Autour de la musique classique

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 Wolfgang Rihm (°1952)

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mabuse
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyVen 22 Nov 2019 - 19:48

Anaxagore a écrit:
Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 2Q==

Rihm: Jagden und Formen (Ensemble Modern, Dominique My).

Je continue ma découverte de l’oeuvre de Rihm et c’est une nouvelle surprise. Wolfgang est vraiment le compositeur aux mille visages. Jagden und Formen ne cherche plus à renouer avec la tradition teutonne ou viennoise, mais, dès les premières notes, m’a fait penser à Boulez. Work in progress (de nouvelles versions ont vu le jour depuis cet enregistrement de 2002), il met en oeuvre une manière de développement par prolifération qui, par principe, peut donner lieu à d’incessantes croissances nouvelles : un peu à la manière d’un végétal qui chercherait au hasard à élargir son espace vital là où il le peut. Exaltant la virtuosité (un coup chapeau aux bois de l’Ensemble Modern), l’oeuvre est dynamique, chatoyante, très colorée et finalement d’une évidence assez immédiate. J’aime énormément. Conquis je suis cheers

Cela dit, même si c’est sans doute prématuré, je peine, pour le moment, à reconnaître une signature musicale spécifique de Rihm. J’ai l’impression d’un caméléon qui se conforme, certes avec un talent incroyable, aux styles les plus divers. Stravinsky jadis pratiquait le même pluralisme stylistique, mais il imposait une signature inimitable à tout ce qu’il touchait. Peut-être est-ce aussi le cas de Rihm, mais je ne l’ai pas encore identifiée.

Parmi les multiples facettes de Wolfgang Rihm, on trouve aussi l'organiste.
Il y a cette nouveauté au disque qui m'a justement interpelé :
Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 Wolfgang-rihm-improvise-a-lorgue-label-cybele-records-ean-0809548018924-annee-edition-2019-genre-classique-format-sacd-hybrid-co
Wolfgang Rihm improvise à l'Orgue (Enregistrement de 1970)
Cybele (2019)
Arrow https://www.uvmdistribution.com/orgue/6661-wolfgang-rihm-improvise-a-lorgue-label-cybele-records-ean-0809548018924-annee-edition-2019-genre-classique-format-sacd-hybrid-co-0809548018924.html
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Anaxagore
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyVen 22 Nov 2019 - 21:02

docteur mabuse a écrit:


Parmi les multiples facettes de Wolfgang Rihm, on trouve aussi l'organiste.
Il y a cette nouveauté au disque qui m'a justement interpelé :
Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 Wolfgang-rihm-improvise-a-lorgue-label-cybele-records-ean-0809548018924-annee-edition-2019-genre-classique-format-sacd-hybrid-co
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je note ça sur mes tablettes Very Happy .
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Golisande
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptySam 23 Nov 2019 - 0:36

Je réécoute Jagden und Formen.

J'aimerais tout de même savoir ce qui resterait des cinq premières minutes si, au lieu des instruments, les même notes étaient produites électroniquement... C'est une réflexion que je me suis toujours faite à propos de nombre d'œuvres instrumentales postérieures à 1950 : considérant l'extrême difficulté technique, la part donnée à l'interprétation est quasi nulle, et pourtant je crois qu'une part non négligeable de l'intérêt porté à ces œuvres réside dans la performance des musiciens – pourtant réduits à "réaliser la partition" à la milliseconde près...

En l'occurrence, cela se justifie à l'écoute de certains passages — en particulier ceux où le matériau se raréfie (horizontalement et/ou verticalement), qui m'intéressent davantage que le reste (pour le moment en tout cas) car je peux me concentrer sur un élément spécifique : les instruments individuels lorsque la masse orchestrale s'allège, l'harmonie dans les passages lents... Autrement, me mouvoir dans cet univers ne me procure aucun déplaisir (sinon peut-être un peu d'ennui parfois), mais aucune envie pressante d'y revenir non plus.
Cela étant dit, je suis très sensible à la fragilité du cor solo dans le suraigu (mesures +-400), et plus généralement aux "imperfections" qui apportent une humanité (pour ne pas dire une animalité) particulièrement touchante dans ce contexte...
Est-ce que c'était voulu par Rihm ? Compte tenu de ce que je sais de sa personnalité et de son parcours, il est probable que oui (je ne dirais pas la même chose de Boulez, par exemple), et c'est pour cette raison notamment que j'y reviendrai tout de même — sans compter toutes les œuvres qui n'ont que peu de points communs avec celle-ci...

Et les huit dernières minutes m'ont particulièrement captivé... Je n'ai pas le courage de tout réécouter maintenant pour essayer de comprendre pourquoi : pour l'heure, je me contenterai de dire que j'ai trouvé ça mieux que le reste Mr.Red ...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptySam 23 Nov 2019 - 12:12

Anaxagore a écrit:
Cela dit, même si c’est sans doute prématuré, je peine, pour le moment, à reconnaître une signature musicale spécifique de Rihm. J’ai l’impression d’un caméléon qui se conforme, certes avec un talent incroyable, aux styles les plus divers. Stravinsky jadis pratiquait le même pluralisme stylistique, mais il imposait une signature inimitable à tout ce qu’il touchait. Peut-être est-ce aussi le cas de Rihm, mais je ne l’ai pas encore identifiée.

Tu as exploré des visages très différents de Rihm, et je ne dis pas qu'on le reconnaisse à l'aveugle ; mais il reste une démarche commune d'une musique qui peut être complexe mais évite la surcharge, et effectue beaucoup de référence à la tradition (fût-ce, comme dans Jagden und Formen, à la tradition contemporaine).

J'avoue trouver une certaine lassitude dans cet opus vivace mais tout de même long sans discours qui me soit accessible. Mais les textures, la succession des élans constituent assurément une réussite !
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptySam 23 Nov 2019 - 15:04

DavidLeMarrec a écrit:
Anaxagore a écrit:
Cela dit, même si c’est sans doute prématuré, je peine, pour le moment, à reconnaître une signature musicale spécifique de Rihm. J’ai l’impression d’un caméléon qui se conforme, certes avec un talent incroyable, aux styles les plus divers. Stravinsky jadis pratiquait le même pluralisme stylistique, mais il imposait une signature inimitable à tout ce qu’il touchait. Peut-être est-ce aussi le cas de Rihm, mais je ne l’ai pas encore identifiée.

Tu as exploré des visages très différents de Rihm, et je ne dis pas qu'on le reconnaisse à l'aveugle ; mais il reste une démarche commune d'une musique qui peut être complexe mais évite la surcharge, et effectue beaucoup de référence à la tradition (fût-ce, comme dans Jagden und Formen, à la tradition contemporaine).

J'avoue trouver une certaine lassitude dans cet opus vivace mais tout de même long sans discours qui me soit accessible. Mais les textures, la succession des élans constituent assurément une réussite !

Oui, cette référence à la tradition constitue en effet une constante, mais dit comme cela, ça reste très abstrait. Quand je parle de signature musicale, je pense évidemment à une manière musicale reconnaissable immédiatement à l'audition. Quand Stravinsky compose une oeuvre dodécaphonique, on reconnaît Stravinsky après 30 secondes. Bien sûr, peut-être la singularité de Rihm se réduit-elle à celle du caméléon, mais c'est peu crédible. Ses références à la tradition ne se réduisent évidemment jamais à de quelconques pastiches (alors que chez Stravinsky justement ...). Le premier quatuor à cordes que j'ai écouté était le Quatrième. Et dès les premières mesures, le nom de Beethoven s'est imposé à moi, ce que la suite de l'oeuvre a confirmé sans cesse. Cette musique m'évoquait irrésistiblement le conflit beethovenien et sa résolution. Or, chez Beethoven, ce conflit est celui des deux thèmes dans le cadre tonal du développement de la forme sonate. Rien de tout cela dans le monde atonal de Rihm bien évidemment. Pourtant, après deux ou trois mesures, je pensais à Beethoven. Comment cela se fait-il ? Serait-ce une simple imitation extérieure du geste expressif de Beethoven ? Je suis bien sûr incapable de le dire après une seule audition, mais cette puissance évocatrice m'a interpellé. J'ai retrouvé à peu près la même chose dans les oeuvres orchestrales évoquant Berg et Mahler et dans Jagden und Formen qui m'a fait penser à Boulez (les épisodes instrumentaux de Répons notamment). Mais, dans ces derniers cas, il y a une beaucoup plus grande homogénéité entre le langage de Rihm et celui de ses modèles.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 24 Nov 2019 - 18:30

Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 Donaue11
“Séraphin”-Symphonie (1993-2011) pour ensemble et grand orchestre
Emilio Pomàrico / Ensemble musikFabrik, SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
Donaueschingen, X.2011
Neos «Donaueschinger Musiktage»


Peu de chose à ajouter au compte-rendu enthousiaste de lulu ici: vraiment une très grande réussite, qui articule, d’un côté, la veine primitiviste, néo-fauve et frontale de Rihm et, de l’autre, l’écriture Rihm plus fine et aérée qu’on retrouve surtout dans sa musique de chambre (écriture d’ailleurs assez énigmatique pour moi, dans la mesure où elle semble combiner l’héritage du pointillisme wébernien tout en étant tissée d’allusions tonales.)

Contrairement à d’autres œuvres (je pense en particulier à „CONCERTO“ Dithyrambe), cette articulation ne passe pas par une forme d’opposition ou de polarisation forte entre les deux aspects, mais au contraire par une sorte de contamination réciproque: comme l’a fait remarquer lulu, il y a une façon d’utiliser de manière percussive quasiment tout l’orchestre; tandis que même dans les passages les plus «incantatoires», le spectre sonore est beaucoup moins massif, beaucoup plus aéré que dans les œuvres orchestrales «primitivistes» des années 80-90 (Tutuguri), et que l’aspect mélodique (très prégnant dans la troisième partie) y est lui aussi beaucoup plus plus «disséminé» et disjoint que dans les œuvres «néo» plus récentes (Nähe Fern, Verwandlungen...)

Pour reprendre les mots de lulu: «écriture géniale, parce qu’à la fois complexe, chaotique et pourtant très fluide et organique, à la fois continue et discontinue» À mon avis un des grands chefs-d’œuvre du Rihm XXIᵉ siècle (comme ET LUX, œuvre à laquelle les mêmes termes pourraient s’appliquer.)
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 24 Nov 2019 - 18:57

Pour avoir beaucoup écouté Rihm à une certaine époque, et une partie non négligeable du catalogue, je pense que je peux — je ne dis pas nécessairement l’identifier à l’aveugle, — mais entendre à l’écoute ce qu’il y a de personnel, et reconnaitre sa patte, en tout cas dans beaucoup de ses œuvres. Et je ne parle pas de son rapport à l’histoire ou d’autres concepts abstraits, mais bien de choses musicales, d’éléments d’une « signature ».
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 24 Nov 2019 - 19:04

En tout cas, dans toutes les œuvres où il y en a, son écriture pour percussions me semble vraiment être une «signature» très immédiatement reconnaissable à l'oreille (en particulier deux ou trois combinaisons rythmiques / dynamiques aux percussions en bois, qu'on retrouve dans ses œuvres les plus expérimentales comme dans les plus néo.)
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 24 Nov 2019 - 19:45

lulu a écrit:
Pour avoir beaucoup écouté Rihm à une certaine époque, et une partie non négligeable du catalogue, je pense que je peux — je ne dis pas nécessairement l’identifier à l’aveugle, — mais entendre à l’écoute ce qu’il y a de personnel, et reconnaitre sa patte, en tout cas dans beaucoup de ses œuvres. Et je ne parle pas de son rapport à l’histoire ou d’autres concepts abstraits, mais bien de choses musicales, d’éléments d’une « signature ».

Benedictus a écrit:
En tout cas, dans toutes les œuvres où il y en a, son écriture pour percussions me semble vraiment être une «signature» très immédiatement reconnaissable à l'oreille (en particulier deux ou trois combinaisons rythmiques / dynamiques aux percussions en bois, qu'on retrouve dans ses œuvres les plus expérimentales comme dans les plus néo.)

Merci pour ces témoignages. Avec le temps et de la persévérance, cette signature devrait donc s'imposer à moi Smile .
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 24 Nov 2019 - 21:08

Au-delà de cette effet de signature percussive que je mentionnais, il faut aussi voir que le travail de Rihm - qui est un compositeur extrêmement prolifique - peut être perçu à travers différentes grilles d'organisation: par type de dispositifs (les concertos, la musique de chambre, les œuvres pour ensemble ou orchestres, la musique pour chœur...), par périodes chronologiques (en gros: années 70-80, années 90 et depuis 2000) et par cycles thématiques (le cycle «Séraphin», le cycle «Chiffre», le cycle «Sphäre», le cycle «Jagd / Form»...)

Ce qui fait que si on écoute des œuvres d'une même période, dans un même dispositif et a fortiori appartenant à un même cycle, on sent une personnalité se dessiner de manière très nette, avec des traits communs dans l'écriture, le geste, les couleurs et les textures... Par exemple, si tu écoutes les œuvres pour orchestre du milieu des années 70 au début des années 80 (Dis-Kontur, Sub-Kontur, la 2ᵉ Symphonie, les deux Klangbeschreibung, Tutuguri, le Concerto pour alto, Lichtzwang pour violon et orchestre...), tu reconnaîtras très vite une même patte (l'écriture percussive, le coloris orchestral très sombre, les grands accords frontaux, la pulsation...); comme on pourrait faire la même chose, à l'autre bout, avec ses œuvres pour chœur composées depuis 2000 (Sieben Passions-Texte et leur version avec sonates instrumentales intercalées Vigilia, ET LUX, Astralis, Quid est Deus, les parties chorales de Deus Passus et des Requiem-Strophen...): à la limite, on aurait presque l'impression d'un compositeur qui «fait toujours la même chose.»

Ce qui peut être pertinent aussi, c'est de suivre, comme l'a fait lulu dans pages précédentes pour les œuvres concertantes et les quatuors à cordes, écouter à la suite un vaste corpus d'œuvres appartenant à un même genre mais très étalées sur le temps: ça permet vraiment de saisir à la fois la versatilité (bien réelle) mais aussi les continuités (non moins réelles) du compositeur.

Et puis, comme je le notais à propos de “Séraphin”-Symphonie, il y a (forcément) des œuvres où les caractéristiques de deux périodes, de deux cycles tendent à s'articuler.


Dernière édition par Benedictus le Dim 24 Nov 2019 - 21:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 24 Nov 2019 - 21:16

Tout à fait d’accord avec ça. Effectivement, si on peut sentir des constantes ou une couleur personnelle sur toute l’étendue de sa production, cela est beaucoup plus évident quand on se met en présence d’œuvres « proches », que ce soit chronologiquement ou d’une autre manière, et ces traits communs, même s’ils ne sont pas présents partout, dessinent aussi, ensemble, les éléments d’une signature musicale.
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyLun 25 Nov 2019 - 9:04

J’en profite pour signaler que dernièrement Chailly a dirigé Dis-Kontur au Festival de Lucerne, un programme très chouette (Mossolov-Maderna-Schönberg-Rihm), et que la vidéo de la diffusion est toujours accessible en non répertorié : https://www.youtube.com/watch?v=oq0fKu127x4
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyLun 25 Nov 2019 - 12:26

DavidLeMarrec a écrit:
Hé bien ni l'un ni l'autre hehe : TIAN Leilei (son Quatuor de l'Arbre).

merci
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 1 Déc 2019 - 16:10

Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 81ALwq06d9L._SX522_

Encore un autre visage de Rihm. Et Lux est une pièce écrite en 2009 pour quatuor à cordes et quatre chanteurs, qui évoque la liturgie du Requiem. On l’entend ici dans une version revue en 2011 pour huit voix (chaque partie vocale étant doublée). Le quatuor à cordes fournit un écrin, à l’écriture atonale et expressionniste, rappelant celle des quatuors (du moins ceux que j’ai écoutés), dans lequel sont insérés des fragments chantés du texte liturgique de la messe de Requiem, évoquant, par manière de réminiscence, une polyphonie de la Renaissance. Pourtant, rien de « néo » ici. L’écriture vocale est certes consonante mais n’obéit jamais strictement à la grammaire modale qui régit le contrepoint du XVIème siècle. Elle est très mobile et fuyante et relève d’une modalité fantasmée, comme au second degré, et ne fait jamais songer à un simple pastiche. Elle se marie d’ailleurs parfaitement avec celle du quatuor qui fournit quant à lui un commentaire résolument dissonant. L’oeuvre est fort longue (une heure) mais jamais monotone, tant Rihm parvient à varier les climats et à ménager une alternance de tensions et de détentes. Voilà encore une oeuvre qui illustre son étonnante capacité d’évoquer la tradition, dans un langage résolument contemporain, sans jamais la pasticher. Et, pour ne rien gâcher, l’interprétation du quatuor Minguet et de l’ensemble Huelgas est merveilleuse. J’ai vraiment beaucoup aimé  cheers
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyVen 13 Déc 2019 - 19:15

Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 R-8077701-1454706821-9908.jpeg

Rihm: Symphonie « Nähe Fern » (Hans Christoph Begemann, Luzerner Sinfonieorchester, James Gaffigan).

Cette symphonie, à l’écriture très mouvante, oscillant entre l’atonalité et une tonalité très élargie, mais avec des emprunts à la tonalité classique, illustre la veine post-romantique viennoise de Rihm. Comme le dit plus haut Benedictus, on pense à la première Symphonie de chambre de Schoenberg ou encore à Schreker. Pourtant, une nouvelle fois, je ne trouve rien de « néo » dans cette oeuvre, tant Rihm semble prolonger naturellement une tradition viennoise qui n’aurait pas été interrompue et tant son rapport à la tradition (ici Brahms) passe par le prisme déformant de son regard contemporain.

L'interprétation de l'orchestre de Lucerne sous la baguette de James Gaffigan est somptueuse, ce qui ne gâche rien ...

J’ai adoré ! Il faut dire que cette musique est absolument compatible avec mon univers musical de prédilection et a tout pour me plaire Very Happy
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MessageSujet: Re: Wolfgang Rihm (°1952)   Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 EmptyDim 5 Jan 2020 - 10:40

Je poursuis la découverte de la musique vocale de Rihm, avec un CD déjà commenté par Benedictus plus haut dans ce fil …

Wolfgang Rihm (°1952) - Page 4 51qP+EHrKBL._AC_UY436_QL65_ML3_

Rihm: Sieben Passions-Texte (2001-2006) (RIAS Kammerchor, Hans-Christoph Rademann).

Rihm: Astralis (Über die Linie III) (2001) (RIAS Kammerchor, Hans-Christoph Rademann).

Rihm: Fragmenta passionis (1968) (RIAS Kammerchor, Hans-Christoph Rademann).

On y trouve illustrées deux manières bien distinctes qu’a Rihm de se rapporter à la tradition : l’évocation et la continuation. La tradition ici concernée est celle de la mise en musique des récits de la Passion. L’oeuvre, chronologiquement la première, Fragmenta passionis, cinq motets pour choeur mixte a cappella de 1968 illustre plutôt la manière de l’évocation. Dans le prisme d’un langage directement hérité de Darmstadt, Rihm évoque l’univers spirituel des passions. Il n’use que de fragments de textes et fait usage d’une grande multiplicité de techniques vocales, allant du chuchotement au cri en passant par le chant. La perspective est résolument « contemporaine » et ne cherche aucunement à renouer avec les manières du chant ancien. Le point de vue est totalement différent dans Sieben Passions-Texte, pour six voix, achevés en 2006. Ici, Rihm tente de prolonger, dans un langage atonal mais rappelant la modalité, le style polyphonique de la Renaissance tardive, pensant plus précisément aux madrigaux de Gesualdo. La perspective est ici résolument « traditionnelle » et semble vouloir « renouer » avec les styles anciens, mais toujours à travers le prisme déformant d’une grammaire bel et bien contemporaine. La troisième oeuvre, Astralis, pour petit choeur, violoncelle et deux timbales de 2001, met en musique un texte de Novalis. Ici aussi, l’écriture est atonale mais très consonante et le style polyphonique très traditionnel.

Ce ne sont sans doute pas les compositions les plus audacieuses de Rihm, mais la musique y est fort inspirée et j’ai beaucoup aimé  Very Happy .
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