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 Vaughan Williams - Symphonies

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyDim 6 Mai 2018 - 1:46

Ah, tiens? C'est curieux. Pourtant, après vérification, les tempi sont sensiblement plus vifs que chez Boult et Handley (pour ne rien dire de Haitink), et l'image sonore moins noyée.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyDim 6 Mai 2018 - 1:50

Oui, la prise de son est plus sèche, le trait plus net, mais par rapport à d'habitude, j'ai été moins intéressé en écoutant ça récemment. Après, les symphonies de RVW, je les écoute une fois par an à peu près, donc je ne peux pas vraiment dire si c'est mon humeur du moment ou réellement l'interprétation qui a fait ce changement.

Mais disons que c'est plus proche des Mendelssohn un peu sages de Manze avec Hanovre que de ses Brahms cinglants avec Helsingborg.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyDim 23 Juin 2019 - 1:18

En Playlist, Benedictus a écrit:
Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 Vaugha10
Symphonie nº6 en mi mineur¹ et nº4 en fa mineur²
Sir Mark Elder / Hallé
Manchester, XI¹ & IV².2016
Hallé


Les deux symphonies les plus patibulaires et soviétisantes de RVW. Mais la direction d’Elder, qui vise à éclairer la complexité des strates et des textures, varier les accentuations expressives et les phrasés et donner du relief aux contrastes rythmique, parvient à éviter l’homogénéité chostakovienne (et en souligne du coup la versatilité rogue et les couleurs britanniques.) Vraiment une lecture qui magnifie les richesses de ces deux partitions a priori un peu ingrates.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyLun 18 Nov 2019 - 23:09

Dimanche dernier, en Playlist, Benedictus a écrit:
Aujourd’hui, que du bonheur:

Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 Rvw_3_10
Pastoral Symphony (Symphonie nº3)
Sarah Fox (soprano), Sir Mark Elder / Hallé
Manchester, IX.2013
Hallé


Que cette symphonie est belle, décidément! Une très belle lecture (magnifiquement captée), à la fois très intense dans l’expression et très détaillée, avec des couleurs et des textures qui exaltent ce que le «pastoralisme» vaughan-williamsien doit en fait à Debussy.

Et aujourd’hui:

Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 Rvw_4_10 Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 Rvw_5_10
Symphonies nº4 en fa mineur¹ et nº5 en ré majeur²
Sir Mark Elder / Hallé
Manchester, IV.2016¹, XI.2011²
Hallé


Décidément, cette intégrale (en cours: manquent la 7 et 9) me semble particulièrement marquante.

Les couleurs et les textures de l’orchestre font vraiment ressortir toute la richesse de l’orchestration; la direction d’Elder aère le spectre et met en relief le détail des strates mais sans jamais laisser retomber la tension (au contraire, on a le sentiment d’un mouvement qui se relance sans cesse, grâce un beau travail sur l’agogique et les tuilages.) De manière encore plus significative, je trouve que la direction d’Elder tend à révéler les dimensions les plus généralement occultées de chaque symphonie - les individualisant considérablement, allant souvent un peu à rebours de la doxa interprétative.

Comme je l’ai dit, dans la 3ᵉ (mais aussi dans la 5ᵉ), il tend à faire ressortir ce que le «pastoralisme» supposément typiquement insulaire doit à la musique française: les alliages instrumentaux de la 3, ses climats insinuants et un peu nébuleux font plus d’une fois penser au Debussy des Nocturnes; quant à la 5, tout en faisant là aussi ressortir toute la subtilité de l’orchestration (au lieu des habituels aplats), il  y déploie un discours nuancé mais assez animé qui, même dans les passages rêveurs, ne se perd jamais dans une contemplation étale (le Scherzo sans cesse parcouru de flux impondérables, la grande poussée maîtrisée de la Passacaille finale sont particulèrement remarquables; mais même le Preludio et la Romanza y donnent l’impression d’avancer d’une manière assez «droite», et ponctuellement un peu inquiète, qui évite le sirupeux potentiel) - et fait penser plus d’une fois penser à Ravel.

Mais c’est peut-être dans la 4ᵉ que cette façon de proposer une autre lecture de RVW (plus axée sur la progression interne du flux musical et l’exaltation de la matière orchestrale que sur «l’expression» - en un sens, une lecture assez «sibélienne.») Là où la plupart des autres chefs (pour réussies que soient leurs interprétations: RVW lui-même, Mitropoulos, Sargent live, Berglund) tendent à tirer cette symphonie patibulaire vers une espèce de méchanceté exacerbée, Elder évite de surcharger les fanfares grinçantes et les traits de cordes agressifs, qu’il traite plutôt avec une sorte d’understatement un peu ironique, tandis qu’il exalte les passages plus lents et à plus faible dynamique qui en ressortent plus colorés et plus nuancés, habités d’une espèce d’inquiétude zébrée de persiflage tongue in cheek qui tranche avec la grisaille déprimée qu’on y entend d’habitude - bref, Elder libère cette symphonie du modèle chostakovien pour la rapprocher d’un climat plus «britannique», d’un humour amer et ambigu qui ne se refuse pas, ponctuellement, des éclaircies ni un peu de chaleur. (Le seul reproche qu’on pourrait faire à cette approche serait sans doute d’aller trop loin dans la versatilité et l’ambiguïté, accentuant ce que cette Symphonie peut avoir d’un peu décousu.)

(À la réflexion, cette façon de diriger RVW qui tire davantage sur Ravel et Sibelius me semble bien moins contre-intuitive que je ne l’avais d’abord pensé: après tout, RVW était allé étudier auprès de Ravel et avait dédié sa 5ᵉ à Sibelius.)
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Ben.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyLun 18 Nov 2019 - 23:19

J’ai honte de poster un message si sibyllin après ton exposé !
Mais récemment, j’ai un peu réécouté VW. Et si je trouve de très belles chose dans certaines symphonies (dont la 3), je trouve ça quand même souvent un peu délayé, et manquant de reliefs.
C’est voulu, j’imagine, dans les œuvres pastorales; et si l’effet de flux et reflux est bien là, et la couleur orchestrale souvent admirable, cette musique a tendance à échapper à la memoire, du moins à la mienne, faute de points saillants !
J’aime beaucoup cette musique, et VW de manière générale. Je le trouve juste moins plein de caractère que d’autres anglais (qui perdent eux en qualité de l’orchestration et inventivité de l’écriture).


Cette musique extrêmement descriptive me plaît néanmoins davantage que les symphonies plus violentes, que je trouve plus alambiquées, et un peu bancales à vrai dire.

Concernant Elder/Hallé; c’est effectivement tout à fait remarquable comme interprétation, je te rejoins là. Le parti pris évoque en effet aussi bien Debussy que le premier Sibelius, celui de la 2ème par exemple.
Il fait beaucoup pour cette musique, et lui évite en effet le surplus de sucrosité qui la rend parfois un peu indigeste.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyLun 18 Nov 2019 - 23:43

Ben. a écrit:
Et si je trouve de très belles chose dans certaines symphonies (dont la 3), je trouve ça quand même souvent un peu délayé, et manquant de reliefs.
C’est voulu, j’imagine, dans les œuvres pastorales;
Délayé, je n'aurais pas dit ça (les symphonies de RVW sont assez courtes, finalement, mis à part les deux premières (et oui, la 2 est assez interminable.) Quant au relief, ce n'est vraiment pas le cas sorti de la 2, des «pastorales» et de la 9: les «patibulaires» 4 et 6 sont assez hérissées, la 7 et la 8 pleines d'effets de textures assez bizarres... Si je me souviens bien, tu avais cité Previn - c'est peut-être pour ça (dans mon souvenir, son intégrale avec le LSO est quand plutôt lisse et linéaire.)

Ben. a écrit:
et si l’effet de flux et reflux est bien là, et la couleur orchestrale souvent admirable, cette musique a tendance à échapper à la memoire, du moins à la mienne, faute de points saillants !
Ça, le côté élusif (en particulier mélodiquement), je crois que c'est vraiment un trait britannique: c'est encore plus marqué chez Bax et chez Rubbra.

Ben. a écrit:
J’aime beaucoup cette musique, et VW de manière générale. Je le trouve juste moins plein de caractère que d’autres anglais (qui perdent eux en qualité de l’orchestration et inventivité de l’écriture).
Je ne parlerais pas de «manque de caractère» à propos de VW, mais plutôt d'une versatilité ou d'un goût pour l'expérimentation qui le pousse quasiment à changer d'esthétique, de style, voire de langage d'une symphonie à l'autre - au contraire de Bax, dont on a l'impression, en première écoute, qu'il a composé sept fois la même symphonie ou quasi.

Ben. a écrit:
Cette musique extrêmement descriptive me plaît néanmoins davantage que les symphonies plus violentes, que je trouve plus alambiquées, et un peu bancales à vrai dire.
Plutôt d'accord pour la 4 et la 6. En revanche, je ne trouve pas la 3 ou la 5 si descriptives: des couleurs, des climats très spécifiques, oui, mais ça reste quand même assez allusif et abstrait, je trouve - on n'y trouve plus du tout les figuralismes des deux premières.

Ben. a écrit:
Concernant Elder/Hallé; c’est effectivement tout à fait remarquable comme interprétation, je te rejoins là. Le parti pris évoque en effet aussi bien Debussy que le premier Sibelius, celui de la 2ème par exemple.
mains

Ben. a écrit:
Il fait beaucoup pour cette musique, et lui évite en effet le surplus de sucrosité qui la rend parfois un peu indigeste.
En fait, je ne connais pas beaucoup d'interprétations vraiment sirupeuses de RVW - ce qui est beaucoup plus fréquent et guère moins rédhibitoire (et à quoi Elder permet d'échapper), c'est les lectures très linéaires et un peu indolentes, avec des orchestres opaques (Haitink) ou très ronds (Previn.)
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Golisande
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyMar 19 Nov 2019 - 1:43

Pour moi la 6 n'a pas grand-chose à voir avec la 4 : j'aime beaucoup la 6 (ma préférée avec la 3 et la 9, les multiples de 3 donc... Razz ), alors que la 4 m'a toujours laissé de marbre, sinon même hérissé de piquants.

Je vais écouter Elder dans la 3 (jusqu'à présent c'est Handley qui m'emballe le plus, davantage que Boult, Previn et surtout Haitink); j'avoue que les 6 à 9 de Rubbra ont jeté comme un voile sur ce bon Ralphie, mais la Pastoral c'est tout de même quelque chose (il doit avoir éprouvé quelque angoisse à l'idée d'avoir pondu un truc aussi magnifique, d'où le sabotage en règle de la 4e)...
D'ailleurs, si l'esthétique de cette symphonie est très "désossée", son langage harmonique (au moins dans le premier mouvement) doit davantage à Ravel qu'à n'importe qui d'autre.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyMer 20 Nov 2019 - 0:31

J'écoute cette version, sans être très convaincu : je ne partage pas vraiment le sentiment de Benedictus sur la mise en valeur de la filiation debussyste de cette musique; il me semble que cette lecture – effectivement très détaillée, mais surtout très lyrique et ample – tire plutôt cette œuvre vers un postromantisme assez germanique, au détriment du mystère, de l'effet de lointain (peut-être plus spécifiquement britannique, mais également bien plus proche à mon sens du Debussy des Nocturnes et de Pelléas) qui nimbe la version Handley (les sonorités enveloppées de cordes graves dans le I, les solos de trompette et de cor dans le II...), pourtant nettement plus rapide dans le premier mouvement.
Avec Elder, on a finalement quelque chose de beaucoup plus présent et palpable – avec en effet des timbres très individualisés, une lumière plus franche, une expressivité plus ouverte et directe (oserais-je dire presque emphatique par moments), et du coup assez peu des demi-teintes et du clair-obscur qui font la magie spécifique de cette musique.
À ce titre, la confrontation avec Handley (qui reste donc ma version préférée) est assez cruelle dans les deux premiers mouvements, car Elder me donne carrément l'impression de vouloir gommer la singularité de cet univers — quand bien même ce qu'il tire de son orchestre est objectivement magnifique...

Il en va toutefois différemment dans le quatrième mouvement, dont le lyrisme plus expansif se prête bien mieux à ce traitement : pour le coup, la seconde moitié est beaucoup plus exaltante que chez Handley, c'est même l'interprétation la plus jouissive qui soit de ce passage (pour une fois presque orgastique, bien qu'on ait davantage l'impression de se retrouver chez Schreker ou dans Daphnis qu'au milieu des brumes insulaires). Ça ne rebat pas vraiment les cartes pour moi (d'autant que mon mouvement préféré est de loin le premier), mais c'est tout de même plus qu'un bon point !

Si j'entendais cette œuvre pour la première fois dans cette version, je serais sûrement très heureux; mais, précisément parce qu'elle atténue à mon sens ce que cette musique a de plus idiosyncrasique (et pour moi de plus irrésistible), c'est le genre d'interprétation que j'aurais plutôt tendance à fuir...
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyVen 13 Déc 2019 - 14:58

D'Andrew Davis dont on vante souvent les mérites (et en effet très bien dans la 7), j'ai écouté ce matin la 3. Je n'ai pas aimé j'ai trouvé cela mou et cotonneux. Les cor et trompette solos du II, s'ils doivent en effet être un peu lointains (peut-être même en coulisse pour la trompette, je n'ai pas la partition) apparaissent vraiment effacés, du moins la trompette, et le III est vraiment mou et poussif sur le più mosso. Version vraiment ennuyeuse. Je reste fidèle à Kees Bakels, superbe, et Leonard Slatkin, qui met du nerf dans le III.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyVen 13 Déc 2019 - 15:09

S'agissant d'Andrew Davis, j'ai l'impression que c'est quelqu'un qui suit une évolution à la Haitink: son intégrale RVW des années 90 avec le BBCSO chez Teldec était effectivement comme tu le dis, molle et cotonneuse; mais ses deux très récents disques RVW (Antarctica et Job / 9) avec le Philharmonique de Bergen sont totalement différents, tendus et détaillés.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyVen 13 Déc 2019 - 15:11

Tiens, je vais essayer Kees Bakels dans les 3 et 6 Smile (jamais entendu parler de ce chef, mais j'aime bien Naxos...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyVen 13 Déc 2019 - 17:37

Il a été titulaire d'un des défunts orchestres de la radio des Pays-Bas, et compositeur assez tradi (ou alors un de ses ascendants, je n'ai pas vérifié).
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyVen 13 Déc 2019 - 19:22

Kees Bakels, excellent chef, le meilleur Vodnik (« l’ondin ») de Dvorak à ma connaissance après de longues comparaisons de ma part. Toujours détaillé et vivant, très musical. Et pour rester dans le sujet, mes enregistrements préférés de RVW.
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyDim 15 Déc 2019 - 16:32

En Playlist, à propos de la 3ᵉ, Ben. a écrit:
Prévin et VW ça marche vraiment bien.
Dans le fil général sur RVW, à propos de la 4ᵉ, JosefK a écrit:
un grand chef (Boult, Previn... ou le compositeur lui-même) peut contribuer grandement à y faire croire (ou à faire oublier "l'exercice de style").
Mon tout premier disque RVW (avant même l’intégrale Handley) était justement celui des 3 et 4 par Prévin - et, si j’en avais gardé un souvenir plutôt positif, il ne m’avait pas marqué à ce point-là (j’aurais plutôt dit «Prévin et VW, ça marche pas mal» ou «un bon chef (Previn...)») Du coup, j’ai réessayé:


Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 Rvw_pr10
A Pastoral Symphony (Symphonie nº3)¹. Symphonie nº4 en fa mineur²
Heather Harper (soprano), William Bennett (flûte), Gervase de Peyer (clarinette), Osian Ellis (harpe), John Georgiadis (premier violon)¹, André Previn / London Symphony Orchestra.
1971¹, 1969²
RCA


À la réécoute, je vois assez bien ce qui explique cette impression lointaine: ce sont de fort belles lectures qui ont beaucoup de qualités à faire valoir; pour autant, ce sont des qualités qui, au moment où j’ai découvert ces enregistrements, n’étaient pas forcément de nature à me faire éprouver un fort attachement pour la musique de RVW - et qui, aujourd’hui, ne sont pas non plus de nature à me faire vraiment redécouvrir ou approfondir ces œuvres.


Pour le dire rapidement, la première spécificité de ces interprétations est leur tendance à tirer ces deux symphonies vers la musique de film - ce qui n’a rien de péjoratif dans mon esprit (sans compter que, dans le cas de RVW, c’est une approche qui n’a rien d’illégitime.) Je veux dire par là que Previn privilégie une lecture à la fois très cursive, très linéaire (plus soucieuse de faire ressortir la poussée «horizontale» de l’élément mélodique que de mettre en relief le jeu des strates orchestrales ou les frottement modaux de l’harmonie) et très contrastée, très frontale (notamment au niveau de la dynamique, avec des crescendos assez vigoureux et des climaxes visant - trop? - au spectaculaire.) Au total, cela donne une lecture assez puissamment narrative de ces deux symphonies - très proche, finalement, de la manière de Boult (mais orchestralement plus virtuose et plus coloré.)

C’est, encore une fois, une approche très légitime, et fort bien réalisée. Simplement, ça ne correspond pas exactement à ce que j’ai envie d’entendre dans ces deux symphonies.

Dans la 3, j’aurais plutôt tendance à privilégier des approches plus «atmosphériques» et mystérieuses (comme Handley / Liverpool - bien d’accord avec Golisande pour considérer que c’est la version la plus réussie dans cette optique) ou alors, au contraire, mettant surtout l’accent sur la matérialité de l’écriture orchestrale (les textures très détaillés, les couleurs franches et miroitantes, la netteté lumineuse de Elder / Hallé.)

Dans la 4, je trouve que la lecture de Previn tend plutôt à souligner ce que je n’aime pas trop dans cette symphonie: la façon qu’a Previn de privilégier une sorte de narration certes conflictuelle mais continue, qui estompe les ruptures, atténue paradoxalement la violence de la partition et, du coup, semble finalement presque gentille par rapport à la plupart des grandes versions (RVW / BBC, Mitropoulos / New York, Sargent / BBC live, Berglund / Bournemouth) où une méchanceté exacerbée et très «subjective» semble disloquer le discours; par ailleurs, la manière narrative «objective» de Previn me semble rester au premier degré: la mise à distance ne va jamais jusqu’à l’understatement paradoxal qui, dans la version Elder / Hallé, m’avait tant plu. Cela dit, pour une version à la fois spectaculaire et pas trop teigneuse, Previn me semble préférable à Bernstein / New York (vite lassant à force d’être en permanence dans la recherche de l’effet frontal.)  


La seconde spécificité, forte elle aussi, c’est la nature du spectre sonore (à laquelle semblent concourir à la fois la personnalité de l’orchestre, les options du chef et celles de la prise de son): c’est vraiment le gros son LSO, à la fois opulent et frontal, très plein, coloré, rond et brillant (c’est vraiment, comme dirait David, «l’orchestre de Star Wars.») Ce n’est pas du tout aéré (comme Bakels / Bournemouth ou Manze / Liverpool) ou détaillé (comme Elder / Hallé), mais ça n’a pas non plus le côté nébuleux de Handley / Liverpool ou de Haitink / LPO. Du coup, là aussi, le résultat sonore est à la fois très réussi, mais assez peu en phase avec mes goûts en termes d’orchestre (j’aime ou bien les images un peu sèches, transparentes et très détaillées, avec des strates aux contours nets, des couleurs plutôt lumineuses et des textures très grenues; ou bien de vieux orchestres un peu sales, avec des timbres très typés.)

À noter d’ailleurs, une particularité dans la prise de son de la 3: la voix de Heather Harper dans le IV est presque noyée dans le spectre de l’orchestre, tandis qu’à l’inverse, tous les passages obbligato dans cette symphonie font quasiment l’objet d’une captation de concerto, avec l’instrument soliste très en avant. Significativement, les noms des principaux d’entre eux (William Bennett à la flûte, Gervase de Peyer à la clarinette, Osian Ellis à la harpe et le premier violon John Georgiadis) sont inscrits au revers de la pochette, sur le même plan que ceux de la soprano.


Dernière édition par Benedictus le Lun 16 Déc 2019 - 0:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyDim 15 Déc 2019 - 17:04

Benedictus a écrit:
Mon tout premier disque RVW [...] était justement celui des 3 et 4 par Prévin

Moi aussi; contrairement à toi j'ai tout de suite accroché (et même plus que ça) à la 3, mais après avoir entendu d'autres versions (surtout celle de Handley, en fait) je ne suis plus jamais revenu à celle-ci...

Citation :
Au total, cela donne une lecture assez puissamment narrative de ces deux symphonies - très proche, finalement, de la manière de Boult (mais orchestralement plus virtuose et plus coloré.)

Effectivement, Boult est peut-être avec Prévin (et peut-être Haitink) celui qui m'a le moins convaincu dans cette œuvre...
J'attends de découvrir Bakels (j'étais aussi attiré par Hickox – à cause de son intégrale Rubbra et de ses Bridge – mais ce que j'ai lu ici sur son interprétation de la 3 m'en a un peu dissuadé)...
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MessageSujet: Re: Vaughan Williams - Symphonies   Vaughan Williams - Symphonies - Page 5 EmptyLun 16 Déc 2019 - 0:59

Iskender a écrit:
Kees Bakels [...] mes enregistrements préférés de RVW.

J'écoute la 3 comme prévu. Je crois que je n'ai jamais entendu une interprétation du premier mouvement aussi généreusement, intensément expressive : le tempo est très ample (1'30 de plus que Handley), et le tout exhale une mélancolie prenante (les mots sont faibles) qui m'évoque plus que jamais le Debussy de Pelléas – on est assez loin de Ravel, pour le coup, en dépit des tournures harmoniques.
Malgré le bruit de fond (mais ce genre de choses ne m'a jamais dérangé), la sonorité globale – j'ai un peu de mal à dissocier la couleur de l'orchestre de la prise de son, surtout à première écoute – est à la fois transparente et chaleureuse, l'interprétation d'une très grande sensualité sans le moindre surlignage, ni une once de "gras" superflu... C'est vraiment magnifique. Like a Star @ heaven

En comparaison, Handley paraît très allusif/élusif, moins généreux, d'une pudeur plus formelle, avec un effet de "lointain" que j'ai toujours aimé dans cette musique mais qui me semble ici presque frustrant après l'émotion brute de Bakels... Je continue néanmoins à trouver cela splendide, les deux interprétations étant radicalement différentes.

Malgré les avis très négatifs, j'écoute tout de même Hickox dans ce même premier mouvement, et (effectivement) c'est très bien fait (donc très beau) mais aussi très neutre – comme dans le souvenir que je garde des version Boult, Previn et Haitink... Toutefois je n'irai pas jusqu'à dire que c'est plat, qu'il ne se passe rien, etc. (Par ailleurs l'enchaînement – peu réglementaire – avec le premier mouvement de la 8e de Rubbra par le même chef permet de mesurer à quel point ces langages sont proches lorsqu'ils sont abordés sous le même angle – avec, de mon côté, une préférence pour Rubbra qui serait sans doute bien moins évidente dans une confrontation avec la Pastoral de Bakels)

Avec mon mode d'écoute (apparemment) anarchique, j'enchaîne avec le deuxième mouvement par Hickox, puis Bakels, puis Handley.
En l'occurrence, Hickox est de loin le plus lent des trois; et peut-être pour cette raison – ou plus certainement parce que ce mouvement est plus "conceptuel", plus abstrait que le premier – il me convainc davantage que Bakels, dont la lecture semble assez prosaïque en comparaison; et pour le coup, Handley (de loin le plus rapide - deux minutes de moins que Hickox !) réussit à transcender le tout par une vision cursive tout à fait singulière, aussi loin du romantisme de Bakels que de la froideur lunaire de Hickox, mais qui s'impose par une sorte d'évidence narrative très spécifique, à la fois au chef et à cette musique qu'il parvient comme personne à s'approprier..

Il en va à peu près de même pour le Moderato pesante qui fait office de scherzo : Handley s'impose par l'évidence fluide du discours, au-delà de toute spécificité nettement définissable - ça avance, ça "parle couramment la langue"...
Bakels est à mon sens moins convaincant – à la limite du clinquant dans les nombreux passage "fanfaronnants', ce que Handley parvenait à éviter (c'est sans doute aussi lié à la prise de son, mais celle de Naxos était tellement idéale dans le premier mouvement...)
Quant à Hickox, il a toujours ce côté un peu sévère, presque "droit-dans-ses-bottes" dans sa littéralité, ce qui n'exclut pas la véhémence – les éclats cuivrés sont sans doute les plus jouissifs des trois versions, sans que j'aie envie de de les qualifier de clinquants.

Impression positive confirmée dans le final : je retrouve chez hickox l'exaltation puissante, tellurique de la version Elder (mais sans décalage stylistique, ici point de Daphnis ni de Schreker), alors que Bakels a un côté forcé, presque heurté...
Quant à Handley, il conserve son caractère (trop uniformément ?) cursif : tout semble aller de soi, mais le noyau lyrique du mouvement est comme escamoté, enveloppé dans un tempo trop vif qui l'empêche de s'épanouir pleinement, comme par excès de pudeur; et en l'occurrence, les limites du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra se font nettement sentir...

En conclusion : un premier mouvement vraiment extraordinaire chez Bakels, le reste étant très nettement en retrait — et, à l'inverse, Hickox très convaincant dans les mouvements 2-3-4, loin de la froideur lisse et soporifique dont il a été accusé ici même par des membres dont je tairai les noms (mais il se trouve que le premier mouvement m'exalte beaucoup plus que les trois autres).
Globalement ma préférence va peut-être toujours à Handley, plus égal et toujours passionnant — malgré un I plus distant, flegmatique et bien moins émouvant que chez Bakels, et un III presque bâclé...
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