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 Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques

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Mélomaniac
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Mélomaniac

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MessageSujet: Re: Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques   Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques - Page 9 EmptyMar 31 Déc 2019 - 17:31

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques - Page 9 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 168°/250



Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques - Page 9 Cluyte10
André Cluytens (1905-1967)


Claude Debussy (1862-1918) :

La Boîte à Joujoux, ballet en quatre tableaux

= André Cluytens, Orchestre de la Radiodiffusion Française


(Columbia, avril 1954)

Smile Lors de mes années d'études, un samedi après-midi, à l'occasion de ma visite hebdomadaire au Furet de Lille, le responsable du disque classique attira mon attention sur un CD qui venait de paraître chez le label Testament, et me le diffusa sur la chaine hifi du rayon. Malgré l'affluence et le bruit ambiant, je me rappelle avoir été absorbé par cet enregistrement qui me fit découvrir La Boîte à joujoux. Depuis un quart de siècle, j'y reviens toujours avec le même émerveillement, tant le pouvoir d'évocation est puissant, aussi bien la musique que cette interprétation prégnante et délectable. Ce n'était pas la première fois que l'œuvre était confiée aux micros : Jonel Perlea l'avait déjà gravée à Berlin en 1953 pour le label américain Remington. La discographie compte aussi Jean Martinon (Emi), Armin Jordan (Erato), Michael Tilson Thomas (Sony), Charles Dutoit (Decca)... Mais aucun ne rivalise avec les deux versions qui m'ont fait hésiter pour les Mélomaniac d'or. Après avoir mûrement réécouté Ernest Ansermet (Decca), j'avoue une légère préférence pour Cluytens qui réussit mieux que personne à restituer la tendresse du sujet, mais aussi la charge satirique du dernier Tableau. Sans parler des timbres idéalement idiomatiques de l'orchestre parisien, dont le chef belge exprime tous les sucs, arômes et textures avec cette pointe de nonchalance débonnaire qui n'appartient qu'à lui et sert parfaitement la candeur du propos.
Le sens du merveilleux dont témoigne Debussy, un brin facétieux, nous éloigne autant de la féérie du ballet tchaikovskien que des rossiniades à la gouache de La Boutique fantasque (sur une intrigue très voisine) peinturlurée par Respighi. Le monde de l'enfance lui inspire une vision à la fois prosaïque et infiniment poétique, qui se traduit par la franchise des couleurs, la netteté du trait, la flagrance de la caractérisation mais aussi la subtilité des harmonies. C'est le décorateur, illustrateur et inventeur André Hellé (1871-1945) qui lui proposa d'écrire un ballet évoquant les péripéties d'un ménage à trois dans un magasin de jouets. La mouture pianistique fut terminée en octobre 1913. Debussy commença à l'orchestrer mais malade, il confia le projet à André Caplet qui l'acheva en 1917, un an avant la mort du compositeur qui ne put voir la première représentation, donnée en décembre 1919 au Théâtre lyrique du Vaudeville, sous la baguette de Désiré-Émile Inghelbrecht.
Voici un parcours d'écoute -les citations entre guillemets proviennent de l'édition chez Durand :

Étiage des violoncelles en harmoniques, gammes modales au clavier, frémissement de cymbale, soupirs d'une poignée de violons (0'20) esquissent le sommeil d'un décor infusé de mystère. L'énigmatique mélodie du piano se réplique aux deux flûtes (0'30, 0'54) puis un scintillement du célesta (patente allusion à l'instrumentation de la fée dragée de Tchaikovsky) énonce le thème de la poupée (1'00) qui valse délicatement. Une transition vers une citation de la berceuse Dodo l'enfant do pincée aux contrebasses (1'21) révèle « l'intérieur d'un magasin de jouets ; presque dans l'obscurité ; par un vitrage on voit un réverbère qui brûle à l'extérieur ; au premier plan, une grande boîte en bois blanc avec couvercle, et un phonographe ; au fond, appuyés contre le mur, Pierrot, Arlequin, Polichinelle et trois poupées dorment. » Un cor solo exhale le thème introductif (1'28), décliné en pizzicati aux violons (tandis que le piano annonce le thème associé au Soldat, 1'32) puis au basson (1'48). Le rideau se lève. On réentend le thème cristallin, cette fois à la flûte, et l'introduction s'assoupit dans un suspense baigné de surnaturel.
Des pizzicati de violoncelles (2'16) inaugurent le Premier Tableau. Une des poupées s'anime, se dirige vers l'avant-scène, manœuvre un interrupteur qui fait jaillir une violente lumière (2'29) s'agitant par un dissonant trémolo, puis elle touche le phonographe (2'35) qui retentit et réveille les marionnettes (2'43). Celles-ci s'en vont chercher tous les jouets du magasin (3'01) : les saccades du piano traduisent leur effort dans un passage quasiment fugato qui semble emprunté à L'Apprenti Sorcier de Dukas. Le piano cite la marche martiale (3'42) : « le couvercle de bois s'est soulevé ; une tête de soldat de bois est apparue dans l'entrebâillement et regarde curieusement ». Le Pas de l'éléphant s'élève lourdement aux cordes graves et bassons (3'47). Le hautbois dévide une mélopée (4'19) aux parfums orientalisants assouplis de triolets, puis le pachyderme s'en va navré (5'07). Arlequin s'active dans une piquante chorégraphie scherzando (5'18). Un martèlement raidi du piano et du tambour (5'49) escorte la parade du soldat anglais qui se dandine au piccolo (emprunt à la partition du Petit Nègre) et s'amplifie. Mais soudain, irruption de Polichinelle (6'28) dont la stridence rappelle certains effets du Petrouchka de Stravinsky. Une claudication (6'44) amène un épisode fanfaron (7'03). Le Nègre apparaît (7'17), sous un visage « ironique » au basson (7'28) puis « sentimental et comique » souligné par les violons (7'41) et enfin, après l'intervention du Policeman (7'46) il se met à rire (8'08) sur un trémolo des percussions et violons.
Transition en fa majeur (8'17) pour la Danse de la Poupée, puis si bémol (8'29) tandis que s'élance la valse chantée par la clarinette (8'37), la flûte (8'47), les violoncelles (9'08), le hautbois (9'40)... Un glissando de harpe et piano (10'05) précipite les personnages dans une tarentelle (à 6/16), où le Marin effectue quelques pirouettes (10'40). La poupée, dont flûte et célesta font surnager le thème (10'57), laisse tomber une rose devant le Soldat (11'04) qui la ramasse et l'embrasse, mais elle lui fait un turlututu (11'15) et s'empresse de retrouver Polichinelle qui assène un coup de pied au nez du militaire (11'27). « Tout le couvercle se soulève alors, on voir la tête courroucée du capitaine » : sur un roulement de tambour, la trompette sonne un air guerrier (11'31). La ronde reprend (11'45) et enrôle progressivement les protagonistes. Le jour point à travers la vitrine, où surgit un menaçant agent de police (12'03). « Frayeur des jouets qui se dispersent » (12'20), et tandis que la clarinette voudrait relancer la tarentelle, reprennent leur place de sommeil (12'34). Une poupée éteint la lumière (12'43) et le rideau tombe.

Le Second Tableau dresse le champ de bataille. « Une grande plaine verte. Deux arbres de Nuremberg au milieu de la scène ». Flûte et basson déroulent un air triste, entrecoupé par le piano. Le rideau se lève sur Polichinelle (0'58) affairé à conter fleurette à la Poupée qui par la voix de la flûte (1'42, passage à un gracieux la bémol) lui demande un anneau de mariage, ce à quoi il s'esclaffe (2'01) et la lutine de plus belle. « Bruit dans la coulisse d'une troupe en marche » (2'20) scandée par cordes et tambour, où murmure aux bassons (2'29) le chœur des soldats du Faust de Gounod. Le Capitaine désigne Polichinelle à ses troupes, qui s'enfuit (2'39), puis elles se mettent en rang de combat (2'44). Polichinelle revient avec des comparses, des artilleurs à canon (2'59) et s'engage dans la bataille (3'07), renversant à terre le Soldat (3'30) avant un repli signalé par un coup de grosse caisse (3'37) et une débandade vers deux sforzandos des cordes graves.
Sous la lune (3'43), le Soldat qui portait au fusil la fleur abandonnée par la Poupée git entre deux arbres et l'on perçoit son thème au piano (3'53). La Poupée lui adresse une prière (4'19) par la clarinette. Polichinelle revient à pas feutrés (5'09), affole la Poupée (5'20), ramasse le fusil, la fleur, rit en la regardant (5'36) et la repose sur la poitrine du Soldat qu'il nargue par des grimaces au basson (6'05). L'ambiance se résout au calme initial, la Poupée se penche vers le blessé et le soigne (6'29). Il reprend des forces et se redresse (7'19) tandis que le hautbois cite son thème. Le piano esquisse des bruits de fête (8'22) : au loin, les polichinelles se réjouissent. Le célesta égrène une allusion du Soldat (8'36) qui s'amenuise jusque la fin (8'56).

Le Troisième Tableau dévoile « un paysage désolé ; dans le fond une bergerie cassée avec des barrières démolies ». Les flûtes ânonnent la complainte Il était une bergère qui, après un passage sombre et angoissé (0'16), reprend au hautbois (0'33) alors que le rideau se lève sur le Soldat, un bras en écharpe, seul avec la Poupée. Les thèmes associés aux deux héros se mêlent à la complainte, avant un nouvel épisode menaçant (0'59). Long solo du cor anglais : « un pâtre qui n'est pas d'ici joue du chalumeau » (1'07). « Un air de vielle se fait entendre » (2'10), émancipant d'émouvants mélismes aux altos, violoncelles, bassons et clarinettes jusqu'à un trémolo des violons (2'44). L'ambiance pastorale se poursuit : « un berger passe, traînant derrière lui ses moutons » (2'49) sur un bêlant staccato de basson. La Poupée attendrie lui en achète deux (3'24). Caquetants accords de hautbois et piano signalent le passage d'une gardeuse d'oies (3'39) ; la Poupée lui en achète deux. Nouveau solo du cor anglais (4'13) : avec leurs quatre animaux, le Soldat et la Poupée « se laissent aller à la mélancolie que verse dans leurs petites âmes en bois le chalumeau du pâtre ». La flûte reprend la comptine (4'57) pendant que les amoureux s'embrassent (5'03) et s'en vont lentement vers la bergerie. Piano et cordes graves témoignent toutefois de leur empressement (5'31) dont la connotation ne permet aucun doute : Debussy cite malicieusement la marche nuptiale de Mendelssohn (5'47), aux altos et bois. Bien plus confidentiel : une brève citation (5'56) aux clarinettes et bassons de l'exorde de la Symphonie Mariage Rural de Karl Goldmark (c'est là une hypothèse toute personnelle, mais cette œuvre était fort populaire à l'époque).
Entretemps, le décor a changé à vue et l'irruption du Quatrième Tableau (6'08) « représente un confortable chalet qui porte une banderole sur laquelle on lit vingt ans après. » Polichinelle apparaît en garde-champêtre, avec baudrier et insigne de loi. Fanfare de cors et trompettes sur roulement de tambour. On bascule dans la comédie, voire une certaine ironie : un clash de cymbale (6'25) expulse solennellement le thème du Soldat : à barbe chenue, il tient la fleur désormais fanée ; près de lui la Poupée « considérablement grossie puis par rang de taille, leurs enfants. La Poupée qui ne peut plus danser essaie de chanter » sur un air compassé du violon solo (6'49). Un vigoureux arpège des violons déclenche une célèbre polka (7'05) qui enthousiasme la marmaille « avec une évident irrespect pour la pensée de l'auteur ». Là l'esprit goguenard du Groupe des Six n'est pas loin, et se confirme avec cette rengaine (7'25) clamée par la trompette (on se croirait dans Relâche de Satie !) Tout l'orchestre pérore dans une verve contrainte, jusqu'à un point d'arrêt (8'02).
Voici venir l'Épilogue (8'05) : sur des trilles irréels des violons se recompose le décor du Premier Tableau avec les mêmes personnages. Quatre notes émanées du piano (8'14) achèvent la métamorphose. Au grave du registre, la flûte remémore l'oniromancie qui introduisait le ballet (8'27). On réentend au clavier le thème du Soldat (8'59) qui fait le salut militaire aux spectateurs tandis que sur quelques coups d'éclat le rideau tombe (9'22).


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MessageSujet: Re: Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques   Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques - Page 9 EmptyMar 31 Déc 2019 - 22:48

Mélomaniac a écrit:
fomalhaut a écrit:

C'était un concert intéressant et excellent , à mon goût (j'apprécie généralement FX Roth et ses Siècles) à l'exception de cette singerie pitoyable
qu'est la Bacchanale de Samson et Dalila.



Moi j'adore ça, surtout dans l'interprétation de Beecham colors


Et oui, Beecham a malheureusement donné cette Bacchanale parmi les pages qu'il appelait Lollipos carton rouge

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MessageSujet: Re: Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques   Claude-Achille DEBUSSY - Oeuvres symphoniques - Page 9 EmptyMer 1 Jan 2020 - 16:47

Mélomaniac a écrit:
Mélomaniac, in playlist, a écrit:

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A l'écoute de ce LP, La Boîte à Joujoux m'avait laissé plutôt tiède.
Par contre, j'avais beaucoup aimé les Children's Corner dont l'orchestration et l'interprétation sont particulièrement réussies : la musique de Children's Corner est la plus forte.

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