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 [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyVen 24 Oct 2014 - 0:58

Matthias Goerne et Christoph Eschenbach dans trois grands cycles de Schumann :

¶ Dichterliebe qu'on donne tout le temps (pas forcément le meilleur de Goerne).

¶ Frauenliebe, très rarement donné par des hommes.

¶ Les Kerner, qu'on entend très peu en France.

Il reste apparemment énormément de places : ce n'est pas Winterreise et il y a les vacances scolaires de la zone C.

On peut donc encore avoir des places pour pas cher (et très probablement se replacer très avantageusement).

https://citm-pleyel.shop.secutix.com/selection/event/date?productId=399682762&lang=fr

Je suppose que la fine fleur des mélomanes franciliens sera là (les autres, vous savez désormais ce que je pense de vous).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyVen 24 Oct 2014 - 1:06

Ah, j'en profite pour préciser que les textes ne devraient pas être fournis mais projetés en traduction française — si, comme beaucoup d'amateurs de lied, ça vous agace, prenez vos précautions (en particulier pour les Kerner, qu'on écoute en général moins souvent que les autres – d'autant qu'ils sont un peu moins bons, à mon avis).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyVen 24 Oct 2014 - 17:36

Pour ceux que ça intéresse, optimisé pour les bigleux et les liseuses, les textes bilingues. (confectionné à partir de mon chouchou http://kareol.es )

http://operacritiques.free.fr/css/images/notice_cc_goerne_2014.pdf
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyVen 24 Oct 2014 - 17:37

Bilingues mais pas français, il faut peut-être préciser. Mr.Red
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptySam 25 Oct 2014 - 13:24

Gnagnagnagna.
C'était long et pénible à monter à partir du site d'Emily, tout simplement. Et puis de toute façon, il y a le texte allemand (et, si nécessaire, les surtitres dans la salle).

Bref, c'était très chouette, j'en toucherai un mot plus tard.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyDim 26 Oct 2014 - 1:30

Tout le monde a peur de dire que c'était bien ?

Ça n'encourage pas trop à produire du neuf, alors voici déjà ce que j'ai mis sur CSS (pardon, c'est du copié-collé, les liens sont des liens internes à CSS, n'y prêtez pas garde) :


Matthias Goerne vieillissant chante les jeunes premières

Entendre Matthias Goerne en personne, en salle, est toujours une expérience. J'ai déjà essayé d'en proposer une mise en mots, forcément incomplète (par exemple là il y a longtemps ou ici plus récemment) : l'impression singulière que la voix non seulement tapisse, mais sort des murs ; le sentiment d'être enveloppé par cette voix, comme dans un œuf…

Sur le plan strictement technique, il y a aussi de quoi s'émerveiller : le moelleux extraordinaire sur absolument toute la tessiture, le souffle infini, jouant ses lignes comme un archet dépourvu d'extrémité, prenant à tempo deux fois plus lent deux fois moins de prises de souffle que ses confrères…


Programme de Pleyel

Ce vendredi, il y avait un programme tout Schumann : Frauenliebe und Leben de Chamisso (très rarement chanté par des hommes), Die Dichterliebe de Heine (seul véritable standard du programme) et les Kerner-Lieder Op.35 (rarement donnés en France).


Goerne aujourd'hui

Au fil des années (voilà bientôt vingt ans, depuis ses premiers récitals un peu en vue), certaines caractéristiques se sont accentuées :

La pensée musicale (suprême) prime clairement sur le détail des textes : Matthias Goerne pense par vers entiers, voire par couple de vers, et les exécute dans une continuité suspendue. On le présente souvent comme l'héritier de Fischer-Dieskau (auprès duquel il a bien sûr suivi des masterclasses, je n'ai pas vérifié la quantité), mais c'est un héritage symbolique — en matière de remplissage sur son seul nom de liedersänger, même en dehors de Germanie —, pas du tout stylistique : c'est au contraire l'exact opposé, l'aîné aimant (dès les années 60) colorer différemment chaque syllabe, puis s'orientant à partir des années 70 (assèchement de l'instrument aidant, il est vrai) vers un chant saccadé mettant (jusqu'à l'explication de texte et l'hystérie, dans les mauvais jours) au premier plan le texte.

¶ Ce goût de Goerne avant tout pour la direction de la musique, plutôt que sur le détail du sens ou des situations, semble s'être accentué de façon assez spectaculaire : la diction s'est relâchée, me semble-t-il, et beaucoup de consonnes disparaissent un peu dans les replis de son immense voix voluptueuse — quoique sans la moindre complaisance, on est loin des expédients belcantistes (pour briller ou pour se faciliter la tâche, selon les cas).

¶ De même, les tempi qu'il aimait déjà contrastés deviennent, au fil du temps, de plus en plus extrêmes. Ce qui fonctionne très bien dans Schubert (le Winterreise, et même la Meunière, ne sont faits que de contrastes particulièrement crus) me paraît moins évident dans Schumann, où le piano autonome (et non plus en écho) déroule en général un flux continu qui n'appelle pas ces grandes ruptures. Je dois dire que, dans les Kerner, j'ai quasiment trouvé, malgré la réalisation magnétique, que le procédé du plus-lent-possible dans chaque pièce qui n'est pas vive, et le tempo plus rapide des sections déjà voulues vives, viraient un peu à l'esprit de système. (Je suis tenté de dire, pour préciser mon propos, au tic du grand interprète qui finit par s'interpréter, mais Goerne est tellement au-dessus de ce genre de défaut…)
Pour que ces moments suspendus soient marquants, il faut qu'ils ne soient pas permanents ; or, les mouvements modérés dans les Kerner représentent les deux tiers, pour ne pas dire les trois quarts des pièces, tous changés en largo sostenuto

¶ Vocalement aussi, une petite baisse : depuis cinq ans, disons, la voix devient un peu plus rauque, les aigus sont moins faciles, les nuances fortes (toujours aussi telluriques) un peu plus râpeuses et étouffées, sans la rondeur suspendue qu'elles avaient (comme ses piani l'ont toujours, en fait). Mais il s'agit d'une réduction à la frange du miracle, hein. Si on fait gambader un paralytique, on n'épilogue pas sur la souplesse du petit orteil.

Les cycles de Schumann, aussi, ne lui vont pas au mieux : la jeune femme ébaubie de Frauenliebe (d'ailleurs, franchement, la transposition d'un ton plus haut du premier lied, ça rend la transition ut majeur – mi bémol majeur vraiment rude à l'oreille, il aurait pu trouver mieux) et l'ironie mi-légère mi-tragique de Heine ne sont vraiment pas son terrain naturel d'expression. Les verdeurs émerveillées de Kerner ne le sont pas forcément non plus, mais la musique de Schumann, tellement dense dans l'éclat comme dans la suspension, ménage un assez beau terrain à ses meilleures qualités.


Christoph Eschenbach

Je n'ai jamais beaucoup apprécié Eschenbach (sans le honnir du tout, comme on peut le voir parfois), et je me demandais d'ailleurs pourquoi Matthias Goerne, qui peut choisir qui il veut pour l'accompagner, choisissait un pianiste un peu limité, dont la qualité du son n'a jamais été le point fort.

Vendredi soir pourtant, malgré les tempi très lents, la hauteur de vue d'Eschenbach était frappante, avec ses plans presque immobiles qui se mêlaient très poétiquement, comme le prolongement de la voix du chanteur. Certes, le jeu n'a pas la vigueur des petits jeunes (un petit manque d'incisivité ou de basses çà ou là), mais sa maîtrise de la suspension, des couches qui s'ajoutent progressivement dans les enchaînements schumaniens étaient assez saisissants. Sans comparaison avec ses gravures passées, très valables, mais pas du tout aussi fortes.

Dans Schumann en tout cas, le choix d'Eschenbach devient évident.


Prospective

J'ai tellement épanché mon admiration pour Goerne qu'il ne me reste plus pour en dire quelque chose de neuf, j'ai l'impression, qu'à la colorer de quelques petites réserves comme ici. Trop imprégné de son style, probablement aussi : il devient tellement familier qu'on finit par s'intéresser à ses infimes variations plutôt qu'à son architecture vaste et inacessible. La seule véritable petite frustration tenait dans la diction, qui, dans ce répertoire, me gêne par son flou (mais, dans une salle à taille humaine, on entend très bien ce qu'il dit).
D'ailleurs, signe des temps, je m'aperçois que je tends à mettre plus volontiers un album de Stephan Genz, Christian Gerhaher ou Thomas Bauer (d'avant le spectaculaire déclin), où le verbe est net et l'expression directe, sans effets, qu'un Goerne, sans que mon émerveillement pour lui décroisse au demeurant. Sans doute une évolution personnelle aussi.

Toutefois, j'aimerais beaucoup l'entendre dans les plus beaux cycles d'Othmar Schoeck : dans le Notturno sur les poèmes de Keller (et un peu Lenau) et plus encore l'Elegie sur les poèmes d'Eichendorff (et un peu Lenau), le timbre pourrait se fondre dans le quatuor, et dialoguer comme personne avec eux. Sans parler des méchants Lebendig begraben (Keller encore). Il y a néanmoins une très belle concurrence pour le Notturno, avec sur une poignée de disques les meilleurs liedersänger de tous les temps qui se bousculent : Olaf Bär, Stephan Genz, Christian Gerhaher, Niklaus Tüller… et, sur scène, Adrian Eröd.

Sinon, chez Schubert, il reste quelques œuvres où il pourrait faire merveille ; il y a déjà chanté le cycle des Abendröte (des Schlegel) dans l'intégrale Hyperion — ni le meilleur de Schubert, ni ce qui lui convient le mieux ; mais il serait parfait dans les Faust-Lieder (en particulier la scène de la Cathédrale, bien sûr !), dans les épiques Scott-Lieder.
Et puis, bien sûr, dans les récits ossianiques nocturnes de Die Nacht !

À suivre.
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyMer 29 Oct 2014 - 23:44

http://www.resmusica.com/2014/10/28/quasi-integrale-des-lieder-de-schumann-par-goerne/

Le titre de l'article... est-ce moi qui hallucine ou bien Goerne donne-t-il vraiment d'autres concerts pour réaliser une "quasi-intégrale des lieder de Schumann" ces jours-ci à Pleyel??
Avec 3 opus?
Quand on sait que l'intégrale Hyperion fait 11 CD par exemple...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyJeu 30 Oct 2014 - 0:53

J'aimerais pouvoir dire qu'il s'agit d'un ensemble de concerts donnés en Europe, mais non, Goerne est loin de chanter tout Schumann, même s'il en chante la plupart des grands cycles.

De toute façon, ce serait matériellement impossible (sauf à bidouiller les Myrthen et à faire de grosses invitations pour les trois liederspiele).

Bizarre effectivement. Il doit y avoir un jeu de mots, une faute de français, un mauvais étiquetage…
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyJeu 30 Oct 2014 - 0:57

Ou alors c'est quasi-intégrale des grands cycles chantables par un homme, à la limite...
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calbo
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyJeu 30 Oct 2014 - 12:31

Posez leur la question Wink . Si le rédacteur qui a pondu cette brève a deux sous de jugeotte il vous répondra Smile
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LeKap
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyMer 10 Déc 2014 - 10:01

Bonjour David

En ce qui concerne Eschenbach dans les lieders de Schumann.
Je pense qu'il doit être en terrain connu, il avait en son temps réalisé pour DG les cycles de lieders de Schumann

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyMer 10 Déc 2014 - 12:38

Bonjour LeKap !

Bien sûr, mais il a beaucoup joué les Schubert aussi, je suppose (je ne crois pas qu'il existe des choses en quantité au disque comme pour les Schumann), et il est clairement plus à l'aise dans les Schumann aujourd'hui, parce que cela lui permet, avec des accompagnements plus pianistiques et moins formels, de s'épanouir dans une sorte de poésie suspendue. L'association avec Goerne fonctionne vraiment à merveille pour Schumann.

D'ailleurs, quelqu'un a eu vent des raisons pour lesquelles Leonskaja, qui devait être sa partenaire régulière si j'ai bien suivi, s'est rapidement retirée du projet ?
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LeKap
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MessageSujet: Re: [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne   [Pleyel] Schumann, Frauenliebe, Dichterliebe, Kerner, Goerne EmptyMer 10 Déc 2014 - 12:44

Une question d'affinités comme souvent
( je parles d'Eschenbach/Schumann)
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