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 Ouvertures de Beethoven

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Mélomane averti


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MessageSujet: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 13:39

Pardonnez-moi si le sujet existe mais je n'ai rien trouvé Embarassed

Je cherche une intégrale des Ouvertures de Beethoven.
Je possède pas mal de versions isolées couplées à des symphonies mais j'aimerais un CD les regroupant toutes.

J'en ai vu un par Karajan chez DG Galleria et un par David Zinman. Connaissez-vous ces versions ?

Quelqu'un a-t'il d'autres références à me faire découvrir ?

Sinon, en version isolée, quels sont vos meilleurs enregistrements ?
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pianissimo
Mélomane averti
pianissimo

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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 14:39

Bonjour,

Je connais la version de Karajan en 2 CD chez D. G. C'est une belle intégrale que je recommande. L'ouverture d'Egmont est l'une des plus réussies je trouve. Son Coriolan manque peut-être un peu de tonus au début. Les 3 versions de Leonore sont bien équilibrées.
Dans l'ensemble c'est de la grande direction d'orchestre comme Karajan sait le faire chez Beethoven.
Ce disque m'a permis en outre de faire des découvertes étonnantes parmi les ouvertures un peu moins jouées (Pour une fête, König Stephan...)

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Siegmund
Garde rouge du Domaine Musical
Siegmund

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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 14:48

J'aurais pour ma part plutôt tendance à considérer celles-ci comme une référence ; Karajan, c'est toujours un peu particulier et irrégulier :

http://www.amazon.fr/Beethoven-Ouvertures-11-C-Claudio-Abbado/dp/B00000E4HT/

ou ,alors, dans un style radicalement différent :

http://www.amazon.fr/Ouvertures-Ludwig-Van-Beethoven/dp/B001O6SIFI/
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http://www.julien-boudry.net
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Mélomane averti


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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 15:11

Siegmund a écrit:
J'aurais pour ma part plutôt tendance à considérer celles-ci comme une référence ; Karajan, c'est toujours un peu particulier et irrégulier
Je ne suis pas trop Karajan, c'est pour ça que je demandais mais bon, c'est une intégrale et c'était un grand "Beethovénien" Exclamation

Citation :
http://www.amazon.fr/Beethoven-Ouvertures-11-C-Claudio-Abbado/dp/B00000E4HT/
Il est hélas indisponible Confused
Je vais le mettre dans ma liste d'occasions à trouver Wink

Citation :
ou ,alors, dans un style radicalement différent :

http://www.amazon.fr/Ouvertures-Ludwig-Van-Beethoven/dp/B001O6SIFI/
Celui me tente bien, Amazon ne me l'a pas indiqué lorsque j'ai fait ma recherche Confused
Ce n''est pas une intégrale mais je vais le prendre Wink

Merci à tous.
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Pelléas
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 15:12

Abbado peut-être mais tu as vu le prix? Shit

Je n'ai pas d'apriori contre Karajan dans son disque galleria. Wink
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Invité
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 15:24

(Les liens suivants sont libres de droits.) Pour Coriolan (Berlin, OPB, 27-30 juin 1943) :

https://www.youtube.com/watch?v=T9JpIqeJMVk

Pour Egmont (Munich, OPV, 4 septembre 1953) :

https://www.youtube.com/watch?v=ONDQHSy7aEs

Pour Leonore II (Hambourg, OPH, 9 juin 1947) :

https://www.youtube.com/watch?v=2sCHVv9LnRw (1/2)
https://www.youtube.com/watch?v=kfWUkwMrAho (2/2)

Pour Leonore III (Vienne, OPV, 2 mai 1944) :

https://www.youtube.com/watch?v=UVG9A8dH95s (1/2)
https://www.youtube.com/watch?v=oPWsWdoumiI (2/2)
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Stolzing
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyJeu 10 Fév 2011 - 21:16

Il y a une intégrale dirigée par Masur avec Leipzig. C'est, comme souvent avec lui, probe, musical et énergique, j'aime beaucoup, et le Gewandhaus se laisse écouter... C'est publié chez Philips, disponible sur amazon.de (je n'ai pas cherché ailleurs).
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Christophe
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Christophe

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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyVen 11 Fév 2011 - 9:50

Bonjour,

Je possède les ouvertures par Zinman, que tu cites dans ton premier message. Tu peux acheter ce double CD les yeux fermés. En plus, à 14.95€ chez Amazon, et encore bien moins cher sur Marketplace, ça vaut vraiment le coup (coût !) Wink

Christophe.
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aurele
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptySam 30 Avr 2011 - 13:13

J'ai fait dernièrement une petite écoute comparée de l'ouverture Coriolan que j'ai découvert cette année lors d'un concert Beethoven à Metz. Voici les versions que j'ai écouté et dans l'ordre dans lesquelles je les ai écoutées :
_Bernstein, live février 1981, Wiener Philarmoniker
_Abbado, studio juin 1985, Wiener Philarmoniker
_Böhm, studio décembre 1958, Berliner Philarmoniker
_Karajan, studio décembre 1985, Berliner Philarmoniker
_Karajan, studio septembre 1965, Berliner Philarmoniker
_Carlos Kleiber, live Munich 1996, Bayerisches Staatsorchester

Il est difficile pour moi de faire des comparaisons d'ordre technique donc je n'en ferai pas. Mon trio de tête serait le suivant :
1. Böhm
2. Karajan 1965
3. Bernstein 1981

La version de Böhm est extraordinaire, tout simplement. Les tempi adoptés me paraissent idéaux. C'est plus proche de la version de Bernstein que de celle d'Abbado.
Karajan 1965 est très détaillée sur le plan orchestral, beaucoup plus que Karajan 1985 qui est une version plus froide. La version de 1965 m'a paru plus sensible et plus émouvante. Celle de 1965 est un peu plus lente par ailleurs.
Bernstein se démarque car il propose une direction tragique, sombre, aussi lente que Karajan 1965.
Abbado est la version la plus rapide de la confrontation et cela me déplait. C'est énergique, il y a du nerf mais c'est trop neutre selon moi pour marquer durablement l'auditeur.
Kleiber offre une très belle direction, l'orchestre est excellent mais c'est moins marquant que les 3 versions que j'ai préféré.

Si je devais poursuivre le classement, cela donnerait la chose suivante :

4. Kleiber
5. Karajan 1985
6. Abbado

Avoir vos avis m'intéresserait.
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Théo B
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyMar 3 Mai 2011 - 15:16

Tout dépend du critère de recherche : un disque idéal d'ouvertures de Beethoven ? Un seul , avec que ça dessus ? Combien d'ouvertures, lesquelles ? On ne peut sans doute pas s'en sortir, malheureusement.

Personne n'a parlé des interprètes à mon sens fondamentaux des ouvertures : Furtwängler et Klemperer. Les deux ont notamment livrées les plus tétanisantes Léonore III qui soient, avec la version donnée par Bernstein durant le Fidelio live. (pour Furt, je pense à la version de 45 publiée dans la collection anniversaire du Philharmonique de Vienne par DG, avec la 2e de Brahms de guerre et la Grande Fugue de Salzburg).

Furt est surtout à mon sens au-dessus du lot dans Coriolan, et ses Egmont aussi sont fabuleux.

Ceci dit, dans Egmont, je préfère Szell, notamment dans son studio Decca (le Egmont intégral, musique de scène), et par-dessus tout dans le fameux concert avec Vienne à Salzburg 69 (celui avec Gilels chez Orfeo) ! indépassable !

Pour Fidelio, j'ai un faible pour Bernstein, le "vrai" Fidelio évidemment mais aussi le disque d'ouvertures du coffret DG récemment réédité, qui est superbe dans l'ensemble, mis à part peut-être dans Egmont, un peu lourd. Peut-être ma meilleure version des Créatures de Prométhée en revanche.

Le disque de Masur est pas mal du tout, mais je trouve la prise de son affreuse dans le genre hall de gare. Dommage, car le Egmont pourrait être tout à fait enthousiasmant.

Il y a quelques pépites dans certaines éditions de l'intégrale des symphonies de Böhm/Vienne : notamment mon Fidelio préféré avec celui de Bernstein, et une Léonore III pas franchement métaphysique mais qui pète le feu. Le vieux Böhm était souvent d'une verdeur étonnante...

Enfin, une merveille absolue : la Consécration de la Maison de Klemperer... immense.
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Invité
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyMar 3 Mai 2011 - 15:37

Les liens YT (libres de droits) que j'ai donnés le 10 février concernent tous Furtwängler, Wink mais j'aurais peut-être pu préciser... hehe Pour sa Leonore III (opus 72a) en couplage chez DG (435 324-2) avec la Deuxième Symphonie de Brahms (le 28/1/1945) et avec la transcription pour orchestre par Felix Weingartner de l'opus 133 de Beethoven (le 30/8/1954), cette Leonore III date en fait de 1944 et non de 1945 (le 2 juin selon le boîtier, le 2 mai selon Gefen). Il y a aussi un enregistrement de Leonore III à Vienne (avec l'OPV) le 28 janvier 1945 (même jour que Brahms 2, donc), mais toujours selon Gefen il pourrait s'agir d'une copie de l'enregistrement de 1944, incorrectement daté.

Outre Coriolan que tu cites, Théo, je trouve que le sommet de Furtwängler dans les ouvertures de Beethoven, c'est la Leonore II (pas III) du 9 juin 1947 à Hambourg avec l'OPH (le lien YT figure plus haut si quelqu'un est intéressé). Absolument indescriptible.
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Mélomaniac
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Mélomaniac

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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyLun 13 Jan 2020 - 22:43

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Ouvertures de Beethoven Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 120°/250



Ouvertures de Beethoven Jzirvi11
Paavo Järvi (1962-)


Ludwig van Beethoven (1770-1827) :

Die Geschöpfe des Prometheus, -Ouverture Op. 43
Ouverture Coriolan, Op. 62
Ouverture Fidelio, Op. 72c
Ouverture Léonore 3, Op. 72b
Egmont, -Ouverture Op. 84
Die Weihe des Hauses, Op. 124

= Paavo Järvi, Kammerphilharmonie de Brême

(RCA, juillet 2010 - décembre 2012)

Smile En 1813, le juriste et passionné de musique Gottfried Weber remarquait que l'on peut distinguer deux types d'Ouvertures. Celles qui annoncent le matériel thématique et donnent un aperçu de l'intrigue et de ses enjeux. Et celles qui se contentent de planter le décor, ou attirer l'attention du public par une pièce indépendante, divertissante ou d'apparat. Celles de Beethoven, que ce soit pour le théâtre, l'opéra, ou d'autres circonstances, se rattachent diversement à ces deux catégories : Léonore 3, Coriolan, Egmont pour la première. Fidelio, Créatures de Prométhée, Consécration de la Maison pour la seconde.
Le présent CD se consacre à ces six Ouvertures les plus célèbres, délaissant Le Roi Étienne, Les Ruines d'Athènes, Jour de fête, Léonore 1 et Léonore 2. Au disque ou au concert, ces Ouvertures ont acquis une existence propre et s'entendent souvent en complément des symphonies. La discographie compte quelques vinyles constitués tels quels ou tirés à part d'enregistrements orchestraux. Parmi quelques grandes baguettes, citons les anthologies de Jascha Horenstein (Vox), Charles Munch (RCA), Joseph Keilberth (Telefunken), Hermann Scherchen (Westminster), Otto Klemperer (Columbia), Rudolf Kempe (Emi), Lorin Maazel (Decca), Herbert von Karajan (DG), Klaus Tennstedt (Emi)... Au-delà de ces interprétations qui, chacune dans leur genre, relaient une vision plutôt traditionnelle, je me suis récemment laissé conquérir par une lecture qu'on dit « historiquement informée » et qui s'inscrit dans le sillage des cycles beethovéniens que Paavo Järvi a présentés aux quatre coins du monde (Bonn, Salzbourg, Varsovie, Paris, Yokohama, Lanaudière, São Paulo...) et dont l'enregistrement a été salué par la presse internationale. Avec la Kammerphilharmonie de Brême qu'il dirige depuis 2004, le maestro estonien se livre à « un dégraissage en règle, mais rien d'osseux. Que du muscle, dynamique, athlétique et nerveux. Cependant, tout cela ne suffirait pas sans la logique implacable avec laquelle le chef construit chaque pièce » écrivait Nicolas Derny à l'appui d'un Diapason d'or de l'année 2015.
Capté à Hambourg et Berlin, et dans une parfaite cohérence stylistique, le programme brille par sa virtuosité lapidaire, ses timbres fruités, son énergie dévorante (mention spéciale au timbalier Stefan Rapp !)... Bien sûr, face mes habitudes d'écoute qui sont peut-être aussi les vôtres, on pourra être décontenancé par une sonorité senza vibrato, par quelques notes dénoyautées, par un phrasé laminé et aciculaire. Plutôt sec sans que cette nudité n'ait rien d'un dénuement. Plutôt péremptoire sans que cette projection n'ait rien de débraillé. En tout cas quelle accentuation (une vertu essentielle pour une écriture souvent contondante), quelle ampleur (exacerbée par le support SACD), quelle vie bouillonnante (au prix de tempi parfois frénétiques), et quel impact dramatique ! Les pupitres sont capables de s'embraser en une fraction de seconde, et d'oser tous les crépitements. Un langage débarrassé de tout embonpoint et rendu à ses moindres frictions harmoniques (permises par la transparence des textures), à ses lignes de (haute) tension, à sa rigueur vectorielle. Même si comme moi vous ne jurez d'ordinaire que par les anciennes pointures de la direction d'orchestre et leurs témoignages nourriciers, parions que sans les désavouer vous succomberez à ce bain de jouvence qui nous est ici offert par l'équipe nord-allemande et leur guide sûr du moindre effet.
Pour ceux qu'intéressent structure et signification des œuvres, voici pour mes trois favorites (ainsi que la méconnue Consécration de la Maison) quelques repères :

Dernière du lot (1822) et loin d'être un chef d'œuvre, Die Weihe des Hauses célèbre l'inauguration du Josephstädter Theater de Vienne, et constitue un hommage néobaroque, dans un joyeux ut majeur. Cinq accords en tutti introduisent le Maestoso e sostenuto, telle une marche d'Ouverture à la française dont le rythme pointé ennoblit la première section (0'14). La désinence des trombones (0'30) souligne la solennité de l'hymne, qui repart après une anacrouse du hautbois (0'46), puis pompeusement parade più forte (1'17). Le seul trille (1'58) suffirait par son obséquiosité désuète à signer les relents d'arrière-garde de cet opus. Une soudaine accélération (2'21) enclenche une fanfare des trompettes martelée par les timbales (on se croirait dans les Royal Fireworks de Haendel !), acclamée par des traits en tutti, émoustillée par un ruban de doubles-croches (2'29) aux bassons. Bien que ralenties (2'59), elles circulent à divers pupitres en canon, enflent jusque un palier fortissimo (3'31) souligné par le trémolo des cordes graves. Une sereine transition aux archets (3'52) précède un curieux épisode (4'25) où à quatre reprises les cordes arquent un triolet répliqué par les bois, et conclu par une réponse descendante. Ce motif se concatène en stringendo (4'41) et précipite l'Allegro con brio (4'53) dont le contrepoint échevelé va, au long de deux cents mesures en forme-sonate, irriguer toute la seconde partie de cette Ouverture. La brièveté et la perméabilité du sujet lui permettent des entrées rapprochées et un influx trépidant, mais sa simplicité tourne vite à court, d'autant qu'aucun contresujet ne vient le complexifier. De sorte qu'on atteint déjà le Développement (5'29) qui heureusement comporte quelques idées bienvenues, comme la chorégraphie serrée aux bois (5'48), précédant une accalmie (5'53) où d'ingénieuses modulations rappellent qu'on écoute quand même du Beethoven. Idem pour les ravissants échanges (6'15) qui entrainent un redémarrage crescendo (6'31), suivi d'un passage trépidant (6'48) mais formaliste, voire dirimant. On sent ainsi que la dérivation s'exténue, amenant logiquement la Réexposition (7'18) qui se ragaillardit telle une farandole et, nonobstant le ressassement de son insistant sujet, a le bon goût de ne pas s'éterniser. Du moins le croit-on. Deux accords ponctués par roulement de timbales (7'59) freinent une halte adagio (8'08) qui semble avouer la fatigue. Mais au lieu de s'engager vers une conclusion judicieusement expédiée, le compositeur s'abaisse hélas à abuser des formules : reprise du tempo primo (8'16) caqueté aux bois, grondement des basses sur la tête du sujet (8'27), condensation en tutti (8'43), queue du sujet en acciaccatura (8'53), déploiement en trombe (9'15) avec violons en doubles-croches, fusées d'arpèges (9'38)... On se refuserait à dresser l'inventaire de ces facilités, et on se félicite presque de la péroraison finale (10'32) tant aurait mieux valu d'abréger la conclusion d'un pastiche très inégalement inspiré.

L'Ouverture d'Egmont survit à une musique de scène composée en 1810 d'après un texte de Goethe, racontant la résistance d'un Comte des Pays-Bas contre la domination de Philippe II, Roi d'Espagne. À cette authentique tragédie, Beethoven ajoute le personnage idéaliste de Claire, qui essaiera en vain de liguer le peuple pour sauver son amant de l'échafaud, et se suicidera de dépit.
Un accord en fa mineur annonce la tonalité principale et génère l'angoisse qui enténèbre l'Introduction. Les cordes placardent un motif (0'11) en deux sections (de type ouvert-clos) dont la première mérite qu'on note sa scansion qui endossera un rôle fondamental : spondée (deux blanches) et bacchée (croche-blanche-blanche). Symbole de l'oppression espagnole ? Le hautbois élève une plainte (0'25) en canon avec clarinette et basson, puis violons et altos (0'35). Allusion à la tendre Claire éprise de liberté ? Plus largement, ce diptyque liminaire vaut-il allégorie du mal contre le bien ? Le réel contre le sublime ? Plusieurs hypothèses furent émises concernant cette structure bipolaire, qui se réplique mutatis mutandis : accord en tutti (0'43) suivi de la première section du motif initial, aux violons et vents, dont la cinquième note (0'54) module un éclaircissement, ce que confirme la texture tonale du canon aux bois (0'57). On aura observé l'importance des césures, particulièrement éloquentes. Altos et seconds violons engrènent un hachurage (1'11) où les premiers violons (doublés par diverses combinaisons) déclinent pianissimo une courbe nostalgique, parsemée de soupirs des bois et des cordes graves, sept fois répétée. Sur ces rails, on a l'impression d'un train onirique qui expire délicatement sa vapeur. La huitième reprise échoit aux hautbois et clarinette (1'39) à nu, la neuvième aux violoncelles (1'43), la dixième (1'48) doublés par les violons et en valeur allongée (noires au lieu des croches).
Alors que le rythme devient ternaire pour l'Exposition, ce motif s'agrège allegro (1'54) et la courbe nostalgique transparaît aux violoncelles (1'57) mais désormais étendue vers le bas de la tessiture et ainsi chargée d'une connotation fatidique. Irruption d'une saccade (2'05) dont on notera le mètre (deux noires, trois croches, deux noires). Les violons s'élancent dans un halètement insurrectionnel qui syncope un motif de quatre notes, au profil descendant (2'11) mais qui soudain s'inverse (2'16) en crescendo, véritable pivot expressif où la résignation fait place à un influx combatif. La coupe (trois brèves une longue) peut faire penser au célébrissime exorde de la Symphonie n°5, attestant le poids du destin qui s'invite ici. L'anxieuse scansion des basses amène un fortissimo (2'27) martelé par la timbale où les violons avulsent le motif fatidique (entendu à 1'57). La pulsation syncopée domine ensuite (2'35) aux violons et altos, respectivement en profil ascendant et descendant, ce qui atteste la nature conflictuelle et ambivalente de cette section où la pugnacité fait rage. Un sinueux palier modulant (2'42) transige vers le relatif majeur de la bémol. Cette seconde partie de l'Exposition renvoie à l'Introduction sous une guise très condensée voire épigrammatique : interpellation spondée-bacchée arrachée aux cordes (2'51), réplique bienfaisante des bois (2'53). Le troisième énoncé (3'00) se fait plus intriguant (ne serait-ce que par sa tonalité de la bécarrisée), la réponse des bois entraîne des secousses en triolets d'archets (3'09) puis, en guise de codetta, trois vigoureuses escalades arpégées aux violons (3'16). La seconde partie de l'Introduction se rappelle au gré du Développement : un hachurage des violons et altos (effet « ferroviaire » déjà entendu) supporte la courbe nostalgique à la clarinette (3'28). Le halètement se devine aux cordes (3'55), qui en ut mineur lancinent le motif agrégé (4'06) qui allait propulser l'Allegro : voilà le signal de la Réexposition (4'06). Complainte des violoncelles (4'12), saccades (4'20), halètement (4'26), martèlement du thème fatidique (4'42), halètement (4'50) qui se majorise au prix d'une prompte modulation matraquée (4'56), inculquant une soudaine confiance. Comme dans l'Exposition, la seconde partie greffe ici l'interpellation (5'14) mais transposée en ré bémol majeur. Escalades arpégées (5'39) rappellent la codetta, mais enrichie par les nécessités narratives : le spondée-bacchée hoquète aux clarinettes, bassons et cors (5'50), les violons instillent quatre paires d'anxieux soupirs. Idem (5'58) puis la troisième occurrence (6'07) explose en fa mineur ! Prémonition de la mort qui va frapper ?, Egmont expire (6'10). Indicible désarroi, pianissimo, les bois stratifient un accord (6'16) aussi poignant que pudique voire surnaturel : apparition de la déesse de la liberté personnifiée sous les traits de Claire ? Géniale concision, en une quinzaine de secondes Beethoven suggère le trépas et la décantation d'un deuil.
Mais guère le temps ni volonté de s'apitoyer car la transfiguration trépigne (6'30) par un allegro con brio qui va se déchainer dans la tonique majorisée dont la liesse rappelle le Finale de la Symphonie n°5, et traduit cette étonnante tirade du mélodrame « pour sauver ce que vous avez de plus cher, mourrez avec joie » ! Un fébrile crescendo amène le premier épisode de la Coda dont le motif de cinq notes recycle la courbe nostalgique de l'Introduction, mais modifié vers un profil victorieux clamé en chœur (6'41). On notera aussi que ce profil et sa scansion agglomèrent (blanche trois croches) la saccade primitivement entendue à 2'05. Ce motif se déploie ensuite en augmentation (noires) aux altos et violoncelles (6'57) pour accompagner l'exultation des violons. Les trompettes pétaradent (7'14), le piccolo s'enflamme... Cuivres et cordes graves prolongent l'hymne victorieux qui s'érige en fanfare de triomphe (7'28) sur extatique trémolo des violons. Une péroraison (7'44) assène quelques ultimes bravades.

En 1807, l'Ouverture de Coriolan devait préluder à une tragédie du dramaturge Heinrich Joseph von Collin, qui venait d'aider Beethoven pour Fidelio. La pièce s'inspire d'une figure semi-légendaire de la Rome antique, relatée par Plutarque : ce jeune patricien honoré pour ses exploits militaires aurait en 493 av. J.-C soumis la cité volsque de Corioles qui lui valut son éponyme. Mais quelques années après, il entre en conflit avec le Sénat et fomente une vengeance avec la complicité du peuple volsque. Alors qu'il compte débeller son ancienne patrie, sa mère Veturia et son épouse Volumnia tentent de l'en empêcher pour éviter un massacre. C'est cette déhortation, et le débat cornélien qu'elle engendre, qui fut illustrée par le peintre Nicolas Poussin et qui inspire ici la musique.
Un ut asséné fortissimo aux cordes se hisse en tutti de sous-dominante (0'04), puis poursuit sa révolte, entrainant cette fois un accord de septième diminuée (0'10), puis deux nouveaux accords véhéments. La seconde idée du premier bloc thématique s'engrène inflexiblement en croches aux violons et altos (0'23) par trois couples de coupe pyrrhique (deux brèves) qui se répliquent quatre fois, la dernière à la quinte qui se prolonge vers un forte. La répétition (0'32) un ton dessous, en si bémol mineur, marque elle le caractère obstiné du héros. Un crescendo (0'42) se vrille en trémolos des cordes (0'50) et amène la dernière idée de ce bloc : des sforzandos entrecoupent la première idée (0'59), comme une volonté enfermée dans ses contradictions. Le second bloc de l'Exposition (1'15) contraste par son lyrisme évoquant la mère et l'épouse, qui s'épanchent en mi bémol aux violons, rejoints par la clarinette puis l'ensemble des bois. L'idée est reprise en fa mineur (1'32) puis sol mineur (1'43). Un passage haletant (1'52) qu'attisent les morsures iambiques des violoncelles débouche sur un fébrile fortissimo (2'00) martelé en trémolo d'archets que scandent les timbales. La troisième section (2'11) de ce second bloc interjette des sforzandos à contretemps et semble traduire la torture morale face à l'intercession des deux femmes, dont les objurgations constituent le troisième bloc d'Exposition, en sol mineur (2'26). Le bref Développement (2'48) prolonge ces interjections, tourmentées par la dentelure ininterrompue des croches d'altos et violoncelles, -un opiniâtre processus d'érosion qui veut saper les forces vindicatives.
Sans transition, la Réexposition démarre (3'35) à la sous-dominante de fa mineur : accords menaçants, mais la seconde idée (qui marquait la détermination du héros) peine à s'organiser car elle est aussitôt freinée de sforzandos (3'44) qui sèment le doute. Beethoven élude la section médiane de la seconde idée du premier bloc (entendue à 0'42-0'59) mais transforme la troisième section de cette idée (entendue à 0'56) : les sforzandos de l'Exposition deviennent de douloureux sanglots en seconde descendante (3'57) striés par l'aigu des violons, signant l'émouvante détresse de Coriolan. Ce pourquoi le second bloc thématique, celui des femmes, se veut d'abord rassurant, énoncé en ut majeur (4'12), mais s'assombrit en ré mineur (4'29), puis mi mineur (4'41). L'haletante seconde idée du second bloc s'immisce en ut mineur (4'51), puis revient la coercitive troisième idée (5'11) puis le troisième bloc (5'25) investi de toute sa force de dissuasion. Un soudain silence (5'40) précède la Coda qui inverse l'ordre des deux principaux blocs : une pédale des cors (5'43) ramène la consolatrice mélodie du second bloc, puis les saccades (6'10) qui endossent un poids tragique, et s'agrègent fortissimo (6'24) comme pour sceller le destin. L'accord liminaire retentit (6'32) plein de vaillance, mais en quelques mesures ingénieusement modulées et alenties, abdique toute énergie de vengeance. Ce que confirme la réapparition de la seconde idée introductive (7'06) transférée aux violoncelles et qui par augmentation (les croches deviennent des noires en triolets, puis noires, blanches pointées, rondes) se dissout inexorablement, paraphant l'inanité du héros acculé au suicide. Comment conclure autrement que par trois impalpables pizzicati (7'39) sur la tonique d'ut, qui s'esquivent pudiquement ?

Les Ouvertures opus 72 renvoient à la difficile genèse de l'unique opéra de Beethoven, et furent élaborées pour ses diverses représentations, qui évoluèrent de l'échec (novembre 1805 dans une Vienne assiégée, celle connue comme Léonore 2 -fort différente des autres, tributaire de l'opera seria, la Léonore 1 ne fut retrouvée qu'après la mort de Beethoven et reste rarement jouée) au triomphe (mai 1814, celle connue comme Fidelio). Entre les deux s'intercale la Léonore 3 conçue pour les spectacles de mars 1806, et qui rééquilibre la précédente en écourtant l'introduction mais incluant une réexposition et, au cœur du Développement, une citation du quatuor vocal dit « de la reconnaissance ».
L'Introduction occupe presque un quart de l'Ouverture et comporte cinq sections. Un accord d'ut dévide au ralenti la gamme majeure (0'06), en préfigurant l'incipit de l'air de Florestan, qu'après une parenthèse en si mineur aux bassons (0'26), l'on perçoit aux clarinettes (0'52) en la bémol majeur -« In des Lebens Frühlinstagen », l'infortuné se lamente dans son cachot. L'incipit module délicatement aux cordes (1'17), et dans la troisième section (1'49) en si majeur résonne aux bassons (1'56) sur des triolets brodés aux violons et flûte, qui s'infatue. Des gerbes arpégées aux violons (2'30) sur un tutti en la bémol lancent la quatrième section ponctuée d'appuis roboratifs (2'41), qui transigent vers la cinquième en ut majeur (3'00) où gazouillent les bois, sur escorte des cordes graves. Un silence (3'26) précède l'Exposition (3'32) allegro. Violons et violoncelles engagent un premier thème ascendant qui explore la quinte de l'accord parfait d'ut, d'abord esquissé puis enhardi vers un fortissimo (3'58) où il peut plastronner à son aise, dans un sentiment d'exaltation, et déployer des idées adjacentes (4'21), pimentées de saillies. Le second thème (4'47) s'établit en mi majeur (médiante de la tonique) et dérive de l'air de Florestan -les cors citent l'incipit, jusqu'à un épisode syncopé (5'10) entre premiers violons et les autres archets. La mélodie principale de l'allegro s'insinue (5'21) et se détricote (5'43). Une irruption (5'54) annonce le Développement qui essaime des orages tirés de l'Introduction, dans un climat chargé d'imprécation. Le thème principal de l'Exposition se bouscule en canon aux cordes (6'50) jusqu'à une propulsion achoppant vers un solo de trompette hors scène (7'09), qui dans l'intrigue correspond à l'arrivée salvatrice du ministre don Fernando. S'insère l'hymne de reconnaissance (7'28) où Léonore avoue son travestissement et se révèle à son fiancé. Après une nouvelle sonnerie (7'48), l'hymne se répète (8'09) mais non plus en si bémol mais en sol bémol. Une évanescente transition (8'31) volubilise par une envolée de flûte (8'41) ce qui n'est qu'une fausse réexposition, à la dominante de sol majeur, dans une ambiance presque badine qui du moins trahit la gaieté du couple réuni. L'amorce du thème principal serpente aux cordes graves (9'03), se propage à l'ensemble des archets qui lacèrent des gammes chromatiques (9'12) au gré d'un crescendo débouchant sur la véritable Réexposition (9'28). On y réentend l'exultant thème principal, le second thème (9'51), tout cela réduit de moitié dans la durée mais qui a le mérite de respecter la forme-sonate (rappelons que la mouture Léonore 2 était dépourvue de réexposition). Des figurations des bois (10'44) initient la Coda où ils citent l'air de Florestan (10'53) avant un parcours d'imitations (11'09) échangé entre flûte, hautbois et basson. Leur dernière réplique se prolonge aux violons (11'34) et autres cordes. Une paire de violons solos met les gaz pour le Presto (11'52) qui émulsionne l'ensemble des archets vers une surrection du thème principal (12'08) puis, après une fanfare (12'24), rappelle les syncopes du second thème (12'36). Une poussée chromatique (12'53) ramène une péroraison sur le thème principal (13'12), toujours au même tempo effréné, qui se rue sur une éclatante glorification.


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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyMar 14 Jan 2020 - 21:10

Super. merci M.Mélo.pour ces commentaires.
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fomalhaut
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyMar 14 Jan 2020 - 22:53

Bel exemple de silence des membres et de la continuité d'un post : passer du 3 mai 2011 au 13 janvier 2019 !

fomalhaut
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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven EmptyDim 19 Jan 2020 - 23:41


Mefistofele, in playlist, a écrit:

Overtures - Ludwig van Beethoven (Paavo Järvi)

Magistral ! Un disque récent décoré par Mélo, cela attise encore plus la curiosité. Bien m'en a pris, quel dépoussiérage !


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MessageSujet: Re: Ouvertures de Beethoven   Ouvertures de Beethoven Empty

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