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| Franz Schmidt (1874-1939) | |
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Auteur | Message |
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starluc Mélomaniaque
Nombre de messages : 951 Date d'inscription : 13/08/2013
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Ven 16 Aoû 2013 - 11:45 | |
| J'ai la 2ème symphonie par Neeme Jarvi...Tout cela n'est pas déplaisant mais manque un peu d'originalité. Le premier mouvement est un dosage entre un motif frémissant, un thème de marche militaire et un thème lyrique. Le second est une série de variations valsantes (ce n'est pas déplaisant). Mais le final est hérissé de trompettes déchaînées à la Bruckner et là, je cale! Je n'ai pu cru opportun d'approfondir ma connaissance de ce musicien.
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| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Ven 16 Aoû 2013 - 13:08 | |
| Je porte très haut ces symphonies pour ma part, justement pour leur aspect syncrétique. La Première, la plus lumineuse, est encore assez traditionnelle, mais les 2, 3 et 4 visitent une large part des esthétiques (plutôt avancées) du temps, avec un charme tout particulier.
Il faut écouter ça par Sinaisky / Malmö, beaucoup de tension et une belle qualité de détail, je n'ai pas trouvé mieux (après avoir écouté à peu près tout ce que je pouvais trouver). En plus c'est pas cher, c'est Naxos. |
| | | charles.ogier Mélomaniaque
Nombre de messages : 1980 Age : 65 Localisation : Suresnes Date d'inscription : 24/10/2012
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mar 20 Aoû 2013 - 20:39 | |
| - DavidLeMarrec a écrit:
- Comparer ça au langage régressif de Hovhaness... qu'est-ce qu'il ne faut pas lire !
Pour ceux qui veulent découvrir Schmidt, on peu aussi recommander son opéra Notre-Dame de Paris (dont il existe un superbe enregistrement d'Albrecht, avec Jones, King, Moll), qui utilise avec grand bonheur des atmosphères archaïsantes. - Xavier a écrit:
- DavidLeMarrec a écrit:
- Pour ceux qui veulent découvrir Schmidt, on peu aussi recommander son opéra Notre-Dame de Paris (dont il existe un superbe enregistrement d'Albrecht, avec Jones, King, Moll), qui utilise avec grand bonheur des atmosphères archaïsantes.
En fait c'est Christof Perick à la baguette. C'est très beau, mais comme il n'y a pas de traduction française dans le livret, j'écoute ça sans savoir ce qui se dit exactement... EDIT: le livret est sur ODB en allemand-français! Notre-Dame de Paris (dont il existe un superbe enregistrement d'Albrecht, avec Jones, King, Moll), qui utilise avec grand bonheur des atmosphères archaïsantes.C'est fait, et un thème superbement "lyrique" (comme je les aime). EDIT: le livret est sur ODB en allemand-français!Le site "livrets" est en cours d'aménagement... tant pis |
| | | Rubato Mélomane chevronné
Nombre de messages : 14631 Date d'inscription : 21/01/2007
| | | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 21 Sep 2013 - 11:48 | |
| Oui ! Ce n'est pas le meilleur de Schmidt (qui se trouve dans ses symphonies), c'est un peu du postromantisme massif, moins « décadent » que dans sa musique symphonique ou sa musique de chambre, mais c'est beau, et la distribution est quand même prestigieuse. J'aime bien, c'est à entendre quand on aime la période. |
| | | Rubato Mélomane chevronné
Nombre de messages : 14631 Date d'inscription : 21/01/2007
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 21 Sep 2013 - 11:54 | |
| Je suis en train d'écouter des extraits, et ça me plait vraiment bien! Bon, ça va faire une commande de plus! |
| | | Rubato Mélomane chevronné
Nombre de messages : 14631 Date d'inscription : 21/01/2007
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 2 Oct 2013 - 10:34 | |
| NOTRE-DAMEVraiment beau cet opéra que je viens de découvrir! C'est très post-romantique...et j'ai adoré. Le deuxième acte, plus sombre, est très réussi; j'ai parfois pensé à certaines ambiances que l'on peut trouver chez Pfitzner. L'enregistrement est de grande qualité, avec une distribution "haut de gamme". Seul point noir, l'absence de livret qui fait que je n'ai pu apprécier l'opéra à 100% |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 2 Oct 2013 - 10:58 | |
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| | | Rubato Mélomane chevronné
Nombre de messages : 14631 Date d'inscription : 21/01/2007
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 2 Oct 2013 - 13:17 | |
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| | | Anthony Mélomane chevronné
Nombre de messages : 3621 Age : 38 Date d'inscription : 24/06/2007
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 24 Juil 2014 - 1:20 | |
| - Benedictus a écrit:
- DavidLeMarrec a écrit:
- Bart a écrit:
- Schmidt, Symphonie n°4, Mehta
Vous aviez raison, c'est mieux que Welser-Möst. Très chouette en tout cas cette oeuvre, je vais me pencher de plus près sur ce compositeur. La 2 et la 3 sont formidables aussi (la 1 est remarquable, mais plus une récapitulation postromantique de ce qui a précédé).
Il y a aussi de belles choses en musique de chambre (et puis Notre-Dame de Paris, même si c'est moins bien).
Et Das Buch mit sieben Segeln! Si tu le trouves, je te conseille le live salzbourgeois survolté de Mitropoulos (bon, c'est presque un pléonasme, «live salzbourgeois survolté de Mitropoulos») avec un plateau vocal de rêve; sinon, Harnoncourt, à la fois grandiloquent et hargneux, fait très bien l'affaire. Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil. "Das Buch..." a l'air intéressant, Mitropoulos c'est en stéréo ? |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 24 Juil 2014 - 1:36 | |
| - Bart a écrit:
Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil. Je ne dirais pas décadent, ça n'a tout de même pas le côté délibérément hédoniste et vénéneux d'un Schreker. Plutôt du post-romantique crépusculaire et mélancolique qui veut illustrer une dernière fois ce qu'il aime en sachant que c'est déjà trop tard. - Bart a écrit:
- "Das Buch..." a l'air intéressant, Mitropoulos c'est en stéréo ?
Non. Mais ça vaut quand même le coup. Si tu tiens à de la stéréo, il y a Harnoncourt que j'aime bien. Sinon, dans les versions que je ne connais pas, je dirais à vue de nez que Lothar Zagrosek (Orfeo) ne devrait pas être mauvais et que Welser-Möst (EMI), ben... tu as écouté sa 4e, quoi. Aucune idée de ce que peuvent donner Kristjan Järvi et Luisi. |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 24 Juil 2014 - 1:44 | |
| - Benedictus a écrit:
- Bart a écrit:
Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil. Je ne dirais pas décadent, ça n'a tout de même pas le côté délibérément hédoniste et vénéneux d'un Schreker. Plutôt du post-romantique crépusculaire et mélancolique qui veut illustrer une dernière fois ce qu'il aime en sachant que c'est déjà trop tard. Pas décadent dans le sens exubérant du terme, mais décadent dans le sens le plus factuel… On est tellement dans le postromantique déjà transformé, mais qui s'accroche toujours aux meubles… l'épithète ne me paraît pas injustifié. A priori, K. Järvi et Luisi, ce devrait être excellent… mais j'aime tellement Sinaisky que je n'ai jamais essayé, je réécoute systématiquement son intégrale. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 24 Juil 2014 - 1:54 | |
| - DavidLeMarrec a écrit:
- Benedictus a écrit:
- Bart a écrit:
Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil. Je ne dirais pas décadent, ça n'a tout de même pas le côté délibérément hédoniste et vénéneux d'un Schreker. Plutôt du post-romantique crépusculaire et mélancolique qui veut illustrer une dernière fois ce qu'il aime en sachant que c'est déjà trop tard. Pas décadent dans le sens exubérant du terme, mais décadent dans le sens le plus factuel…
On est tellement dans le postromantique déjà transformé, mais qui s'accroche toujours aux meubles… l'épithète ne me paraît pas injustifié. Dans ce sens-là, oui. (En fait, j'entendais plus ici l'épithète par rapport à son sens littéraire français, Huysmans, Gourmont et compagnie.) - DavidLeMarrec a écrit:
- A priori, K. Järvi et Luisi, ce devrait être excellent… mais j'aime tellement Sinaisky que je n'ai jamais essayé, je réécoute systématiquement son intégrale.
Non, mais là on causait de Das Buch mit sieben Segeln, qu'a priori Sinaisky n'a pas enregistré. Faudrait suivre... Ou arrêter le lait-cassis frelaté © |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 24 Juil 2014 - 2:15 | |
| Ah, alors ça explique pourquoi je ne les avais jamais vus. Cela dit, je ne les ai pas écoutés pour autant dans le Buch. |
| | | Horatio Mélomane chevronné
Nombre de messages : 4135 Age : 30 Localisation : Très loin de la plage ! Date d'inscription : 04/07/2011
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 31 Aoû 2016 - 14:35 | |
| Réécoute de la 4e symphonie (dans l'interprétation de Sinaisky/Malmö). Savoir qu'elle fut écrite qu'après 1930 ajoute à la nostalgie qui imprègne cette musique. L'orchestration me convainc à moitié : sa masse orchestrale perd souvent de sa plasticité à mesure qu'elle augmente, et il en résulte des tutti pesants dont l'harmonie évolue avec gêne. Les moments plus vifs n'émergent pas du tricotage poli. J'aime beaucoup plus le recueillement des deux premiers mouvements, l'économie de moyens, la mélancolie que faire naître Schmidt. J'entends une parenté avec Bruckner - les lignes esseulées, la gestion du silence, la pulsation large ; le même détachement de l'agitation du monde. |
| | | starluc Mélomaniaque
Nombre de messages : 951 Date d'inscription : 13/08/2013
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 1 Sep 2016 - 10:41 | |
| Je préfère tt de même Schreker... J'ai le CD de la 2ème symphonie par Jarvi. J'aime bien les 1er et 2ème mvt (ah, le 2ème, "thème et variations" avec cet hommage à la valse... ). Le final, en revanche, avec ses pesants accents brucknériens aux cuivres ne m'a vraiment pas séduit... Cela ne m'a pas incité à poursuivre la découverte de ce compositeur... P-ê à tort... |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 3 Sep 2016 - 0:37 | |
| - starluc a écrit:
- Je préfère tt de même Schreker...
Leur musique est de toute façon, même idéologiquement, assez opposée : Schmidt puise dans la tradition, même s'il obtient quelque chose de sophistiqué, tandis que Schreker est toujours dans la position d'interroger la condition de l'artiste (ses opéras ne causent que de ça, d'ailleurs), recourant à des dispositifs neufs et complexes pour ce faire. Schreker était aussi tout tourné vers le programme, tandis qu'on sent bien le tropisme de Schmidt pour les formes pures. Il y a des parentés dans le résultat, mais la philosophie générale n'était pas du tout la même, et ça s'entend. |
| | | Mélomaniac Mélomane chevronné
Nombre de messages : 28855 Date d'inscription : 21/09/2012
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Ven 2 Déc 2016 - 23:36 | |
| - Mélomaniac, in playlist, a écrit:
Stig Andersen - René Pape - Christiane Oelze - Cornelia Kallisch - Lothar Odinius - Alfred Reiter
Franz Schmidt (1874-1939) :
Le Livre aux sept sceaux, oratorio tiré de l'Apocalypse selon Saint Jean
Saint Jean : Stig Andersen, ténor La Voix du Seigneur : René Pape, basse Christiane Oelze, soprano Cornelia Kallisch, contralto Lothar Odinius, ténor Alfred Reiter, basse
Friedemann Winklhofer, orgue
Franz Welser-Möst, Chœurs et Orchestre de la Radio bavaroise
(Emi, octobre 1997)
- Benedictus a écrit:
C'est une bonne version? C'est une œuvre que j'adore, mais je n'ai que le vieux live de Mitropoulos à Salzbourg et Harnoncourt. Il y a pas mal de gens que j'aime beaucoup dans ta version (à commencer par Oelze), mais que vaut l'ensemble - et surtout Welser-Möst? Sa 4ᵉ du même Schmidt (comme ses Bruckner et ses Mahler) m'avait déçu, mais comme il se montre souvent efficace dans un contexte opératique, ça pourrait être bien, finalement.
Oui tu peux y aller, c'est une bonne version, peu personnalisée pour la direction (le passage central de l'ouverture des sceaux aurait mérité plus de caractérisation et de drame), mais efficace et sobre, et les chanteurs (surtout Andersen et Pape) sont très convaincants. On ne retrouve pas la noirceur et la poigne de Mitropoulos (live assez mal enregistré) mais on y gagne un évident confort d'écoute. |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 26 Avr 2017 - 16:50 | |
| Je découvre tout à fait par hasard (enfin, hasard, je traînais au bon endroit au bon moment, quand même) que ceci vient de sortir : Le concert viennois de Bychkov vient de paraître, voilà qui est inespéré ! La Deuxième de Schmidt en majesté, je suis impatient d'entendre ça, c'est programmé pour les tout prochains jours ! |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 26 Avr 2017 - 17:15 | |
| Je n'ai pas tenu jusque là : le premier mouvement se termine. C'est bien, très net, mais entre la prise de son et Vienne, je trouve ça un peu froid, un peu distant. Splendeur, mais pas beaucoup de drame ni de chaleur. Ça ne remplacera pas Sinaisky-Malmö. |
| | | Guillaume lapineau huguenot
Nombre de messages : 17530 Age : 31 Localisation : Paris Date d'inscription : 27/06/2006
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 6 Mai 2017 - 15:15 | |
| Oui j'ai vu ça hier, mais j'ai déjà la bande. J'ai fini par acheter Sinaïsky qui coûtait 5 fois moins cher Initiative louable que de faire paraître ça en tous cas, il y a bien moins de parutions des symphonies de Schmidt que de Nielsen par exemple. Ca mérite évidemment d'être joué plus souvent (il doit y avoir un effet de patriotisme local et de tradition qui fait que c'est joué régulièrement à Vienne). Il me reste maintenant à écouter la 3e et la 4e (par Sinaïsky-Malmö donc). (Je salue quand même - même si c'est un fil Schmidt et que personne ne lira - parce que ça fait longtemps que je ne m'étais pas montré dans ces parages ) |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 6 Mai 2017 - 20:38 | |
| Je vais essayer de me procurer ça. - Guillaume a écrit:
- Ca mérite évidemment d'être joué plus souvent.
Et même plus que ça. Personnellement, je trouve que les quatre symphonies, par leur absence de clinquant décadentiste et leur côté «artisanat sérieux», ne perdent pas à une écoute répétée, bien au contraire. (Alors que la Herbstsymphonie de Marx, par exemple, finit par lasser un peu au fil des écoutes.) - Guillaume a écrit:
- (il doit y avoir un effet de patriotisme local et de tradition qui fait que c'est joué régulièrement à Vienne).
Ah oui, tu as pu entendre du Schmidt in situ? - Guillaume a écrit:
- (Je salue quand même - même si c'est un fil Schmidt et que personne ne lira - parce que ça fait longtemps que je ne m'étais pas montré dans ces parages )
Mais si, mais si... (Enfin, pas qu'on soit bien nombreux non plus, hein...) |
| | | Guillaume lapineau huguenot
Nombre de messages : 17530 Age : 31 Localisation : Paris Date d'inscription : 27/06/2006
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Dim 7 Mai 2017 - 9:45 | |
| Oui, j'ai pu entendre ça au Musikverein: la 2ème et le Buch mit den 7 Siegeln à un mois d'intervalle, ça n'est pas banal...
Que pensez-vous des compléments des disques Sinaïsky, par exemple la Fuga Solemnis? C'est quelque chose d'assez peu commun, un orgue solo rejoint par un orchestre jusqu'à une sorte de climax extatique. |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Dim 7 Mai 2017 - 21:55 | |
| La Fuga Solemnis et la Chaconne orchestrale sont très chouettes, oui. Peu commun, je n'en suis pas sûr (les pièces d'orgue en alternatim orchestral ne sont pas si rares, on en trouve chez Saint-Saëns ou Dubois, par exemple, sans parler des britanniques romantiques…), mais il lui donne un aspect sophistiqué et décadent de très bonne facture, en effet. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 25 Nov 2017 - 22:25 | |
| • Quatuor à cordes en la majeur (1925)Franz Schubert Quartett, Wien: Florian Zwiauer, Helge Rosenkranz (violons), Hartmut Pascher (alto), Vincent Stadlmair (violoncelle) Wyastone Leys, IV.1995 NimbusUne très, très belle œuvre - pas forcément spectaculaire, mais personnelle et très aboutie. D’ailleurs très représentative de la manière de Schmidt: une atmosphère mélancolique mais apaisée (et même assez lumineuse, ici), un respect très profond de la «grande forme» qui interdit les dégoulinades, une harmonie généreuse et beaucoup plus tourmentée qu’il n’y paraît (un peu comme chez Reger: ça module tout le temps, mais à un écoute peu attentive, on dirait du Brahms.) Personnellement, ce postromantisme très tardif et ce côté grave et un peu formaliste est quelque chose qui me touche énormément (mais ça me semble plus difficile à promouvoir que Zemlinsky ou Wellesz.) |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 9 Déc 2017 - 15:11 | |
| J’ai enfin réussi à me procurer ce disque: • Symphonie nº2 en mi bémol majeur (1911-13)Semyon Bychkov / Wiener Philharmoniker Vienne, IX.2015 SonyQuelle merveille! Je vois bien ce que veut dire David quand il trouve cette version un peu froide par rapport à Sinaisky / Malmö, mais quand même... Je trouve que Schmidt gagne vraiment quelque chose à être joué par Vienne: difficile tout de même de ne pas sentir à quel point cette musique est composée pour cet orchestre-là - pour ces timbres un peu nasillards de la petite harmonie, pour l’assise profonde de ces cordes graves, pour ces violons au timbre un peu acides mais à la texture soyeuse, pour ces cuivres comme patinés. Je trouve vraiment que cela fait ressortir aux mieux les couleurs assez typées de l’orchestration et les textures des des arrière-plans. Et puis la direction de Bychkov, effectivement pas dépourvue d’un certain quant-à-soi, mais comme toujours remarquable dans la mise en place (les équilibres des strates et des plans, la profondeur sonore, le détail des tuilages et des dynamiques...) exalte cette musique plus ambiguë qu’il n’y paraît. En effet, on trouve ici une illustration idéale de l’esthétique de Schmidt. D’un côté, on a là un postromantisme qui se voudrait tourné vers une sorte d’exaltation positive de la tradition (Schmidt serait un peu à l’Autriche de François-Joseph ce que Elgar est à l’Angleterre victorienne): c’est la grande coulée lyrique et lumineuse du I, avec ses passages cuivrés presque pompeux, le propos formel des variations et les passages Biedermeyer du II avec leurs échos de valses, l’espèce d’exercice de contrepoint de l’incipit du III (on pense un peu à une réalisation pour orchestre de l’Art de la Fugue) avant de renouer avec un flot ample et chaleureux... Mais ce propos semble sans cesse comme contaminé par la profusion d’arrières-plans aux harmonies profuses et tourmentés, par des contrechants aux modulations sinueuses, par des moments de suspension inquiète puis de bifurcations dans la progression du flux - avec très souvent, cette impression que quelque chose se perd ou se dissout par en-dessous, que quelque chose se creuse dans l’ample matière orchestrale. Bref: l’apparat formel, la grande poussée d’un postromantisme «positif» se trouvent sans cesse affirmés mais aussitôt révoqués en doute par un langage beaucoup plus décadent que ne l’aurait probablement voulu Schmidt - et c’est précisément cette contradiction interne, le sérieux avec lequel Schmidt l’assume (sa musique ressemble beaucoup à un Strauss sans roublardise) et cette volonté malgré tout de parvenir à la grande péroraison finale, lumineuse et cuivrée, qui me bouleverse totalement (comme me touchera aussi la tristesse crépusculaire de la 4ᵉ.) Mais, comme je le disais déjà ci-dessus à propos du Quatuor en la majeur: je ne suis pas sûr que l’émotion que me procure cette musique soit si facilement transmissible.
Dernière édition par Benedictus le Sam 9 Déc 2017 - 18:15, édité 3 fois |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 9 Déc 2017 - 18:07 | |
| - Benedictus a écrit:
• Quatuor à cordes en la majeur (1925) Franz Schubert Quartett, Wien: Florian Zwiauer, Helge Rosenkranz (violons), Hartmut Pascher (alto), Vincent Stadlmair (violoncelle) Wyastone Leys, IV.1995 Nimbus
Une très, très belle œuvre - pas forcément spectaculaire, mais personnelle et très aboutie. D’ailleurs très représentative de la manière de Schmidt: une atmosphère mélancolique mais apaisée (et même assez lumineuse, ici), un respect très profond de la «grande forme» qui interdit les dégoulinades, une harmonie généreuse et beaucoup plus tourmentée qu’il n’y paraît (un peu comme chez Reger: ça module tout le temps, mais à un écoute peu attentive, on dirait du Brahms.)
Personnellement, ce postromantisme très tardif et ce côté grave et un peu formaliste est quelque chose qui me touche énormément (mais ça me semble plus difficile à promouvoir que Zemlinsky ou Wellesz.) Amusant, la pochette m'était familière, mais j'étais persuadé que Schmidt n'avait jamais écrit de quatuor à cordes. En fait, je vois que je l'ai même mentionné dans ma liste sur CSS. En tout cas, je viens de le réécouter sur tes instances par le formidable Quatuor Franz Schubert (je crois que je n'ai entendu que le version Marco Polo, qui sent le déchiffrage et qui n'est pas très bien captée)… Cette musique, c'est du bonheur en barres : assez exactement ce que j'ai envie d'entendre quand je mets un disque. Lumineux mais tourmenté, qui joue entre la forme rigoureuse (ostinatos de l'adagio) ou émancipée (la grande construction du I, qui excède la forme sonate), les marches harmoniques de longue haleine ou les petits échos sombres, les minuscules sorties de route qui enrichissent le tout… ça irradie de lumière, tout en restant, comme tu le dis, très formel, pas du tout dégoulinant – ça ressemblerait assez aux quatuors de Stenhammar si la veine mélodique n'était pas si retenue, et la virtuosité beaucoup moins apparemment paroxystique. Ce n'est pas une œuvre qui ferait bondir de joie un parterre de candides, mais je suis assez persuadé qu'elle pourrait sans peine emporter l'adhésion des mélomanes familiers de la forme dans les Quatuors de Beethoven ou les Symphonies de Brahms. Et puis ça irradie de lumière, ce n'est pas aussi autère / désolé que Zemlinsky ni aussi bougon que Wellesz. -- (Pour la symphonie n°2, tout à fait en accord avec ta description de l'œuvre… mais je n'ai pas la même satisfaction avec la version, pourtant écoutée plusieurs fois.) |
| | | Bruno Luong Mélomaniaque
Nombre de messages : 1750 Date d'inscription : 07/08/2012
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 9 Déc 2017 - 21:20 | |
| - Benedictus a écrit:
- J’ai enfin réussi à me procurer ce disque:
• Symphonie nº2 en mi bémol majeur (1911-13) Semyon Bychkov / Wiener Philharmoniker Vienne, IX.2015 Sony
Quelle merveille!
C'est l'une de mes disques orchestraux préférés achetés cette année : répertoire, l'orchestre, direction et prise de son, tout y est. |
| | | Oriane Mélomaniaque
Nombre de messages : 1869 Age : 33 Localisation : Orléans-Paris Date d'inscription : 21/07/2013
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Lun 29 Jan 2018 - 20:08 | |
| Réecouté le quintette avec piano (pour la main gauche) en sol majeur dans deux interprétations tout à fait recommandables: _ Celle de Leon Fleisher, Yo-Yo Ma, Joseph Silverstein, Joel Smirnoff, et Michael Tree. _ Celle de Klaus-Andreas Kolly et du Quatuor Saratro. Je ne me lasse pas de cette œuvre débordante de gaieté! Et j'ai découvert les quatre symphonies de Schmidt par Vassily Sinaisky et l'Orchestre symphonique de Malmö. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Lun 29 Jan 2018 - 21:08 | |
| Si tu ne les connais pas déjà, je te recommande également les quatuors, un peu dans la même veine, et dont je parlais un peu plus haut. Pour les symphonies, Sinaisky est en effet irremplaçable comme intégrale; mais les versions isolées avec Vienne (Bychkov dans la 2ᵉ, cf. supra, et Mehta dans la 4ᵉ) sont vraiment à connaître aussi. (Pas sûr en revanche que le Livre des Sept Sceaux soit tellement pour toi: un peu trop sombre et grandiloquent, je crains.) |
| | | Oriane Mélomaniaque
Nombre de messages : 1869 Age : 33 Localisation : Orléans-Paris Date d'inscription : 21/07/2013
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mar 27 Fév 2018 - 9:48 | |
| Sur les bons conseils de Benedictus, j'ai écouté Mehta et le Wiener dans la 4ème. C'est une interprétation très intense, où l'on entend à la fois du désespoir et une aspiration à la lumière, à l'apaisement. C'est déchirant. Je met de côte la 2ème par Bychkov et les quatuors pour plus tard. En tous cas, ce serait génial d'entendre ces œuvres en concert. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Ven 2 Mar 2018 - 21:51 | |
| - Oriane a écrit:
- Sur les bons conseils de Benedictus, j'ai écouté Mehta et le Wiener dans la 4ème. C'est une interprétation très intense, où l'on entend à la fois du désespoir et une aspiration à la lumière, à l'apaisement. C'est déchirant.
Vraiment content que ça t'ait plu! En effet, c'est tout à fait ça. - Oriane a écrit:
- Je met de côte la 2ème par Bychkov et les quatuors pour plus tard.
La 2ᵉ, tu la connais déjà dans une bonne version, donc ça peut attendre. En revanche, fonce sur les quatuors (la versions des Franz Schubert ci-dessus): ça devrait vraiment te plaire, je pense. - Oriane a écrit:
- En tous cas, ce serait génial d'entendre ces œuvres en concert.
En effet! Mais Guillaume disait que Schmidt semble souvent donné, à Vienne (ce qui n'est qu'une demi-surprise.) |
| | | Golisande Mélomane chevronné
Nombre de messages : 7941 Age : 50 Localisation : jeudi Date d'inscription : 03/03/2011
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 5 Avr 2018 - 2:40 | |
| Symphonie n°2 : [contrairement à ce qui vient de se produire avec van Gilse], je n'ai pas envie de ramener à tout bout de champ les réminiscences d'autres compositeurs, car pour le coup (même si les diverses influences sont parfois évidentes) on a clairement affaire à une vision globale mûre, affranchie de ses "sources"... et nettement « en retard » sur son époque — je le dis uniquement pour marquer la différence avec la Troisième de Gilse, dont je sors tout juste, mais en soi cela m'est parfaitement égal... Je dois avouer qu'à l'exception de certaines tournures me rappelant agréablement des compositeurs qui me sont chers, je ne trouve pas cette musique très captivante à première écoute ; en revanche, il me semble qu'elle se "digère" lentement, ne se livre – malgré son langage accessible – que progressivement, à condition de persévérer. Je ne peux donc pas dire grand-chose, sinon que j'ai l'impression d'une sorte de Brahms transposé dans les années 1910 (peut-être pas tout à fait aussi génial que Brahms, qui est un de mes cinq ou six compositeurs préférés toutes époques confondues, et que je continue à découvrir avec un ébahissement croissant trente ans après : je ne peux donc rien dire pour le moment). Autrement dit, j'ai l'impression d'une musique dessinée avant d'être peinte, dont la beauté réside davantage dans le geste global, la succession des instants – sinon la forme – que l'instant lui-même. Je ne suis pas emballé, mais un tas de petits détails singuliers, inattendus, me disent qu'en dépit du langage ultra-tonal et carré – que je ne qualifierais même pas de (post)romantique sauf à des moments précis –, quelque chose me semble très personnel, subtilement original là-dedans — ce qui a précisément pour effet de l'empêcher d'être directement accessible... (Je précise qu'il m'a fallu un certain nombre d'écoutes, partitions et/ou Henry-Louis-de-la-Grange en main, avant de me prosterner devant les symphonies de Mahler.) J'ajoute que j'avais été beaucoup plus enthousiasmé par la 4e lorsque je l'avais écoutée (au moins deux fois) il y a un ou deux ans... Mais je vais d'abord en passer par la 3e, quelles qu'en soient les conséquences...
Dernière édition par Golisande le Sam 21 Avr 2018 - 23:47, édité 1 fois |
| | | Golisande Mélomane chevronné
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| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Ven 6 Avr 2018 - 23:49 | |
| À deuxième écoute, cette Deuxième me parle déjà beaucoup plus ; peut-être parce que je n'ai pas écouté d'autre choucroute symphonie postromantique juste avant, mais j'ai également l'impression d'une musique riche – non seulement luxuriante, mais complexe et stratifiée dans son inspiration, avec des passages secrets, des portes dérobées, des perspectives inattendues que l'on n'aperçoit pas à première écoute.
Dans le premier mouvement, j'entends une sorte de Mahler ramassé sur lui-même, plus dense et moins linéairement narratif... La ressemblance avec Mahler (celui des symphonies postérieures à la Cinquième) me semble par ailleurs beaucoup plus flagrante – dans les tournures mélodiques, la succession de cavalcades héroïques, un pastoralisme apparemment naïf –, la différence essentielle étant le ton général (incomparablement plus clair) et l'absence totale de l'ironie (plus ou moins amère) et du tragique (plus ou moins grinçant) inhérents à la musique de Mahler. J'ai donc l'impression d'un Güstävchen à la fois plus concentré, presque "cubiste", et auquel manquerait la profondeur – ce qui le réduirait à un magnifique décor en deux dimensions. (D'autre part, ce serait un Mahler très mâtiné de Strauss – mais sans la meringue qui compose une partie de l'ADN de ce dernier.)
Le parallèle avec Brahms commence surtout avec les variations du deuxième mouvement — forme qui ne ma passionne pas du tout à priori (j'ai même failli zapper cette symphonie à cause de ça), mais qui fournit ici l'occasion de moments splendides (la cinquième variation, notamment, très mahlérienne tendance Andante de la 6). Fait remarquable, on dirait que Schmidt ne cesse de jongler entre les esthétiques (pourtant radicalement différentes) de Mahler et de Strauss, qu'il semble avoir l'une et l'autre outrageusement bien digérées – mais pas au point de réussir vraiment à en faire la synthèse (je verrai si c'est davantage le cas dans les symphonies suivantes, ou s'il développe un langage réellement personnel – ce qui ne me semble pas flagrant dans cette œuvre, excepté peut-être au tout début).
On quitte Mahler et Strauss avec le troisième mouvement, pour aller carrément vers Brahms (une petite réflexion au passage : par son côté dense et carré, cette musique me fait penser à un équivalent autrichien d'Albéric Magnard — dont j'ai prévu de réécouter les symphonies qui ne m'avaient pas marqué), puis vers quelque chose de plus original qui rappelle le début du premier mouvement. Je ne suis franchement pas fan de la pompe finale (encore bien moins que du final de la 3e de van Gilse, à vrai dire, mais cette fin-ci a au moins le mérite de ne pas durer des plombes), qui toutefois – sans être extrêmement originale – ne ressemble ni à du Brahms, ni à du Strauss, ni à du Mahler... |
| | | Golisande Mélomane chevronné
Nombre de messages : 7941 Age : 50 Localisation : jeudi Date d'inscription : 03/03/2011
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 21 Avr 2018 - 22:23 | |
| J'écoute la Troisième symphonie (Sinaisky), et j'aime beaucoup (il faudrait que réentende la 2 mais il me semble que celle-ci me parle plus directement)... Le premier mouvement baigne dans une atmosphère pastorale assez bucolique (mesure à 3/4 modérée, vastes à-plats harmoniques, douceur générale du propos) mêlée à un chromatisme poussé et à un langage harmonique riche et dense - en dépit d'un "passéisme" qui est plus évident de la part d'un viennois que dans l'absolu (cf. les Anglais et les Nordiques, et même les Français). La fin est on ne peut plus abrupte, j'ai même été franchement surpris, mais Schmidt semble coutumier du fait.
Le scherzo m'intéresse moins, mais là encore le langage est riche et il se passe sans cesse "quelque chose" ; ce qui manque peut-être à cette musique, c'est un côté immédiatement séduisant, des mélodies, des envolées lyriques (je ne veux pas dire alla Puccini, mais, disons, alla Strausschreker) : encore une fois je ne peux pas m'empêcher de penser à A. Magnard, qui (me semble-t-il) possède le même côté à la fois très exigeant et éminemment accessible -- mais également le même "sérieux" un peu limitatif...
L'Adagio déploie une harmonie particulièrement sophistiquée (et décadente), quoique l'écriture soit très verticale : pour le coup je n'entends rien de passéiste là-dedans, et je n'ai même pas l'impression d'avoir jamais entendu de tels accords dans une musique tonale antérieure à 1950 (ce qui s'en rapproche le plus est sans doute A. Berg, mais dans un contexte très différent)... Cela dit, je ne suis pas non plus happé par cette musique, aussi je pense qu'une oreille exercée et une certaine motivation préalables sont necessaires pour l'apprécier pleinement : il s'agit tout de même d'une musique "pour connaisseurs", et à cet égard (comme à d'autres) le relatif oubli dans lequel Schmidt est tombé s'explique en partie...
L'introduction du final me fait beaucoup penser à une version XXème de la Première symphonie de Brahms. La suite n'apporte pas grand-chose de notable par rapport aux mouvements précédents (il faudra que je réécoute, mais j'ai souvent du mal à accrocher aux finals de symphonies - ou de sonates, de quatuors, etc.)... Fin une fois encore abrupte - un peu frustrante...
Globalement, ce qui me frappe le plus est l'originalité de cet univers musical : on ne peut s'empêcher de trouver certaines ressemblances avec Brahms, Mahler ou Strauss, mais (contrairement à Gilse par exemple) on navigue le plus souvent dans des eaux parfaitement personnelles, sans avoir besoin pour cela d'effets de manches et/ou d'un "modernisme" particulier. |
| | | Golisande Mélomane chevronné
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| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Sam 21 Avr 2018 - 23:20 | |
| La Quatrième m'est beaucoup plus familière : je l'avais écoutée plusieurs fois il y a deux ou trois ans, sans doute parce qu'elle m'avait davantage plu que les autres... Et de fait j'y trouve une séduction beaucoup plus immédiate et évidente que dans les symphonies précédentes. Déjà, ça peut paraître idiot, mais la harpe, ça fonctionne toujours sur moi - surtout avec des enchaînements harmoniques chatoyants et une couleur mahlérienne affirmée (vraiment beaucoup plus que dans la 3e)... Par rapport à la symphonie précédente, j'ai l'impression d'entendre non seulement du "Mahler" (pas dans le sens d'un décalque, mais vraiment une œuvre originale dans une esthétique très voisine), mais quelque chose comme un poème symphonique, beaucoup plus sensuel, coloré et narratif, bref plus séduisant à tous égards... Du coup, je ne peux que conseiller aux amateurs de musique postromantique de se ruer sur cette œuvre, sans s'e mmerdnquiquiner à écouter les autres symphonies de Schmidt... Par-dessus le marché, l'Adagio (que j'ai l'impression de connaître par cœur) est littéralement sublime - et pour le coup, pas de syndrome Magnard, de déficit de mélodie et d'élan lyrique, on est dans un romantisme généreux, post-brahmsien, hyperexpressif (la déploration centrale déchirante...) et en aucun cas frustrant... Le scherzo... est un scherzo (et beaucoup moins déjanté que ceux de Mahler), mais malgré cela la séduction s'exerce toujours sur moi : j'ai l'impression que cette symphonie n'émane pas de la même plume que les précédentes, tant je suis enthousiasmé... Ça jaillit de partout, un feu d'artifice de splendeurs sans aucune sensation de trop-plein : la seule œuvre qui ait produit un effet semblable sur moi (ce qui n'exclut pas la possibilité de s'en lasser par la suite, mais c'est une autre histoire) est l' Ariane et Barbe-bleue de Dukas. Le final reprend largement des idées des mouvements précédents, dans une ambiance plutôt élégiaque - quoique toujours très sensuelle et (à mon sens) hédoniste. Encore une fois on a droit à une fin minimaliste, qui ne dit pas son nom, et en l'occurrence même assez déstabilisante par son extrême dépouillement (apparemment Schmidt éprouvait quelque difficulté à conclure )... (Et je me dois de louer l'interprétation de Vassily Sinaisky et de l'orchestre de Malmö (à l'extrême sud de la Suède, en face de Copenhague), non seulement parfaite mais splendide et passionnante...) Un chef-d'œuvre, à mon humble avis...
Dernière édition par Golisande le Sam 21 Avr 2018 - 23:56, édité 1 fois |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
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| | | | Golisande Mélomane chevronné
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| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Dim 22 Avr 2018 - 0:13 | |
| Oui, la Quatrième c'est vraiment quelque chose... |
| | | Marchoukrev Mélomane averti
Nombre de messages : 445 Age : 28 Localisation : Entre Paris et les Hauts-de-France Date d'inscription : 14/08/2013
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Dim 22 Avr 2018 - 9:52 | |
| - Golisande a écrit:
- Oui, la Quatrième c'est vraiment quelque chose...
C'est rigolo, c'est celle qui m'est le plus hermétique (je préfère la Deuxième). Comme quoi on a des goûts inversés (cf le fil sur les symphonies de Sibelius). En fait, je ne trouve pas la Quatrième si séduisante que cela. Je l'ai écoutée plusieurs fois et pourtant, pas de thème qui m'est resté, pas de moment marquant... Elle est beaucoup moins démonstrative que les autres. |
| | | JosefK Mélomane averti
Nombre de messages : 412 Date d'inscription : 13/04/2018
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Dim 22 Avr 2018 - 10:35 | |
| - Marchoukrev a écrit:
- C'est rigolo, c'est celle qui m'est le plus hermétique (je préfère la Deuxième). Comme quoi on a des goûts inversés (cf le fil sur les symphonies de Sibelius).
En fait, je ne trouve pas la Quatrième si séduisante que cela. Je l'ai écoutée plusieurs fois et pourtant, pas de thème qui m'est resté, pas de moment marquant... Elle est beaucoup moins démonstrative que les autres. Pas de thème qui reste? Celui énoncé par la trompette dès les premières mesures, il fait plus que rester, il s'insinue ensuite partout. Et ce thème-ci, il me semble rester tellement qu'il en devient obsédant: Lien retiré (non libre de droits)Pas de moment marquant? Il y en a bien d'autres mais cette sorte d'effondrement général me paraît pourtant appartenir à cette catégorie: Lien retiré (non libre de droits)Ensuite, ça ne discute pas, c'est comme ça. Il y a certainement des tas de "thèmes qui restent" et de "moments marquants" qui m'échappent aussi dans Vivaldi, Haendel, Verdi, Poulenc et tant d'autres. Par ailleurs, Sinaisky n'est pas malhonnête, mais de toutes les versions que j'ai récemment réécoutées, Vienne/Mehta (1971) me semble l'emporter largement, Bratislava/Rajter venant assez loin après. |
| | | Golisande Mélomane chevronné
Nombre de messages : 7941 Age : 50 Localisation : jeudi Date d'inscription : 03/03/2011
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mar 24 Avr 2018 - 0:26 | |
| - Marchoukrev a écrit:
- Golisande a écrit:
- Oui, la Quatrième c'est vraiment quelque chose...
C'est rigolo, c'est celle qui m'est le plus hermétique (je préfère la Deuxième). Comme quoi on a des goûts inversés (cf le fil sur les symphonies de Sibelius). En fait, je ne trouve pas la Quatrième si séduisante que cela. Je l'ai écoutée plusieurs fois et pourtant, pas de thème qui m'est resté, pas de moment marquant... Elle est beaucoup moins démonstrative que les autres. En fait ça ressemble tout de même beaucoup à du Mahler (au moins le 1er mouvement)... Cela dit, tu adores peut-être Mahler, mais (du coup) ça m'étonnerait... |
| | | Marchoukrev Mélomane averti
Nombre de messages : 445 Age : 28 Localisation : Entre Paris et les Hauts-de-France Date d'inscription : 14/08/2013
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mar 24 Avr 2018 - 9:33 | |
| - Golisande a écrit:
- Marchoukrev a écrit:
- Golisande a écrit:
- Oui, la Quatrième c'est vraiment quelque chose...
C'est rigolo, c'est celle qui m'est le plus hermétique (je préfère la Deuxième). Comme quoi on a des goûts inversés (cf le fil sur les symphonies de Sibelius). En fait, je ne trouve pas la Quatrième si séduisante que cela. Je l'ai écoutée plusieurs fois et pourtant, pas de thème qui m'est resté, pas de moment marquant... Elle est beaucoup moins démonstrative que les autres. En fait ça ressemble tout de même beaucoup à du Mahler (au moins le 1er mouvement)... Cela dit, tu adores peut-être Mahler, mais (du coup) ça m'étonnerait... Et il se trouve que j'adore Mahler, c'est l'un de mes compositeurs préférés ! Mais il est vrai que je préfère ses symphonies plus démonstratives (1, 2, 5 et 6 avant les 3 et 4 puis les 7, 8, 9)... D'ailleurs j'ai réécouté la Quatrième de Franz Schmidt. C'est vrai, il y a des moments magnifiques, mais qui pour moi n'ont pas la portée de la Deuxième Symphonie, à la puissance hymnique incroyable. |
| | | Golisande Mélomane chevronné
Nombre de messages : 7941 Age : 50 Localisation : jeudi Date d'inscription : 03/03/2011
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mar 24 Avr 2018 - 10:49 | |
| Oui, c'est bien ça, tes symphonies préférées de Mahler sont celles que j'aime le moins (bon, j'adore les 5 et 6, mais ça ne doit pas être pour les mêmes mouvements que toi )... Tu n'as plus qu'à dire que tu n'aimes pas Das Lied von der Erde... Plus sérieusement et pour en revenir à Schmidt, j'ai l'impression que tout ce qui était comme bridé, étouffé dans la 2e (et dans une moindre mesure la 3e) explose littéralement dans la 4 : le lyrisme, les couleurs, la sensualité harmonique, l'hédonisme du flux orchestral... Cela dit, j'ai lu que cette symphonie était une sorte d'élégie à la mémoire de sa fille morte, donc je suppose que je dois avoir un problème... |
| | | Golisande Mélomane chevronné
Nombre de messages : 7941 Age : 50 Localisation : jeudi Date d'inscription : 03/03/2011
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mer 25 Avr 2018 - 1:26 | |
| ... Ou, autrement dit, la mort de sa fille a libéré en lui certaines émotions qu'il s'interdisait jusqu'alors d'exprimer directement... Enfin bref.
Réécoute de la Deuxième : c'est après avoir écouté la symphonie en mi de H. Rott que l'on se rend pleinement compte de la trace que Mahler (et, du coup, Rott à travers lui) a laissée sur son passage... Énorme, en l'occurrence, pour cette 2e de Schmidt - même si c'est moins évident (et moins bien digéré) que pour la Quatrième. |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Mar 5 Fév 2019 - 22:10 | |
| • Symphonie nº2 en mi bémol majeurSemyon Bychkov / Wiener Philharmoniker Vienne, IX.2015 SonyÀ l’inverse de ce que je viens d’éprouver avec la Herbstsymphonie de Marx (voir ici), l’émotion et le plaisir s’accroissent à la réécoute. Certes, la perception globale de l’œuvre change pas (je pourrais redire ce que j’en disais ici il y a un peu plus d’un an) - du fait sans doute d’une architecture formelle beaucoup plus forte; mais elle s’enrichit de la découverte de nouveaux détails dans les arrière-plans et les contrechants, et l’émotion s’approfondit d’une familiarité toujours plus grande. |
| | | Roupoil Mélomane chevronné
Nombre de messages : 2096 Age : 43 Localisation : Pessac Date d'inscription : 22/04/2017
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 7 Fév 2019 - 22:35 | |
| Sur les bons conseils de Benedictus, j'ai entamé l'écoute des symphonies de Schmidt. En garçon bien organisé, j'ai donc débuté par la Première, dont j'avoue avoir été un peu surpris par le langage gentiment rétrograde (bon, ça date certes encore du 19ème siècle, à quelques années près, mais j'avais vraiment l'impression d'entendre une cinquième de Brahms !). Une fois accoutumé, c'est joli, allant, du romantisme tranquille et assez serein tout à fait agréable à l'écoute, mais qui ne me semble pas non se démarquer particulièrement par une inspiration particulièrement manifeste. Bon, la suite une autre fois ! |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Jeu 7 Fév 2019 - 22:49 | |
| Si tu écoutes les quatre, oui, c'est aussi bien de le faire en suivant la chronologie; mais tu le constateras par toi-même: la 2 et la 4 sont beaucoup plus singulières. (Et puis tente aussi les quatuors et les quintettes.) |
| | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable
Nombre de messages : 97925 Localisation : tête de chiot Date d'inscription : 30/12/2005
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Ven 8 Fév 2019 - 1:57 | |
| - Roupoil a écrit:
- Sur les bons conseils de Benedictus, j'ai entamé l'écoute des symphonies de Schmidt. En garçon bien organisé, j'ai donc débuté par la Première, dont j'avoue avoir été un peu surpris par le langage gentiment rétrograde (bon, ça date certes encore du 19ème siècle, à quelques années près, mais j'avais vraiment l'impression d'entendre une cinquième de Brahms !). Une fois accoutumé, c'est joli, allant, du romantisme tranquille et assez serein tout à fait agréable à l'écoute, mais qui ne me semble pas non se démarquer particulièrement par une inspiration particulièrement manifeste. Bon, la suite une autre fois !
Je trouve qu'il y a plus un côté « synthèse de tout le romantisme » qu'une simple vision rétro (un peu comme d'autres Première de cette époque, comme celle de Bax). Ça décoiffe quand même pas mal, même si ça n'est effectivement pas très singulier. La 2 et la 4, en revanche… |
| | | Roupoil Mélomane chevronné
Nombre de messages : 2096 Age : 43 Localisation : Pessac Date d'inscription : 22/04/2017
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Lun 11 Fév 2019 - 11:58 | |
| Bon, j'ai maintenant écouté les trois autres symphonies de Schmidt. Première constatation, j'ai joyeusement pipoté en prétendant n'avoir jamais entendu de musique de lui auparavant, car j'avais bel et bien le début de la Quatrième dans l'oreille (cet appel de trompette) ! Mais je comprends pourquoi je l'avais occulté, car je dois dire que globalement, je n'accroche à aucune de ces symphonies. Pourtant, le langage devrait me plaire, mais je ne saurais pas trop dire pourquoi, il y a quelque chose d'insaisissable dans cette musique qui me perturbe. Les thèmes un peu fuyants ne me convainquent jamais totalement, et dans les développements, je ne comprends pas la logique du discours, de ces bifurcations. Pris séparément les éléments sont intéressants, mais je ne vois pas où ça va et ça me lasse assez rapidement. Comme les mouvements durent toujours près d'un quart d'heure, je décroche tout simplement (pour faire bref, les quarts d'heure des mouvements de Schmidt me semble très très longs par rapport aux mouvements d'une demi-heure de Mahler). La dernière des quatre m'intéresse un peu plus que les autres, mais pas suffisamment pour avoir envie de la réécouter rapidement (déjà, le mouvement lent m'endort...) |
| | | Benedictus Mélomane chevronné
Nombre de messages : 15565 Age : 49 Date d'inscription : 02/03/2014
| Sujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939) Lun 11 Fév 2019 - 12:50 | |
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| | | | Franz Schmidt (1874-1939) | |
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