Autour de la musique classique

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 Hans Krása (1899-1944)

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Morloch
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MessageSujet: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 11:11

Hans Krása (1899-1944) Krasahans1yj8

Découverte extraordinaire que ce Hans Krasa. J’ai mis un certain temps à m’intéresser aux musiciens de cette génération composant de la « musique dégénérée » selon les nazis, j’avais un préjugé à leur égard, pensant que leur mise à l’index puis leur redécouverte était un effet de mode sans relation avec leur qualités musicales, j’avais tort. Hans Krasa a été « oublié » de la postérité avant sa redécouverte dans les années 1990. Il est mort en 1944 a Auschwitz, après avoir passé presque deux ans à Terezin.

La musique de Krasa est un miroir de l’effervescence artistique qui régnait à Prague entre les deux guerres.

Il est né en 1899 dans une famille germanophone assez aisée qui a encouragé ses talents musicaux. Ce contexte favorable lui a permis de perfectionner sa formation et de côtoyer les milieux artistiques européens de l’époque. Sa sœur Marie Mitzi-Krasa était une pianiste réputée. Hans Krasa a 11 ans lorsqu'une de ses premières compositions est jouée par l'orchestre balnéaire de Salzbourg.

Krasa a notamment reçu des cours particuliers de composition de Zemlinsky, qui lui trouva un poste de répétiteur au Neues Deutsches Theater de Prague, il fréquentait principalement les artistes et écrivains de langue allemande à Prague.

Les talents de Krasa ne passèrent pas inaperçus, notamment de Max Brod qui semble avoir suivi le compositeur à partir de 1921, quand Zemlinsky dirigea son opus 1, les Galgenlieder (sur des poèmes de Christian Morgenstern), avec un grand succès.

Les goûts de Krasa le portaient vers l’ironique et le grotesque, d’où son choix d’un poème de Rimbaud « Les chercheuses de poux » dans le troisième mouvement de sa symphonie écrite en 1923. D’ailleurs, il semble que le 3ème mouvement ait été jugé de mauvais goût, car si les deux premiers mouvements de cette symphonie avaient été joués plusieurs fois, à Prague mais aussi Paris, Boston et Zurich pendant les années 1920 et 1930, il a fallu attendre 1991 pour que soit joué le 3ème mouvement à Berlin.

Krasa écrivit peu dans les années 20, continuant à se perfectionner et voyager. Il travailla au Krolloper de Berlin – toujours la filière Zemlinsky, qui était assistant de Klemperer dans cet opéra - , prit des cours de composition avec Albert Roussel à Paris et il accompagna la chanteuse Carola Neher dans une tournée en URSS, Carola Neher travaillait à cette époque beaucoup avec Brecht et Weill.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 11:11

Hans Krása (1899-1944) Gloppn7


Il semblait pouvoir écrire vite et avec facilité. Il impressionna beaucoup sur ce point le compositeur Viktor Ullmann qui le rencontra en 1928, et qui en fit un compte rendu admiratif pour un journal musical. Cependant, la fluidité de sa musique est le fruit d’un long travail, Krasa était perfectionniste et méticuleux, car il ne voulait surtout pas que sa partition « contienne un seul passage ennuyeux » (tiré d’une lettre écrite en 1928 à Hans Heinscheimer, responsable des opéras aux éditions Universal).

Bien, on ne sait pas exactement quand Krasa a commencé à travailler sur son opéra « Verlobung im Traum » , « Fiançailles en rêve », on sait juste qu’il travaillait dessus lors de sa rencontre avec Ullmann en 1928, et que l’œuvre sera achevée en 1930.

Le sujet est inspiré d’une histoire de Dostoïvesky, « le rêve de l’oncle ». Krasa avait choisi ce texte après avoir refusé beaucoup de livrets qu’il jugeait trop liés aux modes de l’époque. Il souhaitait une histoire qui soit plus intemporelle, plus universelle. L’histoire est teintée d’une ironie amère, et touche au sujet du sort de l’individu dont l’importance est réduite à néant, et qui n’a plus droit au moindre respect à cause de calculs sociaux cyniques.

Epaulé par Max Brod, Krasa confia la tâche d’élaborer son livret à deux collaborateurs du Prager Tageblatt : Rudolf Thomas, éditeur en chef, et Rudolf Fuchs, traducteur. L’œuvre fut créée le 18 mai 1933 au Neues Deutscher Theater de Prague, sous la direction de Georges Szell.

Musicalement, l’œuvre est composite, mais possède une réelle unité du fait d’une certaine sobriété d’écriture, sans doute sous l’influence de préceptes de Schönberg. Krasa écrit en 1933 qu’il s’est efforcé d’être fidèle aux idéaux de Schönberg en s’assurant que chaque note forme une partie indispensable de l’ensemble.

Mais si Krasa a dit que Schönberg était la personnalité qui avait eu le plus d’influence sur sa conception esthétique, il s’est beaucoup préoccupé de varier les techniques vocales en fonction de la psychologie des personnages. Son écriture vocale est paraît-il redoutable, le rôle de la jeune Sina, en proie à des émotions contradictoires, est constitué de ruptures rythmiques et de contrastes brusques, même si le ton général de l’œuvre se rapproche souvent d’une conversation en musique.

A noter, l’incroyable sophistication des ensembles de chanteurs, du contrepoint, une certaine polyphonie avec des harmonies délicieusement dissonantes.

Il incorpore aussi le célèbre Casta diva de Bellini dans la partition, chanté par Sina pendant que l’action de l’opéra continue, et le Trouvère de Verdi est aussi cité. Il semble également avoir été influencé par Roussel, et certaines harmonies rappellent la musique française, alors les critiques praguois de la création avaient surtout perçu l’influence de Stravinsky.

Il est également possible de voir d’autres influences : musique de cabaret praguoise, avec un « duo de la vengeance » sur un rythme de fox-trot, des accents qui peuvent faire penser au jazz, mais assez fondus dans la partition, qui utilise plusieurs fois le saxophone.

Le résultat final de cet éclectisme est homogène, Krasa s’employant à conserver une logique d’ensemble, il y parvient avec brio.

L’opéra fonctionne assez bien dramatiquement, avec un découpage en tableaux, l’œuvre doit durer deux petites heures.

Une découverte indispensable donc pour les amateurs de musique délicieusement décadente de l’entre deux guerres, moins intense que Janacek, plus sobre que Schreker, je trouve que le compositeur que je connais et dont Krasa se rapproche le plus est Szymanowski. Je dirais que sa musique est élégante et sophistiquée à la fois, avec des accents grinçants.

Heureusement pour lui, Krasa bénéficie d’une redécouverte par une interprétation de haut vol de son opéra : Jane Henschel, Juanota Lascarro, Charlotte Hellekant, Albert Dohmen, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin dirigé par Lothar Zagrosek. Vraiment un enregistrement réussi, avec en complément sa symphonie dirigé par Vladimir Ashkenazy (il faut que je la reécoute).


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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 11:13

Sources : le livret Decca de Verlobung im Traum et ce site de Radio Prague :

http://www.radio.cz/fr/article/65678


(il y a un peu de musique en écoute)


Dernière édition par le Dim 29 Juil 2007 - 11:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 11:14

Son oeuvre la plus célèbre est l'opéra pour enfants Brundibar, que je n'ai jamais entendu.

J'ai également vu que des quatuors à cordes avaient été enregistrés, je lorgne déjà dessus.

Hans Krása (1899-1944) Brundibar1
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 13:29

merci pour ce développement, vraiment passionnant: et le disque comporte une symphonie en complément! je me demande comment je suis passé à côté de ça. Je reste dubitatif sur Victor Ullman, mais d'après ce que tu en dis et le petit extrait de "Casta Diva", on a l'air d'être dans un tout autre domaine.
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Philippe
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 13:44

Brundibar est une oeuvre extraordinaire et très émouvante, dont les nombreuses représentations à Terezin marquèrent la vie du camp de concentration dès l'année de sa création à Terezin en 1943.
C'est une sorte d'hommage aux enfants ayant vécu dans ce camp et dont très peu survécurent.

Selon moi il faut entendre la version en tchèque : celle de Koch-Swann est sûrement la plus recommandable, mais pour qui découvre Krasa (désolé je ne sais pas comment faire les accents) cette version chez Channel Classics contient aussi des Songs (en tchèque également) très recommandables également ; les deux versions sont à connaître.

Pour les oeuvres de musique de chambre, un album très facile à trouver est celui édité récemment par Praga (bien que le CD Koch de la collection The Terezin Music Anthology en comporte déjà quelques-unes). Mais si l'on aime le Quatuor Kocian, c'est un CD à ne pas rater. Il y a d'ailleurs un double-CD Krasa + Pavel Haas (qui n'est pas de la m... non plus), formidable Cool
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyDim 29 Juil 2007 - 18:18

Quel parcours ! Very Happy

Le génial pédagogue Zemlinsky, Ullmann, Klemperer, Dostoïevsky, Schönberg...

Merci beaucoup pour cette présentation qui s'avérait indispensable. Smile
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyLun 30 Juil 2007 - 0:04

Sur la symphonie, je l'ai écouté de nouveau ce soir. C'est beau mais ça reste plus anodin, dans le même style que son opera, mais ça ne décolle jamais vraiment, sauf dans le 3ème mouvemnent chanté.

Peut-être Krasa était-il un compositeur fait pour le lyrique ?
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMar 14 Aoû 2007 - 21:03

Je suis à l’écoute des Fiançailles de Krása ce soir.

Je ne me hasarde pas, de toute façon, à un compte-rendu conséquent du type de Morloch, il y aurait trop à s’occuper…

De toute façon, j'ai toujours dit que je trouvais ce type de musique complètement nul.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMar 14 Aoû 2007 - 21:06

Pour ceux qui ne m'ont pas cru, reprenons :


... Mais je dois dire que ce mélange de tonalité volubile et stable (façon russe plus que viennoise, si l'on veut - tortueux mélodiquement mais pas trop modulant) et de dérision avec cette musique de cabaret dans les interludes, ces échos ironiques de l’orchestre aux personnages, ces scènes de séduction à rebours (la timide tentative de viol est ce qu’il y a de plus lyrique, comme la déclaration de Tamare ou de Salvago, dans les Gezeichneten…), ce vaudeville indécidablement tragique, ces références qui surgissent de partout… tout cela est extrêmement intéressant. Peut-être pas séduisant, mais fascinant tout de même.

Je suis frappé par l’étrange extériorité des personnages à leur propre histoire, sans parler de la mise à distance par les trivialités orchestrales. Le moment de bravoure est bien entendu cette scène de Casta Diva, irrésistible pour un BT, avec ces commentaires en quinconques, ces nombreuses discordances, des fausses notes même – et pourtant, cela sonne avec l’élan d’un ensemble de Strauss ou Wagner… Chaque élément est caractérisé et entre dans la danse, mais en plus d’y participer, semble toujours la dérégler un peu plus… Du travail de maître.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMar 14 Aoû 2007 - 21:30

j'ai eu peur cinq minutes...
car, en effet, nous voilà en présence d'un véritable chef d'oeuvre. Il faudrait reprendre en détail, mais dans l'immédiat, quelques détails frappants, et tout d'abord l'effet de surprise de la structure, cet épilogue ahurissant qui intervient au moment du coup de théâtre, créant une action sans finale, ou plutôt un final qui a déjà eu lieu avant la dernière scène de l'opéra, un effet encore une fois à la Wozzeck.
Grande chance, l'opéra est servi par un livret excellent, non pas tant dans ce qu'il raconte mais dans la forme, un livret qui aurait enchanté Mozart car les occasions sont multiples de bâtir des ensembles en quiproquo où tous les personnages sont animés de sentiments différents (je me suis demandé s'il n'y avait pas une parodie du finale du 1er acte de Cenerentola d'ailleurs) et divergents, créant des atmosphères contradictoires où l'on ne sait plus si l'on est dans la farce ou la tragédie la plus noire.
Pléthore de citations plus ou moins conscientes ou ironiques qui habillent l'action d'un jeu multiréférentiel, on entend Mahler, Berg, les contemporains les plus proches aussi à travers l'usage du saxophone et du piano dans des échos de jazz magnifiés, plus fondus que chez Krenek dans une ambiance post-romantique. Et surtout ne croirait-on pas par moment se trouver dans le modèle du Chevalier à la Rose?

Pour qui n'a entendu que Brundibar, on se trouve-là à l'autre extrémité, plus du tout du côté de Weill et du cabaret, mais dans un lyrisme dont on soupçonnait seul Richard Strauss capable à la scène.
Et tout celà sans une longueur... il est proprement incroyable qu'une telle merveille ne soit jamais programmée, même en version de concert.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMar 14 Aoû 2007 - 21:34

Très honnêtement, vu l'enthousiasme que ça suscite chez les marginaux que nous sommes, je serais programmateur, rien que ça me convaincrait de n'en rien faire. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMar 14 Aoû 2007 - 22:29

on le traduit en italien et on fait passer ça pour une oeuvre d'un jeune compositeur milanais contemporain: Andrea Crasso Il matrimonio in sogno, succès assuré (à Favart)
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Rubato
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMer 15 Aoû 2007 - 8:55

Je viens de "tomber" sur ce sujet, qui m'avais échappé!!!.

Je ne connaissais Krása que de nom, et après la lecture de la présentation de Morloch, je pense que je vais m'intéresser de plus prêt à son oeuvre, et sans tarder!!

Je sens déja que je vais aimer!! Smile

Merci Morloch.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyJeu 20 Sep 2007 - 20:59

On n'a pas beaucoup parlé du reste de Krása.

Concernant Brundibár, c'est assez écoutable malgré les enfants, on reste dans une tonalité badine, assez proche des déhanchements grotesques de Schulhoff. Pas d'expérimentation ici, mais une forme d'allègement en guise de décadence, un peu comme pour Poulenc vis-à-vis de Debussy. On pense à Weill, aussi.
La version chez Abseits, en allemand, plus fidèle au texte que celle de Naxos, en anglais, mais cette dernière présente le grand avantage de disposer d'un prélude qui constitue la part la plus intéressante de l'oeuvre.

Sinon, un livret aux scènes un peu juxtaposées, et une musique très séquencée aussi, toujours insouciante.

On retrouve ce folklore à la fois lointain et prompt à alléger le ton dans sa musique de chambre, et notamment son quatuor. La Kammermusik avec clavecin annonce, par certains côtés, le caractère mixte de l'écriture modérément dissonante d'un Denisov.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMer 17 Oct 2007 - 10:58

Je ne connais pas son opéra, mais sa musique de chambre est tout à fait intéressante (Quatuor, Musique de chambre avec clavecin...).

Tout à fait ce patchwork décadent qui associe l'atonalité, les airs à la modalité nostalgique, le cabaret. Zemlinsky et Poulenc, Schullhoff et Weill. Malgré la période troublée il conserve un optimisme confondant, rien n'est grave ici, la légèreté me frappe, elle est tellement rare chez ces compositeurs germaniques de l'entre-deux-guerres.

Belle découverte.


Dernière édition par le Mer 17 Oct 2007 - 11:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyMer 17 Oct 2007 - 11:33

la musique avec clavecin est assez étonnante en matière d'anticipation sur l'époque, c'est très original, comme l'est sa symphonie à l'orchestration diaphane et raffinée.
Oui, c'est assez frappant chez Krasa, cet optimisme, jusque dans la petite Ouverture de 1944 écrite à Therezin. Même Brundibar est assez joyeux en surface; le gouffre n'en est que plus profond, il y a un effet mozartien dans cette superposition d'atmosphères contradictoires.
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptySam 27 Oct 2007 - 3:53

Et hop ! Avec le nouvel Morlochindex on a l'impression d'avoir découvert la téléportation !

Tout ça pour dire que la musique de chambre de Krasa est belle. La Passacaille et fugue, un régal. Very Happy
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptySam 27 Oct 2007 - 3:58

Groumpf. cheers
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MessageSujet: Re: Hans Krása (1899-1944)   Hans Krása (1899-1944) EmptyLun 23 Avr 2012 - 21:50

J'écoute son Quatuor, œuvre en trois mouvements datant de 1921. Ce mélange entre héritage classique, jazz et ombres menaçantes est réellement fascinant. Si la musique ne prend jamais une tournure réellement joyeuse, elle s'en donne souvent l'air, derrière des mélodies légères et innocentes - mais il y a toujours un rappel à l'ordre, ça ne s'étale pas. Le second mouvement en particulier est remarquable, je trouve, une danse fantasque et fantomatique.
A noter : ce très bon disque, regroupant toute la (superbe) musique de chambre de Hans Krasa :

Hans Krása (1899-1944) 51B78qlWpxL._SL500_AA300_
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