Autour de la musique classique

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 Roy Harris (1898-1979)

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Tus
Gentil corniste


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MessageSujet: Roy Harris (1898-1979)   Roy Harris (1898-1979) EmptyVen 24 Oct 2008 - 13:43

Un compositeur américain bien méconnu, qui a joui d'une certaine popularité jusqu'aux années 1950, avant de tomber dans l'oubli. Sa musique, post-romantique et dans l'ensemble tonale, n'est pas passée à la postérité, exceptée la Troisième symphonie, que Bernstein (qui l'a enregistrée pour DG), a fait connaître un peu mieux: Harris a été noyé dans la masse d'Américains du XXè siècle dans la lignée de Copland et de Barber, sans les traits folkloriques du premier et sans le modernisme net du second; je pense quand même qu'il mérite mieux que sa mise entre parenthèses, car c'est un compositeur touchant, plus original qu'on ne peut le penser, qui synthétise de façon convaincante divers héritages et dont la musique, à défaut d'être foncièrement révolutionnaire, est riche et toujours inspirée.

La Troisième symphonie, qui est comme je le disais la plus célèbre, à cause de sa courte durée, de son style dense et épuré, et de l'amour que lui a témoigné Leonard Bernstein, lorgne du côté des deux dernières symphonies de Sibelius, dont elle partage la brievété, la transparence et le lyrisme. Les influences modales font penser à Copland, pourquoi pas aussi au premier Barber, le plus romantique. L'oeuvre, en un seul mouvement aux tempi variables est basée sur une longue cantilène modale des violoncelles très américaine et très belle, bien que prévisible; puis la musique se dramatise un peu, des jeux de bois en arabesques font penser à la 6è de Sibelius, des éclats de cuivres plus sombres, mais jamais violents, plutôt à la 7è. Tous les éléments s'inscrivent ici dans la progression d'un discours jamais statique, malgré l'absence de contrastes marquants et de sections bien départagées. La thématique reste toujours séduisante et renouvelée, de sorte que les dix-neuf minutes de l'oeuvre n'ennuient guère. Assurément une symphonie à l'inspiration sincère et à la construction solide, où tout a été pensé et modelé en fonction d'une progression inexorable de la musique.
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Tus
Gentil corniste


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MessageSujet: Re: Roy Harris (1898-1979)   Roy Harris (1898-1979) EmptyVen 24 Oct 2008 - 14:00

La Sixième symphonie, écrite en 1944 (la Troisième date de 1938), est écrite en quatre mouvements, dont chacun porte un titre dont je ne me souviens plus (c'était un disque emprunté). Dans l'ensemble, l'oeuvre, malgré de beaux passages, me semble moins convaincante que la Troisième: on n'y retrouve qu'épisodiquement ce climat de nostalgie tendre et lyrique qui fait le charme tout américain de cette dernière; la musique est ici un peu plus longue et bavarde, et dans les mouvements rapides en particulier, Harris ne me semble pas toujours très séduisants, tentant vaguement d'approcher un modernisme pas toujours très maîtrisé, ce qui donne l'impression d'une musique qui se voudrait plus audacieuse qu'elle ne l'est (rythmes hachés, accents de cuivres, expressivité altérée du premier mouvement par exemple). Seul l'Adagio, très lyrique avec ses envolées de violons (qui n'ont rien d'hollywoodien, pas plus que la musique de Barber), me paraît réellement témoigner de l'inspiration solide du compositeur.

La Septième symphonie, en 1952, renoue avec la structure moniste de la Troisième, et aussi avec son étendue moindre: les deux oeuvres ont d'ailleurs d'autres points communs, dont la présence de ces longues phrases aux altos et violoncelles dont les Américains se sont faits une spécialité, la couleur modalisante, les longs crescendi très dosés, sans violence. La Septième est tout de même plus agitée et dramatique que la Troisième, musique foncièrement sereine et éthérée: des martèlements de caisse claire, des interventions plus musclées des cuivres sont là pour nous rappeler à la réalité, et la tonalité triomphale de la coda, qui se rapproche des climax cuivrés d'un Copland, n'était pas présente dans la Troisième. Moi, c'est une oeuvre qui m'a plu, avec beaucoup de souffle et de présence, n'ennuyant jamais et présentant une absence totale de tournures faciles et vulgaires.

La Neuvième symphonie (Roy Harris en écrira quinze, dont certaines n'ont probablement jamais été enregistrées) prend un ton nettement plus moderne et résolu que les précédentes. La présence de rythmes très syncopés, de dissoances accrues, d'un plus grand tourment harmonique qui ne va cependant pas jusqu'à l'ébranlement du système tonal, témoigne moins d'un souci de modernité que d'un discours qui se cherche, qui a comme perdu sa sérénité et son assurance. Musique du doute, comme semblent aussi l'attester la présence de titres se référant à la Constitution américaine, comme si Harris cherchait à retrouver l'esprit de son pays à travers un parcours musical qui rappelle cette fois plus Bernstein que Copland, et s'éloigne du romantisme attardé prôné dans les symphonies précédentes. Même si l'oeuvre a ses difficultés et ses moments un peu insaisissibles, notamment dans le finale, richement polyphonique et assez ardu à cerner, elle m'a plu aussi: même si la violence du premier mouvement est inattendue chez Harris, elle ne cède jamais à l'expérimental ou au pur tapage, et le discours est supporté par une cohésion interne qui est aussi l'apanage d'une maîtrise parfaite des textures instrumentales: les percussions sont parfaitement intégrées à l'orchestre, et les cuivres, qui ont la partie belle ici, ne deviennent jamais trop envahissants. Le deuxième mouvement retrouve un lyrisme plus sobre et plus typique du compositeur, qui n'épargne pas quelques passages dissonants et nettement plus sombres. Enfin, le finale, comme je l'ai dit un mouvement difficile à appréhender, non tant par sa complexité que par le flou des intentions et la richesse du spectre émotionnel balayé en 12 minutes, séduit par son souffle et la beauté de son argument, qui laisse présager une musique au sens premier du terme moderne, qui parle à notre actualité, et prouve que Roy Harris n'est pas le gentil attardé un peu fade et attendu que l'on peut se figurer.
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Tus
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MessageSujet: Re: Roy Harris (1898-1979)   Roy Harris (1898-1979) EmptyVen 24 Oct 2008 - 14:03

Je n'y pensais plus, mais j'avais déjà parlé de la 3è symphonie ici:

J'ai découvert hier grâce à mon coffret Bernstein la 3è symphonie de Roy Harris. C'est une oeuvre facile d'accès d'une durée d'un peu plus de 18 minutes, en un seul mouvement assez uniforme. Malgré toute la curiosité que j'avais, j'ai été assez peu enthousiasmé par cette page: le langage de Harris est extrêmement peu original, son orchestration banale, rien dans la thématique ne se dégage vraiment, bref, je n'ai pas vraiment vu l'intérêt de l'oeuvre. Celle-ci commence sur une phrase de violoncelles en mineur; puis après six minutes dédiées aux cordes, les bois interviennent (enfin!), et des passages plus cuivrés et agités leur succèdent. L'oeuvre, commencée dans une certaine sérénité, s'achève dans le tourment et les coups de timbale - rien de tout cela n'est très effrayant. Cela me paraît dans l'ensemble assez inoffensif: bien composé, je ne dis pas, mais ni attachant, ni bouleversant. Contrairement à la plupart des oeuvres américaines que j'ai entendu, il n'y a aucune référence au folklore, aucune chanson ou danse populaire, rien qui ne se détache de la musique pure, en fait; et c'est peut-être ça qu'il manque à cette oeuvre pour avoir une réelle originalité. L'écriture, très tonale, rappelle les derniers romantiques, en moins bien, car elle ne suscite pas vraiment l'émotion. Je ne dis pas que ça m'a déplu, mais il manque quelque chose, de quoi faire de cette musique une oeuvre qui implique réellement l'auditeur. Cela dit, comme ça ne dure que 18 minutes, je ne regrette pas l'écoute: dans le fond, ce n'est pas vilain du tout, et peut-être qu'il y a mieux à tirer de Harris que je ne l'ai fait hier soir.

Ce message date du mois de mai.
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kegue
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MessageSujet: Re: Roy Harris (1898-1979)   Roy Harris (1898-1979) EmptyJeu 15 Mar 2012 - 15:04

Je suis en train de découvrir les symphonies (enfin, certaines) de ce compositeur.

La Troisième (1937 ou 1938 ?) dégage vraiment des ambiances intéressantes dans l'orchestration et l'harmonie. De plus, sa forme assez courte permet une écoute assidue. Les changements progressifs d'ambiance sont plutôt bien sentis. Une belle découverte, donc Very Happy
Je trouve un certain charme à la Quatrième Symphonie "Folksong" (1940), basée sur des chants populaires américains (comme son nom l'indique) où les interventions de l'orchestre me semblent assez réussies, même si je la placerais un peu en deça de la précédente.
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MessageSujet: Re: Roy Harris (1898-1979)   Roy Harris (1898-1979) EmptyMar 30 Juin 2020 - 0:43

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Roy Harris (1898-1979) :

Symphony No.3

= Eduardo Mata, Orchestre symphonique de Dallas

(avril 1992)

Smile Une de mes symphonies préférées au sein du répertoire américain, à la fois pastorale et tragique, d'un langage aussi simple que fort.
Hélas, l'interprétation de Mata s'avère parfois trop décantée dans les épisodes lyriques, et la transparence qu'il obtient manque de continuité
pour soutenir cette grande arche de vingt minutes architecturée autour d'un climax central.
Notamment, les cordes sont trop ténues (dès la cantilène initiale), et certains passages semblent trop erratiques.


Roy Harris (1898-1979) Bernst16



Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Roy Harris (1898-1979) :

Symphony No.3

= Serge Koussevitzky, Orchestre symphonique de Boston

(RCA, novembre 1939)

Smile « Roy Harris demeura toujours quelqu'un de rustique, faisant grand cas qu'il était né dans une cabane en rondins dans le comté de Lincoln » nous rappelle le musicologue Michael Steinberg. Selon ce compositeur qui avait commencé à gagner sa vie comme fermier puis en conduisant un camion laitier, « ma troisième symphonie est arrivée à un moment où l'on en avait besoin ». Non qu'il fut le premier à écrire des symphonies aux États-Unis (John Paine ou George Chadwick pourraient plutôt revendiquer ce statut), mais en 1939, à une période où le pays se relevait difficilement de la crise économique, la population souhaitait se reconnaître non seulement dans les traditions indigènes tels que le jazz et les folksongs, mais aussi dans des genres plus sérieux.
Même s'il apprit le piano avec sa mère et étudia auprès d'Arthur Bliss et Arthur Farwell, il reste essentiellement autodidacte. Comme d'autres compositeurs américains, il partit pour Paris fréquenter les leçons de Nadia Boulanger. Peut-être que le style néoclassique, la découverte de la Renaissance européenne, furent un ferment pour les lignes claires et les aspects rhétoriques (notamment la conduite polyphonique et le modalisme) qui structurent cet opus. On y sent aussi l'admiration envers Sibelius, dans cette habileté à engendrer une forme à partir d'un matériau séminal qui se développe de façon organique. C'est cette propension germinative qui m'a toujours fasciné dans cette œuvre, ainsi que son orchestration à la fois économe et efficace, son langage qui dose admirablement austère modalité et diatonisme serein, et aussi son pessimisme qui culmine dans une étreignante Coda, où s'exfiltrent les espoirs et les désillusions d'un peuple.
Harris rencontra l'influent Serge Koussevitzky, qui enregistra la Symphonie "1933", et commandita la troisième qui est devenue un emblème du répertoire américain, avant de l'enregistrer pour la RCA. Je l'avais tôt découverte, quand j'étais lycéen, dans la version de Leonard Bernstein (DG, décembre 1985) qui l'avait déjà gravée en septembre 1960 (CBS) chaque fois avec le New York Philharmonic. J'avoue avoir hésité entre ces trois témoignages (outre leur légitimité, le reste de la discographie ne se hisse nullement aux mêmes sommets). Bernstein reste préférable pour sa vision chaleureuse et charismatique, aux effets précisément appuyés, qui préserve un rayonnement et une faculté d'émouvoir absolument uniques. Moins monumentale, l'interprétation du maestro russe n'est pas aussi prégnante, semble par comparaison plus effacée, mais s'avère plus subtilement tendue, notamment dans le flux des micro-événements qu'autorise la réactivité de l'agogique. La gestion des transitions (si importante pour une forme coulée d'une traite), la finesse quasi capillaire des textures innervent un discours moins disruptif que celui de Bernstein, mais dont la permanente contention gaine le propos. La délicate acidité des vents dont beaucoup étaient français à cette époque, le sfumato des cordes de Boston, l'éclat feutré des cuivres contrebalancent une lecture qui reste en demi-teintes, moins galbée qu'à New York, mais judicieusement ambivalente.
Pour aider à se repérer lors de la première exécution de sa symphonie, Harris avait évoqué cinq sections auxquelles je ferai ci-dessous référence.

Con moto, un hymne dépouillé se déploie amplement aux violoncelles, sporadiquement filigrané par les altos qui rejoignent la polyphonie (1'06) alors que le tempo n'a cessé d'accélérer (la noire passe de 84 à 120) et se voit marqué par de nerveux pizzicati (1'16). Basson et clarinette basse étoffent la reprise de l'hymne (1'42) contrepointée par les altos.
Pour la seconde section, « lyrique » selon Harris, les trombones renâclent (2'12), une modulation des cors donne essor aux violons (2'20) qui accusent opiniâtrement l'ambiance introductive, par de soudaines intensifications et césures, soulignées par les cuivres. A l'unisson, un chœur de bois (3'34) psalmodie poco piu mosso, lanciné par les violons qui ensuite concluent cette antienne (4'35) avec des accents fortissimo dont le spasme s'étend aux altos et violoncelles. Une limpide phrase de flûte surnage d'un doux tapis de cordes (4'52). Par deux fois, les quatre cors énoncent un motif de quatre notes (5'03, 5'09 -il dérive de la mélodie introductive, et jouera un rôle fondamental dans la Coda) prolongé par les bois en diverses séquences (5'20, 5'32, 5'40) jusqu'à un passage touffu où ils soufflent à découvert (5'56). Les cordes assurent la transition (6'16) où s'instille une flûte résignée (6'26).
La troisième section se veut « pastorale » : ondoiement d'arpèges aux archets avec sourdine (6'45), léger comme une brise. Dans cet impalpable froissement d'élytres viennent voleter cor anglais (6'54), clarinette (6'59), hautbois (7'02), basson (7'09), flûte (7'12), cor anglais (7'20), clarinette (7'28), basson (7'36), flûtes (7'46), clarinette & basson (7'51, avec quelques discrets accords de vibraphone)... Koussevitzky coupe ici quelques mesures du même acabit (chiffre 28-31 de la partition) et nous emmène directement vers le poco accelerando (8'10) qu'excitent la cymbale frappée à la baguette et de vigoureux rehauts de bois. Alors que les archets trépignent, les cuivres halètent en solo : cor (8'16), trombone (8'20), trompette (8'23), trompettes et trombones bouchés (8'41)... Un crescendo de cymbale (9'09) suscite de véloces envolées des bois (9'15) entrecoupés de pizzicati.
Une fulgurante gamme descendante des archets amène la quatrième section, « fuguée et dramatique » (9'43) : sur un violent sforzando de mailloche, le sujet s'expose fièrement aux cors et cordes, relancé par un solo de timbales (9'50), reprend aux trombones (9'55), aux cors (10'08), aux trompettes (10'21). Les violons enclenchent d'anxieux appels à l'aigu (10'32) auxquels répondent des tuilages des cuivres ponctués par le xylophone (certes peu audible dans cet enregistrement). Trombones et trompettes reprennent le sujet (10'51) dont l'incipit se transmet aux percussions de timbales et grosse caisse (11'04). Les cordes s'affolent à nouveau (11'13) tandis que le sujet se partage entre cors et trompettes, que les bois se joignent aux appels anxieux (11'30). La dynamique s'amenuise l'instant d'un bref choral aux bois (11'51) qui charrie diverses bribes du sujet, comme ne sachant comment évoluer. Mais il se remobilise aux trompettes et trombones martelé par les timbales (12'25), vivifié par des pizzicati (12'33), puis un molto marcato obstiné des archets (12'43). Tempo giusto, des sonneries de cuivres (12'59) dérivées du sujet fugué mais minorisées résonnent comme une menace qu'interpelle la timbale : cet épisode se fond à la cinquième section « dramatique et tragique » où cordes et bois en valeur longue immiscent une rémanence de l'hymne initial (13'11), alors que les sonneries de cuivres et les relances de mailloches se font plus oppressantes.
Pour la Coda (14'10), la timbale résonne à découvert, comme pour annoncer une marche funèbre. Trompettes et tuba confirment l'ambiance endeuillée d'où émane une poignante plainte des cors (14'22) qui provient de ce que nous avions entendu à 5'09. Imperturbablement scandé par la mailloche, comme le pouls d'un cœur meurtri, le lugubre convoi vibre de toute la ferveur des cordes et des cuivres, évoquant les vastes plaines américaines mais aussi le spectre de la Great Depression qui semble tarauder ce paysage d'une bouleversante humanité. De sinistres plaques d'accords en tutti (15'49) s'enlisent dans de fracassants roulements de percussion (16'07) jusqu'à une mortifiante stase (16'14), prostrée, figée dans un rictus d'effroi.


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