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 Musique anglaise du XXème

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 15 Juin 2020 - 10:29

(c'est noté)

(en ce moment, ma playlist est dictée par tes prescriptions…)
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Mefistofele
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 15 Juin 2020 - 10:55

Suggestion diabolique (et réciproque !)... Twisted Evil

J'espère que ce n'est pas trop déplaisant, et que certaines heureuses découvertes sont faites au passage ! Je ne note sur le forum que les choses vraiment marquantes, sachant que j'en ai un paquet d'autres en retard qui demanderaient pas mal de travail. Je me console en me disant qu'au moins, pour les nouveautés, je commente sur CSS... Il me faudrait plus de temps... Embarassed
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 15 Juin 2020 - 12:51

Georg Schumann, super découverte, je n'avais que vaguement vu passer le nom auparavant, il se serait passé un moment avant que j'essaie ! Et en général, oui, ça me plaît assez.

Je comprends très bien le sentiment d'être débordé…
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 15 Juin 2020 - 12:54

Mefistofele a écrit:
Suggestion diabolique (et réciproque !)... Twisted Evil

J'espère que ce n'est pas trop déplaisant, et que certaines heureuses découvertes sont faites au passage ! Je ne note sur le forum que les choses vraiment marquantes, sachant que j'en ai un paquet d'autres en retard qui demanderaient pas mal de travail. Je me console en me disant qu'au moins, pour les nouveautés, je commente sur CSS... Il me faudrait plus de temps... Embarassed

Ne t'inquiète pas, le pseudo "DavidLeMarrec" est en fait un groupement de 15 personnes Smile

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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 17 Juin 2020 - 11:27

Comment les Grateful Dead ont soutenu des compositeurs britanniques peu connus

https://slippedisc.com/2015/10/how-the-grateful-dead-backed-little-known-british-composers/
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Prosopopus
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 17 Juin 2020 - 12:44

Hyper intéressant merci. Alors c'est surtout le bassiste en réalité qui semble intéressé par la musique symphonique du XXeme.
(très honnêtement on ne s'en douterait pas en écoutant les disques du Grateful Dead)

Tu as trouvé un allié de choix dans la défense de Havergal Brian !
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 17 Juin 2020 - 13:54

@Prosopopus
Je ne cherche pas d'allié, moi je suis convaincu, ça me suffit, j'ai mis ça surtout parce qu'il a aussi aidé d'autres musiciens classiques anglais et que  ça traduisait bien notre époque, mais aux USA, c'est courant ce genre de dons.
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Prosopopus
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 1 Juil 2020 - 23:23

Musique anglaise du XXème - Page 7 R-5683481-1399825354-9893.jpeg

Robert Still -
Symphonie n°3
London Symphony Orchestra - Sir Eugene Goossens

Symphonie n°4
Royal Philharmonic Orchestra - Myer Fredman

Lyrita - 1971


J'en avais parlé rapidement sur un autre fil de compositeur anglais mais je le fais sur le fil plus général de la musique anglaise du XXème parce que ça vaut le coup, notamment les amateurs de Bax.

La troisième est notamment dans une esthétique assez proche avec ses trois mouvements, un mouvement lent et mélodique entouré de deux mouvements vifs plus sinueux. C'est ouvertement tonal même si Still recoure à quelques dissonances, le premier mouvement utilise des cuivres très fanfaronnant, tout en assurant des passages plus délicats à la flûte. Le second mouvement est un largo presque Brahmsien, très simple et mélodieux, j'aime bien ce coeur un peu doux de la symphonie mais le thème très lancinant pourra sembler plus quelconque ou répétitif. Le troisième mouvement est lui construit sur la résolution des passages les plus animés du premier mouvement, tout se clôt avec une douce amertume.

La quatrième est d'un seul tenant, beaucoup plus moderne d'approche même si on reste sur de la musique tonale. On trouve le même type d'introduction colossale, avec des cuivres et des percussions très présentes, le discours cheminant vers une conclusion qui n'apporte pas vraiment de fin à la symphonie.

Ici encore, comme dans les disques Bax de Lyrita, la prestation est superlative, orchestre plein de vie et d'allant, de superbes sonorités et entrelacs de timbres.

Il est dommage de ne pas disposer de plus d'oeuvres de Still, d'autant que l'autre parution, une intégrale des quatuors chez Naxos, et là aussi très recommandable, Still allant vers plus d'expérimentation au fur et à mesure de ces 4 quatuors.
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 2 Juil 2020 - 6:00

Musique anglaise du XXème - Page 7 41wnnl10
Hugh Wood  Symphony / scènes from Comus.

Très belle symphonie (1982 ), d'un compositeur encore vivant né en 1932 .On trouve plein de choses qu'on connaît déjà, dans cette symphonie et même des citations d'autres compositeurs, mais Hugh Wood a le rare talent ,de personnaliser tout ça, dans une oeuvre assez forte et pour finir assez personnelle ,si bien qu'on ne s'ennuie pas une minute .Superbe version de l'orchestre de la BBC sous la direction de Sir Andrew Davis . Les scènes de Comus sont magnifiques  avec une soprano et un ténor sur des textes de  John Milton , c'est vraiment prenant .Entre Britten et Tippett, on pourrait classer là Wood en attendant mieux . Un très beau disque et deux très belles oeuvres.Notons qu'on peut trouver , l'enregistrement de la première sur YT ,par l'increvable Rozhdestvensky, magnifique version ,comme d'habitude.

Musique anglaise du XXème - Page 7 51liw510
Hugh Wood / Wild cyclamen

Magnifique cycles de mélodies,là encore, on a l'impression de connaître et de se retrouver en terrain connu,mais pour finir, on reste quand même scotché par la beauté des mélodies, et l'apparente et déconcertante facilité mélodique
du compositeur,même sans les comprendre .Tous les interprètes sont formidables, très beau disque, un compositeur  vraiment à découvrir.Tant pis, pour les superlatifs,mais quand c'est beau, c'est beau!


Dernière édition par gluckhand le Jeu 2 Juil 2020 - 17:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 2 Juil 2020 - 6:24

Prosopopus a écrit:
Robert Still -
Symphonie n°3
London Symphony Orchestra - Sir Eugene Goossens

Symphonie n°4
Royal Philharmonic Orchestra - Myer Fredman

Lyrita - 1971

Ajouté à la liste, merci. I love you


Citation :
Il est dommage de ne pas disposer de plus d'oeuvres de Still, d'autant que l'autre parution, une intégrale des quatuors chez Naxos, et là aussi très recommandable, Still allant vers plus d'expérimentation au fur et à mesure de ces 4 quatuors.

Oui, incroyable ce corpus ! Still épouse les styles du temps, en commençant par une sorte de postromantisme impressionnisé typiquement anglais, jusqu'à des formes plus libres… rien d'innovant, mais une façon de tirer de très belles choses d'esthétiques successives. Il y a déjà un peu ça chez Bacewicz ( I love you ) ou Baculewski ( I love you ), mais je trouve que c'est vraiment chez Still que c'est le plus spectaculaire !
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 6 Juil 2020 - 22:54

Prosopopus a écrit:

Robert Still -
Symphonie n°3
London Symphony Orchestra - Sir Eugene Goossens

Symphonie n°4
Royal Philharmonic Orchestra - Myer Fredman

Lyrita - 1971


C'est formidable ! Merci pour le coup de projecteur ! Je trouve que ta description rend justice aux symphonies. La No. 3 avec son cœur brahmsien, lancinant (je ne me suis pas ennuyé, personnellement) et les volets plus agités, bien remplis de multiples événements malgré tout (ce n'est pas paroxystique en permanence). J'ai pensé à du RVW à plusieurs reprises, les symphonies les plus guerrières... Le III est chauffé à vif, c'est enthousiasmant à souhait !

Quant à la No. 4, compacte, angoissée, tranchante, lorsqu'une mélodie claire émerge, c'est dans une sorte de fin de monde, avec cymbales et autres groupes de l'orchestre qui s'abattent sur elle (et pourtant, le lyrisme est plutôt désespéré à l'origine) avant que le "cirque" ne reprenne. Lorsque les cordes pleurent en mode chambriste, le reste de l'orchestre essaye de s'inviter (13:50) de façon péremptoire, c'est surprenant. Toujours des échappées harmonieuses rabattues par les cuivres ou les percussions (vers 17:00, aussi). J'ai pensé, en terme de concept plus que manières orchestrales, à Shosta, en moins acide ou cabossé, et ayant fait une cure d'excitants (plus ramassé, extrêmement véhément). Et cette coda si douce et discrète, tellement différente du reste... Shocked

Un très gros coup de cœur ! I love you
Merci, Prosopopus !


Dernière édition par Mefistofele le Mar 7 Juil 2020 - 1:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 7 Juil 2020 - 1:03

Je devrais recevoir demain les 3ᵉ et 4ᵉ Symphonies de Still ainsi que ses quatuors: je tâcherai d'en dire un mot quand j'aurai écouté tout ça.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 7 Juil 2020 - 5:19

Stehe Still !
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 7 Juil 2020 - 8:10

Bien content d'avoir fait déjà un adepte !

Le second mouvement de la troisième me semble plus difficile à faire passer auprès de Benedictus même si c'est vraiment le contraste de l'ensemble qui est intéressant à mon sens.

Mefistole décrit très bien la quatrième, même si ça me semble au final plus concis et insaisissable que du Shosta.

Il est vraiment dommage de ne pas disposer de plus d'oeuvres de Still.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 8 Sep 2020 - 2:08

Après avoir indûment torturé mes camarades dans le quiz, une présentation de The Right Honourable Sir Gerald Hugh Tyrwhitt-Wilson, 14th Baron Berners, plus connu sous le nom de Lord Berners (1883-1950).

Lord Berners était un proche de Constant Lambert et William Walton, ce dernier lui dédiant son Belshazzar's Feast. Diplomate de formation et détaché à Constantinople puis Rome, il abandonne ce qui n'a jamais été une vocation pour mener une vie de riche esthète et devient touche-à-tout dans le domaine des arts, voulant passer à la postérité comme compositeur. La liste de ses excentricités est interminable : teindre ses pigeons de couleurs extravagantes, inviter un cheval pour le thé, faire installer un clavicorde dans sa Rolls, mettre des colliers de diamants aux chiens, sans parler de son humour à froid : s'amuser de la mine déconfite d'une arriviste en lui faisant miroiter un déjeuner avec le P of W, soit le Provost of Worcester et non le Prince of Wales ; ou rappeler à une "amie" qui lui répète sans cesse qu'elle l'a toujours soutenu qu'il fit de même : quand on disait d'elle qu'elle n'était pas digne de vivre même dans une porcherie, il s'était récrié que si !

Même si on le désigne parfois comme le Satie anglais (dont il partage un goût certain pour l'excentricité), son univers musical en est très éloigné. Proche de l'avant-garde et de Stravinsky, il fut l'un des deux seuls Britanniques à être contacté par Diaghilev pour un ballet (l'autre étant Lambert, avec Romeo and Juliet).

Il a laissé peu mais dans un surprenant nombre de genres :

  • Du piano, charmant, les 3 petites marches funèbres notamment sont drôlatiques et scandaleusement modernes pour le public britannique de l'époque ;
  • Un opéra, Le Carosse du Saint-Sacrement, d'après Mérimée, pas forcément très palpitant en dehors de son scandaleux livret ;
  • Des songs en anglais, allemand et français, et peut-être au langage le plus hardi, entre parodie et pastiche des aires culturelles choisies ;
  • Quelques pièces orchestrales ;
  • De la musique de film, dont le très célèbre, du moins en Angleterre, Come on Algernon pour Champagne Charlie ou le très fantastique Halfway House, qui présente de nombreuses bonnes idées ;
  • Des ballets, le meilleur ?


Si l'on suppose qu'il a reçu l'aide de Lambert et Walton dans l'orchestration de certaines œuvres, c'est toutefois là que se trouve le meilleur de sa production et A Wedding Bouquet, sur le format des Noces de Stravinsky, est son œuvre la plus hautement recommandable. Le livret de ce ballet avec voix est une version retravaillée de l'acte I de They must. Be. Wedded. To Their Wife., texte assez expérimental de Gertrude Stein, muse de l’art moderne peinte entre autres par Picasso, Valloton et Picabia. L'œuvre, comme celle d'Igor, décrit un mariage à la campagne. Les chœurs commentent les événements, le déroulement de l'action (scène 4), parfois ont du dialogue. La voix est utilisée comme élément d'orchestration, pour souligner l'action ou colorer le moment (cf. les "Joséphine !" extatiques puis inquiets, ou "Bitterness" lors de la scène d'abandon). La musique est aussi belle que l'intrigue assez cruelle (un mariage dont on exclut rapidement ladite Joséphine, et Julia, ancienne maîtresse du futur marié, qui voit ce dernier flirter avec toutes ses ex avant de la "planter", seule avec son chien). L'ensemble est assez expérimental (et démonstratif), dans le bon sens du terme. Outre le dispositif inhabituel, la musique se fait étrangement psychologique : la valse pour le passé et les souvenirs, le beau et l'amer ; le tango pour le passage en revue des coquettes, les danses populaires pour les épisodes paysans. J’ai cessé de compter les réécoutes tant l’œuvre m’a fasciné. C’est à mon sens LA grande partition pour découvrir Berners.

The Triumph of Neptune, plus connu, plus pompier aussi, est très bien mais moins original et pourrait lasser par son ton plus emphatique ou "musique de film à l'ancienne". Il n'empêche, beaucoup de couleurs et d'humour, on passe un très bon moment.

Toute la production de Berners se trouve au disque ou peu s’en faut. Pour récapituler et dans l’ordre, donc :

Musique anglaise du XXème - Page 7 Small_14
A Wedding Bouquet, unique enregistrement commercial (?) par Lloyd-Jones.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Small_13
Songs et piano par Partridge et Voster. Ce n'est pas exhaustif, mais la voix est belle et les œuvres représentatives.

Pour aller plus loin :
Musique anglaise du XXème - Page 7 Small_16
The Triumph of Neptune, ballet intégral, par Lloyd-Jones. Il existe la suite, enregistrée avec plus d'allant selon Mélo par Beecham, et trop policée, par Wordsworth.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyDim 15 Nov 2020 - 0:12

Un addendum sur Lord Berners et une autre "célébrité" britannique.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Mi000110
Lord Berners : Fantaisie espagnole, version orchestrale (Barry Wordsworth) (réédité chez EMI et Campion)

Découverte il y a quelques mois de la charmante Fantaisie espagnole en version orchestrale. Prévue à l'origine pour piano, cette parodie avouée des espagnolades, de Glinka à Ravel, ne manque pas de charme. Thème pastoral du Prélude, comme passé au ralenti, avec orchestre en sourdine, et flûte, hautbois et xylophone au premier plan, la transformation d'une mélodie typique en bluette enfantine est une heureuse idée. Le Fandango qui suit est un tourbillon ardent, avec dissonances explosives et une énergie contrariée qui sentent son Stravinsky époque Sacre. Le viril Pasodoble final alterne échos martiaux et grotesquerie, le tout ponctué d'accents orientaux, clins d'œils probables à la culture mauresque. Là encore, des éclats de Stravinsky, mais aussi des effets qui rappellent Arnold.
Plus que recommandé aux amateurs de tradition ibérique fantasmée.

Rutland BOUGHTON (1878-1960)

Élève de Parry, considéré comme le successeur spirituel d'Elgar, il est connu pour avoir fondé le festival de Glastonbury — le Bayreuth anglais —, et est passé à la postérité pour sa musique chorale et ses opéras, notamment un cycle arthurien en 5 pièces, et surtout The Immortal Hour.
Ses Songs, la partie immergée de son legs vocal, sont assez uniques : ses textes étaient choisis pour leur valeur politique et non poétique. Pas de Shakespeare ou de Blake, mais Edward Carpenter (Towards Democracy) ou Christina Walshe (Songs of Womanhood). Ses prises de position politique en faveur des femmes ou des causes sociales lui vaudront les inimités de l'establishment : la représentation de Bethlehem où Jésus nait dans un foyeur de mineurs, et Hérode, flanqué d'une garde de policiers, apparaît en capitaliste cynique à haut-de-forme n'aura certainement pas aidé.

C'est de sa musique orchestrale que je souhaite causer, deux disque de concertos pour ce soir.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Bought12
Rutland Boughton : Aylesbury Games, concerto pour orchestre à cordes, concerto pour flûte (Ronald Corp)

Les Three Dances sont assez anecdotiques.
Aylesbury Games est autrement plus sophistiqué sur un canevas a priori bien connu. Air pastoral charmant pour le I, joyeuse mélodie ensoleillée (reel ?) pour le II rapidement couverte par les nuages d'une mélancolie lyrique, tour à tour richement contrapuntique et dénudée, III lancé par une élégante danse qui se couvre elle aussi de frémissements, avant de finir en un riche contrepoint souriant, qui s'éteint lui-même dans une coda au calme serein et confiant.
Le concerto pour flûte est absolument charmant, de gracieux oiseaux virevoltent dans les airs et se répondent. Le II est d'une légèreté confondante, des murmures ailés au fond de la forêt des cordes frémissantes, peut-être ce que j'ai préféré (et le passage le plus simple et immédiat). Le III est le réveil des oiseaux après cet interlude feutré, que de gaieté !
Le concerto pour orchestre était apparemment d'une difficulté technique telle que la pièce aura attendu 60 ans pour être exécutée. Le profane ne remarquera qu'une grande variété d'effets (remarquable Scherzo !) sur fond de belles et évidentes mélodies (et peu mémorables...). Du moins, on passe un beau moment.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Bought10
Rutland Boughton : Symphonie No. 3, concerto pour hautbois No. 1 (Vernon Handley)

Beau concerto pour hautbois, avec une écriture toujours extrêmement sophistiquée pour les cordes (beaucoup de divisions, d'exploitations d'instruments solistes comme dans le concerto pour orchestre), et des inspirations de danses traditionnelles ou de cour (le beau thème du I). Le sceau de la Celtic Twilight est évident dans le II, et les parties solistes semblent assez redoutables (arabesques rimskiennes répétées dans le I, sans parler du magnifique babil qui conclut ce mouvement). Belles atmosphères nocturnes dans le II, et, surprise, atmosphère décidée et guillerette sur fond de bourrée (?) / reel dans le III, avec une conclusion assez irrésistible. Bref, rien de révolutionnaire, mais c'est fort beau.

La symphonie possède aussi de beaux moments, beaucoup de grâce dans l'écriture des vents, même si l'on a tendance à retrouver les poncifs (sirupeux) du romantisme britannique. Qu'importe, le bel adagio avec clarinette et harpe mis en avant n'en est pas moins terriblement efficace, surtout quand il prend une tournure déclamatoire inattendue, même s'il ne s'inscrit pas durablement dans la mémoire. Le scherzo fanfaro-elgarien n'est pas d'une suprême élégance mais sa bonne humeur est communicative. La pudeur de l'Adagio qui ouvre le IV mérite des éloges, sa tumultueuse métamorphose encore plus ! Souffle épique, fanfares majestueuses, j'y entends une modernité toute cinématographique (l'œuvre date de 1937). Bref, pas une révélation, mais les mouvements pairs sont vraiment réussis !
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 16 Nov 2020 - 1:44

Musique anglaise du XXème - Page 7 Cover24
Rutland Boughton : Symphonies No. 2 et 3 (Edward Downes)

Quelle heureuse découverte ! La version Downes est supérieure en énergie à la version Handley, le I gagne définitivement de ce surcroît de pugnacité (ah, ces fanfares colériques qui ouvrent la symphonie !). Malheureusement, la tension retombe un peu dans le scherzo, c'est dommage, là où Handley est plein d'un zest canaille.
À la réécoute, le geste elgarien est particulièrement évident (par exemple, des passages de la symphonie No. 1, le II et le IV), mais — est-ce dû à une plus grande concision du matériau ? —, je goûte un peu plus à chaque réécoute cette symphonie.

La symphonie No. 2 "Deirdre" est vraiment étrange et assez décousue, issue d'une partition de ballet rejetée. Manque de structure formelle ou de saillances, mais de beaux gestes et des trouvailles émaillent la partition tout du long (à tel point que j'ai trissé la chose). Saine énergie de la jeunesse du I, retenue et cantilènes aigues de la romance nocturne (flûte ou violons), motif tragique et obsédant qui ouvre et innerve le III, sorte de poème symphonique à lui seul. Je suis particulièrement convaincu par ce dernier mouvement, qui m'évoque certaines tournures harmoniques ou narratives de Řezníček ou Strauss en plus sage.

La symphonie No. 1 "Oliver Cromwell", sur un disque Dutton-Epoch, m'a laissé de marbre, je ne la commenterai donc pas. Elle m'a semblé plus inspirée que les poèmes symphoniques, compétents mais pas spécialement nourrissants ou surprenants.
La musique de chambre recèle toutefois de belles surprises (les quatuors à cordes et ceux pour clarinette !) et est elle conseillée. Reste à écouter les opéras disponibles pour finir ce tour de piste.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 0:29

Suite et fin du tour d'horizon Boughton.

Musique de chambre

Peu de choses, mais de belles choses ! Bien qu'il existe quelques pièces éparses ailleurs (le trio Celtic Prelude: The Land of Heart’s Desire sur l'excellent disque du Trio Anima Mundi), l'essentiel est sur les deux disques commentés ci-dessous.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Rutlan10
Rutland Boughton : For Joyance (intégrale des pièces pour hautbois) (Marc Baigent, etc.)

Ces pièces sont un enchantement et leur charme et joie de vivre sont ô combien communicatifs ! Toutes sauf une sont dédiées à Joyance Boughton, la très virtuose fille du compositeur. Si l'on peut goûter l'arrangement de Greensleeves ou le délicieux Three Songs without Words, ce sont bien les quatuors qu'il convient d'essayer en priorité. Le No. 1 est frais et printannier, non dénué de quelques instants de mélancolie bien vite chassés par des airs populaires (dernier tiers du I), ou par une sorte de doux retour à la vie et au calme (première moitié du III). Quelle grâce !
Mais c'est le No. 2 qu'il convient de découvrir instamment, car sa générosité mélodique est égalée par ses ambitions d'écriture, avec des éclats de romantisme (Brahms et Mendelssohn ?), des échanges incessants entre les cordes, frémissements et pizzicatti alternent avec de longues coulées mélodieuses. Le languissant II est inspiré de la Barcarolle finale des Three Songs, moment de répit pensif, d'une belle et grave poésie, peut-être le plus beau de ce quatuor. Le scherzo qui suit est une invitation à la danse (valse populaire au pouls variable), le hornpipe final est lui une intimation. Irrésistible !

Musique anglaise du XXème - Page 7 Front16
Rutland Boughton : quatuors à cordes, quatuor pour hautbois No. 1, Three Songs Without Words (Sarah Francis, The Rasumovsky Quartet)

Deux pièces pour hautbois se retrouvent sur l'albym Hypérion, mais il manque le quatuor No. 2 essentiel. L'important est bien la paire de quatuors à cordes, là encore avec un primat accordé à la mélodie et aux danses. Le second From the Welsh Hills, est le plus immédiatement accessible et séduisant. Le premier mouvement, chantant dans l'ensemble, propose de beaux passages retenus (à l'image de l'écriture, où certaines voix se taisent) "pourpre et gris" selon les notes du compositeur. L'atmosphère raréfiée du II "vert et or", cette sorte de promenade mélancolique à petit pas dans la campagne est un moment de grâce. La Satire du III, caricature du tourisme envahissant, est une sorte de fugato beethovénien particulièrement réjouissant. Retour des chants populaires et de la mélancolie pour le dernier mouvement, peut-être le plus convenu d'un quatuor globalement très satisfaisant.

Le premier quatuor On Greek Folk Songs est plus difficile à appréhender, tout en restant farci d'inspiration folklorique, plus irlandaise que méditerranéenne. Les mouvements les plus réussis sont les centraux : un scherzo entraînant, avec échanges de voix et rythmes variés ; un thrène aux accents orientaux. L'accélération progressive qui ouvre le IV est loin d'être vilaine.

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Les opéras

Deux disque disponbiles, le "tube" de Boughton, à savoir The Immortal Hour, et ce que la critique a considéré comme son chef d'œuvre, The Queen of Cornwall.
Deux compositions intéressantes à défaut d'être impérissables. Très clairement, Boughton admire Wagner (et surtout Tristan, qui fournit l'argument de The Queen). Vocalement ou orchestralement, toutefois, que de différences et de singularités !

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The Immortal Hour est globalement assez étale et mystérieux, pratiquement un monologue pendant le premier quart, avec Dalua, un mystérieux chevalier qui se perd dans la forêt et est le jouet des fées qui se rient de lui (la piste 9, Mocking Laughters, est saisissante). Dalua, en réalité seigneur des Ombres, découvre en Etaien, princesse fae, l'objet de ses errances et lui fait perdre la mémoire pour qu'elle devienne l'épouse du roi Eochaidh, également victime du sort de Dalua. Le deuxième acte raconte les suites de ce mariage arrangé et le retour de l'amant immortel de la princesse. Inutile de dire que les choses ne concluent pas par un "tout est bien qui finit bien".
Beaucoup de harpe, de bois, d'atmosphère éthérée et sinuosités celtiques sur un patron wagnérien dénervé, il se passe peu et pourtant l'auditeur se fait ensorceler. Les embardées vocales ou orchestrales sont très rares, l'on baigne en permanence dans de verts champs brumeux ou de mystérieuses forêts médiévales... Smyth, Elgar, Bax et Vaughan-Williams font partie des thuriféraires de l'œuvre, elle mérite en effet d'être redécouverte même si elle ne risque pas de devenir un tube.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Queen_10

The Queen of Cornwall narre l'histoire bien connue des deux Iseut. Exit les sous-bois enchantés, un chœur dramatique et la mer déchaînée ouvrent la partition et font bien pressentir une fin tragique. Beaucoup d'épisodes dramatiques, de chromatismes, de cuivres, de chœurs, de parlando, là où The Immortal Hour jouait sur la séduction douceureuse de longs monologues mélodieux. Le livret n'est pas exactement celui de l'affreux Richard, car tiré d'un texte (verbeux) de Hardy augmenté de six de ses poèmes, et le roi Marc y est par exemple présenté sous les traits d'un odieux barbon. L'écriture pour l'orchestre, sans être révolutionnaire, est tout à fait enthousiasmante, on pense parfois à Bax qui ferait du Wagner. Le rôle important du chœur rend la chose encore plus agréable (ah, les belles tournures chevaleresques du Maybe Indeed He Did Not Die, ou le très efficace et lyrique Let's Meet Again Tonight, My Fair, avec les échos du chœur au lointain).

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Conclusion

Le relatif oubli de Boughton par la postérité n'est pas injustifié, voilà un compositeur compétent mais à qui il manque le génie et l'originalité. Il serait toutefois dommage de lui ne pas lui donner sa chance ou de guigner le manque de patte indélébile (entre Elgar, Wagner et le Celtic Twilight à l'orchestre), car les disques commentés recèlent bien des trésors et seraient susceptibles de plaire à un vaste public.
S'il fallait résumer, il suffit de reprendre mon parcous en sens inverse :
1. Les deux opéras, selon ses goûts ;
2. Le quatuor pour hautbois No. 2 (et le quatuor à cordes No. 1) ;
3. La symphonie No. 3 (je préfère la No. 2 mais elle est plus clivante) ;
4. Les pièces pour orchestre à cordes (concerto pour flûte, concerto pour orchestre à cordes, Aylesbury Games).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 1:04

J'écoute la Symphonie No.3 de ce Rutland Boughton (Handley pour le moment, car c'est la seule version que j'ai pu trouver gratuitement, et par ailleurs j'aime Handley).

Je connais somme toute assez mal Elgar, n'ayant jamais rien écouté de lui qui me donne envie d'y revenir ; mon unique écoute de ses symphonies (qui ne fait pas exception) date de plusieurs années, ce qui m'interdit toute comparaison.
Mais quoi qu'il en soit, je trouve ce Boughton très agréable, sans casser la baraque — ça pourrait presque avoir été composé, disons en 1900, et aucun trait vraiment marquant n'en émerge, du moins à première écoute (mais aurai-je envie de renouveler l'expérience ?).

1er mouvement : j'entends pour ma part d'assez forts échos mahlériens par moments (vers 4:30 et ensuite), alors qu'aucune parenté ne se dessine avec d'autres symphonistes anglais contemporains (VW, Bax, Moeran, Rubbra, Walton). Le seul trait qui me semble spécifiquement britannique est, à vrai dire, l'anachronisme — or je me rends compte que cette caractéristique ne concerne finalement pas mes chouchous, qui pour s'exprimer dans un langage plutôt polarisé et consonant n'en sont pas moins très éloignés du XIXe siècle.
2e mouvement : là encore beaucoup de romantisme continental (plutôt Dvořák), et finalement assez peu de britannité. J'avoue que ce long Adagio me laisse assez indifférent — et je me dis que si Handley ne parvient pas à en faire quelque chose d'un tout petit peu excitant, c'est qu'il ne doit pas y avoir beaucoup à digérer à la base... Néanmoins c'est joli, jamais pénible, avec de belles couleurs orchestrales (les interventions des cors, notamment), et cela procure un certain plaisir; la très délicate coda m'évoque celle de la seconde Nachtmusik de la Septième symphonie de Mahler, ce qui pour moi est une très grande qualité... Donc, qui sait.
Le "Scherzo" (3e mouvement Allegro giocoso, quoique totalement binaire) m'a laissé presque indifférent, sans déplaisir mais sans grand plaisir non plus – sauf certaines surprises ponctuelles liées à l'orchestration (notamment l'usage des cuivres graves, mais aussi - encore - un certain mahlérisme dans l'usage des bois).
Le début du final m'a fait penser à celui de l'Andante de la 2e symphonie de Bax – ce qui me ramène en terrain british familier et aimé ; malheureusement la suite est beaucoup plus anodine. Le début de l'Allegro a retenu mon attention, mais là encore ça ne dure pas... L'introduction lente revient, suivie d'un second Allegro plus enthousiasmant — là encore j'entends du Mahler, plus nettement et durablement, l'influence subsistant fortement dans la longue coda lente qui suit (presque proche de la 3e symphonie de Van Gilse, sauf que cette dernière date de 1907)... Cette coda étant sans doute ce qui me retient le plus dans toute l'œuvre, peut-être que la fibre mahlérienne de Boughton est une piste à suivre...

J'écoute d'une oreille distraite le Concerto pour hautbois (je crois n'avoir jamais écouté un concerto pour hautbois en entier auparavant, non non pas même Mozart – sauf peut-être en concert, par accident), et je trouve ça plutôt aimable — peut-être même plus remarquable que la symphonie (le problème pour moi étant dû soit au timbre du hautbois, soit à la [haut/o]boïste – mais la même difficulté se présente avec presque tous les concertos qu'ils soient pour piano, orgue ou hélicon), en tout cas d'une coloration plus singulière.


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 1:39

Oh, je ne pensais pas que l'on donnerait si rapidement sa chance à Rutland !
Pas de révélation en ce qui me concerne, c'est tellement moins personnel que Rubbra, Bax ou Bliss dont je raffole absolument pour les plus connus, mais dans la mouvance elgarienne, et pour les symphonies,  j'ai trouvé cela bien (et cela me parle même plus que le modèle). Intéressantes remarques sur Dvořák et Mahler, je ne maîtrise définitivement pas assez mes classiques.

J'avais écouté ce compositeur il y a quelques années sans rien en conserver, et lisant souvent des références à The Immortal Hour, j'ai décidé de faire un tour plus systématique de ce qui était disponible au disque. À ma surprise, j'ai aimé et rejoué certaines pièces plusieurs fois (les deux quatuors que je vante et les deux symphonies) ! Je me disais donc qu'il y avait quelque chose à faire, et j'ai battu le fer tant qu'il était chaud.
J'ose espérer que tu n'auras pas trouvé le temps trop long...

(J'aimerais avoir le courage d'écrire beaucoup plus, par exemple à propos de chocs importants come Rawsthorne, Blake et McCabe pour lesquels j'ai des piles de notes ! Hélas, le temps... et le courage !)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 2:02

Mefistofele a écrit:
(J'aimerais avoir le courage d'écrire beaucoup plus, par exemple à propos de chocs importants come Rawsthorne, Blake et McCabe pour lesquels j'ai des piles de notes ! Hélas, le temps... et le courage !)

Je ne les connais pas, même de nom Laughing , et sans toi je n'aurais peut-être jamais entendu parler de Boughton !
Je trouve intéressant (parfois passionnant) de découvrir des compositeurs et des œuvres méconnu(e)s, mais je n'en fais pas une règle de vie – loin de là... –, tant le temps me manque sans cesse, et tant celles et ceux dont j'ai déjà une connaissance partielle me semble avoir encore à m'apprendre.
Alors Rutland, bon, je n'y reviendrai pas forcément...

Sinon, à propos de Bliss (une autre paire de manches), j'ai fait récemment une écoute comparée "muette" de la Colour symphony (entre Handley, Wordsworth et Hickox, alors que je ne connaissais jusqu'alors que Groves et Lloyd-Jones) : je n'ai pas réussi à les départager et j'avoue avoir eu la flemme d'en parler ici, alors que j'aime beaucoup cette œuvre; j'y reviendrai sans doute.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 9:31

Mefistofele a écrit:
Blake

Veux-tu parler de Howard Blake ?
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 10:38

Howard Blake, oui, j'ai beaucoup aimé sa musique de chambre et... ses concertos, donc pas forcément ce qui te toucherait. Laughing C'est plutôt calibré pour David, qui a essayé le concerto pour violon.

Pour l'écoute comparée de Bliss, je suis curieux, ayant l'intention de m'y prêter aussi. De lui, les Meditations on a Theme by John Blow sont vraiment superbes (l'enregistrement de Rignold chez Lyrita, CQFD). Autrement, magnifiques découvertes chez Walton, notées dans le fil approprié.

Pour Rutland, je suis déjà fort touché que tu aies pris le temps d'y jeter une oreille. Je souhaitais offrir un éclairage sur un nom vraisemblablement peu connu hors de son pays natal (et tombé dans l'oubli après-guerre) qui, sans être une découverte majeure, offrait définitivement quelque intérêt. Je m'efforcerai de peupler ce fil ou d'autres selon mes disponibilités, je devrais avoir beaucoup de choses à dire sur des compositeurs méconnus. A priori, ce serait les symphonies britanniques au langage unique qui aurait ta préférence ? Et plutôt des choses rêveuses, comme RVW 3, ou des choses agressives, comme Rubbra 1 ?
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 11:56

Mefistofele a écrit:
A priori, ce serait les symphonies britanniques au langage unique qui aurait ta préférence ? Et plutôt des choses rêveuses, comme RVW 3, ou des choses agressives, comme Rubbra 1 ?

Je te remercie cher Mefistofele de penser à moi pour cibler tes conseils ! Smile Musique anglaise du XXème - Page 7 3641590030

En effet, pour le moment j'ai envie de me polariser encore un peu sur le symphonique britannique — pas nécessairement les symphonies à proprement parler, mais il se trouve que ce domaine me semble généralement plus intéressant que celui des poèmes symphoniques et autres "miniatures" (à de considérables exceptions - comme Bridge - près).
Ensuite, si par langage unique tu veux dire original, il me semble que oui – non par un quelconque a priori théorique (sans quoi je me tournerais plus volontiers vers les avant-gardes), mais par expérience, les compositeurs que j'aime le plus ayant de fait le plus souvent un langage très personnel.
Et pour répondre à ta dernière question, je préfère en effet (de loin) RVW 3 à Rubbra 1, et (le plus souvent) le rêveur à l'agressif, mais en réalité mes préférences absolues en matière de symphonies anglaises iraient plutôt vers Bax 2-3-6-7 et Rubbra 6-7-8 (peut-être une sorte de voie médiane) – que vers la Pastoral qui est tout de même un ovni au carré (parce que seul Ralphie pouvait pondre ça, et parce qu'aucune autre de ses œuvres ne ressemble vraiment à celle-là), au caractère rêveur particulièrement marqué et univoque...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 22:58

Merci de ces précisions, je les mets précieusement dans un coin afin d'orienter mes contributions et mes choix de chroniques.

Toutefois, pour ce soir, je resterai sur mon programme initial très éloigné de ces admirables symphonistes pour évoquer une résurrection d'un genre particulier...

Cecil COLES (1888-1918)

Musique anglaise du XXème - Page 7 Cecil_10
Cecil COLES : Music from Behind the Lines (Martyn Brabbins dir.)

Jeune prodige écossais, ami de Gustav Holst (qui lui dédiera sa poignante Ode to Death), il étudiera en Allemagne avant de rentrer au pays et de s'enrôler dans l'armée, où une mission de secours finira tragiquement, le fauchant à l'aube de ses 30 ans.
Coles est une rareté au disque. On trouve bien une paire de Songs isolés sur des albums autour de la Première Guerre, et les 4 Verlaine Songs en version de chambre par le Horerenstein Ensemble. Toutefois, c'est la partie Butterworth du programme sur ce dernier disque qui est en vérité plus enthousiasmante. Le disque Hyperion en exergue est la seule monographie dédiée à Coles, et à vrai dire le seul disque à connaître si l'on est curieux de ce compositeur.

La voix n'est pas particulièrement originale, on retrouvera bien des similitudes avec d'autres compositeurs. La jeunesse et les circonstances de l'auteur expliquent certainement cela. Une fois ce préambule établi... QUEL CHOC !!! Shocked Shocked Shocked
On entend en tout premier lieu les influences de Wagner, Mahler, Tchaikovsky. C'est plus grand que nature, tragique, désespéré, avec énormément d'affect (les compositions pour voix et orchestre sont de ce fait spectaculaires).

From the Scottish Islands, la pièce la plus ancienne, est un condensé des compositeurs établis d'un passé point trop lointain. On y entend défiler Dvořák et Bizet (c'est une Écosse bien hispanique !) parmi d'autres grands noms, dont Grieg et Tchaikovsky. Délicieuse pastorale à la fin tragique et grandiose, mais bien un simple apéritif comparé aux choses à venir.

L'ouverture A Comedy of Errors attrape l'auditeur dès les premières notes : une lugubre fanfare holstienne (ou mahlérienne, selon les écoles, mais j'y entends Uranus, The Magician) ! Elle cède place, ô surprise, à des gracieusetés dansantes toutes mendelsohnniennes, avant un retour à des choses plus charnues (Wagner).

Le Scherzo ne manque ni de couleur, ni de gaieté, d'originalité peut-être ? Il y a quelque chose de la musique d'opéra dans une action jamais clairement établie... En tout cas, le mouvement est permanent, impossible de s'endormir.

Les Four Verlaine Songs sont aussi saisissantes qu'inhabituelles. Traduction de 4 poèmes, mis en musique pour grand orchestre. Soit des pièces très courtes, très contrastées, très richement orchestrées, sans aucun gallicisme perceptible (ni la langue, ni la couleur).
Streets ouvre et clôt le cycle avec La rivière dans La rue ! et Dansons la gigue !, encadrant Un grand sommeil noir et Le ciel est, par-dessus le toit, si bleu, si calme. Le premier poème est sibélien et frémissant, il m'a absolument cueilli ! Le second est terriblement tristanien ; le troisième, délicieusement buccolique, évoquerait les pastorales anglaises mâtinées de romantisme continental (Brahms et Dvořák). Le dernier, avec ses fanfares diaboliques et ricaneuses, ferant penser à un air connu (une puce ou un veau, si vous voyez ce que je veux dire Twisted Evil ), mais elles sont coupées nettes par de sublimes arabesques autour d'un amour blessé. Opératique en diable !

L'autre pièce pour voix, Fra Giacomo, est un magistral monologue pour baryton et orchestre. La tragique histoire d'un riche marchant appelant le frère Giacomo au chevet de son épouse mourante, à travers la narration qu'en offre ledit seigneur. La musique évoque Tchaikovsky (beaucoup), Mahler et Strauss (un peu), Zemlinsky et Schreker (expression et type d'affect). Je n'en dis pas plus, l'histoire condensée en moins d'un quart d'heure est particulièrement convaincante.

Behind the Lines, qui clôt l'album, et à l'origine composé de quatre morceaux dont deux ont été perdus dans les éclats d'obus, offre un tableau de la vie quotidienne des soldats. On y entend un bal à l'Estaminet de Carrefour, joyeux, auquel succède un funèbre Cortège, d'une grande dignité. J'ai pensé à l'Heroic Elegy de Farrar, ou autres processions funèbres militaires et grandioses. Ou plus simplement, une version aboutie du Lament de sa suite From the Scottish Islands...

Mes plus vives recommandations !
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMar 17 Nov 2020 - 23:54

Still, Symphonie n°3 (Goossens).
Pas d'accès direct pour moi... L'ensemble (y compris le Largo) me semble bien plus proche du chostakovisme amenuisé de la 4e de VW que du postromantisme impressionisé (et épique) d'un Bax ; en tout cas, toute espèce de séduction spontanée fait défaut, et aucune étrangeté ni élément intrigant ne me donne l'impression de pouvoir se transformer en magnétisme...
Le Largo me fait davantage penser à un Mahler sous sédatif qu'à Brahms (après, c'est peut-être moi qui entends du Mahler partout en ce moment Neutral ); rien de saillant, assez ennuyeux là encore (sans être désagréable).
Le troisième mouvement est peut-être le moins ennuyeux : il se passe incontestablement beaucoup de choses, avec des sonorités intéressantes (tant dans les combinaisons de timbres - les curieuses intervention du piano par exemple - que dans l'harmonie assez tourmentée); toutefois, aucun véritable moments de grâce, ça cause beaucoup mais mes affects restent à distance respectueuse... Je n'ai gardé aucun souvenir net (pour ne pas dire aucun souvenir du tout) des symphonies de Walton, mais il me semble qu'elles m'avaient laissé le même genre d'impression — en plus agressif peut-être.

La Symphonie n°4 est au début assez proche (aussi) du Vaughan Williams énervé, mais avec cette fois-ci un courant sourd d'énergie tellurique qui me semblait manquer à la 3 (il faut tout de même préciser que c'est Myer Fredman et non plus E. A. Goossens qui dirige, ce qui y est peut-être pour quelque chose — ajoutons que je ne connaissais aucun de ces deux chefs).
Une section modérée assez mystérieuse succède à la longue première partie motoriste, avant le retour ce cette dernière — et, tout le temps, cette musique me semble véritablement habitée (et non pas seulement agréablement causante); suit une autre section lente à modérée, où émerge (très) brièvement un chouïa de de féerie séductrice alla Bax, puis une assez longue section de violon et alto solo nus auxquels se joint brièvement un cor...
Plus tard interviennent (sur fond de cavalcade) de larges mélodies empruntes d'un lyrisme qui me semblait faire à peu près totalement défaut à la symphonie précédente.
La dernière minute et demie est une coda murmurante, totalement mystérieuse et absolument inattendue (quelque chose m'évoque, en plus étendu, la toute fin de Jeux de Debussy – avis aux amateurs dont je ne suis pas tout à fait...).
(Vous aurez compris que la 4e me branche plutôt plus que la 3e, toutefois je ne réécouterai pas l'une sans l'autre.)


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 18 Nov 2020 - 0:53

Oh ! Ravi de lire que la critique de Prosopopus (et peut-être mon renchérissement) t'auront incité à essayer Still ! Pareillement, la symphonie No. 4 m'a plus emballé que la précédente, mais j'ai globalement bien aimé. Pour Goossens, c'est surprenant de la part d'un sataniste chef aux goûts éclectiques que ce soit si mou.*

Alors, ce soir, quelques heures supplémentaires pour trouver quelque chose qui pourrait te plaire, et si je ne peux recommander les deux Bush (Alan et Geoffrey) que du bout des lèvres pour ton goût, je suggère les roboratives symphonies de Ruth Gipps (j'ai également réécouté Armstrong Gibbs, et ce n'est pas la symphonie qui le présente sous son meilleur jour. Ses concertos sont fabuleux, mais bon, des concertos...).

*Il fut impliqué dans un scandale ésotérico-érotique qui lui coûta sa carrière... Au passage, il a composé — des choses sympathiques — mais rien qui ne m'ait fait grimper aux rideaux.

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Ruth GIPPS : Symphonies No. 2 et No. 4, Song for Orchestra, Knight in Armour (Rumon Gamba dir.)

Unique enregistrement de la No. 4 (dédiée à Bliss), second de la No. 2 après Bostock, et la No. 3 est sur le Tube. Autrement, un concerto pour piano, un pour cor et un autre pour clarinette, la messe est plus ou moins dite (il y a aussi une Sinfonietta et Ambarvalia).
Bref, ce disque suffira pour faire le tour ou presque. Et là, c'est echt-britannique. Du pastoralisme, du mouvement, de superbes appels de cors (No. 4-III), des percussions obsédantes qui traversent le spectre d'une fanfare (No. 2 - Allegro moderato, j'ai cru qu'un véhicule passait en dehors de chez moi à cause de la spatialisation !), du RVW en-veux-tu en-voilà, des échos de Elgar et de Holst, du Sibelius (l'ouverture de la No. 4 !!!), du Bliss (les superbes colorations et les épisodes, façon Metamorphic Variations ou John Blow)... Il manque peut-être du génie et un sens rigoureux de l'architecture, mais mon oreille  se dresse en permanence, il y a des trouvailles partout (les jolies tintinnabulements dans le No. 4-IV à partir de 5:16 qui relancent le mouvement, une apparition discrète du célesta à 6:14), et contrairement à Ralphie, je ne m'endors pas !

Je pense que, structure mise à part, c'est un disque pour Golisande (et d'autres !).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 18 Nov 2020 - 1:04

Boughton, Symphonie n°2 "Deirdre" (E. Downes)

1er mouvement : me voilà propulsé d'un coup dans l'univers des poèmes symphoniques de Bax et Bridge 1° manière, voire de Ladmirault (tout anglo-irlandaise qu'elle soit, cette musique possède un côté français assez net); autant dire que j'y trouve un plaisir certain... Malheureusement Sad le charme des premières minutes se délaie rapidement dans une logorrhée discours assez distendu et redondant, sans véritables balises auxquelles se raccrocher. Les dernières minutes retrouvent de vives couleurs à demi folkloriques mais très agréables, avec cette étrange coda comme un jet de poudre perlimpipinesque ( shaking grosse panne d'inspiration de ma part)...

2e mouvement : là, je m'avoue carrément conquis (et merci Mefistofele mains )... Je pense au Britten du Midsummer night dream, mais surtout à ce qui m'est le plus profondément cher dans la musique anglaise (Bax et Bridge là encore, mais également Bliss et Rubbra), cette façon d'oser le kitsch sophistiqué sans (à mon sens) le moindre vulgarité, simplement parce qu'on y croit quand même un peu sans être dupe – il y a aussi du Tolkien là dedans...

3e mouvement : contraste maximum avec le deuxième – tout en restant dans le même univers esthétique, lyrique-épique teinté de debussysme... Je renonce à un commentaire détaillé, histoire de lâcher la bride et de me laisser porter – car, comme chez Bax et Rubbra, il y a dans cette musique quelque chose de franchement cinématographique (pas dans le sens de musique de film, mais d'une musique qui est à elle seule du cinéma — or n'est-ce pas ce que la musique est censée être au moins en partie ?)
Ce n'est peut-être pas tout à fait à la hauteur des musts du genre, et sans doute plus basique que Bax – qui m'a demandé quelques efforts –, mais c'est bougrement efficace et plaisant.

Conclusion : mon impression est que Boughton s'est exprimé (pour ne pas dire laissé aller) dans cette symphonie-là, avant de serrer les boulons dans la symphonie suivante pour ne pas avoir (trop) l'air d'un pauvre insulaire attardé dans un romantisme de pacotille... D'où le côté un peu « asséché » de cette dernière (que j'ai malgré tout envie de réécouter =>)

=>je réécoute donc d'une oreille un peu distraite cette 3e symphonie (mais par E. Downes et le BBC Ph. Orchestra), et je peux confirmer que cela m'emballe bien moins que la précédente – même si l'Adagio me semble agréable ... Mais je renouvellerai volontiers l'écoute de ce disque dans son intégralité.


Dernière édition par Golisande le Mer 18 Nov 2020 - 1:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 18 Nov 2020 - 1:08

Mefistofele a écrit:
Oh ! Ravi de lire que la critique de Prosopopus (et peut-être mon renchérissement) t'auront incité à essayer Still ! Pareillement, la symphonie No. 4 m'a plus emballé que la précédente, mais j'ai globalement bien aimé. Pour Goossens, c'est surprenant de la part d'un sataniste chef aux goûts éclectiques que ce soit si mou.*

Alors, ce soir, quelques heures supplémentaires pour trouver quelque chose qui pourrait te plaire, et si je ne peux recommander les deux Bush (Alan et Geoffrey) que du bout des lèvres pour ton goût, je suggère les roboratives symphonies de Ruth Gipps (j'ai également réécouté Armstrong Gibbs, et ce n'est pas la symphonie qui le présente sous son meilleur jour. Ses concertos sont fabuleux, mais bon, des concertos...).

*Il fut impliqué dans un scandale ésotérico-érotique qui lui coûta sa carrière... Au passage, il a composé — des choses sympathiques — mais rien qui ne m'ait fait grimper aux rideaux.

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Ruth GIPPS : Symphonies No. 2 et No. 4, Song for Orchestra, Knight in Armour (Rumon Gamba dir.)

Unique enregistrement de la No. 4 (dédiée à Bliss), second de la No. 2 après Bostock, et la No. 3 est sur le Tube. Autrement, un concerto pour piano, un pour cor et un autre pour clarinette, la messe est plus ou moins dite (il y a aussi une Sinfonietta et Ambarvalia).
Bref, ce disque suffira pour faire le tour ou presque. Et là, c'est echt-britannique. Du pastoralisme, du mouvement, de superbes appels de cors (No. 4-III), des percussions obsédantes qui traversent le spectre d'une fanfare (No. 2 - Allegro moderato, j'ai cru qu'un véhicule passait en dehors de chez moi à cause de la spatialisation !), du RVW en-veux-tu en-voilà, des échos de Elgar et de Holst, du Sibelius (l'ouverture de la No. 4 !!!), du Bliss (les superbes colorations et les épisodes, façon Metamorphic Variations ou John Blow)... Il manque peut-être du génie et un sens rigoureux de l'architecture, mais mon oreille  se dresse en permanence, il y a des trouvailles partout (les jolies tintinnabulements dans le No. 4-IV à partir de 5:16 qui relancent le mouvement, une apparition discrète du célesta à 6:14), et contrairement à Ralphie, je ne m'endors pas !

Je pense que, structure mise à part, c'est un disque pour Golisande (et d'autres !).

Figure-toi que (sur tes ébauches de conseils) je me suis déjà procuré ce disque ! Je l'écouterai demain après avoir lu plus attentivement ton post. bounce
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyMer 18 Nov 2020 - 1:14

cheers

Je préfère moi aussi la No. 2 de Boughton et pas qu'un peu, comme exprimé dans mon panorama, mais je craignais d'être bien seul. Que nenni ! Quelle joie de savoir que tu as apprécié !
Le Songe, oui, c'est très juste comme image pour le II ! Kitsch sophistiqué... The Immortal Hour est dans la même veine, en (beaucoup) plus long, évanescent et sophistiqué. Et le III, juste superbe... I love you I love you I love you

Bref, content de lire que je n'apporte pas que des déceptions.

Le disque Gipps : les grands esprits se rencontrent ! Very Happy

Coles : je réécoute les Four Verlaine Songs pour la dixième fois aujourd'hui, c'est véritablement renversant. David, Xavier, je pense que c'est pour vous (ibid. avec les opéras).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 1:33

R. Gipps, Symphonie n°4 (R. Gamba).

1er mouvement : un petit côté Rubbra, en moins dense et construit mais avec une séduction plus immédiate et presque constante ; les sections lentes-lyriques-méditatives et vives-énergiques alternent rapidement, donnant effectivement un caractère un peu rhapsodique, mais les enchaînements se font naturellement et sans heurts. Le langage harmonique est à la fois très lisible et consonant, et d'une richesse, d'une inventivité constantes – alternant entre polytonalité mouvante et longues plages lyriques et tendres, presque ravéliennes par moment. Vraiment très séduisant, tout à fait "pour moi" comme l'a fort bien pronostiqué Mefistofele (c'est embêtant d'être aussi facile à cerner, je vais devoir être moins transparent... spiderman ).

Adagio : assez ravélien là encore, mais surtout vaughanwilliamsien, avec (toujours) beaucoup de polytonalité... Il s'agit d'une calme méditation nocturne aux sonorités enchanteresses – avec aussi quelque chose du Canto de la 6e de Rubbra, en bien plus lumineux, sans tournures archaïques et sans réel mystère... Néanmoins c'est très beau.

Le très court scherzo est toujours d'une séduction immédiate, entièrement diapré dans des timbres et des harmonies kaléidoscopiques, m'évoquent encore un Rubbra lumineux et comme décomplexé (mais également libéré de la forme, presque « en roue libre »).

Je suis totalement conquis par la magnifique introduction pelléassienne du final ; la suite m'enchante un peu moins (sauf les accalmies, invariablement magiques), mais l'ensemble reste extrêmement séduisant.

À première écoute, cette musique me plaît énormément (à un degré rare), mais il me semble que cette séduction uniforme (à vrai dire systématique) pourrait rapidement s'épuiser à la réécoute — plus exactement, qu'elle se déploie pour elle-même (peut-être même pour la galerie), sans être sous-tendue ni guidée par une véritable conception d'ensemble ("Il manque peut-être du génie et un sens rigoureux de l'architecture" dixit Mefistofele ci-dessus, même si la capacité de maintenir constamment les sens en éveil est incontestablement une forme de génie).

D'ailleurs, même si la suite du disque (Knight in Armour, et surtout la Symphonie n°2) est toujours aussi uniformément magnifique, cette uniformité même (autrement dit la prodigalité constante, ininterrompue de cette fontaine d'abondance sonore) finit par provoquer en moi une sorte de satiété — que je pourrais comparer à celle provoquée par les débauches de couleurs du R. Strauss le plus lumineux, d'un E. W. Korngold ou d'un J. Marx – ou même par les poèmes symphoniques de Paul Ladmirault, Delius et (à un moindre degré) Bax; autrement dit j'ai l'impression qu'une seconde écoute rapprochée provoquerait moins un approfondissement, une meilleure compréhension de cette musique (qui me paraît se livrer d'emblée entièrement), qu'un léger écœurement – et sans doute même de l'ennui.

Cela dit, à l'écoute de la partie lente de la 2° Symphonie, je suis bien forcé d'admettre que je marche à 200%... Mais un peu comme je pourrais être happé par un film très grand public et excellemment réalisé, mais que je n'éprouverais pas l'envie de revoir.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 7:43

Je suis content de lire une autre recommandation qui a fait mouche. C'est vraiment beau ! Nourrissant, je ne sais, je ne l'ai pas assez pratiqué, mais en terme d'hédonisme sonore et de satisfaction immédiate, aucun reproche !
Pour le coup, Bowen No. 2, dans un versant plus lumineux et positif, est aussi une bonne adresse (une fontaine de mélodies et de bonne humeur). Hier, j'ai réécouté la No. 1 dans la foulée, pas plus séduit que cela. David adore ce corpus, peut-être pourrait-il en glissser deux mots s'il avait le temps et l'envie ? Autrement, je tiens à souligner l'excellence de ses concertos et de sa musique de chambre, mais on s'éloigne considérablement de tes centres d'intérêt.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 11:37

Mefistofele a écrit:
Nourrissant, je ne sais, je ne l'ai pas assez pratiqué

J'ai tendance à penser que la balance nutritionnelle penche très nettement en faveur des glucides à assimilation rapide (on serait plutôt dans le domaine des desserts raffinés).

Citation :
Pour le coup, Bowen No. 2, dans un versant plus lumineux et positif, est aussi une bonne adresse (une fontaine de mélodies et de bonne humeur).

J'en avais parlé je ne sais plus où, avec beaucoup moins d'enthousiasme je crois, et je l'ai d'ailleurs réécouté un peu (trop) distraitement il y a quelques nuits. Ça n'a clairement pas produit le même genre d'impression que Gipps sur moi (bien moins séducteur et hédoniste, plus formel, assurément beaucoup moins chatoyant et jaillissant harmoniquement), mais en revanche j'ai eu l'impression qu'il pourrait y avoir davantage à en attendre à plus long terme...

Citation :
ses concertos et de sa musique de chambre, mais on s'éloigne considérablement de tes centres d'intérêt.

Pour les concertos, certes, en revanche la musique de chambre m'intéresse beaucoup (mais il est vrai que je n'en écoute pas souvent, ce qui revient un peu au même Mr.Red ).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 13:50

La musique de chambre n'est pas rédhibitoire ?

Dans ce cas, quelques albums de musique de chambre britannique qui sont parmi mes plus belles découvertes de l'année. J'ai peur que cela fasse beaucoup d'un coup, mais il y a matière à piocher.

---------------------------------
COMPILATIONS

Musique anglaise du XXème - Page 7 Phanta10
The Bridge Quartet : Bridge, Holst, Goossens, Howells, Holbrooke, Hurlstone

Des Phantasy pour quatuor à cordes, celles de Holbrooke et Hurlstone sont remarquables.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Primro11
The Primrose Piano Quartet : Hurlstone, Quilter, Dunhill, Bax

Je raffole du Bax, absolument terrifiant et assez rarement programmé. Le Quilter est charmant et Dunhill est toujours séducteur à défaut d'être profond (le III, quel bonheur !).

Musique anglaise du XXème - Page 7 Piano_10
BRITISH PIANO QUARTETS : Mackenzie, Howells, Bridge, Howells, Stanford, Jacob, Walton (The Ames Piano Quartet)

Pour les amateurs de quatuor pour piano dont je suis, beaucoup de belles choses qui complémentent bien le disque ci-dessus.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Willia10
Viola Sonatas, Idylls & Bacchanals : McEwen, Maconchy, Bax, Jacobs, Rawsthorne, Milford, Leighton (Williams/Norris)

Le meilleur pour la fin (selon moi, mais je cerne mal ton goût en musique de chambre, donc...). J'ai adoré de la première à la dernière note. Collection de rares sonates pour alto, qui vont du pastoralisme ensoleillé (McEwen) à la noirceur (Maconchy), en passant par les délicatesses de Milford et les sortilèges ambigus de Rawsthorne. La collection pourrait plaire à Iskender ?

---------------------------------
MONOGRAPHIES

Maintenant, c'est peut-être beaucoup et trop divers... Auquel cas, deux très bonnes monographies :

Musique anglaise du XXème - Page 7 Bowen10
York Bowen : Quatuors à cordes No. 2 et 3, Phantasy Quintet (Archaeus Quartet, Timothy Linn)

Les quatuors sont charmeurs, la Phantasy ce qu'il a commis de plus séduisant en musique de chambre, à rang égal avec le quintette pour cor (difficile à trouver au disque, chez Dutton-Epoch, ou sur le net ?). La sonate pour violon a également ses charmes.

Musique anglaise du XXème - Page 7 Bax10
Arnold Bax : octuor, quintette à cordes, concerto pour flûte, hautbois, harpe et quatuor à cordes, Thrène et Scherzo, In Memoriam (Academy of St Martin in the Fields Chamber Ensemble, Margaret Fingerhut)

Bax. Harpe. Octuor. Il n'est jamais enregistré, c'est une honte. À mon avis, ce que tu préférerais. Tout le disque est à tomber.

---------------------------------
JOKER (quatuor à cordes)

Ultime recommandation : n'importe quel disque avec le Maggini Quartet, c'est au minimum bien fait, au mieux génial. Naxos a publié un coffret regroupant tous leurs enregistrements de quatuors à cordes britanniques. Idéal pour une commande au Père Noël.
Musique anglaise du XXème - Page 7 Maggin10

C'est peut-être beaucoup et tout n'est pas nécessairement facile à trouver, mais le Démon est toujours prêt à tendre une griffe secourable... Twisted Evil


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 14:02

Merci merci Very Happy (j'ai failli ajouter "c'est trop" mais je me retiens Mr. Green )

Je connais le disque Bax chez Chandos, mais aucun des autres (en revanche j'avais écouté pas mal de Bliss pendant une courte période, j'ai bien dû en parler ici ou là).

Pour le moment je suis surtout tenté par le Quatuor avec piano de Bax (encore lui), même si je n'ai encore jamais retrouvé dans d'autres œuvres de ce compositeur la puissance d'inspiration de ses symphonies (sauf peut-être, à la rigueur, dans la troisième Sonate pour piano).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 14:45

Golisande a écrit:
Merci merci Very Happy (j'ai failli ajouter "c'est trop" mais je me retiens Mr. Green )

Il ne fallait pas. Le trop est l'ennemi du bien, et "l'ennemi de mon ennemi est mon ami", dit le proverbe. Twisted Evil

Golisande a écrit:

Je connais le disque Bax chez Chandos, mais aucun des autres (en revanche j'avais écouté pas mal de Bliss pendant une courte période, j'ai bien dû en parler ici ou là).

Pour le moment je suis surtout tenté par le Quatuor avec piano de Bax (encore lui), même si je n'ai encore jamais retrouvé dans d'autres œuvres de ce compositeur la puissance d'inspiration de ses symphonies (sauf peut-être, à la rigueur, dans la troisième Sonate pour piano).

Bliss chambriste, c'est excellent, meilleur que l'orchestre dans sa globalité ? Le quatuor pour piano de Bax est très éloigné des douceurs de l'octuor ou des paysages brumeux de ses symphonies. Pas non plus les turbulences romantiques de son quintette pour piano, quelque chose de plus martial, tranchant. Je suis curieux d'avoir ton avis. Peu d'enregistrements, celui des The Primrose Quartet est le meilleur des deux que j'ai essayé. Celui du Cappa Ensemble est bien et bénéficie d'un excellent couplage (Bridge, Wilson et Walton), mais même en étant ma version découverte, je préfère l'autre. Je réalise qu'il existe aussi un enregistrement Chandos avec McCabe au piano, je retiens mon souffle...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 15:51

Mefistofele a écrit:
Bliss chambriste, c'est excellent, meilleur que l'orchestre dans sa globalité ?

À vrai dire me souviens essentiellement du Quintette pour clarinette et cordes, que j'avais écouté plusieurs fois de suite; le reste est dans un brouillard à peu près total, ce qui me permet d'affirmer que ça ne m'a pas marqué...
Du coup, mieux que l'orchestre, ma foi je ne sais trop — d'autant moins que, symétriquement, la Colour Symphony est la seule de ses œuvres orchestrales que j'aie vraiment appréciée; peut-être le Quintette est-il d'une inspiration plus égale et soutenue, car pour quelques moments magiques la symphonie contient aussi quelques tunnels (le final en particulier m'ennuie pas mal)...

En tout cas, si tu ne connais pas ce Quintette tu peux te précipiter, c'est vraiment magnifique ! J'avais écouté les deux versions suivantes :

Musique anglaise du XXème - Page 7 07473110Musique anglaise du XXème - Page 7 08942310

mais je ne peux pas te dire laquelle a eu ma préférence (ce n'était pas à proprement parler une écoute comparée)...

Cela étant dit, tu auras compris que je ne suis vraiment pas un spécialiste de Bliss, et d'autres en parleront sans doute mieux que moi.

Citation :
Le quatuor pour piano de Bax est très éloigné des douceurs de l'octuor ou des paysages brumeux de ses symphonies. Pas non plus les turbulences romantiques de son quintette pour piano, quelque chose de plus martial, tranchant. Je suis curieux d'avoir ton avis. Peu d'enregistrements, celui des The Primrose Quartet est le meilleur des deux que j'ai essayé. Celui du Cappa Ensemble est bien et bénéficie d'un excellent couplage (Bridge, Wilson et Walton), mais même en étant ma version découverte, je préfère l'autre. Je réalise qu'il existe aussi un enregistrement Chandos avec McCabe au piano, je retiens mon souffle...

J'essaierai de trouver ça, mais a priori le Bax martial et tranchant n'est pas forcément mon préféré (quoique si ça ressemble à la 6e symphonie, ou au premier mouvement de la 3, pourquoi pas Smile ).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 19:18

De mon côté, je note ces nombreuses recommandations, ça va m'occuper quelques soirées thumright
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 20:22

Les quatre quatuors de Bridge, c'est un très beau corpus, assez varié - et très réussi par la quatuor Maggini. On peut compléter avec le Phantasy quartet et le quintette avec piano.

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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 20:47

En reprenant mes notes de plus près, ma remarque sur Bliss n'est pas avérée, je réalise que j'aime plus de pièces orchestrales chez lui : sa symphonie, Adam Zero, les Metamorphic Variations, les Meditations on John Blow (oui, ça ressemble à une tentative de lavage de cerveau à ce stade pour ces deux derniers) et Checkmate. Alors, que, pour la musique de chambre, seuls le quintette avec clarinette (avec le Maggini Quartet, bien sûr), et au-dessus le quatuor à cordes No. 2 trouvent grâce à mes oreilles, soit exactement le disque Naxos proposé par Golisande. hehe

Bax : son piano ne m'est pas forcément trop familier, mais connais-tu sa symphonie No. 1 au piano ? Sa sonate en mi bémol majeur (non numérotée) en fut le premier jet. C'est fascinant...

Roupoil : pour l'orchestre, tu devrais trouver ton compte chez Coles ? Pour la musique de chambre, je dirais le quintete pour piano de Bax voire son quatuor pour piano aussi ?

Le ratio génie chambriste contre orchestral, c'était pour Bridge ! À part The Sea (que je vénère) et There is a Willow Grows Aslant a Brook, mon pouls reste plat, mais en pièces chambristes, je ne dirais pas que j'aime tout mais pas loin : trio (No. 2), quatuor et quintette pour piano, quatuor à cordes No. 1 pour les indispensables (avec mon biais : musique avec piano mais pas seul). Et beaucoup d'autres choses sont dignes d'intérêt comme le signale Eusèbe.

(Je m'excuse pour la loghorrée, la musique britannique en général et dans son versant chambriste en particulier constituent un tropisme fort depuis plusieurs années où j'ai essayé d'acquérir du champ... N'hésitez pas à me rabrouer si je devenais envahissant ou par trop expansif.)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 21:18

Mefistofele a écrit:
Pour le coup, Bowen No. 2, dans un versant plus lumineux et positif, est aussi une bonne adresse (une fontaine de mélodies et de bonne humeur). Hier, j'ai réécouté la No. 1 dans la foulée, pas plus séduit que cela. David adore ce corpus, peut-être pourrait-il en glissser deux mots s'il avait le temps et l'envie ?

C'est du postromantisme généreux, avec un sens assez épique, mais sans beaucoup d'ombre, juste le meilleur qu'on puisse tirer d'un langage simple et entraînant, avec les grands gestes d'une musique qui a entendu Richard Strauss, mais sans rien de tourmenté ni de réellement surprenant. Je doute que ça intéresse grand monde ici à part toi et moi (je ne le recommanderais clairement pas à Golisande).
Disons, pour situer, que c'est davantage dans l'esprit du Troisième Concerto de Rachmaninov que de la Sixième de Sibelius…

(Merci pour toutes ces recommandations : je n'ai pas écouté du tout la première partie de ta liste de chambre – les compilations – et ça fait très envie ! Ajouté dans la liste.)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyJeu 19 Nov 2020 - 22:19

Mefistofele a écrit:
Bax : son piano ne m'est pas forcément trop familier, mais connais-tu sa symphonie No. 1 au piano ? Sa sonate en mi bémol majeur (non numérotée) en fut le premier jet. C'est fascinant...

Je n'ai pas encore écouté ça, mais à vrai dire je n'ai jamais écouté de Bax pianistique, mais seulement travaillé Embarassed (et, dans le cas de la 3e Sonate, presque joué); or la partition de la Sonate en mi bémol majeur est pour le moins difficile (si ce n'est impossible) à trouver...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyVen 20 Nov 2020 - 0:42

Je suis admiratif !
Et si c'est la partition que tu cherches, voici où la trouver.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyVen 20 Nov 2020 - 0:43

Transféré dans le fil dédié à Robert Simpson


Dernière édition par Golisande le Ven 20 Nov 2020 - 11:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyVen 20 Nov 2020 - 0:50

Mefistofele a écrit:
Je suis admiratif !
Et si c'est la partition que tu cherches, voici où la trouver.

... Encore merci... Very Happy


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyVen 20 Nov 2020 - 9:53

@Mefistofeles
Au moment de la Rubramania du forum, j'avais écouté ses quatuors, j'ai en particulier un très bau souvenir du 2e (par les Maggini, of course)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyDim 22 Nov 2020 - 1:50

Daniel Jones, Symphonie n°2 (BBC Welsh Symphony Orchestra, Bryden Thomson).

Le premier mouvement fait alterner très rapidement une énergie brute faisant penser au Mahler le plus carré (celui de la 6e symphonie, toute idée de proportion mise à part), des passages aux sonorités féeriques incrustés de célesta et zébrés de traits de flûtes, une sorte de choral modal d'un archaïsme stylisé, des épisodes de danse alla Rubbra aux rythmes irréguliers, d'autres d'un lyrisme calme ou mystérieusement poétiques... Le tout donne un peu l'impression d'un patchwork, mais porté par une pulsation sous-jacente immuable et sans aucun relâchement de tension ni d'intérêt. Cette musique me semble d'une grande richesse, et je suis franchement séduit et captivé. Very Happy
(Je relève au passage la parenté du motif unificateur du mouvement avec celui du premier mouvement de la 3e Symphonie de Bax)

Le Lento présente d'abord une suite de phrases entrecoupées, aux bois avec des harmonies archaïsantes (quintes et quartes à vide), puis aux cordes dans un langage chromatique très singulier et prenant, ponctué d'étranges interventions sépulcrales du tuba, enfin aux cuivres graves dans le même chromatisme envoûtant, agrémenté cette fois-ci d'un piccolo plutôt bavard.
Cela s'anime ensuite dans de grandes vagues successives de cordes, interrompues par des épisodes plus statiques (le tout donnant l'impression d'une relative chute d'inspiration par rapport au début du mouvement).
Vers 5:20, après une extinction de tout l'orchestre vers le grave, commence ce qui ressemble d'abord à une espèce de passacaille, mais très vite la tension retombe (la versatilité du propos semble être une règle chez ce compositeur)...
Pour le moment, et contrairement au premier mouvement, la cohésion de celui-ci m'échappe totalement : reste un discours qui me captive presque en permanence, même lorsque je n'en comprends pas le sens (ce qui est un signe plutôt encourageant).

L'Allegro Scherzando débute avec une énergie éruptive, et pousse la dissonance plus loin que les deux mouvements précédents ; c'est là encore foisonnant et contrasté, avec de brefs îlots plus calmes et étales (toujours ce côté féerique souligné par des touches de célesta). Le bref trio lent possède une couleur assez vaughanwilliamsienne, mais des dissonances acides et des sonorités presque triviales viennent sans cesse perturber la "noblesse" du propos (et là il me semble que l'influence de Mahler se fait sentir, mais celle de Nielsen est aussi envisageable).
(J'aime beaucoup les épisodes féeriques avec célesta, mais j'aime aussi qu'ils contrastent avec le reste et ne constituent pas l'essentiel du discours — comme c'est le cas par exemple chez une Ruth Gipps.)

Le mouvement final semble d'un style globalement plus (néo)romantique, mais là encore l'intérêt ne faiblit pas – c'est d'une inventivité assez dingue, il y a toujours quelque chose pour interpeller, réveiller mon ouïe paresseuse...
Très bel épisode calme au milieu du mouvement, évoquant le Bridge tardif, et brièvement un Debussy exalté. La fin très énergique  est moins marquante à mon sens (mais c'est peut-être parce que j'ai dû interrompre mon écoute à cause d'un pénible petit incident stupidement matériel...).


L'enregistrement enchaîne sur la symphonie n°11, qui date de 1983 et semble plutôt moins moderne et inventive — mais il y a eu huit symphonies entre temps, il serait intéressant (comme toujours) d'essayer de comprendre le cheminement qui a pu aboutir à ce langage comme évidé de l'intérieur...
C'est toutefois loin d'être insignifiant (et les mouvements sont très brefs), mais j'ai l'impression d'une extrême économie de geste, comme si le compositeur septuagénaire se limitait désormais au strict nécessaire de ce que son inspiration lui dicte — et qui m'est en grande partie inaccessible (les deux dernières symphonies de Rubbra ont le même effet sur moi, il y a d'ailleurs beaucoup de parenté entre ces œuvres et celle-ci).
Le troisième mouvement Elegiaco est néanmoins très beau (il se pourrait que je finisse par beaucoup l'aimer à la faveur de réécoutes), et produit – comme toute l'œuvre en fait – une impression de plénitude ascétique (j'avais un meilleur qualificatif en tête mais il m'a échappé...).
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Golisande
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyDim 22 Nov 2020 - 2:21

Alun Hoddinott, Syphonie n°6 (même orchestre, même chef).

Autre compositeur gallois (et l'œuvre date de 1984 Razz ), mais très différent : on est ici dans un geste très ample, par grands à-plats de couleurs et de textures (très sibéliusien), et un langage sensiblement plus moderne (même si on ne quitte pas la modalité élargie chère aux Britanniques).

Je suis également très preneur; l'orchestration me semble d'ailleurs encore plus virtuose (surtout par rapport à la 11e de D. Jones), avec beaucoup de sonorités captivantes (en réalité, malgré des tournures harmoniques plutôt consonantes – et même totalement à la fin, l'œuvre s'achevant sur un second renversement de Mi bémol majeur –, on pourrait dire que l'on est ici nettement dans la sphère de la musique "contemporaine", là où le propos de D. Jones – comme celui d'un Rubbra – se rattache encore au premier XXe siècle.)
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Mefistofele
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyDim 22 Nov 2020 - 22:08

Ma foi, voilà qui me donne envie de retenter Jones qui ne m'avait pas vraiment ébloui... Hoddinott, par contre, j'adore ! J'avais retenu les No. 2 et 3 surtout, et 5 et 6.
Enfin, pour finir la sainte trinité galloise, William Mathias ! Populaire pour ses œuvres chorales qui sont, du point de vue d'un béotien, plutôt très intéressantes : son Ave Rex, en particulier, est absolument saisissant, et pourtant les pièces avec chœur ont rarement ma sympathie ! Une courte collection de carols qui sonne comme un mini-Carmina Burana britannique, sans les excès. Il existe sûrement meilleure description pour qui connaît la musique chorale, mais c'est c'est en tout cas l'image que j'en ai du haut de ma faible connaissance. Je préfère même à son This Worlde's Joie tant réputé (dont l'orchestration et la structure méritent tous leurs éloges !).
Sa musique orchestrale est vraiment recommandable, notamment ses trois premières symphonies, avec un très gros coup de cœur pour la No. 3 qui m'évoque Tippett ou le Sacre.

J'essaierai Robet Simpson que je ne connais pas, ma connaissance se limitant aux pièces pour saxophone de Lisa. La même famille ? tongue

Enfin, jeté rapidement pour donner quelques pistes...

Musique anglaise du XXème - Page 7 Front18
Hubert CLIFFORD : Symphonie 1940 ; Edgar BAINTON : Symphonie No. 2 (Vernon Handley dir.)

Bainton, symphonie No.2 (de guerre puisqu'elle date de 1939, et en un seul mouvement, séparé en douze piste pour chaque indication rythmique). Pas à connaître absolument, mais une belle introduction douce et mystérieuse qui débouche sur un passage grandiose assez saisissant (cuivres et harpe en furie). Un beau scherzo avec percussions puissantes et moments guerriers mais rarement inquiets (Maestoso). Le vrai moment à découvrir est le délicieux Allegro vivace suivi de l'Adagio, enchanteur et terriblement baxien (avec de superbes effets que l'on retrouve dans le Lento). Retour aux fanfares guerrières dans le Molto Maestoso. Un langage assez romantique, mais complètement une pièce pour le Golisande qui veut des sucreries et pas que, et du Bax si possible. Laughing
(Je n'ai pas écouté Clifford, je ne pourrais donc rien en dire.)

Musique anglaise du XXème - Page 7 Sympho10
Stanley BATE : Symphonie No. 3 ; Richard ARNELL : Prelude "Black Mountain, Robert Flaherty ; Eric CHISHOLM : Pictures from Dante (Martin Yates dir.)

Autre suggestion, d'un genre complètement différent... Bate, symphonie No. 3. En ce qui me concerne, un chef d'œuvre des symphonies de guerre du XXe. En trois mouvements, qui commence en catiminie pour mieux tromper le chaland ! Stanley utilise un motif cuivré qui innerve toute la partition et dont la première apparition sonne comme l'annonce de l'apocalypse, du moins la fin du monde connu (à 4:28, j'en ai des frissons à chaque écoute !). Les appels à partir de 8:36, avec le motif obstiné des cuivres, la tension qui monte, c'est incroyable. Quelle puissance d'évocation ! L'Andante central est un îlot de calme, peut-être un peu convenu, mais transformant le thème de l'ouverture et de la fanfare ; le contraste avec ce qui a précédé et ce qui vient en font le prix. Et le III, d'une telle urgence !!! Ce Presto initial, on penserait à un passage dramatique de Star Wars intégré à une symphonie. La conclusion est douce, avec une note d'inquiétude... avant le retour du thème qui ouvrait le III, en majeur, l'affirmation de la victoire. J'entends vraiment du John Williams, plus à mon goût ! (J'ai une autre symphonie en tête qui a des couleurs et une urgence similaire, mais je ne me souviens plus par qui, C'est triste, la mémoire qui ne fonctionne pas comme on veut. Sad )
Bref, une symphonie ultra-évocatrice et d'une extrême urgence que je ne me lasse pas d'écouter. Le bruit et la fureur de RVW 4 mais d'une manière qui me parle complètement.

(Les pièces de Chisholm et Arnell qui accompagnent sont FABULEUSES et aussi très cinématographiques. Je gagerais que l'album plairait à Roupoil, peut-être David pour les couleurs Williamesques de la symphonie ?)


Dernière édition par Mefistofele le Lun 23 Nov 2020 - 15:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 7 EmptyLun 23 Nov 2020 - 9:19

L'album avec la Troisième de Bate ne semble pas facilement accessible en streaming (je ne l'ai en tout cas pas vu sur deezer ou spotify, où on trouve par contre la Quatrième du même auteur dans la même collection, oeuvre à laquelle je vais du coup jeter un coup d'oreille même si tu ne l'as pas évoquée). Je me suis rabattu sur ce qu'on trouve sur Youtube, c'est-à-dire un live de Boult mal repiqué à la qualité sonore très discutable. Ca ne va pas forcément attirer beaucoup de monde du coup, mais c'est effectivement une oeuvre qui me parle beaucoup dès la première écoute : belle prégnance mélodique, un très grand élan, comme tu le disais de la musique très premier degré avec un côté cinématographique qui m'accroche toujours (surtout dans les mouvements rapides, comme tu l'as aussi déjà dit). Les premières minutes sont en particulier vraiment excellentes, mais le tout me donne clairement envie d'y revenir dans de meilleures conditions. Bon, c'est bientôt Noël, non ? L'occasion de remplir un peu les souliers de bonne musique oubliée tongue .
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