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 Musique anglaise du XXème

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 30 Nov 2020 - 22:47

Roupoil a écrit:
J'ai tenté les symphonies d'Hans Gal plein d'espoir (même si l'avis de Mefistofele m'avait déjà un peu refroidi) et ... j'ai été amèrement déçu. C'est tellement plat et sans intérêt que je n'ai fait que parcourir les deux dernières. Celles que j'ai écouté en entier sont extrêmement scolaires et appliquées (surtout la première), c'est certes soigné mais il n'y a jamais l'étincelle qui pourrait faire décoller la chose (le scherzo de la première, c'est terrible, malgré une ou deux bonnes idées, on est content que ça ne dure que cinq minutes). J'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre qu'on puisse porter une de ces oeuvres aux nues.
Exactement le souvenir que j'en avais (pas sûr d'être allé jusqu'à la 4, cela dit.)
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Golisande
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 1 Déc 2020 - 1:55

Je viens d'écrire une long post sur la Première Symphonie (1984) de John Kinsella, post apparemment englouti dans le néant (au lieu d'afficher mon message, le site m'a demandé de m'identifier... Confused ).

Mais pas de panique Mr.Red , rien d'extraordinaire (pour moi en tout cas) même si c'est clairement d'une tout autre étoffe que le Bodley évoqué plus haut... On balance entre Brahms/Nielsen et Bartók sans le génie de de ceux-ci, sans trace non plus de « couleur locale » ni (la plupart du temps) du post-impressionnisme coutumier aux compositeurs britanniques — et avec une conclusion rappelant celle de la Première symphonie de Mahler créée 96 ans plus tôt...

Edit : je précise que Kinsella étant irlandais, il n'a normalement rien à faire ici (ça pourrait même presque passer pour de la provocation pale ), mais il se trouve que je ne savais pas où poster – et la playlist n'est théoriquement pas une poubelle...


Dernière édition par Golisande le Mar 1 Déc 2020 - 12:02, édité 2 fois
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Xavier
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 1 Déc 2020 - 2:02

Golisande a écrit:
Je viens d'écrire une long post sur la Première Symphonie (1984) de John Kinsella, post apparemment englouti dans le néant (au lieu d'afficher mon message, le site m'a demandé de m'identifier... Confused ).

Ca fait ça chaque 1er jour du mois.
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Golisande
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 1 Déc 2020 - 2:07

Xavier a écrit:
Ca fait ça chaque 1er jour du mois.

J'essaierai de m'en souvenir dorénavant... Smile Heureusement mon post était loin d'être un chef-d'œuvre (de même que l'œuvre concernée, à mon avis)...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 1 Déc 2020 - 13:32

Mefistofele a écrit:
Oh, tu m'en vois ravi !
Un de mes programmes chambristes favoris au disque découvert cette année, je te rejoins sur le manque de sex-appeal (titre, pochette, concept), alors que la qualité est vraiment au rendez-vous et l'austérité crainte un a-priori balayé par l'écoute.I love you I love you I love you

Oh, moi, Idylles & Bacchanales, ça me vend plutôt du rêve. Surprised
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 1 Déc 2020 - 13:36

De playlist , sur Kinsella et la musique irlandaise :

Mefistofele a écrit:
[...]
DavidLeMarrec a écrit:

Et donc, pour paraître un peu moins philistin :

Kinsella:  Symphony No. 5, "The 1916 Poets":  – Golding, Bill; O'Connor, Gerard; Ireland RTÉ National Symphony Orchestra; Pearce, Colman (Toccata Classics) Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
→ Avec basse et partie déclamée. Très vivant.

N'est-ce pas ? Very Happy

DavidLeMarrec a écrit:
[...]
Citation :
DavidLeMarrec a écrit:

Et donc, pour paraître un peu moins philistin :

Kinsella:  Symphony No. 5, "The 1916 Poets":  – Golding, Bill; O'Connor, Gerard; Ireland RTÉ National Symphony Orchestra; Pearce, Colman (Toccata Classics) Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
→ Avec basse et partie déclamée. Très vivant.

N'est-ce pas ? Very Happy

Absolument, mais de même avec la 10 plus néoclassique (pizz et percus superstars), la dimension sibélienne ne m'a vraiment pas frappé.

Mefistofele a écrit:
En scannant rapidement hier (puisqu'il était inconnu de mes services jusque là), il semblait que Kinsella revendiquait haut et fort l'influence, quand il ne faisait pas de dédicace formelle. À creuser, donc, pour voir si c'est une vue de son esprit ou une tutelle musicale avérée.

Noté pour Romberg, hélas. J'aurais bien fait une coupure "classique", le disque Hungaroton fera peut-être l'affaire à défaut de la crème du compositeur ?

DavidLeMarrec a écrit:
Mefistofele a écrit:
En scannant rapidement hier (puisqu'il était inconnu de mes services jusque là), il semblait que Kinsella revendiquait haut et fort l'influence, quand il ne faisait pas de dédicace formelle. À creuser, donc, pour voir si c'est une vue de son esprit ou une tutelle musicale avérée.

Noté pour Romberg, hélas. J'aurais bien fait une coupure "classique", le disque Hungaroton fera peut-être l'affaire à défaut de la crème du compositeur ?

Il est possible qu'il existe une bande de ce concert, néanmoins. siffle

Le disque Hungaroton n'est pas très excitant (moi j'ai eu le plaisir d'imaginer), essaie plutôt les duos d'Offenbach par Gastinel, ou bien, pour les symphonies, celles chez CPO (Trauer, 2 & 3), qui sont vraiment réussies.

Benedictus a écrit:
Ah, tiens, Kinsella, je croyais qu'elle faisait juste de la chick lit, je ne connaissais pas ses symphonies.

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus, check out the hot chicks (-lit) from your region :

Musique anglaise du XXème - Page 9 TOCC0242

DavidLeMarrec a écrit:
Mefistofele a écrit:
En scannant rapidement hier (puisqu'il était inconnu de mes services jusque là), il semblait que Kinsella revendiquait haut et fort l'influence, quand il ne faisait pas de dédicace formelle. À creuser, donc, pour voir si c'est une vue de son esprit ou une tutelle musicale avérée.

Les cordes dans le suraigu du largo de la 10, j'entends davantage Cavalleria rusticana que Sibelius 6 – mais j'aime beaucoup en fait, rare qu'une symphonie avec ce type de dominante m'intéresse. Vrai caractère, très beaux mouvements mélodiques ni sirupeux ni cabossés.

Golisande a écrit:
Est-ce que cet échange n'aurait pas plutôt sa place dans un sujet dédié (par exemple le sujet général – qu'il faudrait du coup rebaptiser « Musique britannique du XXe »...) Question

Iskender a écrit:
Pour le report dans le fil dédié, comme tu as fait tout le boulot de citation des posts Smile, sans être administrateur on se permet tous de le faire lorsqu'une discussion en Playlist devient approfondie.

Pour britannique je m'inscris en faut tutut : Kinsella est irlandais, pas nord-irlandais donc non citoyen britannique. Wink Non mais.  Smile


Golisande a écrit:
Je pensais "britannique" au sens géographique et non politique : l'Irlande est bien la deuxième plus grande île britannique ! Wink
Pour éviter toute confusion, il faudrait peut-être rebaptiser le fil « Musique des îles britanniques du XXe » Mr. Green , mais ça devient un chouïa emberlificoté... Et compte tenu de la minceur du corpus, ouvrir un sujet sur la musique (savante) irlandaise serait peut-être un peu exagéré...
Je trouve néanmoins dommage de balancer une discussion (même courte) sur un compositeur / une œuvre dans "playlist", mais j'ai quelques scrupules à la déplacer dans un fil sur la musique anglaise (et je ne suis pas sûr que M. Kinsella apprécierait silent ) — même si j'ai moi-même commis cet impair en toute conscience...

Golisande a écrit:
Ah zut, je viens d'apprendre que le terme "îles Britanniques" n'était pas reconnu en Irlande, où prévaut apparemment celui d'"îles Anglo-Celtes" (ce qui est un peu n'importe quoi, d'ailleurs)... Ça devient bien compliqué ces histoires... Mad
[/quote]
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMer 2 Déc 2020 - 1:01

Cyril Scott : Symphonie n°3 "The Muses", BBC Philharmonic, M. Brabbins.

Voici en revanche du post-romantico-impressionnisme aux accents parfois décadents / vénéneux (presque scriabiniens par moments), parfois cinématographique (les Planètes de Holst ne sont pas loin), payant son tribut à pratiquement toute la musique du premier tiers du XXe excepté la plus radicale — en particulier au Ravel de Daphnis (beaucoup, et pas seulement à cause de la machine à vent) et aux décadents luxuriants (Schreker, J.Marx)...
L'"anglicité" spécifique n'intervient que lors de rares passages modaux vaguement archaïsants, mais en général on est bien loin de Vaughan-Williams ou Bax... Néanmoins j'aime énormément — d'autant que cela me change agréablement de l'univers un peu rétréci de mes dernières découvertes...

Le deuxième mouvement m'enchante moins à première écoute : le langage reste le même, mais le caractère enjoué de cet espèce de scherzo ne permet pas aux sortilèges sonores de s'épanouir aussi pleinement (malgré l'abondance des glissandi de harpe)... Reste un foisonnement assez difficile à embrasser d'emblée.

Le troisième mouvement commence très mystérieusement, et pour le coup dans une couleur très anglaise – proches à la fois de RVW et Rubbra dans leur veine la plus murmurante –, jusqu'à ce qu'à 2:01 précisément intervienne une version richement harmonisée de la mélodie exposée au début par la harpe à nu — réintroduisant l'hédonisme ruisselant du premier mouvement, très « musique de films » (sans aucune nuance péjorative, car je suis extrêmement réceptif).
L'intervention de la gamme par tons à 5:43 évoque inévitablement Debussy, puis après une brève (et étrange) arabesque des bois en forme de V et en accords de quarte, tout s'éteint sur une descente chromatique dans le grave...

La "bacchanale" finale, avec son chœur sans paroles, ne peut évidemment pas ne pas évoquer Daphnis — l'hommage est plus qu'évident, même si l'on peut y entendre beaucoup d'autres choses (de Schreker à Falla, mais aussi brièvement Bax, et Holst évidemment). Ça n'a rien de très personnel (à première écoute du moins), mais c'est extrêmement bien foutu et totalement hédoniste, et – par voie de conséquence – très agréable à écouter. Very Happy
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMer 2 Déc 2020 - 2:03

A. Hoddinott : Symphonie n°2 (1962), LSO, N. Del Mar.

Un monde on ne peut plus différent : orchestre relativement réduit, lyrisme sombre et sobre, univers harmonique que l'on peut clairement qualifier d'atonal, dramatisme assez brut (sans concessions à la séduction sonore), discours même carrément minimaliste par moments... C'est assez captivant, le genre de musique dont je ne suis pas le cœur de cible mais à laquelle j'éprouverai probablement l'envie de revenir.

L'allegro molto confirme l'atonalité de l'œuvre – dans un babillage plus anodin, mais évoluant vers un climax assez éloquent.

Le molto adagio reste plutôt "à l'os", avec cependant de nombreuses touches de couleur et effets de spatialisation — avant un long crescendo aboutissant à un (tout aussi long) épisode avec cordes à l'unisson ponctué de fanfares, précédent un nouveau crescendo apocalyptique sur un martèlement de trois notes/accords identiques (à mon sens beaucoup moins fascinant et efficace que dans la 6e de RVW)...
La séquence suivante (peut-être censément angoissante) concerne essentiellement les cordes grave pizzicato, mais j'y trouve pour ma part assez peu d'intérêt; en revanche le vibraphone me parle beaucoup (en partie à cause de Lulu), ainsi que l'énigmatique conclusion des cordes...

Le mouvement final me laisse en général assez froid : débarrassé de toute séduction harmonique, il ne reste plus que les timbres – et en particulier celui du vibraphone, qui produit sur moi un effet presque magique...
Sinon, j'écoute sans déplaisir – il y a toujours quelque chose à quoi s'accrocher – mais sans emballement notoire (jusqu'à la conclusion tonitruante, curieusement en ré majeur... scratch )
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyJeu 3 Déc 2020 - 1:16

Daniel Jones, Symphonie n°4 (1954) (In memory of Dylan Thomas) ; Royal Philharmonic Orchestra, C. Groves.

Ça commence comme un mix de l'intro de la 7e de Mahler avec la 7e porte du Château de Barbe-bleue — et ça tient plutôt bien ses promesses... Le discours est tourmenté, assez chaotique tout restant homogène ; le langage est assez proche du premier Rubbra, avec un usage systématique des modes à transposition limitée flirtant avec l'atonalité tout en conservant constamment des "pôles" perceptibles ; l'importance des cuivres graves et un petit côté épique peuvent faire penser par moments à un Bax torturé et comme ramassé sur lui-même.
Je trouve les enchaînements harmoniques de la fin du premier mouvement assez envoûtants — par ailleurs ce mouvement se conclut de façon très romantique, dans un la bémol majeur plutôt inattendu.

Le Scherzo qui suit est traditionnel dans sa texture et son discours, tout en s'inscrivant dans le même univers harmonique aux frontière de la modalité et de l'atonalité, avec quelques scintillements boisés et/ou irisés proches des scherzi des symphonies de Rubbra ; une (très mahlérienne) suspension soudaine sur trémolo de violons introduit un trio plutôt sombre et mystérieux – donnant la parole aux cor anglais, clarinette et cor solo sur fond de trémolos (belles trouvailles harmoniques dans ce passage), suivis d'un étrange contrepoint polyrythmique des cordes puis d'une explosion d'intensité passionnée, avant le retour des trémolos – avec cette fois-ci le basson en vedette... Reprise abrégée du scherzo, bref épisode étrangement suspendu précédant une conclusion affirmative.

L'Adagio final semble d'abord vouloir payer son tribut à Mahler et Bruckner, mais le propos est pour le moins discontinu — avec une sorte de second scherzo plus lourd faisant irruption dès 2:18, et constituant de fait la substance principale du mouvement ; c'est la première fois qu'un certain manque de structure (qui m'avait frappé dans la 2° symphonie) se fait aussi nettement sentir dans cette œuvre...
... Et pas de réel retour de l'adagio avant une coda raréfiée, n'apportant aucune sensation de détente.

Dans l'ensemble, cette symphonie me paraît assez déséquilibrée dans la mesure où elle se conclut (pour ainsi dire) par deux "scherzos" successif, le second avec introduction lente : la grande structure m'en est assez incompréhensible à première écoute — et cependant les deux premiers mouvements m'ont paru bien moins rhapsodiques et plus cohérents que la 2° symphonie (cf. plus haut), et m'ont même nettement enthousiasmé...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyJeu 10 Déc 2020 - 0:15

Je poursuis mon exploration des symphonies de Daniel Jones (celles que j'ai pu trouver n'étant disponibles que dans une seule version, bien entendu sous le label Lyrita), avec la 6e symphonie de 1964 (la 5 est introuvable, tout comme la 3) par les mêmes interprètes que la 4e (cf. ci-dessus).

Ça commence par une sorte de grand "portail" hiératique du tutti à l'unisson, suivi de trois séquences descendantes d'une sorte de choral lugubre entonné par trois familles différentes de vents, sur une longue pédale de ré grave.
Ça devient plus intéressant ensuite — avec une ambiance étrange et désolée qui m'évoque (là encore) un mélange de Mahler et du premier Bartók, ainsi que Rubbra en raison du langage harmonique dominé par les modes à transposition limitée (la différence étant que l'atmosphère est ici nettement funèbre, puis angoissée et haletante à partir de l'Agitato (4'30'') – qui me passionne moins, même si aucune baisse de tension notable ne se fait sentir mais on patauge ici dans un bagout mi-XXe assez standard : ça ressemble à tellement de trucs qu'il serait vain de tenter de les énumérer).

Le deuxième mouvement débute par un nouvel exemplaire de choral lugubre aux vents – dans une harmonisation tourmentée ménageant quelques touches de couleur originales et assez prenantes –, qui s'exalte assez rapidement avant de redescendre dans les catacombes, d'où émerge une vaste mélopée à deux voix (sans grand intérêt à mon sens) des violoncelles et violons — puis le mouvement s'anime sans que rien de vraiment notable ne se produise...
La séquence suivante (de nouveau lente) est bien plus intéressante, avec ses cordes divisées produisant un singulier effet d'espace (j'ai cru un instant entendre un chœur), dans des harmonies assez envoûtantes — puis un épisode à l'atmosphère raréfiée - vents et pizzicati de cordes, clarinette et clarinette basse sur roulement de timbale, enfin une plongée dans les profondeurs -, avant (hélas) un retour au babillage relativement banal (malgré quelques sonorités intéressantes, et jamais de réel ennui) du Con brio qui conclut le mouvement de façon assez péremptoire.
Je ne sais si c'est ma prédilection personnelle pour les demi-teintes, ou un trait spécifique à ce compositeur, mais j'ai tendance à trouver les parties lentes bien plus captivantes que les sections rapides.

... Ce qui ne se vérifie pas totalement avec le mouvement final — globalement animé mais recelant quelques moments enchanteurs (notamment les interventions récurrentes du célesta, mais c'est un peu mon vice perso avec le vibraphone drunken )... Néanmoins, l'impression générale est celle d'une cavalcade un peu desséchée et vaine.

À ce stade, je ne dirais pas que ce compositeur m'est totalement indifférent : malgré de longues séquences assez banales, j'entrevois un univers personnel assez attachant et singulier (mais je suis bien loin d'imaginer la possibilité d'un nouveau Bax / Rubbra)...


Dernière édition par Golisande le Jeu 10 Déc 2020 - 9:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyJeu 10 Déc 2020 - 1:24

Je réécoute la 2e symphonie d'Edgar Bainton, ce qui me permet de ce pas céder à la tentation de raquer verser de l'argent pour écouter la 3e (et, a fortiori, d'autres œuvres de ce compositeur) : c'est vraiment très plaisant, mais j'ai aussi l'impression d'écouter une musique impersonnelle – l'équivalent musical et britannique d'un vieux film hollywoodien «lambda» en Technicolor (je me demande d'ailleurs, pour la première fois et non sans angoisse, si la musique symphonique anglaise de cette période n'était pas une tentative à moitié consciente de réponse du "vieux monde" à l'émergence de l'art-entertainment américain)...
Quoi qu'il en soit, rien qui approche de la singularité d'un Bax ou d'un Rubbra là encore...

(Edit : en relisant mon premier commentaire sur cette œuvre, je suis surpris non pas tant par mon enthousiasme - je n'avais pas écouté ce genre de musique depuis longtemps, et c'est clairement ma came - que par l'insistance sur Debussy "profondément compris et assimilé"... Shocked Du coup je réécoute le début : effectivement, c'est plutôt beau et il y a beaucoup de Pelléas/Nuages dedans, et même un peu de Debussy plus tardif, mais cette influence était courante dans la musique anglaise de presque tout le XXe siècle — et par ailleurs ça se gâte à l'approche de la section rapide... Par la suite, beaucoup de très jolis passages évoquent Debussy, mais plutôt superficiellement : donc "profondément assimilé" peut-être pas, en revanche Bainton aimait manifestement beaucoup Cloclo — et avait par ailleurs un métier assez fabuleux... D'ailleurs, à la réécoute c'est peut-être à un Florent Schmitt anglais que cette musique me fait le plus penser...)

En comparaison, la 2e Symphonie de Boughton ressemble au jeune Bax entiché de légendes celtiques - celui de In the Faëry Hills -, voire au Bridge de Isabella – deux œuvres que j'adule secrètement tout en ayant parfaitement conscience de leurs faiblesses : autrement dit, j'aime beaucoup cette œuvre, bien plus que celle de Bainton – et, comme ça tombe bien rabbit ! il se trouve que j'ai déjà sous la main la troisième symphonie de Boughton, dans deux versions qui plus est – œuvre qui ne m'avait guère emballé à première écoute, mais comme je crois davantage au repli de l'inspiration des compositeurs vers des contrées plus intimes qu'à l'assèchement de leur monde intérieur, je compte bien accorder une seconde chance à cette Symphony No.3 in B minor... [à suivre, quel que soit le nombre de (demi-)lecteurs...]


Dernière édition par Golisande le Jeu 10 Déc 2020 - 20:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyJeu 10 Déc 2020 - 10:59

Tu peux me compter parmi tes lecteurs entiers.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyJeu 10 Déc 2020 - 11:10

Tu m'en vois flatté ! (Je précise tout de même que je viens juste d'ajouter un petit pavé à mon commentaire sur Bainton, que je suis en train de finir de réécouter...)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptySam 12 Déc 2020 - 1:16

Eh bien à force d'en avoir envie, il se pourrait bien que je finisse par apprécier réellement cette 3e symphonie de R. Boughton...
C'est effectivement bien plus corseté que la 2, et à la frontière (ténue) entre néoclassicisme soft et conservatisme hard; mais au sein de ce discours très discipliné émergent quelques moments de grâce, or ce sont généralement ces moments-là qui incitent à explorer plus profondément une œuvre — et comme je le pressentais, celle-ci se bonifie écoute après écoute : ce qui me paraissait banal, ou même m'agaçait, me semble parfois n'exister que pour mettre en valeur ce qui me séduit le plus... Ce n'est qu'une étape, bien sûr, mais elle est plutôt encourageante.

L'Adagio en particulier, qui m'avait paru très anodin et gentillet à première (et deuxième) écoute, recèle – un peu à la façon de certains mouvements lents de Bruckner – une sorte de flux souterrain d'émotion assez obsédant, émaillé de moments de quasi-silence originaux et inspirés... Le problème viendrait plutôt des tutti cuivrés, qui pour le coup semblent plaqués, uniquement "pour la galerie"...
Sans me toucher autant que celle de la Nachtmusik II de la Septième de Mahler, la coda est un moment assez magique...
Je ne cherche pas à nier le conservatisme de cette musique (à ce stade on peut même parler de réaction), mais il me semble qu'il vaut la peine de passer outre... (Et je me rends compte qu'il est au moins aussi difficile d'aimer - c'est-à-dire d'accéder à - ce genre de musique qu('à) celle des compositeurs les plus avant-gardistes...)

Cela dit, je reste toujours à l'écart du troisième mouvement Allegro giocoso (le giocoso étant d'ailleurs peu évident), auquel je reconnais cependant une prégnance mélodique remarquable — le genre de musique susceptible de hanter les nuits d'insomnie alors qu'on ne l'a écouté qu'une fois... Neutral  

Le final me parle essentiellement par sa longue coda lyrique mahléro-(van)gilsienne — même s'il semble s'agir davantage d'un passage obligé (issu d'une tradition quasi séculaire) que d'une nécessité musicale intrinsèque...

En conclusion de cette (multi-)réécoute : c'est surtout l'Adagio qui me semble nettement au-delà de l'anecdotique (le reste m'échappe toujours un peu, et je ne vais pas non plus passer mon temps à réécouter cette œuvre Mr.Red )...
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fgero
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptySam 12 Déc 2020 - 8:21

J'ai récemment découvert avec admiration le poème symphonique Lamia de Dorothy Howell (1898-1982(!)) : un quart d'heure seulement, mais au cours duquel on est porté par un discours musical très changeant, c'est passionnant de bout en bout. Brillant même, en tout cas pour moi.

Version Gamba
Musique anglaise du XXème - Page 9 OdydJTL


A contrario de pas mal de musique anglaise un peu trop "paysagère" (pour ne pas dire décorative) que j'ai pu écouter, même si ce n'est pas une généralité (ce fil étant là pour le montrer).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptySam 12 Déc 2020 - 14:50

Merci, j'irai écouter spécifiquement ceci !
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Iskender
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptySam 12 Déc 2020 - 22:33

Mefistofele a écrit:
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Viola Sonatas, Idylls & Bacchanals : McEwen, Maconchy, Bax, Jacobs, Rawsthorne, Milford, Leighton (Williams/Norris)

Le meilleur pour la fin (selon moi, mais je cerne mal ton goût en musique de chambre, donc...). J'ai adoré de la première à la dernière note. Collection de rares sonates pour alto, qui vont du pastoralisme ensoleillé (McEwen) à la noirceur (Maconchy), en passant par les délicatesses de Milford et les sortilèges ambigus de Rawsthorne. La collection pourrait plaire à Iskender ?

Je suis en train d'écouter ce disque. Cette sonate de Bax me résiste depuis longtemps. Mais je découvre celle de McEwen, c'est une pure merveille ! Je  poursuis la découverte de ce double album avec la sonate de Maconchy, magnifique également, peut-être plus profonde dans son style beaucoup moins "brito-pastoral" . Very Happy

Mefistofele a écrit:
Pour les amateurs de quatuor pour piano dont je suis

mains Une formation que j'adore pour son équilibre, sa richesse et son répertoire. J'avais créé le sujet Les plus beaux quatuors avec piano, n'hésite pas à l'alimenter si tu as d'autres pistes que le répertoire britannique évoqué ici. Wink
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyDim 13 Déc 2020 - 21:24

Roupoil a écrit:
L'album avec la Troisième de Bate ne semble pas facilement accessible en streaming (je ne l'ai en tout cas pas vu sur deezer ou spotify, où on trouve par contre la Quatrième du même auteur dans la même collection, oeuvre à laquelle je vais du coup jeter un coup d'oreille même si tu ne l'as pas évoquée). Je me suis rabattu sur ce qu'on trouve sur Youtube, c'est-à-dire un live de Boult mal repiqué à la qualité sonore très discutable.

Si, si, la version Martin Yates chez Dutton est bien sur le Tube.  Smile  Wink

Du coup après vous avoir vous avoir lus je découvre cette symphonie de Stanley Bate, compositeur dont j'avais vanté l'immense qualité du concerto pour alto sur le topic dédié à l'instrument ,et qui est autrement plus séduisant que celui de Rubbra et d'un autre niveau que celui de Bowen, pour ne citer qu'eux.
Bref revenons-en à cette symphonie qui est en effet à connaître. Le 1er mouvement est d'une approche moins aisée que les deux suivants quant à la structure, tout en étant vraiment marquant, aussi je suis directement retourné l'écouter deux fois de suite dès après la première écoute de la symphonie et ai été de plus en plus séduit.  Very Happy
J'entends planer ici l'ombre de Chostakovitch, mais pas de façon évidente comme chez un Weinberg. C'est plus subtil, ça se mêle à l'ADN britannique de la symphonie et cela tient à l'aspect symphonie de guerre, et surtout aux textures de cordes dans les 1er et 2è mouvements.
Pour l'aspect plus spectaculaire, il y a comme dit Mefistofele du Williams dans l'épilogue, mais c'est plutôt à Rózsa que j'ai pensé à un moment dans le 1er mouvement.
Le 3è mouvement est incroyablement bien fichu. Au moment où on craint la redondance Bate amène le nouvel élément qu'il faut pour aller "encore plus loin".

Mefistofele a écrit:
Je me suis endormi sur Alwyn 1 et 4
Roupoil a écrit:
Alwyn, j'avais écouté ses symphonies il y a quelque temps, ce n'est en effet pas très marquant.

Crying or Very sad Alwyn, j'ai longtemps été de l'avis de David en considérant que c'était vers sa musique de chambre qu'il fallait se tourner, et finalement je suis devenu assez fan de sa 3è symphonie. La 4è j'avais en effet aimé la découverte pour ensuite rester sur ma faim. Mais la 3è, il n'y a peut-être pas là la matière d'un Bax ou RVW à creuser, mais je prends un réel plaisir à écouter ça.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 14 Déc 2020 - 2:21

J'écoute cette 3e symphonie de Stanley Bate, qui n'a reçu ici que des éloges. J'aime beaucoup, mais pas en raison d'une urgence particulière ni de ce qui en ferait une "symphonie de guerre" (d'ailleurs ce concept m'a toujours rendu assez perplexe, tant composer des symphonies me semble être un des comportements les moins guerriers qu'on puisse imaginer - à moins que ce travail de composition ne se fasse dans des circonstances vraiment particulières et directement liées à la guerre, ce qui ne me semble pas avoir été le cas ici pour Bate)...

1er mouvement : L'influence de Chostakovitch est en effet souvent présente, surtout dans le côté minimaliste et "osseux" de l'harmonie et de l'orchestration (souvent réduite à deux ou trois parties distinctes), mais à vrai dire ce n'est ni ce qui me frappe le plus, ni ce qui retient le plus mon attention – et j'y entends davantage une influence décantée du Mahler de la maturité, donc à vrai dire quelque chose de plus introspectif que guerrier (comme chez Chosta d'ailleurs, à mon avis)...
En revanche, sans surprise de ma part, les aspects plus spécifiquement britanniques, mais en réalité debussystes (comme tout l'épisode qui précède et englobe la première apparition du motif cuivré dont parle Mefistofele deux pages plus haut, soit à partir de 3'32), me parlent particulièrement, ainsi que le caractère très cinématographique de certaines séquences (à partir de 6') contrastant avec d'autres murmurantes à la limite du silence (section suivante, à partir de 6'45''), et bien sûr pas mal de véhémence et de drame – mais avec toujours un arrière-fond lyrique et généreux, ce qui l'éloigne à mon sens très nettement d'un Chosta (et plus encore de la 4e de Vaughan Williams : j'entends pas mal de RVW ici, mais justement pas celle symphonie-là)...

L'Andante commence dans la nudité d'une flûte solo, puis d'un contrepoint à deux voix avec basson, puis à trois avec clarinette... On est loin d'une quelconque sensualité des timbres et de l'harmonie, et encore plus d'une musique anglaise sirupeuse; à partir de 1'40'' commence une mélopée des violons sur accompagnement pointé des cuivres graves en accords de quarte (harmonies pouvant faire penser ponctuellement à du jazz des années 60), puis les cuivres prennent le dessus dans une ambiance vaguement péplumesque, mais sans aucun lyrisme... D'ailleurs un certain minimalisme reprend vite le dessus — mais c'est précisément à ce moment (3'24'') qu'e le lyrisme revient (mélopée de flûte puis de violons sur battements pointés des cordes)... La fin du mouvement est globalement plus "ronde" et expressive que ce qui précède, et aussi plus spécifiquement britannique – avec des fanfares péplumesques, mais aussi d'étranges échappées insaisissables dignes du meilleur RVW (5'20'' à 5'50''), suivies d'une conclusion suspensive franchement archaïsante (on pourrait sans problème être au XVIIIe siècle).

Le Presto m'intéresse sensiblement moins : j'ai peine à lui trouver un trait distinctif au milieu de la masse énorme de musique orchestrale rapide, rythmique et (un peu) brutale que cette période a sécrétée — cette musique-ci étant par ailleurs extrêmement tonale/modale, avec même assez peu de dissonance et de frottements...
Les passages Adagio restent dans la même tension harmonique "soft", à mon sens assez peu expressive. La fin quant à elle ressemble effectivement (de façon assez évidente) à l'ouverture du thème principal de Star Wars, ce qui n'ajoute rien à l'intérêt intrinsèque de l'œuvre.

En conclusion, j'aime beaucoup les deux premiers mouvements, mais (conformément à une loi souvent très respectée depuis le XVIIIe) le final tire plutôt l'ensemble vers le bas... (Heureusement, il existe beaucoup d'œuvres que je parviens à aimer malgré ce défaut...)


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 14 Déc 2020 - 2:48

Dorothy Howell, Lamia : l'orchestration (très fine) et certaines tournures harmoniques gardent plus qu'une trace de l'impressionnisme, et plus spécifiquement du Debussy tardif, néanmoins le langage est globalement plutôt postromantique – et la substance assez maigre, même si le fait que cette œuvre ait été écrit à (à peine) vingt ans force l'admiration : il vaudrait la peine d'écouter ce que D. Howell a composé plus tardivement (on peut apparemment entendre quelques trucs sur YT, mais aucun disque apparemment... Neutral )...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyDim 20 Déc 2020 - 23:24

Iskender a écrit:
Mefistofele a écrit:
Musique anglaise du XXème - Page 9 Willia10
Viola Sonatas, Idylls & Bacchanals : McEwen, Maconchy, Bax, Jacobs, Rawsthorne, Milford, Leighton (Williams/Norris)

Je suis en train d'écouter ce disque. Cette sonate de Bax me résiste depuis longtemps. Mais je découvre celle de McEwen, c'est une pure merveille ! Je  poursuis la découverte de ce double album avec la sonate de Maconchy, magnifique également, peut-être plus profonde dans son style beaucoup moins "brito-pastoral" . Very Happy

Je suis ravi de lire que ce disque remporte un tel succès ! Oui, McEwen et Maconchy sont particulièrement enthousiasmants, mais tout le récital m'a plu.

Citation :
Mefistofele a écrit:
Pour les amateurs de quatuor pour piano dont je suis

mains Une formation que j'adore pour son équilibre, sa richesse et son répertoire. J'avais créé le sujet Les plus beaux quatuors avec piano, n'hésite pas à l'alimenter si tu as d'autres pistes que le répertoire britannique évoqué ici. Wink

Je vais me fort de l'enrichir, dans ce cas. Je risque de répéter des choses vues chez David, mais j'ai aussi quelques "inédits" par devers moi. Very Happy

Iskender a écrit:

Du coup après vous avoir vous avoir lus je découvre cette symphonie de Stanley Bate, compositeur dont j'avais vanté l'immense qualité du concerto pour alto sur le topic dédié à l'instrument ,et qui est autrement plus séduisant que celui de Rubbra et d'un autre niveau que celui de Bowen, pour ne citer qu'eux.

Ah oui, ce concerto est vraiment excellent. Il m'a fallu y revenir plusieurs fois car il n'a pas opéré la magie immédiate de la symphonie No. 3, mais j'ai bien senti qu'il avait quelque chose. Aujourd'hui il est en bonne place dans mes concertos britanniques favoris.

Iskender a écrit:
Bref revenons-en à cette symphonie qui est en effet à connaître. [...]
Pour l'aspect plus spectaculaire, il y a comme dit Mefistofele du Williams dans l'épilogue, mais c'est plutôt à Rózsa que j'ai pensé à un moment dans le 1er mouvement.

Là encore, ravi de lire que cela a plu. Par contre, je ne connais pas du tout Rósza. Des recommandations ?

Mefistofele a écrit:

Crying or Very sad Alwyn, j'ai longtemps été de l'avis de David en considérant que c'était vers sa musique de chambre qu'il fallait se tourner, et finalement je suis devenu assez fan de sa 3è symphonie. La 4è j'avais en effet aimé la découverte pour ensuite rester sur ma faim. Mais la 3è, il n'y a peut-être pas là la matière d'un Bax ou RVW à creuser, mais je prends un réel plaisir à écouter ça.

Je note donc la No. 3 à tester. De bien belles choses en musique de chambre (sonates pour violon et hautbois, notamment), mais comme je connais à peine sa musique orchestrale, voilà donc un numéro à essayer.

Golisande a écrit:
Dorothy Howell, Lamia : l'orchestration (très fine) et certaines tournures harmoniques gardent plus qu'une trace de l'impressionnisme, et plus spécifiquement du Debussy tardif, néanmoins le langage est globalement plutôt postromantique – et la substance assez maigre, même si le fait que cette œuvre ait été écrit à (à peine) vingt ans force l'admiration : il vaudrait la peine d'écouter ce que D. Howell a composé plus tardivement (on peut apparemment entendre quelques trucs sur YT, mais aucun disque apparemment... Neutral )...

Personnellement, j'ai entendu beaucoup de Dukas...
Et comme dit plus haut, pas de pastoralisme, en effet, mais bien une narration sur un poème de Keats. À écouter au moins une fois ?

De Howell, il existe au disque 2 versions de Lamia (dont une chez Cameo Classics rééditée par Lyrita, dirigée par Marius Stravinsky, meilleure que la version Chandos à mon avis), mais qui ne rend pas la chose spécialement bouleversante non plus. C'est beau et bien fait, mérite l'écoute, mais n'est pas impérissable. Ce qu'elle aura commis de meilleur, dit la critique.
Deux versions de son concerto pour piano (chez Hyperion par Driver/Miller et Lyrita par Seferinova/Purser), et un disque de musique de chambre chez Dutton Epoch (la seule chose que je n'aie jamais entendue) complètent une discographie étique.
Le concerto n'est pas vilain, assez court (moins de 20 min.), avec des gestes qui rappellent Tchaikovsky et Grieg, mais le matériau n'est pas très mémorable, et il n'y a pas de morceau de bravoure ou de mélodies qui prenne aux tripes. Le début, assez prometteur, ne laisse pas présager du ton généralement apaisé de l'œuvre. On retrouve un peu d'énergie (très, très, très tchaikovskiennes) dans le dernier tiers, mais tout reste quand même très romantico-cliché. Toutefois, si l'on aime les modèles, ce serait dommage de bouder son plaisir. Avantage à la version Hyperion, meilleur son et un brin plus d'énergie.


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyDim 20 Déc 2020 - 23:30

Golisande a écrit:
Je poursuis mon exploration des symphonies de Daniel Jones (celles que j'ai pu trouver n'étant disponibles que dans une seule version, bien entendu sous le label Lyrita), avec la 6e symphonie de 1964 (la 5 est introuvable, tout comme la 3) par les mêmes interprètes que la 4e (cf. ci-dessus).

En fait, Jones a composé 13 symphonies et elles sont toutes trouvables, mais pas au disque ! Il existe des captations radio ou de concert pas spécialement officielles qui datent (et ça s'entend...).
J'ai donc écouté tout cela, et en fait, seule la No. 4 m'a convaincu. Quelle chance donc que Golisande en ait fait une critique aussi détaillée ! Je reproche à Jones un manque de personnalité musicale. Les symphonies sont bien faites mais n'ont pas de patte qui les distingue (même si l'évolution du langage est nette entre les premières et les dernières). Je continue à préférer (voire adorer) Mathias et Hoddinott chez les Gallois...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 0:05

Golisande a écrit:
J'écoute cette 3e symphonie de Stanley Bate, qui n'a reçu ici que des éloges. J'aime beaucoup, mais pas en raison d'une urgence particulière ni de ce qui en ferait une "symphonie de guerre" (d'ailleurs ce concept m'a toujours rendu assez perplexe, tant composer des symphonies me semble être un des comportements les moins guerriers qu'on puisse imaginer - à moins que ce travail de composition ne se fasse dans des circonstances vraiment particulières et directement liées à la guerre, ce qui ne me semble pas avoir été le cas ici pour Bate)...

Ah oui, j'oubliais, symphonies de guerre... Composée en 1940, il y a un contexte historique. Ensuite, l'œuvre est tourmentée et véhémente. Bien que dénuée de programme, elle semble épouser l'atmosphère de l'époque, pleine de bruit et de fureur...
Sans pouvoir donner d'avis éclairé, symphonie de guerre implique pour moi une qualité intrinsèque de la musique (inspirée par l'expérience de la guerre, directe ou ressentie), voire un programme, et des années de composition. Nous avons les exemples des symphonies de Shosta, ou bien, celle de Benjamin que j'ai évoquée plus haut (et dont je ne saurais suffisamment enjoindre les amateurs à l'essayer). Benjamin disait d'ailleurs de sa symphonie, complétée en 1945, que son but avoué était de "refléter les émotions — les angoisses et les espoirs — de l'époque dans laquelle je vis."
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 0:36

J'avais bien compris; mais le fait d'appliquer l'épithète « de guerre » à une œuvre instrumentale (symphonie ou sonate principalement, jamais entendu parler de « quatuor de guerre » par exemple) simplement parce qu'elle fut créée entre 1939 et 1945 m'a toujours semblé un peu systématique et réducteur — plus encore s'il s'agit d'œuvres nées en Grande-Bretagne, a fortiori en Amérique ou en Australie (pour Chostakovitch cela se comprend déjà mieux) —, comme si un tel contexte historique marquait indifféremment de son sceau toutes ces créations au point de les reléguer dans une catégorie à part, indépendamment des conditions individuelles (le plus souvent peu guerrières, voire carrément pépères) dans lesquelles elles ont vu le jour.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 1:12

Je n'irais pas appliquer l'épithète à toute œuvre composée durant la période 1939-1945 car il y a bien une question d'esthétique. Typiquement, la Festmusik zur Feier des 2600jährigen Bestehens des Kaiserreichs Japan für großes Orchester de Strauss, c'est de la commande pompière et obséquieuse... La symphonie de Pizzetti (1940), autre commande pour le même événement, évoquerait plus l'esthétique de la guerre. Du moins, on y retrouve des angoisses liées... à la première guerre. J'en avais parlé ici.

Benjamin a mis sa symphonie sous les auspices de l'époque, Arnell a écrit sa No. 3 en exil à New York (et avait perdu sa mère dans le Blitz), il peut exister des paramètres personnels qui entrent en jeu (et il y a le cas RVW : la No. 4 date de 1935, et c'est la très douce No. 5 qui date de 1943, je ne sais quoi en conclure).

Tu poses le doigt sur une question intéressante : pourquoi parler uniquement de symphonies de guerre, pas de quatuors de guerre ? Le No. 6 de Bartók, avec ses 4 mouvements marqués mesto, par exemple, fait certainement écho aux circonstances historiques et personnelles (décès de sa mère)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 10:39

C'est ça : on peut évidemment parler d'une œuvre - voire d'un groupe d'œuvres - musicale(s) comme étant de guerre en raison de telle(s) circonstance(s) liée à la fois à la guerre et à leur composition, et dont il reste une empreinte audible (à ce titre on peut d'ailleurs le dire de Metamorphosen de Strauss, quels que soient le point de vue et le parti pris du compositeur...).

Ce qui me gêne, c'est qu'on en fasse une sorte de catégorie objective, presque de dossier, sous lequel on pourrait subsumer toutes les œuvres de cette période offrant un discours un peu sombre ou agité – bien au-delà de celles (sonates 6-7-8 de Prokofiev, symphonies 7 et 8 de Chosta pour ne parler que des plus connues) dont l'expression est explicitement liée à la guerre.

D'autre part, pour en revenir à nos amis brexiteurs et à leur saloperie de virus mutant, je n'ai pas écouté la symphonie de Benjamin, mais celle de Bate m'a semblé rien moins que guerrière...


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 11:07

Mefistofele a écrit:
Personnellement, j'ai entendu beaucoup de Dukas...
Et comme dit plus haut, pas de pastoralisme, en effet, mais bien une narration sur un poème de Keats.

... Ce qui me conforte dans l'idée que, de Dukas, je n'aime décidément qu'Ariane et Barbe-bleue (et ce n'est pas faute d'avoir beaucoup insisté par le passé)...
Quant au pastoralisme – à force de lire ce mot un peu partout (un peu comme de guerre dont il serait une sorte d'antithèse, mais uniquement pour les anglais Mr.Red), j'avoue avoir de plus en plus de mal à saisir ce qu'il signifie exactement : si cela s'applique à la Pastoral symphony de Vaughan Williams ou aux symphonies 6 à 8 de Rubbra, alors je suis assurément un fervent pastoralismophile, mais il me semble que l'on en gratifie plus souvent des choses bien plus fades et/ou décoratives – du RVW le plus anecdotique aux pires kitcheries de Delius et du premier Bax (que j'aime parfois beaucoup aussi, j'avoue)...

Citation :
De Howell, il existe au disque 2 versions de Lamia (dont une chez Cameo Classics rééditée par Lyrita, dirigée par Marius Stravinsky, meilleure que la version Chandos à mon avis), mais qui ne rend pas la chose spécialement bouleversante non plus. C'est beau et bien fait, mérite l'écoute, mais n'est pas impérissable. Ce qu'elle aura commis de meilleur, dit la critique.
Deux versions de son concerto pour piano (chez Hyperion par Driver/Miller et Lyrita par Seferinova/Purser), et un disque de musique de chambre chez Dutton Epoch (la seule chose que je n'aie jamais entendue) complètent une discographie étique.

Voilà qui m'apprendra à conclure à une absence de discographie sans avoir suffisamment farfouillé (en l'occurrence pour cause, même si la critique peut se tromper assez souvent)...


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 11:21

Et les guerriers des pâturages, et les pasteurs de guerre, qui en parlera ?
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 11:32

... Ce qui me fait penser que la Pastoral de VW pourrait, en un sens, être qualifiée de symphonie (rétrospectivement) de guerre. Razz

(Edit : à ce titre, je me permets de citer un extrait du texte de Michael Kennedy (traduit par Marie-Stella Pâris) qui figure dans la notice du disque de Hickox chez Chandos :

Pourquoi Vaughan Williams appela-t-il sa Symphonie no 3 “Symphonie pastorale”? Certainement pas pour fournir un élément de comparaison avec Beethoven. Elle ne comporte aucune imitation de cris d’oiseaux, aucun orage, aucun “éveil de sentiments heureux en arrivant à la campagne”. La Pastorale de Vaughan Willams commence par les flûtes et les bassons qui jouent des accords parfaits oscillants en croches; vient ensuite un violon solo accompagné d’accords tremolando. L’atmosphère est doucement élégiaque et là réside la clef de toute l’histoire. Cette symphonie est directement liée à la Première Guerre mondiale de 1914–1918. Vaughan Williams, bien qu’il ait eu quarante et un ans à la déclaration de guerre, s’engagea comme simple soldat dans le Royal Army Medical Corps et servit en France. Comme tant d’autres, il ne parla jamais ensuite des horreurs dont il avait alors été témoin, mais elles laissèrent leurs traces. Il commença cette symphonie peu après son retour à la vie civile, et l’acheva en juin 1921 (l’orchestration fut légèrement révisée en 1950–1951). Le compositeur ne donna jamais publiquement le moindre indice permettant de découvrir ce qui se cachait derrière la musique. Il laissa la plupart des commentateurs croire, à tort, d’après le titre de l’œuvre, qu’il s’agissait d’une sorte de rhapsodie des Cotswolds ou d’un condensé de chant traditionnel anglais (ce qui est partiellement exact), ce qui les amena à faire des remarques stupides sur des vaches regardant par-dessus des barrières ou sur
“VW faisant des roulés-boulés dans un champ labouré”. En 1938, il confia à sa future femme Ursula:

En réalité, il ne s’agit absolument pas de petits agneaux faisant des cabrioles, comme la plupart des gens le présument... C’est vraiment de la musique de guerre – dont une grande partie a mûri lorsque j’allais, nuit après nuit, avec l’ambulance à Écoivres et que nous montions sur une colline escarpée, d’où l’on voyait un magnifique paysage à la Corot au coucher du soleil.

Ainsi s’explique la désignation pastorale: il ne s’agit pas des Cotswolds, mais de la France marquée par la guerre. Ironique, peut-être. Et typique de Vaughan Williams, ce que l’on pourrait appeler son “requiem de guerre” ne regorge ni de trompettes et de tambours, ni de dissonances harmoniques menaçantes, mais il regarde au-dessus de la bataille la transcendance des couchers de soleil et celle de Corot, exprimée par des accords ondulants et par la clarté du son qu’il avait apprise de Ravel; le paysage français est peint à juste titre dans des couleurs sonores et avec la bitonalité raveliennes. Cependant, sous cette tranquillité apparente, l’oreille détecte des courants sous-jacents qui font allusion à la guerre. Le poignant solo de cor, accompagné par les cordes en sourdine, qui ouvre le deuxième mouvement, est suivi d’une cadence de trompette en mi bémol qui ne joue que des notes naturelles. Elle évoque le souvenir qu’avait Vaughan Williams d’un clairon s’exerçant à Salisbury Plain et jouant la
septième au lieu de l’octave, mais elle fait également allusion à la “Sonnerie aux morts” et provoque un élan passionné en mi bémol aux bois et aux cordes avant le retour du thème de la “Sonnerie aux morts” au cor naturel.


Et à part ça, s'il y avait davantage de symphonistes mongols ou kazakhs, le bellicopastoralisme (ou le pastoralobellicisme) serait peut-être un genre à part entière...


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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 12:05

Golisande a écrit:
Mefistofele a écrit:
Personnellement, j'ai entendu beaucoup de Dukas...
Et comme dit plus haut, pas de pastoralisme, en effet, mais bien une narration sur un poème de Keats.

Quant au pastoralisme – à force de lire ce mot un peu partout (un peu comme de guerre dont il serait une sorte d'antithèse, mais uniquement pour les anglais Mr.Red), j'avoue avoir de plus en plus de mal à saisir ce qu'il signifie exactement : si cela s'applique à la Pastoral symphony de Vaughan Williams ou aux symphonies 6 à 8 de Rubbra, alors je suis assurément un fervent pastoralismophile, mais il me semble que l'on en gratifie plus souvent des choses bien plus fades et/ou décoratives – du RVW le plus anecdotique aux pires kitcheries de Delius et du premier Bax (que j'aime parfois beaucoup aussi, j'avoue)...

Mon ressenti, là encore, pastoralisme, cela regroupe les noms ci-dessus : une certaine idée de la verte Albion, des évanescences déstructurées de Delius aux paysages embrumés de Rubbra et RVW, en passant par les innombrables pièces pour orchestre à cordes avec Pastoral, Green et autres dans le titre (je pensais à Dale and Fell de Gibbs, dans le genre : I. Prelude, The Beck Climb, II. Rest at Noon, III. Over the High Fells). Je n'y vois rien de péjoratif mais bien une étiquette utilisée par la critique et revendiquée par certains compositeurs pour évoquer une esthétique très anglaise, une évocation de la nature, des titres qui sont souvent des noms de lieux, et une atmosphère généralement épanouie, contemplative ou mélancolique (ce ne sont pas les aventures de l'Alpestre ou les soleils de d'Indy).

Par opposition, on trouvera des pièces plus narratives (dont Lamia, c'est un poème inspiré de la Grèce antique : il y a donc une narration à épisodes et des couleurs ravélo-dukassiennes, rien de typiquement British), de la musique "pure" (aucune image en arrière-plan), du Celtic Twilight pour les amateurs de légendes (Boughton...) et j'en passe. Bref, c'est un raccourci, une catégorie pas forcément étanche ou homogène mais qui, au moins pour moi, possède une forme d'opérationalité : j'ai une idée du territoire où je pénètre en lisant ce label.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 21 Déc 2020 - 13:09

Je comprends mieux, même si d'un point de vue purement musical ces catégories se recoupent bien souvent : par exemple, j'"entends" davantage la nature dans la 2 de Bax, ou dans celle de Boughton, que dans la 3 de VW, et les parties centrales des poèmes symphoniques "saisonniers" de Bax me paraissent bien plus narratives que Lamia...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMer 23 Déc 2020 - 0:56

Edgar Bainton, Symphony No. 3 (1956), BBC Concert Orchestra, V. Handley

... Comme quoi il ne faut jamais rien présumer d'un compositeur (ce qui est à la fois formidable et un peu désespérant — car dans l'océan de la musique existante cela permet(tait) de tracer des lignes rassurantes)..
Cette symphonie n'a en effet pas grand-chose à voir avec la 2e, et est pour le coup assez mahlérienne — distillant une atmosphère alternativement épique sans péplum, méditative sans sentimentalisme et féerique sans kitsch; l'univers esthétique du compositeur a manifestement beaucoup évolué en une quinzaine d'années - car s'il garde plus que des des traces d'impressionnisme, c'est sans concession à une séduction facile : la sensualité, la générosité expressive sont intactes – contrairement à ce qu'il se produit chez de nombreux compositeurs sujets au fameux assèchement –, le langage ayant tout simplement mûri.

Beaucoup de Debussy dans l'Allegretto grazioso (II), mais j'ai presque envie de dire du "véritable" Debussy, tant le raffinement de l'expression approche du modèle (surtout au début – la suite cédant à un "cinématographisme" plus spectaculaire).

L'Adagio est d'abord en demi-teintes – d'une expression sobre et retenue mais captivante – puis de plus en plus exaltée – avec, pour la première fois depuis le début de l'œuvre, une certaine complaisance (si c'est le naturel-qui-revient-au-galop, il avait été remarquablement dompté depuis le début), toutefois dans un langage harmonique autrement subtil que la 2e symphonie.

Le final est assez lourd par moments — mais les sections centrales modérées (qui constituent tout compte fait l'essentiel du mouvement Very Happy ) recèlent encore de beaux momentx d'une sensualité harmonique vraiment raffinée ; on n'échappe pas à un "paysagisme" anglais assez traditionnel – proche de Bridge ou des poèmes symphoniques de Bax, ce qui personnellement ne me dérange pas –, mais la constante élégance de langage me fait oublier la date de composition.

Une très belle œuvre, à mon avis bien supérieure à la 2e, et qui me donne vraiment envie d'y revenir.


Dernière édition par Golisande le Mer 23 Déc 2020 - 10:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMer 23 Déc 2020 - 1:56

Je réécoute la 4e Symphonie de Ruth Gipps : par rapport au souvenir que j'en gardais, je suis frappé d'y entendre des tournures vraiment originales – avec certains moments totalement irrésistibles (entre 3'23 et 4'27 I love you , puis de 7'17 à 8'33) ; plus généralement, il me semble qu'en dépit de son caractère de « friandise » (et de sa date de 1972, celle de Talking book de Stevie Wonder) cette œuvre mérite pleinement d'être connue. Et la coda du premier mouvement... drunken

L'Adagio est pour moi plus anecdotique — la délicatesse étant ici érigée en un totem un peu limitatif, même si les harmonies (Debussy jazzy) et les timbres (célesta, bien sûr) sont extraordinairement jouissifs... Un petit bibelot précieux...
Le Scherzo, en dépit de son 5/8 (ou 5/4) renvoie à beaucoup d'œuvres britanniques et françaises de la première moitié du XXe, tandis que le trio lorgne carrément du côté du Ravel précoce (avec encore plus d'accords de quartes)... Étrange conclusion, surprenante mais vraiment originale.

Le final débute dans une atmosphère très fortement debussyste (tendance Pelléas), avant de basculer dans une succession d'épisodes calmes ou animés toujours efficaces, mais assez peu originaux – et qui pourraient sans problème avoir cinquante ans de plus (même si tout cela correspond assez idéalement à mes goûts).

En conclusion, je retiens principalement le premier mouvement — mais je n'exclus pas d'y revenir encore (comme à la 3e Symphonie de Bainton).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 29 Déc 2020 - 0:30

Tiré du fil sur les concertos pour violon.
Golisande a écrit:
Mefistofele a écrit:

[*]Milford : mon souvenir était bon. Presque une symphonie avec violon obligato. Très, très beau, musique indubitablement anglaise. Quelque chose pour Golisande ? The Darkling Thrush : The Lark Ascending en hiver, plus d'hiver (et de vents), moins de violon. Vraiment surprenant et intéressant.
Ha ha, je viens juste de le télécharger (avant d'avoir lu ce post-ci !)...

Les grands esprits se rencontrent ? Laughing
Milford, pas le compositeur du siècle mais une veine maniériste britannique très raffinée, et des choses au moins charmantes (même si riches en glucose). J'avais retenu notamment de beaux moments dans sa sonate pour violon et un trio pour clarinette magnifique de bout en bout.
Côté orchestre, donc, The Darkling Thrush (pas le meilleur de sa production, mais une intéressante curiosité dans l'esthétique anglaise, RVW sombre), le magnifique concerto pour violon, en vrai une symphonie avec violon obligato. Et pour ce qui m'avait vraiment conquis sans aucune réserve, le concertino pour piano, le Miniature Concerto et surtout Fishing by Moonlight, d'un romantisme absurde, mais qu'importe, je marche à fond. Chose surprenante, alors que c'est un miniaturiste avéré (les titres, l'orchestration, les durées), son concerto pour violon donnerait plutôt dans l'excès inverse de "trop de matière". Oui, la structure est lâche et cela manque de tension, mais que de beaux moments, je ne me plains pas.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 29 Déc 2020 - 8:55

J'écouterai aussi Fishing by moonlight : je ne résiste pas au titre (j'aurais même été partant pour une partie de pêche lunaire un peu plus longue : un poème symphonique de 45 minutes pour grand orchestre et chœur sans paroles avec ce titre-là, avouons que ça aurait de la gueule bounce )...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 29 Déc 2020 - 22:54

Après avoir pleuré une fois sur deux écoutes de the Lark ascending (une espèce de quintessence de la musique anglaise — chef-d'œuvre ? Sujet de discussion...), j'écoute the Darkling Thrush de  Robin Milford.
La longue (3'40") introduction orchestrale évoque en effet l'hiver, et n'a pas grand-chose à voir avec RVW – bien davantage avec le Mahler des Kindertotenlieder ou du II et VI du Chant de la Terre...
La suite est évidemment plus qu'inspirée de l'œuvre de VW, mais avec un caractère rhapsodique bien plus marqué et une ambiance générale beaucoup plus joyeuse – contrairement à ce que pourrait laisser penser le commentaire de Mefistofele ; cette partie "joyeuse" constitue en fait la totalité de la partie (très partiellement) concertante, avant que l'introduction orchestrale mahlérienne (et sombre) ne revienne.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 29 Déc 2020 - 23:54

Golisande a écrit:
Après avoir pleuré une fois sur deux écoutes de the Lark ascending

Mais non voyons, ce n'est pas si mauvais... Laughing

Chef d'œuvre, sûrement, pour beaucoup de gens, c'est pratiquement l'hymne national officieux anglais (présent sur la plupart des compilations, diffusé sur toutes les radios classiques, omniprésent au concert, du moins quand il y en a).

Autrement, je crains de m'être mal exprimé et m'en excuse. En effet, The Darkling Thrush n'est pas uniformément triste, mais la longue partie qui est inspirée de The Lark Ascending me semble toutefois moins souriante et aisée que l'essor glorieux du poème de RVW. Elle constraste toutefois fortement avec les sombres introductions et conclusions, que je goûte fortement.

Le concerto pour violon est d'une autre trempe (et d'une autre longueur !). Aussi, pour évacuer tout ambiguité : il s'agit vraiment d'un concerto, mais la place de l'orchestre est telle que l'on (du moins, je) songe à une symphonie avec violon obligato.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMer 30 Déc 2020 - 10:51

Mefistofele a écrit:
Chef d'œuvre, sûrement, pour beaucoup de gens, c'est pratiquement l'hymne national officieux anglais (présent sur la plupart des compilations, diffusé sur toutes les radios classiques, omniprésent au concert, du moins quand il y en a).

Je ne dirais peut-être pas que c'est un chef-d'œuvre (un peu long avec assez peu de substance, comme souvent chez VW, même si en l'occurrence l'émotion naît aussi de la durée), mais c'est tout de même un peu comme si le Poème de Chausson était l'hymne national officieux ici-bas... Neutral

Citation :
Autrement, je crains de m'être mal exprimé et m'en excuse. En effet, The Darkling Thrush n'est pas uniformément triste, mais la longue partie qui est inspirée de The Lark Ascending me semble toutefois moins souriante et aisée que l'essor glorieux du poème de RVW. Elle constraste toutefois fortement avec les sombres introductions et conclusions, que je goûte fortement.

Justement : il m'a semblé que la partie avec violon était nettement plus joyeuse que la plus grande partie de TLA, qui me paraît bien plus mélancolique et prostrée que souriante et glorieuse (je comparerais plutôt à la très courte partie centrale plus animée) – mais comme par ailleurs j'ai trouvé ça assez peu marquant, j'ai peut-être loupé quelque chose...
En revanche les parties extrêmes (sans violon solo) m'ont davantage parlé, mais pour le coup on est bien plus près de Mahler que de Vaughan Williams... Bon, en gros je trouve que ça n'a pas grand-chose à voir, au-delà de l'hommage évident. siffle
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyVen 8 Jan 2021 - 7:32

Musique anglaise du XXème - Page 9 41it3l10

Cornélius Cardew Cardew (1936 - 1981) / Treatrise

Une oeuvre longue, mais envoûtante et toujours aussi forte.J'ai à chaque fois ,que je l'écoute ,pour finir assez peu souvent,un sentiment de bien être et de surprise ,tellement cette oeuvre a une force ,une puissance et une originalité ,c'est pourtant une oeuvre aléatoire pour l'époque ,qui j'ai vu, pouvait aller beaucoup plus loin ,dans sa vision ou création , j'ai vu une version de 5 CD..L'enregistrement live,lui date  de 1967 , à Prague ,par le QUaX Ensemble tchèque, sous la direction du flûtiste et chef d’orchestre Petr Kotik.Il est sûr,qu'avec les années qui passent ,les grandes oeuvres livrent ,enfin leur vérité et font de plus en plus d'adeptes et de convaincus .Pour parler de cette musique et de son compositeur, il vaut mieux quelqu'un qui s'y connaît bien ,car elle est très particulière.Je veux dire techniquement ou au point de vue technique musicale et bien sûr de partition.

Pour en savoir plus sur ce génial compositeur britannique.

http://davidhall.io/treatise-score-graphic-notation/
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyVen 8 Jan 2021 - 23:28

Finalement, la 4° Symphonie de R. Gipps résiste très largement à une troisième (voire quatrième) écoute : indépendamment de la date de composition - dont, franchement, on se fout -, cette musique est d'une élégance (et souvent d'une beauté) vraiment remarquable.
... Ce qui me donne envie d(e ré)écouter le reste...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyLun 11 Jan 2021 - 15:24

Musique anglaise du XXème - Page 9 81imif10

Très beau disque,avec 4 belles oeuvres,de Théa Musgrave , compositrice écossaise qui va sur ses 92 ans.Hélios est un superbe concerto non déclaré pour hautbois, , ou Théa déroule sa prodigieuse facilité orchestrale ,tissant autour.du très beau hautbois lyrique de Nicholas Daniel,comme un superbe écrin , instrument qui est déjà riche de son et formidablement  prenant.  Memento Vitae,était  une commande ,pour un hommage à Beethoven, avec des citations,du grand sourdingue.Night Music incline ,vers le rêve comme son titre l'indique, avec aussi,la présence de deux cors. The Seasons est une commande de l’Académie de St Martins in the Fields en 1988; la première représentation a été dirigée par Sir Neville Marriner. L'oeuvre ne s'inspire pas de Vivaldi, mais de différents tableaux qu'elle aurait vu au Muséum, et qui décrirait les 4 périodes de la vie de l'homme. Toutes ces oeuvres sont magnifiques, dans une perspective pour moi classique,qui font que n'importe qui écoute,une de ses oeuvres, ne peut que les admirer et les trouver belles.Je trouve qu'elle est vraiment dans la belle lignée musicale,d'un Tristan Keuris, même si Keuris, lui est né une génération après Théa.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 12 Jan 2021 - 0:27

Très bel album !!! Very Happy
Pour le coup, je ne connais pas du tout Keuris. C'est la même esthétique ? Y a-t-il des pièces à écouter en priorité ?
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 12 Jan 2021 - 3:00

@Mefistofele, je ne peux que te renvoyer au post sur Tristan Keuris,ou j'en ai beaucoup parlé, et je vois que ce post date de 2015, bouh que ça passe vite!Mon admiration pour ce compositeur n'a pas changé .Bon le coffret Keuris ,est maintenant inabordable, et c'est dommage, car il vaut vraiment le coup.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 12 Jan 2021 - 18:38

gluckhand a écrit:
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Hélios est un superbe concerto non déclaré pour hautbois, , ou Théa déroule sa prodigieuse facilité orchestrale ,tissant autour.du très beau hautbois lyrique de Nicholas Daniel,comme un superbe écrin , instrument qui est déjà riche de son et formidablement  prenant
Very Happy Merci pour la recommandation! J'avais déjà adoré ses concertos pour cor et pour clarinette (j'avais même touché un mot de celui pour cor ici): vu ce que tu en dis, cet Helios m'a tout l'air d'être dans la même veine!

(Mais je n'aurais pas osé parler de Thea Musgrave dans un fil «Musique anglaise»: à voir deux ou trois trucs de sa bio, elle pourrait bien être un peu Scots unthirldom...)
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMar 12 Jan 2021 - 20:15

Helios est vraiment prenant et atmosphérique, pareil pour The Seasons (étonnantes apparitions du Dies Irae et de...la Marseillaise !).
De là à dire que "n'importe qui écoute,une de ses oeuvres, ne peut que les admirer et les trouver belle" est un brin optimiste, ce n'est pas tout à fait immédiat ou uniment hédoniste (personnellement, je trouve ces pièces envoûtantes, ou bien elles m'interpellent, mais Memento vitae, ce n'est pas exactement beau ou intéressant, selon moi).

Au passage, j'ai écouté les deux concertos pour violon de Keuris dans la journée (vu que j'ai ce genre bien ancré depuis quelques semaines et que gluckhand les porte aux nues sur le fil approprié). Je n'ai pas trouvé la parenté avec Musgrave immédiate, et je n'ai pas aimé les œuvres non plus. Le No. 1 atonal et filandreux (après Banks, Berg et Rosenberg, ou même Fricker, j'ai eu du mal à l'avaler) ; le No. 2 plus approchable, plus frémissant et szymanowskien, ne m'a pas touché outre mesure (alors que Fetler m'a renversé). Bref, à moins d'une œuvre à ne pas manquer que j'essaierais volontiers, Keuris n'est pas vraiment sur mon planning à moyen terme, alors que j'envisage une exploration plus systématique du corpus de Thea. Je note déjà les concertos suggérés par Benedictus !I love you
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyMer 13 Jan 2021 - 1:57

Je suis en train d'écouter ce disque, que j'ai reçu un mois et demi après ma commande Confused Musique anglaise du XXème - Page 9 S-l16010

J'avais entendu sur YT la 1° symphonie, qui m'avait semblé globalement très sympathique, avec un petit plus qui m'avait donné envie d'approfondir (cf. plus haut dans ce fil) – autant que le profil « brontëesque » de la compositrice (n'ayant apparemment jamais quitté les îles britanniques – et l'Irlande seulement pour aller étudier avec Vaughan Williams à Londres : « À cause de l’isolement d’Ina Boyle, sa musique était rarement jouée. Elle a néanmoins composé jusqu’à sa mort », nous dit wikipedia).

De fait, cette musique possède un charme assez obsédant (qui s'accorde bien à ce que la biographie de l'autrice peut laisser imaginer) : à première écoute, on peut prendre ses jambes à son coup – si l'on est allergique à l'harmonie modale "celtique", aux atmosphères élégiaques... –, ou trouver cela très joli mais très sage, d'une retenue presque exagérée (langage harmonique archi-consonant en permanence, aucune forme de séduction démonstrative, orchestration assez minimaliste), voire éventuellement – même si, comme moi, l'on apprécie beaucoup cet univers – un peu ennuyeux.
Pourtant, certaines tournures harmoniques, les ambiances que ces moyens (fort modestes considérant l'époque) parviennent à créer sont non seulement d'une réelle originalité (rien qui en approche de très près dans ce que je connais, y compris chez VW), mais presque cinématographiques par leur puissance d'évocation ; il se dégage de l'ensemble une sorte de mélancolie de cloître (je n'ai pas évoqué les Brontë – j'ajoute plus spécifiquement Emily – pour rien), mais avec par moments – peut-être en permanence, souterrainement – un élan (des échappées) vers un « ailleurs » imaginé ou fantasmé — élan d'autant plus irrésistible qu'il est pudiquement suggéré, jamais affirmé en pleine lumière.
Ce qui m'amène naturellement à souligner la parenté (ou plutôt l'affinité) avec Pelléas — et peut-être l'influence de Debussy en général, mais plutôt moins spécifique que chez d'autres compositeurs.

Des œuvres enregistrées ici, les trois premières sont à mon sens les plus intéressantes (outre la Première Symphonie précédemment évoquée, le magnifique et très bref Concerto pour violon – assez proche de The Lark Ascending mais plus lumineux, avec des éclats de couleur, des échappées lointaines très pelléassiennes I love you – et l'Ouverture pour orchestre, relativement plus animée et foisonnante) — mais le fait est  que je les ai trissées (et qu'elles y ont plutôt gagné en intérêt), alors que je n'ai écouté qu'une fois les trois autres.

En somme, plutôt un coup de foudre en ce qui me concerne, mais je n'imagine pas vraiment que cette musique puisse fédérer un large public (quoique j'en serais ravi Very Happy ).
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyJeu 21 Jan 2021 - 12:22

Mefistofele a écrit:
Aussi, le jour de paye se profilant, penses-tu que cette chère Ina Boyle soit dans mes cordes ? Je n'ai pas écouté de symphonique brexitannique depuis quelques temps et serais assez tenté de m'y replonger dans un futur point trop lointain.

Je te conseillerais d'essayer d'abord ça pour te faire une idée, car je ne suis guère certain que cela corresponde à tes tropisme (compte tenu de ton opinion sur The Lark Ascending, par exemple); à vrai dire, je ne la conseillerais qu'aux extrémistes de la musique british (au sens large) Mr. Green — c'est très sobre / soft, constamment modal, rond et placide, assez minimaliste du point de vue orchestral (XVIIIe + harpe), avec de très belles touches de couleur mais sur un fond tout de même assez pastel et uniforme (les six œuvres que contient l'unique disque disponible se singularisent assez peu les unes des autres)... Disons que ça pourrait ressembler à un Vaughan Williams qui ne chercherait jamais à faire le malin (Bantock me vient aussi à l'esprit, à ceci près que Bantock m'ennuie considérablement), et quoi qu'il en soit on peut dire que la discrétion caractérise cette musique...
... qui - en ce qui me concerne - se bonifie écoute après écoute : je suis (du coup) en train de me repasser le disque, et j'adore vraiment — mais d'un autre côté je me dis qu'un concert entier d'Ina Boyle (peut-être sur Pluton, un jour) pourrait s'avérer un chouïa soporifique, là se situe sans doute sa limite.

Edit : le final de la symphonie tranche tout de même un peu sur le reste, avec un côté nettement plus dramatique et sévère... Et décidément, je trouve ça très beau et (discrètement) original... Et, il faut bien le dire, globalement plutôt triste...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyVen 22 Jan 2021 - 0:21

Je vais donc passer commande, je le crains, car une écoute sur le Tube du live antédiluvien (donc pas vraiment des conditions idéales) me plaît beaucoup. Les bourrasques de hautbois du II, le côté pastorale irlandaise "mes vertes collines" avec ce supplément de savoir-faire dans le I et ce III élégiaque, avec ses vagues de harpe ou les discrets frémissements des bois, j'aime assez.
Je comprends les références à RVW (et la théorie voudrait une réaction épidermique), mais étrangement, tout me plaît. Plus resserré ? Plus premier degré ? Filmique (le final si triste du III) ?

Je découvre également, sur un autre disque qui risque de rejoindre ma collection, le très beau bonbon The Magic Harp. Vraiment plus dans une optique ballet, et le titre annonce la couleur : féérie tchaikovskienne... mais non, si les premières notes le laissent accroire, la pièce est tout en retenue. Effets de vagues qui évoquent, d'Indy, Debussy et surtout Gaubert, moment plus léger et joyeux, reflets de soleil debussistes (et ballet enchanté). Suit un épisode plus élusif, où la majesté se déploit (trop policé pour être honnête, mais cela a le mérite d'être bien fait à défaut d'être original). La conclusion, solo de harpe interrompu par l'orchestre, et reprise en chœur avant que les deux voix s'éteignent de concert, est aussi belle que courte (une sorte d'ultime floraison avant le coucher de soleil).
La critique de l'époque a parlé de chef d'œuvre, expression outrée, mais c'est quand même très beau dans le genre marine/rhapsodie paysagère...
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyVen 22 Jan 2021 - 1:02

Aurais-je deviné qu'en émettant ces réserves, j'aurais encore plus de chances de te convaincre ?... bounce En tout cas, tant mieux ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 EmptyVen 22 Jan 2021 - 9:31

Disons que je me reconnais assez dans "extrémistes de la musique british (au sens large)", et que le rapport à The Lark m'intrigait. Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé, j'en reparlerai une fois la commande passée et reçue. Et nous serons au moins deux à apprécier la symphonie cette chère Ina.
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MessageSujet: Re: Musique anglaise du XXème   Musique anglaise du XXème - Page 9 Empty

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Musique anglaise du XXème
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