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 Marcel Dupré (1886–1971)

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MessageSujet: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyMar 8 Fév 2011 - 19:34

Marcel Dupré (1886–1971) Duprem11
Marcel Dupré à son domicile de Meudon, 1934


L’organiste et compositeur Marcel Dupré est injustement maintenu dans l’ombre malgré une œuvre caractérisée par un langage à la fois moderne et accessible. Né à Rouen le 3 mai 1886 et décédé à Meudon (Hauts-de-Seine) le 30 mai 1971, il laisse derrière lui un catalogue de pièces pour orgue assez impressionnant.

Son père, Albert Dupré, qui deviendra en 1911 titulaire des grandes orgues de l’église abbatiale Saint-Ouen à Rouen, commence très tôt sa formation musicale. La famille est musicienne : son grand-père maternel, Étienne Chauvière, doué d’une magnifique voix de basse, fait une carrière théâtrale et devient maître de chapelle de Saint-Patrice de Rouen. Sa mère, Alice Dupré-Chauvière, est pianiste et violoncelliste de talent. L’enfant bénéficie ainsi d’une influence héréditaire sur sa vocation. À l’âge de quatre ans, il est atteint d’ostéomyélite et doit subir l’ablation de la clavicule droite et garder le lit pendant plus de six mois.

En 1894, à huit ans, il joue en public, et, en 1898, à onze ans, il devient titulaire du grand orgue de Saint-Vivien à Rouen. En 1902, il entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Louis Diémer et en 1905 il obtient un premier Prix de piano. En 1906, Charles-Marie Widor le désigne comme son suppléant au grand orgue de l’église Saint-Sulpice. Le 4 juillet 1914, la cantate Psyché Op. 4 lui vaut le Premier Grand Prix de Rome. La guerre l’empêche cependant d’aller séjourner à la Villa Médicis.

Dès 1920, il présente au Conservatoire de Paris l’audition intégrale de mémoire, des œuvres pour orgue de Bach en dix récitals ; cet exploit est renouvelé l’année suivante au palais du Trocadéro. En 1921, il fait ses débuts à New York. À Philadelphie, il joue 18 récitals sur les orgues monumentales de Wanamaker. Deux ans de suite, il revient aux États-Unis pour donner 94 récitals en 1922 et 110 en 1923. Sa renommée ne cesse de grandir jusqu’en 1939, il fait le tour du monde donnant 40 concerts en Australie et 60 aux États-Unis et au Canada, dont l’intégrale Bach à Montréal. En 1925, il s’installe à Meudon et en 1926, après la mort de Gigout, il est nommé professeur d’orgue au Conservatoire de Paris et y enseignera jusqu’en 1954. Après de nombreuses années comme suppléant (depuis 1906), Dupré succède à Widor en 1934 comme titulaire du grand orgue de Saint-Sulpice, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort, le dimanche de la Pentecôte de 1971. En 1947, il assure les fonctions de directeur général du Conservatoire américain de Fontainebleau. Pendant deux ans, de 1954 à 1956, il dirige le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

Bien entendu, il a beaucoup écrit pour l’orgue seul ainsi que pour orgue et orchestre. On luit doit également quelques œuvres pour piano, violon ou chorale ainsi que de la musique de chambre.

Il publie également de nombreux ouvrages didactiques : un Traité d’improvisation à l’orgue (1924), une Méthode d’orgue (1927), un Cours d’harmonie, contrepoint et fugue (1938) et de monumentales éditions doigtées et commentées de l’œuvre pour orgue de Bach en 12 volumes (1938), des seize concertos de Haendel, des œuvres pour orgue de Mendelssohn, de Schumann et de César Franck.

Quelques œuvres emblématiques
Ce qui suit est, en quelque sorte, une introduction à l’œuvre de Marcel Dupré et ne saurait donc en constituer une limite.

Tout d’abord, la magnifique Symphonie-Passion op. 23 pour orgue. Elle a pour programme la vie du Christ et repose sur une improvisation à partir de quatre thèmes grégoriens. Marcel Dupré la joua à Philadelphie sur « l'orgue du grand-magasin » équipé de 451 registres et propriété de l'homme d'affaires et mécène Rodman Wanamaker.
Dans ses Mémoires le compositeur décrit la naissance de cette œuvre : « Je n'oublierai jamais le soir du 8 décembre 1921 au cours duquel je reçus, parmi les thèmes pour l'improvisation, également quelques thèmes grégoriens : Jesus redemptor, Adeste fideles, Stabat mater et Adoro te. J'eus en un éclair la vision d'une symphonie en quatre parties : Le Monde dans l'Attente du Sauveur, La Nativité, La Crucifixion, La Résurrection »
C'est seulement au cours de l'été 1924 que Marcel Dupré transcrivit la symphonie de la Passion typique et imagée.

On peut en trouver les 4 mouvements sur YouTube dans une excellente interprétation de Rolande Falcinelli (son élève) :
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Ensuite, la Symphonie pour orgue & orchestre en sol mineur op. 25 de 1927/1928. C’est la première œuvre de Dupré de ce format et elle comprend quatre mouvements.
Durant la composition se posait pour Dupré la question de la combinaison des deux masses sonores. Dans sa 3ème symphonie pour orgue et orchestre en do mineur composée en 1886, Camille Saint-Saëns avait proposé une solution qui fit école : l'orgue fut intégré à l'orchestre.
Dupré décrit son traitement des deux éléments sonores comme suit : « L'orchestre comprend quatre masses : cordes, bois, cuivres et percussions, et l'orgue également : fonds, anches douces, grandes anches et mixtures. En conséquence, l'orgue et l'orchestre doivent être traités en “double chœur” par la juxtaposition ou la confrontation de groupes de voix ou de couleurs des sons; le résultat sonore dépend du rapport des mélanges ».
Avec cette symphonie, Dupré voulait créer une œuvre qui ouvrirait de nouvelles voies sur le plan de la forme comme sur celui du langage tonal. Cette œuvre est une belle mise en pratique de sa devise de composition : « L'homme est créateur à la mesure du souffle de vie que son œuvre contient. »

Toujours sur YouTube, nous écoutons l’organiste Michael Murray et le Royal Philharmonic Orch.dirigé par Jahja Ling :

Liens retirés


Enfin, parmi les pièces courtes pour orgue, citons les Deux Esquisses op. 41 qui proposent une musique de concert inhabituelle.
La première esquisse en forme de scherzo (op. 41/1) est une sorte de Perpetuum mobile dont les charmantes harmonies sont inspirées de la musique russe.
La puissante esquisse en si mineur (op. 41/2) est un « Strepitoso » avec un récitatif de pédale à jouer à deux pieds.

Nous écoutons ici l’organiste Marilyn Mason :
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Discographie
La discographie de Marcel Dupré est très fournie au travers de l’excellente intégrale de Naxos.
La Symphonie-Passion op. 23 est disponible dans le volume 8, les esquisses op. 41 dans le volume 12 et la Symphonie pour orgue & orchestre op. 25 dans le volume 3.


Sources :
- Biographie et aperçu de l’œuvre : Wikipedia
- Œuvres emblématiques : Livret du CD Marcel DUPRÉ : Symphonie in g-Moll op. 25 für Orgel und Orchester; Deux Esquisses op. 41 ; Iste confessor op. 38/12 ; Fileuse op. 21/II ; Symphonie-Passion op. 23 - CD MOTETTE-STEREO CD-40111
Ulrich Meldau, orgue
Orchestre Symphonique de Zürich – Daniel Schweizer, Dir.
Texte de Petra Riederer-Sitte traduit par Sylvie Coquillat.

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Tatsuya
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyMar 8 Fév 2011 - 21:29

Et il fut élève de Vierne pour l'orgue.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyMar 8 Fév 2011 - 21:40

Merci pour ce fil qui manquait, Cocotier !

J'avais cité les Quinze versets sur les Vêpres de la Vierge dans ma sélection d'oeuvres d'orgue. Il y a effectivement de très belles choses, et puis des oeuvres plus sèches, plus austères, moins généreuses.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyMar 8 Fév 2011 - 22:57

Merci de ne pas livrer des oeuvres (intégrales en plus) non libres de droits avec des interprétations non libres de droits en lien comme ça...
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyLun 7 Juil 2014 - 21:45


Il m'arrive en effet d'en écouter.

Un compositeur qui a tenu la console de St-Sulpice ne peut être complètement mauvais.

Bien sûr, la Symphonie-Passion est incontournable et très expressionniste, mais il y a des oeuvres plus hermétiques (Préludes et Fugues).
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyMar 8 Juil 2014 - 2:18

shushu a écrit:
Un compositeur qui a tenu la console de St-Sulpice ne peut être complètement mauvais.

Enfin, entre l'instrument graisseux et l'acoustique trouée, il y a quand même d'autres garanties plus sûres du génie, j'espère.
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyMar 8 Juil 2014 - 10:36

La bonne graisse de garagiste est effectivement utilisée à St-Sulpice depuis toujours pour colmater les tuyaux percés.
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyVen 31 Oct 2014 - 1:21

plenum, in playlist, a écrit:

Mélomaniac a écrit:

Marcel Dupré (1886-1971) :

Symphonie Passion Op. 23

Le monde dans l'attente du Sauveur - Nativité - Crucifixion - Résurrection

= Peter Richard Conte, orgue Wanamaker du magasin Macy de Philadelphie

(Gothic, 2002)

Very Happy J'adore cette interprétation. Et quel orgue !

Marcel Dupré (1886–1971) Organx-topper-medium


As-tu déjà écouté dans ta jeune vie, la version par le compositeur à Saint-Ouen chez Philips?


Si tu fais allusion au disque ci-dessous, non j'avais loupé de l'acheter quand il est reparu en CD, et désormais on le trouve d'occasion mais bien cher.
Ceci dit, Conte en livre ici une admirable lecture, sur l'instrument même pour lequel Dupré avait conçu cette oeuvre en 1921.


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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyVen 31 Oct 2014 - 1:25

tiens, moi je n’ai écouté que cette version... l’œuvre ne m’a pas vraiment captivé.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyVen 31 Oct 2014 - 1:42

lucien a écrit:
tiens, moi je n’ai écouté que cette version... l’œuvre ne m’a pas vraiment captivé.
… ce qui me paraît légitime.
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyDim 8 Fév 2015 - 17:21

Mélomaniac a écrit:
plenum, in playlist, a écrit:

Mélomaniac a écrit:

Marcel Dupré (1886-1971) :

Symphonie Passion Op. 23

Le monde dans l'attente du Sauveur - Nativité - Crucifixion - Résurrection

= Peter Richard Conte, orgue Wanamaker du magasin Macy de Philadelphie

(Gothic, 2002)

Very Happy J'adore cette interprétation. Et quel orgue !


As-tu déjà écouté dans ta jeune vie, la version par le compositeur à Saint-Ouen chez Philips?


Si tu fais allusion au disque ci-dessous, non j'avais loupé de l'acheter quand il est reparu en CD, et désormais on le trouve d'occasion mais bien cher.
Ceci dit, Conte en livre ici une admirable lecture, sur l'instrument même pour lequel Dupré avait conçu cette oeuvre en 1921.



Pour ma part, je reste fidèle à la gravure qu'en fit Cochereau en 1955 à ND de Paris pour les début de l'orgue au microsillon , sur le label Oiseau Lyre.

C'est terrible ! Les Grandes Orgues de ND avaient bien besoin de réparation à cette époque. Il y a des grincements sinistres et plein d'air s'échappe des tuyauteries, ça fait des harmoniques en plus.

Document impressionnant.

Marcel Dupré (1886–1971) 51OUfdX44HL
Pierre COCHEREAU
Les "incunables" (1955-56)
SOCD 177/8
3279791772039
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MessageSujet: Re: Marcel Dupré (1886–1971)   Marcel Dupré (1886–1971) EmptyDim 20 Nov 2016 - 15:40


Amateur d'orgues, j'écoute de temps en temps un peu de Dupré.

Ce matin c'était Le Chemin de la Croix, op. 29 (par Y Castagnet, ND de Paris).

On ne va pas crier "au génie !" pour ce compositeur, qui semble parfois/souvent "tirer de grosses ficelles", mais il est évidemment à connaître pour tout amateur de l'école d'orgue française.
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