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 Luigi Nono (1924-1990)

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lulu
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyJeu 11 Avr 2019 - 22:03

C’est avec beaucoup d’appréhension que je me suis jetée sur La lontananza nostagica utopica futura (pour violon et bandes magnétiques, 1988) et “Hay que caminar” soñando (pour deux violons, 1989). Mes craintes étaient fondées. Autant le second je sens un potentiel : en persévérant (reste à savoir si je persévèrerai) il est possible que je puisse en saisir suffisamment les mystères pour que ça me plaise ; mais le premier, qu’est-ce que c’est pénible ! J’ai pas pu aller au bout... Neutral
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyVen 12 Avr 2019 - 23:30

lulu a écrit:
Par contre là je viens de voir que l’œuvre a été jouée à Leningrad en 1988 (donc avant Gielen et toute exécution européenne), dirigée par Jansug Khakhidze. Shocked
Moi qui n’avait pas osé dire qu’au début de l’œuvre j’ai instantanément pensé à la musique de Terterian... Terterian sans la continuité...
Ah oui, tiens, je n'y avais jamais pensé (il faut dire que je n'ai de la musique de Terterian qu'une connaissance bien plus superficielle et bien plus récente que de celle de Nono - et en particulier de No hay caminos, hay que caminar... Andrei Tarkovskij), mais maintenant que tu le dis, ça me semble presque évident (surtout avec les 4ᵉ et 5ᵉ Symphonies, pour ce que je connais.)

lulu a écrit:
C’est avec beaucoup d’appréhension que je me suis jetée sur La lontananza nostagica utopica futura (pour violon et bandes magnétiques, 1988) et “Hay que caminar” soñando (pour deux violons, 1989).
Je dois dire que je redoute pour ma part de les réécouter... J'ai le disque DG de Kremer et Grindenko - acheté à sa sortie, juste après la mort de Nono, écouté une fois et... bon, j'avais mis ça sur le compte de mon peu de goût pour le crincrin, mais apparemment il n'y a pas que ça. Depuis, je n'ai écouté qu'une fois “Hay que caminar” soñando: en concert, avec les deux violonistes qui se déplaçaient dans la salle; ça m'avait alors paru moins pénible que dans mon souvenir au disque - le problème, c'est que, coincé entre les deux autres Caminantes (Tarkovskij et Ayacucho - le premier fascinant et hypnotique, le second d'une puissance d'impact incroyable), ça semblait vraiment de peu de substance. (C'était un concert à la Cité de la Musique en 1999, avec Pomàrico et la SWF.)
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Mandryka
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptySam 13 Avr 2019 - 15:18

lulu a écrit:
C’est avec beaucoup d’appréhension que je me suis jetée sur La lontananza nostagica utopica futura (pour violon et bandes magnétiques, 1988) et “Hay que caminar” soñando (pour deux violons, 1989). Mes craintes étaient fondées. Autant le second je sens un potentiel : en persévérant (reste à savoir si je persévèrerai) il est possible que je puisse en saisir suffisamment les mystères pour que ça me plaise ; mais le premier, qu’est-ce que c’est pénible ! J’ai pas pu aller au bout... Neutral

Je suis tombé amoureux à la première écoute de tous les derniers morceaux de Nono que j’ai jamais entendus! C’est mon rêve de voir un live de Prometeo!

Comme on dit en franglais, pour ces morceaux il faut chillaxer. Go with the flow.

En ce qui concerne le Hay que caminar, j’adore ce vidéo sur YouTube, l’église est parfaite, même le bruit des voitures dehors!

Lien retiré
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Xavier
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptySam 13 Avr 2019 - 15:19

Je ne sais pas qui a mis ça en ligne, mais ce n'est absolument pas libre de droits, il faut retirer le lien.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptySam 13 Avr 2019 - 16:51

Mandryka a écrit:
C’est mon rêve de voir un live de Prometeo!
Une de mes plus stupéfiantes expériences de concert. (Ça avait été donné en décembre 2015 à la Philharmonie de Paris.)
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 1:59

Suite aux échanges de ces derniers jours, réécouté trois fois ces deux derniers jours:

Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 Nono_v10
A Carlo Scarpa, architetto, ai suoi infiniti possibili (1984-85) pour orchestre à microintervalles
Michael Gielen / Sinfonieorchester des Südwestfunks
En public, Bischheim, IX.1989
Astrée / Auvidis


C’est un de mes tout premiers disques de musique contemporaine (acheté à sa sortie: j’avais 16 ans, et Nono était toujours en vie), et probablement un de ceux que j’aurais le plus réécoutés - et je trouve cette œuvre toujours aussi belle, toujours aussi bouleversante.

Après ce qu’en a dit lulu l’autre jour:
Citation :
À côté, A Carlo Scarpa (1984) parait isolée dans son emploi de l’orchestre, qui contraste d’ailleurs avec le dénument du résultat. Ça parait presque provocant de faire ça avec un orchestre symphonique. Ici deux notes se voient dissoutes en d’infimes variations microtonales et de timbres pour devenir des espaces sonores incertains et fragmentaires.
je suis en effet frappé par la singularité de A Carlo Scarpa. En effet, c’est d’un dénuement assez radical - et pourtant à l’écoute, ça paraît aussi d’une incroyable richesse: l’espèce de trame de microintervalles tissée par les cordes (tantôt densément grenue, tantôt distendue et comme effilochée) et ces infimes surgissements de timbres très typés (ces unissons de vents dont la sonorité semble comme abrasée, ces percussions éruptives où l’on sent avec intensité la matérialité du bois, de la peau, de l’étoupe...)

Pour reprendre la référence de darkmagus à des équivalents visuels cela me fait penser certaines œuvres d’Arte povera, où l’on croit ne discerner qu’un lambeau de toile de jute déchiré mais dont la contemplation fait surgir du moindre pli, de la moindre tache, du moindre accident de la trame comme une espèce d’épiphanie matérielle où semble se déployer la sensation incertaine et vague, mais vertigineuse et presque tragique, d’un «infini possible»...
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 15:28

Benedictus a écrit:
Mandryka a écrit:
C’est mon rêve de voir un live de Prometeo!
Une de mes plus stupéfiantes expériences de concert. (Ça avait été donné en décembre 2015 à la Philharmonie de Paris.)

Ah oui, je m'en souviens, mais je l'ai raté malheureusement. Et après il y avait un autre que j'at raté aussi à Amsterdam.

En fait je préfère les dernières musiques de Nono que ses premières oeuvres.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 15:34

Xavier a écrit:
Je ne sais pas qui a mis ça en ligne, mais ce n'est absolument pas libre de droits, il faut retirer le lien.

Désolé pour ça!
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 16:39

Benedictus a écrit:
Suite aux échanges de ces derniers jours, réécouté trois fois ces deux derniers jours:
[/url]
A Carlo Scarpa, architetto, ai suoi infiniti possibili (1984-85) pour orchestre à microintervalles
Michael Gielen / Sinfonieorchester des Südwestfunks
En public, Bischheim, IX.1989
Astrée / Auvidis

...
Pour reprendre la référence de darkmagus à des équivalents visuels cela me fait penser certaines œuvres d’Arte povera, où l’on croit ne discerner qu’un lambeau de toile de jute déchiré mais dont la contemplation fait surgir du moindre pli, de la moindre tache, du moindre accident de la trame comme une espèce d’épiphanie matérielle où semble se déployer la sensation incertaine et vague, mais vertigineuse et presque tragique, d’un «infini possible»...

Carlo Scarpa et l'Arte Povera, pas tout à fait évident ... Par contre, le jeu sur les textures, matières, fluidité et accidents, éclats de lumière, certainement. Quels pouvaient être les équivalents visuels de Luigi Nono en composant cet hommage ? Mais je comprends bien que cette composition n'entende pas être descriptive de l'œuvre de Scarpa
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 17:06

xoph a écrit:
Carlo Scarpa et l'Arte Povera, pas tout à fait évident ... Par contre, le jeu sur les textures, matières, fluidité et accidents, éclats de lumière, certainement. Quels pouvaient être les équivalents visuels de Luigi Nono en composant cet hommage ? Mais je comprends bien que cette composition n'entende pas être descriptive de l'œuvre de Scarpa
Oui, il y a pour moi comme un hiatus entre les tendances géométrisantes et monumentalistes de l'œuvre de Scarpa et le travail musical de Nono.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 17:35

C'est pas tout à fait le lieu, mais je qualifierais pas Scarpa comme ça, à t'entendre on penserait plutôt à Giuseppe Terragni (très grand architecte lui aussi) et au rationalisme italien ... Assez loin des objets énigmatiques de Scarpa et du jeu tout en raffinement de son œuvre, définitivement singulière.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 17:59

Bien sûr: je ne prétendais réduire à ces caractéristiques l'œuvre de Scarpa - je ne parlais que de tendances, et seulement de celles qui, dans son œuvre, semblent étrangères à l'univers sonore de l'hommage de Nono (mais oui, le raffinement des textures, les miroitements d'eau et de lumière, les espaces énigmatiques, qui comptent encore davantage, permettent en revanche de rendre compte de la solidarité entre les deux artistes.)
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 18:12

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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyLun 7 Oct 2019 - 12:52

Comme ce n'est quand même pas très courant, pour info en 2019/2020...

Intolleranza 1960 à Berne, à la Scala et peut-être au festival de Salzbourg

Al gran sole carico d'amore à Bâle et à Mayence

P.S. J'avais d'abord mis les liens mais je n'ai pas le droit Confused Very Happy
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lulu
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 10 Nov 2019 - 12:33

À propos de Kakhidze, il n’a pas seulement dirigé No hay caminos, hay que caminar…..Andrej Tarkowskij en 1988 à Leningrad (vraisemblablement la deuxième exécution de l’œuvre après Takaseki au Japon), mais chose que j’ignorais a également assuré la création de Caminantes…..Ayacucho en 1987... avec le philharmonique de Munich et le chœur de la radio bavaroise (et l’électronique de Freiburg bien entendu). Je me trompe peut-être mais ça me semble tout à fait unique que le chef numéro un d’une république soviétique se déplace à l’ouest pour créer l’œuvre d’un compositeur occidental.

Pour ce qui est de Caminantes…..Ayacucho, j’ai trouvé trois enregistrements discographiques : Metzmacher chez RZ (je n’ai pas trouvé la date, mais au plus tard 1995), Abbado (1995) chez Musicom et enfin Pomàrico (2004) chez Kairos. Vous en connaissez d’autres ?
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 10 Nov 2019 - 12:57

C'est intéressant, cette histoire de Kakhidzé, parce que ça peut aussi permettre de par quel biais Kantcheli a dédié une de ses œuvres à Nono - alors qu'esthétiquement, ce sont deux univers vraiment sans rapport (me semble-t-il, du moins.) Apparemment, Nono avait noué pas mal de liens à l'Est dans ses dernières années (qui étaient aussi celles de l'URSS): par exemple, c'est aussi Sofia Goubaïdoulina qui réalise à Fribourg-en-Brisgau la version finale de la bande utilisée pour La lontananza...

Sinon, le site de la Fondation Nono n'indique que cette version Abbado (mais bizarrement en omettant de mentionner Abbado dans le cartouche): http://www.luiginono.it/opere/1-caminantes-ayacucho/#tab-id-7 Et pour ma part, je ne connais au disque que la version Pomàrico.


Dernière édition par Benedictus le Mer 21 Avr 2021 - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 10 Nov 2019 - 19:15

lulu a écrit:

Pour ce qui est de Caminantes…..Ayacucho, j’ai trouvé trois enregistrements discographiques : Metzmacher chez RZ (je n’ai pas trouvé la date, mais au plus tard 1995), Abbado (1995) chez Musicom et enfin Pomàrico (2004) chez Kairos. Vous en connaissez d’autres ?

J'ai un enregistrement d'Emilio Romarico, je ne sais pas comment je l'ai, mais c'est sur mon disque dur, et la qualité sonore n'est pas mal du tout.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 24 Nov 2019 - 21:17

En Playlist, lulu a écrit:
Luigi Nono : Fragmente – Stille, An Diotima per quartetto d’archi (1979–80)
Minguet-Quartett
Ça existe en disque, ça?
Je dois avouer que depuis que j'ai découvert cette œuvre à 16 ans dans la versions des LaSalle, je ne suis jamais allé voir ailleurs (même si les Diotima me tentent bien.)
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lulu
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 24 Nov 2019 - 21:21

Non, c’est un enregistrement radio que j’ai trouvé, ça date de 2014. J’essaie toujours de pénétrer cette œuvre, alors pourquoi pas varier... Mais il me faudra encore persévérer, encore que je commence à m’y faire avec le temps...
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyDim 28 Juin 2020 - 17:57

En Playlist, gluckhand a écrit:
Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 R-396110

Très belles oeuvres et très beau disque.Il n'est pas sûr que nous entendions l'oeuvre de Luigi Nono - La Lontananza Nostalgica Utopica, comme il eut voulu que nous la ressentions,non pas comme un ensemble, mais plutôt des pistes qui se croisent et s'entrecroisent, mais enfin le génie de  Nono est là, sous nos oreilles et ces oeuvres n'ont pas pris une seule ride.
Pour en savoir plus / Bruno Maderna - Heinz Holliger - Luigi Nono, La Lontananza ...
Ça me semble surtout vrai de «Hay que caminar», soñando, qui prévoit en effet que les deux violonistes se déplacent dans la salle, au milieu des spectateurs. Je l'avais effectivement entendu dans cette configuration-là à la Cité de la Musique, en octobre 1999, dans le cadre d'un concert qui donnait l'ensemble du cycle des Caminantes (avec l'orchestre de la SWR dirigé par Emilio Pomàrico et l'Experimentalstudio de Freiburg sous la régie d'André Richard.) Je dois dire que j'en garde des impressions relativement mitigées: d'un côté, le fonctionnement de cet itinéraire spatial dialogué y gagne beaucoup d'intelligibilité et même une sorte d'évidence, là où le disque ne donne effectivement que la superposition de deux lignes de violon un peu écrasées l'une sur l'autre; en revanche, l'œuvre ne m'est pas apparue comme une des meilleures de Nono - en tout cas elle faisait presque l'effet d'un jeu anodin entre les deux pièces qui l'encadraient (qui compte, il est vrai, parmi les plus impressionnantes du Nono tardifs, et que j'adore): No hay caminos hay que caminar... Andrej Trakovskij, avec ses groupes instrumentaux dispersés et son discours à la fois abrupt et fragmenté (ces grands accord verticaux qui s'effilochent dans le silence...) et Caminantes... Ayacucho avec ses effectifs impressionnants (solistes, double chœur, grand orchestre par groupes) diffracté par l'électronique live, un peu comme une version véhémente et frontale (parce que plus «politique»?) de Prometeo.

En revanche, La lontananza nostalgica utopica futura (pas écoutée depuis très longtemps, il est vrai - depuis la sortie du disque, en fait...), je n'arrive à l'entendre ni comme un faisceau de pistes qui se croisent et s'entrecroisent, ni comme un ensemble, mais plutôt comme une sorte de pur déploiement spatial - l'impression d'un espace sonore virtuel (ne serait-ce que du fait de la bande magnétique) qui ne cesse de s'ouvrir sur de nouvelles perspectives, avec quelque chose déceptif: ces espaces qui s'ouvrent paraissent de plus en plus lointains, hypothétiques, tremblés, aux limites de la perception, semblant dans le même mouvement héler l'auditeur et se refuser à lui, dans leur distance même.

EDIT: Je m'aperçois d'ailleurs que nous en avions déjà parlé un peu plus haut avec lulu.
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyVen 16 Avr 2021 - 22:22

Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 Nono10
Momento, Romance de la guardia civil española (Epitaffio per Federico García Lorca n°3) (1952-1953) pour récitante, chœur parlé et orchestre
Christa Ludwig (voix), Bruno Maderna / Sinfonieorchester und Chor des Norddeutschen Rundfunks
En public, Hambourg, II.1953
Composizione per orchestra (1951)²
Bruno Maderna / Sinfonieorchester des Norddeutschen Rundfunks
En public, Hambourg, II.1952
España en el corazon (Epitaffio per Federico García Lorca) (1951-1952), trois études pour soprano, baryton, chœur parlé et instruments³
Lidia Marimpietri (soprano), Mario Borriello (baryton), Bruno Maderna / Orchestra Sinfonica di Roma della RAI, Coro di Roma della RAI / Nino Antonellini
En public, Rome, I.1961
Composizione per orchestra n°2 (Diaro Polacco ’58) (1959)
Bruno Maderna / Orchestra Sinfonica di Roma della RAIEn public, Venise, 10.I.1959
Arkadia


cheers Enfin trouvé ce disque - et enfin découvert ces quatre œuvres de Nono: les trois premières, c’est vraiment le premier Nono, pré-canto sospeso, très, très schoenbergien (avec cette véhémence des grandes œuvres politiques - et une Christa Ludwig très surprenante dans cet emploi!) Je tâcherai (mais je voudrais réécouter Il canto sospeso avant cela.)

La Composizione n°2 fait partie de ces œuvres de transition vers le langage plus «pointilliste» des années 60-70 (ce qui est assez surprenant, c’est l’espèce de dichotomie entre les percussions et le reste de l’orchestre; en fait, on dirait que ça fonctionne comme les œuvres de Nono pour chœurs et petits ensembles instrumentaux solistes avec les cuivres, les cordes et les bois dans le rôle des voix - soit l’élément encore «linéaire» - et les percussions dans le rôle des instruments - l’espèce de «ponctuation éruptive.»)

(Pas encore écouté l’enregistrement munichois de Per Bastiana - Tai-Yang Cheng.)
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptySam 17 Avr 2021 - 2:34

pff, même moi je n’ai pas les Epitaffi 1 et 3 par Maderna... (le cycle des trois Epitaffi fait partie des mes œuvres préférées)

le problème, c’est que maintenant tu vas aussi devoir trouver celui-ci Mr. Green :

Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 R-333910

como una ola de fuerza y luz (1971/72)
Ursula Reinhardt-Kiss (soprano), Giuseppe La Licata (piano) / RSO Leipzig (Herbert Kegel)
juillet 1976

Epitaffio no. 1 (1951)
Epitaffio no. 3 (1952–53)
Roswitha Trexler (soprano), Werner Haseleu (baryton) / Rundfunkchor & RSO Leipzig (Horst Neumann)
janvier 1977
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptySam 17 Avr 2021 - 11:54

Celui-là, d'occase, il est facilement trouvable, mais un peu cher (mais, oui, il est sur ma liste.)
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyMer 21 Avr 2021 - 14:20

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Prometeo (1981-84) Tragedia dell’ascolto, pour solistes vocaux et instrumentaux, chœur, orchestre et électronique live
Livia Rado, Alda Caiello (sopranos), Katarzyna Otczyk, Silvia Regazzo (contraltos), Marco Rencinai (ténor); Sergio Basile, Manuela Mandracchia (récitants); Alvise Vidolin, Nicola Bernardini (électronique live); Ensemble Prometeo: Giulio Francesconi (flûte), Roberto Gottardi (clarinette), Valentino Spaggiari (tuba), Gabriele Croci (alto), Claude Hauri (violoncelle), Emiliano Amadori (contrebasse); Marco Angius, Caterina Centofante / Filarmonica Arturo Toscanini, Coro del Teatro Regio di Parma / Martino Faggiani; Francesco Migliarini, Nicolò Valente (cloches de verre)
Parme, III.2017
Stradivarius


Je viens d’écouter cet enregistrement récent et je dois dire que je le trouve vraiment très bon. Certes, pour une œuvre comme celle-ci, le disque sera toujours forcément très en-deçà de l’expérience en salle; cependant, je trouve que celui-ci est probablement celui qui rend le mieux justice à Prometeo.

Non seulement mieux que le disque Metzmacher qui souffrait d’une prise de son très médiocre (typiquement EMI-90s: ça sonnait lointain, gris, cotonneux - et tout sur le même plan, ce qui, dans une œuvre comme celle-ci, est particulièrement rédhibitoire), mais aussi préférable, pour mon goût, à l’enregistrement Ryan chez Col legno: ce dernier reste un très bon enregistrement, mais, en le réécoutant après le concert de décembre 2015 à la Philharmonie, je m’étais aperçu que certains de ses parti-pris (en gros: un son avec beaucoup de présence et des dynamiques globalement assez soutenues, les voix très en avant façon opéra, les parties instrumentales par blocs compacts à l’arrière, des effets de spatialisation très marqués) allaient un peu à rebours des aspects de l’œuvre qui m’avaient le plus émerveillé.

Ici, à l’inverse, les voix solistes sont moins uniment au premier plan, le chœur un peu plus lointain, les timbres instrumentaux plus définis et plus aérés (en particulier l’ensemble soliste), les dynamiques basses mieux respectées mais toujours audibles - bref, on entend beaucoup plus une sorte de tissu polyphonique avec de belles transparences, qui joue moins sur l’impact direct du son et exalte davantage la variété et la finesse des textures des vents solistes et l’espèce de poésie un peu «flottante» du matériau vocal. Dans les parties qui font surtout appel aux voix, solistes ou chœur, a cappella ou avec l’ensemble soliste (c’est-à-dire: dans la Deuxième Île, la partie «Io» de Io-Prometeo et Hölderlin; le premier Interlude; les deux Tre voci, a et b; les Troisième et Quatrième Île), ça donne vraiment une belle idée de l’espèce d’austérité hypnotique et éthérée de cette musique; et les parties qui mobilisent les quatre groupes orchestraux (que j’aime un peu moins - disons que dans ce genre-là, je trouve que Nono a fait mieux, avant et après) sonnent avec moins de brutalité et plus de nuances timbrales qu’à l’ordinaire.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyMer 21 Avr 2021 - 15:30

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Io, frammento dal Prometeo (1981) pour trois sopranos, petit chœur, flûte basse, clarinette contrebasse et électronique live
André Richard / Katia Plaschka (soprano léger), Petra Hoffmann, Monika Bair-Ivenz (sopranos), Roberto Fabbriciani (flûte basse), Ciro Scarponi (clarinette contrebasse), Solistenchor Freiburg, EXPERIMENTALSTUDIO der Heinrich-Strobel-Stiftung des Südwestrundfunks, Freiburg
En public, Salzbourg, VIII.2001
Col legno


Dans la foulée, je viens d’écouter (et de découvrir) cette œuvre, qui est non pas un extrait de Prometeo, mais la première esquisse achevée de ce qui était alors encore un work in progress. En fait, dans la version finale de Prometeo, seuls quelques lambeaux de cette Io de 1981 (où le montage textuel de Massimo Cacciari met en miroir des fragments d’Eschyle et de Hölderlin) seront repris dans la Deuxième Île:
- certain des fragments d’Eschyle dans la partie (a) Io-Prometeo, combinés (tantôt en dialogue antiphoné, tantôt juxtaposés en contrepoint) à une version de la prophétie de Prométhée réécrite de façon plus massive-frontale pour ténor solo, chœur, cordes solistes et orchestre divisé;
- les fragments du Schicksalslied de Hölderlin dans la partie (b) Hölderlin.
(Je parle à dessein de «lambeaux», puisque dans le Prometeo de 1983-84 les deux parties (a) et (b) de la Deuxième Île durent moins de 25 minutes, alors que l’Io de 1981 dure plus de 72 minutes.)

Ce que l’on entend ici est donc une sorte de grand déploiement du matériau que je préfère dans le Prometeo: à la fois les parties chorales (tantôt sèchement déclamatoires avec des intonations quasi-grégoriennes, tantôt proliférantes, tantôt suspendues), les lignes des sopranos solistes «madrigalesques» flottant dans l’extrême aigu, les bruissement de flûte basse et de clarinette contrebasse (tantôt grains tubulaires, tantôt pures vibrations d’anches), dans un jeu flottant de tuilages, d’échos et de répons aux focales et aux textures sans cesse déplacées, amplifiées, recombinées par l’électronique live - autrement dit, vraiment ce versant «poétique» que seul son austérité empêche de qualifier de «planant.» Émerveillement de bout en bout, pour ma part!

Et je recommande beaucoup à David: c’est un peu un développement de «ce-qu’il-aime-dans-Prometeo» - là où la Prometeo-Suite 1992 (enregistrée par Abbado dans son disque thématique sur le mythe de Prométhée) n’en était qu’un condensé.

Matériau sonore et captation extraordinaires de transparence et de finesse.

(Je n’ai pas encore écouté le version de Das atmende Klarsein qui complète ce double CD, et captée lors des mêmes sessions salzbourgeoises de 2001 - mais j’ai déjà écouté cette œuvre dans les versions d’Eva Furrer et Rupert Huber - live à Salzbourg en 1993 chez Col legno et en studio à Stuttgart chez Hänssler.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Luigi Nono (1924-1990)   Luigi Nono (1924-1990) - Page 3 EmptyJeu 22 Avr 2021 - 0:19

C'est noté pour ces deux disques, merci ! bounce
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