
‘’Oh descends nuit de l’amour
Fais moi oublier que je vis…’’

Si Tristan et Isolde est une oeuvre définitive, malgré tout, deux écueils à éviter:
. S’abandonner à une sensibilité qui dérive vers la sensiblerie
. Céder à l’idolâtrie wagnérienne de l’inspiration « surnaturelle »
Car, Tristan et Isolde est une œuvre réfléchie, pensée et écrite, certes étonnante, unique, exceptionnelle, mais, c’est une œuvre d’homme.
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Tournesol
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Jeu 20 Sep 2018 - 22:18

J'y étais dimanche dernier : le premier Tristan en live, ça fait quelque chose... sunny
Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce que charles.ogier a déjà dit : la direction de Jordan est merveilleuse, somptueuse et superbement détaillée (j'adore distinguer les harpes, notamment  I love you ).
À part éventuellement la voix de Serafin qui n’était pas très belle particulièrement dans les aigus, la distribution m'a bien plu (j'ai même préféré Schager ici qu'en Parsifal).
Quant à la mise en scène, je n'étais pas très bien placé pour bien la voir. Les projections m'ont paru un peu énormes : parfois assez jolies et intéressantes (l'eau, les paysages...), parfois moins...
J'étais dans la deuxième galerie en partant du haut... mais du mauvais côté pour avoir les appels de Brangäne à côté de moi !  pale  J'ai en revanche eu plus tard la mélodie joyeuse à l'arrivée du bateau à un mètre de là où j'étais, ça compense un peu.

Merveilleux concert en tout cas Very Happy
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Xavier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 21 Sep 2018 - 0:56

J'y étais ce mercredi.
J'ai vu cette mise en scène 4 ou 5 fois déjà… mais bon, c'est Tristan, et puis avec une distribution nouvelle (exceptée Gubanova), donc ça reste un événement. Very Happy

L'orchestre a été superbe de bout en bout, et Jordan m'a surpris avec des tempi vraiment rapides et tendus, proches de Böhm. (à 5 minutes près)
Il y a eu 2-3 étourderies toutefois, dont une assez énorme d'un basson qui a saccagé un accord en se trompant dans une altération.
Pour le reste, un pur régal, et j'ai apprécié cette lecture tendue, intense, où Jordan n'a pas cherché à mettre son orchestre en sourdine pour éviter à tout prix de couvrir les chanteurs (ce qui est souvent frustrant), du coup les chanteurs ont parfois été couverts (pas si souvent que ça d'ailleurs), mais tant pis.
Très différent du souvenir que j'ai de 2014.

Schager est un phénomène, pour moi il est plus adéquat en Tristan qu'en Parsifal, la projection, l'endurance, sont phénoménales, mais ce n'est pas non plus toujours tout en puissance, la musicalité, les nuances, ne sont pas prises en défaut, il varie beaucoup, réussit à mettre de la poésie, prend des risques, et cela a donné une ou deux irrégularités, notamment dans la justesse à un moment du duo où ça a été très faux sur quelques notes, et puis un aigü a un peu craqué dans le III, mais quelle performance, on ne peut que lui pardonner.
En disque, ça ne serait surement pas mon Tristan favori, mais en live, c'est une claque spectaculaire!
Chapeau l'artiste.  

Serafin était plus en difficulté, on sent qu'elle force (et pourtant elle est parfois couverte surtout au I), cela donne une voix qui s'enlaidit très souvent, notamment dans l'aigü en effet (la dernière note, malheureusement, a été assez manquée, comme erraillée), le vibrato se met à partir en vrille…
Pourtant il y a une construction du rôle et une certaine endurance aussi tout de même, des nuances également, ce n'est pas une brailleuse.
Bref, ce n'est pas une excellente Isolde, mais c'est une Isolde qui n'est pas catastrophique à mon sens comme on peut le lire un peu partout.
Est-ce vraiment moins bon qu'Urmana en 2014? Pas sûr.
Par contre Nicholls au TCE, c'était autre chose, et à mon avis elle a la voix pour passer la rampe à Bastille, sans doute mieux que Serafin.

J'ai été bluffé par le Marke de Pape, tellement varié dans les nuances et les attaques, il n'hésite pas à prendre des risques, à faire des pianissimo de dingue, et quel charisme… on est happé tout de suite.

Gubanova, c'est vraiment très très bien, il y a une rondeur dans la voix qui était un peu cruelle dans la comparaison avec Serafin.

Goerne, ce n'est pas idéal du tout pour Bastille, mais ça passait quand même la rampe, donc pour moi, du premier balcon, c'était très bien.
Les petits rôles étaient également au niveau.

Bref, quand même un point faible avec Serafin, assez nettement, mais ça ne gâche pas la soirée, sauf si on n'y va que pour Isolde.
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sergio
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 21 Sep 2018 - 13:45

Quelqu'un sait pourquoi odb opéra est en rade ???

Personne n'en parle, mais l'Isolde que j'avais préférée dans cette production était Lisa Gasteen qui avait repris le rôle après Waltraud Meier dans la série dirigée par Gergiev.  

Il est vrai que je n'ai jamais été totalement convaincu par Meier même si elle compensait de manière incontestable sur le plan dramatique.

Vraiment dommage que Nina Stemme n'ait jamais chanté dans cette production.
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 21 Sep 2018 - 19:36

Xavier a écrit:
J'y étais ce mercredi.
J'ai vu cette mise en scène 4 ou 5 fois déjà… mais bon, c'est Tristan, et puis avec une distribution nouvelle (exceptée Gubanova), donc ça reste un événement. Very Happy

L'orchestre a été superbe de bout en bout, et Jordan m'a surpris avec des tempi vraiment rapides et tendus, proches de Böhm. (à 5 minutes près)
Il y a eu 2-3 étourderies toutefois, dont une assez énorme d'un basson qui a saccagé un accord en se trompant dans une altération.
Pour le reste, un pur régal, et j'ai apprécié cette lecture tendue, intense, où Jordan n'a pas cherché à mettre son orchestre en sourdine pour éviter à tout prix de couvrir les chanteurs (ce qui est souvent frustrant), du coup les chanteurs ont parfois été couverts (pas si souvent que ça d'ailleurs), mais tant pis.
Très différent du souvenir que j'ai de 2014.

Schager est un phénomène, pour moi il est plus adéquat en Tristan qu'en Parsifal, la projection, l'endurance, sont phénoménales, mais ce n'est pas non plus toujours tout en puissance, la musicalité, les nuances, ne sont pas prises en défaut, il varie beaucoup, réussit à mettre de la poésie, prend des risques, et cela a donné une ou deux irrégularités, notamment dans la justesse à un moment du duo où ça a été très faux sur quelques notes, et puis un aigü a un peu craqué dans le III, mais quelle performance, on ne peut que lui pardonner.
En disque, ça ne serait surement pas mon Tristan favori, mais en live, c'est une claque spectaculaire!
Chapeau l'artiste.  

Serafin était plus en difficulté, on sent qu'elle force (et pourtant elle est parfois couverte surtout au I), cela donne une voix qui s'enlaidit très souvent, notamment dans l'aigü en effet (la dernière note, malheureusement, a été assez manquée, comme erraillée), le vibrato se met à partir en vrille…
Pourtant il y a une construction du rôle et une certaine endurance aussi tout de même, des nuances également, ce n'est pas une brailleuse.
Bref, ce n'est pas une excellente Isolde, mais c'est une Isolde qui n'est pas catastrophique à mon sens comme on peut le lire un peu partout.
Est-ce vraiment moins bon qu'Urmana en 2014? Pas sûr.
Par contre Nicholls au TCE, c'était autre chose, et à mon avis elle a la voix pour passer la rampe à Bastille, sans doute mieux que Serafin.

J'ai été bluffé par le Marke de Pape, tellement varié dans les nuances et les attaques, il n'hésite pas à prendre des risques, à faire des pianissimo de dingue, et quel charisme… on est happé tout de suite.

Gubanova, c'est vraiment très très bien, il y a une rondeur dans la voix qui était un peu cruelle dans la comparaison avec Serafin.

Goerne, ce n'est pas idéal du tout pour Bastille, mais ça passait quand même la rampe, donc pour moi, du premier balcon, c'était très bien.
Les petits rôles étaient également au niveau.

Bref, quand même un point faible avec Serafin, assez nettement, mais ça ne gâche pas la soirée, sauf si on n'y va que pour Isolde.

Question 1
une assez énorme d'un basson qui a saccagé un accord en se trompant dans une altération.
Comment faites vous pour entendre ce détail ? surtout sur l'altération!

Question 2
Est-ce que l'écriture chromatique induit en elle-même une tension musicale?

donc pour moi, du premier balcon
pour moi aussi le 6/10; un cadeau familial!
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Xavier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 21 Sep 2018 - 23:50

1 - N'importe qui a pu l'entendre, c'était un accord parfait qui a été entaché d'une grosse faute.
Bien sûr si on est moins familier de l'œuvre, c'est moins évident, surtout que l'œuvre peut être déstabilisante harmoniquement, et puis on n'est pas forcément concentré à 100% du début à la fin, mais honnêtement ça s'entendait beaucoup.
Il a joué un sol bémol au lieu d'un sol, ça faisait dissonance avec ceux qui jouaient le sol d'en-dessous.
D'ailleurs il m'a semblé que Jordan l'a bien fixé à ce moment-là!

2 - Oui bien sûr, mais le chef a aussi son mot à dire pour accentuer le phénomène ou non.
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 22 Sep 2018 - 13:22

charles.ogier a écrit:
Question 1
une assez énorme d'un basson qui a saccagé un accord en se trompant dans une altération.
Comment faites vous pour entendre ce détail ? surtout sur l'altération!

L'altération change la note (et ça frotte d'autant plus que la note est proche, paradoxalement…), donc ça peut s'entendre très bien, même par un candide, si ce n'est pas dans un contexte avec des accords très riches.

Ensuite, comme Xavier a des superpouvoirs, même si c'était dans la partie d'alto subdivisée d'un Schönberg, il le remarquerait. hehe


Citation :
Est-ce que l'écriture chromatique induit en elle-même une tension musicale?

Ça dépend comment elle est utilisée, la tension peut être extrême ou plutôt se manifester par une souplesse dans le coloris et passer relativement inaperçue – on a parfois des surprises (enfin, pas Xavier) lorsqu'on ouvre des partitions qu'on croyait assez simplement écrites. Fauré ne sonne pas du tout tendu, par exemple, alors que son référent harmonique se dérobe sans cesse.

Cela dit, globalement, oui, le chromatisme sort par essence des schémas codifiés standards, donc il interpelle notre oreille, et crée une forme de tension d'une façon ou d'une autre. Mais pas forcément une tension comme dans un accord surchargé ou une forte attente de résolution. (Chez Wagner, si, chez d'autres pas forcément.)
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 22 Sep 2018 - 19:35

Xavier a écrit:
1 - N'importe qui a pu l'entendre, c'était un accord parfait qui a été entaché d'une grosse faute.
Bien sûr si on est moins familier de l'œuvre, c'est moins évident, surtout que l'œuvre peut être déstabilisante harmoniquement, et puis on n'est pas forcément concentré à 100% du début à la fin, mais honnêtement ça s'entendait beaucoup.
Il a joué un sol bémol au lieu d'un sol, ça faisait dissonance avec ceux qui jouaient le sol d'en-dessous.
D'ailleurs il m'a semblé que Jordan l'a bien fixé à ce moment-là!

2 - Oui bien sûr, mais le chef a aussi son mot à dire pour accentuer le phénomène ou non.

DavidLeMarrec a écrit:
charles.ogier a écrit:
Question 1
une assez énorme d'un basson qui a saccagé un accord en se trompant dans une altération.
Comment faites vous pour entendre ce détail ? surtout sur l'altération!

L'altération change la note (et ça frotte d'autant plus que la note est proche, paradoxalement…), donc ça peut s'entendre très bien, même par un candide, si ce n'est pas dans un contexte avec des accords très riches.

Ensuite, comme Xavier a des superpouvoirs, même si c'était dans la partie d'alto subdivisée d'un Schönberg, il le remarquerait. hehe


Citation :
Est-ce que l'écriture chromatique induit en elle-même une tension musicale?

Ça dépend comment elle est utilisée, la tension peut être extrême ou plutôt se manifester par une souplesse dans le coloris et passer relativement inaperçue – on a parfois des surprises (enfin, pas Xavier) lorsqu'on ouvre des partitions qu'on croyait assez simplement écrites. Fauré ne sonne pas du tout tendu, par exemple, alors que son référent harmonique se dérobe sans cesse.

Cela dit, globalement, oui, le chromatisme sort par essence des schémas codifiés standards, donc il interpelle notre oreille, et crée une forme de tension d'une façon ou d'une autre. Mais pas forcément une tension comme dans un accord surchargé ou une forte attente de résolution. (Chez Wagner, si, chez d'autres pas forcément.)

1- La reprise du piano m'a fait permis de retrouver au moins partiellement une capacité minimale à distinguer et mieux identifier notes, accords, nuances, mais là dans cette immense salle, où l'attention est attirée par le spectacle, un orchestre richissime !,.. en fait, c'est très simple, nous n'entendons pas la même chose.

2- oui, sans doute, la surprise de l'écoute, saisir son auditeur, le tenir en suspens, et le relâcher


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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Lun 8 Oct 2018 - 21:45

Représentation samedi 6 octobre 2018

J'y suis retourné ce samedi pour une splendide représentation.
* L'orchestre et P.J. vraiment au top!
* A.Schager égal à lui-même: toujours ce 3ème acte!
* Magnifique R.Pape qui incarne réellement Marke.

Tristan et Isolde est une évidence.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Jeu 11 Oct 2018 - 23:26

S'enterrer pour 5h par ce grand soleil, pour entendre un livret abscons parler de nuit et de mort. Bon.

Mais c'est Tristan ; le bref postlude du II est peut-être l'une des plus bouleversantes choses de toute la musique. Rien que pour ça.

J'avoue avoir été encore une fois affecté par la qualité du livret : que c'est long, que c'est nul, si bien que l'attention se relâche là où la musique se déploie pourtant. Paye ton librettiste, franchement. Des opéras bien moins considérables (ou d'autres Wagner) me tiennent à 100% en salle.

Autrement, merveilleuse soirée de musique (adoré Martina Serafin au I), musiciens et chanteurs splendides.

J'ai sans doute trop écouté Tristan et la force de l'acte II s'est un peu émoussée. Ou bien est-ce l'éloignement de Bastille. Je crois que la nature des mélodies, plus lyriques, produit aussi cela (sans que j'aie déclassé l'œuvre). Tandis que l'acte III continue de me terrasser.

Comme prévu, trouvé les vidéos de Viola pénibles (surtout au I : rituel niaiseux, et surtout écran très blanc, personnages qui bougent). Mais de côté et de plus près, on a vraiment le choix de ce qu'on regarde. L'aurore de Marke ou les paysages du III passent assez bien.
Dans tous les cas, du fond de Bastille, ça s'impose de façon difficile à échapper (dû l'occulter discrètement avec mon programme pour les moments les plus clairs / narratifs / animés). Et les symboles ne sont pas très fins pour nourrir en échange le spectateur.

La vidéo peut être vraiment utile, mais il faut respecter quelques règles de bon voisinage :
¶ pas d'action parasite ;
¶ l'image doit être assez sombre pour ne pas s'imposer à la vue au détriment de la scène.

Donc on peut :
∆ grossir des détails de la scène (van Hove le faisait très bien dans Boris, là ça aidait du fond) ;
∆ proposer des images atmosphériques (pourquoi pas la mer et les moments du jour, comme le fait Viola).

Sur le contenu lui-même, j'ai trouvé ces plans-séquences ralentis particulièrement fades et peu signifiants, mais lorsqu'ils sont immobiles ou répétitifs, et à faible contraste, ça meuble agréablement (puisqu'il ne se passe rien sur scène !).

Seule Martina Serafin, expérience personnelle ou choix de la direction d'acteurs (qui ne semble pas avoir beaucoup infléchi Schager et Goerne, alors même que Sellars est revenu pour la reprise !), incarne vraiment, avec de belles poses de princesse d'enluminure. I love you
Alors que je conservais le souvenir de son Elsa pataude à tout point de vue (timbre éraillé, incarnation engoncée), j'ai adoré son acte I, frémissant, mobile, avec un assez beau timbre (un peu acide, oui) qui fend l'espace, un sens des mots et un véritable abandon !
Elle se fatigue certes à l'acte II, mais sans rien de moche, au contraire, l'émission est vraiment calibrée pour se faire entendre : ce n'est pas joli de près, mais de loin et avec orchestre, c'est une superbe voix de dramatique wagnérien. Et à nouveau belle au III, avec des allègements très bienvenus.

En comparaison, j'ai trouvé les autres (tous bons) moins marquants, hors Nicky Spence (Marin, Berger) et Tomasz Kumięga (le minuscule rôle du Pilote), Neal Cooper (Melot clair et saillant) sonores, équilibrés, très engagés.

Et puis René Pape.
La voix passe très bien la rampe, quoique un peu grisée, légèrement amoindrie (le tabac ?), aisée même face à l'orchestre. Et la science des mots – même le temps entre la fin de la voyelle et la résonance de la consonne est calibré pour servir l'expression !

Andreas Schager se joue des difficultés du rôle, avec un volume incroyable sur une voix à l'assise métallique gigantesque, mais jamais dure. Pour autant, moins touché : la contrepartie est une voix pleinement maîtrisée, homogène, moins variée que des instruments plus fragiles. (Il n'empêche : je venais pour lui et Jordan, et je n'ai pas été déçu, du tout.)

Je n'ai en revanche pas autant aimé Gubanova : je n'ai pas retrouvé la rondeur et la facilité que je lui trouve d'ordinaire. L'expression aussi semblait plus mesurée. Peut-être la fatigue physique de fin de série, ou le différentiel avec Serafin complètement habitée et radieuse.

Goerne a confirmé mes craintes, mais d'une façon inattendue. Ses Kurwenal d'il y a dix ans étaient des merveilles de mélancolie, mais je me figurais, au vu des tonalités qu'il choisit actuellement dans le lied, qu'il n'avait plus les nombreuses notes hautes du rôle. Au contraire mardi soir, il assurait les hauteurs sans faiblir.
Cependant, son absence d'harmoniques faciales l'empêchant de passer l'orchestre (vraiment l'exemple parfait de la dichotomie entre puissance et projection : ( http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/09/18/1825 ), il force beaucoup, et finit son acte III la voix complètement voilée, obligé d'alléger et de moins en moins sonore.
Son art fait que cela reste beau et sensible, mais ce n'est de toute façon pas un rôle où son sérieux est un atout particulièrement enviable. Assez monochrome aussi, ce mardi (ses nuances infinies de gris semblaient s'être figées, effet de la présence de l'orchestre ou de l'âge).

L'orchestre est le meilleur des 2 de l'Opéra (celui que j'appelle les Oranges, par opposition aux Jaunes – je ne sais pas qui sont les Bleus et qui les Verts) et en fin de série, dans une musique qui leur plaît, le résultat est splendide.
Jordan parvient ainsi à faire entendre la double progression thématique du Prélude du I ; et si son sens analytique le sert moins dans cette veine lyrique que pour Walküre, les Maîtres ou Parsifal, il livre pour autant une vision complètement sobre, pudique et aboutie. (C'était la même chose pour Parsifal, je n'avais jamais entendu un si magnétique Prélude du I – que je n'adore pas d'ailleurs.)

Concernant les détails de l'œuvre, remarqué pour la première fois le retour du motif « Mir erkoren » (qui sert de fondement au Prélude du III), accéléré, pour exprimer les doutes de Tristan face aux explications de Kurwenal.(Je n'ai pas encore déterminé pourquoi, je dois regarder.) L'occasion de me replonger aussi dans les multiples traductions (dont Wilder, mais pas du niveau de son Ring – il faut dire que le livret est encore plus impossible !) qui en existent. Je vous raconterai si jamais de dégote des pépites. Very Happy
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 12 Oct 2018 - 0:12

Ce que tu appelles motif "Mir erkoren", c'est ce qu'on appelle communément le motif du désir, non? Les trois notes chromatiques, qui deviennent diatoniques au III?
Ce motif parcourt toute l'œuvre de A à Z jusqu'à la dernière phrase, donc je ne sais pas s'il faut chercher une justification précise à chaque occurrence, a priori on peut le trouver un peu partout, il peut simplement représenter l'impatience de Tristan à retrouver Isolde, ça peut être partout donc… enfin, s'il y a un endroit où ça peut surprendre, si tu as le détail, je veux bien.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 12 Oct 2018 - 0:45

Oui, tout à fait. Je n'ai pas étudié la nomenclature traditionnelle des motifs de Tristan et c'est la première fois qu'il apparaît avec le texte, me semble-t-il. Comme il est utilisé dans tellement de circonstances, je ne sais pas le nommer (et souvent chez Wagner, la première occurrence fixe le sens à venir, même lorsque le motif est réutilisé hors contexte).

C'était un moment, sur l'incrédulité de Tristan lorsque Kurwenal lui annonce que tout va bien (fin de la séquence « Wo du bist » etc.) où il était très clairement mis en avant, plus rapide (et diatonique en effet), sans que je voie le lien avec l'amour d'Isolde auquel il est la plupart du temps attaché.

Il faudrait que je rouvre la partition pour regarder, je le ferai demain si j'ai un moment avant d'aller voir Maeterlinck au théâtre ( bounce ), c'est juste que j'aime bien partager, dans mes impressions de concert, ces instants de l'œuvre qui apparaissent soudain comme des évidences, parfois restées occultées alors qu'on l'a réécoutée des dizaines de fois. Comme ça pique ta curiosité, j'irai vérifier ce que c'est, je te donnerai l'endroit.
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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 12 Oct 2018 - 14:30

La mise en scène de Tristan und Isolde selon Peter Sellars et Bill Viola est une des productions phares de l'ère Mortier à l'Opéra de Paris et, depuis sa création en 2005, son évocation s'accompagne souvent de commentaires élogieux. Elle a acquis une dimension « historique », annonçant l'utilisation considérable de la vidéo dans les mises en scène d'opéra depuis cette époque et la fréquence importante des mises en scène d'opéra confiée à un tandem homme de théâtre/plasticien.

J'aurais vraiment adoré aimer leur travail, mais j'avoue avoir été un peu déçu, à la mesure de la réputation qui le précédait. Je pense que c'est en partie parce que j'étais bien trop près de la scène et que je n'avais pas le recul suffisant pour apprécier les vidéos, ne percevant que le « bruit » des images, leur qualité datée (aussi bien techniquement qu'esthétiquement, d'ailleurs). Si j'ai trouvé qu'il y avait des passages sublimes d'adéquation entre l'image et la musique (le plongeon dans l'amour des deux amants après l'absorption du philtre et bien évidemment la fin, d'une beauté époustouflante, j'y reviendrai), il m'a semblé que les vidéos étaient par moment trop illustratives ou bien qu'elles ne répondaient à aucune nécessité précise, venant combler l'espace entre deux belles idées.

Le plateau est très sobrement occupé par un socle parallélépipédique noir, situé sur le côté droite de la scène au premier acte, sur le côté gauche au deuxième et au centre lors du troisième acte. Derrière, un large écran blanc, sur lequel sont projeté les vidéos de Bill Viola, qui est plusieurs fois rétréci et segmenté en deux pans distincts durant les deux premiers actes et qui demeure de la taille d'un segment unique pendant tout le troisième acte. Les formes de l'écran suivent ainsi le processus de fusion des deux amants, passant de deux individus distincts à un être continu, dans la mort.

Les vidéos qui accompagnent le Liebestod d'Isolde sont à ce titre d'un beauté et d'une justesse extraordinaires, puisqu'elles mettent en scène l'élévation du corps de Tristan, absorbé progressivement par des coulées d'eau, puis, au-delà du premier cadre, le plongeon dans l'océan renversé d'un corps qui se dilue dans un informe infini. Le reste du temps, les images m'ont paru plus ou moins pertinentes, plus ou moins belles aussi (cela reste évidemment tout à fait subjectif). Bien trop souvent, la vidéo semble ne rien apporter de très substantiel à ce qui se dit, se fait et s'entend devant elle, reléguant sa présence à une simple fonction illustrative. Il s'agit alors de rêveries ou de variations autour des éléments feu et eau qui se complètent et s'annulent. Je ne vois cependant pas comment cet écueil aurait pu être évité, car une fois le dispositif mis en place, il aurait été absurde de le faire apparaître et disparaître au cours du spectacle et il était donc inévitable qu'il y ait des moments moins inspirés que d'autres. Mais face à une musique qui ne connaît pas d'irrégularité (ou bien peu), cela gêne par moment, en apparaissant de trop.

Les chanteurs peinent à imposer leur présence devant cet écran lumineux qui absorbe le regard et l'attention du spectateur. Peter Sellars ne leur a réservé qu'une gestuelle minimale, bien que toujours juste. On pourrait lui reprocher de rendre compte d'une manière un peu trop abstraite des tensions à l'œuvre entre les deux personnages principaux, qui se tiennent le plus souvent par la main comme deux écoliers bien disciplinés ou ne s'enlacent que trop timidement. L'utilisation de la salle comme hors-scène est par contre très intelligemment faite.

Sur le plan musical, les grands triomphateurs de la soirée sont les instrumentistes de l'Orchestre de l'Opéra de Paris et le chef Philippe Jordan. Chargée de coloris divers, de chatoyances nacrées, de sensualité débordante, sa lecture de l’œuvre m'a enchanté — c'est peut-être là qu'il m'aura le plus conquis sans réserve à l'opéra — sachant allier très justement la tenue dramatique de l'ensemble et l'épanouissement ponctuel de détails capiteux. Le premier acte a été pour moi vraiment une longue extase, j'étais déjà complètement bouleversé au terme des dix premières mesures du Prélude.

J'appréhendais beaucoup d'entendre Martina Serafin en Isolde. Finalement, c'est elle qui, du plateau, m'a le plus séduit. Est-ce pour compenser un timbre qui n'est pas intrinsèquement attrayant, une voix qui par instants s'acidifie et se durcit, je ne sais, mais elle s'investit dans son rôle bien plus que tous ses autres partenaires. Fatalement, la voix fatigue à mesure que la représentation avance et le Liebestod est chanté d'une voix quasi éteinte, mais le premier acte l'aura vu projeter crânement des aigus dardés et pleins, dire le texte avec une acuité et une saveur envoûtante, être dans toute sa chair intégralement Isolde, cette fière princesse qui tient tête avec arrogance à Tristan et aux pulsions qui tempêtent en elle. Dès le deuxième acte, c'est vrai, la voix est moins glorieuse et l'incarnation moins absolue, mais très loin de tout ce qu'on a pu écrire et dire comme horreur sur son compte.

À ses côtés, Andreas Schager propose un Tristan monolithique, qui ne m'a pas vraiment plu. Oui, c'est impressionnant d'endurance et de puissance, mais je ne trouve pas le timbre beau (cela est certes affaire de goût, encore une fois), le nuancier vocal est fort réduit, il est bien peu captivant scéniquement (un peu benêt) et a tendance à attaquer certaines notes trop bas, ce qui lui donne à mes oreilles un côté geignard. Au début de l'acte III, j'ai cru percevoir un début de quelque chose de vécu, mais ça n'a pas duré bien longtemps, surtout que la voix sonnaient elle aussi fatigué (étrangement).

Impeccable, le roi Marke de René Pape l'est assurément. Mais il ne m'a pas ému, sans trop que je sache dire pourquoi. Peu touché également par la Brangäne d'Ekaterina Gubanova, un peu effacé, bizarrement, bien que la voix soit belle et le chant réfléchi.

Matthias Goerne
est un Kurwenal très intéressant, impliqué, même si le dialogue avec Tristan/Schager au début de l'acte III le met en difficulté, ne pouvant pas rivaliser en puissance avec son stentor de partenaire. Mais il conserve je ne sais quoi de très remué, de chtonien, comme s'il allait chercher le chant et le texte très profondément dans son corps et la terre. Scéniquement, il est un peu inégal, se positionnant souvent comme s'il était à un récital de Lieder.

Le Melot de Neal Cooper est lui aussi très intéressant. Le chant est moins châtié que celui de ses autres partenaires, ce qui confère à son personnage du mordant et du pathos un peu expressionniste qui m'a plu tout à fait.

Enfin, j'ai été grandement conquis par Nicky Spence, superbe dans ses deux rôles différents. On ne le voit que peu, mais sa voix impose une présence à ses personnages certes peu importants, une grande mélancolie faite de poésie, de tenu/relaché, alliée à une puissance vocale certaine. Indiscutablement, le plus convaincant de toute la distribution, mais ce sont de bien petits rôles. Et puis, toujours très beau Tomasz Kumiega, dans un plus mince rôle encore.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Ven 12 Oct 2018 - 22:18

[quote="Adalbéron"]J'appréhendais beaucoup d'entendre Martina Serafin en Isolde. Finalement, c'est elle qui, du plateau, m'a le plus séduit.[/qote]

cheers
(Et j'ai même trouvé le timbre superbe, ça change en tout cas des moelleux bien en bouche voire tout en gorge qu'on nous sert à longueur de temps !)


Citation :
[Schager] a tendance à attaquer certaines notes trop bas, ce qui lui donne à mes oreilles un côté geignard.

J'ai eu l'impression, dans le III, qu'il attaquait plutôt trop haut. (Mais je me trompe peut-être, comme je m'en moque assez, je me suis fait fugacement la remarque qu'il voulait vraiment être sûr de bien faire ses notes et de ne rien rogner des durées ni des hauteurs… je ne pourrais en jurer, et ce n'était de toute façon pas le même soir, pas du tout fatigué pour la dernière du 9 !)


Citation :
[Goerne] Mais il conserve je ne sais quoi de très remué, de chtonien, comme s'il allait chercher le chant et le texte très profondément dans son corps et la terre.

Comme toujours, c'est sa technique, larynx écrasé au moment de l'inspiration, qui lui donne cette ampleur moelleuse (et ces défauts plus audibles à l'opéra).

Scéniquement, je n'aurais pas dit inégal mais vraiment amateur, à ce point-là de ne rien faire de son corps, c'est presque digne d'une demande de remboursement ! hehe


Merci pour ce panorama bien complet (dans lequel je me retrouve assez complètement, à ceci près qu'on n'a pas aimé les mêmes choses dans la vidéo, sans surprise : c'est quand elle est foncièrement inutile, au II et au début du III, que je l'ai mieux supportée).
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Sam 13 Oct 2018 - 1:32

DavidLeMarrec a écrit:
Adalbéron a écrit:
J'appréhendais beaucoup d'entendre Martina Serafin en Isolde. Finalement, c'est elle qui, du plateau, m'a le plus séduit.[/qote]

cheers
(Et j'ai même trouvé le timbre superbe, ça change en tout cas des moelleux bien en bouche voire tout en gorge qu'on nous sert à longueur de temps !)


Citation :
[Schager] a tendance à attaquer certaines notes trop bas, ce qui lui donne à mes oreilles un côté geignard.

J'ai eu l'impression, dans le III, qu'il attaquait plutôt trop haut. (Mais je me trompe peut-être, comme je m'en moque assez, je me suis fait fugacement la remarque qu'il voulait vraiment être sûr de bien faire ses notes et de ne rien rogner des durées ni des hauteurs… je ne pourrais en jurer, et ce n'était de toute façon pas le même soir, pas du tout fatigué pour la dernière du 9 !)


Citation :
[Goerne] Mais il conserve je ne sais quoi de très remué, de chtonien, comme s'il allait chercher le chant et le texte très profondément dans son corps et la terre.

Comme toujours, c'est sa technique, larynx écrasé au moment de l'inspiration, qui lui donne cette ampleur moelleuse (et ces défauts plus audibles à l'opéra).

Scéniquement, je n'aurais pas dit inégal mais vraiment amateur, à ce point-là de ne rien faire de son corps, c'est presque digne d'une demande de remboursement ! hehe


Merci pour ce panorama bien complet (dans lequel je me retrouve assez complètement, à ceci près qu'on n'a pas aimé les mêmes choses dans la vidéo, sans surprise : c'est quand elle est foncièrement inutile, au II et au début du III, que je l'ai mieux supportée).

Schager : je me demandais, car c'est une impression que j'ai eu pendant à peu près toute la représentation, et peu de personnes semblent en avoir parlé (je suis allé chez l'ORL, aucun problème de ce côté), si en étant situé tout près des chanteurs (en l'occurence au premier rang), il se pouvait que certaines harmoniques de voix aussi massives ne parviennent pas à nos oreilles, alors que le chanteurs chantera tout à fait juste pour quelqu'un au milieu du parterre ou aux balcons. Je sais à peine de quoi je parle, c'est une question naïve.

Georne : je te trouve dur. Au moins, il a une apparence de nounours sympathique. Schager m'était plus antipathique, en étant tout aussi « amateur ».
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Lun 29 Oct 2018 - 14:29

J'ai vu la première semaine, et puis la dernière !

Il faut reconnaître que certains extraits de Viola ont vraiment vieilli (je trouve le premier acte et une bonne partie du deuxième presque affreux, à vrai dire).

Serafin était beaucoup (beaucoup) plus à l'aise, dans les aigus notamment, lors de la dernière. En revanche, je l'ai trouvée beaucoup plus "sur la réserve", notamment dans le 2ème acte, et on a vraiment eu cette impression qu'elle se préservait pour le final (du coup, plus réussi que lors de la première où elle finit avec un timbre très aigre).

Pape était impeccable. Par contre, Shager ne me convainc toujours pas dans Wagner. J'avais détesté son Parsifal. Je n'ai pas beaucoup plus aimé son Tristan, que je trouve sans nuance. Beaucoup de puissance, mais un timbre très pauvre et peu de nuances.

Pour finir, la direction de Jordan est toujours aussi épatante, notamment dans Wagner. Le Prélude du I à ce titre était admirable (si ce n'est une sonnerie de téléphone au climax...).

On a certainement assisté à la dernière représentation de cette production, qui a fait son temps et qui était dans l'ensemble, malgré quelques réserves, très qualitative.

(Bonjour à tous, au fait bom )
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Lun 29 Oct 2018 - 14:37

Bonjour !

Moi j'aime bien Schager pour son côté "entier" et "qui déménage vocalement sur la scène". Mais après l'avoir vu dans Tannhäuser, Siegmund, Parsifal et Tristan (donc pas mal de fois, de rôles et de salles) je me rends compte qu'il ne me marque pas plus que ça sur la durée... je crois que je vois et j'entends le phénomène Schager, pas le personnage qu'il incarne... ce qui dans Wagner est problématique (ailleurs aussi...)
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   Lun 29 Oct 2018 - 23:36

Ben. a écrit:
J'ai vu la première semaine, et puis la dernière !

Il faut reconnaître que certains extraits de Viola ont vraiment vieilli (je trouve le premier acte et une bonne partie du deuxième presque affreux, à vrai dire).

Serafin était beaucoup (beaucoup) plus à l'aise, dans les aigus notamment, lors de la dernière. En revanche, je l'ai trouvée beaucoup plus "sur la réserve", notamment dans le 2ème acte, et on a vraiment eu cette impression qu'elle se préservait pour le final (du coup, plus réussi que lors de la première où elle finit avec un timbre très aigre).

Pape était impeccable. Par contre, Shager ne me convainc toujours pas dans Wagner. J'avais détesté son Parsifal. Je n'ai pas beaucoup plus aimé son Tristan, que je trouve sans nuance. Beaucoup de puissance, mais un timbre très pauvre et peu de nuances.

Pour finir, la direction de Jordan est toujours aussi épatante, notamment dans Wagner. Le Prélude du I à ce titre était admirable (si ce n'est une sonnerie de téléphone au climax...).

On a certainement assisté à la dernière représentation de cette production, qui a fait son temps et qui était dans l'ensemble, malgré quelques réserves, très qualitative.

(Bonjour à tous, au fait bom )

Bonjour !! Very Happy

Je te rejoins sur tout : sur le côté vieilli des vidéos de Viola, sur Serafin qui est très très loin d’être là catastrophe décrite par certains, sur Schager, qui impressionne deux minutes, mais qui devient vite pénible de monochromie et de « benêterie » scénique et sur Jordan épatant.
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MessageSujet: Re: Bastille - Tristan et Isolde - Jordan-Sellars - Sept-oct 18   

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