Autour de la musique classique

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 Peter Sculthorpe (né en 1929)

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MessageSujet: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyMer 8 Oct 2008 - 23:03

La première fois, ça n’était pas trop bon. Mon histoire avec Sculthorpe commençait mal. « Music for Japan » avec son digeridu enregistré sur bande et des vociférations aborigènes me laissait un peu interdit.
Heureusement sur le disque il y avait le concerto pour piano, assez curieux tout de même avec ses répétions à la Glass, son final extatique, un compromis bizarre entre le monde contemporain regardé par Michael Nymann et Wendy Carlos.
Peter Sculthorpe aura 80 ans l’année prochaine : et quand il parle de son enfance, on dirait la mienne. Quand il parle des paysages des îles, on dirait la mienne.
Les pièces du puzzle s’enchaînent, où qu’on la prenne chaque bribe est liée à la précédente, un jeu de dés, un morceau dont on est le héros.
Des hasards de fanfares pour la course de kangourous, « New Norcia » comme pour le souper du roi, des déserts coplanesques, des « Small city » qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à « Our Town ».
Dans l’exotisme intérieur des forêts de Florentz, dans les eaux ombragées de lotus de Scott, par-dessus les espagnes et les amériques, les sternes planent sur Quamby, volatiles mélancoliques, aux yeux de gemmes, et les hommes vivent sous-terre dans l’espoir que Priscilla visite leur campement. Alors il y a une berceuse pour flûte en os, hautbois d’amour et tout le monde s’aime et tout le monde pleure avec des sourires de reconnaisance, parce que comme dans Platon, la figure dessinée dans le sable ressemble à ce qu’on sait du temps qui ne s’écoule pas, mais qui n’est jamais la même eau sous le pont qui enjambe la vieille rivière.
Et cela existe encore sous le soleil morbide qui brûle la peau des colons, des nouveaux concessionnaires de cette terre, qui ne vivront que le temps de la regarder se lézarder, sous le soleil de plomb, sans mélodie, sans rythme, juste le poids statique de la destruction.
Mais qui chante, qui se lève et qui danse dans les actions de grâce du Requiem. Une interminable plénitude sonore, quand bien même elle n’est plus que l’instument seul, Irkanda, Cello dreaming , et un fruit a soudain muri sur l’arbre sec.
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Stanlea
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyMer 8 Oct 2008 - 23:36

Soleil taper trop fort sur tête toi.

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MickeyZeVrai
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyMer 8 Oct 2008 - 23:42

Après ça, pourquoi lire les critiques gratuitement virtuoses et creux de forum opéra...
Je ne sais pas si on sent le compliment.
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antrav
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyMer 8 Oct 2008 - 23:53

La musique est certainement moins belle que sa description.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyJeu 9 Oct 2008 - 5:37

vartan a écrit:
La musique est certainement moins belle que sa description.
C'est quand même pas mal, Sculthorpe...

Mais Sud est très évocateur comme toujours. Very Happy
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyVen 10 Oct 2008 - 2:08

vartan a écrit:
La musique est certainement moins belle que sa description.

Je préfère nettement la poésie de Sud à la musique de Sculthorpe.

La suite de mon propos étant assez cassant, prière de ne pas m'en tenir rigueur. Voire ne pas la lire. silent

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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyVen 10 Oct 2008 - 7:18

oui mais je l'avais dit en tête de fil: "la première fois ça n'était pas trop bon".
Et ce disque est le dernier que j'ai écouté de Sculthorpe, j'avais donc dû m'y habituer entre temps.
C'est vrai que tu n'aimes pas non plus tellement les grandes plaines vides de Copland. Peut-être les trois sonates pour cordes ou les derniers quatuors te parleraient plus immédiatement.
Sculthorpe a un effet profondément apaisant sur moi.
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antrav
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyVen 10 Oct 2008 - 8:11

Voilà, il y a du Copland dans ses cuivres.
Mais j'ai remis sur ma platine les microsillons deux fois quand même pour être sûr. Peut-être que de la musique de chambre...
Apaisant c'est certain, ses mouettes ne sont pas celles d'Hitchkock. Cette musique ne manque pas de beauté, mais plutôt de variété pour moi.
Mais si c'est indiscret... Il est du pays des kangourous ?
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyVen 10 Oct 2008 - 9:48

oui, une grande partie de ses oeuvres sont inspirées par les îles entre Australie et Nouvelle Zélande (voir l'Album Islands dreaming avec le 13ème quatuor par von Otter, il y a carrément une petite carte pour situer géographiquement la référence de chaque morceau).
A partir des années 60 sa musique se réfère aussi à Bali et au Japon.
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WoO
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyVen 10 Oct 2008 - 11:30

Apaisant c'est tout à fait ça. En tout cas j'aime beaucoup les atmosphères qu'il crée, les éléments "exotiques" s'intègrent très harmonieusement dans cette musique qu'on pourrait décrire comme une "musique des grands espaces" (c'est en tout cas l'impression qu'elle me laisse).

Le Requiem réserve de très bons moments même s'il est un peu trop long dans sa dernière partie (42 minutes au total) : didgeridoo qui introduit le Kyrie Eleison, formidable passage de 6'11 à 7'35 (musique en arrière-fond et Kyrie Eleison Sad ), le Sanctus, etc. Certains passages, peut-être dans leur instrumentation, la brièveté de certaines sections, le chant même parfois, m'ont fait penser à Stravinsky (même remarque pour New Norcia) . Pendant quelques courtes minutes on pense aussi à Arvo Part (couleur "néo-grégorienne" à partir de 21'), mais cette pensée est vraiment fugace.

Sinon cette musique a un côté répétitif assez prononcé qui me fait penser aux minimalistes américains (je ne connais que Glass et Adams), mais de ceux qui racontent quelque chose d'intéressant (Adams donc). Il y a une vraie progression dans chacun de ces morceaux, rien de statique ou de cyclique. La pièce du disque que je préfère est My Country Childhood : lumineuse, nostalgique, douloureuse, sensible et poétique à la fois. De Great Sandy Island j'aime bien les percussions et le climat plus inquiet qui s'installe après leur intervention, le passage plus martial avec tambour, trompettes (discrètes) et percussions également, la fin me touche moins par contre. J'aime beaucoup la courte pièce de 5 minutes Earth Cry pour sa rythmique et sa progression dramatique, par contre Quamby en dépit d'un très beau début m'avait semblé manquer un peu de variété, il faudrait que je réécoute mais peut-être est-ce dû aussi à sa longueur.
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Théo taschimor
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyJeu 8 Déc 2011 - 16:48

WoO a écrit:
Apaisant c'est tout à fait ça. En tout cas j'aime beaucoup les atmosphères qu'il crée, les éléments "exotiques" s'intègrent très harmonieusement dans cette musique qu'on pourrait décrire comme une "musique des grands espaces" (c'est en tout cas l'impression qu'elle me laisse).

Le Requiem réserve de très bons moments même s'il est un peu trop long dans sa dernière partie (42 minutes au total) : didgeridoo qui introduit le Kyrie Eleison, formidable passage de 6'11 à 7'35 (musique en arrière-fond et Kyrie Eleison Sad ), le Sanctus, etc. Certains passages, peut-être dans leur instrumentation, la brièveté de certaines sections, le chant même parfois, m'ont fait penser à Stravinsky (même remarque pour New Norcia) . Pendant quelques courtes minutes on pense aussi à Arvo Part (couleur "néo-grégorienne" à partir de 21'), mais cette pensée est vraiment fugace.

Sinon cette musique a un côté répétitif assez prononcé qui me fait penser aux minimalistes américains (je ne connais que Glass et Adams), mais de ceux qui racontent quelque chose d'intéressant (Adams donc). Il y a une vraie progression dans chacun de ces morceaux, rien de statique ou de cyclique. La pièce du disque que je préfère est My Country Childhood : lumineuse, nostalgique, douloureuse, sensible et poétique à la fois. De Great Sandy Island j'aime bien les percussions et le climat plus inquiet qui s'installe après leur intervention, le passage plus martial avec tambour, trompettes (discrètes) et percussions également, la fin me touche moins par contre. J'aime beaucoup la courte pièce de 5 minutes Earth Cry pour sa rythmique et sa progression dramatique, par contre Quamby en dépit d'un très beau début m'avait semblé manquer un peu de variété, il faudrait que je réécoute mais peut-être est-ce dû aussi à sa longueur.

Je partage totalement ton impression, je suis d'ailleurs un inconditionnel de son oeuvre qui me fait voyager. Ses quatuors à cordes sont également très beaux. J'ai beaucoup d'oeuvres de ce compositeur et j'en veux encore plus! Pour Earth Cry, en dehors de la version courte que tu cites, il existe deux autres versions, une avec didjeridoo et une sans. Je les aime pour les mêmes raisons, c'est-à-dire pour sa rythmique presque goldsmithienne et sa progression dramatique. Le climat sonore aussi.
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WoO
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptySam 9 Aoû 2014 - 11:36

Peter Sculthorpe est décédé hier, vendredi 8 août 2014, il était âgé de 85 ans. Sa musique vit encore. Il laisse derrière lui de nombreuses oeuvres et pas moins de 18 quatuors à cordes (d'après le Wiki anglais)
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyDim 10 Aoû 2014 - 21:02

WoO a écrit:
Peter Sculthorpe est décédé hier, vendredi 8 août 2014, il était âgé de 85 ans. Sa musique vit encore. Il laisse derrière lui de nombreuses oeuvres et pas moins de 18 quatuors à cordes (d'après le Wiki anglais)
 Peter Sculthorpe (né en 1929) 3641590030 
une déception de plus dans ce monde de merde.
Je l'ai beaucoup aimé. Je doute que ça change.
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Henri
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyJeu 19 Nov 2015 - 10:40

Dans l’ensemble je suis plutôt très réceptif à la musique de Peter Sculthorpe. Parmi les compositeurs que j’ai découverts cette année, il est peut-être celui que j’ai écouté le plus souvent. Sa musique est à la fois moderne et accessible (c’est dommage qu’il faille préciser que “moderne” et “accessible” ne sont pas forcément antinomiques, mais il y a tant de musique contemporaine où ce n’est tellement pas évident...), sensible et intense, soulèvant autant l’émotion que l’excitation, et elle a le pouvoir, comme c’était d’ailleurs l'intention du compositeur, de faire que les gens se sentent mieux et plus heureux en l’écoutant.

Chez lui, le paysage australien est une importante source d’inspiration, comme il l’avait été chez son compatriote Percy Grainger qui écrivait : « [l’Australie est] assurément un pays riche d’inspiration pour l’art musical, avec ces sonorités aux couleurs du ciel se faisant le miroir sonore des splendides collines aux teintes pourpres que l’on découvre dans le lointain de l’air australien ». Sculthorpe disait à propos de sa première œuvre de maturité, Irkanda IV, qu’elle était la musique d’une âme solitaire dans un monde ayant perdu le lien qui l’unissait à la terre et à ses ancêtres : « Sans doute étais-je cette âme solitaire. Mais plus je me fondais dans le paysage et la solitude et plus l’isolement disparaissait ». Le terme « irkanda » est un mot aborigène que Sculthorpe interprète comme signifiant un lieu éloigné et isolé.

En introduction du texte de présentation de sa pièce pour orchestre Earth Cry (1986), il écrit : « L’Australie est l’un des rares endroits au monde où l’on peut honnêtement écrire de la musique animée et joyeuse. Toutefois, il serait malhonnête de ma part d’écrire de la musique totalement optimiste. L’absence de cause commune et l’intérêt personnel de beaucoup a vidé la société australienne d’une grande partie de son énergie. Une fausse identité nationale et sa commercialisation ont obscurci la véritable ampleur de notre culture. [...] Peut-être avons-nous désormais besoin de nous mettre en harmonie avec ce continent, afin d’écouter le cri de la terre comme les aborigènes le font depuis des milliers d’années ».

« Dans presque toute ma musique, dit-il, je recherche le sacré dans la nature et le sacré dans le paysage. C’est là le véritable thème de ma musique. Si j’ai une foi religieuse, c’est alors une sorte de panthéisme non sans rapport avec celui de D.H. Lawrence dans le sens où la vie elle-même est duelle et que la réalité n’existe qu’en tant qu’opposition des contraires ».

À propos de Kakadu, pièce orchestrale composée en 1988, nommée ainsi d’après le parc national homonyme, il écrit : « Je ne m’y étais jamais rendu mais je m’entoure habituellement de photographies, de peintures, etc. Je n’aurais pas composé cette œuvre de cette manière si j’y étais allé, car cette œuvre est plus rude que toutes celles que j’ai composées sur ce même thème. Mais ca ne fait rien. Le paysage n’a fait que me servir de source d’inspiration pour ma musique. En 1989, je me suis rendu pour la première fois au Parc National de Kakadu. Regardant par-delà les grandes plaines alluviales, je pus voir des sites abandonnés d’anciens établissements blancs, la Mer d’Arafura, le détroit de Torres et, dans mon imagination, les îles d’Indonésie. Les musiques de ces endroits, et de Kakadu proprement dit, ont fusionné dans mon esprit. J’ai depuis écrit un certain nombre d’œuvres dans lesquelles cette fusion a été incorporée à mon langage musical. From Nourlangie (1994) est l’une de ces œuvres. Elle tire son nom d’un énorme monolithe rocheux du parc. Œuvre courte, elle consiste en une triple exposition d’une mélodie inspirée d’un chant de danse du détroit de Torres. »

La musique des indigènes australiens entre pour une grande part dans celle de Sculthorpe : « J’ai utilisé la mélodie aborigène "Djilile" dans "Port Essington" ; je l’ai même utilisée à plusieurs reprises. C’est la seule mélodie aborigène que j’aie citée note pour note, et c’est également la toute première mélodie aborigène à être apparue dans mon œuvre. Je tentais de faire prendre conscience aux blancs des droits de ce pays et du besoin de réconciliation. L’ignorance est encore grande aujourd’hui, mais elle était beaucoup plus marquée en 1977. Après la première audition de "Port Essington", j’ai reçu des lettres de nombreux chefs tribaux me remerciant pour ce que je faisais. Par la suite, on suggéra que je ne devais pas faire ce que je faisais ou encore que je devrais payer des royalties et ainsi de suite. En définitive, j’ai demandé à Burnham Burnham, un grand ancien et chef aborigène, ce qu’il convenait de faire. Il m’a simplement dit de continuer mon travail : “Nous savons que cela te vient du cœur” ».

Dans plusieurs pièces, Sculthorpe utilise le didgeridoo, instrument traditionnel des aborigènes. Je reste toutefois assez dubitatif sur l’intérêt de cet instrument et je me demande si son introduction, qui me semble souvent artificielle, n’est pas destinée avant tout à faire plaisir à son ami William Barton, aborigène joueur de didgeridoo qui intervient dans plusieurs enregistrements de sa musique et dans les concerts. Je trouve pour ma part que le son de cet instrument, à mi-chemin entre l’aboiement du roquet et le cri du crapaud en mal d’amour, est souvent mal venu dans la musique plutôt romantique de Sculthorpe, comme notamment dans les si belles “Songs of Sea and Sky”, totalement gâchées à mon avis par les interventions intempestives de l’engin. Existe-t-il une version sans coassements ?...

Il existe en tout cas deux versions de Earth Cry, une pour orchestre et l’autre pour orchestre et didgeridoo. La partition originale ne prévoyait pas l’instrument aborigène et je crois que c’est sur la suggestion de William Barton que Sculthorpe l’a introduit, mais il n’est pas vraiment intégré à la composition et il n’apporte rien d’essentiel à cette musique où l’orchestre seul suffit à transmettre ce “cri de la Terre”.
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MessageSujet: Re: Peter Sculthorpe (né en 1929)   Peter Sculthorpe (né en 1929) EmptyDim 31 Mai 2020 - 21:45

J'ai découvert récemment la musique de Sculthorpe via son oeuvre phare Earth cry, et comme ça m'a vraiment bien plu, je me suis décidé à explorer un peu via les disques suivants :

 - un CD du Sydney Symphony Orchestra dirrigé par Stuart Challender, reprenant donc Earth Cry et d'autres oeuvres irchestrales assez courtes (moins d'un quart d'heure à chaque fois)
 - un autre CD du même orchestre dirigé par Edo de Waart, centré sur le Concerto pour piano
 - un double CD (maigrement garni, 80 minutes au total) du Del Sol string quartet qui jour l'intégrale des quatuors à cordes avec didgeridoo
 - enfin un CD de quatuors "classiques" du Bridsky Quartet (avec intervention de Anne Sofie von Otter sur quelques plages)

Ce que j'aime dans Earth cry, c'est que c'est vraiment de la musique très simple et accessible, mais qui réussit à créer une atmosphère que je trouve hyper prenante. Une utilisation des percussions en mode lancinant (il y a des touches de musique répétitive dans pas mal des oeuvres écoutées) sur laquelle se déploient des nappes sonores assez statiques (c'est très tonal, mais pas non plus planant), c'est bien orchestré, je ne sais pas si ça évoque vraiment l'Australie natale du compositeur mais ça fonctionne vraiment bien. En tout cas Sculthorpe en a fait un fond de commerce puisqu'on retrouve la même oeuvre en version chantée dans le deuxième CD orchestral, et en version quatuor avec didgeridoo dans un autre.

J'irais même jusqu'à dire que le principe du fond de commerce va plus loin que ça puisque même les autres oeuvres orhcestrales sont en fait des cousines assez proches de ce Earth Cry (mais en plutôt moins inspirées), cest assez frustrant. Seul le concerto pour piano est assez différent mais pas très convaincant (le piano est franchement mal utilisé, se contentant souvent de cellules rythmiques répétées) et son dialogue avec l'orchestre sonne assez faux (l'orchestre, lui, est toujours en mode "nappes statiques").

Je passe vite sur l'utilisation du didgeridoo dans les quatuors, il ne sert vraiment à rien si ce n'est donner une sorte de couleur locale (faut dire que les modes d'expression de l'instrument ne sont pas d'une variété phénoménale...). Mais plus généralement en fait, tous les quatuors se ressemblent vraiment trop (comme les oeuvres orchestrales finalement), avec des recettes très systématiques : un soupçon d'inspiration populaire, quelques trucs du genre glissandi imitant des oiseaux (enfin je l'entends comme ça, en tout ça il y en a vraiment tout le temps, et tout le temps les mêmes !) et ce côté quasi répétitif à la basse. Bon, c'est assez plaisant dix minutes mais ça ne va pas chercher plus loin. Dommage, on a vraiment l'impression que ce compositeur n'arrive pas du tout à se renouveler...
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