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 Festival de St Céré 2013

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calbo
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MessageSujet: Festival de St Céré 2013   Festival de St Céré 2013 EmptyVen 9 Aoû 2013 - 13:53

Cette année :

- Don Giovanni

- Lost in the stars

- La belle de Cadix

déjà passé (entre autres) :

- Les sept dernières paroles du Christ

À venir plusieurs concerts de musique instrumentale.

J'ai vu Don Giovanni et Lost in the stars. Je vous laisserai un Compte rendu sur chacun de ces deux spectacles quand j'aurais envoyé mes devoirs.
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calbo
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MessageSujet: Re: Festival de St Céré 2013   Festival de St Céré 2013 EmptyVen 16 Aoû 2013 - 13:25

Don Giovanni (6 août 2013)

Régulièrement donné à Saint Céré, Don Giovanni, composé par Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) peu après le décès de son père en 1787, est de nouveau présenté au festival dans une nouvelle production. Comme pour Die Zauberflöte (donnée en 2009 puis en 2012) la mise en scène est confiée à Éric Pérez et les récitatifs sont remplacés par des dialogues en français. Si à cause de l'alerte aux orages la première représentation a dû être déplacée du château de Castelnau vers la halle des sports de Saint Céré, le résultat n'en n'est pas moins excellent.

Côté mise en scène, Éric Pérez mise sur un décor volontairement dépouillé et met en avant le caractère provocateur, arrogant et plein de morgue de Don Giovanni. En plaçant l'action dans une Espagne intemporelle le metteur en scène évite avec talent le piège d'une modernisation à tous crins parfois nuisible. De même en matérialisant les conquêtes féminines du jeune homme par autant de robes couleur rouge sang (portant qui remplace avantageusement le catalogue dans l'air du même nom) qu'il y a de conquêtes, Éric Pérez se base sur le caractère violent et impitoyable du personnage. Et d'ailleurs le contraste entre les costumes blancs et le rouge du "mur de robes" qui est en fond de scène colle bien à l'idée d'Éric Pérez qui a choisi de centrer sa lecture du chef d'oeuvre de Mozart sur la pureté d'un côté et la violence de l'autre.

Musicalement l'orchestre, en effectif réduit, est excellent et Dominique Trottein dirige ses musiciens avec une main de fer dans un gant de velours. Si on peut s'étonner de voir l'air d'Ottavio "Dalla sua pace" chanté juste après la mort du commandeur et le Mi tradi juste après l'air du catalogue, ils sont accompagnés avec justesse. D'autre part le chef connait parfaitement la musique de Mozart et il prend un plaisir gourmand à la jouer. Saluons au passage le professionnalisme des musiciens qui se sont trouvés confrontés aux vents violents et à la tempête qui sévissaient pendant la représentation et qui ont causé quelques sueurs froides aux seconds violons. S'agissant de la version de Prague, Ottavio est privé de son second aria et le Mi tradi rajouté pour la version de Vienne a été fort opportunément conservé. On peut regretter que les récitatifs aient été supprimés et remplacés par des dialogues en français. Si cela fonctionne parfaitement pour Die zauberflöte, qui contient déjà des dialogues en plus des récitatifs accompagnés, ça passe moins bien pour Don Giovanni.

Vocalement, la distribution réunie est jeune, dynamique, parfaitement homogène et cohérente avec la vision d'Éric Pérez qui a pris l'oeuvre de Mozart sous l'angle de la jeunesse. Dans le rôle titre, Christophe Gay fait des merveilles; excellent comédien, il est arrogant, insolent, retors et impitoyable avec les autres comme avec lui même, préférant la mort, aussi douloureuse et redoutable soit elle, à une vieillesse handicapante et sans intérêt. Vocalement il croque le rôle à pleines dents avec la fougue de la jeunesse (l'air du champagne est d'ailleurs chanté avec une assurance et une fermeté dignes des meilleurs). Le jeune baryton chinois Xiaohan Zhai campe un Leporello de toute beauté, habitant le rôle avec humour et cynisme, jouant du couteau si nécessaire sans jamais en rajouter. Le jeune homme prend les dialogues à son compte, parlant un français excellent avec un accent charmant; quant à l'air du catalogue, le morceau de bravoure par excellence, il le chante d'une façon exemplaire. La soprano espagnole Carol Garcia est une très belle Elvira, jalouse et malheureuse elle met des bâtons dans les pieds de Don Giovanni en sabotant sciemment ses projets (séduction de Zerlina, tentative de re-séduction de Donna Anna); cependant toujours amoureuse elle tombe dans le piège qu'il lui tend avec un cynisme sans borne. Si l'on peut s'étonner de voir le Mi tradi chanté au premier acte en lieu et place du second, on ne peut que remercier le chef et le metteur en scène, qui ayant porté leur choix sur la version originale, celle de Prague, ont toutefois décidé de lui conserver ce si bel aria. Les deux couples Anna/Ottavio ( Marlène Assayag/David Ghilardi) et Zerlina/Masetto (Marion Tassou/Julien Fanthou) se complètent fort bien et rendent justice à la partition. Saluons aussi le commandeur vengeur et plein de noblesse de Jean Loup Pagésy.

Si nous regrettons de ne pas avoir les récitatifs, remplacés par des dialogues en français, la nouvelle production de Don Giovanni présentée par le festival de St Céré est une très belle réussite qui réunit une distribution jeune, homogène et au talent prometteur. On ne peut que saluer la mise en scène d'Éric Pérez qui se place volontairement dans une Espagne intemporelle et marquant avec force le contraste entre la pureté (costumes blancs) et la violence (mur de robes rouges). Si cette lecture peut étonner elle marque aussi les esprits par son allant sans temps morts.

Saint Céré. La halle des sports, le 6 août 2013. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, opéra en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte d'après la pièce éponyme de Molière. Christophe Gay, Don Giovanni; Xiaohan Zhaï, Leporello; Carol Garcia, Donna Elvira; Marlène Assayag, Donna Anna; David Ghilardi, Don Ottavio; Marion Tassou, Zerlina; Julien Fanthou, Masetto; Jean Loup Pagésy, Commendatore. Choeur et Orchestre Opéra Éclaté; Dominique Trottein, direction. Éric Pérez, mise en scène; Patrice Gouron, décors et costumes; Guillaume Hébrard, lumières.
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MessageSujet: Re: Festival de St Céré 2013   Festival de St Céré 2013 EmptyVen 16 Aoû 2013 - 13:26

Lost in the stars 7 août 2013

De Kurt Weil (1900-1950) le public français connait essentiellement l'Opéra de quat'sous qui date de 1928. Lost in the stars, qu'il compose en 1949, est sa dernière oeuvre et est presque inconnue en France. La tragédie musicale tirée du chef d'oeuvre de Alan Stewart Paton "Pleure ô mon pays bien aimé" se concentre sur l'Afrique du sud juste avant que l'apartheid ne s'abatte sur le pays telle une chape de plomb. Olivier Desbordes et son équipe ont eu l'excellente idée de monter l'ultime tragédie musicale de Kurt Weill pour la première fois en 2012. Créée au festival de théâtre de Figeac avant d'être présentée à Saint Céré, la production est reprise à l'occasion de l'édition 2013. Comme pour l'autre production du festival (Don Giovanni), les dialogues sont en français et les mélodies chantées en anglais, langue originale de Lost in the stars. La situation météo encore inquiétante après la violente tempête de la veille au soir a poussé les responsables du festival à se replier de nouveau vers la Halle des sports.

La mise en scène d'Olivier Desbordes est allante, vive, dynamique, sans temps mort. Il utilise avec talent chaque situation qu'elle soit dramatique, la recherche d'Absalon par son père dans tout Johannesburg par exemple, ou cocasse - comme la chanson de Linda et le dialogue avec le policier qui suit immédiatement. La sobriété du propos, convient parfaitement à la gravité de la situation générale du pays sans pour autant négliger les situations burlesques qui jalonnent le chef d'oeuvre de Weill. D'autre part Olivier Desbordes s'est entouré d'une équipe de professionnels confirmés qui par leur travail, depuis les lumières jusqu'aux costumes parfaitement adaptés en passant par les décors d'une sobriété exemplaire, contribuent au succès de la production.

Côté orchestre, nous retrouvons Dominique Trottein à la direction musicale. Pour Lost in the stars il dirige à partir de son piano, instrument que le chef maitrise parfaitement. Installé en fond de scène, l'orchestre, à connotation jazzy, accompagne les chanteurs avec discrétion, jouant avec gourmandise une musique qui atteint des sommets, rappelant parfois celle de l'opéra de quat'sous. Kurt Weill signe là un testament fort, il meurt peu de mois après la création de son ultime chef d'oeuvre, d'autant plus prémonitoire que l'apartheid coupera quelques temps plus tard l'Afrique du Sud du reste du monde pendant de longues décennies.

Vocalement, la distribution réunie par Olivier Desbordes, globalement identique à celle de 2012, est d'un niveau très élevé. Jean Loup Pagésy, que nous avions vu la veille dans Don Giovanni (commendatore), campe un Stephen Kumalo solide et émouvant. La basse guadeloupéenne peut enfin montrer l'étendue de son talent de comédien, faisant passer le pasteur par des  sentiments contradictoires, passant de l'espoir à l'inquiétude sans effort; vocalement, la tessiture large de Pagésy colle parfaitement au personnage, parfois lumineux, parfois sombre. Dalila Kathir, est une Grace Kumalo digne; mère  attentive et inquiète c'est elle qui pousse son pasteur de mari à aller à Johannesburg pour rechercher son fils dont le couple est sans nouvelles depuis plusieurs mois. Mais c'est surtout en Linda qu'elle se révèle être totalement hilarante usant avec talent de la vis comique sans pour autant en abuser. Anandha Seeyhanen est une Irina émouvante; à l'inverse Josselin Michalon est retors à souhait tant en John Kumalo qu'en Johannes Paroufi. Prêts à tout pour sauver sa vie dans un cas et celle de son fils dans l'autre, les deux hommes abandonnent Stephen et Absalon Kumalo sans scrupules. Éric Vignau est un leader séduisant et Christophe Laccassagne n'est pas en reste dans le rôle de James Jarvis, père brisé et vengeur qui comprennant que le pasteur a, lui aussi, tout perdu scelle la réconciliation sur la dépouille de leurs enfants respectifs.

Olivier Desbordes qui professe depuis longtemps sa détestation de la perfection a pourtant, avec Lost in the stars, réalisé un travail de réflexion et de mise en scène proche de la perfection. La production de ce chef d'oeuvre, le tout dernier de Kurt Weill, encore grandement méconnu en France est d'autant plus réussie qu'elle permet de faire connaitre des artistes de talents tout en mettant l'accent sur une période sombre et particulièrement douloureuse de l'histoire sud africaine. Si l'Opéra de quat'sous est précurseur, quant au style musical de Weil, Lost in the stars en est le sommet et gagne largement à être connu.

St Céré. La halle des sports, le 7 août 2013. Kurt Weil (1900-1950) : Lost in the stars tragédie musicale d'après le livre de Alan Stewart Paton Pleure ô mon pays bien aimé. Jean Loup Pagésy, Stephen Kumalo; Éric Vignau, leader; Anandha Seeyhanen, Irina/Mme Mkise; Dalila Kathir, Linda/Grace Kumalo; Joèl O'Canga, Absalon Kumalo/William; Christophe Lacassagne, James Jarvis/le contremaitre; Josselin Michalon,Johannes Paroufi/John Kumalo; Alexandre Charlet, Arthur Jarvis/Eland/Le juge;   Géraude Ayeya Derman, Nita/Rosa/La domestique/danseuse; Mathias Labelle, Edward Jarvis/Burton/Un danseur; Yassine Benameur, Matthew Kumalo/Paulus; Timoté Pagésy, Alex. Olivier Desbordes, mise en scène; Jean Michel Angays, costumes; Patrice Gouron, scénographie et lumières; Pascale Fau, maquillages. Ensemble Instrumental Opéra Éclaté; Dominique Trottein, piano et direction.
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