Autour de la musique classique

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 Georges Bizet (1838–1875)

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Guillaume
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMar 1 Fév 2011 - 12:25

DavidLeMarrec a écrit:
On ne lit vraiment pas les symboles de la même façon. Laughing

Témoin :

malko a écrit:
Lui rendre sa bague

J'ai toujours trouvé ça totalement goujat, un peu comme les types qui quittent un forum en effaçant tous leurs messages, comme si le passé pouvait être nié. Là, elle désire surtout blesser José pour qu'il décide enfin de la tuer. C'est pas franchement la remise délicate d'un souvenir partagé, à l'intention de la jeune fille plus digne de lui qu'il rencontrera un jour...

Et puis je ne peux m'empêcher d'entendre Callas ("tiens !"). Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 796625

Laughing Oui, Callas n'est pas du tout dans l'optique de la noblesse.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMar 1 Fév 2011 - 12:27

malko a écrit:
Ce que tu dis n'est pas incompatible : elle est certes provocante mais c'est parce qu'elle rompt un serment de fidélité.
Mais enfin, Carmen n'a jamais fait aucun pacte de ce genre... elle est toujours dans l'éphémère, elle n'a rien besoin de résilier...

Citation :
peut on mettre dans la bouche d'une vulgaire catin
Une légende urbaine veut que Carmen soit une prostituée chez Mérimée, mais elle est sans fondement. Je n'ai jamais dit cela, je dis simplement qu'elle a tous les attributs de la bohémienne, et pas spécialement de l'aristocrate, ce qui me paraît tout à fait normal et pas spécialement sujet à jugement.
Après, le personnage est-il sympathique, pas beaucoup pour moi, mais c'est une affaire toute personnelle.

Citation :
" les anneaux de cuivre et d'argent reluisaient sur les peaux bistrées; D'orange ou de rouge zébrées, les étoffes flottaient au vent..." ?
Oui, ce passage est très joliment écrit, on croirait lire du Wilder.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMar 1 Fév 2011 - 12:28

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
" les anneaux de cuivre et d'argent reluisaient sur les peaux bistrées; D'orange ou de rouge zébrées, les étoffes flottaient au vent..." ?
Oui, ce passage est très joliment écrit, on croirait lire du Wilder.

Ce Wilder, il a écrit autre chose que des traductions? Surprised
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMar 1 Fév 2011 - 17:12

DavidLeMarrec a écrit:
malko a écrit:
Ce que tu dis n'est pas incompatible : elle est certes provocante mais c'est parce qu'elle rompt un serment de fidélité.
Mais enfin, Carmen n'a jamais fait aucun pacte de ce genre... elle est toujours dans l'éphémère, elle n'a rien besoin de résilier...

Escamillo
"Si je m'avisais de t'aimer et d'être aimé de toi, qu'est ce que tu me répondrais ?"

Carmen
"Je répondrais que tu peux m'aimer tout à ton aise mais que quant à moi, pour le moment, il ne faut pas y songer !
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 1:08

malko a écrit:
pour le moment
Tout est dit. Smile
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 1:33

"pour le moment" c'est tant qu'il en digne et pas nécessairement au gré de ma fantaisie.
D'ailleurs :
Carmen
"Ah ! Je t'aime Escamillo, je t'aime et que je meure
Si j'ai aimé quelqu'un autant que toi
"
I love you
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 9:09

Mais Carmen a assurément du panache, qui voudrait le nier ? Ce n'est pas pour autant qu'elle a du tact, des manières ou de la grandeur d'âme.

Simplement, je trouve bizarre de vouloir nier l'originalité du livret (une sorte de folklorisme concret, dans une perspective assez différente des visions véristes), pour en faire un dérivé des grands genres habituels. Surprised
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 12:42

Je ne pense pas travestir.

La raisonnance au dela des siècles de Carmen provient de sa modernité, pas de son folklore.
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 12:50

malko a écrit:
Je ne pense pas travestir.

La raisonnance au dela des siècles de Carmen provient de sa modernité, pas de son folklore.

135 ans plus tard, Carmen n'a rien perdu de sa modernité.

Les paradoxes de la modernité...! Laughing
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 13:24

malko a écrit:
En ce temps, en ces lieux, la liberté que revendique une femme et qu'elle assume, d'emblée, au coût de sa vie en fait elle un personnage réelement rustique ?
rustique peut-être pas mais ce n'est pas non plus une intello bon chic bon genre! Carmen reste tout de même une bohémienne, une gitane avec tout ce que ça comporte de significations au niveau de son attitude, de ses réactions et de sa soif d'indépendance et de liberté (et de toutes les libertés) et ça, ça vaut pour Mérimée comme pour Bizet. Vouloir intellectualiser le personnage de Carmen tend à le vider de sa substance propre.
Il n'y a pas de noblesse chez Carmen, il y a chez elle une force de caractère et une détermination hors du commun presque animales (cf chez Mérimée la comparaison avec les chats) qui font que c'est elle qui décide, c'est elle qui prend le dessus sur l'homme, c'est elle qui vole et endosse la virilité dévolue à l'homme qui, du coup, est complètement largué, dévirilisé qu'il est, face à cette femme qui a le dernier mot jusque dans la mort (sans parler en outre du code gitan!)
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 13:30

Assez d'accord avec cette vision de Carmen... Mais j'avais senti une certaine course vers la mort en entendant Antonacci à l'Opéra-Comique... A partir de l'acte III, on avait l'impression qu'elle était totalement résignée à mourir, la cherchant même... considérant que son amour avec Don José était terminé, tout était fini... Comme si elle s'y était jetée toute entière à tel point qu'elle ne pouvait plus vraiment aimer par la suite. Du coup, son amour pour Escamillo prenait la couleur d'une dernière bravade envers Don José pour le pousser à bout... et le moment où elle enlevait son voile lors du duo final sonnait comme sa libération...

J'avais jamais vu ça comme ça... Mais ça me plait assez!

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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 13:40

Polyeucte a écrit:
Assez d'accord avec cette vision de Carmen... Mais j'avais senti une certaine course vers la mort en entendant Antonacci à l'Opéra-Comique... A partir de l'acte III, on avait l'impression qu'elle était totalement résignée à mourir, la cherchant même... considérant que son amour avec Don José était terminé, tout était fini... Comme si elle s'y était jetée toute entière à tel point qu'elle ne pouvait plus vraiment aimer par la suite. Du coup, son amour pour Escamillo prenait la couleur d'une dernière bravade envers Don José pour le pousser à bout... et le moment où elle enlevait son voile lors du duo final sonnait comme sa libération...
J'avais jamais vu ça comme ça... Mais ça me plait assez!
Oui mais elle sait qu'elle va mourir! Plutôt mourir que de céder! Question de principe pour elle. Céder reviendrait à se renier. Peu importe Escamillo à la limite mais peu importe aussi Don José! Elle est passée à autre chose. Rien n'est plus important pour elle que "la chose enivrante: la liberté!" Et si la mort doit être synonyme de liberté et la délivrer de Don José, alors oui la mort. C'est d'ailleurs bien pour ça qu'il ne veut pas la tuer car il sait que son échec à lui (et donc sa victoire à elle) sera consommé de cette manière.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 13:47

"Elle prend le dessus sur les hommes" par le dessous; C'est la vulgarité du désir d'autrui qui commande celle de Carmen; Elle dit trés tôt elle même de don josé qu' il est "niais";

Si j'intellectualise trop Carmen- en réalité, je la féminise- c'est qu'on en fait excécessivement un produit de son terroir;

Auquel cas, il faudrait s'interroger pourquoi, disons les héroînes de Janacek, n'ont pas le même retentissement auprés des foules.



Dernière édition par malko le Mer 2 Fév 2011 - 14:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 13:52

Percy Bysshe a écrit:
malko a écrit:
Je ne pense pas travestir.

La raisonnance au dela des siècles de Carmen provient de sa modernité, pas de son folklore.

135 ans plus tard, Carmen n'a rien perdu de sa modernité.

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XIX; XX; XXI.

Les différences de mentalités de l'un à l'autre sont abyssales.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 13:58

malko a écrit:
il faudrait s'interroger pourquoi, disons les héroînes de Janacek, n'ont pas le même retentissement aupés des foules.
oui mais ça on le sait!
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 14:07

Otello a écrit:
Oui mais elle sait qu'elle va mourir! Plutôt mourir que de céder! Question de principe pour elle. Céder reviendrait à se renier. Peu importe Escamillo à la limite mais peu importe aussi Don José! Elle est passée à autre chose. Rien n'est plus important pour elle que "la chose enivrante: la liberté!" Et si la mort doit être synonyme de liberté et la délivrer de Don José, alors oui la mort. C'est d'ailleurs bien pour ça qu'il ne veut pas la tuer car il sait que son échec à lui (et donc sa victoire à elle) sera consommé de cette manière.

Oui, mais là on avait vraiment l'impression qu'une fois sa relation avec José terminée, tout était terminé et la mort arrivait comme une délivrance devant cet échec...

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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 14:09

Polyeucte a écrit:
Oui, mais là on avait vraiment l'impression qu'une fois sa relation avec José terminée, tout était terminé et la mort arrivait comme une délivrance devant cet échec...
oui j'entends bien mais moi, perso, je n'ai pas spécialement vu cette nuance là dans cette mise en scène.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:11

Pour moi, Carmen est tout simplement une femme d'avant garde.
Pour qu'elle puisse passer la rampe à l'époque de sa création, il fallait alors pouvoir en justifier par un ancrage ehtnique et social particulier.

Mais l'ouvrage de Bizet ne serait pas le chef d'oeuvre qu'il est s'il ne trancendait pas ce jeu des conventions.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:32

malko a écrit:
Pour moi, Carmen est tout simplement une femme d'avant garde.
Pour qu'elle puisse passer la rampe à l'époque de sa création, il fallait alors pouvoir en justifier par un ancrage ehtnique et social particulier.
oui et elle doit le rester en tant que tel et donc ancrée dans la littéralité du contexte social donné par le livret. Une Carmen à la sauce contemporaine, ça n'a aucun sens vu l'heureuse évolution des mentalités et même si tout n'est pas encore parfait, le personnage perdrait tout de même considérablement en substance.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:37

Otello a écrit:
malko a écrit:
Pour moi, Carmen est tout simplement une femme d'avant garde.
Pour qu'elle puisse passer la rampe à l'époque de sa création, il fallait alors pouvoir en justifier par un ancrage ehtnique et social particulier.
oui et elle doit le rester en tant que tel et donc ancrée dans la littéralité du contexte social donné par le livret. Une Carmen à la sauce contemporaine, ça n'a aucun sens vu l'heureuse évolution des mentalités et même si tout n'est pas encore parfait, le personnage perdrait tout de même considérablement en substance.

La violence du rapport homme/femme est universelle.

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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:41

Otello a écrit:
oui et elle doit le rester en tant que tel et donc ancrée dans la littéralité du contexte social donné par le livret. Une Carmen à la sauce contemporaine, ça n'a aucun sens vu l'heureuse évolution des mentalités et même si tout n'est pas encore parfait, le personnage perdrait tout de même considérablement en substance.

Sauf si tu déplaces dans un cadre qui retrouve les mêmes mentalités de l'époque! Wink

Carmen en Chine par exemple à l'époque du Kuomintang, avec Carmen en communiste et les autres personnages en représentant de l'ordre ancien... Escamillo étant bien sûr un guerrier! Laughing Laughing

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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:44

Mais quand ais-je dis qu'il fallait lui enlever ses castagnettes ?

Very Happy
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:47

Cololi a écrit:
La violence du rapport homme/femme est universelle.

Non : Pas chez les amazones.
bedo
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:55

Polyeucte a écrit:
Sauf si tu déplaces dans un cadre qui retrouve les mêmes mentalités de l'époque! Wink
Carmen en Chine par exemple à l'époque du Kuomintang, avec Carmen en communiste et les autres personnages en représentant de l'ordre ancien... Escamillo étant bien sûr un guerrier! Laughing Laughing
nan! ça se passe en Espagne et ça doit y rester! Wink
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 2 Fév 2011 - 15:56

Cololi a écrit:
La violence du rapport homme/femme est universelle.
pas sous cette forme là en tout cas et donc ce n'est plus le sens de l'oeuvre.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 2 Mai 2011 - 2:29

sud273 a écrit:

Dans certains passages de Carmen, Bizet lui-même, s'efforçant de se plier à ce qu'il supposait être les goûts du public, a produit des "tubes" qu'il dénigrait volontiers. De l'air du Toréador il disait: "Vous voulez de la merde?" et le duo Ma mère, je la vois, ne lui paraissait pas du meilleur goût non plus.

Y a t-il d'autres passages que Bizet n'aimait pas?
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptySam 16 Juil 2011 - 12:45

Guillaume a écrit:
Bizet / Halévy : Noé
DVD Compiègne

albino albino albino albino albino

C'est autre chose que Carmen quand même ! Basketball
Ca n'a surtout complètement rien à voir. Avec les années, je révise mon sentiment sur Carmen. Le livret est bizarre, il y a des bouts d'espagnolades d'un goût discutable, mais l'oeuvre quand même bien étonnante !

Citation :
Qu'est ce qui est de Halévy et de Bizet, respectivement ? (la majorité est attribuée à Bizet, non ?)
Donc : inachevé par le beau-père de Bizet, et achèvement de son gendre, par devoir. Ajout postérieur du ballet, peut-être par Guiraud, qui le prit à Djamileh (et qui s'intègre parfaitement).

On ne dispose pas de l'emplacement exact de ce qui est dû à l'un et à l'autre, faute d'étude sur le sujet... mais cela s'entend aisément en bien des endroits. Halévy est assez carré, module peu, a des carrures sévères et rectilignes, alors que Bizet, même s'il a tenté de s'intégrer au style, a plus de moelleux et de liberté.

En gros, quand tu t'ennuies ou que c'est joli mais limité, c'est Halévy. Quand tu frissonnes, c'est Bizet. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptySam 16 Juil 2011 - 13:22

DavidLeMarrec a écrit:
Guillaume a écrit:
Bizet / Halévy : Noé
DVD Compiègne

albino albino albino albino albino

C'est autre chose que Carmen quand même ! Basketball
Ca n'a surtout complètement rien à voir. Avec les années, je révise mon sentiment sur Carmen. Le livret est bizarre, il y a des bouts d'espagnolades d'un goût discutable, mais l'oeuvre quand même bien étonnante !

Le livret est bon - mais pas plus qu'un autre -, la musique très très bonne, mais intrinsèquement, rien ne justifie les 58767980 productions de cette oeuvre chaque année.

Citation :
Citation :
Qu'est ce qui est de Halévy et de Bizet, respectivement ? (la majorité est attribuée à Bizet, non ?)
Donc : inachevé par le beau-père de Bizet, et achèvement de son gendre, par devoir. Ajout postérieur du ballet, peut-être par Guiraud, qui le prit à Djamileh (et qui s'intègre parfaitement).

On ne dispose pas de l'emplacement exact de ce qui est dû à l'un et à l'autre, faute d'étude sur le sujet... mais cela s'entend aisément en bien des endroits. Halévy est assez carré, module peu, a des carrures sévères et rectilignes, alors que Bizet, même s'il a tenté de s'intégrer au style, a plus de moelleux et de liberté.

En gros, quand tu t'ennuies ou que c'est joli mais limité, c'est Halévy. Quand tu frissonnes, c'est Bizet. Mr. Green
Bah justement, il n'y a aucun moment où on s'ennuie, aucun moment où c'est limité. Il y a évidemment de très très grands moments (l'ange du II, la ville maudite au III), mais tout me paraît très cohérent. Je réecouterai ce soir.


Dernière édition par Guillaume le Sam 16 Juil 2011 - 13:44, édité 1 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptySam 16 Juil 2011 - 13:32

Guillaume a écrit:
Il y a évidemment de très très grands moments (l'ange du II, la ville maudite au III)
Tu vois, quand tu veux. Very Happy

Typiquement, Halévy me paraît incapable d'avoir écrit "Ituriel, remonte au ciel", ou l'entrée dans la Cité décadente. Même la dispute conjugale du III, j'ai des doutes.

Mais je suis d'accord, c'est très cohérent et tout s'écoute d'une traite. Gros coup de coeur quand j'ai découvert ça à la suite des représentations... je l'ai beaucoup écouté. hehe

Et le livret est jubilatoire ! Laughing
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptySam 16 Juil 2011 - 13:39

Guillaume a écrit:
Je ne sais pas, j'avais lu que c'était l'acte I qui était d'Halévy... scratch
Si tu as la référence, ça m'intéresse, j'avais cherché des éléments factuels en vain, à plusieurs reprises, si ce n'est que c'était vague. Mais il y a plein d'Halévy dans l'acte I, c'est certain (il n'y a que les interventions de Noé au début qui me semblent un peu différentes, mais il n'y a pas de raison).

La cantilène d'Ituriel au début du II, ça pourrait être d'Halévy aussi (mais certainement pas sa conclusion !), ainsi que la seconde moitié de l'acte sur laquelle je ne suis pas complètement décidé non plus.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyVen 11 Jan 2013 - 14:24

à recommander:

Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 Bizet_beecham

et, à la rigueur, mais le son est pourri (saturations horribles dans les tutti):

Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 Bizet%20roma
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyMer 22 Mai 2013 - 6:24

On vient de craquer pour la première version de cette symphonie.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 26 Mai 2013 - 2:00

C'est à dire ? Pourrais-tu être plus explicite ?
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 26 Mai 2013 - 6:31

... c'est à dire que l'on vient d'acheter la symphonie de Saint-Saens par Beecham avec le royal philarmonique orchestra.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 26 Mai 2013 - 13:50

Ouais mais là c'est Bizet en l'occurrence...
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptySam 18 Jan 2014 - 11:46

Un article intéressant sur Nietzsche et la musique de Bizet :

http://www.hypernietzsche.org/static/jgrzelczyk-1/1/
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 7 Aoû 2017 - 2:28

Je suis assez fan de "l'arlésienne" de Bizet.

J'ai été assez surpris d'apprendre en écoutant la radio que la célébrissime et somptueuse mélodie du début n'est pas de Bizet mais de Lully, je n'ai pas trouvé de version sur youtube, c'est une chanson de Noël (genre "faisons ripaille et buvons à la santé du seigneur", quelque chose d'assez paillard). Je ne crois pas que ce soit un canular, la radio a diffusé une version.

(Toutes mes excuses Xavier pour m'être trompé de sujet précédemment)
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 7 Aoû 2017 - 2:56

Ah c'est très connu pourtant la "Marche des rois" et ce n'est pas paillard à l'origine. Tu n'as jamais chanté ou entendu ça à Noël étant petit ?

En fait c'est une adaptation de l'air de la "Marche de Turenne",un chant militaire traditionnel lui aussi assez connu, un peu comme "Auprès de ma blonde" ou "Marlborough s'en va t'en guerre"
https://www.youtube.com/watch?v=MOTcVH4uVWA
https://www.youtube.com/watch?v=ahsqm38zkZI
https://www.youtube.com/watch?v=H4xfOfVZkqI
Chansons qui en effet ont connu des détournements paillards devenus plus célèbres que les originaux (Là-haut sur la colline...)
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Glocktahr
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 7 Aoû 2017 - 3:20

adriaticoboy a écrit:
Ah c'est très connu pourtant la "Marche des rois" et ce n'est pas paillard à l'origine. Tu n'as jamais chanté ou entendu ça à Noël étant petit ?

En fait c'est une adaptation de l'air de la "Marche de Turenne",un chant militaire traditionnel lui aussi assez connu, un peu comme "Auprès de ma blonde" ou "Marlborough s'en va t'en guerre"
https://www.youtube.com/watch?v=MOTcVH4uVWA
https://www.youtube.com/watch?v=ahsqm38zkZI
https://www.youtube.com/watch?v=H4xfOfVZkqI
Chansons qui en effet ont connu des détournements paillards devenus plus célèbres que les originaux (Là-haut sur la colline...)
Ah d'accord, merci, je ne connaissais pas, je trouve cette mélodie géniale, je ne connaissais que la version de Bizet.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 20 Avr 2020 - 1:23

En réécoutant ce soir Les Pêcheurs de perles (dans la version Bloch), j’en viens à penser que cet opéra est peut-être la plus belle œuvre de Bizet - et un des plus beaux opéras du répertoire français.

Déjà, on y trouve toutes les (immenses) qualités musicales de Bizet: une écriture vocale superbe qui procède d’une veine mélodique incroyablement généreuse (on a l’impression d’une sorte de succession ininterrompue de mélodies prégnantes) toujours articulée avec évidence à la déclamation, une intensité constante (aucun moment de remplissage, aucun «pont» entre deux scènes marquantes, tout s’enchaîne sans temps mort), une écriture chorale et une orchestration d’un grand raffinement (les circulations entre les pupitres, les timbres et les alliages qui créent une sorte de somptueux «tuilage de climats» très variés - on sent le très grand symphoniste qu’était aussi Bizet)… Avec quelque chose de moins spectaculaire, bigarré et frontal que dans Carmen (c’est une musique qui fait place au mystère, à la mélancolie, aux demi-teintes.)

Il faut aussi ajouter que c’est probablement un des meilleurs livrets du répertoire français, qui explique pour une large part l’intensité constante de la musique. Pas un sommet de littérature poétique, certes, mais des qualités notables et qui surtout tranchent avec les standards de l’opéra français de son temps (et je m’étonne qu’il soit si souvent traité avec condescendance.)

D’abord une intrigue très épurée mais subtile, qui évoque un canevas de tragédie racinienne: non des conflits frontaux, mais un principe d’ironie dramatique généralisé: le drame vient de ce que tous les personnages interprètent à contresens les motivations des autres et cherchent à dissimuler les leurs (et jusqu’à la fin: Zurga qui ne sait pas qu’il a été trahi, Nadir bénéficiant de son remords immérité…) Et puis ce thème assez étonnant du pacte d’amitié qui vient complexifier et décentrer les rivalités amoureuses conventionnelles et les conflits amour / honneur me semble avoir assez peu d’équivalent dans l’opéra français du XIXᵉ.

Ensuite, on retrouve cet aspect d’épure dans le «fonctionnement» du livret: aucun personnage secondaire inutile, un découpage en scènes courtes et équilibrées, une action qui avance toujours par des récits qui apportent toujours un élément de progression dramatique et des dialogues très vifs (un art de la stichomythie plutôt que des tirades), peu de monologues et toujours assez brefs (occasion de ces airs si beaux «Je crois entendre encore», «De mon amie, fleur endormie», «L’orage s’est calmé» - mais qui ne donnent jamais l’occasion de s’éterniser), des ensembles eux aussi très brefs mais qui correspondent à chaque fois à un nouage de l’action et des chœurs qui ont toujours une fonction dramatique.

Tout cela me semble concourir à la perfection très subtile de cet opéra quintessencié, qui tranche avec les gros conflits simplistes autour desquels on meuble à coup de monologues bavards qui tournent en rond, d’ensemble qui délaient en musique tout ce qui vient d’être dit ou de grandes scènes chorales et de personnages secondaires dévolus au pittoresque.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 20 Avr 2020 - 17:45

Ben dis donc, c'est pas sympa pour Wagner, ce dernier paragraphe.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 20 Avr 2020 - 17:53

Ah, je pensais plutôt à de l'opéra français XIXᵉ (y compris des œuvres que j'aime beaucoup, au demeurant); mais oui, Wagner (que j'adore) n'échappe pas non plus à ces travers (voire accentue certains d'entre eux.)
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyVen 8 Mai 2020 - 0:02

Bonsoir.
Les Pécheurs de perles est un des opéras que j'ai le plus souvent écouté. Probablement parce qu'en effet, les numéros s'enchainent à une folle allure et que le livret est excellent par sa concision et son efficacité dramatique. Le personnage de Zurga est très beau.. Et puis il y a ces rythmes orientalisants assez irrésistibles dont Bizet avait le secret.
Sinon, pour relancer la discussion, .. Quelqu'un connait "La Jolie fille de Perth"? J'ai également apprécié Djamileh, et je me demande si les autres sont dignes d'intérêt.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 10 Mai 2020 - 20:00

Bienvenue Alphonsin !

Parmi les Bizet qui te restent, Le Docteur Miracle est tout à fait délicieux (j'ai moins écouté Don Procopio, mais savoureux également). Noé, qu'il achève pour son beau-père Halévy, est un chef-d'œuvre, mais davantage dans l'esprit du grand opéra à la française (bien qu'on y trouve des aspects orientalisant, dont des danses à Sodome qu'il récupère de Djamileh !).

La jolie Fille de Perth n'est pas son sommet, mais contient des pages considérables, notamment ses deux airs centraux (« Quand la flamme de l'amour » / « À la voix d'un amant fidèle »). Intrigue de quiproquo amoureux un peu standard, mais des lignes mélodiques marquantes et des couleurs orchestrales originales, comme souvent chez Bizet. Pas du niveau des Pêcheurs ou de Carmen, mais à connaître.

Son seul opéra que je trouve évitable est Ivan IV, très belcantiste, juste des mélodies accompagnées, pas beaucoup de variété de ton, de relief musical ni de tension dramatique.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 10 Mai 2020 - 20:25

Djamileh est charmant, en effet.
Quant à Noé, le livret me tentait particulièrement, mais est-ce trouvable ? Du DVD si on a de la chance, sinon rien ?
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 10 Mai 2020 - 21:21

Bonsoir.
Merci pour vos réponses.
Je vais plutôt me tourner vers "Noé" alors, ayant des affinités avec le Grand Opéra (bon, plutôt Meyerbeer que Halévy, c'est vrai) !
Pour Ivan IV, c'est dommage, le sujet avait l'air tentant.

@Mefistofele : Oui, j'ai fais quelques recherches, et je crois bien qu'il n'existe que ce DVD (encore disponible), si ce n'est une représentation russe sur Youtube.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyDim 10 Mai 2020 - 21:59

Oui, il n'existe que le DVD de Compiègne, mais il est excellent en tout point, ça s'écoute en audio vraiment sans difficulté (Courtis, Do, A.-S. Schmidt, Lécroart…).
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 25 Mai 2020 - 1:52

DavidLeMarrec a écrit:
Oui, il n'existe que le DVD de Compiègne, mais il est excellent en tout point, ça s'écoute en audio vraiment sans difficulté (Courtis, Do, A.-S. Schmidt, Lécroart…).

Je viens de finir ledit DVD et repasse déjà mes moments favoris juste avec le son. J'ai ADORÉ.

Le livret est incroyable. Après un premier acte un peu convenu (amours contrariées) et qui prouve que la lassitude dans le couple n'est pas un problème moderne, les choses s'accélèrent au deuxième acte avec blasphèmes, apostasie, rapt et viol à l'horizon Shocked, pour finir dans le III par une bacchanale d'anthologie, une scène de ménage et le nettoyage par le vide (ça ne s'appelle pas Noé pour rien). Qui a dit que l'opéra était ennuyeux et convenu ?

La mise en scène est à l'avenant, avec le I très traditionnel, le II qui tente des choses surprenantes (et pas toujours de bon goût, cf. les terroristes enturbannés), et le III est à tomber (re : une bacchanale d'anthologie. Les costumes ! Les danses !! Les fauteuils !!!).

Musicalement, le découpage est du même ordre, décidément. Un air très entraînant dans le I (la scène de marriage), plein de magnifiques trouvailles dans la première partie du II (toutes les scènes avec Ituriel, en fait), et le III est excellent pratiquement de la première à la dernière note. Anne-Sophie Schmidt en Saraï est très convaincante, Philippe Do en Ituriel est fabuleux (et le rôle demande endurance et ambitus. Sur le concept, il me rappelle le Rodolphe de La Nonne Sanglante).
La bacchanale (je sais, je me répète) cite Djamileh et une phrase récurrente rappelle Carmen, en plus de toutes ses qualités. Et Philippe Do dans cette tenue qui joue du fouet, cela m'a rappelé le Mephisto travesti d'Erwin Schrott dans le Faust par McVicar. Intéressant d'ailleurs l'utilisation des voix (ténors et barytons) et les destins de ces personnages. On sort vraiment des clichés...
Et le "duo de haine"... Le "tu mens" fêlé, feulé puis "hurlé" qui le lance... avant l'échange d'aménités. I love you

Au final, une expérience de grand opéra plus proche de Faust et Robert le Diable que de Carmen, La Juive ou La Reine de Chypre. Moins de chœurs, de tubes, plus de surnaturel et de livret déjanté. Oh oui !!! cheers cheers cheers
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 25 Mai 2020 - 9:44

Ça fait plaisir de lire ça !

Les ensembles (et la révolte de Chem) au I sont déjà épatants, mais effectivement, le grand final du Déluge, l'arrivée d'Ituriel, la scène de ménage invraisemblable (à peu près sans exemple dans l'histoire de l'opéra, un couple qui se jette la vaisselle à la figure aussi crûment), il y a de ces sommets !

Et les coutures entre le vieil Halévy et le jeune Bizet ne s'entendent pas trop, je trouve, même si elles restent identifiables lorsqu'on les cherche.

(Distribution fabuleuse en effet avec Courtis, Do, Lécroart…)

C'était le premier grand engagement de Philippe Do, d'ailleurs, avant qu'il fasse les beaux jours de Bru Zane et de l'Opéra-Comique.
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MessageSujet: Re: Georges Bizet (1838–1875)   Georges Bizet (1838–1875) - Page 2 EmptyLun 25 Mai 2020 - 12:02

Oui, plein de choses très bonnes dans le I, mais certaines naivetés m'ont fait lever les yeux au ciel, en substance :
« J'ai quelque chose à dire...
— Moi qui connais bien le cœur humain, je sens que c'est une mauvaise nouvelle.»
Dit-il alors que l'orage vient d'interrompre les festivités. Vraiment ?! Rolling Eyes

Là où le III enchaîne les moments de bravoure. Le fameux duo évoqué plus haut, pour l'époque, quelle modernité : reproches, fausse acceptation (tu es tellement en position de parler, toi qui es et catin, et apostat), chantage émotionnel (rappelle-toi notre premier enfant...). C'était génial !!!

Coutures musicales, je suis curieux d'en savoir plus. Il y a très peu d'enregistrements des opéras d'Halévy, de toute façon ? La Juive (je n'ai pas du tout adhéré), La Reine de Chypre (là, j'ai adoré, les chœurs sont rarement inoccupés) et La Magicienne (jamais entendu). C'est tout ? Ça permet avec si peu de savoir ce qui est de Bizet ou d'Halévy ? Ou Bizet est si documenté qu'on peut facilement l'identifier ? Je lisais qu'un troisième larron aurait même travaillé sur la partition.
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