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 L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle

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Pat17
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MessageSujet: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMar 4 Sep 2012 - 16:02

Si l’on pense orgue aux XVIIème et au XVIIIème siècle, l’on pensera naturellement aux deux géants que sont Buxtehude et Bach. Pourtant, à la même époque s’est développée une école française d’autant plus intéressante qu’elle s’oppose en presque tout à son homologue allemande.

Les instruments tout d’abord. Contrairement aux autres instruments, il n’y a pratiquement pas deux orgues identiques ; les traditions régionales ont donné un caractère très différent aux instruments français, à la sonorité brillante (le Isnard de Saint-Maximin-de-la-Baume comporte 10 jeux de trompette sur 43), par rapport à un caractère plus rond outre-rhin (le Trost de Walterhausen – orgue de Bach ! – compte 12 flûtes sur 53). Toujours au niveau des instruments, le pédalier à la française permettait peu de traits de virtuosité sur cette division. Ce n’est qu’en découvrant Bach au XIXème siècle que le pédaliers à l’allemande, assorti à un ensemble de jeux conséquent, fera son apparition dans l’hexagone.

Le contexte politico-culturel ensuite. Contrairement à une Allemagne alors très morcelée, la France était déjà très centralisée, parfois même au niveau de la musique. En ce qui concerne l’orgue, les tables de registration ne laissaient aucune latitude sur le choix des jeux à utiliser : à la tierce, au grand jeu, au plein jeu, au dialogue et aux autres tierce en taille à la composition codifiée et mentionnée sur les partitions (quand elle ne figure pas dans le titre de la pièce), s’oppose à la registration de Bach dont le flou a permis de remplir des livres entiers d’hypothèses.

N’oublions pas non plus qu’aux luthériens Buxtehude et Bach, s’opposaient les catholiques français. Car la musique d’orgue était alors en effet essentiellement religieuse, et des deux côtés du Rhin elle servait des liturgies différentes : pour l’essentiel accompagnement de chœurs chez les premiers, alternance d’accompagnement choral et de solo instrumental chez les deuxièmes. Dans un certain nombre de cas, l’emplacement même de l’instrument dans l’édifice pouvait en être affecté.

La dernière différence et non des moindres tient dans l’extrême dispersion de la création musicale. Face aux deux géants allemands, la France a produit une kyrielle de compositeurs qui ont chacun laissé une empreinte nettement moins visible dans l’histoire, sans pour autant que l’on puisse dénigrer leur qualité. Beaucoup connaissent (les) Couperin, certains connaissent Marchand, mais qui a entendu parler de Dandrieu, Balbastre, D’Aquin, Lebègue, Nivers, de Grigny, Corette, Beauvarlais-Charpentier, Titelouze, Clérambault et autres Boyvin ?

Quant au style musical, il se limite pour l’essentiel aux messes, aux hymnes, aux suites, et aux noëls. Ce n’est qu’à l’aube de la révolution que concertos ou sonates feront leur apparition.

Pour ceux qui sont intéressés pour explorer ce domaine, je ne saurais trop recommender les albums suivants :


L'orgue Dom Bedos de Sainte-Croix de Bordeaux

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 41RJv3inpuL._SL500_AA280_

Le Dom Bédos de Bordeaux est l'un des plus beaux orgues XVIIIème de France, magistralement servi par le regretté Gustav Leonhardt, qui en plus d'être un excellent claveciniste, était aussi un remarquable organiste. Une majorité d'oeuvres de Couperin (dont des extraits copieux de l'incontournable Messe Propre pour les Couvents de Religieux et de Religieuses) mais aussi de Marchand.


Claude Balbastre à Saint-Roch

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 51Get00GroL._SL500_AA280_

Entièrement tourné vers Balbastre, le programme de cet album couvre ceci étant de nombreux styles de musique de l'époque. Magnifiquement servi par Michel Chapuis, une grande figure de l'orgue français, et Marina Tchebourkina, à la fois son élève et collègue à la tribune de la Chapelle Royale du Château de Versailles, sur l'un des plus beaux orgues classiques (baroques ?) de la capitale.


Dernière édition par Pat17 le Mar 4 Sep 2012 - 16:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMar 4 Sep 2012 - 16:15

Very Happy

Le 1° CD dont tu parles hélas il n'a pas la messe en entier Sad

Je connais très peu se domaine. Mais je peux conseiller au moins 2 choses :

Couperin : Messe pour les couvent + Messe pour les paroisses (2CD)

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 41c3paIDsfL._SL500_AA300_

Aude Heurtematte, sur St Gervais.

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 51jou-hQtQL._SL500_AA300_

La Messe du Livre d'orgue de de Grigny (perso c'est ce que je préfère). Pierre Bardon, sur St Maximin

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 1 Oct 2012 - 13:51

Pat17 a écrit:
Beaucoup connaissent (les) Couperin, certains connaissent Marchand, mais qui a entendu parler de Dandrieu, Balbastre, D’Aquin, Lebègue, Nivers, de Grigny, Corette, Beauvarlais-Charpentier, Titelouze, Clérambault et autres Boyvin ?


Je mettrai quand même à part Clérambault, largement plus connu que les autres musiciens que tu cites pour la simple raison qu'il ne s'est pas cantonné à la composition pour orgue. Alors oui, il est vrai qu'il est resté célèbre pour ses cantates profanes et que le versant organiste et claveciniste est un peu passé à la trappe.

Un petit mot sur le seul et unique livre d'orgue de Clérambault à usage liturgique(1710) qui se compose de deux suites. A l'époque de la composition, Clérambault assistait Nivers aux postes de maitre de musique de la maison royale de Saint-Cyr et d'organiste de Saint-Sulpice.
L'orgue de Clérambault me parle énormément, je trouve qu'il a beaucoup de tempérament. Certaines pièces sont mystiques et assez sombres, d'autres très enjouées. Les deux suites sont d'une variété extraordinaire. Ces pièces sont donc assez accessible et peuvent constituer une bonne porte d'entrée dans l'orgue français du 18éme.

Niveau discographie, je conseillerais deux enregistrements :

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 61rznx6d53lsl500aa300

Le premier, il n'y a que les suites brutes dans la très bonne interprétation d'Olivier Vernet accompagnées des pièces de clavecins dans une bonne version également. Il a, en plus, l'avantage d'être disponible pour une dizaine d'euros.


L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 51kjmayzblss400

Dans le deuxième, les pièces d'orgue sont alternées avec un magnificat pour la première suite et un benedictus pour la seconde, en plain-chant ce qui permet d'avoir une reconstitution de l'utilisation dans la liturgie. L'orgue est tenu par l'excellent Jean Boyer. Le plain-chant est assuré avec brio par les demoiselles de Saint-Cyr sous la direction d'Emmanuel Mandrin. Il y a également dans ce CD quelques motets de Clérambault qui sont sublimes. Le hic ... je ne suis pas sûre que ce soit encore disponible.




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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 1 Oct 2012 - 13:56

J'ai un vague souvenir de la Suite du 2° ton de Clérambault avec Vernet, mais sur un tout autre CD. Il me semble que c'était pas mal.
Par contre il parait que la 1° est meilleure, c'est vrai ?

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 1 Oct 2012 - 14:01

Oui en effet, je trouve la première suite plus inspirée. Il y a beaucoup plus de recueillement et de ferveur religieuse dans la première. la seconde est plus quelconque mais réserve quand même de très beaux passages comme par exemple le duo de flûtes ou le caprices sur les grands jeux que j'adore.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 1 Oct 2012 - 14:48

J'ai écouté il y a pas mal de temps maintenant quelques pièces pour orgue de Beauvarlet-Charpentier (1734-1794) organiste qui succède à Daquin à l'orgue de Saint-Paul. Il participe à l'inauguration du nouvel orgue de Saint-Sulpice et est titulaire par quartier de l'orgue de Notre-Dame de Paris.

Même si on peut encore parler d'école française de l'orgue, le style est complétement différent, plus carré, correspondant totalement à l'esthétisme du classicisme.
Les mélodies sont très facilement identifiables; on perd le flou artistique, si je puis dire, la superposition des sons, la complexité au profit de mélodies accompagnées très simplement. Les pièces ne ressemblent plus tellement à des oeuvres religieuses mais à du profane. On a quasiment l'impression d'avoir des airs d'opéra de Mozart à l'orgue.

J'ai écouté le magnificat du 7ème ton avec un carillon des morts. Autant j'ai trouvé le magnificat lourdingue et sans intérêt, autant le carillon des morts qui le conclue est assez intéressant. Bon bien sûr, ça reste un carillon donc ce n'est pas d'une subtilité à toute épreuve. Il est très gai et grandiose plus on glisse petit à petit vers une ambiance presque angoissante et la fin est finalement en demies-teintes.

J'ai également écouté plusieurs Noëls et je trouve que c'est encore dans ce type de composition que son travail est le plus adapté. A noter le Noël dans le goût d'une symphonie concertante qui est une petite pièce charmante très intéressante pour l'utilisation des jeux.

Il y a ce CD L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 61xojdruyjlsl500aa280

qui propose des extrait de son journal d'orgue contenant des pièces utilisées en liturgie et des Noëls. Je pense que ce disque permet de bien cerner le style de Beauvarlet-Charpentier. Ici encore, il propose une utilisation très intéressante des jeux.

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMar 2 Oct 2012 - 18:35

Hidraot a écrit:
Je mettrai quand même à part Clérambault, largement plus connu que les autres musiciens que tu cites pour la simple raison qu'il ne s'est pas cantonné à la composition pour orgue. Alors oui, il est vrai qu'il est resté célèbre pour ses cantates profanes et que le versant organiste et claveciniste est un peu passé à la trappe.

C'est amusant ce que tu écris, non pas que ce soit ridicule, loin de là, mais parce que cela montre le changement de mentalités. Au XVIIIème siècle, la plupart des musiciens étaient des organistes, et la plupart du temps étaient avant tout connus comme tels. Sans doute déjà parce que le nombre d'instruments alors disponible était alors plus limité que de nos jours. Mais aussi sans doute parce que l'orgue était pour une partie importante de la population le seul instrument "sérieux" (j'y reviendrai) qui était alors accessible. Par sérieux, j'évacue les instruments "populaires" comme la vielle, le tambourin, le fifre, etc...

Qui aujourd'hui se souvient que le grand Rameau était un organiste ? Et pourtant, bien que très connu pour son art de toucher l'orgue de son vivant, il n'a pas publié une seule page pour cet instrument. Mozart était aussi organiste; il aurait même postulé pour devenir titulaire de l'orgue de la chapelle royale de Versailles.

Citation :
L'orgue de Clérambault me parle énormément, je trouve qu'il a beaucoup de tempérament. Certaines pièces sont mystiques et assez sombres, d'autres très enjouées. Les deux suites sont d'une variété extraordinaire. Ces pièces sont donc assez accessible et peuvent constituer une bonne porte d'entrée dans l'orgue français du 18éme.

Je ne sais pas pourquoi, mais Clérambault ne m'a jamais beaucoup touché. Mais je ne m'avoue pas vaincu. Il faudra que j'essaie à nouveau.

J'aime bien Vernet, qui remporte tes suffrages. Je pense même que dans la génération actuelle des organistes, c'est l'un des plus brillants. Mais quelque part, je pense que si je devais chercher à (re)découvrir Clérambault, ce serait plus par un Michel Chapuis. Wink
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 4 Oct 2012 - 0:05

Pat17 a écrit:

C'est amusant ce que tu écris, non pas que ce soit ridicule, loin de là, mais parce que cela montre le changement de mentalités. Au XVIIIème siècle, la plupart des musiciens étaient des organistes, et la plupart du temps étaient avant tout connus comme tels. Sans doute déjà parce que le nombre d'instruments alors disponible était alors plus limité que de nos jours. Mais aussi sans doute parce que l'orgue était pour une partie importante de la population le seul instrument "sérieux" (j'y reviendrai) qui était alors accessible. Par sérieux, j'évacue les instruments "populaires" comme la vielle, le tambourin, le fifre, etc...

Oui tout à fait, il n'avait pas tellement de rôle de divertissement.

Citation :

J'aime bien Vernet, qui remporte tes suffrages. Je pense même que dans la génération actuelle des organistes, c'est l'un des plus brillants. Mais quelque part, je pense que si je devais chercher à (re)découvrir Clérambault, ce serait plus par un Michel Chapuis. Wink

Disons qu'au moins tu es sûr d'avoir un minimum de qualité avec Vernet ce qui est un avantage non négligeable quand on voit la complexité du répertoire pour orgue.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 4 Oct 2012 - 0:32

Nicolas de Grigny (1672-1703), mort si jeune et ayant publié un seul livre d'orgue (une messe et des hymnes) il réussit tout de même à marquer des générations d'organistes puisque Georges Migot lui dédiera un tombeau et à susciter l'admiration de Bach.
Il y a peu d'innovation dans la forme puisqu'il suivra les modèles de ses ainés dans la constitution de la messe mais on lui doit quand même la fugue à 5 qu'il est le seul français à utiliser. On peut retrouver ces fugues dans le Veni creator et dans le Pange lingua au moins.
Alors pourquoi autant de succès ? Et bien pour moi la recette est assez simple : une technique qui n'étouffe jamais le lyrisme, un certain côté vaporeux, rêveur, une pointe de nostalgie et une grande ferveur religieuse.
Je pense après réflexion que c'est la messe pour orgue que je préfère.

Pour les interprétations, j'ai écouté la version dont cololi parle plus haut mais je n'apprécie pas tellement l'instrument et il manque le plain-chant

Vernet est là encore d'une raffinement ... drunken Le plain-chant de l'ensemble Jacques Moderne est également d'une grande qualité.

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 3487549901253600


J'ai également écouté Grunenwald qui est très bien aussi mais le plain-chant est moins intéressant. Je garde tout de même une tendresse pour cet enregistrement qui est celui qui m'a fait découvrir de Grigny.

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 0002894659382600
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 15 Oct 2012 - 15:24

Père du célèbre Michel Corrette, Gaspard Corrette nous a laissé une unique messe pour orgue composée de 24 pièces intitulée Messe du huitième ton pour l'orgue à l'usage des dames religieuses.
Il succède a Boyvin à l'orgue de Rouen et constituera avec ce dernier ainsi qu'avec d'Agincourt et avant eux Titelouze l'école d'orgue de Rouen.
Cette messe est composée en 1703 à la fin de l'âge d'or de la messe pour orgue, pourtant, il conserve la forme classique des oeuvres liturgiques de l'époque.
C'est une messe qui me parait plus ordinaire que celle de Grigny ou de Couperin par exemple mais qui réserve des moments de grandes délicatesses comme dans le récit tendre du Gloria mais aussi des instants très solennels lors de l'élévation par exemple. Il montre aussi une grande maitrise de l'instrument pour son offertoire pièce maitresse de la messe pour orgue.
Je vois également un autre intérêt à cette messe : l'utilisation répétitive de thèmes qui rend l'oeuvre plus accessible au néophyte.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 15 Oct 2012 - 15:36

Moi j'ai pas accroché des masses j'avoue, mais va falloir que je réécoute.

Je voulais parler de ce CD trouvable uniquement sur ce site :

http://www.cddvd.fr/contents/fr/p19.html
L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle Ema9511lulli-

Il contient :
1°) L'œuvre complète pour orgue de Charles Piroye, consistant en six magnifiques "Simphonies" (grands-jeux), hommage au faste de l'art de Lully.
2°) Une transcription pour orgue de "L'Apothéose de Lulli" de François Couperin. Ce Concert instrumental de17 pièces somptueuses permet d'entendre l'orgue dans les registrations les plus subtiles (partition inédite, à paraître en décembre 2001 chez EMA-Editions).
3°)"Le Temple de la Paix", suite de pièces - du menuet au passepied, de la gigue aux cannaries - d'après le ballet de Jean-Baptiste Lully, dans une transcription du XVIIIe siècle.

Alors que dire ?

1 / A tout seigneur ... c'est Ophanin qui m'en a parlé, mais il est trop timide pour venir en parler ici.
2 / C'est GENIAL. Aussi bien Piroye que Couperin et Lully.
3 / L'orgue ... est sublimissime, la prise de son démentielle.

A ne pas manquer !!!

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyLun 15 Oct 2012 - 16:50

C'est dommage que ce ne soit pas plus facilement accessible parce-que de prime abord je trouve ça intéressant et étrange de faire un hommage à LULLY à l'orgue, lui qui n'a jamais composé pour cet instrument.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:36

L'ORGUE FRANCAIS SOUS L'ANCIEN REGIME, DE LA RENAISSANCE A LA REVOLUTION
[rédaction en cours]

I) La Renaissance et quelques figures préclassiques

L'orgue fut longtemps officiellement prohibé pour le service divin mais pénétra de facto dans les églises au fil du Moyen-âge. Suivant l'exemple de l'Angleterre, il se propagea tardivement en France, notamment sous le pontificat de Sylvestre II (999-1003), lui-même ancien facteur formé à Cordoue où il construisit un hydraule. Alors que le théologien Thomas d'Aquin (1225-1274) loue « l'orgue qui élève l'âme », que le Concile de Milan (1287) l'admet comme seul instrument digne de participer au culte, un véritable essor se produit aux XII° et XIII° Siècles.
Felix Raugel suppose « qu'à la fin du XV° Siècle le rôle du grand orgue à l'église est encore restreint dans des limites assez modestes. Il donnait l'intonation, alternait avec le choeur et n'intervenait seul que pour l'exécution de quelques courts préludes, postludes, ou contrepoints figurés sur les thèmes liturgiques ».
Au-delà de cette fonction ecclésiale, les instruments ambulants s'emploient à sonoriser les Mystères médiévaux devant les parvis, à retentir lors des grands événements de la vie de la cité, et se doublent d'une fonction profane, qui résonne au rythme des airs à la mode.
Contrairement à Francesco Landini (1335-1397) en Italie, puis à Konrad Paumann (1410-1473) en Allemagne, la France du haut Moyen-âge ne connaît aucun grand nom spécifique, ni guère au début de la Renaissance : personne en nos contrées qui puisse rivaliser avec l'espagnol Antonio de Cabezon (1510-1566), les virginalistes d'Angleterre (William Byrd, Orlando Gibbons), le vénitien Andrea Gabrieli (1510-1586)...
En nos contrées gauloises sous François Ier, l'orgue sert à prier... mais aussi à chanter et danser. A tel point qu'en 1528 le Concile de Sens condamne par canon l'habitude d'y jouer des chansons populaires. Une prohibition que renforce dans toute la catholicité une session du Concile de Trente en septembre 1562 : « Ab ecclesiis vero musicas eas ubi, sive organo, sive cantu, lascivum aut impurum aliquid miscetur arcean ».

1) entrée en matière : un récital pour se familiariser avec le répertoire du XVI° - XVII° Siècles

---------------L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 0015Conseils discographiques :
Spoiler:
 

Pour se faire une idée de ce répertoire, on peut se référer à l'anthologie enregistrée par André Isoir en 1973, même si elle en dépasse les limites chronologiques. Selon le caractère des pièces, l'interprétation se partage entre le Koenig de la Chapelle du Bon Pasteur à Angers et... une fringante régale ! Car parallèlement à la vocation sacrée de l'instrument, nul doute que devaient y crépiter le genre de croustillantes friandises concoctées par Claude Gervaise, Clément Janequin, Antoine Francisque, Pierre Sandrin...

Une vingtaine de minutes du disque sont consacrées au célèbre imprimeur parisien Pierre Attaingnant qui, entre janvier et avril 1631, fait paraître sept recueils en tabulature dont trois dévouées au culte : variations sur chant liturgique pour deux Messes (Fons Bonitatis, Cunctipotens), versets pour les Magnificat sur huit tons, pour le Te Deum, transcription de motets latins. Comparé aux Allemands, la polyphonie s'avère simplifiée, souvent limitée à trois voix.
Plutôt destinés à l'épinettes ou du moins aux cordes pincées, les quatre autres livres regroupent de la musique profane voire festive qui peut néanmoins se toucher au positif : chansons, gaillardes, pavanes, branles, basse-danses...

A l'instar du ricercar en Italie, du tiento en Espagne, de la toccata flamande et germanique, du fancy en Angleterre, un genre s'émancipe : la fantaisie, qui laisse courir les doigts au gré de l'imagination mélodique et des règles contrapuntiques.
Un manuscrit rémois conserve quatorze mesures de Guillaume Costeley, valet de chambre de Charles IX et Henri III (BN MS. Fr.9152, folio 189a).
Trois Fantaisies de Claude Le Jeune furent publiées à titre posthume dans un Livre des Meslanges (1612). Une écriture sectionnelle, tantôt à deux ou quatre voix, semble désigner les deux premières pour consort de violes. On peut regretter qu'Isoir ne joue que la seconde, alors que la troisième semblait plus appropriée à l'orgue : avec ses cinq voix qui font entendre sur un archaïque cantus firmus un commentaire polyphonique du Benedicta est coelorum Regina.
La musicologie a souvent sévèrement jugé les quarante-deux Fantaisies d'Eustache du Caurroy, sous-maître de Chapelle d'Henri IV que, selon le Père Mersenne en 1636, « tous les compositeurs de France tiennent pour leur maître ». Isoir a retenu celle qui passe pour la plus séduisante, glosant sur le célèbre timbre Il estoit une fillette.
Le livret du CD ne dit mot de la Fantaisie n°3 du Brugeois Charles Guillet : elle provient d'un didactique corpus de vingt-quatre, organisées selon l'échelle des douze modes, publiées chez Ballard en 1610.
Plus connu pour ses motets, Henry Du Mont nous laisse une petite vingtaine de pièces pour clavier ; Préludes en façon d'Allemande, ou Pavane.
Treize pièces nous restent d'Estienne Richard, maître d'épinette du jeune Louis XIV.
Plus anecdotique : une Allemande de Jacques Thomelin, et une Sarabande de Joseph de La Barre.

On aurait préféré que ce CD nous offre la Fantaisie sur Ancor che col partire de Nicolas de La Grotte, autrement significative.

Au sein de ce parcours, on doit en tout cas distinguer un chef d'oeuvre, conservé à la Bibliothèque du C.N.A.M. : une page, non titrée par l'auteur, que la postérité a baptisée Fantaisie, commandée par Mersenne à Charles Racquet qui fut titulaire du Héman de Notre-Dame de Paris pendant une trentaine d'années (1618-1647). Un polyptique quadripartite en sol, sur un conductus d'antienne grégorienne, vraisemblablement le Regina Coeli.
On le trouve aussi sur cet autre disque (clic) .


Dernière édition par Mélomaniac le Sam 10 Nov 2012 - 21:31, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:38

II) Trois figures majeures du préclassicisme : Titelouze, Roberday, Louis Couperin

[rédaction en cours]

1) Jehan Titelouze (1563-1623)

Au milieu du XVI° Siècle et jusqu'au début du règne d'Henri IV, le prestige de l'instrument ecclésiastique et sa littérature tendirent à s'éclipser, du fait notamment des Guerres de religion et des avanies perprétrées sur les tribunes par certains fanatiques Huguenots.
Dans l'élan de la Contre-Réforme émerge celui qu'on va considérer comme le père de l'orgue français. Né à Saint-Omer, alors sous domination espagnole, Jehan Titelouze s'y instruit des chantres franco-clamands (Willaert, Obrecht, Lassus...) et des polyphonistes italiens (Palestrina, Victoria...)
Il rejoint Rouen à 25 ans où il demeurera jusqu'à sa mort. En cette ville normande, il ne tarde pas à être nommé titulaire en la Cathédrale où il sera enterré, fier de son instrument de 32 pieds en façade construit par Oudin Hestre. Il va s'intéresser à la théorie harmonique (il lit les traités de Zarlino, de Descartes...), à la pratique, à la facture dont il se flatte d'expertise.

Sous le très catholique Louis XIII se reconquiert la vocation religieuse de l'orgue dont Titelouze se réjouit que « Dieu l'ait fait choisir à son Eglise pour y chanter sa louange ». Mûr en son art, c'est sexagénaire qu'il fait enfin publier son oeuvre, chez Ballard à Paris en 1623 : aucune messe mais 39 versets pour douze Hymnes, et 56 versets pour huit Magnificat.
Un langage plutôt austère révèle un maître du contepoint animé d'audace dans la conduite agogique des phrases.
La couleur reste influencée du modalisme issu du plain chant grégorien mais s'intègre adroitement à un discours tonalisé. Même si ils n'osent pas les recherches chromatiques d'un Frescobaldi, les altérations, les accords novateurs s'insinuent ingénieusement : « comme le peintre use d'ombrage sur son tableau pour mieux faire paraître le rayon du jour et de la clarté, aussi nous mêlons les dissonnances parmi les consonnances » écrira ce compositeur lettré, par ailleurs admiré pour ses écrits poétiques.
Un personnage pieux, de constitution vraisemblablement maladive qui le rend naïvement craintif (lors d'une épidémie de peste, il demande qu'on « évente la montée des orgues avec des drogues et parfums ») ce qui n'empêche pas une acerbe lucidité envers ses contemporains.
Dans la préface de ses Hymnes, il note ainsi : « je ne pouvois me résoudre de mettre en lumiere ce petit volume sans l'asseurance que mes amis me donnent qu'il sera utile à ceux qui désirent de toucher l'Orgue. Cette raison me l'a plustost tiré des mains que l'esperance d'en reçevoir de la louange, sçachant bien que parmy les hommes il y a des esprits pointilleux plus prompts à reprendre qu'à comprendre, qui ne peuvent voir aucun ouvrage sans s'efforcer d'en diminuer le merite ».

Ces mérites ont été peu récompensés par la discographie, honteusement indigente pour une telle sommité du répertoire !

2) François Roberday (1624-1680) : l'orfèvre contrapuntiste

Il partagea avec son père le même prénom, un semblable métier d'orfèvre et un goût pour l'orgue acquis sur l'instrument de cabinet en la demeure familiale.
Né à Paris en 1624, il se marie en 1650 et se voit alors reconnu comme expert en orfèvrerie. Les affaires prospèrent à tel point qu'il peut faire bâtir dans le Jardin des Tuileries, acheter une charge de Valet de Chambre de la Reine (il servira Anne d'Autriche et l'Infante Marie-Thérèse), puis faire publier l'année suivante son opus unicum, imprimé en cinq cents exemplaires par les ateliers de la veuve Senlecque.
Quelques revers de fortune mal connus le pousseront à se retirer dans la campagne de Rambouillet où il mourut d'épidémie en 1680.
Le fin travail des métaux où il était passé maître trouve un équivalent dans sa seule oeuvre musicale, bijou d'artisanat : 12 Fugues et Caprices à quatre parties, qui renvoient au raffinement contrapuntique de l'Ars perfecta. Exercice spéculatif, austère voire scolastique, hérité des fugues et recherches d'un Titelouze. Mais cette sévérité s'accompagne miraculeusement d'une merveilleuse séduction sensuelle où le superflu est banni, tant la pensée s'avère exacte et concise, dégagée de tout enjeu liturgique.
Trois des pièces empruntent à des oeuvres déjà composées par deux noms illustres (Girolamo Frescobaldi, Johann Jacob Froberger) et un certain Ebner (Marcus ou Wolfgang ?) Les neuf autres traitent des thèmes, que la musicologie n'a pas identifiés avec certitude, expressément fournis par des confrères contemporains : La Barre (Pierre ou son fils Joseph), Louis Couperin, Robert Cambert, Jean-Henri D'Anglebert, Francesco Cavalli et Antonio Bertali. Heureux métissage franco-austro-italien des sources d'inspiration, traduisant la tendance des Goûts réunis qui fleurit en un précieux bouquet, juste avant l'avènement de Louis XIV qui parvient au trône l'année suivante en 1661.
Cet Art de la Fugue à la française se construit comme une série de canzone en gloses et variations, véritable entreprise de métamorphose et transmutation digne d'alchimie, ce que rappelle avec un soupçon d'ésotérisme le cachet apposé sur la page de titre, où l'on peut lire : « Omnia in ipsis et ex ipsis ». La variété réside dans l'unité et en procède. Un certain précepte qui fructifiera à l'ère baroque.
Le langage harmonique n'hésite pas à recourir aux intervalles rares, ne rechigne pas à la dissonance, dans le sillage des durezze frescobaldiennes.
Mêlant sections en mesures binaires et ternaires, le rythme induit une subtile fluctuation de l'agogique au gré du tempo, l'auteur précisant que « les caprices se doivent jouer à discrétion et fort lentement ».
Roberday cultive une attitude ambivalente envers son matériau brut, dénué d'ornement, quand il écrit « il faut considérer que la musique est inventée pour plaire à l'oreille » mais avouant cependant que les exigences polyphoniques heurteront parfois l'agrément de l'auditeur.
Bref, les entrelacs des voix, notées sur quatre portées dans la partition, tissent une rhétorique pour les connaisseurs et la satisfaction de leur esprit, à l'instar de la combinatoire d'un Johann-Sebastian Bach dans sa future Clavierübung III. Voilà l'expression d'un cartésianisme, le reflet d'une littérature des idées où ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Et avec poésie !


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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:39

III) L'enfance du Classicisme : Nivers, Geoffroy, Lebègue, D'Anglebert, Gigault, Chaumont

[rédaction en cours, publication à venir]


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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:40

IV) L'âge d'or du Classicisme, trois maîtres de la génération 1650 : Jullien, Raison, Boyvin

[rédaction en cours, à suivre...]

L'âge d'or du classicisme culmine pendant une quinzaine d'années (1668-1703) en faisant converger la production organistique de deux générations de compositeurs. La première, née autour de 1650 (Gilles Jullien, André Raison, Jacques Boyvin) attend la maturité pour publier, tandis que la seconde se hâte à faire reconnaître son génie : pour n'y plus revenir (François Couperin), trop tôt fauché en pleine possession de ses moyens (Nicolas de Grigny), ou en guise d'ultime honneur au genre de la Messe (Gaspard Corrette).
Intéressons-nous d'abord en ce chapitre à la première génération, éclose au début du règne du Roi Soleil

1) Gilles Jullien (c1650-1703)

2) André Raison (c1650-1719)

3) Jacques Boyvin (c1653-1706) : le coloriste

Aveugle, son père est pensionné à l'hospice des Quinze-Vingts à la chapelle duquel le jeune Jacques se forme au métier d'organiste, puisqu'il occupera ce poste jusqu'à une vingtaine d'années. Preuve de son précoce talent, il réussit le concours qui le titularise à la Cathédrale de Rouen le 17 août 1764, où il trouve un beau 16 pieds abrité dans un buffet gothique de 1494. Il n'en profite pas longtemps, à cause d'un violent orage qui ravage la voûte le 25 juin 1683. Pendant les travaux, Boyvin continue à jouer : sur un Positif installé sur le jubé, et aussi aux Carmes. On confie la reconstruction à l'expert artisan Robert Clicquot : l'instrument (41/IV+péd.) est inauguré le 14 juin 1689. Selon le musicologue André Pirro, le compositeur s'y montre captivé « par les couleurs vives que l'industrie du facteur lui préparait ».
C'est grâce aux aguicheuses capacités de cette nouvelle console que Boyvin perfectionne son premier Livre d'orgue, publié l'année suivante. Un Second paraîtra en 1700.
Chacun s'organise sous forme de Suites dans les huit tons, de longueur variée (de six à onze pièces). De moindre volume mais plus équilibré, le Second s'anime d'indications nouvelles pour guider l'exécution (« fort gay et pointé » ; « fort lentement »...) et ambitionne des Grands Jeux encore plus audacieux et édifiants.
Dans un style assez proche du classicisme de Lebègue, le musicien rouennais jouit pourtant d'une foisonnante palette au service de son imagination sonore : il libère l'ambitus du cantus firmus (les anches de pédale dans le prélude en ut majeur du premier Livre, 5° ton), s’amuse au concert des claviers (Grand plein jeu à trois choeurs du 8° ton, Grands Jeux à quatre choeurs), réjouit par ses Récits. En préface au premier Livre, il explique la registration qui se révèle dans la novation des titres : Dessus de Tierce en vitesse et accords, Dialogue de cromorne en taille et de cornet séparé !
Les tournures mélodiques ne manquent pas de charme, le panache impressionne… même si la polyphonie reste simple et que ces ingénieuses miniatures tournent parfois à court d'idées.





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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:42

V) L'apogée du Classicisme : François Couperin, Nicolas de Grigny, Gaspard Corrette

[rédaction en cours, publication à venir]

1) François Couperin (1668-1733)

Orphelin de père à onze ans, le dénommé « Sieur de Crouilly » poursuit son instruction auprès de son oncle (aussi prénommé François) et de Jacques Thomelin, avant de récupérer à 18 ans la prestigieuse trubune familiale de Saint Gervais que Michel-Richard Delalande lui avait tenue au chaud pendant l'interim.
Il travailla assidûment à cette console qui venait de bénéficier de travaux d'agrandissement ; trompette de pédale et seize pieds en façade. Ce bel instrument résonne bientôt de deux Messes, publiées en 1690, qui reçoivent la caution de Delalande, surintendant de la Musique du Roi, qui les estime « fort belles et dignes d'être données au public », quoique les copies manuscrites connurent une diffusion plutôt confidentielle.

Trois ans plus tard, il est nommé titulaire par quartiers à la chapelle palatine du Château de Versailles mais n'écrira plus rien pour l'orgue pendant les quarante années qu'il lui reste à vivre.
En ces deux précoces chefs d'oeuvres, le jeune homme apporte sa propre empreinte au modèle liturgique hérité de ses prédecesseurs (Nivers...) : par un langage harmonique qui s'extirpe du modalisme, par sa souplesse rythmique, par l'agrément de son ornementation, par sa sensibilité aux goûts réunis qui puisent à l'influence ultramontaine...
S'est-il inspiré du style de son cousin germain Marc-Roger, organiste à Turin, avec qui il entretenait correspondance ? Ou plus explicitement de l'Annuale de Giovanni Battista Fasolo publié à Venise en 1645 ?

a) Messe solemnelle à l'usage des Paroisses
Le Cunctipotens Genitor Deus honorant la Fête des Apôtres doit répondre fastueusement à un rituel théâtralisé. On imagine les cérémonies en grande pompe que devait connaître la célébration à Saint Gervais, où officiaient cent-vingt prêtres et clercs, où Madame de Sévigné accomplissait ses dévotions...
Le plaint chant en cantus firmus s'inscrit dans un parcours qui respecte les tons en vigueur pour le Kyrie (1° ton), le Gloria (4° ton), le Sanctus (8° ton), l'Agnus Dei (6° ton), le tout couronné par un Deo Gratias fugué, en sol mineur.
Le decorum s'affirme dans l'Offertoire, vaste polyptique qui mêle Ouverture à la française et Sinfonia italienne.


b) Messe à l'usage des Couvents
Plus intimiste et humble, elle laisse supposer que le jeune François exerça peut-être son art pour le culte du clergé régulier d'une congrégation parisienne.
La nature cyclique des thèmes, fécondée par des gammes tantôt ascendantes ou descendantes, la radieuse monotonalité de sol majeur, la cohérence esthétique se rattachent au genre de la Suite-variation où s'immisce l'esprit du Grand Siècle : la danse de Cour, la richesse d'émotion d'un art lyrique ciselé. Les versets paraissent comme autant de brefs motets chantés par les tuyaux, exploitant un microcosme affectif dont la sincérité se dégage de toute rhétorique.


2) Nicolas de Grigny (1672-1703)

Récession économique, guerre de la Ligue d'Augsbourg qui se soldera par les Traités de Ryswick en septembre 1697, disette aggravée par les levées d'impôts : les dernières années du XVII° Siècle ternissent le règne de Louis XIV, et réfrènent les arts à la mort de Lully. Dans ce terreau qui a perdu de sa superbe et de sa fertilité s'ensemence le génie de celui qu'on peut considérer comme le sommet de l'orgue classique français. Né d'une famille de musiciens rémois, apparentée au ministre Colbert, baptisé le 8 septembre 1672, il apprend les rudiments de la console auprès de son père puis à quinze ans part pour Paris.
Il y est accueilli par Nicolas Lebègue qui le loge rue Simon-le-Franc, vraisemblablement chez lui comme apprenti, et l'aguerrit au métier en son église paroissiale de Saint Merry. Grigny ne tarde pas à faire reconnaître son talent puisqu'on le trouve en 1693 titulaire en l'Abbaye de Saint Denis, emblématique sanctuaire de la royauté.
Malgré cette prestigieuse charge, il regagne en 1696 sa province natale pour y officier en la Cathédrale des Sacres, jusqu'à sa mort prématurée en novembre 1703. Juste le temps de faire paraître un suprême Livre d'orgue en 1699, qui à lui seul assure la postérité de ce destin trop tôt fauché.
a) La Messe




3) Gaspard Corrette (1671-c1733)

Les travaux universitaires d'Yves Jaffres et Philippe Lescat ont permis de mieux connaître la vie de cet homme dont on ne savait quasiment rien : on le disait né à Delft en 1671, mais plus sûrement à Rouen, à l'époque seconde capitale de l'orgue. Corrette y officie en plusieurs églises (Saint-Herbland, Saint-Pierre, Saint-Denis...). Il ne parvient pas à hériter du poste à la Cathédrale Notre-Dame quand celui-ci reste vacant en 1706 au décès de Jacques Boyvin, qui avait pourtant été son témoin de mariage six ans auparavant. On perd sa trace en 1720 quand il quitte sa charge à l'église Saint-Jean, sinon qu'on sait qu'il s'éteint à Rouen en 1732.
A peine trente ans : le jeune musicien se fait connaître par une oeuvre unique, publiée à Paris en 1703 qui, alors que le règne du Roi Soleil commence son crépuscule, tire la révérence de la glorieuse série des Messes d'orgue du classicisme -un genre qui sera d'ailleurs réactivé un demi-siècle plus tard dans le Troisième Livre (1756) de son fils Michel Corrette.
Cette Messe du VIII° Ton à l'usage des Dames religieuses recèle-t-elle des arguments qui la distingueraient d'un épigone provincial et un peu naïf de la Messe des Couvents de Couperin, qui venait de paraître ?
Identique sol majeur radieux, semblable ordonnancement... Observons toutefois le pragmatisme du Normand, qui accompagne son édition par une série de conseils pratiques, concernant la registration, le toucher, l'ornementation (une table d'agréments)... Autre sollicitude : il permet à son oeuvre de s'adapter à la durée de la cérémonie liturgique en inscrivant sur la partition de petites étoiles qui indiquent les endroits qu'on peut abréger « quand la pièce est trop longue ». Selon la circonstance d'exécution, la postface de l'ouvrage prévoit deux alternatives pour le Propre : une Basse de trompette ou de cromorne en sus du Trio pour le Graduel ; et un Fond en sus du Cromorne en taille pour l'Elévation.
Pour le culte, les tuyaux doivent bien sûr répondre à l'alternatim : « le verset, l'invocation ou l'antienne sont chantés à l'unisson par le choeur et la pièce d'orgue qui suit est chargée de répercuter sur un plan polyphonique et selon des structures parfaitement maîtrisées le coeur de la prière chantée » (Frère Daniel Bourgeois).
Concernant la valeur artistique de cette oeuvre, Norbert Dufourcq juge que « la partition de Corrette n'atteint le niveau ni de celle de Grigny ni de celles de Couperin. C'est sans doute un élève de Boyvin qui parle, avec simplicité, élégance, et en utilisant tous les poncifs de l'heure ».
Dans un accès de clémence, André Pirro estime que « le tour sentimental et la nonchalance même de son style devaient être jugés par ses auditeurs comme des qualités. Il atteint parfois à une sérénité soutenue, religieuse, au plus haut degré, et que ses contemporains français ont bien rarement connue ».





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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:46

VI) le radieux crépuscule du Classicisme : Marchand, Du Mage, Clérambault, D'Agincourt

[rédaction en cours]



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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:49

VII) Tradition et décadence : l'héritage des Noëlistes, le postclassicisme

Dandrieu, Lanes, Dornel, Calvière, Daquin, Michel Corrette, Nôtre, Balbastre, Piroye, Beauvarlet-Charpentier, Benaut, Armand-Louis Couperin, Séjan, Lasceux, Gervais-François Couperin

[rédaction en cours]

1) La Tradition des Noëlistes

Jean-Jacques Rousseau définissait les Noëls comme « des sortes d'airs destinés à certains cantiques que le peuple chante aux fêtes de Noël. Ces airs doivent avoir un caractère champêtre et pastoral convenant à la simplicité des paroles, et à celle des bergers qu'on suppose les avoir chantés en allant rendre hommage à l'Enfant Jésus dans la Crèche. »
Les textes se forgèrent en langage vernaculaire durant le Moyen-âge, colportés dans la mémoire collective, et prirent une forme poétique à partir du XVI° Siècle, abandonnant peu à peu le dialecte pour le français littéraire.
Les mélodies se calquent sur un préexistant fonds liturgique d'antiennes, ou proviennent plus rarement de créations neuves, voire improvisées. Elles fécondèrent un répertoire instrumental (Marc-Antoine Charpentier, Michel-Richard Delalande...), et particulièrement : organistique !
Dans les villes et campagnes, on se plaît à imaginer les fidèles réjouis d'entendre les tuyaux joindre leur souffle à la célébration enthousiaste de la Nativité. Un répertoire qui ne devait certainement pas se cantonner à la circonstance mais plutôt se fredonner toute l'année dans l'intimité des catéchèses et des foyers.

Deux compositeurs que nous avons déjà cités infra (cf §3) constituent une première génération de Noëlistes. Notamment Nicolas Gigault qui en 1683 publie son Livre de musique dédié « à la Très Sainte Vierge [...] contenant les cantiques sacrés qui se chantent en l'honneur de son divin enfantement. »
Deux ans plus tard, Nicolas Lebègue lui emboîte le pas en intégrant une délicieuse poignée de Noëls à son troisième Livre d'Orgue (1685).

---------------L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 0015Conseils discographiques :
Spoiler:
 

[rédaction en cours, publication à venir]


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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 16:59

8 et fin) Synthèse : 8 disques primordiaux pour découvrir ce répertoire
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyMer 7 Nov 2012 - 17:01

Very Happy Wow colors affraid

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 8 Nov 2012 - 14:09

Voilà un sujet qui m'intéresse grandement! Merci pour la synthèse à venir.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 8 Nov 2012 - 21:51

Certes... Dommage qu'à partir de 6, le seul intérêt musicologique demeure. hehe

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 8 Nov 2012 - 23:00

Pas complètement d'accord. Un petit Noël de Daquin, Balbastre ou Corrette sur l'orgue de la chapelle royale de Versailles (cf. le coffret anniversaire du CMBV), ça ne se refuse pas.

Des petits maîtres dont on peut faire l'économie mais ce serait dommage de se priver de certaines de leurs oeuvres (les Noëls ! santa )

Bon, j'avoue qu'à partir du 7... Mais qui sont donc tous séjan ? Shocked


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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 8 Nov 2012 - 23:37

Ma parole, on dirait que ce sujet intéresse ! Shocked

Bon beh à vrai dire j'y connais quasiment rien, je sais pas trop comment remplir les fils que j'ai ouverts... J'escompte votre indulgence. Embarassed

Et surtout votre participation...

La présentation introductive des chapitres Titelouze et François Couperin est presque terminée, ça devrait arriver d'ici quelques heures...

La suite sera publiée progressivement. Conclusion prévue d'ici la Saint Sylvestre. Le chapitre sur les Noëlistes sera de circonstance fin décembre... santa

Il sera alors temps d'ouvrir un autre fil sur Messiaen, à Pâques ou à la Trinité (les initiés comprendront...)
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 9 Nov 2012 - 9:10

Mélomaniac => tous les fils où il y a du contenu sont lus Smile Ca ne veut pas dire qu'il y ait des tonnes d'interventions par la suite, mais vu les musicovores du fofo, c'est forcément lu Smile

Messiaen il y a un fil sur les oeuvres pour orgue Wink
(ne te gêne surtout pas pour le remplir, car étant donné que c'est moi qui l'ait crée vu mes connaissances musicales, c'est très succin).

Dans quelques mois je pensais ouvrir un fil sur l'orgue français des XIX° et XX° pour faire écho à ce fil Smile

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 9 Nov 2012 - 13:13

Cololi a écrit:
Mélomaniac => tous les fils où il y a du contenu sont lus Ca ne veut pas dire qu'il y ait des tonnes d'interventions par la suite, mais vu les musicovores du fofo, c'est forcément lu

Messiaen il y a un fil sur les oeuvres pour orgue
(ne te gêne surtout pas pour le remplir, car étant donné que c'est moi qui l'ait crée vu mes connaissances musicales, c'est très succin).

Dans quelques mois je pensais ouvrir un fil sur l'orgue français des XIX° et XX° pour faire écho à ce fil

Oui ! Il y a beaucoup de choses méconnues à redécouvrir au XIX° Siècle, outre Boëly, Lefébure-Wély et Franck.
Je pense en vrac à François-Joseph Fétis, Alexis Chauvet, Charles-Raymond Ferlus, Alexandre Lebeau, François Benoist, Jacques-Nicolas Lemmens, Charles Ponsan, Antoine-Edouard Batiste, Pierre-Edmond Hocmelle, Théodore Dubois...
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Xavier
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 9 Nov 2012 - 13:46

Mais en fait tout ça c'est un sujet général, non?
Il s'agit surtout de faire découvrir des oeuvres et des compositeurs, non? Avec un juste un petit conseil discographique à chaque fois, pas un sujet centré sur les comparaisons entre les versions, je me trompe?
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 9 Nov 2012 - 14:06

Mélomaniac a écrit:
Lefébure-Wély et Franck

Mettre les deux dans le même panier il y a de quoi faire une syncope ! pale
J'ai quand même l'impression que le XIXème siècle est une période creuse (pour ne pas dire décadente) dans l'histoire de l'orgue français.
Parmi tous les noms cités on peut rajouter Saint-Saëns et Guilmant (sympathiques symphonies pour orgue et orchestre)
C'est dans les dernières années du XIXème siècle, au tournant avec le XXème, qu'il y a une nouvelle efflorescence : Boëllmann, Tournemire, Vierne, Widor, Dupré, Duruflé puis Alain, Messiaen, etc.
Lefébure-Wély, pour le peu que j'ai pu entendre, c'est très Second-Empire, crinolines, flonflons et "pouet-pouet"
Rien à voir avec César !
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 9 Nov 2012 - 14:58

Xavier a écrit:
Mais en fait tout ça c'est un sujet général, non?
Il s'agit surtout de faire découvrir des oeuvres et des compositeurs, non? Avec un juste un petit conseil discographique à chaque fois, pas un sujet centré sur les comparaisons entre les versions, je me trompe?

Tout à fait

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptySam 10 Nov 2012 - 16:25

Impressionnant, ton travail de synthèse Mélomaniac ! Wink

WoO a écrit:
Bon, j'avoue qu'à partir du 7... Mais qui sont donc tous séjan ? Shocked

Des survivants pour l'essentiel, qui ont traversé l'époque révolutionnaire comme ils ont pu, en s'efforçant de préserver leur tête, les tuyaux de leur instrument, et les restes d'une tradition qui s'est assez rapidement éteinte à l'aube d'une période entièrement nouvelle. Wink

WoO a écrit:
Mélomaniac a écrit:
Lefébure-Wély et Franck

Mettre les deux dans le même panier il y a de quoi faire une syncope ! pale
J'ai quand même l'impression que le XIXème siècle est une période creuse (pour ne pas dire décadente) dans l'histoire de l'orgue français.
Parmi tous les noms cités on peut rajouter Saint-Saëns et Guilmant (sympathiques symphonies pour orgue et orchestre)
C'est dans les dernières années du XIXème siècle, au tournant avec le XXème, qu'il y a une nouvelle efflorescence : Boëllmann, Tournemire, Vierne, Widor, Dupré, Duruflé puis Alain, Messiaen, etc.
Lefébure-Wély, pour le peu que j'ai pu entendre, c'est très Second-Empire, crinolines, flonflons et "pouet-pouet"
Rien à voir avec César !

Lefébure-Wély, c'est un cas à part. Parfois vulgaire, il est souvent drôle dans ses compositions.

Ce qui m'a toujours intrigué à son sujet, c'est comment sa musique pouvait être jouée lors des offices religieux, notamment sa truculente sortie en mi bémol majeur, qu'Offenbach n'aurait pas dédaigné (et que, selon des mauvaises langues, on pourrait tout autant jouer dans un cirque).

Quel chemin parcouru depuis un siècle, après que l'Archevêque de Paris eut interdit à Balbastre de jouer ses oeuvres pendant la messe car “cette musique ensorcelait les auditeurs et que la musique n’était pas faite pour flatter l’oreille des fidèles, puisque cela se faisait au préjudice de Dieu”.

Tu l'auras compris, finalement, entre César et Franck, ce n'est pas César que je choisirais... hehe
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptySam 10 Nov 2012 - 17:26

Pat17 a écrit:
Impressionnant, ton travail de synthèse Mélomaniac ! Wink
Merci ! Smile et merci d'avoir créé ce fil.

Mais avant la synthèse, je me concentre sur l'analyse et la présentation des grandes figures de l'orgue classique, que je voudrais assortir de références discographiques, de quelques études détaillées d'oeuvres (ou extraits) marquantes, de quelques rappels sur les notions et le vocabulaire propres à mieux comprendre l'instrument et le répertoire...

Bref y a du boulot, et mes messages seront complétés au fil de l'eau, ce qui devrait prendre au moins quelques semaines...

Je vous invite donc à les consulter de temps en temps pour voir l'évolution du projet, et surtout à réagir. N'hésitez surtout pas à corriger ou demander plus d'explications si certains passages vous semblent erronés ou obscurs...

Pour que le présent fil dédié à l'orgue classique ne dévie pas trop sur un débat esthétique lié au (décadent ?) postclassicisme, je viens de créer un autre fil sur L'Orgue sous l'Empire, qui pourra rassembler nos réflexions et éviter ici le hors-sujet.

On le trouve en cliquant ici. Désolé, y a rien encore, mais ça ne saurait tarder...
Et ces quatre messages d'annonce seront aussi complétés au fil du temps... Wink
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 17:08


A propos de Louis-Claude DAQUIN, avez-vous des versions de prédilection des Noël ? Je ne connais que la version d'Olivier Baumont sur orgue J. Boizard de Saint-Michel-en-Thiérache (1714) sortie dans la collection "Tempérament".
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 17:14

Chapuis sur l'orgue de Marmoutier c'est magnifique. Mais il n'y a pas tous les Noëls.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 19:41


J'essaierai de trouver ça, il semble que cela fasse parti d'un coffret "orgues historiques" sorti chez HM.
Je découvre d'ailleurs en ce moment par le biais de la synthèse, le Premier Livre d'Orgue de N. De Grigny, interprété par Michel Chapuis et enregistré en 1976 (astrée / auvidis). C'est vraiment magnifique et notamment les hymnes.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 19:45

tourette a écrit:

A propos de Louis-Claude DAQUIN, avez-vous des versions de prédilection des Noël ?
Disons déjà que ton album par Olivier Baumont est très bien puisqu'il couvre l'oeuvre complet pour clavier.

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 40601244 Hydraot ne nous rajeunit pas : les six Noëls gravés par Chapuis à Marmoutier datent du début des années 1960. Je doute que ce soit couramment dispo en CD. Hélas.

Daquin est souvent inclus dans des compilations qu'on ne peut toutes citer ici. Si tu cherches des albums qui lui sont entièrement dédiés, ou du moins qui contiennent les douze Noëls, voilà l'essentiel :

Par ordre chronologique, quelques versions indisponibles ou peu diffusées mais qu'on peut encore débusquer dans les médiathèques :

> Gaston Litaize à Caudebec-en Caux (Emi, 1973)
> Marie-Claire Alain à Saint Théodorit d'Uzès (Erato, 1977)
> Mary Prat-Molinier à la Cathédrale d'Albi (Astrée, 1988)
> Christian Mouyen au Sainte-Croix de Bordeaux (K 617, 1997) sur un prestigieux instrument (capté d'assez près par les micros) qui venait d'être refait selon les préceptes de Dom Bedos

Plus récents, et surtout toujours disponible au moment où j'écris ce message, mais je ne les ai (encore) jamais entendus... :

> Denis Fremin à N.-D. de Carentan (Festivo 1994).
> Raymond Daveluy sur le Beckerath de l'Oratoire Saint-Joseph-du-Mont-Royal de Montréal (Analekta 1996)
> Marina Tchebourkina à la Chapelle du Château de Versailles (Natives, 2004)
> François Zeitouni sur le Gilbaut-Thérien de la Chapelle du Grand Séminaire de Montréal (XXI-21 productions, 2007)
Spoiler:
 



Very Happy Voici donc finalement deux CDs que je connais bien, qui sont très recommandables et surtout... disponibles :

=> 1) Christopher Herrick sur le Parisot de Saint-Rémy de Dieppe (Hypérion 1995), réédité en collection économique pour une dizaine d'euros : clic ici.

=> 2) Celui que je conseille en premier lieu ! Pierre Bardon à Saint-Maximin (Pierre Vérany, 1982). Depuis trente ans, un grand classique de la discographie daquinophile...



Dernière édition par Mélomaniac le Ven 16 Nov 2012 - 2:28, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 19:54

Mélomaniac a écrit:

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 40601244 Hydraot ne nous rajeunit pas : les six Noëls gravés par Chapuis à Marmoutier datent du début des années 1960. Je doute que ce soit couramment dispo en CD. Hélas.

1963 pour être exacte Mr. Green Mais oui hélas, parce-que c'est très bon.


Citation :
=> 2) Celui que je conseille en premier lieu ! Pierre Bardon à Saint-Maximin (Pierre Vérany, 1982). Jovien, charmeur et spectaculaire. Depuis trente ans, un grand classique de la discographie daquinophile...

Comment ai-je pu oublier Bardon ... Embarassed
Je recommande également.



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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 23:01

Sculptant comme glaise les timbres capiteux des tuyaux du couvent provençal, l'interprétation de Bardon rigidifie les phrasés, élucide les polyphonies et jeux d'écho, elle fige les expressions, allégorise les mélodies comme autant de santons de crèche.
Aucune naïveté néanmoins dans cette lecture : une lenteur calculée, un ton parfois lanciné de douleur impriment à ces tableaux brossés d'empâtements un certain hiératisme piétiste qui plante déjà l'ombre du Calvaire au-dessus du berceau de la Nativité.


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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 23:08

Mélomaniac a écrit:
L'interprétation de Bardon rigidifie les phrasés, élucide les polyphonies et jeux d'écho, elle fige les expressions, allégorise les mélodies comme autant de santons de crèche.
Aucune naïveté néanmoins dans cette lecture : une lenteur calculée, les timbres capiteux des tuyaux du couvent provençal impriment à ces tableaux brossés d'empâtements un certain hiératisme piétiste qui plante déjà l'ombre du Calvaire au-dessus du berceau de la Nativité.

Ca c'est de la prose !
J'aime particulièrement que quelque chose de capiteux s'élève d'un couvent... drunken
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 23:34

Zeno a écrit:

J'aime particulièrement que quelque chose de capiteux s'élève d'un couvent... drunken

Ah, ça m'aurait étonné... hehe

On les reconnaît bien là les bouddhistes défroqués qui de la règle bénédictine envient surtout la liqueur... Razz

Bon, pas la peine de poursuivre. C'est un fil sérieux, on y parle d'orgue ici Monsieur ! cool-blue
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyJeu 15 Nov 2012 - 23:37

Ah, le bouddhoir...
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 2:06

Hidraot a écrit:
Mélomaniac a écrit:
=> 2) Celui que je conseille en premier lieu ! Pierre Bardon à Saint-Maximin (Pierre Vérany, 1982). Jovien, charmeur et spectaculaire. Depuis trente ans, un grand classique de la discographie daquinophile...

Comment ai-je pu oublier Bardon ... Embarassed

Tu devrais demander bardon pour l'avoir oublié ! fesse

Je suis très tenté par Tchebourkina, le son de l'orgue de la chapelle royale de Versailles est incroyable.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 2:38

WoO a écrit:

Je suis très tenté par Tchebourkina, le son de l'orgue de la chapelle royale de Versailles est incroyable.

Beh essaie WoO, puis tu nous raconteras ! Wink

De mon côté, j'ai bien envie d'élargir ma collection Daquin avec le disque de Raymond Daveluy, une grande figure de l'orgue québecois...

Quand même : c'est bien dommage que les disques de Chapuis, Alain, Litaize ne soient plus couramment disponibles.

Pour Alain, tous ses nombreux enregistrements des Messes de Couperin ou Grigny sont quasi introuvables en CD...

On a l'impression que concernant le répertoire organistique, les catalogues Erato, Astrée, Calliope sont laissés à l'abandon... Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 8:20

Mélomaniac a écrit:
tourette a écrit:

A propos de Louis-Claude DAQUIN, avez-vous des versions de prédilection des Noël ?
Disons déjà que ton album par Olivier Baumont est très bien puisqu'il couvre l'oeuvre complet pour clavier.

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 40601244 Hydraot ne nous rajeunit pas : les six Noëls gravés par Chapuis à Marmoutier datent du début des années 1960. Je doute que ce soit couramment dispo en CD. Hélas.

Si, si, il est disponible, mais dans un coffret édité par Harmonia Mundi en 2006 ( http://www.harmoniamundi.com/#/albums?id=1120 ) :

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 51rvyc5n2AL._SL500_

Je ne peux certifier que c'est le même enregistrement (aucune indication de date sur le livret) mais là aussi il n'y a que 6 des 12 Noëls de Daquin et il s'agit effectivement de l'orgue de Marmoutier qui a été joué pour la circonstance.

Son prix est relativement doux, considérant qu'il y a 6 CD dans le coffret (29 €). Il ne semble pas facile à trouver, mais je ne pense pas qu'il soit aussi introuvable que dans sa version d'origine.

Quant à l'enregistrement lui-même, c'est ma référence quand il s'agit des Noëls de Daquin, tout simplement. Wink

Citation :
=> 2) Celui que je conseille en premier lieu ! Pierre Bardon à Saint-Maximin (Pierre Vérany, 1982). Depuis trente ans, un grand classique de la discographie daquinophile...

J'ai un peu de mal avec Bardon. C'est un excellent organiste, l'orgue est magnifique, la registration est splendide (ahhh les trompettes de Saint-Maximin...), la captation sonore est au niveau mais je trouve son tempo un peu trop rapide pour le Noël suisse (XII).

Vu que je travaille le début de ce Noël à l'orgue (Saint-Maximin justement, mais en version virtuelle naturellement), je me suis posé la question du référentiel. Non pas que je compte parvenir au niveau d'un Chapuis ou d'un Bardon, mais au moins essayer de m'en inspirer.

La partition (éditions Schott ED 1875) mentionne expressément que le Noël suisse doit être joué "Pesamment", ce qui me laisse à penser que la version Chapuis doit être plus dans le vrai que celle de Bardon.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 8:44

WoO a écrit:
Je suis très tenté par Tchebourkina, le son de l'orgue de la chapelle royale de Versailles est incroyable.

J'ai cet enregistrement de Tchebourkina (téléchargement Qobuz) :

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle Couv%20Cdnat03

Son jeu est excellent (elle n'est pas une des élèves les plus réputées de Chapuis pour rien), l'orgue est beau sauf que... la réverbération est très mal maîtrisée dans la prise de son (je suis un peu obsédé sur ce point Mr. Green ) ce qui affecte la lisibilité de l'oeuvre jouée... Embarassed

Est-ce que tu te réfères au même ? Wink
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 12:42

Pat17 a écrit:
WoO a écrit:
Je suis très tenté par Tchebourkina, le son de l'orgue de la chapelle royale de Versailles est incroyable.
Est-ce que tu te réfères au même ? Wink

A mon avis, celui que tu affiches est une compil.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 12:48

Pat17 a écrit:

J'ai un peu de mal avec Bardon. C'est un excellent organiste, l'orgue est magnifique, la registration est splendide (ahhh les trompettes de Saint-Maximin...), la captation sonore est au niveau mais je trouve son tempo un peu trop rapide pour le Noël suisse (XII).

Vu que je travaille le début de ce Noël à l'orgue (Saint-Maximin justement, mais en version virtuelle naturellement), je me suis posé la question du référentiel. Non pas que je compte parvenir au niveau d'un Chapuis ou d'un Bardon, mais au moins essayer de m'en inspirer.

La partition (éditions Schott ED 1875) mentionne expressément que le Noël suisse doit être joué "Pesamment", ce qui me laisse à penser que la version Chapuis doit être plus dans le vrai que celle de Bardon.
Je suis d'accord avec toi, et à ce qu'invite la partition. Cette page de style d'Ouverture à la Française réclame de la pompe, de la solennité, une lenteur certaine.
Bardon est capté d'un peu près, et ne peut donc compter sur la réverbération pour tenir les notes. A l'inverse du magnifique enregistrement d'Olivier Latry à Saint-Pierre de Poitiers (RCA Organa Viventia) qui joue ce grandiose Noël avec une majesté, un hiératisme proprement édifiants.
Ceci dit, je n'ai pas l'impression que Bardon joue trop rapidement ; c'est plutôt son phrasé qui est très incisif, et qui n'épanouit pas assez le rythme pointé.
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 17:48

Mélomaniac a écrit:
Pat17 a écrit:
WoO a écrit:
Je suis très tenté par Tchebourkina, le son de l'orgue de la chapelle royale de Versailles est incroyable.
Est-ce que tu te réfères au même ? Wink

A mon avis, celui que tu affiches est une compil.

Oui d'après Amazon c'est une compilation de tous ses albums, enfin, tous ceux consacrés à des compositeurs français.

Son disque Daquin se présente comme ceci :

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 41W6HGNSEZL
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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 19:04

WoO a écrit:
Mélomaniac a écrit:
Pat17 a écrit:
WoO a écrit:
Je suis très tenté par Tchebourkina, le son de l'orgue de la chapelle royale de Versailles est incroyable.
Est-ce que tu te réfères au même ? Wink

A mon avis, celui que tu affiches est une compil.

Oui d'après Amazon c'est une compilation de tous ses albums, enfin, tous ceux consacrés à des compositeurs français.

Merci pour l'information ! Donc pour moi c'est rhédibitoire : puisqu'il s'agit d'une compilation, son disque reprenant l'intégralité des Noëls de Daquin souffrira du même problème de captation sonore. Dommage... Embarassed

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MessageSujet: Re: L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle   L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle EmptyVen 16 Nov 2012 - 19:23

Mélomaniac a écrit:
Je suis d'accord avec toi, et à ce qu'invite la partition. Cette page de style d'Ouverture à la Française réclame de la pompe, de la solennité, une lenteur certaine.

Exactement.

Citation :
A l'inverse du magnifique enregistrement d'Olivier Latry à Saint-Pierre de Poitiers (RCA Organa Viventia) qui joue ce grandiose Noël avec une majesté, un hiératisme proprement édifiants.

Latry a enregistré Daquin ? Cela m'intéresse... Car si je ne connais pas bien Latry, j'ai beaucoup aimé son...

L'école d'orgue française au XVIIème et au XVIIIème siècle 51PFPPUr--L._SL500_AA300_

... certes dans un registre (si j'ose dire hehe ) différent, mais qui révèle un excellent organiste.

Tout ce que j'ai trouvé sur le disque dont tu parles est une référence dans la base de France Orgue :

Citation :
Les organistes de Notre-Dame avant la Révolution
C. Racquet : Fantaisie [1] ;
A. Calviere : Pièce d'orgue [2]
C.-B. Balbastre : Noël bourguignon, Duo, Air, Marche des Marseillais et l'air Ca-ira, Trio [2]
L.-C. Daquin : 3 Noëls [2]
N. Sejan : Noël suisse [2]
J.-J. Beauvarlet-Charpentier : Magnificat 2° ton, Noël en tambourin [2]
A.-L. Couperin : Dialogue entre le hautbois et le basson [2]
- Poitiers St-Pierre [2], Saint-Antoine-l'Abbaye [1]
- Disque RCA; victor O.V., 1995 CD (440)

Est-ce que tu sais quels sont les 3 Noëls de Daquin enregistrés sur le Clicquot de Poitiers ? Le disque est-il encore disponible ?


Mélomaniac a écrit:
je n'ai pas l'impression que Bardon joue trop rapidement ; c'est plutôt son phrasé qui est très incisif, et qui n'épanouit pas assez le rythme pointé.

Si tu en as la possibilité, compares les deux en les écoutant tour à tour. Tu constateras que le tempo de Bardon est plus rapide. Wink
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