Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Le Deal du moment :
MisterGoodDeal : jusqu’à -68% sur ...
Voir le deal

 

 Sibelius - Poèmes symphoniques

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4
AuteurMessage
Mélomaniac
Mélomane chevronné
Mélomaniac

Nombre de messages : 28335
Date d'inscription : 21/09/2012

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyDim 10 Fév 2019 - 21:19

Pohjola, pour Tapiola, a écrit:

Beecham (Live avec la Radio Finlandaise)


kiss Merci de penser à cet incroyable enregistrement diffusé par Ondine !
Cette version est en présélection pour un Mélomaniac d'Or !





Revenir en haut Aller en bas
Xavier
Père fondateur
Xavier

Nombre de messages : 84603
Age : 38
Date d'inscription : 08/06/2005

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyLun 11 Fév 2019 - 0:06

Benedictus a écrit:
Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Sibeli10
En Saga, op. 9
Santtu-Matias Rouvali / Orchestre Symphonique de Gothembourg
Gothembourg, V-VI.2018
Alpha


Grand merci à David d’avoir attiré mon attention sur ce disque!

Shocked Je n’avais jamais entendu En Saga comme ça: chauffé à blanc, à la fois échevelé et d’une tension qui ne relâche jamais, avec une prégnance mélodique et rythmique incroyable, un orchestre qui claque... C’est exaltant de bout en bout et laisse même assez pantelant.

En fait, ça faisait vraiment longtemps que je n'avais pas écouté l'œuvre, mais je l'aime bien (c'est déjà du vrai Sibelius, avec des passages sul ponticello étonnants par exemple un peu avant la moitié) ça me parle davantage que la 1ère symphonie par exemple), et c'est clairement une très belle version, tendue et très vivante. (mais je pourrais pas faire de comparaisons, je n'écoute pas souvent l'œuvre)
Revenir en haut Aller en bas
fomalhaut
Mélomaniaque
fomalhaut

Nombre de messages : 1077
Age : 75
Localisation : Levallois-Perret
Date d'inscription : 23/04/2006

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyLun 11 Fév 2019 - 9:12

La 7ème et dernière symphonie et Tapiola, l'ultime poème symphonique...
Quand Symphonie et Poème symphonie se rejoignent ?

fomalhaut
Revenir en haut Aller en bas
greg skywalker
Mélomaniaque
greg skywalker

Nombre de messages : 1013
Date d'inscription : 06/08/2010

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyLun 11 Fév 2019 - 14:51

greg skywalker a écrit:
Jean Sibelius En Saga

vu l'enthousiasme général de la version Santtu-Matias Rouvali , je réecoute quelques versions

en cd :
Mikko Franck / Swedish Radio Symphony Orchestra    (19'46)      6/10
sir Alexander Gibson / Scottish National Orchestra (18'03)      7/10
Esa-Pekka Salonen / Los Angeles phiharmonic       (17'26)       8/10 (j'aime la fin de 12' -> 17'26 , un trop pressé au début )
Tuomas Ollila / Tampere philharmonic Orchestra (ondine : "classic sibelius")   (18'09)       9/10

sur deezer :
Santtu-Matias Rouvali / Gothenburg Symphony Orchestra  (19'00)  9/10
en + :  des vents , superbe !  
j'aimerai réecouter en cd .
Revenir en haut Aller en bas
Mélomaniac
Mélomane chevronné
Mélomaniac

Nombre de messages : 28335
Date d'inscription : 21/09/2012

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyMer 13 Fév 2019 - 20:42

greg skywalker a écrit:

Jean Sibelius En Saga

vu l'enthousiasme général de la version Santtu-Matias Rouvali , je réecoute quelques versions

en cd :
Mikko Franck / Swedish Radio Symphony Orchestra    (19'46)      6/10
sir Alexander Gibson / Scottish National Orchestra (18'03)      7/10
Esa-Pekka Salonen / Los Angeles phiharmonic       (17'26)       8/10 (j'aime la fin de 12' -> 17'26 , un trop pressé au début )
Tuomas Ollila / Tampere philharmonic Orchestra (ondine : "classic sibelius")   (18'09)       9/10

sur deezer :
Santtu-Matias Rouvali / Gothenburg Symphony Orchestra  (19'00)  9/10



Smile Merci pour ce panorama, avec les minutages.
Pour mémoire, l'interprétation sanguine et cravachée de Horst Stein (Decca) dure à peine 16 minutes !


Revenir en haut Aller en bas
Mélomaniac
Mélomane chevronné
Mélomaniac

Nombre de messages : 28335
Date d'inscription : 21/09/2012

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptySam 7 Sep 2019 - 0:44

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 115°/250



Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Hans_r10
Hans Rosbaud (1895-1962)


Jean Sibelius (1865-1957) :

Suite Karelia, Op. 11

= Hans Rosbaud, Orchestre philharmonique de Berlin

(DG, mars 1957)

Smile Sans revendiquer le statut de chef d'œuvre, cet opus de jeunesse reste assurément un des plus populaires et des plus enregistrés de Sibelius, et j'y succombe volontiers.
La genèse remonte à 1893, sous la forme de pittoresques tableaux à caractère historique empruntés à l'histoire scandinave, dont l'Ouverture et les dix parties duraient environ trois quarts d'heure. Les partitions en furent probablement détruites par le compositeur lui-même avec les ébauches de sa huitième symphonie. Ce qui en survécut fut reconstitué par Kalevi Kuosa en 1965 puis Kalevi Aho et Jouni Kaipainen, et fut enregistré pour la première fois en 1997 par Osmo Vänskä et 1998 par Tuomas Ollila.
En tout cas, l'Ouverture et la Suite en trois parties (que Sibelius avait isolées et dirigées en concert dès 1893) avaient été conservées et furent éditées sous les opus 10 et 11.
J'avais découvert cette œuvre dans l'enregistrement glabre, robuste et scintillant de Hans Rosbaud, que l'on connait surtout dans le répertoire contemporain (même s'il dirigea aussi Haydn, Mozart, Beethoven et les Romantiques) : il avait assuré la création du Marteau sans maître de Pierre Boulez (qui le considérait comme un chef exemplaire) et la première audition allemande de la Turangalîla-Symphonie de Messiaen.
Habitué des aridités sérielles, et des explorations spectrales (son Petrouchka épuré et rayonnant, avec le Concertgebouworkest chez Philips), Rosbaud applique ici ses conceptions à élucider le langage sibélien, restitué en toute transparence. Rarement ces pages ont-elles trouvé semblable cohérence, une telle clarté d'architecture et d'élocution. On le vérifiera aussi dans le Tapiola minutieusement élaboré et stratifié qui accompagnait le vinyle original. Quelques populaires autres pièces (Finlandia, Valse Triste, Festivo...) avaient déjà été captées pour DG en novembre 1954. Durant cette décennie, le chef autrichien grava aussi quelques unes des sept symphonies pour les radios du Südwestfunk, de Munich, ou avec la Tonhalle de Zurich.

L'Intermezzo initial émerge du brouillard de cordes et les appels de cuivres bouchés. Il se mobilise pour illustrer les vigoureuses troupes du Duc de Lituanie, paradant pour collecter l'impôt dans la province du Käkisalmi. Les cors et trompettes du Berliner Philharmoniker tracent cette pompeuse fanfare avec tout le panache requis, et surtout avec une droiture dont le zèle astringent se distingue des flonflons peinturlurés qu'on entend habituellement sous d'autres baguettes.
D'essence lyrique, la Ballade chante une complainte qui se remémore Karl Knutsson (1408-1470, roi de Suède et de Norvège) dans son château de Vyborg.
Un choral de clarinettes est repris par les cordes, dans de subtils tuilages et jeux d'ombrages que les archets berlinois cisèlent avec délicatesse (0'33), sur un tempo suffisamment mobile pour éviter l'alanguissement, propice à l'évocation, mais dont Rosbaud ne brusque pas la force poétique qu'il distille patiemment. Une éloquente césure (3'18) régénère cette anamnèse que conclut le barde par la voix dolente du cor anglais (5'23) et des hautbois.
Le Alla Marcia conclusif défile fièrement et prestement, en l'honneur de Pontus De la Gardie (1530-1585), un mercenaire et bourgeois français originaire de l'Aude, qui fit une brillante et opportuniste carrière militaire, d'abord pour la Couronne du Danemark puis au service de la Suède -pour laquelle il affronta Ivan le Terrible dans la bataille de Narva en 1581.
Une pièce que j'adore : une entêtante rengaine que Sibelius soumet à diverses perspectives, traitement filigrané en canon, s'ébrouant altière et dégingandée sur une trame rythmique à la fois ferme, glissante et propulsive, éclaboussée par éclats de cuivres et clash de cymbales.
A partir d'idées simples, le compositeur nous montre une science de l'instrumentation aussi inventive qu'efficace, et d'un charme fou.
La stimulante lecture de Malcolm Sargent avec le Wiener Philharmoniker (HMV, 1961) harnachait un attelage bariolé mais moins discipliné : à l'instar du trépidant Alexander Gibson (Decca, 1959), on a l'impression d'un traîneau du Père Noël dévalant tout schuss sans toujours maîtriser son parcours.
L'interprétation de Rosbaud n'évite pas une certaine candeur, mais impressionne par sa netteté graphique, notamment les souffleurs (Günter Hermanns, qui assista aux séances et effectua le montage des bandes, se souvient que le maestro insistait pour que les bois se distinguent de la masse). Malgré un tempo détendu, la rythmique corsetée évite la sensation de patinage qu'on ressent dans des lectures trop hâtives et approximatives : Rosbaud garde la tête froide, et construit une structure parfaite, comme si l'on assistait à la cristallisation d'un flocon de neige, qui s'organise dans la pleine intelligence de son expansion. Et ainsi, cette Marche, loin d'une parade triomphaliste, nous promène plutôt dans un paysage méthodiquement engivré, et combien resplendissant sous sa parure de glace.


Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Sibeli23
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
DavidLeMarrec

Nombre de messages : 88512
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyLun 9 Sep 2019 - 9:06

C'est éclairant, merci. Je découvre l'existence de cet enregistrement, j'irai écouter.
Revenir en haut Aller en bas
http://operacritiques.free.fr/css/
fomalhaut
Mélomaniaque
fomalhaut

Nombre de messages : 1077
Age : 75
Localisation : Levallois-Perret
Date d'inscription : 23/04/2006

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyLun 9 Sep 2019 - 12:33

Hans Rosbaud a assez souvent dirigé la musique de Sibelius dont il fut un interprète inspiré.

fomalhaut
Revenir en haut Aller en bas
Mélomaniac
Mélomane chevronné
Mélomaniac

Nombre de messages : 28335
Date d'inscription : 21/09/2012

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyVen 15 Nov 2019 - 23:54

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Jean Sibelius (1865-1957) :

Suite Karelia, Op. 11

= Alexander Gibson, Orchestre symphonique de Londres

(Decca, février 1959)

Smile De loin la plus stimulante version que j'en connaisse, avec celle (plus bariolée mais moins disciplinée) de Malcolm Sargent avec le Wiener Philharmoniker (HMV).
Particulièrement inspirée, finement réalisée et spectaculaire quand il faut, avec au besoin un ton rustre qui convient parfaitement à ces tranches de folklore épique
Dans le Alla Marcia conclusif, Gibson attise la trépidante cavalcade avec une exaltante virtuosité.
Superbe prise de son, réalisée au Kingsway Hall par Kenneth Wilkinson.


Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Sibeli19
Revenir en haut Aller en bas
Iskender
Mélomaniaque
Iskender

Nombre de messages : 1298
Age : 52
Localisation : Bretagne
Date d'inscription : 11/08/2009

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyLun 17 Fév 2020 - 17:31

Écoute de deux versions relativement récentes des Légendes de Lemminkäinen par deux chefs dont la réputation dans la musique de Sibelius n'est plus à faire :

- Orchestre de la Radio Finlandaise, Hannu Lintu (Ondine, 2015)
- BBC symphony orchestra, Sakari Oramo (Chandos, 2019)

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 SibeliusLintu-225x225Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 SibeliusOramo-225x225

Oramo me plait ici par son élan et le choix de tempi assez alertes que je préfère chez lui, notamment dans le volet Lemminkäinen à Tuonela (qu'il fait le choix de placer en II). Mais il y manque un peu l'atmosphère. On a ici une sonorité "au premier degré", sans couleur particulière, en plus desservie par une prise de son qui déséquilibre l'ensemble en desservant les cuivres, arrondit les cordes et gomme un peu l'accentuation, met en valeur certains détails intéressants dans les bois, mais de telle manière qu'on ne sait pas si ça correspond à des choix délibérés du chef.

Chez Lintu on a un traitement plus approfondi de textures, d'équilibre et surtout d'accentuation. Lintu réussit comme personne ce qui est pour moi fondamental chez Sibelius et particulièrement dans les volets I & IV de Lemminkäinen : le respect à la lettre et l'éxécution parfaite des forte-piano et des sforzandi, des accents et des dynamiques sur les piano-crescendo, particulièrement dans les cuivres.
L'équilibre résulte chez lui de choix délibérés : Le cygne de Tuonela surprend par un cor anglais qui n'est pas mis en avant comme à l'accoutumée mais fondu dans l'orchestre. Sachant que de toutes façons même ainsi on le distinguera toujours, cela éclaire la pièce d'un jour inédit.

C'est surtout Ondine/Radio finlandaise qui est supérieur à Chandos/BBC (tant au niveau de la prise de son que des orchestres) , les chefs ayant ici chacun leur intérêt sur des critères différents. Reste qu'une fois encore, quand on entend Lintu dans Sibelius, on regrette que son intégrale assez récente des symphonies de Sibelius n'existe qu'en dvd, à prix prohibitif et pas facilement disponible.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.myspace.com/etiennetabourier
Iskender
Mélomaniaque
Iskender

Nombre de messages : 1298
Age : 52
Localisation : Bretagne
Date d'inscription : 11/08/2009

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyMer 19 Fév 2020 - 22:23

Xavier a écrit:
Benedictus a écrit:
Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Sibeli10
En Saga, op. 9
Santtu-Matias Rouvali / Orchestre Symphonique de Gothembourg
Gothembourg, V-VI.2018
Alpha


Grand merci à David d’avoir attiré mon attention sur ce disque!

Shocked Je n’avais jamais entendu En Saga comme ça: chauffé à blanc, à la fois échevelé et d’une tension qui ne relâche jamais, avec une prégnance mélodique et rythmique incroyable, un orchestre qui claque... C’est exaltant de bout en bout et laisse même assez pantelant.

En fait, ça faisait vraiment longtemps que je n'avais pas écouté l'œuvre, mais je l'aime bien (c'est déjà du vrai Sibelius, avec des passages sul ponticello étonnants par exemple un peu avant la moitié) ça me parle davantage que la 1ère symphonie par exemple), et c'est clairement une très belle version, tendue et très vivante. (mais je pourrais pas faire de comparaisons, je n'écoute pas souvent l'œuvre)

Depuis le temps que je devais me pencher sur ces Sibelius de Rouvali (dont j'avais vu des extraits de concert sur le net). Je ne partage pas l'enthousiasme général et particulièrement sur cette version d'En saga. À première écoute c'est sûr, ça envoie, c'est brillant, avec un orchestre fabuleux et une excellente prise de son. Et puis à la longue c'est fatigant. Il faut attendre la 12ème minute pour avoir une nuance piano. On prend la partition et je suis désolé, les nuances piano et les dynamiques n'y sont pas. C'est dirigé à coups de sabre; tout est forte, ce qui ruine les crescendo, c'est accentué à coups de boutoir. Quel tapage.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.myspace.com/etiennetabourier
Bruno Luong
Mélomaniaque


Nombre de messages : 1077
Date d'inscription : 07/08/2012

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyJeu 20 Fév 2020 - 15:59

C'est exactement la meme impression ca me fait en écoutant sa 2e. Il y va fort presque tout le temps donc gommer un peu l'impact des climax.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Mélomaniac
Mélomane chevronné
Mélomaniac

Nombre de messages : 28335
Date d'inscription : 21/09/2012

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 EmptyDim 15 Mar 2020 - 19:54

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 224°/250



Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Gibson11
Alexander Gibson (1926-1995)


Jean Sibelius (1865-1957) :

Roi Christian II, Suite Op. 27

= Alexander Gibson, Orchestre national d'Écosse

(Emi, août 1966)

Smile Cette musique se rattache au style italien de Sibelius quant au lyrisme et à la veine épique pour son fougueux finale qui annonce la Symphonie n°1. Elle dérive d'une pièce de théâtre d'Adolf Paul illustrant la vie tumultueuse d'un monarque scandinave de la Renaissance, Christian II (1481-1559), notamment célèbre pour sa liaison avec Dyveke Sigbritsdatter (une roturière d'origine hollandaise) qui se maintint en adultère après l'union avec Isabelle d'Autriche : deux ans plus tard, la concubine fut empoisonnée par un aristocrate que le Roi fit exécuter. Depuis le XIV° siècle, la Scandinavie (Danemark, Suède, Norvège, Finlande) était sous emprise monarchique, sous le régime de l'Union de Kalmar (contrant l'expansion hanséatique dans les pays baltes), déchirée par des tensions internes avec des indépendantistes comme Sten Sture (1493-1520). Accusés d'hérésie par l'archevêque Gustav Trolle, une centaine d'anti-unionistes furent exterminés en novembre 1520 lors d'un banquet organisé par Christian qui fut aussitôt surnommé « le tyran » après ce bain de sang connu comme Stockholms blodbad.
La musique de scène fut écrite en deux phases durant 1898 : quatre des sept numéros furent donnés en concert par le compositeur lui-même en février, les trois autres (les plus ambitieux : Nocturne, Sérénade, Ballade) furent rédigés pendant l'été. Une Suite en cinq parties en émana à l'hiver et fut la première partition de Sibelius publiée, par Breitkopf & Härtel qui devint son principal éditeur, en lui assurant une audience hors de son pays natal.

On n'atteint pas ici le génie minimaliste de La Tempête ou Pelléas et Mélisande ; l'œuvre reste moins populaire que la Suite Karélia. Pour autant je succombe à ces ambiances chevaleresques qui seront encore abordées dans les deux Suites historiques op. 25 & 66. La discographie compte notamment les versions de Stig Westerberg ‎(chez le label Westminster, mai 1955, très pittoresque mais le finale manque de flamme), Jussi Jalas (Decca, juin 1975, un peu routinier), Paavo Berglund (Emi, paru en 1982). Et surtout le superbe enregistrement d'Alexander Gibson. Quand à trente-trois ans ce jeune chef fut nommé à la tête de l'Orchestre National d'Écosse, il succéda à deux tenants de la tradition germanique, Karl Rankl (1952–1957) et Hans Swarowsky (1957-1959) qui y défendirent le répertoire austro-allemand et ostracisèrent les avatars septentrionaux. En réaction à ces sept années de quasi-censure, Gibson dirigea symboliquement les... sept symphonies de Sibelius, dont il enregistra alors de remarquables albums pour Decca (Symphonie n°5, Suite Karélia) et HMV.

Le Nocturne peint une langoureuse idylle dont le thème principal s'énonce aux clarinette et basson (0'23). Au grave du registre, les violons creusent un climat poignant (1'03) mobilisé sur des pizzicati. Les bois minorisent une réplique (2'17), la scène devient dansante (les voluptueux triolets d'archets), les roulements de timbales maintiennent la tension. Le thème d'amour revient aux cordes (4'02), s'enfle, plafonne et s'émoustille avec le tambour de basque (5'30) jusqu'à un largamente (5'50) qui s'évanouit progressivement comme des rideaux se refermant pudiquement sur l'alcôve.

Vient une rêveuse et soyeuse Élégie en si majeur dévolue aux seules cordes. Puis une Musette en si bémol, de forme A-B-A : sur un nébuleux tapis de cordes en sourdine, les deux clarinettes chantonnent une rengaine débonnaire détachée en staccato. Hypothèse toute personnelle : quand on sait que le prénom Dyveke signifie « petite colombe » en néerlandais (nationalité de la maîtresse du Roi Christian), on ne peut s'empêcher d'y entendre des roucoulades en guise d'allusion. Le basson introduit un épisode inquiet (0'54-1'29) avant le retour de la mélodie initiale. Avec ses souffleurs suédois, Westerberg en avait gravé une lecture idéalement agreste et pétulante, mais Gibson souligne aussi les parfums doux-amers de ce pétillant portrait.

D'une émotion et d'une structure plus complexes, voilà maintenant le volet le mieux élaboré de la série : la Sérénade porte en sous-titre « prélude au banquet de l'Acte III » et résonne d'emblée de solennels appels de cors martelés par les timbales. Suit un épisode cantabile (1'32) porté par les cordes, dans un décor progressivement passionné, bruissant d'émois et de soupirs. Une transition largamente amène une conclusion menuetto (3'42) ponctuée par le triangle.

La Suite s'achève par une véhémente Ballade dont l'élan dramatique renvoie probablement aux instincts sanguinaires du tyran : une épique cavalcade menée tambour battant. D'une fièvre qu'on retrouvera dans Le Retour de Lemminkaïnen opus 22. Un grondement de timbales sur fond de trombones impulse une farouche envolée des altos et violoncelles. D'anxieux soupirs des flûtes et bassons induisent un palpitant suspense. Les cuivres, les clash de cymbales, les roulements de grosse caisse, les zébrures de cordes précipitent un tableau haletant.
Gibson entraîne ses pupitres écossais dans une course aussi virtuose qu'édifiante, splendidement captée par les micros de Peter Bown dans les studios d'Abbey Road.


Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Sibeli17
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: Sibelius - Poèmes symphoniques   Sibelius - Poèmes symphoniques - Page 4 Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Sibelius - Poèmes symphoniques
Revenir en haut 
Page 4 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique classique :: Discographie :: Oeuvres (discographie)-
Sauter vers: