Autour de la musique classique

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 Hans PFITZNER

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aurele
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Mar 2011 - 2:12

Connaissez vous Das Christ-Elflein? Il en existe visiblement deux enregistrements dont un qui a été publié par Orfeo : http://www.operone.de/opern/christelf.html

Connaissez vous Das Herz qui est semble-t-il son dernier opéra? Il en existe là encore un enregistrement : http://www.operone.de/opern/herzpfit.html

J'aimerais plus avoir des avis sur les oeuvres et des commentaires musicaux que discographiques car j'ai créé un topic spécifiquement pour l'aspect discographique. Merci d'avance pour vos réponses.
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Rubato
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Mar 2011 - 11:17

DavidLeMarrec a écrit:
Je ne veux pas me répéter, mais Der Arme Heinrich, dit par des interprètes exceptionnels (diction complètement parfaite même sans livret), c'est un enchantement, une musique postwagnérienne riche, très romantique encore, et qui voit son atmosphère feutrée et sombre s'éclaircir brutalement dans le miracle final avec une jubilation parsifalienne, pour ne pas dire friedenstagienne - même si l'inspiration n'est évidemment du niveau de l'un ni de l'autre.

Je recite ce que nous en disait Rubato :


Rubato a écrit:
Dans la série "les opéras de Hans Pfitzner"

Der Arme Heinrich. (le pauvre Henri)
Opéra en 3 actes de Hans Pfitzner.
Livret de James Grun. (compagnon d’étude et ami d’enfance de Pfitzner)
Inspiré librement de l’épopée homonyme de Hartmann von Aue.
C’est une légende médiévale.
Durée : 2h10 env.

C’est son premier opéra, et il fut créé le 2 avril 1895 à l’opéra municipal de Mayence. Il connut un succès surprenant.

Heinrich : ténor
Dietrich : baryton
Hilde : soprano
Agnès: soprano
Médecin: basse
Choeurs.

[...]

-Pfitzner, conservateur dans sa maturité, fait encore figure d’avant-gardiste pour cette première oeuvre scénique, avec des sonorités nouvelles. La composition des chants de prière en latin des moines, ne repose sur aucun modèle historique.
Dans quelques passages, le compositeur a refondu d’anciens lieder, ainsi que son concerto pour violoncelle en la min.
On reconnaît dans cette oeuvre son héritage wagnérien ; le thème de la chevauchée de la walkyrie dans l’acte I, le voyage sur le Rhin de Siegfried, et le long récit de Dietrich sur son voyage en Italie fait penser à celui de Tannhauser à Rome. On pense parfois aussi, à Parsifal. Les parties vocales sont richement orchestrées.
Piftzner utilise la technique des leitmotiv de Wagner, mais de façon moins rigoureuse.
La tonalité mineure est dominante dans cette oeuvre. A la fin de l’opéra, l’atmosphère s’éclaircit en évoluant vers le mode majeur.

Très belle oeuvre dont la découverte fut un réel plaisir.

Sources: le livret Capriccio

Hans PFITZNER - Page 2 41CXTW1CASL._AA240_
Rubato, je devine qu'il y a le livret bilingue allemand-anglais ?
Oui, et avec un texte de présentation et un synopsis en français.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Mar 2011 - 15:15

Merci Rubato. Smile

aurele a écrit:
Connaissez vous Das Christ-Elflein? Il en existe visiblement deux enregistrements dont un qui a été publié par Orfeo : http://www.operone.de/opern/christelf.html
Très chouette. Postromantique en diable, mais assez lyrique et très digeste. Version CPO excellente.
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Rubato
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyJeu 8 Juin 2017 - 9:23

Pour en revenir à ses Lieder, dont le sujet a été juste effleuré, c'est un corpus (110 Lieder) qui est à prendre en comte, et l'on y trouve des choses remarquables.
Déjà dans les Lieder de jeunesse on y trouve des choses intéressantes.

Pfitzner était très conservateur (pour ne pas dire plus) et avait peu de considération pour ses contemporains; il composait dans une veine romantique "classique".

Il a mis en musique Goethe, Möricke, Lenau, Rückert, Eichendorff (son favori), Dehmel...pour ne parler que des plus connus.

J'ai commencé à les réécouter, et j'y prends du plaisir.

L'intégrale CPO (5 volumes) les présente de façon chronologique, avec comme interprètes:
Julie Kaufmann: soprano
Iris Vermillion: mezzo-soprano
Christoph Pregardien: ténor
Andreas Schmidt: baryron
Robert Holl: Basse
Donald Sulzen – Axel Bauni – Micharl Gees – Rudolf Jansen: piano

J'y reviendrai avec plus de détails au fil des écoutes. Wink
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Xavier
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 24 Avr 2018 - 20:01

J'ai écouté Palestrina avec le DVD dirigé par Simone Young, eh bien à part la dernière demi-heure du 1er acte qui est très belle, je me suis pas mal ennuyé, malgré des interprètes de premier choix comme Ventris, Struckmann, Volle...
Le 2è acte est d'une longueur hallucinante (1h10 qui en paraissent deux fois plus) et son intrigue politico-religieuse est assez peu intelligible, voire pénible. (on s'éloigne considérablement de l'intrigue principale, et pour aller où??)
Le souci est que la musique ne rattrape pas vraiment les choses, notamment dans ce 2è acte.
Il y a de belles choses dans le reste, mais l'ensemble est quand même assez fade, et long.
Peu de contrastes, très peu de thématique qui puisse marquer...
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 24 Avr 2018 - 20:46

Ah oui, c'est peut-être l'œuvre la plus célèbre de Pfitzner, mais ce n'est pas (et de loin) sa meilleure; même pas son meilleur opéra (Der arme Heinrich et Das Christelflein sont vraiment chouettes, dans une veine à la Humperdinck ou à la Siegfried Wagner.)
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 24 Avr 2018 - 22:01

Benedictus a écrit:
Ah oui, c'est peut-être l'œuvre la plus célèbre de Pfitzner, mais ce n'est pas (et de loin) sa meilleure; même pas son meilleur opéra (Der arme Heinrich et Das Christelflein sont vraiment chouettes, dans une veine à la Humperdinck ou à la Siegfried Wagner.)

Ah oui, Der arme Heinrich est sans doute mon préféré. Smile
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 24 Avr 2018 - 23:38

En effet, en fait de Palestrina, ça ressemble plutôt à du belcanto germanique XXe, particulièrement peu mobile et assez ennuyeux.

En revanche, les deux cités par Benedictus et en particulier Heinrich, sont des merveilles du postromantisme. I love you

J'aimerais beaucoup voir la pièce, aussi (l'extrait littéral mis en musique par Gurlitt est très appétissant, mais ça n'existe pas en français et j'ai peur d'y passer beaucoup de temps en allemand seul).
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyDim 30 Sep 2018 - 23:31

Ça parle un peu trop musique vocale ici... siffle

Alors que :
Hans PITZNER : Concerto pour piano [Christian Thielemann, Staatskapelle de Dresde, Tzimo Barton - Profil, 2013] Hans PFITZNER - Page 2 Brocol23Hans PFITZNER - Page 2 Brocol23Hans PFITZNER - Page 2 Brocol23Hans PFITZNER - Page 2 Brocol23
         Il s'agit pour moi d'une découverte (de l'œuvre, mais aussi du compositeur). Un concerto postromantique bien chargé et à l'orchestration chatoyante, dont les deux mouvements centraux m'ont particulièrement charmé. Le deuxième pour son caractère bondissant et espiègle, le troisième parce qu'il s'agit d'un des plus beaux adagios de concerto pour piano que j'aie jamais entendu... D'une beauté immense. Les deux mouvements périphériques sont à mon goût moins inspirés, mais c'est tout de même une très belle œuvre dans l'ensemble.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 1 Oct 2018 - 17:34

Très lisztien, très ample, mais de réelles beautés en effet. Beaucoup plus net et claquant qu'on pourrait l'attendre de Pfitzner. Pas écouté Thielemann – et pas particulièrement envie, mais il existe de belles versions Banfield avec le Philharmonique de Munich, ou Urban avec la Radio-Est de Berlin et Rögner.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 4 Juin 2019 - 8:57

Un petit mot encore à propos des Lieder.

Une des meilleures clés d'entré dans l'oeuvre de Pfitzner me semble être ses Lieder orchestrés.
Certains d'entre eux ont directement été composés pour un accompagnement orchestral, d'autres on été adaptés par le compositeur. Et c'est assez étonnant, pour ne pas dire renversant. Je crois qu'on a vraiment là ce qui se fait de mieux en la matière.

Je distinguerais deux manières de faire qui se distinguent, principalement influencées par les textes mis en musique : 1. Les poèmes narratifs sont dramatiques, plongés dans une tension permanente, avec des qualités d'ambiance remarquables. Ça va de la chevauchée tragique avec Herr Oluf jusqu'à la légende pittoresque des Heinzelmänchen. 2. Les poèmes plus intérieurs (plus souvent orchestrés ultérieurement) atteignent une sorte d'unité méditative entre la voix, le texte et l'orchestre. Dans les Lieder comme An die Mark, c'est particulièrement marquant.  

On est bien loin des orchestration souvent superficielles dont ont pu faire l'objet les Lieder de certains compositeurs. Chez Pfitzner, la forme très sévère, et surtout extrêmement exigeante de ses Lieder avec piano trouve ici une sorte d'épanouissement esthétique, et on a bien l'impression que le compositeur entendait d'abord à travers les couleurs et les contrastes de l'orchestre.

Pour s'en faire une image concrète, je conseille ce disque, qui est un véritable bijou :

Hans Pfitzner, Orchesterlieder, H. Chr. Begemann, Nordwestdeutsche Philharmonie, O. Tausk, CPO

Il existe également un disque réédité il y a un mois en version MP3, avec Fischer-Dieskau et Sawallisch au pupitre, et qui doit dater des années 70. Il n'a jamais paru en CD, me semble-t-il, et il ne contient que six Lieder plus un air de Der arme Heinrich. Mais après écoute, je dois dire que ma préférence va pour le disque CPO, ne serait-ce que pour le livret très complet qui l'accompagne (textes en allemand et en anglais, si j'ai bon souvenir...).
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 4 Juin 2019 - 17:16

Oh, merci pour la présentation, je ne connaissais pas du tout (seulement des lieder avec accompagnement de piano, d'une part, et les cantates avec orchestre, de l'autre.)

Et puis merci pour la référence: si Begemann y est aussi bon que dans les Hymnen an die Nacht de Hausegger, bounce
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 4 Juin 2019 - 18:13

Benedictus a écrit:
si Begemann y est aussi bon que dans les Hymnen an die Nacht de Hausegger, bounce

Il est remarquable. Expressif à souhait quand le texte le demande, et toujours avec cette espèce d’âpreté qui donne vraiment du caractère à la musique. Et puis on comprend chaque mot, ce qui me semble indispensable chez Pfitzner en particulier, où le texte est toujours mis au premier plan. (Ça me fait penser que je ne l'ai toujours pas écouter dans les Lieder de Diepenbrock...)

Si tu as l'occasion d'écouter le disque, ça m'intéresserait d'avoir un avis en tout cas !
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyDim 14 Juil 2019 - 22:17

Hans PFITZNER - Page 2 Pfitzn10
Lieder avec orchestre
Hans Christoph Begemann (baryton), Otto Tausk / Nordwestdeutsche Philharmonie
Herford, I.2010
CPO


Merci pour la recommandation: ce disque est une grande et belle surprise! cheers

Peu de choses à ajouter à l’excellente présentation de Drosselbart: il y a en effet peu une dichotomie assez marquée entre, d’une part, les lieder «narratifs», très contrastés, avec un chant tendu, expressif et très mobile, des accompagnements tumultueux avec beaucoup de figuralismes, et, d’autre part, les lieder «méditatifs» où l’écriture vocale est chaleureusement déclamatoire (plus que mélodique), avec un accompagnement orchestral essentiellement «atmosphérique», plus étale mais extrêment fouillé (avec notamment de magnifiques contrechants des vents.)

Globalement, le langage est celui d’un postromantisme clairement post-wagnérien assez proche de Mahler (Der Trompeter évoque certains lieder du Wunderhorn et An die Mark ou An den Mond certains des Rückert - mais avec plus de contrastes, et un accent davantage mis sur le texte que sur la ligne mélodique): l’harmonie n’en est pas excessivement tourmentée - mais l’intensité et la mobilité expressives de l’écriture vocale et la richesse foisonnante de l’écriture orchestrale soutiennent un intérêt constant. Et l’interprétation met idéalement en valeur ces deux qualités.

Begemann est en effet absolument parfait: exactement le grand diseur que réclament ces lieder, avec une diction très travaillée mais sans aucune afféterie, une voix charpentée en harmoniques mais finement patinée, un engagement et une versatilité formidable (il faut l’entendre dans Wilkommen und Abschied passer du registre de l’héroïsme wagnérien à une mezza voce suspendue.) Quant à l’orchestre, capté avec beaucoup de finesse, met idéalement en valeur la richesse de l’orchestration - aussi bien les éclats de cuivres wagnériens que les dentelles des bois et des cordes.

Drosselbart a raison: c’est une étonnante réussite - certainement ce que j’ai entendu de plus abouti et de plus singulier de Pfitzner!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 15 Juil 2019 - 11:03

Je n'en reviens pas d'être passé à côté : je suis un fan de Begemann (aussi bien dans l'opéra postbelcantiste que dans les grands lieder orchestraux décadents), j'aime beaucoup certains aspects de Pfitzner… et je n'avais pas vu passer ce disque CPO ! La honte.

Je vais me jeter dessus, merci à vous deux.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptySam 20 Juil 2019 - 13:41

Benedictus a écrit:
Begemann est en effet absolument parfait: exactement le grand diseur que réclament ces lieder

Nous somme d'accord. Je crois que dans Pfitzner, même pour ces Lieder orchestrés, si on ne place pas le texte en première position, avec une parfaite diction, on passe complètement à côté. Et c'est exactement l'enjeu que relève Begemann.

La ligne vocale, chez Pfitzner, se développe la plupart du temps dans une logique qui n'est pas du tout mélodique - ce qui le distingue radicalement de Strauss. C'est le texte qui structure le Lied, qui lui donne sa cohérence. Ce qui, je crois, en rend l'interprétation particulièrement difficile. Pas étonnant qu'on l'entende si peu...
Cela dit, c'est une optique qui peut facilement passer pour intellectualiste, voire carrément anti-musicale - et c'est encore plus nette dans Palestrina.

DavidLeMarrec a écrit:
Je suis un fan de Begemann (aussi bien dans l'opéra postbelcantiste que dans les grands lieder orchestraux décadents)

Je suis en train de méditer une petite présentation du disque sur lequel il chante des Lieder de Diepenbrock... C'est vraiment une grande consolation, quand on s'intéresse à ce répertoire délaissé, de voir d'aussi grands artistes s'investir.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 22 Juil 2019 - 11:17

Oui, ce disque Diepenbrock est une merveille, je lirai ça avec intérêt !

De mon côté, je découvre (ne me disputez pas), Von deutscher Seele, et je suis ébahi par la modernité de la chose (les interludes orchestraux évoquent davantage Henze que Wagner !). Ça remet clairement en perspective (et en question) les rapports entre discours esthétique et réalisations sonores… ce vieux réactionnaire de Pfitzner écrit là quelque chose de beaucoup plus novateur que les Korngold décadents qu'il devait détester. Surprised

En tout cas c'est splendide de bout en bout, et très varié, une très grande découverte pour moi…

(J'ai choisi Stein avec le Philharmonique de Munich, Stutzmann m'a violemment rebuté dès le début de Metzmacher – là on a Soffel ! –, et puis j'aime toujours beaucoup beaucoup Stein.)
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 22 Juil 2019 - 15:40

Ben, si je vais te disputer, parce que depuis le temps que je te dis d'écouter Von deutscher Seele, et que tu me réponds par des lieux communs sur la choucroute...
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 24 Juil 2019 - 13:19

DavidLeMarrec a écrit:
De mon côté, je découvre (ne me disputez pas), Von deutscher Seele, et je suis ébahi par la modernité de la chose (les interludes orchestraux évoquent davantage Henze que Wagner !).


A mon avis, Von deutscher Seele est ce qu'il a écrit de plus renversant. C'est un condensé génial de bout en bout. Pfitzner, étranger plus que tout autre à son temps, rend un brûlant hommage à ce qu'il considère être la quintessence de l'âme allemande : le romantisme d'Eichendorff.

DavidLeMarrec a écrit:
Ça remet clairement en perspective (et en question) les rapports entre discours esthétique et réalisations sonores… ce vieux réactionnaire de Pfitzner écrit là quelque chose de beaucoup plus novateur que les Korngold décadents qu'il devait détester.

C'est à la fois un chant d'amour et un cris de souffrance, d'un artiste qui se sentait manifestement comme un exilé dans le monde artistique prôné par ses contemporains. Le langage musical est, en effet, confondant. La marche d'introduction à la seconde partie, l'interlude de "la mort comme postillon", la cavalcade "Der jagt dahin"...
Pfitzner avait manifestement une idée assez précise de la manière dont la tradition qu'il considérait être authentique pouvait se perpétuer et se renouveler. Pour le comprendre, il faudrait probablement mener une étude très poussée. Le fait est que lorsqu'on compare la production de Pfitzner à celle de Georg Schumann, pour ne prendre qu'un exemple, on comprend tout de suite qu'il y avait chez lui un projet esthétique singulier.

Pfitzner a publier de nombreux traités sur l'art. Et il a également accompagné la plupart des ses opéras de textes très développés concernant leur mise en scène et leur interprétation. Si on considère que dans ces œuvres scéniques il y avait l'intention de mettre en forme un discours au moyen de l'art, on peut voir chez lui un projet d'art total dont le facteur déterminant serait de production d'une vision du monde, axé sur la tradition.
Ce positionnement fondamental à travers l'art explique sans doute pourquoi ses attaques envers ses contemporains a été d'une telle virulence. Probablement faudrait-il se pencher en priorité sur ces oeuvres-là, notamment Palestrina...

DavidLeMarrec a écrit:
(J'ai choisi Stein avec le Philharmonique de Munich, Stutzmann m'a violemment rebuté dès le début de Metzmacher – là on a Soffel ! –, et puis j'aime toujours beaucoup beaucoup Stein.)

J'ai à ce jour répertorié huit versions (on trouve de ces choses !) et je suis assez d'accord pour privilégier la version Stein à celle de Metzmacher. Mais pour ma part, j'ai un autre favorit :

Joseph Keilberth à la tête du choeur et de l'orchestre de la radio bavaroise avec Agnes Giebel, Hertha Töpper, Fritz Wunderlich et Otto Wiener.

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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyDim 28 Juil 2019 - 15:01

Merci pour ces remises en perspective ! Effectivement, pour saisir ce genre de finesse, il est nécessaire de se plonger dans le détail des débats du temps, sinon on fait facilement des contresens sur ce que sont les Anciens et les Modernes, les Italiens, les traditionnels et les « futuristes » (comme les nommait Pfitz'), en y calquant les dichotomies de notre temps.

De Pfitzner, j'aime bien la symphonie en ut, certains lieder, et surtout Der arme Heinrich. Mais effectivement, cet oratorio emporte tout sur son passage, quelle singularité folle, quelle constance d'inspiration ! Pourquoi joue-t-on de temps en temps Palestrina (mouibof) et jamais ceci ?

À mon gré, la version Keilberth sent son époque au niveau des détails, du mixage surtout (solistes mis très avant). Elle me frustre, après avoir tout entendu chez Stein ou Metzmacher.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyJeu 1 Aoû 2019 - 14:44

¶ Pfitzner, Quatuors Very Happy Smile
¶ Pfitzner, Quintette piano-cordes Very Happy Very Happy Smile
¶ Pfitzner, Sextuor piano-clarinette-cordes Very Happy Very Happy
Gentillet.

¶ Pfitzner, Petite symphonie en sol, Bamberg, WA Albert Very Happy Very Happy Very Happy
¶ Pfitzner, Symphonie en ut, Bamberg, WA Albert Very Happy Very Happy Very Happy Smile
¶ Pfitzner, Préludes symphoniques pour La Fête à Solhaug d'Ibsen, WA Albert Very Happy Very Happy Very Happy Smile
Je découvrais, je crois, les Préludes, qui sont dans une veine assez directe et dramatique que j'aime beaucoup. Moins du décadentisme abstrait ou du romantisme naïf que ce que j'ai entendu par ailleurs de Pfitzner.

J'ai aussi écouté, plus tôt dans la semaine, les lieder orchestraux que vous conseilliez. Pas vraiment séduit. Assez nu musicalement, ça ne m'a pas bouleversé comme dans la même perspective du texte d'abord les Vier dramatische Gesänge de Gurlitt, par exemple. Ni comme le volume Hausegger du même Begemann… Embarassed

Pour l'heure, de Pfitzner, j'aime surtout Von deutscher Seele (génialissime), Der arme Heinrich (très touchant), et plutôt bien les symphonies et certaines œuvres vocales (Christ-Elflein, quelques lieder). Le reste me semble vraiment plat.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyJeu 1 Aoû 2019 - 14:58

J'ai essayé le disque de lieder orchestraux chez CPO … vraiment je n'y trouve rien.

_________________
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyVen 2 Aoû 2019 - 12:23

Tiens, cela m'étonne ! C'est vrai qu'il n'y a pas dans ces Lieder la grande force créatrice qui anime la cantate Von deutscher Seele. Mais de là à ne rien y trouver... Je suppose que ça vient du fait que nous ne cherchons pas la même chose là dedans, parce que vraiment, j'y trouve quant à moi entièrement mon compte. J'ai fait cette expérience avec Das Buch mit sieben Siegel de Schmidt. On me l'a vendu comme quelque chose de fantastique, et je me suis rigoureusement ennuyé du début à la fin. Pourtant c'était la version Harnoncourt, qui en règle général arrive à tout me faire écouter avec un certain intérêt...

DavidLeMarrec a écrit:
dans la même perspective du texte d'abord les Vier dramatische Gesänge de Gurlitt, par exemple.

Voilà, c'est exactement ce que je cherche à ne pas entendre dans cette musique. C'est pour ça que je dois être comblé Very Happy


Je me suis penché sur Das dunkle Reich, dernièrement. Le moins qu'on puisse dire c'est que ça porte bien son nom. C'est du Pfitzner dernière période. Il y a des moments d'une grande beauté, mais l'oeuvre dans son ensemble est plutôt étouffante, et peut facilement passer pour terne. Ça sent un peu le soliloque du compositeur qui se demande par quel moyen il pourra rendre sa musique encore un peu plus déprimante... Et pourtant, là encore, il y a des choses d'une surprenante modernité... pour du Pfitzner s'entend !


Après avoir écouté presque toutes les œuvres enregistrées, je crois pouvoir dire qu'il n'y a rien qui me laisse totalement sur le côté de la route. Von deutscher Seele est pour moi l'oeuvre la plus à même de toucher l'auditeur d'aujourd'hui, en ça je te rejoins, David. En revanche, je ne partage pas ton avis sur Palestrina. J'y vois un chef-d'oeuvre total.

Ecoute encore à venir : Die Rose vom Liebesgarten, parru il y a deux ans ches CPO. Quelqu'un parmi vous s'y est frotté ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyVen 2 Aoû 2019 - 13:53

Drosselbart a écrit:
Je me suis penché sur Das dunkle Reich, dernièrement. Le moins qu'on puisse dire c'est que ça porte bien son nom. C'est du Pfitzner dernière période. Il y a des moments d'une grande beauté, mais l'oeuvre dans son ensemble est plutôt étouffante, et peut facilement passer pour terne. Ça sent un peu le soliloque du compositeur qui se demande par quel moyen il pourra rendre sa musique encore un peu plus déprimante... Et pourtant, là encore, il y a des choses d'une surprenante modernité... pour du Pfitzner s'entend !

C'est sur ma pile pour les prochains jours, si je n'abandonne pas Pfitzner pour un moment. Smile


Citation :
En revanche, je ne partage pas ton avis sur Palestrina. J'y vois un chef-d'oeuvre total.

Il y a très longtemps (vingt ans ?) que je n'ai pas sérieusement réessayé. J'avais découvert ça juste après les Gezeichneten et, livret pourri aidant, je m'étais ennuyé ferme. Il faudrait que je retente.


Citation :
Ecoute encore à venir : Die Rose vom Liebesgarten, parru il y a deux ans ches CPO. Quelqu'un parmi vous s'y est frotté ?

Non, juste des extraits orchestraux sur divers disques (Thielemann-Deutsche Oper et Sawallisch, je crois).
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 5 Aoû 2019 - 15:36

DavidLeMarrec a écrit:
Il y a très longtemps (vingt ans ?) que je n'ai pas sérieusement réessayé. J'avais découvert ça juste après les Gezeichneten et, livret pourri aidant, je m'étais ennuyé ferme. Il faudrait que je retente.

Palestrina est une oeuvre problématique. La dénomination précise choisie par Pfitzner est "légende musicale". C'est la seule oeuvre scénique que je connaisse qui rompt volontairement avec le théâtre pour traiter de questions métaphysiques, les transcrire dans la symbolique scénique et dans la musique. Wagner a peut-être été le premier a vraiment intégrer avec succès la dimension philosophique dans le théâtre musical (si on exclut des phénomènes aussi extraordinaires que la Flûte enchantée). Dans Palestrina, on fait un pas de plus de l'action théâtrale vers la contemplation. En fin de compte, ça n'a à peu près plus rien d'un opéra.

Pour l'illustrer, voilà ce que le compositeur écrit à propose de la structure globale de l'oeuvre dans laquelle il met en scène sa réflexion sur l'artiste : "En ce qui concerne la réalisation dramatique de ce sujet, j'ai été dès le début décidé à opposer deux univers comme facteurs de l'action : le premier, un univers extérieur, plein de bruit et d'agitation frénétique, qui a pour cadre la vie temporelle et que l'on nomme tout simplement le monde, et le second, un univers intérieur et recueilli qui recherche l'éternité dans le cœur de l'homme créateur. Ces deux univers devaient également se retrouver dans la forme de l'oeuvre. Ainsi, avant même de savoir ce qui se passerait dans les différents actes, j'envisageai une sorte de triptyque : les actes I et III devaient avoir pour sujet le véritable monde de Palestrina, et entre les deux serait représentée l'agitation du monde extérieur, laquelle est hostile à la création recueillie du génie. Ce ne pouvait être que le concile."

L'ambition de Pfitzner était en quelque sort d'écrire les Maître chanteurs du XXe siècle (ce qui, avec le recul, peut évidemment prêter à sourire) : "La différence s'exprime de la façon la plus évidente, dans les derniers tableaux scéniques. A la fin des Maître chanteurs, une scène rayonnante de lumière : allégresse populaire, fiançailles, éclat et gloire. Chez moi, Palestrina, fêté, il est vrai, lui aussi, tout seul dans la pénombre de sa chambre, sous le portait de la défunte, et rêvant devant son orgue. Les Maîtres sont l'apothéose du nouveau, un hymne en l'honneur de l'avenir et de la vie. Dans Palestrina, tout incline vers le passé. Il y règne une sympathie pour la mort."

Pour le dire en d'autre mots, dramatiquement parlant, Palestrina se place hors des clous. Pour ma part, je trouve cette perspective très intéressante. Mais je conçois très bien qu'on puisse trouver ça ennuyeux à mourir. En fait, ça ne sert probablement à rien d'essayer d'aborder l'oeuvre si ce n'est sous cet aspect métaphysique. Car c'est autour de cette réflexion qu'est organisé tout le discours musical, et notamment le système très subtile des Leitmotivs.

Il faudra pour ma part que je réécoute Der arme Heinrich, parce que je n'en ai presque aucun souvenir.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 13 Aoû 2019 - 21:59

Certains des lieders avec orchestre (wanderers nachtlied par ex.) sont dignes de Mahler.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 21 Aoû 2019 - 0:36

Drosselbart a écrit:
Dans Palestrina, on fait un pas de plus de l'action théâtrale vers la contemplation. En fin de compte, ça n'a à peu près plus rien d'un opéra.

Ça résume seulement une partie des problèmes, car il y a aussi des prétentions dramatiques dans Palestrina – et d'une manière générale, dramatiser la vie d'un artiste est assez ennuyeux (comme ici), et maladroit, avec des dialogues archétypaux recréés très peu convaincants (comme ici).

Moi j'y ai vraiment perçu un opéra ; dans le genre métaphysique, Saint François fonctionne quand même autrement mieux (même celui de Pierné, ou même le frustrant Christophe Colomb de Milhaud).

Il faudra que je réessaie avec tes éclairages, en essayant de l'écouter comme un oratorio, voire un essai. (Quel gars étrange, décidément, ce Pfitzner !)

--

Der arme Heinrich est du postromantisme traditionnel, beaucoup moins personnel, mais j'y trouve une séduction mélodique et prosodique sans comparaison. Ça explique cependant sans doute pourquoi il t'a moins marqué.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyVen 31 Jan 2020 - 22:06

[Playlist]

Quelques Lieder interprétés par:
Christoph Pregardien/Michael Gees
Andreas Schmidt/Rudolf Jansen

De l'intégrale cpo (Vol.1)

Je ne suis pas spécialement "fan" de Andreas Schmidt, mais ici je le trouve vraiment bien; pareil pour Christoph Pregardien.

Une belle intégrale dans laquelle on retrouve également:
Julie Kaufmann, Iris Vermillion, Robert Holl pour le chant et Donald Sulzen, Axel Bauni pour le piano.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 2 Mar 2020 - 10:46

[Playlist]

De l'intégrale cpo (Vol.5)

Spoiler:
 

On trouve ici, avec l'opus 41, les derniers Lieder de Pfitzner, sur des poèmes d' Eichendorff pour les 41,2 et 41,3 avec pour thème le printemps.
Der verspätete Wanderer (le voyageur attardé) et Das Alter (l'age).

Ils sont interprétés par Robert Holl / Rudolf Jansen.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyLun 2 Mar 2020 - 20:22

[Playlist]

Von Deutscher Seele

Deutsches Symph. Orch. Berlin: Ingo Metzmacher
Solveig Kringelborn – Nathalie Stutzmann – Christopher Ventris – Robert Holl


I love you
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMar 1 Sep 2020 - 22:08

Hans PFITZNER - Page 2 Pfitzn12
Das dunkle Reich, op. 38, Fantaisie pour chœur avec orchestre, orgue, soprano et baryton solistes
Yvonne Wiedstruck (soprano), Yaron Windmüller (baryton), Sigurd Bruns (orgue), Rolf Reuter / Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, Rundfunkchor Berlin / Robin Gritton
Berlin, XI.1993
CPO


Précisons-le d’emblée: le titre n’a rien voir avec les options politiques du vieux Pfitzner; le dunkle Reich, c’est le royaume des morts - l’œuvre est une sorte de Requiem profane, sur des textes de Conrad Ferdinand Meyer, Dehmel, Goethe et Michel-Ange.

Drosselbart a écrit:
Je me suis penché sur Das dunkle Reich, dernièrement. Le moins qu'on puisse dire c'est que ça porte bien son nom. C'est du Pfitzner dernière période. Il y a des moments d'une grande beauté, mais l'oeuvre dans son ensemble est plutôt étouffante, et peut facilement passer pour terne. Ça sent un peu le soliloque du compositeur qui se demande par quel moyen il pourra rendre sa musique encore un peu plus déprimante... Et pourtant, là encore, il y a des choses d'une surprenante modernité... pour du Pfitzner s'entend !

Je partage beaucoup de choses dans ce commentaire, mais je ne suis pas non plus entièrement d’accord avec Drosselbart: je ne trouve pas ça si sombre ni déprimant. Pour moi, c’est d’abord le caractère assez disparate de l’œuvre (comme la liste des poètes mis en musique peut le laisser deviner - et que définit sans doute le terme de «Fantaisie» dans le sous-titre) qui rend l’écoute peu évidente.

Ainsi, les mises en musique de poème de Meyer pour chœur et orchestre (le Chor der Toten initial, le Schnitterlied qui le suit, ainsi que le Chor der Toten final) évoquent le Brahms du Requiem allemand, mais avec un accompagnement orchestral un peu déviant, tantôt du côté d’un pompiérisme cuivré et de contrechants sinueux ou figuralistes à la Mahler, tantôt du côté de bifurcations harmoniques inattendues. Les deux sections qui suivent le Schnitterlied concentrent les aspects les plus modernistes et surprenants de l’œuvre: l’interlude orchestral (»Tanz des Lebens«) qui évoque un peu ceux de Von deutsche Seele (on dirait du Mahler période Wunderhorn glissant subrepticement vers un langage polytonal) et le Chorspruch (sur du Dehmel), dont le caractère suspendu et les arrières-plans itératifs semblent étrangement anticiper certaines écritures néo fin XXᵉ. Puis, deux sections pour solistes vocaux (Gretchen vor Mater dolorosa pour soprano et Scheiden im Licht pour baryton), écrits dans un style d’arioso wagnérien aux harmonies parfois instables encadrent un étrange «Fugato et Chœur»: une fugue à l’orgue seul dont les dynamiques assourdies, l’harmonie disjointe et le climat lugubre évoquent le dernier Liszt, sur lequel vient ensuite se greffer la mystérieuse déclamation chorale d’un poème de Michel-Ange, tantôt sur la forme d’un alternatim, tantôt par superposition.

De fait, le caractère à la fois clos sur soi-même (un peu à la Reger) - jusqu’à sembler parfois assez étouffant et opaque, comme le dit souligne Drosselbart - , le modernisme paradoxal du langage, et l’absence de transitions évoquent assez l’image du «soliloque du compositeur» (Drosselbart, encore): on sent en effet le vieux Pfitzner, seul face à ses obsessions et ses contradictions. Pour ma part, j’aime énormément ça, mais je pense que je risque d’être un peu seul, sur ce coup-là.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyVen 4 Sep 2020 - 1:51

Benedictus a écrit:
Pour ma part, j’aime énormément ça, mais je pense que je risque d’être un peu seul, sur ce coup-là.

Non, non, j'adore aussi.
Maintenant, n'était-ce pas mieux d'être seul que d'avoir mon soutien moral et mon approbation qualitative ? hehe
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyVen 4 Sep 2020 - 23:52

Au contraire!
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Sep 2020 - 1:08

J'ai enfin pris le temps d'écouter Die Rose vom Liebesgarten de notre bon Hans Pfitzner, à la faveur du disque paru il y a quelques temps chez CPO. Et puisque je m’aperçois qu'il n'existe à peu près rien nulle part en langue française sur cette oeuvre, je vous livre une petite présentation, inspirée des diverses sources disponibles.

Hans PFITZNER - Page 2 Rose11


Genèse de l'oeuvre

Die Rose vom Liebesgarten est créé en 1901, dans la petite ville d'Eberfeld, en Westphalie. Il s'agit de la seconde oeuvre lyrique de Pfitzner, qui a alors trente-deux ans. Le livret a été écrit par James Grun, un ami de conservatoire, également auteur du livret de Der arme Heinrich. Le compositeur, très pointilleux sur les questions de mise en scène, considérera cependant que ce ne sera que la création viennoise de 1905 qui répondra entièrement à la vision qu'il se faisait de son oeuvre. Détail révélateur sur la nature d'un opéra dont la réalisation ne devait pas être aisée.
Le sujet a été inspiré à Grun et à Pfitzner par le peintre Hans Thoma, admirateur et soutien actif du compositeur. Plus précisément par son tableau Der Wächter vor dem Liebesgarten. On s'inscrit donc dans une thématique romantique, avec une forte coloration médiévale, un référentiel légendaire et surtout une très forte charge symbolique. Il s'agit très largement de la projection d'une "mystique courtoise", une sorte de récit chevaleresque, à mi chemin entre un culte panthéiste de l'amour et le culte marial.

Action de l'oeuvre

Prologue
L'opéra s'ouvre sur un long prologue, inondé de lumière, qui nous présente le Paradis du Liebesgarten. Des enfants dansent et annoncent les célébrations du printemps, le temps de l'Amour (Minne, soit l'amour courtois). Après une procession  des nobles au son des cuivres, la déesse de l'Amour apparaît dans son manteau constellé, l'Enfant solaire assis auprès d'elle. Un chevalier se présente à elle et réclame le privilège de devenir le gardien du Printemps, qui veillera aux portes du Jardin de l'Amour. En signe de faveur, la déesse lui fait échoir une rose rouge. Au cours de la cérémonie, le gardien de l'Hivers, relevé de sa charge, couronne le jeune chevalier, qui obtient dès lors le nom de Siegnot.

Acte I
Siegnot tient sa garde aux portes du Jardin. Au dehors, le paysage est boisé et marécageux. Il fait la rencontre d'un homme des marais et apprend de sa bouche l'existence de la reine de la Forêt. Celle-ci apparaît bientôt, entouré de son peuple d'elfes. Tous, ils ignorent la lumière qui règne derrière les portes du Jardin d'Amour et sont en proie aux tourments d'un peuple des profondeurs menées le roi des montagnes, le Nacht-Wunderer.
Siegnot et Minneleid, la reine de la Forêt, s'éprennent l'un de l'autre, et le jeune héros, après lui avoir fait présent de la rose rouge et de sa couronne de gardien, veut la faire entrer dans le Jardin. Un orage gronde, il faut partir. Mais effrayée par la lumière aveuglante, elle renonce finalement à le suivre. Les portes du jardin se referment. C'est alors que le Nacht-Wunderer surgit, suivi de son armée de nains. Siegnot, acculé, frappé dans le dos, est laissé pour mort, Minneleid est enlevée. Le jeune héros, ayant échoué dans sa tâche, est banni.

Acte II
Siegnot, meurtri par l'amour qui lui a vallu sa déchéance, erre dans la montagne, à la recherche de la rose rouge du Jardin d'Amour. Il retrouve la trace de Minneleid, mais celle-ci est tenue par le Nacht-Wunderer, entouré de ses sbires, et qui veut la contraindre à devenir sa compagne. Le héros, quoique désarmé, défie ses ennemis. La situation semble désespérée. Le Nacht-Wunderer donne le choix à Minneleid : soit elle reste avec lui et devient sa femme, soit elle doit aller seule dans le Jardin d'Amour, et sauvera ainsi la vie de Siegnot. Figée par la peur, jetée aux pieds de celui qu'elle aime, elle ne parvient pas à se décider à l'acte salvateur. C'est alors que Siegnot, au comble du désespoir, fait une dernière fois appel à la puissance de la Déesse de l'Amour et met en branle les rochers, qui s'effondrent sur ses horde funeste. Vainqueur de ses ennemis, épuisé de ses dernières forces, il tombe mort.

Epilogue
Minneleid et son peuple des forêt conduisent le corps de Siegnot jusqu'aux portes du Jardin, à nouveau protégées par le Gardien de l'Hiver. Le cœur empli de douleur, elle demande la rédemption pour n'avoir pu empêcher la fin tragique de Siegnot. A l'aide de la rose rouge, elle fait s'ouvrir le portail. Mais au moment d'entre, l'épée de gardien s'abat sur elle. Sans même qu'elle ne soit touchée par la lame, Minneleid s'effondre, morte de chagrin.
Le décor change ; nous voilà devant le trône du Prologue. Au son du chœur céleste, la Déesse et l'Enfant s'avancent jusqu'aux corps inanimés. Et alors que le soleil jette ses premières lueurs, Siegnot et Minneleid sont ramenés à la vie. Le rideau tombe.

Réception

Die Rose vom Liebesgarten a été accueilli avec un enthousiasme modéré. L'abondance de symboles, pas toujours clairs et pas toujours compris (j'ai passé pas mal de détails sous silence), a été l'objet des principaux reproches visant le livret. La musique, quant à elle, à été critique pour ce qu'elle reproduisait de trop près le langage wagnérien. Pfitzner dira lui-même qu'il fallait avant tout voir dans l'oeuvre un conte, une légende, et que c'est dans cette prise de distance d'avec la conception proprement dramatique de l'oeuvre musicale qu'il voulait s'éloigner du modèle wagnérien (cette logique sera menée à son paroxysme avec Palestrina).  
Par ailleurs, l'oeuvre suscita également de nombreux éloges, de la part notamment de Bruno Walter, Max Reger et Gustav Mahler. Et elle aura même une influence sur la seconde école de Vienne, qui semblent avoir trouvé dans l'écriture orchestral des élément importants pour la Klangfarbenmelodie (j’ânonne ce qui est écrit dans le livret du disque, je n'aurais jamais pu trouver ça de moi-même). L'influence de La Rose sur le monde musical semble en tous les cas avoir été bien plus importante que sa longévité à la scène ne le laisse soupçonner.
Anecdote amusante : Pfitzner pense pouvoir obtenir la création viennoise de l'oeuvre grâce à l'intervention de Alma Mahler (qui est acquise à sa cause) auprès de son mari. Gustav a alors une "étonnante Antipathie" à l'encontre de la musique de Pfitzner. Elle réussit néanmoins à susciter l'attention de son mari en jouant régulièrement des parties de l'opéra sur le piano, et en laissant traîner la partition de l'oeuvre. Mahler semble finalement avoir été conquis par le projet, si bien qu'il mettra tout en oeuvre pour la création viennoise de 1905 et qu'il ne tarira pas d'éloges à son sujet.

Bilan et impressions

L'oeuvre est effectivement nimbée de bout en bout d'une lumière étrange, totalement hors du monde. Dans l'orchestre, on entend des choses qui coupent littéralement le souffle, notamment dans l'Acte I. Le chant est résolument wagnérien, et la partie de ténor, comme le nom du héros le laisse très bien deviné, demande par moments de véritables qualités de Heldentenor. Pourtant, et c'est tout à fait caractéristique pour les opéras de Pfitzner, il y a un refus constant de la mélodie clairement lisible, à l'exception des airs qui accompagnent des danses. On retrouve déjà ce qu'il y aura de façon encore plus affirmée dans Palestrina : le rôle structurel du Leitmotiv.
Personnellement, j'avais longtemps hésité avant d'entrer dans cette oeuvre. J'avais peur d'être déçu par un truc un peu énorme et lourd, sur un sujet inintéressant au possible. Et finalement je suis conquis sans aucune forme de réserve, non seulement par l'oeuvre, mais aussi par son l'idée directrice, par l'approche "anti-dramatique", symboliste, presque impressionniste de la musique. La plaquette du CD stipule, à mon avis à très juste titre, qu'en terme de post-wagnérisme, on est peut-être plus proche ici de Pelleas que de Feuersnot, tous deux contemporain. Les références sont bien sûr évidentes : Siegnot ; l'homme des Marais, qui ressemble furieusement à un Nibelungen ; les "Eia hileia" qui ouvrent le prologue... Mais je crois qu'une fois passé ces évidences, la singularité de l'oeuvre est saisissante.
Et puis, pourquoi le nier, j'aime tout simplement la formidable naïveté du sujet. Sa rigidité mythique, sa verticalité, qui impose des figures idiomatiques parfaitement tracées. Une sorte d'opéra préraphaélite. Je crois qu'il n'y avait que Pfitzner, ce Minnesänger égaré au XXe siècle, qui était capable de sortir quelque chose d'aussi réfractaire au prisme psychologique de la fiction moderne. A ce degré, avec une telle richesse de moyens, je trouve ça tout simplement admirable, et profondément touchant.

Donc si quelqu'un parmi vous s'y risque, je serais curieux d'avoir vos avis. Je ne serais pas étonné que l'un ou l'autre parmi vous trouve à peu près au mot près dans cette oeuvre ce que je craignais moi-même d'y trouver !


Dernière édition par Drosselbart le Mer 16 Sep 2020 - 9:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Sep 2020 - 8:51

Merci Drosselbart pour cette belle présentation qui donne envie.

Citation :
Personnellement, j'avais longtemps hésité avant d'entrer dans cette oeuvre.

Voilà, pareil pour moi!...ça fait un moment que j'ai un œil dessus, mais sans me décider à franchir le pas...
Je vais donc voir ça de plus près! Very Happy
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Sep 2020 - 19:07

Rubato a écrit:
Voilà, pareil pour moi!...ça fait un moment que j'ai un œil dessus, mais sans me décider à franchir le pas...
Je vais donc voir ça de plus près! Very Happy

Tout le plaisir est pour moi ! J'espère que tout comme moi, tu seras surpris en bien ! L'enregistrement CPO est très bien au demeurant. Et à condition de savoir un peu l'allemand ou l'anglais, on peut vraiment suivre la scénographie symbolique dans ses moindres détails.
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Sep 2020 - 19:19

Merci pour cette présentation consistante!
(Encore une écoute à programmer!)
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MessageSujet: Re: Hans PFITZNER   Hans PFITZNER - Page 2 EmptyMer 16 Sep 2020 - 20:30

C'est toujours un plaisir.

J'ai également réécouté Das dunkle Reich dernièrement, et je reviens un peu sur mon premier jugement. C'est somme toute une oeuvre qui respire assez bien, et dont le caractère est moins déprimant que menaçant. Il y a une grande force tragique à l'oeuvre, et notamment, dans les grands moments d'explosion énergique (Le chant des moissonneur par exemple), la mort menace toujours dans l'arrière fond. On sent la grande proximité de langage avec Von deutscher Seele, mais peut-être avec une plus grande prédominance de la pureté polyphonique, ce qui n'est pas pour me déplaire. Pfitzner s'est ici définitivement barricadé dans son univers stylistique ; il est arrivé au bout de sa propre logique. Et si je me souviens de ce que j'ai entendu, je crois d'ailleurs qu'à partir de cette période, il refera le chemin vers une production plus classique, un langage plus hiératique, revenant notamment aux formes symphoniques et concertantes, avec quasiment plus aucune œuvre vocale après l'opéra Das Herz en 1931.

Bref, je vous rejoins donc, Mefisto et toi, dans une admiration certaine devant Das dunkle Reich. Pour reprendre les mots de Schiller : "Acceptez-moi également pour compagnon / Recevez-moi - c'est mon unique souhait - en tiers dans votre union."
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