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 Strauss - Oeuvres symphoniques

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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyDim 14 Jan 2018 - 3:07

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Don Quichotte, poème symphonique Op. 35

= Tabea Zimmermann, alto ; Mischa Maisky, violoncelle ; Zubin Mehta, Orchestre philharmonique de Berlin

(DG, live décembre 2002)

Very Happy Superbe prestation d'orchestre, très sculpturale.
Pour autant, Maisky n'en fait pas trop, il semble que son tempérament s'assagisse au fil des ans,
et s'allie mieux à une introspection qui nous vaut ici une lecture à la fois démonstrative et sensible.
Prise de son de grand apparat, d'une ampleur et d'une dynamique stupéfiante.
Bref une version qui conquiert sa place aux côtés des anciennes références discographiques.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Dvorak11
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 20 Fév 2018 - 22:55

Very Happy Découverte de cette version méconnue, réalisée à l'orée de l'ère CD.
Remarquable surprise : plénitude épanouie, timbres somptueux (maniant superbement le clair comme l'obscur),
et un instinct narratif qui ne fait pas défaut à ce grand chef de fosse.



Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Also sprach Zarathustra, poème symphonique Op. 30

= Georges Prêtre, Philharmonia Orchestra

(RCA, juin 1983)

Smile Une des versions les plus fouillées et majestueuses que compte la discographie (37 minutes !)
De la clarté et du lyrisme (malgré quelques passagères raideurs), du panorama et du détail.
Bref excellente interprétation.
Et superbe prise de son.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 20171116
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyLun 26 Fév 2018 - 23:46

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Also sprach Zarathustra, poème symphonique Op. 30

= Karl Böhm, Orchestre philharmonique de Berlin

(DG, avril 1958)

Smile Contrairement à une certaine réputation, Böhm n'a pas la main lourde bien au contraire,
dans cette interprétation rien ne s'appesantit, les contours restent nets, les tuttis ne bavent pas,
on pourrait juste reprocher un excès de fermeté, et regretter un certain statisme dans les séquences méditatives.
En tout cas, la maîtrise de la temporalité, l'intelligence d'ensemble forcent l'admiration.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus16
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 30 Mar 2018 - 23:35

En cherchant des informations sur les enregistrements de musique russe de Mravinski, je suis tombé sur ceci:
Mélomaniac a écrit:
Au-delà de ses célèbres enregistrements du répertoire russe (Tchaikovski, Chostakovitch, Prokofiev : sa Sixième d'une noirceur irrémissible...), je reste particulièrement intimidé par ses interprétations de la Symphonie Alpestre[...]
Du coup, j’ai écouté:

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus14
Eine Alpensinfonie, op. 64
Evgeny Mravinsky / Orchestre Philharmonique de Leningrad
En public, Leningrad, IV.1962
Melodiya


Effectivement, un témoignage imposant - et, à coup sûr, ma lecture préférée de l’Alpensinfonie.

Lecture idéalement méchante, absolument non-idiomatique et même hors-style. Que ceux qui veulent entendre ici des nappes de cordes soyeuses, des vents généreusement arrondis et un peu nimbés passent leur chemin: il n’entendront qu’une impressionnante section de cordes serrées et d’une densité à couper au couteau, des cuivres puissants et vibrants et des bois nasillards, presque agressifs. Les phrasés frappent par leur roide verticalité (on dirait que Mravinski cherche à couper court à ces petites clausules modulées et ascendantes en contrechant, si typiques de Strauss); et que l’on ne s’attende pas à retrouver ici les figuralismes qui abondent dans l’œuvre: alors même que les notes sont là, les phrasés comme les timbres de Leningrad les rendent méconnaissables, abstraits.

En fait, Mravinski métamorphose complètement la logique de l’œuvre: à la succession de micro-épisodes narratifs qu’on entend habituellement ici, il substitue un discours à la fois construit dans la continuité (il y a là une grande poussée unificatrice «en arche», constamment tendue et d’une irrésistible puissance) et dans l’articulation des détails (ainsi rendues à une forme d’abstraction, les multiples petites touches orchestrales straussiennes tendent à fonctionner comme les solos dans les symphonies de Mahler, construisant des tuilages, des relais et des circulations qui viennent sans cesse relancer le discours - d’autant que la typicité des timbres et la précision de la mise en place confèrent à ces détails une lisibilité qu’ils n’ont que rarement.) Et tout en procédant d’une forme d’austérité ou d’abstraction, cette lecture est cependant la plus exaltante qui soit - ne serait-ce que par l’intensité de chaque accent, l’impact sonore incroyable d’une Philharmonie de Leningrad littéralement chauffée à blanc.

Un peu à l’image de la pochette: pour le sourire et la bonhommie, ce n’est clairement pas la bonne adresse - mais c’est redoutablement impressionnant!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptySam 31 Mar 2018 - 16:02

Voilà une médication qui correspond assez exactement à ce qui me frustre dans cette œuvre (discontinuité, manque d'arche, de direction, de nécessité). Au concert, ça passe très bien parce qu'il y a plein de choses à voir, mais pour l'instant, je n'ai toujours jamais réussi à percevoir ça de la façon dont tu dis. J'essaie ça très vite.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyDim 22 Avr 2018 - 19:15

Du fil Playlist:

Benedictus a écrit:
Pour fêter le retour de Mélo en playlist, et comme cet après-midi j’ai écouté la musique de Star Wars (le premier, c’est-à-dire le IV) et que Ravelavélo avait évoqué cette réédition ces jours-ci:

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Holst_10
Holst: The Planets, op. 32¹. Strauss: Also sprach Zarathustra, op. 30²
William Steinberg / Boston Symphony Orchestra; New England Conservatory Chorus / Lorna Cooke deVaron¹; Joseph Silverstein (violon solo)²
Boston, IX-X.1970, III.1971
DG


On s’en doutera, ce ne sont pas mes œuvres préférées - mais ça pourrait bien en être mes interprétations préférées. Steinberg donne de ces partitions une lecture très élancée, sans temps mort et plutôt dégraissée; la matière orchestrale est magnifique: aucune surcharge, aucune opacité, mais des couleurs fauves assez somptueuses.

[...] Dans Zarathustra, en revanche, les phrasés ont quelque chose d’à la fois ondoyant et intense, d’une volupté assez «décadente.»

Prise de son superbe [...]

Ce qui est assez étonnant, c’est qu’à lire la notice, Steinberg n’avait jamais dirigé les Planètes avant que DG le sollicite pour enregistrer l’œuvre, et que les (magnifiques) Hindemith enregistrés peu après (voir ici) étaient apparemment bien plus la tasse de thé du chef.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 30 Oct 2018 - 2:08

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 191°/250



Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Dutoit10
Charles Dutoit (1936-)


Richard Strauss (1864-1949) :

Der Bürger als Edelmann, Suite op.60
Tanzsuite nach Couperin

= Charles Dutoit, Sinfonietta de Montréal

(Decca, mai 1992)

Smile Parallèlement aux grosses machines vociférantes telles Salomé, Elektra, ou à l'artillerie de Heldenleben, le raffinement transparaît déjà dans les poèmes
de jeunesse comme Don Juan (la finesse des épisodes de Zerline et Donna Anna).
Le néoclassicisme fut une tendance esthétique majeure de l'entre-deux-guerres, et Strauss le conservateur y participa précocement, avec Le Bourgeois gentilhomme,
musique de scène exfiltrée de l'opéra Ariane à Naxos (1911), en collaboration avec Hofmannstahl qui remania la pièce de Molière.
Cette Suite porte des titres qui renvoient à la comédie (entrée de l'arriviste Monsieur Jourdain, Menuet, Entrée et danse des tailleurs...) et propose une délicieuse illustration,
un hommage librement adapté, non un pastiche : ni l'instrumentation ni l'harmonie ne peuvent se rattacher au répertoire du XVII° siècle.
Le Maître d'armes, avec ses cuivres burlesques, annonce les cocasseries du Pulcinella de Stravinsky.
Discours nettement articulé (ça c'est un tribut au Classicisme ici réinventé), mais souple et chatoyant comme ce compositeur ne saurait se renier.
Et quel humour, avec des citations à décrypter dans le banquet final : La donna è mobile, mais aussi des allusions au thème des vagues du Rheingold pour évoquer les saumons,
au bêlement des moutons de Don Quichotte pour accompagner le gigot hehe
Un procédé qu'utilisera Prokofiev dans le festin de sa Cinderella, où les agrumes sont servies au son de la célèbre marche de L'Amour des trois Oranges.

.
Cinq ans après Le Tombeau de Couperin de Ravel, Strauss publiait sa Suite de danses qui emprunte toutes ses mélodies aux recueils pour clavecin de François Le Grand,
et les réagence de manière extraordinairement subtile. Là l'écriture compassée et noblement affectée copie (ou fantasme) plus directement le style attribué au Baroque français.
Une trentaine d'instrumentistes, essentiellement des cordes rehaussées de quelques bois, génèrent un écheveau d'une fascinante complexité,
un camaïeu annonçant l'écriture extrêmement divisée des ultimes Métamorphosen de 1945.
Experte alliance d'ingénuité et d'ingéniosité.
On reconnaîtra aisément Le carillon de Cythère, ici merveilleusement ciselé par harpe, célesta, glockenspiel et clavecin. Scintillant et capiteux !
Magnifique également, l'étourdissant tourbillon de la Wirbeltanz.

.
J'avais découvert ces deux œuvres dans l'intégrale straussienne menée par Rudolf Kempe dans les années 1970, lecture un peu empesée, et c'est la pétulante interprétation
par Maazel à Vienne (Decca, 1966 avec rien moins que Willi Boskovsky au violon et Friedrich Gulda au clavier !) qui me révéla les charmes du Bürger als Edelmann.
La discographie de la Suite de Danses est encore plus confidentielle. Au rayon archives, on trouve un enregistrement par Arthur Rodzinski (avec le Philharmonia, HMV mai 1958).
Il existe un CD qui réunit assez logiquement ces deux opus, et qui s'avère une pépite méconnue dans le vaste catalogue (principalement des blockbusters
d'apparat pour grand orchestre) que Charles Dutoit grava pour Decca.
Avec les virtuoses du Sinfonietta, leurs coloris délectables, leurs ornements d'un goût parfait, le chef suisse atteint à une stupéfiante dextérité au service
d'une délicatesse sans caricature, qui fait revivre la manière courtoise et galante avec des grâces qu'on n'imagine pas, et juste ce qu'il faut de préciosité.
Ces rares trésors de sensualité, de tendre malice, d'intelligence que nous offre un Dutoit en gant blanc peuvent se savourer en boucle sous une lumière tamisée,
en compagnie d'un bon havane, un ballon de hors d'âge -mais vous n'êtes pas obligés de céder à ces vices, ce disque voluptueux peut aussi se suffire à lui-même.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus18
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 30 Oct 2018 - 11:43

Ah oui, pour moi ce pastiche est particulièrement laid et vain – quand on sait ce que vaut la musique de scène d'origine, et qu'on l'entend singée comme cela, ça fait bobo au bon goût.

Même indépendamment de toute comparaison ni efficacité dramatique (que c'est mou ce truc !), on dirait vraiment du mauvais pastiche, qui perd toutes les qualités de ce qu'il singe (la danse, la bonne humer) tout en produisant un résultat assez pauvre. À tout prendre, j'aime bien davantage les véritables romanticisations éhontées des œuvres du patrimoine, comme l'Ouverture d'Armide de LULLY par Asafiev ou l'orchestration du Couronnement de Poppée par Maderna.

(Et moi je le dis gentiment, parce que si Benedictus était là… hehe )
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 30 Oct 2018 - 11:48

Beecham, Reiner ; et un souvenir attendri de la fraîcheur, de la liberté coloriste de Fischer-Dieskau, en concert à Pleyel (à l'époque où Pleyel...) !
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 30 Oct 2018 - 18:42

DavidLeMarrec a écrit:

Ah oui, pour moi ce pastiche est particulièrement laid et vain – quand on sait ce que vaut la musique de scène d'origine,
et qu'on l'entend singée comme cela, ça fait bobo au bon goût.




Surprised Tu parles du Bourgeois ? Tu prends ça comme un pastiche ?! On ne doit pas accorder la même signification à ce mot.
Je ne crois pas que Strauss ait essayé d'écrire comme Lully, c'est flagrant.
Comme je l'ai écrit ni l'harmonie ni la nomenclature instrumentale ni le style en général n'entendent copier le XVII°.
Une parodie, peut-être davantage, et encore je ne pense pas que la volonté péjorative caractérise ce qui s'avère plutôt une libre adaptation,
un illustration musicale sui generis de la pièce de Molière revue par Hofmannsthal.
Quant à trouver ça mou, là encore c'est une synthèse entre un Baroque fantasmé et le propre style de Strauss, alors évidemment
si tu compares aux danseries sèches de jarret de comédies-ballets dans des interprétations authentiques, normal que tu n'y trouves pas ton compte.
Et venant de quelqu'un qui vénère le Bolero apathique et peinturluré de Freitas Branco, ça ne manque pas de sel  Basketball
Pour sûr, y a un peu de guimauve dans les ingrédients, mais ce n'est pas pour me déplaire, et Dutoit (comme Maazel) n'en abuse pas,
leurs lectures sont charmantes, intelligentes, naïves ce qu'il faut, mais non caricaturales.

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMer 31 Oct 2018 - 11:57

Mélomaniac a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Ah oui, pour moi ce pastiche est particulièrement laid et vain – quand on sait ce que vaut la musique de scène d'origine,
et qu'on l'entend singée comme cela, ça fait bobo au bon goût.




Surprised Tu parles du Bourgeois ? Tu prends ça comme un pastiche ?! On ne doit pas accorder la même signification à ce mot.
Je ne crois pas que Strauss ait essayé d'écrire comme Lully, c'est flagrant.

Un pastiche n'est pas nécessairement littéral. C'est un pastiche non pas au sens de l'exercice d'écriture exact (est-ce vraiment un pastiche, si c'est une copie sans distance ?), plutôt une forme d'évocation fantasmée, avec son langage propre, de ce qu'est pour lui l'esprit XVIIe, en remplissant son écriture de blancheurs, de platitudes et d'archaïsmes.

Je trouve que ça rend surtout compte de la vision ennuyeuse qu'on avait du XVIIe siècle, et que c'est assez pénible à écouter, réunissant le pire des deux mondes (à la fois raide comme du baroque mal joué, pauvre comme du néoclassique de seconde zone, et d'un sucré passablement visqueux comme du XIXe sans inspiration).
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 27 Nov 2018 - 2:02

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 045°/250



Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Steinb10
William Steinberg (1899-1978)


Richard Strauss (1864-1949) :

Also sprach Zarathustra, Op. 30

= William Steinberg, Orchestre symphonique de Boston

(DG, mars 1971)

Smile Pas mon préféré des poèmes straussiens (mon favori figurera dans le TOP 40) mais je le place toutefois très haut dans le palmarès des 250 Mélomaniac d'Or,
tant je succombe à ce grand bain prophétique, somptueusement orchestré, découvert avec l'enregistrement dresdois de Kempe (Eterna-Emi) quand j'étais collégien.
Depuis, j'en ai entendu maintes versions, toutes celles qu'on qualifie d'importantes, et j'aurai pu consacrer le sombre ésotérisme de Clemens Krauss à Vienne (Decca, 1950),
la transe visionnaire et intensément dramatique de Fritz Reiner à Chicago (RCA, 1954), la rigueur architecturale de Karl Böhm à Berlin (DG, 1958),
la somptuosité de Karajan à Vienne (Decca, 1959), les langueurs décadentes de Sinopoli à New York (DG, 1987)... Et quelques autres.
J'ai pourtant retenu un enregistrement qui démentira ma -fallacieuse- réputation pour la boursouflure, et dont la reparution en CD fut très remarquée :
honorée par la presse, et chaleureusement accueillie par les mélomanes (existe-t-il quelqu'un que ce disque n'enthousiasmerait pas ?)
Un des trois microsillons que Steinberg réalisa pour DG, alors qu'à Boston il avait failli succéder à Charles Munch (on lui préféra Erich Leinsdorf).
Ce chef allemand dirigeait Strauss depuis près d'un demi-siècle, il avait fréquenté sa musique dès les années 1920 à l'Opéra de Cologne.

.
Son interprétation du Zarathustra rend hommage au chatoiement de l'écriture plutôt qu'à son épaisseur, et s'inscrit fidèlement dans l'esthétique nietzschéenne
de la légèreté : « ce qui est bon est léger. Tout ce qui est divin marche d'un pied délicat ».
Comme nous disait en avril dernier le Sieur Benedictus, voilà « une lecture très élancée, sans temps mort et plutôt dégraissée ; la matière orchestrale est magnifique :
aucune surcharge, aucune opacité ». On pourrait gloser mais l'essentiel est dit.
On observera aussi la clarté, l'ampleur de l'acoustique du Symphony Hall qui permet cette aération, et confère au lever de soleil une envergure vraiment éblouissante,
au Von den Hinterweltern une transparence élucidatrice (alors que le tempo ne s'y presse pas particulièrement).
Enfin, dans l'ensemble rien ne traîne et cet entrain atteint une incoercible mobilité dans la grossen Sehnsucht (on y remarquera les zébrures de harpe, vertement surlignées).
Au sein d'un même épisode, Steinberg n'hésite pas à s'emporter, à stimuler l'allure, mais avec tant de subtilité que les revirements se remarquent à peine.
Ainsi voyez le convalescent dont l'irruption tranche sans s'alourdir, en allégeant les basses,
et où la progression vers le climax sur roulement de percussion (celui qui cite le Sonneaufgang) rougeoie sans peser.
Certes on y a déjà entendu des baguettes plus mordantes, mais la crudité du tableau marque par son incandescence panoramique,
et son exultation croissante -là encore Steinberg impressionne par sa fluidité agissante.

.
Autre exemple de ce génie de la transition organique dans le Tanzlied où la plupart des chefs tentent de suggérer une délicieuse ambivalence du mouvement,
telle qu'écrivait Paul Claudel sur le tableau de Watteau : « ce n'est pas qu'il soit indifférent, ce messager de nacre, cet avant-courrier de l'Aurore,
disons plutôt qu'il balance entre l'essor et la marche, et ce n'est pas que déjà il danse, mais l'un de ses bras étendu et l'autre avec ampleur déployant l'aile lyrique,
il suspend un équilibre dont le poids, plus qu'à demi conjuré, ne forme que le moindre élément. »
Ici l'archet de Joseph Silverstein irradie d'une pure lumière, sans vulgarité ni amollissement, évitant tout racolage genre « rengaine de taverne bavaroise ».
Point de grâce anonchalie : Steinberg fomente une énergie auto-alimentée, tangentielle, qui vise à s'émanciper par le plus court chemin,
et tréfile une frénésie qu'aucun autre chef n'a à ce point affirmée comme l'aboutissement spirituel de cette partition initiatique.
Cette trépidante célébration est rendue possible par la virtuosité des pupitres de Boston.
On atteint là des sphères radieuses et immaculées, presque méridionales, sorte d'ivresse de l'esprit désincarcérée du corps, fidèle au philosophe du Gai Savoir,
« comme si toutes les fonctions animales devaient être accélérées [...] comme si la vie d'airain et de plomb devait être dorée ».

.
Voici donc une interprétation plus visuelle que tactile, d'une vigueur, d'un éclat plus latins que germaniques, qui fait tout bouger comme par magie,
affranchie des impédiments, qui s'oublie, se dépasse et s'exalte dans une santé irrésistible.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus17

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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMer 23 Oct 2019 - 1:37

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Sinfonia Domestica, Op. 53

= André Previn, Orchestre philharmonique de Vienne

(DG, novembre 1995)

Smile Une des œuvres de Strauss, peut-être la seule, qui me résiste.
Et pourtant j'ai essayé les meilleures adresses : Kempe, Konwitschny, Mehta, Maazel, Sawallisch...
J'ai déjà tenté aussi l'écoute avec partition (chez Dover), mais les passages touffus, essentiellement harmoniques, chiches en mélodie,
ne simplifient pas le parcours pour un modeste déchiffreur.
Oh je ne déteste pas, mais je me demande souvent où le compositeur veut en venir.
Certes son sujet se prête difficilement à l'illustration, à la narration ; au-delà des jolies tournures, des ambiances agréables, je n'arrive pas à planter des repères.
Au demeurant, excellente interprétation très suave, conviviale, dirigée avec un soin évident.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus12
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMer 23 Oct 2019 - 13:30

Mélomaniac a écrit:
Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Sinfonia Domestica, Op. 53

= André Previn, Orchestre philharmonique de Vienne

(DG, novembre 1995)

Smile Une des œuvres de Strauss, peut-être la seule, qui me résiste.
Et pourtant j'ai essayé les meilleures adresses : Kempe, Konwitschny, Mehta, Maazel, Sawallisch...
J'ai déjà tenté aussi l'écoute avec partition (chez Dover), mais les passages touffus, essentiellement harmoniques, chiches en mélodie,
ne simplifient pas le parcours pour un modeste déchiffreur.
Oh je ne déteste pas, mais je me demande souvent où le compositeur veut en venir.
Certes son sujet se prête difficilement à l'illustration, à la narration ; au-delà des jolies tournures, des ambiances agréables, je n'arrive pas à planter des repères.
Au demeurant, excellente interprétation très suave, conviviale, dirigée avec un soin évident.


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus12

Je suis un peu de ton avis.
Autant je reste toujours assez impressionné par la richesse de l'orchestration (c'est presque trop touffu, d'ailleurs); autant j'ai du mal à me détacher de l'aspect très programmatique, et donc très fragmenté de cette oeuvre.
Le scherzo, à ce titre, me laisse vraiment de marbre, c'est extrêmement descriptif comme musique.

Après, quelle luxuriance dans l'écriture et l'utilisation de l'orchestre... qui fonctionne parfaitement avec Vienne/Prévin, très opulent opulent et en même temps sautillant.
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aurele
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyJeu 5 Déc 2019 - 17:20

L'enregistrement live de Jansons de Eine Alpensinfonie à la tête du Concertgebouw Orchestra a su me séduire, surtout à cause de la splendeur de l'orchestre, notamment les bois. Le chef offre une belle direction mais pour moi, une fois écouté, c'est malheureusement vite oublié.
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyDim 12 Jan 2020 - 21:37

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Also sprach Zarathustra, Op. 30

= Semyon Bychkov, Philharmonia Orchestra

(Philips, septembre 1989)

Smile Interprétation solennelle voire mystique, riche d'arrière-plans spirituels, mais qui semble aussi un peu froide et dénervée malgré le relief de la prise de son.

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus23
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptySam 22 Fév 2020 - 0:34

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 097°/250



Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Dohnan11
Christoph von Dohnányi (1929-)


Richard Strauss (1864-1949) :

Don Juan, poème symphonique Op. 20

= Christoph von Dohnányi, Orchestre philharmonique de Vienne

(Decca, décembre 1989)

Smile Le Dom Juan de Molière faisait partie des trois « œuvres complètes » que je devais préparer pour le bac français, et la pièce m'avait captivé, non pour le caractère volage du personnage mais plutôt les notions d'insatiabilité, la vanité du désir, la dimension transgressive du rapport à la transcendance. Bien avant le Don Giovanni de Mozart, la première composition musicale qui m'initia à ce héros provocateur fut celle de Strauss, qui m'intéressa sans que je la préfère à Till Eulenspiegel ou Also sprach Zarathustra (tous découverts par les enregistrements de Rudolf Kempe, en cassette). La transe visionnaire zoroastrienne, les tribulations de Till me séduisirent davantage que le Don Juan, plus éperdument lyrique. Mais j'ai appris à en savourer le canevas et la texture, surtout quand on en connait le schéma narratif, que j'ai détaillé ci-dessous.

Outre le poème de Nicolas Lenau qui figure en exergue de sa partition, le compositeur ne laissa aucun programme précis. Les allusions descriptives dans mon commentaire sont donc celles qu'on attribue d'ordinaire à l'œuvre, et celles que m'inspire l'écoute. Certains musicologues ont décelé une forme-sonate qui régirait la structure, mais je préfère la présenter selon un plan thématique.

L'Exposition nous présente le personnage-titre, qui apparaît d'emblée sous ses traits les plus fougueux : sur un vif alla breve (2/2, blanche à 84), ils bondissent en trois sections. Une bourrasque de cordes en double-croches vers l'aigu (0'05) amène un motif de sept notes clamées par les bois et les cuivres, couronné de cymbales. Ensuite une figuration descendante des flûtes, hautbois & clarinettes (0'10), poursuivie par violons & altos, un triolet de timbales, une accroche des trompettes ponctuée de quatre coups de mailloches. Enfin, élancée par de véhéments pizzicati aux cordes graves (0'16), une ardeur conquérante propulse les violons selon un profil mélodique dérivé de la première section A.
Tous ces emports bouillonnent alors en une polyphonie orchestrale extrêmement virtuose, jusqu'à un clash de cymbales sur lequel A exulte aux cuivres (0'46). Le caractère bien trempé se réaffirme en tutti, auréolé par trois tintements du glockenspiel. Une accalmie survient (0'55), qui complète la psychologie du portrait : se succèdent des humeurs versatiles, au gré de fluctuations de tempo et de dynamique si abruptes qu'on soupçonne au mieux l'inconstance, au pire le cabotinage hypocrite. On pense à ces vers de Lenau : « Leidenschaft ist immer nur die neue Sie kann nur sterben hier, dort neu entspringen » (la passion doit se renouveler ; elle doit mourir à un endroit pour renaître nouvelle à un autre).
Précédée d'un soudain silence (1'36), une prompte escalade des cordes graves nous précipite vers une contemplation ravie de la première conquête, Zerline, figée sur un trémolo aigu des violons (1'41) qui s'étiole. Le regard a trouvé la proie du cœur quand résonnent les harpes de Cupidon (1'51). Voilà la belle, évoquée par la tendresse coquette du violon solo (1'55). Un saut de sixte à la clarinette (2'37), une descente en triolets, doublés par le cor, annoncent l'entreprise de séduction que vont prolonger les violons. Les violoncelles reprennent ce motif (3'02). D'évanescentes courbes aux cordes entrelacées laissent deviner la volupté qui s'empare des deux amants, à mesure que l'étreinte s'empresse. L'ombre de Thanatos vient assombrir ce sommet d'érotisme, teinté de relents morbides : un crescendo débouche sur un pic d'intensité martelé par la timbale (4'30), comme l'irruption d'un funeste présage. Cet inassouvissement du désir renvoie à la quête insatiable du héros dont le motif A retentit aux violoncelles (4'40). Sa répétition à (4'52) arrache Don Juan à ces délices de Capoue. Un sursaut provoqué par la section C (5'01) et le revoilà debout, à l'abordage d'un nouveau jupon.
En l'occurrence Donna Anna : violons et altos lui déroulent une ardente déclaration (5'44), déclinée par les vertueux soupirs de la flûte (5'56-6'04). L'incipit de B résonne aux cors (6'31) puis aux trompettes. Un tempo retenu enclenche une délicate volute émanée aux violoncelles (ré-ut#-ré-si-ré), qui va se réitérer pendant tout ce passage. Cette seconde aventure féminine s'explique plaintivement par la voix du hautbois (7'04), qui récuse lascivement les avances. Clarinette, basson relaient ces chastes réticences (8'20), ensuite récupérées par le hautbois (8'37). Très tranquillement, les violons filigranés par la flûte s'abandonnent à la quiétude de l'alcôve (9'34). Le feu couve sous les draps : la volute des violoncelles s'amplifie (10'05), s'accélère par transfert aux altos, aux violons 2, aux violons 1 puis culmine sur un vibrant trémolo.
En jaillit un nouveau thème, crucial, voici le triomphe de l'assouvissement viril vociféré par les quatre cors sur un vigoureux saut d'octave (10'17). Une saillie qu'on peut interpréter en termes philosophiques ou même grivois. Donna Anna s'en affole subrepticement (10'39). La répétition de ce thème victorieux déclenche une turbulence (10'55-) qui cède place à un divertissant interlude (11'15). Joyeux et badin, on imagine le héros gambadant à travers les rues. Mais le ton se charge de menace. Cors et trompettes crient gare ! (11'49), les cordes dégringolent dans le grave et scandent une rafale de triolets. Le leitmotiv du héros (section B) résonne minorisé, bousculé par des assauts pugnaces. On devine une rixe avec un mari outragé. De ce tumulte se dégage le thème de l'assouvissement sonné plusieurs fois par les trompettes (12'09). L'agitation atteint son comble et s'effondre sur un roulement de timbales soutenu par trombone et tuba (12'49).
Repentance ? Les flûtes tracent un motif circonspect (12'57), répliqué par les bassons, interloqué par une fibrillation sforzando des cordes (13'02) qui installent un sentiment de remords, ou du moins de réminiscence. S'insinue alors le souvenir des deux dames. Le thème de la séduction de Zerline (précédemment entendu à la clarinette, mesure 89) émane maintenant lugubrement aux hautbois et basson (13'10). Le thème de Donna Anna s'esquisse au violon solo (13'25). Des grinçants trémolos sul ponticello de violons & altos, des murmures de harpes bisbigliando ramènent le thème fatidique de l'inassouvissement que nous avions entendu à la mesure 151 (4'30) : il chute ici successivement aux flûtes, hautbois, clarinettes, bassons puis bute sur le glauque grognement des cors bouchés (13'47). Cette pénitence ne dure guère : un pizzicato (13'54) initie le retour du tempo primo et de la tonalité initiale (mi majeur) pour la Récapitulation. L'orchestre se remobilise (14'19) pour laisser éclater une réexposition condensée des thèmes initialement associés au glorieux héros. La fanfare de l'assouvissement viril est bramée par les cors (15'09), répétée par les violons (15'29) qui l'élèvent en apothéose jusqu'à un clash de cymbales (16'26). L'orchestre déborde encore d'une énergie régénérée, qui semble inépuisable (16'37-16'59).
Mais stoppée net par une longue pause silencieuse ! Pour la Coda, la narration coupe court, toute turpitude se trouve balayée. « Peut-être un éclair de l'En-haut que je méprise a brisé mes forces amoureuses. Soudain le monde m'est devenu désert, entouré par la nuit » conclut le poème de Lenau. La dernière minute de l'œuvre illustre ce néant, ouvre une brèche irréparable. Don Juan foudroyé par sa conscience ? De vacillants trémolos de triple-croches aux violons sombrent dans un dépit inexorable (17'09). Un ultime spasme des altos (17'47) achève une agonie qui s'éteint par trois blêmes pizzicati.

La discographie s'avère longue comme le bras, dominée par d'éminentes baguettes straussiennes : la puissance dramatique de Wilhelm Furtwängler (Emi), la légèreté scintillante de Ferenc Fricsay (DG) ou Karl Böhm (DG), et dans la même tradition germanique la robustesse de Joseph Keilberth (Teldec, peut-être la plus vaillante fanfare de cors qu'on ait entendue !) À Chicago, la somptueuse virtuosité de Fritz Reiner (RCA) ou Georg Solti (Decca). Toutefois, c'est le Wiener Philharmoniker, son alliance d'opulence décadente et de caractérisation des timbres, qui procure la plus juste incarnation : avec le bouillant Clemens Krauss (un intime du compositeur), le gominé Karajan (ultraromantique et séducteur en diable), ou l'interprétation plus récente que j'ai choisie. Sans se hâter (presque dix-huit minutes), Dohnányi exalte les contrastes de tempo, garant à la fois de la fougue et des émois, et cisèle le moindre détail de cette splendide partition. Aux commandes des pupitres autrichiens non sucre et miel mais affutés, le chef hongrois scrute le texte avec une rare intelligence, et le met en perspective par une imagerie particulièrement éloquente, qui charme l'oreille et n'oublie pas de faire réfléchir sur ce qui reste un poème symphonique... mais aussi philosophique.
L'interprétation du Tod und Verklärung se montre elle-aussi de haute volée, mais les Metamorphosen trouvent le maestro trop réfugié dans la pudeur et les demi-teintes : puisqu'elles ne figureront pas dans les Mélomaniac d'Or, précisons que la version la plus chamarrée (et méconnue) reste à mon sens celle d'André Previn avec la même phalange viennoise (Philips).


Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus30


Iskender a écrit:

Ce disque... sunny



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Xavier
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMer 31 Mar 2021 - 19:24

Un mot pour recommander ça:

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 71aQnk%2BVaKL._SL400_

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 71D%2Bl8JDwjL._SL400_

Magnifique coffret sorti récemment.

Pour l'instant j'ai écouté Till, Don Juan, Métamorphoses et la Symphonie alpestre.
Prise de son superlative, orchestre idem.
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyJeu 1 Avr 2021 - 12:29

Xavier a écrit:
Prise de son superlative, orchestre idem.

En même temps, n'est-ce pas un peu le cas de tous les enregistrements les plus récentes ? Il me semble qu'en disant ça on ne dit presque plus rien... Neutral (Et je parle en général, pas du Strauss orchestral en particulier)
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Xavier
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyJeu 1 Avr 2021 - 13:04

Bah franchement, là c'est frappant, et non je ne trouve pas que les prises de son récentes soient toujours si bonnes, si claires, si détaillées, si dynamiques.
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Ravélavélo
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyJeu 1 Avr 2021 - 13:39

La version Steinberg/Boston d'Ainsi parlait Zarathoustra de même que les deux versions de Don Quichotte (par Karajan/Fournier et celle par Ormandy/Munroe) restent des incontournables auxquels je suis toujours attaché.
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyJeu 1 Avr 2021 - 15:34

Xavier a écrit:
Un mot pour recommander ça:
Magnifique coffret sorti récemment.

Pour l'instant j'ai écouté Till, Don Juan, Métamorphoses et la Symphonie alpestre.
Prise de son superlative, orchestre idem.

Je plussoie. J'ai achevé d'écouter ce coffret il y a deux semaines et c'est magnifique Smile .
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyJeu 1 Avr 2021 - 20:21

J'ai recopié la discussion «prise de son» ici:
https://classik.forumactif.com/t2357p400-les-meilleures-prises-de-son#1190726
(et y ai répondu brièvement.)
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 9 Avr 2021 - 1:52

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Straus14
Eine Alpensinfonie, op. 64
François-Xavier Roth / SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
Freiburg, XI.2014
SWR Classic


En Playlist, Xavier a écrit:
Strauss: Symphonie alpestre/Roth
Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
Version extraordinaire.

Je confirme: l’élan, le grain extraordinaire des textures, l’étagement des plans et des strates, le sens des transitions et des jeux de tension-détente… Et une lecture très tenue qui se soucie moins de pittoresque (malgré le ciselé des détails) ou d’épanchements lyriques (malgré l’ardeur des phrasés) que de la progression du flux et des ramifications du discours. Et en effet une superbe prise de son (particulièrement appréciable dans les effets de spatialisation ou dans l’intervention de l’orgue.)

Content d’avoir enfin trouvé une version «propre», récente et pas outrageusement contre-intuitive qui parvienne à me faire adhérer à l’œuvre. (Jusqu’ici, ça n’avait fonctionné qu’avec, d’une part, la version abstraite, verticale et méchante - et au grain typiquement russo-soviétique - de Mravinsky dont j’avais parlé un peu plus haut; et d’autre part, le live salzbourgeois, d’un expressionnisme halluciné et vertigineux, de Mitropoulos avec un Philharmonique de Vienne qui risque à chaque instant de partir dans le décor - c’est chez Orfeo: apparemment, je n’en ai jamais parlé, mais il faudra que je le fasse un jour.)
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 9 Avr 2021 - 4:14

Je ne sais pas si cette version a beaucoup participé à cela (le concert de Jordan à la Philharmonie en octobre dernier aussi je pense), mais c'est une oeuvre que j'avais un peu (comme beaucoup je pense) catalogué comme spectaculaire mais un peu creuse et que je réévalue un peu plus à la hausse à chaque nouvelle écoute.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 9 Avr 2021 - 11:17

Moi aussi j'ai progressivement changé d'opinion sur l'Alpestre, qui contient tout de même beaucoup de jolies choses, certes dans un format très rhapsodique, mais où chaque transition est soignée. (Alors que mon intérêt pour les Poèmes de Strauss décroît plutôt globalement, même les quelques-uns que j'adorais comme Don Juan – il n'y a finalement pas beaucoup de sous-texte, de choses à découvrir à la réécoute, par rapport à d'autres répertoires plus archaïques ou des œuvres plus sophistiquées qui viennent après.)

Jusqu'à présent, les versions qui m'ont le plus convaincu : Zinman & Tonhalle, Stenz & Ensemble Modern, Kempe & Dresde, Bychkov & WDR.

(J'ai bien aimé le disque Ph. Jordan au demeurant, mais nettement moins.)
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 9 Avr 2021 - 12:13

DavidLeMarrec a écrit:
les versions qui m'ont le plus convaincu : Zinman & Tonhalle
Moi pas du tout: même si ce n'est pas aussi cotonneux que leurs Mahler, le spectre ne me donne pas du tout l'impression de «voir» comment ça fonctionne (énorme plus-value de Roth / SWR sur ce point-là.)

DavidLeMarrec a écrit:
Stenz & Ensemble Modern
Je ne connais pas, mais ça fait rudement envie! (C'est sorti où?)

DavidLeMarrec a écrit:
Kempe & Dresde
C'était ma version de découverte (avec Böhm / Dresde), somptueux, foisonnant et bien capté, mais mettant probablement trop l'accent sur le côté épisodique-figuraliste pour moi.

DavidLeMarrec a écrit:
Bychkov & WDR
Je ne connais pas non plus, mais en effet, ça doit être bien.
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 9 Avr 2021 - 13:55

Benedictus a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
les versions qui m'ont le plus convaincu : Zinman & Tonhalle
Moi pas du tout: même si ce n'est pas aussi cotonneux que leurs Mahler, le spectre ne me donne pas du tout l'impression de «voir» comment ça fonctionne (énorme plus-value de Roth / SWR sur ce point-là.)

Ah, le discours est passionnant, le nerf de tout cela inhabituel pour d'aussi grandes formations… j'ai l'impression qu'il joue ça comme Dausgaard joue Beethoven. I love you


Citation :
DavidLeMarrec a écrit:
Stenz & Ensemble Modern
Je ne connais pas, mais ça fait rudement envie! (C'est sorti où?)

En 2015 chez… Ensemble Modern Medien. Mr. Green

Couplé avec du Lachenmann bien sûr.

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(du coup je n'ose imaginer le nombre de supplémentaires dans l'ensemble… hehe )
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptySam 10 Avr 2021 - 14:26

Histoire de contrebalancer mon post de rabat-joie sur le fil disco>Tchaikovsky hehe , je trouve moi aussi cette symphonie alpestre par Roth et la SWR tout bonnement exceptionnelle.

Concernant la prise de son, je rejoins Xavier dans sa réponse à Golisande. C'est bien plus qu'une prise de son qui aurait juste l'avantage technologique d'être actuelle. Toutes ces doublures qu'on n'entend pas habituellement, et le détail des lignes de basses : déjà dans l'introduction, attaques distinctes et fines des trombone basse et tuba, contrebasses détaillées. Percussions "accessoires" (passez-moi l'expression) cristallines. Et comme dit Benedictus, l'apport de l'orgue (sans être mis en avant), je ne l'avais perçu ainsi.

Musicalement Benedictus a tout dit. Ou comment être expressif sans chichis et en préservant la forme. Des choix qui cassent la ligne legato habituelle (violons par exemple dans Wanderung neben dem Bach) sont bienvenus. J'aimais cette œuvre tout en y trouvant quelques tunnels. Là c'est une redécouverte totale.

Si tout le coffret est comme le dit Xavier de la même eau, je vais me jeter dessus. (à ce prix là en plus, moins cher que deux albums originaux séparés.)
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyDim 11 Avr 2021 - 11:03

Iskender a écrit:

Concernant la prise de son, je rejoins Xavier dans sa réponse à Golisande. C'est bien plus qu'une prise de son qui aurait juste l'avantage technologique d'être actuelle. Toutes ces doublures qu'on n'entend pas habituellement, et le détail des lignes de basses : déjà dans l'introduction, attaques distinctes et fines des trombone basse et tuba, contrebasses détaillées. Percussions "accessoires" (passez-moi l'expression) cristallines. Et comme dit Benedictus, l'apport de l'orgue (sans être mis en avant), je ne l'avais perçu ainsi.
Autre version de cette oeuvre dans une prise de son de démonstration : celle de Frank Shipway avec l'orchestre de Sao Paulo -dit comme ça, ça peut paraître exotique, mais c'est une très belle version-, chez Bis Records (SACD, 2012)
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyDim 11 Avr 2021 - 11:36

Très complémentaires ! On n'entend pas la même chose.

Pour Shipway, on entend bien les contrechants, et on dispose surtout de l'espace avec naturel (comme on peut entendre des meilleures places d'une bonne salle de concert).

Pour Roth, l'image est un peu plus frontale, mais on entend inhabituellement bien les bois, la harpe…

(En termes de confort, de spectaculaire, de tension et de souplesse, Shipway me parle davantage, mais il n'est pas exclu qu'on entende encore davantage de choses chez Roth.)
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 13 Avr 2021 - 2:35

Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 Z

Je prends un peu de temps pour enfoncer le clou et dire à mon tour brièvement tout le bien que je pense de ce coffret Strauss de Roth, qui m’a, comme je l’ai dit plus haut, enthousiasmé.

Les timbres mats de l’orchestre de Baden-baden nous y offrent un Strauss inhabituellement sobre, loin de l’opulence baveuse des Berliner ou de la brillance crémeuse des Wiener. La lecture de Roth est remarquablement précise et détaillée et la prise de son est — comme on l’a dit — d’anthologie.

Mon admiration s’est néanmoins plus particulièrement portée sur cette Symphonie alpestre déjà louée ci-dessus. Le premier épisode Nacht et le lever du jour qui suit sont tout bonnement extraordinaires. Jamais je n’y ai entendu les différentes lignes de la texture orchestrale détaillées avec une telle précision. On assiste là à une véritable radiographie. Mais d’une manière plus générale, c’est l’appellation « symphonie » qui trouve, comme jamais, sa justification sous la baguette de Roth. Il tire l’œuvre aussi loin que possible du genre du poème symphonique et de l’illustration pittoresque et rhapsodique de l’argument extra-musical pour en révéler la pure logique musicale. Et on se surprend à trouver là beaucoup plus de musique qu’on ne l’avait jamais imaginé.

Chapeau bas monsieur Roth !
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 13 Avr 2021 - 2:47

Oui, et ça donne envie de regarder la partition! (je ne l'avais jamais fait jusque là)
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyMar 13 Avr 2021 - 2:58

Xavier a écrit:
Oui, et ça donne envie de regarder la partition! (je ne l'avais jamais fait jusque là)

En effet. La prochaine fois que je réécouterai ça, je le ferai avec partition Smile .
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyVen 30 Avr 2021 - 12:00

Ouille ! quel coffret R. STRAUSS - F. X. Roth ! pour l'heure, je n'ai écouté que 2 CD (la Symphonie Alpestre + Don Juan, la Symphonie domestique), mais je ne peux que rejoindre complètement les propos de plusieurs ci-dessus... magnifiques interprétations ; et pourtant j'avais déjà trouvé mon bonheur (que je pensais presque ""définitif"") avec le coffret Kempe et la Staatskapelle de Dresde dans toute son aura... mais là, il y a un sens du détail, des nuances, une clarté, une lisibilité des registres absolument fabuleux, qui tout à coup me semblent donner une lumière supplémentaire à ces oeuvres... Sans doute aussi du fait d'une prise de son REELLEMENT superlative ! quel bonheur !
Au passage, il me semble, au vu de son répertoire de plus en plus varié, et de la qualité de ses interprétations, qu'on a avec F.-X. Roth un des tout plus grands chefs (au niveau international) de ma génération Very Happy ... / surtout de l'époque !
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MessageSujet: Re: Strauss - Oeuvres symphoniques   Strauss - Oeuvres symphoniques - Page 7 EmptyLun 5 Juil 2021 - 23:47

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Richard Strauss (1864-1949) :

Ein Heldenleben, poème symphonique Op. 40

= Christian Thielemann, Orchestre philharmonique de Vienne

(DG, septembre 2002)

Surprised Déballage et découverte ce soir de cette version que j'avais achetée voilà quatre ans, par gourmandise.
Je ne m'étais pas rué sur ce disque, n'espérant rien d'extraordinaire par rapport à mes références admirées (Krauss, Reiner, Beecham, Kempe, Karajan, Böhm, Solti...)
Et depuis la technique 4D, parfois froide, artificielle et anémiée, je me méfie un peu des captations DG.
Avouons : ma prudence était injustifiée.
Déjà, on se régale d'un bon gros son, dense et spacieux, qui rappelle la grande époque de la Deutsche.
Et Thielemann, dont on a souvent tendance à vouloir minorer les talents face à la glorieuse lignée des chefs germaniques,
apparaît ici mieux qu'un Kapellmeister impersonnel endossant un héritage trop grand pour lui.
Quintessenciée dans cette Vie de Héros, la machinerie straussienne fonctionne ici à plein régime, aussi bien dans les épisodes sentimentaux que dans les rages de la bataille,
où l'on sent une baguette sinon de caractère du moins très efficace, maîtrisant de haute main le fabuleux appareil que demeure le Wiener Philharmoniker.



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